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Coopération : Le Burundi et les USA resserrent les liens dans le numérique et les télécoms 

[DIGITAL Business Africa] – Un nouveau souffle à leur collaboration. Le ministre de la Communication, chargé des Postes et des Télécommunications, Mohamed Abdoulkader Moussa Helem, a reçu ce 31 août 2026 l’ambassadrice des États-Unis à Djibouti, S.E. Cynthia Kierscht.

Durant leurs échanges, les deux personnalités ainsi que leurs délégations ont passé en revue l’état de la coopération bilatérale. Les échanges ont principalement porté sur les moyens de consolider cette collaboration, avec un accent particulier sur les secteurs des télécommunications et des nouvelles technologies.

Une rencontre qui a été aussi marquée par l’examen des perspectives de développement de projets communs. Comme par exemple appuyer le déploiement des infrastructures numériques et améliorer les services pour accompagner la croissance économique du pays.

La coopération numérique entre le Burundi et les États-Unis s’étend jusqu’au secteur de la santé. Le patron de ce département ministériel, ministre, Dr Fidèle Nkezabahizi, a reçu en audience, le 18 août 2026 à Bujumbura, une délégation de l’ambassade des États-Unis conduite par Mme Bridget Premont, chargée d’affaires a.i.

Le ministre de la Santé publique, Dr Fidèle Nkezabahizi, a plaidé pour la poursuite d’une collaboration étroite, fondée sur la coordination, la transparence et l’efficacité des interventions.

Par Jean Materne Zambo

Afrique de l’Ouest : La dorsale ROA BN vise une meilleure mutualisation des infrastructures numériques

[DIGITAL Business Africa] – La coopération numérique en Afrique de l’Ouest s’apprête à entrer dans une autre dimension. Le Sénégal sert de point de raccordement. Le ministre des Télécommunications et du Numérique, Samba Diouf, a reçu en audience, ce lundi 31 août 2026, le président et le secrétaire général du Réseau ouest-africain des Backbones nationaux (ROA BN). l’interconnexion régionale pourrait entraîner une baisse du coût du transit internet et une amélioration de la communication.

Les échanges ont porté sur la nécessité de renforcer la coopération entre les différents acteurs afin d’accélérer le développement d’infrastructures numériques performantes et résilientes.

Le Réseau Ouest- Africain des Backbones nationaux (ROA BN) a pour mission de renforcer l’interconnexion des infrastructures nationales de fibre optique, de mutualiser les capacités disponibles et de définir une stratégie commune pour le développement et la valorisation des infrastructures numériques dans la sous-région.

Le Conseil interministériel des États membres du Réseau est prévu à Dakar au début du mois d’octobre 2026. Elle ouvre ainsi la voie à de nouvelles perspectives de coopération régionale autour des infrastructures numériques et de la connectivité en Afrique de l’Ouest.

Cette organisation régionale a été créée en décembre 2024. Elle regroupe les opérateurs et institutions en charge des infrastructures numériques dans plusieurs pays de la sous-région. Le réseau regroupe les membres tels que la Guinée, le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire, le Mali, le Niger, la Sierra Leone, le Sénégal et le Ghana.

Par Jean Materne Zambo, source: MCTN 

Côte d’Ivoire : Une nouvelle plateforme numérique d’inscription pour infirmiers lancée

[DIGITAL Business Africa] – L’ Ordre national des infirmiers et infirmières de Côte d’Ivoire ajoute une plateforme à la corporation. L’ONIICI a lancé officiellement, ce mercredi 19 août 2026, la plateforme digitale d’inscription. Elle vise à simplifier considérablement le parcours des professionnels de santé sur l’ensemble du territoire national.

Le tableau de l’Ordre permet de garantir la protection du public, de renforcer le respect des normes professionnelles et déontologiques, tout en luttant contre l’exercice illégal de la profession. Il participe activement à la valorisation du corps infirmier et au renforcement du lien de confiance indispensable entre les soignants et la population.

Selon l’ ONIICI, cet outil moderne va simplifier et accélérer les démarches administratives des bénéficiaires ; réduire de façon significative les délais de traitement des dossiers d’inscription ; garantir la traçabilité des opérations et renforcer la transparence dans la gestion du tableau de l’Ordre.

L’inspecteur général de la Santé a vivement rappelé la portée éthique et régulatrice de cette institution.

« L’appartenance à une profession de santé implique des droits, mais aussi des devoirs. Elle exige de chaque professionnel le respect du patient, de la dignité humaine, du secret professionnel, des règles de bonne pratique ainsi que des principes d’éthique et de déontologie », a rappelé Dr Kpaho Bernard.

L’ initiative de l’ONIICI s’inscrit dans la vision globale du gouvernement de Côte d’Ivoire, dont l’ambition est d’implanter la technologie au cœur des services publics.

Par Jean Materne Zambo

Santé dentaire /Burundi : Les avancées technologiques présentées

[DIGITAL Business Africa] – Le Burundi dirige la radiographie de l’odontologie. Plusieurs experts médico-dentaires ont nourri, du 28 au 29 août 2026, une réflexion autour des techniques de traitement et de restauration dentaire. Question de présenter de nouvelles techniques de traitement et de restauration dentaire.

Les assises ont permis aux participants de renforcer leurs connaissances en matière d’ équipements modernes et des nouvelles technologies pour développer les soins dentaires.

Les travaux se sont tenus dans le cadre du Congrès scientifique dentaire au Burundi. Plusieurs figures de l’odontologie étaient présentes. Notamment le Dr David Marchant, des États-Unis. Le spécialiste a présenté les principales maladies bucco-dentaires, notamment les caries. Il a insisté sur la prévention, l’hygiène buccale et les précautions à prendre lors des extractions dentaires.

Comme lui, le Dr Henal Patel, du Kenya, a activement participé aux travaux. Henal Patel va à son présenter l’utilisation des giomers, des matériaux destinés à restaurer les dents endommagées, combinant esthétique, résistance et protection.

Enfin, le Dr Ahmed Elrashidy venu d’Égypte, a exposé les avancées de l’implantologie numérique, utilisant notamment le CBCT et le scanner intra-oral pour améliorer la précision de la pose des implants.

Par Jean Materne Zambo 

Cameroun : Le maire de Maroua 1ᵉʳ honore 2 influenceurs web

[DIGITAL Business Africa] – Steve Fah et Camille Makosso : Deux identifiants qui dominent internet à l’image de leurs contenus. Le premier, Steve Fah, est Camerounais et excelle dans la satire. Le deuxième, Camille Makosso, Ivoirien, se distingue par ses dénonciations et ses coups de gueule, parfois avec un peu de condescendance.

Le maire de Maroua 1ᵉʳ, Hamadou Hamidou, a érigé ces deux apôtres du numérique en modèles de réussite et d’influence dans le domaine du digital auprès de la jeunesse. La cérémonie a été couplée à une masterclass sur l’intelligence artificielle, les réseaux sociaux et à l’entrepreneuriat digital ce 28 août 2026 dans la salle de délibération de la commune de Maroua 1ᵉʳ.

Par cette initiative, le maire Hamadou Hamidou souhaite encourager une nouvelle génération de jeunes à croire en leur potentiel, à innover et à saisir les opportunités offertes par le numérique.

Les deux influenceurs ont aussi le cœur sur la main. C’est d’ailleurs ce qui les distingue de plusieurs autres acteurs du numérique. Le général Makosso Camille et Steve Fah n’hésitent pas à apporter de l’assistance aux nécessiteux. Le dernier exemple est une aide financière d’1 million de FCFA à une famille à Maroua. 3000 FCFA pour l’aider à se loger et 700 000 FCFA à l’aînée afin qu’elle puisse se lancer dans un business pour une quête de la stabilité et la prise en charge de la famille.

