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[Billet] RDC : L’enfumage des drones autonomes 100 % made in Congo ?

[DIGITAL Business Africa] – L’innovation technologique a en horreur l’affabulation. Il suffit d’une simple déclaration infondée ou d’une tentative de désinformation délibérée pour que vous soyez immédiatement pris au collet. En République démocratique du Congo, le Dr Blaise Wamba Yetshi essuie de nombreuses critiques.

Le coordonnateur national de la centrale de Félicité Numérique et Spatiale (PNRST), subit un lynchage numérique depuis une vidéo diffusée la veille de la rentrée scolaire. Un mauvais message envoyé aux élèves qui ont retrouvé le chemin de l’école ce 7 septembre 2026. Dans cette vidéo largement partagée  on peut voir le Dr Blaise Wamba Yetshi féliciter ses étudiants d’avoir réussi à fabriquer un drone autonome 100 % made in Congo qui fonctionnerait « parfaitement ».

Sauf que la VAR montre un drone qui peine à atteindre une altitude de 3 mètres. Loin, très loin des 30 requis pour un drone de sécurité. On peut se demander comment la surveillance du territoire national et d’autres applications opérationnelles stratégiques sera assurée efficacement.

Pour la plupart des internautes, le Dr Blaise Wamba Yetshi manque va un peu vite en besogne. Le compte X Spaz243, a appelé le chercheur à lever l’équivoque sur la notion d’autonomie.

« Il ne faut pas confondre le verbe « fabriquer » et « assembler » et en plus vous dites 100 % ; cela implique qu’ils ont conçu les mini-moteurs, les hélices, tout quoi, donc zéro importation de matériaux et matériels, et où est l’innovation ? »

Éric Mpundu demande des preuves qui attestent cette souveraineté technologique.

« Où sont les caractéristiques techniques vérifiables : autonomie de vol, portée, charge utile, système de communication, navigation, résistance au brouillage, taux d’intégration locale, résultats des essais et organismes ayant certifié ou évalué ces prototypes ? »

Comme lui, d’autres internautes réclament plus d’informations sur la cellule, l’électronique, les moteurs, les contrôleurs de vol, les capteurs, les caméras, les batteries, le GPS, les logiciels et les systèmes de transmission.

Autant de caractéristiques qui permettront de prouver que l’innovation technologique du Dr Blaise Wamba Yetshi et de ses étudiants est une avancée majeure, pas un enfumage.

Par Jean Materne Zambo

Cartographie : l’ONU appelle les États et les géants du numérique à cesser de « rétrécir » l’Afrique sur les cartes

[DIGITAL Business Africa] – L’Afrique tient désormais à être représentée sur les cartes du monde à sa juste dimension. Et l’Assemblée générale des Nations unies la soutient dans cette démarche. Le 4 septembre 2026, elle a apporté un soutien massif à l’initiative « Corriger la carte », portée par le Groupe africain pour promouvoir des représentations cartographiques plus fidèles aux superficies réelles des continents.

Par 164 voix contre une, avec six abstentions, les États membres ont approuvé une résolution qui encourage les gouvernements, les organisations internationales, les établissements d’enseignement, ainsi que les plateformes technologiques mondiales et les entreprises du secteur numérique, à favoriser des représentations plus fidèles de la superficie des continents.

Les États-Unis ont été les seuls à voter contre. L’Estonie, la Géorgie, la Lituanie, la Moldavie, la Serbie et l’Ukraine se sont abstenues.

Au cœur de cette initiative : la remise en question de l’utilisation systématique de la projection de Mercator, conçue en 1569 pour les besoins de la navigation maritime et devenue, au fil des siècles, l’une des représentations les plus familières du monde.

Mercator : une Afrique visuellement rétrécie

La projection de Mercator présente une caractéristique essentielle : elle conserve les directions, ce qui explique son intérêt pour les navigateurs. Mais cette propriété est obtenue au prix d’une forte distorsion des superficies. Plus un territoire est éloigné de l’équateur, plus il paraît grand.

Le projet de résolution soumis à l’Assemblée générale le 04 août 2026 constate ainsi que Mercator « reste largement utilisée dans les supports pédagogiques, médiatiques, numériques et officiels », alors qu’elle provoque une importante distorsion des masses continentales éloignées de l’équateur, au détriment des régions équatoriales.

La résolution va plus loin en constatant que cette distorsion :

« contribue à minimiser dans les esprits la taille de l’Afrique, de l’Amérique latine et de l’Asie du Sud, et à perpétuer une vision déséquilibrée du monde ».

L’exemple le plus spectaculaire est celui du Groenland. Sur une carte Mercator, l’île peut paraître presque aussi grande que l’Afrique. En réalité, l’Afrique est environ 14 fois plus grande que le Groenland.Cartographie : l’ONU appelle les États et les géants du numérique à cesser de « rétrécir » l’Afrique sur les cartes

Robert Dussey : « Les cartes façonnent notre compréhension du monde »

C’est le Togo, au nom du Groupe africain, qui a conduit les négociations ayant abouti au vote.

Avant celui-ci, le ministre togolais des Affaires étrangères, Robert Dussey, a insisté sur la dimension culturelle et cognitive de la représentation cartographique :

Cartographie : l’ONU appelle les États et les géants du numérique à cesser de « rétrécir » l’Afrique sur les cartes
Prof. Robert Dussey, ministre des Affaires étrangères du Togo.

« Les cartes façonnent notre compréhension du monde. Elles guident l’éducation, nourrissent l’imagination et influencent les perceptions collectives. »

Une réflexion que l’on retrouve directement dans la résolution. Le document affirme que les représentations cartographiques influencent durablement la perception et la compréhension des réalités territoriales. Il considère les cartes comme un « outil pédagogique, scientifique et culturel fondamental » qui façonne la perception du monde et l’imaginaire collectif.

Il a néanmoins précisé que l’objectif n’était ni de condamner Gerardus Mercator ni d’imposer une projection cartographique unique.

Equal Earth : la projection désormais soutenue par l’Union africaine

L’alternative mise en avant est notamment Equal Earth, une projection cartographique créée en 2018 et conçue pour préserver les superficies relatives des différentes régions du globe.

La résolution rappelle expressément « l’adoption par l’Union africaine de la projection cartographique Equal Earth, qui représente plus fidèlement les dimensions de tous les continents, en particulier de l’Afrique ».

Le texte adopté affirme :

« La projection cartographique Equal Earth offre une représentation plus fidèle des dimensions des masses continentales et constitue, à ce titre, une option pertinente pour une représentation cartographique plus juste du monde. »

L’Assemblée générale encourage ainsi les États, les organisations internationales et les autres acteurs concernés à utiliser Equal Earth ou des projections équivalentes lorsque la représentation fidèle des superficies constitue un élément déterminant.

La résolution reconnaît toutefois une réalité scientifique fondamentale : aucune projection ne peut représenter fidèlement la surface sphérique de la Terre sur un plan. Chaque projection répond à des besoins particuliers et privilégie certaines propriétés cartographiques.

La véritable taille de l’Afrique : 30,37 millions de km²

L’Afrique couvre environ 30,37 millions de km², soit environ 20 % des terres émergées de la planète. Elle constitue le deuxième continent le plus vaste du monde derrière l’Asie.

Equal Earth ne rend donc pas l’Afrique « plus grande artificiellement». Elle vise à représenter plus fidèlement les superficies relatives, là où Mercator exagère considérablement les régions éloignées de l’équateur.

C’est pourquoi des territoires septentrionaux comme le Groenland apparaissent démesurément grands sur les cartes de Mercator par rapport aux territoires situés autour de l’équateur.Cartographie : l’ONU appelle les États et les géants du numérique à cesser de « rétrécir » l’Afrique sur les cartes

Une initiative née d’une mobilisation panafricaine

Du 8 au 12 décembre 2025, le neuvième Congrès panafricain, organisé à Lomé, avait demandé à l’Union africaine et à ses États membres de soumettre aux Nations unies une requête officielle afin de corriger les représentations cartographiques disproportionnées de l’Afrique.