Quelles semaines avant, Steve Fah et Camille Makosso faisaient parler leur mansuétude auprès d’une autre famille. Celle du petit garçon qui ramassait les chutes de fer dans les rues pour subvenir aux besoins de sa famille. Le duo avait offert une enveloppe d’environ à millions de FCFA à la maman du garçon.

Ces actions de bonne volonté s’inscrivent dans le cadre d’un programme qui vise à contribuer au changement de la vie de 20 familles dans les 10 régions du Cameroun.

Il sont rejoints par le lanceur d’alerte Nzui manti, qui a aussi initié une Cagnotte scolaire pour les enfants défavorisés au Cameroun. Selon un post sur sa page ce 28 août 2026, la première étape de la distribution des fournitures scolaires aura lieu dans la ville de Douala la semaine prochaine.

« J’ai reçu 300.000 fcfa de don d’un abonné de mes plateformes au Cameroun. Cette somme a permis au financement de l’achat des fournitures scolaires ci-dessous », a-t-il confié. Le lanceur d’alerte affirme que la cagnotte sur PayPal affiche 2091€ (1.370.000 fcfa).  Elle sera close la semaine prochaine. Les contributions sont envoyées via le lien PayPal : https://www.paypal.com/ncp/payment/V2TXDVPXMR5P6

Par Jean Materne Zambo 

Diffamation en ligne/RDC : Une interpellation pendant la campagne de vulgarisation du Code numérique 

[DIGITAL Business Africa] – Le ministre des Droits humains de la RDC a aussi des droits. Comme défendre son honneur. Samuel Mbemba Kabuya Tanda a contre-attaqué en justice  suite aux accusations de violence d’un de ses gardes sur un agent de police routière, début août 2026. L’auteur de ces accusations a été interpelé ce 28 août 2026 selon le communiqué du Collectif des Activistes nationalistes. Le Collecltif exige la libération « immédiate et sans condition » de son camarade Samuel Ramazani.

Le démenti formel apporté par l’homme d’ État n’a donc pas empêché l’émergence d’une plainte pour diffamation. Tout l’indiquait déjà. Puisque le ministère avait par la même occasion rappelé que la conception et la propagation de fausses informations sur les réseaux sociaux constituent des infractions prévues et punies par le Code du Numérique en vigueur en République Démocratique du Congo.

L’article 360 du code du numérique dispose:

« Quiconque initie ou relaie une fausse information contre une personne par le biais des réseaux sociaux, des systèmes informatiques, des réseaux de communication électronique de ou toute forme de support électronique, est puni d’une servitude pénale d’un à six mois et d’une amende de cinq cent mille à un million de Francs congolais ou de l’une de ces peines seulement ».

 

Rappelons que le ministre de l’Économie numérique, Augustin Kibassa Maliba, a lancé, le 6 août 2026, une campagne nationale de vulgarisation du Code du numérique. Le programme prévoyait le recrutement de 2 000 jeunes volontaires. La campagne s’achève en principe le 4 septembre 2026.

Par Jean Materne Zambo 

RD Congo : piteuse QoS, tarifs élevés, les opérateurs de téléphonie contraints d’indemniser leurs abonnés

[DIGITALBusinessAfrica] – Le cri de détresse des consommateurs n’est pas tombé dans les oreilles de sourds. Forfaits data qui s’épuisent à une vitesse anormale, connexions instables et hausse discrète de la tarification avec réduction des  durées de validité. Le mécontentement était devenu général.

Le ministre des Postes et Télécommunications, José Mpanda Kabangu, a manifesté son empathie face au calvaire des abonnés de Vodacom, Airtel, Orange et Africell. Les quatre opérateurs de téléphonie ont été sommés par le ministre de restituer les unités et mégabits consommés de manière anormale ou injustifiée.

C’est l’une des décisions prises par José Mpanda Kabangu ce mercredi 26 août 2026 après une rencontre avec les quatre opérateurs. Il est également imposé aux opérateurs de mettre en place des numéros verts pour recevoir les plaintes des abonnés. Un dispositif similaire sera opérationnalisé au niveau de l’ARPTC pour les réclamations non résolues.

L’Autorité de régulation de la poste et des télécommunications du Congo (ARPTC) joue le rôle de régulateur et d’arbitre du secteur. Il lui revient notamment de contrôler le respect des obligations imposées aux opérateurs et, lorsque des manquements sont constatés, de prendre les mesures prévues par la réglementation.

Le régulateur a les moyens logistiques pour satisfaire à cette mission. L’ ARPTC a récemment acquis de nouveaux équipements dans le but de surveiller et d’améliorer la qualité des services de téléphonie mobile à travers le pays. Du matériel qui permettra de jouer un rôle clé dans le secteur des télécommunications. Comme fonctionnalités, on retrouve :

•Mesure des performances : évaluer précisément les performances des différents réseaux de téléphonie mobile.

•Contrôle des fréquences : assurer la surveillance et la gestion du spectre des fréquences.

•Accès aux données : obtenir un accès direct aux données des opérateurs pour plus de transparence et de rigueur.

Par Jean Materne Zambo 

E-gov : L’Azerbaïdjan propose son expertise aux administrations tchadiennes

[DIGITAL Business Africa] – Les investisseurs Azerbaïdjanais avancent leurs pions dans le marché de l’ E-Government au Tchad. Depuis la Conférence mondiale sur le développement des télécommunications de novembre 2025, les dirigeants tchadiens et azerbaïdjanais dans le domaine de la transformation numérique ne cessent de siroter le thé de la collaboration. La CMDT-25, organisée par l’ UIT continue donc de porter ses fruits.

Le ministre des Télécommunications, de l’Économie numérique et de la Digitalisation, Haliki Choua Mahamat, a reçu ce jeudi 27 août 2026 à N’Djamena une délégation de la société azerbaïdjanaise Idrak Group LLC, conduite par son PDG Abdullayev Hikmat Sokvat Oglu. Les deux parties ont visité les pistes de collaboration dans la digitalisation et les technologies numériques.

Un mémorandum d’accord (MoU) avait déjà été signé entre les deux pays en janvier 2026. L’accord vise à instaurer un cadre structuré de coopération autour de l’échange d’expertises, du partage de bonnes pratiques et de la mise en œuvre de projets conjoints.

L’Azerbaïdjan revient à la charge. Cette fois pour partager son expérience dans la santé numérique, l’école intelligente et la production de titres sécurisés. Dans le domaine de la santé, l’Azerbaïdjan dispose du système de jumeau numérique médical (MDTS).

Cet outil utilise l’intelligence artificielle pour centraliser les données de santé, anticiper les tendances de santé publique et gérer les crises. De plus, le pays se distingue par sa signature mobile sécurisée SİMA İmza aux dossiers médicaux, certificats d’arrêt de travail, ordonnances électroniques et carnets de vaccination. Avec une administration

Sur la production et la vérification de documents, l’Azerbaïdjan peut se targuer d’une automatisation de l’émission des titres d’identité (cartes d’identité, passeports, permis de conduire) et de l’authentification en ligne instantanée pour éliminer la contrefaçon et réduire les démarches bureaucratiques.

Dans l’éducation, les pouvoirs publics ont intégré des outils d’intelligence artificielle sur la plateforme « Digital School » en partenariat avec Presight (G42). Cela pour accompagner les élèves dans l’apprentissage quotidien. Mieux, les diplômes, bulletins et certificats scolaires et universitaires dotés de codes-barres de vérification. Ce qui permet leur délivrance officielle et sécurisée.

Le ministre a salué cette initiative et encouragé Idrak Group LLC à poursuivre les échanges avec les autres départements ministériels afin d’explorer de nouvelles possibilités de coopération technologique entre le Tchad et l’Azerbaïdjan.

Par Jean Materne Zambo

Cameroun : L’ ART et une gouvernance salutaire, les nouveaux enjeux du régulateur télécom 

[DIGITAL Business Africa] – Le ministère des Finances a couronné un autre type de champions : ceux de la gouvernance. Plusieurs entreprises publiques appartenant à divers secteurs d’activités ont connu un mouvement dans la classification par catégorie des établissements publics au Cameroun, selon l’Arrêté N°00000016/MINFI du 13 août 2026.

L’Agence de Régulation des Télécommunications fait partie des entreprises dont le dynamisme, la gestion et le professionnalisme ont été salués. L’ART est passée de la 3e à la 2e catégorie, et rejoint un cercle restreint d’établissements publics, aux côtés de la Caisse de Stabilisation des Prix des Hydrocarbures (CSPH) et du Fonds Routier (FR). Qui dit changement dit un management empreint de rigueur et d’endurance, en atteste la cellule de communication de l’ Agence.

« Cette classification, établie sur la base du budget moye réalisé au cours des trois derniers exercices clos, traduit la trajectoire financière et institutionnelle solide impulsée à l’ART sous la direction du Professeur Philémon Zoo Zame. Depuis la réorganisation opérée par le Décret N°2020/727 du 3 décembre 2020, l’Agence a consolidé son statut d’établissement public à caractère spécial, renforcé son autonomie financière et affermi son rôle de régulateur de référence dans l’espace CEMAC ».

Sur le plan du régime de rémunération, cette nouvelle classification s’accompagne d’indemnités et d’avantages qui seront accordés aux administrateurs et aux dirigeants de l’Agence, conformément aux dispositions du Décret N°2019/322 du 19 juin 2019. Avec ce statut, l’ART devra mobiliser des moyens à la hauteur de ses missions, dans un contexte où le numérique occupe une place croissante dans la Stratégie Nationale de Développement 2020-2030.

Sur le plan institutionnel, de nouveaux enjeux se présentent, notamment la transparence, l’innovation et une gestion axée sur la performance et la donnée. L’ Agence résout aussi d’intégrer progressive les agents d’intelligence artificielle dans ses plateformes techniques   pour optimiser l’analyse des données de régulation. L’ ART a acquis deux plateformes de contrôle de la qualité de service (QoS) des réseaux de communications électroniques. Une dynamique qui pourrait cette fois catapulter l’ART à la première catégorie.

Par Jean Materne Zambo 

Nigeria : Stanbic IBTC Bank devra payer 6 250 000 francs CFA à deux anciens clients pour usage illicite de leurs données

[DIGITAL Business Africa] – La Haute Cour du Territoire de la capitale fédérale du Nigeria a condamné Stanbic IBTC Bank à verser 15 millions de nairas à deux anciens clients. Malgré la fermeture de leur compte et le retrait de leur consentement, la banque avait continué à exploiter leurs coordonnées pour leur adresser des communications commerciales. Le jugement précise cependant que le droit à l’effacement ne s’applique pas aux informations que les établissements financiers doivent conserver légalement.

La décision a été rendue le 29 juillet 2026 par le juge Kayode Agunloye, dans l’affaire CV/2190/25 opposant la banque à David Ogundipe et Salami Tolulope Ibrahim. Introduite le 10 juin 2025, la procédure invoquait la loi nigériane de 2023 sur la protection des données personnelles, le droit constitutionnel à la vie privée et la législation relative à la protection des consommateurs.

Des sollicitations commerciales après la fermeture du compte

Les deux plaignants avaient utilisé un compte professionnel auprès de Stanbic IBTC avant d’en demander la fermeture, à la suite de différends non résolus avec la banque. Cette dernière avait exécuté la demande, mettant officiellement fin à la relation bancaire.

Des courriels et des SMS promotionnels auraient néanmoins continué d’être envoyés aux adresses personnelles et professionnelles des anciens clients. Ceux-ci ont alors demandé formellement à Stanbic IBTC de cesser d’utiliser leurs données à des fins commerciales.

Selon les éléments rapportés dans le dossier, la banque a accusé réception de la réclamation et a assuré que les messages prendraient fin. Les communications se seraient cependant poursuivies pendant plusieurs semaines, ce qui a conduit les intéressés à saisir la justice.

Le tribunal a estimé qu’après la fermeture du compte et le retrait du consentement, Stanbic IBTC ne disposait plus d’une base juridique lui permettant d’utiliser ces données à des fins de marketing. Cette exploitation a été considérée comme contraire au Nigeria Data Protection Act de 2023, attentatoire au droit à la vie privée garanti par l’article 37 de la Constitution et constitutive d’une pratique commerciale déloyale au regard du Federal Competition and Consumer Protection Act.

15 millions de nairas de dommages et une interdiction permanente

David Ogundipe et Salami Tolulope Ibrahim réclamaient initialement 250 millions de nairas. Le tribunal a jugé ce montant excessif, mais leur a accordé 15 millions de nairas (environ 6 250 000 francs CFA) de dommages-intérêts généraux, notamment en raison de la persistance des sollicitations, de la réponse insuffisante aux demandes d’effacement et de l’atteinte à la vie privée.

Stanbic IBTC devra également payer 500 000 nairas au titre des frais de procédure. Les sommes accordées produiront un intérêt annuel de 10 % jusqu’à leur règlement intégral.

Le jugement impose en outre à la banque d’effacer les données personnelles qu’elle n’est pas légalement tenue de conserver. Une injonction permanente lui interdit, ainsi qu’à ses agents et prestataires, de traiter, de transmettre ou d’utiliser les informations des plaignants à des fins de marketing ou à toute autre finalité dépourvue de base légale ou de consentement.

Le droit à l’effacement n’est pas absolu

La portée la plus importante de la décision réside dans la distinction établie entre la conservation réglementaire et l’utilisation commerciale.

La loi nigériane sur la protection des données autorise une personne à retirer son consentement, à s’opposer au marketing direct et à demander l’effacement des informations qui ne sont plus nécessaires à la finalité pour laquelle elles ont été collectées. Elle prévoit également la possibilité de demander réparation devant une juridiction lorsqu’une violation entraîne un préjudice.

Toutefois, la fermeture d’un compte bancaire n’entraîne pas automatiquement la suppression de toutes les archives. L’article 8 de la loi nigériane de 2022 sur la prévention et l’interdiction du blanchiment d’argent impose notamment aux institutions financières de conserver certains dossiers de comptes, éléments de correspondance et résultats d’analyse pendant au moins cinq ans après la fin de la relation commerciale.

Le tribunal n’a donc pas ordonné la destruction générale des dossiers. Il a demandé à Stanbic IBTC de supprimer ce qui ne bénéficie plus d’une justification légale et de ne pas transformer les données conservées pour la conformité, l’audit ou la lutte contre le blanchiment en un fichier de prospection commerciale.

Au 26 août 2026, Stanbic IBTC n’a pas annoncé de recours contre le jugement.

Une alerte opérationnelle pour les banques et les fintechs

Pour les établissements financiers, cette décision dépasse la simple gestion des demandes de désabonnement. Elle oblige à vérifier que la fermeture d’un compte est répercutée dans les outils de gestion de la relation client, les plateformes d’envoi de SMS, les bases de marketing et les systèmes exploités par des prestataires.

Une organisation peut ainsi être autorisée à archiver certaines informations tout en étant interdite de les réutiliser pour proposer un crédit, une assurance, un produit d’épargne ou tout autre service. Les données réglementaires doivent être techniquement séparées ou soumises à des restrictions d’accès empêchant leur réintégration dans une campagne commerciale.