En février 2026, à Addis-Abeba, la Conférence des chefs d’État et de gouvernement de l’Union africaine a adopté la décision Assembly/AU/Dec.959 (XXXIX) relative à l’initiative « Corriger la carte de l’Afrique sur le globe ».

Le projet de résolution A/80/L.104 présenté aux Nations unies était porté par une très large coalition d’États africains, dont le Cameroun, le Nigeria, l’Afrique du Sud, l’Algérie, l’Égypte, le Kenya, le Rwanda, le Sénégal, la Côte d’Ivoire, la RDC et le Togo.

Les géants mondiaux de la technologie directement interpellés

C’est l’une des dimensions les plus importantes du texte pour l’économie numérique.

La résolution ne se contente pas d’appeler les gouvernements à modifier les cartes utilisées par les administrations ou les écoles. Elle interpelle expressément les plateformes technologiques mondiales.

Son paragraphe 8 :

« Exhorte les plateformes technologiques mondiales à engager un dialogue constructif avec les États Membres et les organisations régionales en vue de promouvoir des représentations cartographiques plus justes de la planète, notamment la projection cartographique Equal Earth, conformément aux principes, normes et lignes directrices des Nations Unies. »

Le paragraphe suivant cible plus largement l’industrie numérique :

« Invite les entreprises technologiques et les acteurs du secteur numérique, selon le cas, à promouvoir des pratiques transparentes et inclusives en matière de représentation de la taille des continents, en tenant compte des principes, normes et lignes directrices applicables des Nations Unies et du droit international. »

Ces dispositions placent potentiellement le débat sur le terrain des services de cartographie numérique, des moteurs de recherche, des plateformes éducatives, des applications, des médias numériques et d’autres systèmes recourant à des représentations géographiques.

Il faut aussi relever que la résolution n’est pas une injonction adressée spécifiquement à Google Maps, Apple Maps ou à toute autre entreprise technologique. Toutes sont concernées, même si le document ne cite aucune plateforme en particulier. Par ailleurs, la résolution n’est pas contraignante.

Vers des normes internationales pour les cartes numériques

L’ambition va d’ailleurs au-delà du choix entre Mercator et Equal Earth.

Le paragraphe 6 de la résolution :

« Préconise l’élaboration de normes internationales visant à garantir une représentation plus fidèle de la taille des continents dans les outils de cartographie numériques et imprimés, conformément aux cadres pertinents des Nations Unies. »

Le texte invite notamment l’UNESCO, le Programme des Nations unies pour le développement, le Comité d’experts sur la gestion de l’information géospatiale à l’échelle mondiale et le Bureau des affaires spatiales à travailler avec les organisations régionales, dont l’Union africaine, ainsi qu’avec le monde universitaire.

Il leur est notamment demandé de contribuer à la production et à la diffusion d’« informations géospatiales et de cartes faisant autorité, scientifiquement exactes et conformes aux superficies réelles des continents ».

L’intelligence artificielle entre également dans le débat

La résolution comporte un autre passage particulièrement intéressant : elle mentionne explicitement l’intelligence artificielle.

L’Assemblée générale demande que soient développées les connaissances géographiques et la compréhension de l’importance culturelle et historique des représentations cartographiques, notamment :

« par le truchement des technologies de l’information et des communications et de l’intelligence artificielle ».

Cette référence élargit considérablement le débat. À mesure que les systèmes d’IA deviennent capables de générer des cartes, des illustrations, des interfaces éducatives et des représentations visuelles du monde, la question des projections cartographiques et des biais contenus dans les données utilisées par ces systèmes pourrait prendre une nouvelle dimension.

Cartographie et gouvernance numérique

La résolution inscrit également la question dans un enjeu plus large de gouvernance des données géospatiales.

Elle souligne le rôle de l’information géospatiale en tant qu’infrastructure fondamentale pour « une gouvernance efficace, une prise de décision fondée sur des données probantes et un développement durable ».

Elle appelle parallèlement au renforcement des capacités des pays en développement, en particulier africains, en cartographie, en géomatique, en géodésie et en technologies géospatiales.

Cela doit notamment passer par l’assistance technique, la formation, le partage des connaissances, le transfert de technologies, l’amélioration de l’accès aux données géospatiales et la création d’infrastructures nationales d’information géospatiale.

Les écoles et les médias également concernés

L’Assemblée générale souhaite également agir sur la manière dont les générations futures apprennent à lire une carte.

Elle encourage les États à :

« Intégrer l’enseignement critique de la cartographie dans les programmes scolaires afin de mieux sensibiliser à la question des dimensions réelles des continents ».

Elle leur demande également de promouvoir les représentations qui reproduisent plus fidèlement les dimensions des continents selon les usages et de sensibiliser « les acteurs des milieux éducatifs, scientifiques et médiatiques aux problèmes liés aux biais des projections cartographiques ».

Les médias sont donc eux aussi concernés par cette évolution. Une infographie, un plateau télévisé, une carte publiée sur un site d’information ou une visualisation de données peuvent contribuer à perpétuer les distorsions que la résolution cherche précisément à rendre plus visibles.

Washington s’oppose, Paris change de cap

Les États-Unis ont été le seul pays à voter contre la résolution.

Selon ONU Info, le représentant américain a estimé que le texte, présenté comme une initiative cartographique, relevait d’un projet idéologique beaucoup plus vaste. Washington a notamment contesté les références aux réparations et à la « justice cognitive ».

La France s’est positionnée dans le sens inverse. Quelques heures avant le vote, son ministre des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a annoncé que Paris envisageait d’abandonner Mercator pour ses cartes du monde.

L’Ukraine, qui s’est abstenue, a, de son côté, soulevé la question de la représentation des territoires ukrainiens occupés par la Russie sur certaines cartes d’Equal Earth. L’Union européenne a soutenu la résolution tout en précisant que celle-ci ne concernait que les superficies et n’avait aucune incidence sur la souveraineté, le statut territorial ou les frontières internationalement reconnues.

Une carte, mais aussi une question de puissance et de perception

Pour les promoteurs de l’initiative, les conséquences de ces distorsions ne sont pas seulement symboliques.

La résolution considère qu’elles peuvent contribuer à atténuer la perception de l’ampleur des réalités socioéconomiques, des besoins en infrastructures, du potentiel de développement et de la prospérité dans les régions du Sud, tout en alimentant certains préjugés dans les domaines de l’environnement, de la géopolitique et de la sécurité.

Elle qualifie même la correction de ces distorsions d’« acte de justice cognitive et de réparation mémorielle », censé favoriser une connaissance géographique plus juste, la vérité historique, l’éducation et la sensibilisation.

L’initiative « Corriger la carte » se situe désormais à l’intersection de plusieurs enjeux : éducation, géopolitique, information géospatiale, plateformes numériques, intelligence artificielle et souveraineté des données.

Le vote du 4 septembre 2026 ne fera pas disparaître Mercator du jour au lendemain. Mais il fait passer une revendication africaine du statut de campagne politique à celui de principe soutenu par une très large majorité de l’Assemblée générale.

Et la résolution prévoit déjà la suite. Elle demande au Secrétaire général de rendre compte de sa mise en œuvre jusqu’à la 83e session de l’Assemblée générale et prévoit d’inscrire à l’ordre du jour de cette session un point consacré à la « Promotion d’une représentation cartographique juste des continents à des fins éducatives et socioéconomiques et au renforcement de l’assistance technique dans le domaine des capacités géospatiales des pays en développement ».

Comme l’a résumé Robert Dussey : « Une carte juste ne change pas la géographie du monde, elle change la manière dont nous voyons le monde. »

Par Beaugas Orain DJOYUM

 

Hacking du fisc français : Un « zerobyte » mord à l’hameçon de la police

[DIGITAL Business Africa] – Le succès du fameux groupe de pirates « ZeroBytes » n’aura duré que quelques semaines. La police française annonce, le 4 septembre 2026, la mise en examen, puis la détention d’un homme de 18 ans soupçonné d’appartenir au cybergang. Un deuxième suspect, âgé de moins de 16 ans, a également été interpellé. Mais il sera relâché. Les enquêteurs vont quand même analyser son matériel informatique.