Les banques, fintechs, opérateurs télécoms et plateformes numériques ont également intérêt à rendre les demandes d’opposition et d’effacement traçables : date de réception, données concernées, base légale de conservation, systèmes interrogés, action effectuée et réponse adressée à la personne.

Le dossier montre enfin qu’une violation peut être poursuivie directement par les personnes concernées, indépendamment d’une sanction administrative de la Nigeria Data Protection Commission. Le risque lié aux données personnelles devient donc à la fois réglementaire, judiciaire, financier et réputationnel.

Par Digital Business Africa

Congo : La fraude à la SIM box cause un préjudice de 42 millions de FCFA, l’ARPCE intervient 

[DIGITAL Business Africa] – Six. C’est le total de réseaux SIM Box démantelés depuis le début de l’année 2026. L’Agence de Régulation des postes et des Communications électroniques Arpce reste aux aguets. La dernière intervention du régulateur télécom a eu lieu ce 21 août 2026, selon Benjamin Mouandza, directeur des Réseaux et Services de Communications électroniques.

Environ 800 000 minutes détournées, correspondant à un préjudice d’environ 42 millions de FCFA pour un seul réseau. Des sanctions pouvant aller jusqu’à cinq ans d’emprisonnement, ainsi que des amendes dont les montants peuvent atteindre un milliard de FCFA pourront être appliquées aux auteurs de ces fraudes.

Le mode opératoire de ces présumés malfrats consiste à détourner des communications internationales destinées au Congo pour les faire transiter par Internet avant de les réacheminer vers les réseaux téléphoniques nationaux. Les appels, pourtant émis depuis l’étranger, sont ainsi présentés comme des communications locales.

Ces individus utiliseraient des cartes SIM. ougandaises. Une technique de contournement des restrictions en vigueur au Congo. Tant il est difficile d’acquérir massivement, selon l’ ARPCE, des cartes SIM non identifiées. Lesquelles cartes seraient utilisées à distance dans les équipements installés au Congo ou reliés à internet. Une tactique qui a aussi d’autres avantages pour les présumés fraudeurs.

Cela leur permet de réduire « fortement » le coût de terminaison des appels et, par conséquent, de proposer aux transporteurs internationaux des tarifs nettement inférieurs aux circuits officiels.

Le Congo entend engager des échanges avec son homologue ougandais. Cela afin de faciliter l’identification, le blocage de numéros impliqués dans des activités frauduleuses. Le pays ne dispose pas encore d’un mécanisme de coopération « suffisamment » établi avec le régulateur ougandais sur cette question.

Par Jean Materne Zambo, source : ARPCE

Côte d’Ivoire : Le poids des médias sociaux dans les usages de la comm’ et de l’information ?

[DIGITAL Business Africa] – Et si le poids numérique des médias sociaux était devenu massif en Côte d’Ivoire ? Les plateformes numériques occupent une place prépondérante dans le quotidien des populations. Au point où il n’est plus possible de parler de communication, d’information sans passer par la case médias sociaux. La Côte d’Ivoire ne saurait déroger à cette règle.

Les médias sociaux ont concentré 25,5 % de la population totale en 2025, selon le rapport de DataReportal, partagé sur les plateformes numériques du ministère de la Côte le 25 août 2026. Selon le rapport, Facebook, comme à l’accoutumée, détient la pole avec 8,4 millions d’utilisateurs.

La plateforme est talonnée par TikTok (8 millions), YouTube (5 millions), Instagram (900 000) et le réseau social d’Elon Musk, X, qui comptait 239 000 utilisateurs.38,7 % des identités d’utilisateurs des médias sociaux en Côte d’Ivoire étaient des femmes, tandis que 61,3 % étaient des hommes, selon le rapport.

Il faut surtout souligner que la fracture numérique s’amenuise progressivement en Côte d’Ivoire. Mais le pays a encore du chemin à faire pour atteindre une couverture internet de 98 % et pour faire du pays un hub technologique régional. Selon le rapport de Data reportal, 19,5 millions de personnes n’utilisaient pas Internet fin 2025. Ce qui représenterait 59,3 % de la population restait « hors ligne » pour 32,9 millions d’habitants en octobre 2025.

L’autorisation des services de Starlink et l’accélération de la 5G ont été présentées par le ministre de la Transition numérique et de l’Innovation technologique, Djibril Ouattara, comme la formule magique pour connecter 300 localités rurales supplémentaires en 2026.

Par Jean Materne Zambo

Cameroun : Georges Elanga Obam veut mettre fin aux « îlots numériques » de l’administration

[DIGITAL Business Africa] – « Nous avons construit des îlots numériques qui sont côte à côte. Nous avons souvent oublié de construire les ponts qui les relient. » Le constat est de Georges Elanga Obam, ministre camerounais de la Décentralisation et du Développement local. Il intervenait lors de la session de haut niveau de l’édition 2026 du Forum sur la gouvernance de l’Internet, tenue du 18 au 20 août au Palais des Congrès de Yaoundé, sous le thème : « De la fragmentation à l’interopérabilité : faire de la donnée le socle des infrastructures publiques numériques au Cameroun ».

La session portait sur : « De la fragmentation à l’interopérabilité : quel cadre stratégique national pour la gouvernance de la donnée et le développement des infrastructures numériques au Cameroun ? » Le ministre y a défendu des administrations capables de faire communiquer leurs systèmes et d’échanger leurs données.

Pour illustrer la fragmentation, il évoque un citoyen dont les informations sont enregistrées dans plusieurs systèmes : état civil, fiscalité locale, foncier ou autres services administratifs. « Souvent, les systèmes qui traitent de ce citoyen ne savent pas que les autres existent et, quand bien même ils le savent, ils ne s’en soucient pas », observe-t-il.

« Nous avons oublié de construire les ponts »

Pour Georges Elanga Obam, le problème n’est pas l’absence d’investissements numériques. « Notre pays a investi beaucoup d’argent dans de nombreuses applications sectorielles qui, souvent, à dire d’experts, sont de qualité. Mais notre observation, c’est que nous avons construit ce qu’on appelle des îlots numériques qui sont côte à côte. Nous avons souvent oublié de construire les ponts qui les relient », affirme-t-il.

Le MINDDEVEL veut éviter de reproduire cette fragmentation. Le ministère a engagé la dématérialisation de la quasi-totalité de ses procédures, progressivement étendue aux services régionaux et départementaux. La prochaine étape concerne les 384 collectivités territoriales décentralisées.

Avec l’appui du ministère des Postes et Télécommunications, un programme de digitalisation des communes et des régions est en préparation. Il ne doit pas devenir une plateforme supplémentaire fonctionnant isolément. « Nous souhaitons que ce programme soit la colonne vertébrale de la décentralisation camerounaise », indique le ministre, avec l’objectif d’offrir des services publics numériques « simples, sécurisés, fiables et adaptés aux besoins des usagers ».

Intégrer l’interopérabilité dès la conception

Le MINDDEVEL affirme avoir intégré l’interopérabilité dès la conception du programme. « Nous ne voulons pas venir faire l’interopérabilité comme si nous voulions réparer quelque chose qui avait été conçu à l’origine sans tenir compte de cela », explique Georges Elanga Obam. Selon lui, « chaque fois qu’on prend un système de manière isolée, il aggrave la fragmentation au lieu de la corriger ».

Cette approche doit permettre aux systèmes liés à l’état civil, la santé, l’éducation, le budget ou la fiscalité locale de communiquer avec les plateformes sectorielles concernées.

Le ministre appelle aussi à un cadre national de gouvernance de la donnée publique précisant qui produit les données, qui les détient, qui peut y accéder et selon quelles règles elles circulent entre l’administration centrale et les collectivités locales.

L’état civil comme identifiant pivot

Georges Elanga Obam plaide pour une architecture nationale d’interopérabilité fondée sur des identifiants pivots partagés, avec un rôle central possible pour l’état civil. « L’état civil est l’acte de création de la citoyenneté », rappelle-t-il. Une identité fiable issue de l’état civil pourrait servir de référence aux systèmes publics, notamment pour la carte nationale d’identité, le passeport ou d’autres démarches administratives.

Autre enjeu : la souveraineté numérique. Le ministre estime que les collectivités ne devraient pas organiser chacune l’hébergement de leurs données. « Si nous voulons garantir la protection de ces données, il faut qu’elles soient conservées à des endroits où la capacité d’assurer leur sécurité est garantie. Et nous pensons que c’est l’État qui est capable de faire cela », déclare-t-il.

Georges Elanga Obam insiste enfin sur la formation des agents publics. Sans compétences pour exploiter, administrer et maintenir les nouveaux systèmes, les investissements dans la digitalisation risquent de ne pas produire les résultats attendus.

Il conclut par un engagement : « Faire de chaque nouveau système numérique local un contributeur à l’interopérabilité nationale et non un obstacle supplémentaire à celle-ci. »

Et d’ajouter : « Passer de la fragmentation à l’interopérabilité n’est pas un choix technique parmi d’autres. C’est la condition d’une décentralisation qui tient ses promesses au XXIe siècle. »*

Par DIGITAL BUSINESS AFRICA

Minette Libom Li Likeng : « Il faut dépasser la juxtaposition de plateformes isolées »

[DIGITAL Business Africa] – « Il nous faut désormais dépasser la juxtaposition de plateformes isolées pour construire un véritable écosystème numérique national. » C’est l’un des messages forts de Minette Libom Li Likeng, ministre des Postes et Télécommunications, à l’ouverture de l’édition 2026 du Forum sur la gouvernance de l’Internet au Cameroun, organisée du 18 au 20 août au Palais des Congrès de Yaoundé.

Placée sous le thème « De la fragmentation à l’interopérabilité : faire de la donnée le socle des infrastructures publiques numériques au Cameroun », cette édition du FGI place la gouvernance de la donnée, l’interopérabilité et la souveraineté numérique au centre des débats.

Pour Minette Libom Li Likeng, le numérique n’est plus un secteur isolé. Il est au cœur du fonctionnement de l’État, de la compétitivité des entreprises et de la vie quotidienne des citoyens. Internet, les données, le cloud, les plateformes numériques et l’intelligence artificielle constituent désormais des infrastructures essentielles au développement.

Mais cette transformation s’accompagne de fragilités : inégalités d’accès, systèmes d’information conçus de manière isolée, cyberattaques, atteintes à la vie privée, exploitation abusive des données ou encore usages incontrôlés de l’intelligence artificielle.

« La multiplication des systèmes d’information conçus de manière isolée entretient la fragmentation et réduit l’efficacité des investissements consentis », a-t-elle averti.

La donnée comme actif stratégique

Au cœur de son discours : la nécessité de considérer la donnée comme une ressource stratégique. Le thème du FGI 2026 traduit, selon la ministre, l’urgence de passer de la dispersion des données et plateformes à un écosystème numérique cohérent, interopérable et centré sur les besoins des usagers.

« L’interopérabilité ne signifie pas que toutes les administrations doivent utiliser un système unique. Elle suppose plutôt que les systèmes puissent communiquer entre eux sur la base de normes communes, de référentiels partagés, de mécanismes d’échange sécurisé et de règles de gouvernance clairement établies », explique-t-elle.

Les infrastructures publiques numériques doivent ainsi s’appuyer sur des composantes réutilisables : identité numérique, systèmes de paiement, échange sécurisé des données, registres de référence et plateformes d’accès aux services administratifs.

Cela suppose aussi de savoir quelles données sont disponibles, qui en est responsable, dans quelles conditions elles peuvent être utilisées ou partagées et quelles garanties entourent leur exploitation.

Souveraineté, cybersécurité et IA

Minette Libom Li Likeng insiste également sur la souveraineté numérique. Le Cameroun doit, selon elle, exercer un contrôle effectif sur ses infrastructures critiques, protéger ses données stratégiques, développer ses compétences nationales et défendre ses intérêts dans l’écosystème numérique mondial.

Elle appelle aussi à renforcer la cybersécurité et la confiance numérique, tout en structurant le dialogue national sur l’intelligence artificielle. Si l’IA offre des opportunités dans la santé, l’agriculture, l’éducation et l’administration publique, elle soulève aussi des questions de transparence algorithmique, de biais, de responsabilité et de dignité humaine.

La ministre souligne par ailleurs que les femmes et les jeunes doivent être des acteurs à part entière de la conception et de la mise en œuvre des politiques numériques.

Du dialogue à l’action

Pour la ministre, le FGI Cameroun 2026 doit déboucher sur des résultats concrets. Les recommandations devront renforcer la coordination des acteurs et éclairer les politiques publiques relatives à l’interopérabilité, à la gouvernance des données, à la cybersécurité et à l’intelligence artificielle.

La table ronde nationale doit notamment jeter les bases d’une feuille de route pour la gouvernance inclusive des infrastructures publiques numériques.

« Sans vision commune, les plateformes, les équipements et les données risquent de se multiplier sans former un ensemble cohérent », prévient-elle. L’État doit donc garantir l’interopérabilité des initiatives, établir des architectures et des référentiels communs et coordonner les différents acteurs.

Un rapport de recommandations et de propositions opérationnelles sera transmis au Premier ministre, chef du gouvernement.

« C’est par ce passage résolu du dialogue à l’action que le FGI Cameroun 2026 pourra produire un impact durable et contribuer à l’édification d’un Cameroun numérique plus intégré, plus inclusif, plus sûr et plus souverain », a conclu Minette Libom Li Likeng.

Par DIGITAL BUSINESS AFRICA

Judith Yah Sunday : « Il ne peut y avoir de souveraineté numérique sans maîtrise des infrastructures critiques ».

[DIGITAL Business Africa] – « Il ne peut y avoir de souveraineté numérique sans une maîtrise suffisante et parfaite des infrastructures critiques qui soutiennent notre espace numérique national. » C’est l’une des déclarations fortes de Judith Yah Sunday, directrice générale de CAMTEL, lors  de l’édition 2026 du Forum sur la gouvernance de l’Internet au Cameroun, tenue du 18 au 20 août au Palais des Congrès de Yaoundé.

Le FGI Cameroun 2026 était placé sous le thème : « De la fragmentation à l’interopérabilité : faire de la donnée le socle des infrastructures publiques numériques au Cameroun ».

Pour Judith Yah Sunday, parler d’interopérabilité et de données revient nécessairement à parler des infrastructures permettant aux plateformes de communiquer, aux administrations d’échanger et aux citoyens et entreprises d’accéder aux services numériques.

« CAMTEL n’est pas seulement un opérateur de télécommunications. En sa qualité d’opérateur public et d’acteur stratégique du numérique national, CAMTEL constitue l’un des principaux socles infrastructurels sur lequel repose la transformation numérique du Cameroun », affirme-t-elle.

La DG cite notamment la dorsale nationale en fibre optique, les infrastructures de transmission, les capacités internationales en câbles sous-marins, les réseaux d’accès ainsi que les infrastructures d’hébergement et de connectivité.

Pas d’administration numérique sans connectivité

Judith Yah Sunday établit un lien direct entre infrastructures et transformation de l’administration.

« Il ne peut pas y avoir d’administration numérique performante sans connectivité. Il ne peut y avoir de services publics numériques accessibles sans infrastructures robustes et résilientes. Il ne peut y avoir d’économie de la donnée sans capacité de transport, d’hébergement et d’échange de cette donnée », soutient-elle.