Révélé en août 2026, le piratage a conduit au vol massif de données de la Direction générale des finances publiques (DGFiP). Près de 678 000 données de particuliers et professionnels ont été subtilisées suite à l’usurpation d’identifiants d’un agent, selon les autorités. Les pirates auraient profité d’une faille humaine.

Dans la foulée, le Premier ministre français Sébastien Lecornu a instruit la mise en place, sous trois jours, d’une « nouvelle unité cyber ». Cette entité est chargée d’intervenir en première ligne en cas de suspicion d’atteinte grave aux systèmes d’information de l’État, selon une lettre adressée au secrétaire général de la défense et de la sécurité nationale, Nicolas Roche.

L’unité est également renforcée par des spécialistes des services du ministère des Armées et du ministère de l’Intérieur, ainsi que, le cas échéant, par des réservistes. Elle pourra être déployée dès qu’une violation d’accès sensible est détectée.

Sébastien Lecornu avait également demandé à l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (ANSSI) de briller par un « engagement total » dans cette mission de crise.

Avant l’incident de la Direction générale des finances publiques, un dispositif de cybersécurité était déjà annoncé. Selon les autorités, un plan d’urgence de 40 actions, lancé en avril, est accompagné de 200 millions d’euros supplémentaires.

Par Jean Materne Zambo

[Billet] Côte d’Ivoire : Mistral plus violente que les entreprises panafricaines pour étudier le déploiement de l’IA

[DIGITAL Business Africa] – Le gouvernement ivoirien préfère-t-il l’efficacité à la souveraineté? Mistral, l’un des leaders de l’intelligence artificielle en Europe, balaie tout sur son passage, lorsqu’il faut décider de qui auditer les conditions de déploiement de l’intelligence artificielle à grande échelle.

Pas une seule société ou cabinet qui lui tienne tête. Le ministère de la Transition numérique va annoncer début septembre 2026 un partenariat stratégique au service de la transformation numérique de la Côte d’Ivoire afin d’ausculter l’écosystème numérique ivoirien.

« Cette initiative s’inscrit dans la dynamique des 40 projets structurants de la Feuille de route numérique 2026-2028 portée par le MTNIT. Les premiers résultats de cette mission alimenteront les travaux d’IMPACT IA 2026, du 9 au 11 septembre 2026 à Abidjan », a justifié le ministère.

La Côte d’Ivoire prévoit une enveloppe de 1 300 milliards FCFA pour sa Stratégie nationale d’intelligence artificielle. Plus de 60 institutions (publiques et privées) locales ainsi que près de 1 200 experts ont contribué aux travaux de conception. Là, les Ivoiriens ou les Africains avaient matière à comprendre l’IA dans ses profondeurs.

Il va sans dire que la nouvelle secoue la blogosphère. Pour la simple raison que plusieurs chefs d’État et dirigeants ne manquent guère l’occasion d’agiter l’éventail de la souveraineté numérique.

Le gouvernement a prévu ce tollé. Pour verser du baume dans les cœurs des critiques, le gouvernement a chuchoté à l’oreille de Mistral pour qu’elle s’appuie sur un partenariat avec Artefact Côte d’Ivoire, entité locale du groupe Artefact. Le ministère rassure que le cabinet international de conseil en data & IA garantit un niveau pointu d’expertise en data et en conseil stratégique.

Argument recevable. En revanche, ils sont nombreux, ces Ivoiriens qui souhaitent connaître les chiffres du partenariat. Encore qu’il s’agit d’un partenariat fiable et viable tel qu’il est présenté.

Par Jean Materne Zambo

 « Sourcing technologique » :15 jeunes talents Camerounais admis en Chine

[DIGITAL Business Africa] – See you in China. Le programme « Seeds for the Future » connaît ses lauréats.15 jeunes talents camerounais, dont 8 femmes et 7 hommes vont effectuer un stage en Chine. Une parité de genre parfaite. Reste à démontrer que le casting l’était aussi. Les stagiaires doivent se perfectionner dans la 5G, l’Intelligence Artificielle, le Big Data et le Cloud Computing. Après leur formation, retour au bercail. C’est ce qu’on peut appeler le « sourcing technologique ».

La cérémonie de présentation des talents au public a été présidée par le secrétaire général du ministère de l’Enseignement supérieur (MINESUP), le Pr Wilfred Nyongbet Gabsa, représentant le ministre d’État, ministre de l’Enseignement supérieur, le Pr. Jacques Fame Ndongo, ce 3 septembre 2026 à Yaoundé.

Wilfred Nyongbet Gabsa a rappelé aux impétrants qu’ils sont astreints à l’exemplarité en tant qu’ambassadeurs de la nation camerounaise et à l’exigence permanente d’excellence académique. Le représentant du MINESUP a évoqué aussi l’obligation pour ces boursiers de réinvestir, dès leur retour au Cameroun. C’était également l’occasion de remettre des prix de la « Huawei ICT Competition« . Une initiative qui célèbre le partenariat dynamique entre le MINESUP et Huawei Technologies.

Fruit du partenariat dynamique entre le MINESUP et la société Huawei Technologies, le programme « Seeds for the Future » ou encore la « Huawei ICT Competition » était organisé en présence du représentant du ministère des Postes et Télécommunications, du ministère des Relations extérieures et du ministère de l’Emploi, de la directrice générale de CAMTEL, de la présidente-directrice générale de Huawei CEMAC, du conseiller économique de l’ambassade de Chine au Cameroun, des responsables du MINESUP et des universités d’État, ainsi que des parents des lauréats.

Par Jean Materne Zambo 

RD Congo : Des « avancées » dans le chantier de numérisation de l’ administration foncière

[DIGITAL Business Africa] – Les cadastres tracent les sillons sillons de la modernisation de son administration. Sept localités sont visées par un vaste chantier de numérisation du ministère des cadastres. Cette dynamique présentée ce 28 août 2026 par la ministre des Affaires foncières, O’Neige N’Sele, au Conseil des ministres fait état d’avancées dans le traitement des archives, la réorganisation des services, le renforcement des capacités du personnel et la digitalisation de l’administration foncière.

Lors d’un atelier de formation de 50 Conservateurs des Titres Immobiliers (CTI), le 25 août 2026, la ministre des Affaires foncières, O’Neige N’Sele, invita les Conservateurs venus des provinces à s’approprier cette nouvelle dynamique afin d’en préparer le déploiement progressif à travers l’ensemble du territoire national.

Le ministère a acquis un site web interactif et déploie le chatbot « Assistant Mimpa ». L’outil a été conçu pour faciliter l’accès à l’information sur la législation foncière et favoriser les échanges avec les usagers.

Selon les autorités, 16.622 dossiers ont déjà été assainis en dix jours dans 17 circonscriptions de Kinshasa, grâce à la mobilisation de 250 agents formés par l’INACO. Cette étape vise notamment à disposer de données foncières plus fiables avant leur intégration progressive dans les outils numériques.

L’opération d’archivage devrait s’étendre à 19 nouvelles circonscriptions. À terme, le ministère ambitionne d’équiper les 146 bureaux fonciers du pays. Préalable à la mise en œuvre opérationnelle du Registre national des Titres fonciers et immobiliers (RNTFI). Un dispositif qui permettra sans doute de disposer d’un système national plus structuré pour l’enregistrement et la gestion des titres fonciers et immobiliers.

Lors d’un atelier de formation de 50 Conservateurs des Titres immobiliers (CTI), le 25 août 2026, la Affaires foncières, O’Neige N’Sele, invitait les Conservateurs venus des provinces à s’approprier cette nouvelle dynamique afin d’en préparer le déploiement progressif à travers l’ensemble du territoire national.