CAMTEL entend donc poursuivre la modernisation et l’extension de ses infrastructures, améliorer leur disponibilité et leur résilience, renforcer la connectivité du territoire et contribuer à réduire les disparités d’accès au numérique.

Mais le défi n’est plus uniquement celui de la disponibilité des infrastructures. Il faut désormais les mettre en cohérence.

« Lorsque ces systèmes demeurent isolés les uns des autres, lorsque les données restent enfermées dans des silos et lorsque les infrastructures ne peuvent communiquer efficacement, une part importante de la valeur du numérique demeure inexploitée », prévient Judith Yah Sunday.

CAMTEL veut faciliter l’interopérabilité nationale

Selon elle, le passage de la fragmentation à l’interopérabilité doit permettre aux infrastructures, plateformes et services de communiquer de manière sécurisée, dans le respect de la protection des données et des exigences de souveraineté.

CAMTEL entend ainsi devenir un « facilitateur de l’interopérabilité nationale ». Son réseau doit pouvoir constituer une infrastructure de confiance pour les services publics numériques, les collectivités territoriales, les entreprises, les startups et l’ensemble de l’écosystème numérique.

La DG rappelle toutefois que « la transformation numérique est par essence une œuvre collective ». L’État définit les orientations, les opérateurs construisent les infrastructures, le secteur privé innove, le monde académique développe les connaissances et compétences, tandis que la société civile et la communauté technique contribuent au dialogue.

Pour CAMTEL, les recommandations du FGI doivent déboucher sur des actions concrètes : amélioration de la connectivité, mutualisation des infrastructures, interopérabilité des plateformes, sécurisation des échanges, développement des capacités nationales d’hébergement, amélioration de la qualité des services et extension de l’accès au numérique.

« Sur chacun de ces chantiers, CAMTEL est prête à prendre toute sa part de responsabilité », assure Judith Yah Sunday.

Transporter, protéger et héberger la donnée

La DG de CAMTEL résume finalement l’enjeu : « Le numérique de demain reposera sur la donnée, mais la donnée ne crée de valeur que lorsqu’elle peut être transportée, protégée, hébergée, échangée et utilisée dans un environnement de confiance. »

CAMTEL promet donc de continuer à investir dans les infrastructures, à renforcer la robustesse de son réseau et à étendre la connectivité nationale et internationale afin d’accompagner l’État vers un Cameroun numérique « souverain, inclusif et compétitif ».

« Connecter le Cameroun, ce n’est plus seulement relier les personnes et les territoires. C’est désormais relier les infrastructures, les données, les services et les opportunités afin de construire ensemble le socle numérique de notre Cameroun de demain », conclut Judith Yah Sunday.

Par DIGITAL BUSINESS AFRICA

François Joseph NNEMETE BEYEME : « Le FGI Cameroun doit être non seulement un rendez-vous annuel, mais un cadre permanent de concertation »

[DIGITAL Business Africa] – Le Forum sur la gouvernance de l’Internet au Cameroun (FGI Cameroun) veut changer de dimension. Réunis du 18 au 20 août 2026 au Palais des Congrès de Yaoundé autour du thème « De la fragmentation à l’interopérabilité : faire de la donnée le socle des infrastructures publiques numériques au Cameroun », les acteurs de l’écosystème numérique camerounais ont été appelés à dépasser le cadre d’un rendez-vous annuel pour installer un dialogue permanent sur l’avenir numérique du pays.

Prenant la parole au nom du Groupe consultatif multipartite du FGI Cameroun, lors de la cérémonie officielle d’ouverture, François Joseph Nemete Beyeme a insisté sur la nécessité d’élargir la participation à l’ensemble des composantes de l’écosystème numérique.

« Le FGI Cameroun doit être envisagé comme un processus permanent de dialogue, de consultation et de mobilisation des différentes composantes de l’écosystème numérique national », a-t-il déclaré.

Faire du FGI un cadre permanent de concertation

Pour François Joseph Nemete Beyeme, l’enjeu dépasse désormais l’organisation d’une rencontre annuelle. Le FGI Cameroun ambitionne de devenir un espace structuré où administrations publiques, entreprises, société civile, communauté technique, universités, jeunes et startups pourront régulièrement confronter leurs expériences et leurs propositions.

Dans cette perspective, le Groupe consultatif multipartite entend mettre en place une planification des activités tout au long de l’année, articulée autour de consultations thématiques, de rencontres avec les parties prenantes, d’actions de sensibilisation et d’initiatives décentralisées.

L’objectif affiché est également de rapprocher le processus de gouvernance de l’Internet des réalités vécues dans les différentes communautés.

« L’ambition étant de faire du FGI Cameroun non seulement un rendez-vous annuel, mais un cadre permanent structuré et accessible de concertation », a souligné François Joseph Nemete Beyeme.

Cette dynamique devrait notamment passer par le renouvellement et la redynamisation du réseau des points focaux du FGI au sein des différentes catégories de parties prenantes. Leur rôle sera de faire circuler l’information, de relayer les préoccupations de leurs communautés et de favoriser une participation régulière aux activités nationales, sous-régionales et internationales.

Le responsable a également placé l’inclusion au centre de la démarche. Il a annoncé une attention particulière aux femmes, aux jeunes, aux startups et aux catégories encore insuffisamment représentées dans les discussions sur la gouvernance de l’Internet et la transformation numérique.

Dans cette architecture, le FGI Jeune et le FGI Femme sont appelés à occuper une place importante.

Pour François Joseph Nemete Beyeme, aucune composante de l’écosystème ne peut, à elle seule, prétendre détenir toutes les réponses aux mutations numériques et sociétales.

« Aujourd’hui, aucune catégorie d’acteurs ne détient à elle seule l’ensemble des réponses aux transformations sociétales, à la transformation numérique. Chacun doit pouvoir apporter son expérience, exprimer ses préoccupations et écouter celles des autres », a-t-il affirmé.

Cette approche multipartite apparaît d’autant plus stratégique que le thème de l’édition 2026 place la donnée et l’interopérabilité des infrastructures publiques numériques au cœur des débats. La construction d’un environnement numérique cohérent nécessite en effet une meilleure articulation entre les différentes administrations, les entreprises technologiques, les utilisateurs et les producteurs de données.

Porter la voix du Cameroun et de l’Afrique dans les débats mondiaux

Autre message fort de cette cérémonie d’ouverture : la gouvernance de l’Internet ne saurait se limiter aux frontières camerounaises.

Le FGI Cameroun entend ainsi renforcer son articulation avec les processus sous-régionaux, africains et mondiaux, afin que les réalités locales puissent davantage nourrir les discussions internationales sur l’avenir du numérique.

« Il importe à cet effet que les réalités, les priorités et les intérêts du Cameroun et de l’Afrique soient pleinement pris en compte dans la définition des orientations qui façonnent l’avenir du numérique à l’échelle internationale », a déclaré François Joseph Nemete Beyeme.

Il a notamment rappelé l’importance de l’Agenda de Tunis pour la société de l’information, qui encourage le développement de processus nationaux, sous-régionaux et régionaux permettant de mieux articuler les réalités locales avec les débats mondiaux sur la gouvernance de l’Internet.

Le FGI Cameroun veut donc servir de passerelle entre ces différents niveaux de discussion, en faisant remonter les préoccupations et propositions issues du terrain vers les instances africaines et internationales.

Une dynamique soutenue au plus haut niveau

La cérémonie d’ouverture a également été l’occasion pour le Groupe consultatif multipartite d’exprimer sa reconnaissance aux autorités camerounaises pour leur accompagnement.

François Joseph Nemete Beyeme a notamment salué le haut patronage accordé par le Premier ministre, chef du gouvernement, ainsi que l’implication de la ministre des Postes et Télécommunications, représentante personnelle du Premier ministre à cette cérémonie.

Pour lui, cet accompagnement institutionnel confère une portée particulière au FGI Cameroun 2026 et renforce sa capacité à rassembler les différentes forces de l’écosystème numérique national.

Au terme de son intervention, le responsable du Groupe consultatif multipartite a appelé les participants à inscrire les travaux du forum sous le signe de la confiance collective, avec une ambition claire : faire de la gouvernance de l’Internet un processus inclusif, continu et capable d’accompagner la transformation numérique du Cameroun.

De la fragmentation à l’interopérabilité, le défi posé par le FGI Cameroun 2026 est désormais de transformer le dialogue en mécanisme permanent de convergence autour de la donnée, des infrastructures publiques numériques et de l’intérêt général.

Par DIGITAL BUSINESS AFRICA

« La donnée est devenue le nerf de la souveraineté numérique », affirme Tahiry Rakotoheriniaina (UIT)

[DIGITAL Business Africa] – Prenant la parole lors de l’ouverture officielle du Forum sur la gouvernance de l’Internet au Cameroun (FGI Cameroun 2026) au Palais des Congrès de Yaoundé, la représentante résidente de l’Union internationale des télécommunications (UIT) pour l’Afrique centrale et Madagascar, Tahiry Rakotoheriniaina, a salué l’engagement de l’État camerounais tout en rappelant que l’interopérabilité des données est aujourd’hui le véritable pilier de la souveraineté et de l’économie numérique.

Placée sous le haut patronage du Premier ministre et en présence de la ministre des Postes et Télécommunications, Minette Libom Li Likeng, l’édition 2026 du FGI Cameroun s’est ouverte sur des enjeux de taille : « De la fragmentation à l’interopérabilité : faire de la donnée le socle des infrastructures publiques numériques au Cameroun ».

Pour la représentante de l’UIT, ce thème n’a rien d’un simple intitulé de circonstance. Il touche directement au défi majeur auquel font face les États engagés dans la modernisation de leur administration : passer de systèmes d’information cloisonnés, construits en « tuyaux de poêle », à un écosystème numérique intégré où la donnée devient un bien public gouverné, protégé et partagé.

En phase avec le Pacte numérique mondial de l’ONU

Mme Rakotoheriniaina a souligné que la démarche du Cameroun s’inscrit dans une dynamique globale. Elle a rappelé qu’en septembre 2024, l’Assemblée générale des Nations unies a adopté le Pacte pour l’Avenir, intégrant le Pacte numérique mondial dont le quatrième objectif vise précisément à promouvoir des modèles de gouvernance des données responsables, équitables et interopérables.

Cette orientation rejoint également les initiatives régionales de l’UIT définies à Bakou en 2025, qui guident l’action de l’agence onusienne sur le continent africain.

« Il n’est pas d’infrastructure résiliente sans données fiables pour la piloter ; pas d’intelligence artificielle digne de confiance sans gouvernance rigoureuse des données ; pas de cybersécurité sans protection des données qui circulent entre les administrations ; et pas d’innovation numérique sans accès ouvert et sécurisé aux données publiques », a martelé la représentante de l’UIT.

Les standards techniques, garants de l’interopérabilité

Insistant sur le rôle central de l’UIT dans l’élaboration des normes techniques mondiales, Tahiry Rakotoheriniaina a rappelé que l’interopérabilité ne peut exister sans standards communs. Faute de normes harmonisées, le dialogue entre les plateformes ministérielles et les infrastructures publiques reste impossible.

« La donnée est aujourd’hui devenue le nerf de la souveraineté numérique. Demain, la compétitivité d’un État se jugera à sa capacité à produire, gouverner, protéger et partager sa donnée », a-t-elle affirmé, rappelant que l’hébergement, la circulation et la protection des données sont des choix stratégiques majeurs.

Un projet de nation multipartite

Face à l’ampleur des défis, l’UIT rappelle qu’aucune administration ni aucun secteur ne peut agir isolément. L’interopérabilité des infrastructures publiques numériques constitue un « projet de nation » nécessitant une vision partagée, une gouvernance intersectorielle claire et un cadre juridique solide.

Tahiry Rakotoheriniaina a émis le vœu que ces trois jours de travaux débouchent sur une feuille de route concrète. Un document stratégique devant associer gouvernement, secteur privé, communauté technique, société civile, femmes, jeunes et start-uppeurs pour faire des infrastructures publiques numériques de véritables accélérateurs d’une transformation digitale inclusive et durable au Cameroun.

Par DIGITAL BUSINESS AFRICA

« Il faut un forfait internet illimité à bas débit pour tous », plaide Pierre-François Kamanou (REPTIC)

[DIGITAL Business Africa] – Intervenant lors des échanges sur la réduction de la fracture numérique et la garantie d’un accès abordable, inclusif et de qualité à Internet au FGI Cameroun 2026, le président du Regroupement des Entreprises du Secteur des Technologies de l’Information et de la Communication (REPTIC), Pierre-François Kamanou, a formulé des propositions fortes. Entre ouverture du monopole de Camtel aux acteurs locaux et instauration d’un « service minimum internet », le patron des entreprises du secteur de la tech livre sa vision pour une véritable inclusion numérique.

Présent au Palais des Congrès de Yaoundé au nom du patronat du secteur privé numérique, Pierre-François Kamanou a rappelé les mesures prioritaires portées par le REPTIC depuis novembre 2025 pour la relance du secteur et la promotion de l’emploi jeune. Pour le dirigeant, lutter contre l’exclusion numérique au Cameroun exige d’agir sur deux leviers indissociables : l’accès aux infrastructures de transport et la tarification des usages.

  1. Camtel doit fournir un hub d’interconnexion aux opérateurs privés locaux

Si le REPTIC reconnaît le rôle stratégique de l’opérateur historique Camtel en tant que garant de la souveraineté nationale sur la dorsale en fibre optique (backbone), Pierre-François Kamanou estime que cette position de monopole sur la fibre ne doit pas étouffer les autres acteurs nationaux.

« Fort de sa position de souveraineté, Camtel devrait fournir un hub d’interconnexion aux opérateurs privés locaux licenciés pour assurer une interconnectivité multicanal. Beaucoup d’opérateurs privés de FTTH/FTTO ou de Data Centers peinent à travailler alors qu’ils ont des licences. Pour accélérer la réduction de la fracture numérique sur le dernier kilomètre, il faut impérativement faire rentrer en jeu ces acteurs locaux », a souligné le président du REPTIC.

  1. Instauration d’un forfait internet illimité à bas débit (64 Kbps minimum)

Abordant le volet de l’abordabilité et de l’accès universel, Pierre-François Kamanou s’est insurgé contre l’exclusion numérique brutale subie par les usagers dès l’épuisement de leur volume de données.

« Aujourd’hui, vous achetez un forfait de 2 000 ou 5 000 FCFA pour quelques gigas. Une fois le forfait épuisé, vous êtes complètement coupé du monde. On ne vous permet même plus d’utiliser la messagerie WhatsApp », déplore-t-il.

Pour y remédier, le REPTIC propose la mise en place d’un service universel d’accès garanti :

  • Un accès illimité à bas débit (minimum 64 Kbps) : Tout usager ayant souscrit un forfait mensuel, quel qu’en soit le montant, devrait conserver un débit résiduel de 64 Kbps pendant tout le mois afin de pouvoir maintenir au moins ses communications textuelles sur les messageries instantanées.
  1. La cherté du SMS inter-réseaux : une « incongruité » à corriger par le régulateur

Enfin, le président du REPTIC a interpellé le régulateur des télécommunications (ART) sur les coûts exorbitants pratiqués sur la téléphonie de base, qui touchent de plein fouet les populations rurales et les couches les plus vulnérables.