Par Jean Materne Zambo, source : ministère des Affaires foncières

IFA 2026 : TECNO dévoile ses nouvelles innovations et décroche deux prestigieuses récompenses internationales

Berlin, Allemagne – Septembre 2026 – TECNO a marqué sa participation à l’IFA ShowStoppers 2026 à Berlin en présentant une nouvelle génération de smartphones et d’ordinateurs portables, tout en remportant deux IFA Global Product Technology Innovation Awards. Une double reconnaissance qui vient renforcer le positionnement de la marque dans l’innovation, le design et les technologies intelligentes.

Une nouvelle génération de MEGABOOK dévoilée à Berlin

Parmi les principales nouveautés présentées figure la MEGABOOK T15 360 Series, première gamme d’ordinateurs portables TECNO équipée d’un écran tactile avec charnière rotative à 360°.

Disponible en versions MEGABOOK T15 360 et T15 360 Pro, cette gamme a été pensée pour s’adapter aux différents usages du quotidien. Grâce à son écran entièrement rabattable, l’appareil peut être utilisé en plusieurs configurations : ordinateur portable pour travailler, tablette pour écrire ou dessiner, mode tente pour regarder du contenu ou encore mode stand pour les présentations.

La version MEGABOOK T15 360 Pro propose notamment un écran tactile 2,5K avec un taux de rafraîchissement de 120 Hz. Selon les configurations, la série peut embarquer jusqu’à un processeur Intel Core Ultra 9 185H, accompagné d’une batterie de 70 Wh et d’un chargeur GaN de 65 W.

TECNO a également profité de l’événement pour présenter le MEGABOOK K15S WCL, destiné notamment aux étudiants et jeunes professionnels, ainsi que le MEGABOOK T17 Ultra, doté d’un grand écran de 17,3 pouces et conçu pour les utilisateurs recherchant davantage de performances pour le travail, le divertissement et la création.

Un smartphone concept avec un véritable écran sans bordures

Autre attraction majeure de la présentation : le Next-Gen Bezelless Concept Phone de TECNO.

Le concept repense complètement l’architecture de l’écran afin de supprimer les bordures noires physiques et proposer un véritable contour d’écran de 0 mm. L’objectif est d’offrir une expérience visuelle plus immersive et quasiment ininterrompue.

Aux côtés de ce concept futuriste, TECNO a également présenté le POVA 8 Pro 5G Tonino Lamborghini Limited Edition, orienté vers la performance, ainsi que le CAMON Slim 5G, qui combine un design ultra-fin de 6,39 mm, des capacités photographiques avancées et plusieurs fonctionnalités basées sur l’intelligence artificielle.

TECNO décroche deux Gold Awards à l’IFA 2026

Au-delà des nouveaux produits présentés, TECNO s’est également distingué en remportant deux IFA Global Product Technology Innovation Gold Awards.

Le TECNO Modular Phone a reçu le Ultra-Slim Magnetic Modular Technology Innovation Gold Award, tandis que le Tonino Lamborghini TECNO TAURUS (MEGA MINI G1 Pro) s’est vu attribuer le Miniaturized Gaming PC Technology Innovation Gold Award.

Ces distinctions récompensent deux approches différentes de l’innovation : la modularité et l’ultra-finesse pour le smartphone, et la combinaison entre puissance, miniaturisation et design pour le mini-PC gaming.

TECNO Modular Phone : l’innovation modulaire dans seulement 4,9 mm

Avec seulement 4,9 mm d’épaisseur, le TECNO Modular Phone se positionne comme le smartphone modulaire le plus fin au monde.

Son système propriétaire de connexion magnétique permet d’associer différents modules au smartphone selon les besoins de l’utilisateur. TECNO prévoit un écosystème composé de dix modules haute performance, permettant au téléphone de s’adapter à différents scénarios d’utilisation.

Cette approche vise notamment à répondre à l’évolution des besoins liés à l’intelligence artificielle, tout en conservant un appareil particulièrement fin et flexible.MEGABOOK T15 360 Series

TAURUS : la puissance gaming dans un format ultra-compact

Le Tonino Lamborghini TECNO TAURUS (MEGA MINI G1 Pro) adopte une approche différente en intégrant des performances gaming élevées dans un châssis d’environ 6,36 litres.

Son design vertical avec fenêtre panoramique transparente associe l’esthétique italienne Tonino Lamborghini à une configuration comprenant notamment un Intel Core i9-13900HK et une NVIDIA GeForce RTX 5060.

Son système de refroidissement liquide permet de maintenir les performances lors des utilisations intensives, tandis que ses nombreuses options de connectivité renforcent sa polyvalence pour le gaming, la création et les usages liés à l’IA.

MEGABOOK T15 360 SeriesTECNO confirme ses ambitions dans l’innovation technologique

Entre ordinateurs convertibles, smartphones ultra-fins, concepts sans bordures, technologies modulaires et solutions gaming compactes, la présence de TECNO à l’IFA 2026 illustre l’élargissement progressif de son écosystème technologique.

Les deux récompenses internationales obtenues viennent également confirmer cette dynamique et soulignent la volonté de TECNO de repousser les limites en matière de design, de performance et d’intelligence artificielle, tout en développant des produits adaptés aux nouveaux usages numériques.

Avec cette nouvelle génération de produits, TECNO poursuit ainsi son ambition : proposer des technologies plus intelligentes, plus flexibles et plus innovantes pour accompagner la manière dont les utilisateurs travaillent, créent, jouent et communiquent.

À propos de TECNO

TECNO est une marque technologique innovante, portée par l’intelligence artificielle et présente sur plus de 70 marchés à travers cinq continents. Engagée dans la transformation de l’expérience numérique sur les marchés émergents, TECNO associe en permanence design contemporain, technologies de pointe et intelligence artificielle.

Aujourd’hui, la marque propose un écosystème complet de produits intégrant l’IA, comprenant des smartphones, objets connectés, ordinateurs portables, tablettes, équipements gaming intelligents, le système d’exploitation HiOS ainsi que des solutions pour la maison intelligente.

Par Tecno. Source: Tecno

 IA et souveraineté numérique : Alex Karp, patron de Palantir, met la France en garde

[DIGITAL Business Africa] – Le débat sur la souveraineté numérique prend une nouvelle dimension en France. Alors que Paris cherche à réduire sa dépendance aux technologies américaines dans les secteurs stratégiques, Alex Karp, directeur général de Palantir, estime que certaines mesures prises par la France pourraient produire l’effet inverse de celui recherché.

S’exprimant auprès de l’AFP, mercredi 2 septembre 2026, en marge d’une réunion du G20 à Chapel Hill, en Caroline du Nord, le patron de Palantir a vivement critiqué les restrictions réglementaires françaises visant notamment l’utilisation de logiciels américains par les administrations.

« Ces mesures se retournent contre leurs auteurs », a-t-il déclaré, estimant que « l’environnement réglementaire n’aide manifestement ni l’Europe ni la France ».

Cette sortie intervient dans un contexte particulièrement sensible pour Palantir. La France a récemment décidé de préparer le remplacement progressif de la société américaine auprès de la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI), au profit de l’entreprise française ChapsVision. Une décision motivée notamment par des préoccupations liées à la souveraineté des données et à la dépendance technologique.

Palantir fournit depuis plusieurs années ses technologies d’analyse de données à la DGSI. Son contrat reste actuellement opérationnel, le temps que la solution appelée à lui succéder soit développée et déployée.

Le choix de ChapsVision constitue néanmoins un signal politique fort. Fondée en 2019, l’entreprise française a réalisé environ 200 millions d’euros de chiffre d’affaires l’année dernière, contre 4,5 milliards de dollars pour Palantir.

Pour Alex Karp, le problème ne réside toutefois pas uniquement dans le choix entre une entreprise française et une entreprise américaine. Il estime que les décisions concernant la souveraineté technologique doivent être prises à partir d’une compréhension beaucoup plus fine des technologies utilisées.