« Pour envoyer un SMS d’un réseau à un autre, cela coûte 50 FCFA. C’est énorme aujourd’hui ! C’est une incongruité au moment où l’on parle d’inclusion. On exclut les plus pauvres qui n’ont pas internet et qui ne peuvent même pas envoyer un simple SMS à cause de la cherté des tarifs », a martelé Pierre-François Kamanou.

En appelant à une meilleure synergie entre l’opérateur historique, le secteur privé local et l’autorité de régulation, le REPTIC espère voir ces mesures concrètes intégrées dans la feuille de route de la transformation numérique nationale.

Par DIGITAL BUSINESS AFRICA

 « Aujourd’hui, c’est le citoyen qui transporte les données d’une administration à l’autre, cela doit cesser », martèle Beaugas Orain Djoyum

[DIGITAL Business Africa] – Intervenant lors de la table ronde sur l’« Élaboration d’une feuille de route nationale pour la gouvernance inclusive des infrastructures publiques numériques », Beaugas Orain Djoyum, Directeur Général du cabinet ICT Media STRATEGIES, a livré un plaidoyer cash pour la transformation digitale au Cameroun. Égrenant des recommandations concrètes pour les 12 prochains mois, il appelle à passer de la simple numérisation de façade à une réelle interopérabilité au service de l’usager.

Face aux membres du gouvernement, aux diplomates et aux acteurs de l’écosystème numérique réunis au Palais des Congrès de Yaoundé, Beaugas Orain Djoyum s’est appuyé sur un constat sans équivoque : au Cameroun, le principal « tuyau » d’interopérabilité entre les ministères reste… le citoyen lui-même.

« Un citoyen prend un document dans une administration, traverse la ville, fait une photocopie, se rend dans une administration B, paye, revient et on lui demande encore un autre acte. Aujourd’hui, le premier acteur de l’interopérabilité au Cameroun, ce sont les usagers. Cela ne devrait plus être le cas. Ce sont les données qui doivent circuler de manière sécurisée et non les usagers », a déclaré le DG d’ICT Media STRATEGIES.

Pour sortir de ce schéma et garantir que le FGI 2027 puisse dresser un bilan d’étapes concret, l’expert a formulé quatre priorités majeures pour les 12 prochains mois.

  1. Appliquer le principe du « Une fois seulement »

L’État ne doit plus exiger d’un citoyen une donnée qu’il détient déjà dans ses registres. L’interconnexion des bases de données publiques doit permettre aux administrations de s’échanger directement les informations, dans le respect de la cybersécurité et de la protection des données personnelles.

  1. Passer de l’informatisation à la vraie transformation des services publics

Déposer un formulaire au format PDF sur un site web ne constitue pas de l’e-gouvernance. La véritable transformation numérique doit se mesurer à des critères pragmatiques :

  • A-t-elle supprimé un déplacement physique ?
  • A-t-elle réduit les délais administratifs ?
  • Permet-elle le paiement en ligne sécurisé des droits et taxes ?

Citant les avancées de la CNPS et de la Direction Générale des Impôts, Beaugas Orain Djoyum exhorte l’ensemble des services étatiques à généraliser le paiement électronique et la délivrance à distance des actes officiels.

  1. Activer trois parcours pilotes structurants

Pour démontrer rapidement les bénéfices de l’interopérabilité, trois chantiers prioritaires doivent être conduits :

  • La naissance : L’attribution dès la naissance d’une identité numérique unique (portée par la DGSN) qui suivra le citoyen toute sa vie dans ses démarches.
  • L’entrepreneuriat : La création d’entreprise 100 % en ligne, à l’image du modèle estonien.
  • Le paiement : La numérisation intégrale du recouvrement des frais administratifs sans manipulation de cash.
  1. Créer une agence unique de coordination et un Conseil National du Numérique

Face à la prolifération de plateformes ministérielles isolées, Beaugas Orain Djoyum préconise la création d’une institution nationale dédiée à la gouvernance et à la coordination de la digitalisation de l’État.

S’inspirant des réussites internationales et africaines à l’instar d’e-Estonia en Estonie, d’Irembo au Rwanda (plus de 200 services en ligne), de la CINI au Bénin ou des agences sénégalaises, le Cameroun doit rationaliser ses efforts. Il suggère également la création d’un Conseil National du Numérique regroupant le secteur privé et la société civile pour évaluer en continu la transformation digitale.

Rendez-vous au Salon eGova en octobre

En conclusion de son intervention, Beaugas Orain Djoyum a annoncé la tenue, du 14 au 17 octobre, du Salon eGova (Salon de l’e-gouvernance et de la transformation digitale), une initiative portée par ICT Media STRATEGIES pour exposer et valoriser concrètement les solutions digitales déployées par les acteurs publics et privés.

« La meilleure communication sur la transformation numérique de l’État, c’est un service public numérique qui fonctionne », a-t-il conclu.

Par DIGITAL BUSINESS AFRICA

Blocage des téléphones non dédouanés/Cameroun : Enfin le consensus entre les acteurs ?

[DIGITAL Business Africa] – Camtel, Orange Cameroun et MTN Cameroon devraient passer à la phase repressive. Le opérateurs de téléphonie mobile, l’ART et les Douanes semblent avoir trouvé un terrain d’entente sur la date de blocage  des téléphones non dédouanés. La mesure entrera en vigueur dès le premier septembre 2026 d’après  un communiqué signé du ministre des Finances, Louis Paul Motaze, ce 20 août  2026.

La mesure, il faut le rappeler, concerne les téléphones qui se connecteront pour la 1ère fois à un réseau local après le premier septembre ; ceux connectés après le 1er avril 2026 et qui ont ignoré les messages d’alerte ; ceux activés de façon groupée avec la même SIM après le premier avril 2026 et non utilisés en continu. Le ministre des Finances invite les concernés à se rapprocher d’urgence de tout bureau de Douane.

Les consommateurs, quant à eux, sont invités, au moment de l’achat des terminaux, à vérifier le statut douanier du téléphone à l’adresse : www.mpie.camcis.cm. Il est également possible de vérifier le statut de son terminal mobile en consultant l’IMEI via le code *#06#, ou via le service en ligne dédié.

La date de blocage  avait d’abord été fixée au 25 mai 2026. Un délai qui ´n’a pas fait l’unanimité parmi les acteurs de l’écosystème télécom. Les opérateurs pointaient les défis techniques. Notamment l’organisation préalable d’une phase test avant toute opérationnalisation à grande échelle du blocage des terminaux concernés.

D’autres acteurs du secteur indiquaient le déficit d’outils techniques appropriés permettant de mettre en œuvre efficacement le blocage des appareils non dédouanés.

Le REPTIC, à travers, son président Dr Ing. Pierre François Kamanou,  appelait à une « réflexion approfondie et inclusive, associant administrations publiques, régulateurs, opérateurs mobiles et acteurs du numérique ».

Chaque catégorie correspond à une valeur de référence admise par les Douanes :

  • 1re catégorie : 5 000 FCFA, soit environ 1 670 FCFA de droits ;
  • 2e catégorie : 10 000 FCFA, soit environ 3 350 FCFA ;
  • 3e catégorie : 20 000 FCFA, soit environ 6 670 FCFA ;
  • 4e catégorie : 25 000 FCFA, soit environ 8 340 FCFA ;
  • 5e catégorie : 50 000 FCFA, soit environ 16 670 FCFA ;
  • 6e catégorie : 100 000 FCFA, soit environ 33 330 FCFA ;
  • 7e catégorie : 200 000 FCFA, soit environ 66 660 FCFA ;
  • 8e catégorie : 400 000 FCFA, soit environ 135 000

Par Jean Materne Zambo