« Il faut une réglementation qui soit réellement utile. Et pour cela, il faut être un expert technique », affirme-t-il.

Une déclaration qui vise directement la manière dont les États européens construisent aujourd’hui leurs politiques de souveraineté numérique.

C’est sur ce terrain qu’Alex Karp se montre le plus offensif. Selon lui, remplacer une entreprise américaine par une entreprise non américaine ne garantit pas nécessairement une véritable indépendance technologique si cette dernière dépend elle-même de modèles d’intelligence artificielle propriétaires développés aux États-Unis ou en Chine.

Le patron de Palantir dénonce ainsi ce qu’il considère comme une « souveraineté de façade ».

Pour illustrer son propos, il utilise une métaphore particulièrement provocatrice, comparant cette situation à « un cinq à sept sans préservatif » : une relation que l’on pense protégée alors qu’elle ne l’est pas réellement.

Derrière cette formule volontairement choc, son argument est plus technique : la souveraineté numérique ne dépendrait pas uniquement de la nationalité du fournisseur, mais de la maîtrise effective des technologies, des modèles, des infrastructures et des données.

Une question qui dépasse largement le cas de Palantir et de la DGSI. Elle concerne désormais l’ensemble des stratégies européennes en matière d’intelligence artificielle.

Interrogé sur les inquiétudes européennes concernant leur dépendance aux technologies américaines, notamment dans le contexte du retour de Donald Trump à la présidence des États-Unis, Alex Karp estime que l’Europe ne peut plus se contenter d’hésiter.

« C’est l’heure du match », lance-t-il. « Il faut régler les problèmes techniques. Il y a des inquiétudes légitimes, mais c’est l’heure du match. »

Le dirigeant distingue cependant les préoccupations techniques qu’il juge légitimes de ce qu’il qualifie d’« alarmisme ».

« On ne peut pas prétendre que les préoccupations techniques réelles sont la même chose que les discours alarmistes », soutient-il, tout en précisant qu’il ne considère pas que les entreprises américaines doivent tout contrôler.

Karp affirme par ailleurs que ses critiques ne sont pas motivées par des considérations commerciales. Palantir étant appelé à perdre progressivement son contrat avec la DGSI, cette précision revêt une importance particulière.

« Nous avons une présence très limitée [en France]. Nous ne cherchons pas vraiment à nous développer », assure-t-il.

Malgré la virulence de ses propos, Alex Karp présente son intervention comme un avertissement formulé à l’égard d’un pays qu’il considère comme stratégique.

Il reprend ainsi un proverbe français : « Qui aime bien châtie bien. »

« Je tiens à vous », affirme-t-il à propos de la France, qu’il décrit comme « culturellement le pays le plus important d’Europe, et économiquement le deuxième plus important ».

Mais derrière les formules du patron de Palantir se joue un débat beaucoup plus large.

Palantir est elle-même au cœur de nombreuses controverses en Europe. Des organisations de défense des droits humains dénoncent depuis plusieurs années l’utilisation de ses technologies dans le domaine de la surveillance et de l’analyse de données, ainsi que ses contrats avec le gouvernement américain. L’entreprise, cofondée par Peter Thiel, a également été critiquée pour son implication présumée dans les opérations militaires israéliennes à Gaza.

Ces controverses alimentent précisément les interrogations européennes sur la dépendance aux technologies américaines.

Le choix français de privilégier ChapsVision s’inscrit donc dans une réflexion stratégique plus vaste : comment garantir la maîtrise des données sensibles et des technologies critiques à l’heure où l’intelligence artificielle devient une infrastructure stratégique ?

Alex Karp apporte une réponse provocatrice : changer de fournisseur ne suffit pas si les technologies fondamentales restent étrangères.

La France, comme le reste de l’Europe, est ainsi confrontée à une équation complexe : développer ses propres capacités technologiques, protéger ses données stratégiques et, dans le même temps, continuer à bénéficier des technologies les plus performantes disponibles sur le marché.

Un débat qui ne fait que commencer et qui, avec l’essor de l’IA, pourrait devenir l’un des principaux enjeux de la souveraineté numérique européenne.

Par Loïc SOUOP

Source : AFP

RD Congo : La BCC négocie le virage de la numérisation de l’écosystème financier

[DIGITAL Business Africa] – La 10ᵉ Conférence des paiements des banques centrales plante une graine de lumière dans l’esprit du Congolais. Le gouverneur de la Banque centrale du Congo, André Wameso Nkualoloki, depuis la Turquie, a émis le vœu de la modernisation du système financier congolais. La conférence organisée du 31 août au 2 septembre 2026 à Istanbul, a porté sur les mutations qui affectent les systèmes financiers internationaux.

Au rang des mutations qui transforment l’écosystème financier mondial, la tokenisation des paiements, les stablecoins ainsi que les monnaies digitales de banque centrale. Des innovations qui sont considérées comme des pistes susceptibles de réduire les coûts de transaction, d’accélérer les règlements transfrontaliers et de faciliter les échanges commerciaux internationaux.

La BCC est plus que déterminée à s’arrimer à ces innovations. Une incitation de la Banque des États de l’Afrique centrale. La BEAC privilégie la création d’un franc CFA numérique, « calibré à parité stricte » sur la monnaie en circulation. Cela pour concurrencer, voire annihiler les monnaies numériques privées.

Le gouverneur de la BCC, André Wameso Nkualolok, a instruit les services techniques de travailler à l’élaboration de cette feuille de route. L’objectif est notamment de renforcer la sécurité et la continuité des flux financiers, tout en créant un environnement davantage favorable au secteur privé et aux investissements.

L’intelligence artificielle a aussi figuré parmi les thématiques abordées. Les agents IA font partie des innovations étudiées pour améliorer la gestion des risques et renforcer la détection des fraudes en temps réel.

Par Jean Materne Zambo

Prosper PAGOU (ANTIC) : « En 2025, nous avons enregistré 17 500 plaintes pour un préjudice de 5,8 milliards de FCFA »

[DIGITAL Business Africa] – Intervenant au panel 2 consacré au thème « Construire un cyberespace camerounais sûr et résilient », Prosper Pagou, expert au sein du Computer Incident Response Team (CIRT) de l’ANTIC, a d’emblée recadré les enjeux : la sécurité informatique n’est pas un concept abstrait, mais la condition sine qua non du développement économique.

« On ne fait pas de la sécurité pour faire de la sécurité. On fait de la sécurité parce qu’il y a un enjeu derrière : créer un environnement de confiance pour garantir que l’économie numérique se développe dans des conditions idoines. »

Alors que le taux de pénétration d’Internet au Cameroun frôle désormais les 50 % (contre 41 % en 2010), l’expansion du réseau s’est accompagnée d’une sophistication accrue des risques et des modes opératoires criminels.

5,8 milliards de FCFA de pertes : la cartographie du préjudice

Pour l’année 2025, l’ANTIC, en synergie avec les forces de défense et de sécurité, a recensé 17 500 plaintes cumulant un préjudice financier global de 5,8 milliards de FCFA.

L’analyse de la typologie des plaintes révèle une nette prédominance de l’ingénierie sociale :

  • Scamming et phishing (71 %) : arnaques et usurpations d’identité visant à soutirer des fonds ou des codes d’accès.
  • Cyberharcèlement et calomnie (17 %) : diffamation, injures et atteintes à l’honneur sur les réseaux sociaux.
  • Piratage de comptes (10 %) : compromission d’accès Facebook, WhatsApp et messageries.
  • Cyberchantage (0,5 %) : extorsions et chantage à la nudité.

Prosper Pagou a d’ailleurs lancé un rappel à l’ordre aux acteurs du secteur privé : « Les dispositions légales imposent que dès qu’une entreprise est victime d’un acte de cybercriminalité, elle doit systématiquement et immédiatement le signaler à l’ANTIC. »

L’émergence des applications de prêt usuraire : 100 000 victimes estimées

L’année 2025 a été marquée par l’apparition d’un nouveau mode opératoire particulièrement agressif : les applications mobiles de micro-prêt usuraire.

Ces logiciels malveillants, une fois installés sur les téléphones, collectent subrepticement la liste de contacts et la galerie photos des utilisateurs. Ils servent ensuite de levier de chantage et d’extorsion. La riposte technique et opérationnelle de l’ANTIC a permis de neutraliser une part importante de cette infrastructure criminelle :

  • 33 applications frauduleuses détectées et bloquées sur le réseau national.
  • 111 numéros de téléphone de harceleurs suspendus (opérant souvent depuis des centres d’appels à l’étranger, notamment en Côte d’Ivoire).
  • 100 000 victimes potentielles impactées par ces réseaux.
  • 5 533 faux comptes Facebook détectés, dont 4 110 ont été définitivement fermés.

21 280 machines camerounaises embrigadées dans des réseaux « Botnets »

Sur le plan technique et de la sécurité des infrastructures, l’ANTIC membre du réseau mondial FIRST (Forum of Incident Response and Security Teams) surveille la réputation des adresses IP nationales.

Le bilan international révèle qu’en 2025, 21 280 machines situées au Cameroun ont été compromises et enrôlées au sein de « botnets » (réseaux de machines zombifiées servant à orchestrer des attaques massives). À lui seul, le malware M0YV concentre 86,78 % des infections sur le territoire national, un phénomène principalement alimenté par l’absence de mises à jour des systèmes et équipements.

Sensibilisation et audits : la riposte globale de l’État

Pour faire face à ces menaces qui exploitent prioritairement la « faille humaine », l’ANTIC intensifie ses actions préventives. En 2025, l’agence a conduit 73 audits de sécurité au sein d’organismes publics et privés.

Sur le front de l’éducation numérique, l’organisme déploie des campagnes bimensuelles d’information sur les ondes du Poste national (en français et en anglais), complétées par des relais régionaux diffusés en langues locales pour atteindre l’ensemble des populations.

Par DIGITAL BUSINESS AFRICA

 Dr Pauline Tsafack (MINPOSTEL) : « Le projet de loi sur la digitalisation des administrations est désormais sur la table du Premier ministre » 

[DIGITAL Business Africa] – Le cadre juridique de la gouvernance numérique au Cameroun est en passe de franchir un cap décisif. Lors de la table ronde du Forum sur la Gouvernance d’Internet (FGI) consacrée à « L’élaboration d’une feuille de route nationale pour la gouvernance inclusive des infrastructures publiques numériques », le ministère des Postes et Télécommunications (MINPOSTEL) a annoncé une avancée législative majeure pour l’écosystème public.

Intervenant en fin de session, le Dr Pauline Tsafack, directrice de la Régulation des postes et télécommunications (DRPT) au MINPOSTEL, a révélé la transmission d’un nouveau texte de loi aux services du Premier ministre.

« Je voulais juste donner une information sur un nouveau projet de loi qui vient d’être transmis par le MINPOSTEL dans les services du Premier ministre, sur l’accès ouvert à l’information publique et la digitalisation des administrations. » Déclare le Dr Pauline Tsafack.

Interopérabilité et accès citoyen : fin du cloisonnement administratif

 Pour la responsable du MINPOSTEL, cette initiative législative répond de manière directe aux nombreux défis soulevés par les experts tout au long des travaux du FGI. Sur le plan légal, ce texte ambitionne de débloquer les freins majeurs qui ralentissent la modernisation de l’État :

  • L’interopérabilité interinstitutionnelle : résoudre le cloisonnement des systèmes d’information entre les différents départements ministériels pour permettre un échange fluide et sécurisé des données publiques.
  • L’accès du citoyen à l’information publique : Consacrer le principe de l’accès ouvert (Open Data) pour renforcer la transparence administrative.
  • L’encadrement de la transformation numérique : mettre en place un accompagnement juridique structuré pour accélérer la digitalisation des services publics.

Un appel à une adoption accélérée dès la session parlementaire de novembre

 Consciente de l’urgence d’un tel cadre pour la mise en œuvre effective des Infrastructures Publiques Numériques, le Dr Pauline Tsafack a lancé un plaidoyer auprès des modérateurs et décideurs présents pour un examen diligent du texte.

« C’est aussi un plaidoyer à votre endroit, pour dire que si on peut faire rapidement évoluer ce projet de loi, on résoudra beaucoup de problèmes qui ont été posés lors de ce forum. »

L’interpellation a immédiatement suscité un écho positif au sein de l’assistance. Les échanges de coulisses durant le forum visent à mobiliser les acteurs clés afin de tirer parti des semaines à venir pour accélérer la validation du projet par le Chef du gouvernement, en vue d’un éventuel examen lors des prochaines sessions parlementaires.

Si ce projet de loi venait à être adopté, il constituerait une pierre angulaire pour le déploiement des services publics numériques intégrés au Cameroun.

Par Digital Business AFRICA

« Le Cameroun est ciblé par un groupe de Hackers », alerte Beverly Muriele Ndzodoum Diboundje

[DIGITAL Business Africa] – Le processus de digitalisation des services au Cameroun s’accompagne d’un revers inévitable : l’élargissement de la surface d’attaque pour les cybercriminels. C’est le constat alarmant et réaliste dressé lors du Forum sur la Gouvernance d’Internet (FGI) au Palais des Congrès de Yaoundé. Intervenant sur le panel n°2 consacré au thème « Construire un cyberespace camerounais sûr et résilient », Beverly Muriele Ndzodoum Diboundje, cadre chez MTN Cameroun, a alerté sur l’intensité des menaces qui pèsent en permanence sur le pays.

« Le Cameroun est ciblé par des entités et des groupes de hackeurs, notamment Space B (Spice B) et bien d’autres. Même lorsque nous sommes réunis dans cette salle pour ces discussions, des entités situées au Cameroun ou à l’extérieur ciblent nos infrastructures », a-t-elle déclaré d’emblée devant un parterre d’experts, de régulateurs et de décideurs.

Pour le leader du marché des télécoms au Cameroun, l’enjeu dépasse la simple technique : il en va de la responsabilité vis-à-vis des usagers. Si les indisponibilités de réseau exposent souvent l’opérateur aux griefs des régulateurs et du gouvernement, à l’échelle de l’État, une faille systémique impacterait directement l’ensemble des citoyens.

La conformité et l’amélioration continue au cœur de la stratégie de MTN

Face à ces risques majeurs, MTN Cameroun met en avant une stratégie de sécurité axée sur la rigueur opérationnelle et la conformité stricte au cadre réglementaire national et international.

L’intervenante a souligné que l’opérateur ne se contente pas d’appliquer la loi de 2010 sur la cybersécurité et la cybercriminalité, mais s’inscrit déjà fermement dans le respect de la loi de 2024 relative à la protection des données à caractère personnel. Pour prouver cette démarche, MTN Cameroun soumet continuellement l’ensemble de ses processus et services à des évaluations indépendantes :

  1. Audits réglementaires nationaux : L’opérateur ouvre annuellement ses portes à l’Agence Nationale des Technologies de l’Information et de la Communication (ANTIC), l’organe régulateur du cyberespace national. « Nous demandons à l’ANTIC d’avoir accès à nos locaux, nos échanges et nos documentations confidentielles pour faire une évaluation objective », explique Beverly Ndzodoum Diboundje.
  2. Audits internationaux indépendants : Pour compléter l’action du régulateur local, MTN fait appel à des cabinets d’audit de renommée mondiale (tels que PwC ou Deloitte) pour challenger ses infrastructures et identifier les vulnérabilités.

S’adapter ou subir : la « politique du gagnant »

Rappelant qu’une politique de gouvernance ne peut être statique face à la rapidité des évolutions technologiques, la représentante de l’opérateur a insisté sur la nécessité d’une adaptation permanente.

« Une gouvernance n’a de sens que lorsqu’il y a des points d’amélioration continue. Dans ce secteur, c’est celui qui s’adapte le plus rapidement qui gagne. À MTN Cameroun, nous avons cette politique du gagnant, démontrée par notre rapidité à nous conformer aux lois et aux standards internationaux », a-t-elle conclu.

Alors que le Cameroun accélère la numérisation de son administration et de son économie, la démarche de MTN Cameroun illustre l’importance capitale des partenariats entre le secteur privé, le gouvernement et les organismes d’audit pour bâtir une infrastructure numérique véritablement résiliente.

Par DIGITAL BUSINESS AFRICA

Donatien Ndayishimiye : « Mediabox demande à être jugée sur ses capacités, pas sur des allégations »

[DIGITAL Business Africa] – Entreprise burundaise spécialisée dans la transformation numérique, Mediabox est candidate, au sein d’un consortium, au projet de Système intégré de gestion des finances publiques du Burundi (SIGFP_BI).

Donatien Ndayishimiye, son directeur général, répond aux accusations entourant la procédure et expose sa vision d’une industrie numérique africaine plus souveraine.

« Ces accusations ne sont étayées par aucun élément factuel »

Digital Business Africa : King Umurundi Freedom évoquait, il y a quelques mois, des soupçons de favoritisme, de conflits d’intérêts et d’influence dans l’attribution de marchés informatiques au ministère des Finances. Que répondez-vous à ces accusations ?

Donatien Ndayishimiye : Je souhaite d’abord remercier la direction de publication de Digital Business Africa pour la rapidité et le professionnalisme de sa réaction. Lorsque nous avons signalé les inexactitudes contenues dans l’article, la rédaction a immédiatement engagé les vérifications nécessaires, reconnu qu’une erreur avait été commise et proposé cette interview. C’est une attitude responsable, qui mérite d’être saluée.

D’emblée, deux affirmations centrales doivent être corrigées. La première concernait un prétendu contrat informatique de 30 millions de dollars attribué à Mediabox. Ce contrat n’existe pas. MEDIABOX n’a reçu aucun marché de ce montant pour le SIGFP_BI, et les 30 millions de dollars évoqués ne correspondent pas à la valeur de notre offre.

La seconde concernait un prétendu marché de gré à gré. Là encore, les faits sont clairs : un appel d’offres a été lancé, plusieurs entreprises ont soumissionné et une procédure concurrentielle de passation du marché est en cours.

Nous avons souhaité répondre avec sérénité et précision. Une entreprise doit accepter le contrôle et les questions. Mais elle est également en droit d’attendre que les faits soient vérifiés avant d’évoquer des accusations susceptibles d’affecter sa réputation. Pour répondre précisément à votre question, ces accusations ne sont, à notre connaissance, étayées par aucun élément factuel.

Mediabox ne définit pas les règles de la procédure, ne nomme pas la commission d’évaluation et ne décide pas de l’attribution du marché. Nous sommes un soumissionnaire parmi d’autres. Notre responsabilité est de présenter une offre conforme et de démontrer notre capacité à l’exécuter.

La première garantie de transparence réside dans la nature même de la procédure : un appel d’offres, une mise en concurrence et plusieurs soumissions. Nous ne sommes donc pas dans le cadre d’un marché de gré à gré.

La régularité de la procédure relève de l’autorité contractante et des organes de contrôle compétents. Mediabox, pour sa part, a respecté les exigences du dossier d’appel d’offres et fourni les documents demandés.

Le débat public est légitime. La vigilance de la société civile l’est également. Mais des expressions telles que « favoritisme », « conflit d’intérêts » ou « système d’influence » ont une signification précise. Elles doivent s’appuyer sur des personnes identifiées, des actes démontrés et des règles prétendument violées.

À défaut, nous ne sommes plus dans l’établissement des faits, mais dans l’insinuation. Notre position est simple : que chaque offre soit évaluée selon les mêmes critères, avec la même rigueur et sans pression extérieure. Mediabox ne demande rien de plus — et n’accepterait rien de moins.

« Mediabox satisfait au critère financier »

Digital Business Africa : L’appel à propositions exigeait un chiffre d’affaires annuel moyen d’au moins 1,5 million de dollars, une capacité financière minimale de 500 000 dollars et une référence d’au moins 2 millions de dollars. Mediabox a-t-elle satisfait à ces critères ?

Donatien Ndayishimiye : Les affirmations selon lesquelles Mediabox ne remplirait pas les critères financiers sont inexactes. Au cours de chacune des cinq dernières années, notre chiffre d’affaires annuel a dépassé le seuil de 1,5 million de dollars exigé par l’appel d’offres. Ce n’est pas le consortium qui permet à Mediabox d’atteindre ce niveau : notre entreprise satisfait elle-même à cette condition.

Nous disposons également de la capacité financière minimale de 500 000 dollars requise pour couvrir les besoins de trésorerie liés à l’exécution du marché. Cette capacité est documentée par les pièces financières et bancaires prévues dans le dossier de soumission.

Mediabox a, par ailleurs, choisi de se présenter au sein d’un consortium. Cette décision ne vise pas à compenser une faiblesse financière. Elle répond à une logique industrielle : un système intégré de gestion des finances publiques mobilise simultanément des compétences en finances publiques, en architecture logicielle, en infrastructures, en cybersécurité, en migration des données, en conduite du changement et en transfert de compétences.

Le consortium permet de réunir ces capacités au sein d’une structure cohérente et de combiner notre connaissance du terrain avec l’expérience complémentaire de notre partenaire.

La référence technique d’un montant minimal de 2 millions de dollars a été présentée au sein du consortium, conformément aux dispositions de l’appel d’offres. Les contrats, attestations de bonne exécution et autres justificatifs correspondants figurent dans le dossier soumis.

Nous pouvons donc attester de notre conformité par nos états financiers, nos documents fiscaux et comptables, nos attestations bancaires, les références techniques du consortium et les pièces établissant sa constitution.

Ces documents sont entre les mains de l’autorité contractante. Certains comportent naturellement des informations commerciales ou bancaires confidentielles qui ne peuvent pas être publiées intégralement pendant une procédure en cours. Ils restent toutefois vérifiables par les institutions habilitées.

La conformité d’un soumissionnaire s’apprécie à partir de son dossier officiel, et non à partir d’une lecture partielle ou d’affirmations diffusées sur les réseaux sociaux.

Une entreprise technologique burundaise de plus de 100 collaborateurs

Digital Business Africa : Pouvez-vous présenter Mediabox, son histoire, son actionnariat, ses effectifs et ses principaux domaines d’expertise ?

Donatien Ndayishimiye : Mediabox est une entreprise technologique burundaise à capitaux privés, dirigée par des professionnels burundais. Depuis 2016, nous avons progressivement développé une capacité industrielle en conception et en exploitation de systèmes numériques complexes.

L’entreprise compte aujourd’hui plus de cent collaborateurs. L’essentiel de cette équipe est composé d’ingénieurs, de développeurs, d’architectes, d’analystes, de chefs de projet, de spécialistes des infrastructures et de professionnels de la sécurité informatique.

Notre activité couvre les systèmes intégrés de gestion, la planification et le suivi budgétaire, la gestion électronique des documents, l’identité numérique, la biométrie, les systèmes d’information géographique, la collecte et l’analyse des données, l’interopérabilité, la cybersécurité et les infrastructures de connectivité.

Nous avons travaillé sur des plateformes de planification et de suivi des plans de travail et des budgets annuels, des systèmes documentaires, des outils de suivi de projets publics, des plateformes sanitaires ainsi que des solutions liées aux documents de voyage et à la gestion administrative.

Donatien Ndayishimiye : « Mediabox demande à être jugée sur ses capacités, pas sur des allégations »L’acquisition de SpiderNet a élargi notre positionnement. Elle nous permet de rapprocher deux métiers souvent traités séparément : les applications et les infrastructures qui les rendent accessibles.

C’est une étape importante dans notre évolution. La transformation numérique ne peut pas être durable si l’on maîtrise le logiciel, mais pas la connectivité, la disponibilité des services ou la sécurité de l’infrastructure.

Une présence qui s’étend à six autres pays africains

Digital Business Africa : En dehors du Burundi, dans quels autres pays Mediabox exerce-t-elle ses activités et quels sont ses principaux clients ?

Donatien Ndayishimiye : Notre base opérationnelle est au Burundi, mais nous développons une présence régionale. Mediabox intervient directement ou via des partenariats en République démocratique du Congo, au Kenya, en Ouganda, en République du Congo, au Sénégal et au Togo.

Au Burundi, nous travaillons avec des administrations publiques, des institutions nationales, des établissements financiers et des programmes de développement.

Nous avons également exécuté ou accompagné des projets soutenus par la Banque mondiale, la Banque africaine de développement, le PNUD, l’UNICEF, l’UNFPA, ONU Femmes, l’OMS, le HCR, la GIZ et le FIDA.

Nos interventions concernent notamment la gestion publique, la santé, l’agriculture, la planification, le suivi de programmes, la collecte de données, la gestion documentaire, les services administratifs et les infrastructures numériques.

À l’international, nous privilégions une approche partenariale. Nous ne voulons pas simplement vendre des licences depuis Bujumbura. Nous construisons des alliances avec des entreprises et des experts capables d’apporter une connaissance sectorielle ou géographique complémentaire.

Notre ambition est de faire émerger, depuis le Burundi, une entreprise technologique régionale capable de concevoir, de déployer et de maintenir des systèmes critiques sur plusieurs marchés africains.

Proximité, intégration et transfert de compétences

Digital Business Africa : Quelles sont les principales forces de Mediabox face aux entreprises locales et aux groupes internationaux ?

Donatien Ndayishimiye : Nous ne prétendons pas être les seuls à disposer de compétences. Le marché compte de bonnes entreprises locales et des groupes internationaux expérimentés. Notre avantage repose sur la combinaison de plusieurs facteurs.

Le premier est la connaissance du terrain. Nous comprenons les procédures administratives, les contraintes d’infrastructure, les environnements réglementaires et les conditions d’utilisation réelles des plateformes.

Le deuxième est la proximité opérationnelle. Nos équipes ne disparaissent pas après le déploiement. Elles restent disponibles pour accompagner les utilisateurs, assurer la maintenance et faire évoluer les systèmes.

Cette proximité améliore également la maîtrise des coûts. Elle réduit la dépendance à des missions internationales permanentes, sans pour autant diminuer les exigences de qualité.

Notre troisième avantage est notre capacité à intégrer plusieurs couches d’un même projet : développement logiciel, données, infrastructure, connectivité, sécurité et accompagnement des utilisateurs.

Donatien Ndayishimiye : « Mediabox demande à être jugée sur ses capacités, pas sur des allégations »La cybersécurité constitue une priorité particulière. Pour les plateformes critiques, elle doit être présente dès la conception : gestion des identités et des accès, séparation des responsabilités, chiffrement, journalisation, sauvegardes, supervision et continuité d’activité.

Enfin, nous considérons le transfert de compétences comme un livrable à part entière. Un projet n’est pas durable si toutes les connaissances demeurent chez le prestataire. Le client doit progressivement acquérir une autonomie opérationnelle et technique.

Le consortium formé pour le SIGFP_BI illustre cette approche : mobiliser les meilleures compétences disponibles tout en maintenant une forte capacité locale d’exécution et de transfert.

« L’Afrique doit réduire sa dépendance technologique »

Digital Business Africa : Quels sont les principaux obstacles à la transformation numérique en Afrique et quelle contribution Mediabox entend-elle apporter ?

Donatien Ndayishimiye : Le premier obstacle est conceptuel. La transformation numérique est encore trop souvent assimilée au développement d’un logiciel. Or, un système d’information est un ensemble comprenant les procédures, les utilisateurs, les données, les infrastructures, la sécurité et la gouvernance.

Le deuxième problème est la fragmentation. Beaucoup d’institutions disposent d’applications isolées qui ne communiquent pas entre elles. Le résultat est une succession de saisies en double, de données contradictoires et de processus difficiles à piloter.

Le troisième défi concerne l’exécution. Certains projets sont lancés sans architecture d’ensemble, sans gouvernance suffisamment claire ni stratégie crédible de maintenance et de conduite du changement.

La cybersécurité représente un quatrième enjeu. Plus les services publics se numérisent, plus les données et les infrastructures deviennent stratégiques. La protection de ces actifs doit être envisagée comme une fonction permanente, et non comme une dépense ponctuelle.

Enfin, l’Afrique doit réduire sa dépendance technologique. Cela ne signifie pas rejeter les partenariats internationaux. Au contraire, nous en avons besoin. Mais ces partenariats doivent développer les compétences africaines et préserver la maîtrise institutionnelle des données, des infrastructures et des systèmes critiques.

Mediabox entend contribuer à cette évolution en développant des plateformes interopérables, sécurisées et adaptées aux réalités opérationnelles du continent. Nous voulons également investir dans les compétences locales et construire des partenariats dans lesquels les entreprises africaines participent réellement à la conception, à l’exécution et à la création de valeur.

L’Afrique ne gagnera pas sa souveraineté numérique en important indéfiniment des solutions qu’elle ne peut ni administrer ni faire évoluer. Elle la gagnera en développant ses talents, ses entreprises et sa capacité à nouer des alliances équilibrées.

« Nous ne demandons aucun traitement particulier »

Digital Business Africa : Quel est votre dernier message à ceux qui portent plusieurs accusations à votre encontre ?

Donatien Ndayishimiye : La concurrence est saine lorsqu’elle porte sur la qualité des équipes, les références, la méthodologie, les coûts et la capacité d’exécution.

Elle cesse de l’être lorsqu’elle s’appuie sur de faux montants, sur l’affirmation inexistante d’un marché de gré à gré ou sur des accusations sans preuves.

Mediabox remplit-elle elle-même les critères financiers évoqués ? Elle a réalisé un chiffre d’affaires annuel supérieur au seuil requis au cours de chacune des cinq dernières années, dispose de la capacité financière requise et a constitué un consortium solide afin de réunir les compétences nécessaires à un projet de cette ampleur.

Nous ne demandons aucun traitement particulier. Nous demandons que notre candidature soit examinée sur ses mérites et conformément aux règles applicables à tous les soumissionnaires. Mediabox demande à être jugée sur ses capacités, pas sur des allégations.

Au fond, cette controverse pose une question plus large : accepte-t-on qu’une entreprise burundaise puisse grandir, nouer des partenariats internationaux et contribuer à des infrastructures numériques stratégiques ?

Notre réponse est oui. Les entreprises africaines doivent pouvoir accéder à ces marchés lorsqu’elles disposent des capacités requises. Elles doivent être évaluées avec rigueur — mais aussi avec équité.

Propos recueillis par Beaugas Orain DJOYUM

Digitalisation de la gestion de flotte des véhicules : le chantier oublié des PME africaines francophones

[Digital Business Africa – Avis d’expert – Par Samuel Abid] – Moins de 30 % des PME d’Afrique subsaharienne utilisent des outils numériques avancés dans leur gestion quotidienne, selon une étude de la Société financière internationale (IFC). Ce chiffre coexiste pourtant avec un potentiel considérable : l’économie numérique africaine pourrait contribuer à hauteur de 180 milliards de dollars au PIB du continent, soit près de 5,2 % de sa richesse produite. Plusieurs pays ont lancé des plans ambitieux pour combler cet écart, à l’image du Sénégal et de sa stratégie « Sénégal Numérique 2025 », qui vise à l’administration comme au secteur privé.

Ces plans portent en priorité sur l’administration en ligne, le paiement mobile et le commerce électronique — des sujets structurants, à juste titre prioritaires. Mais un pan entier de l’activité économique reste en marge de cet effort : la gestion des flottes de véhicules professionnels et la location entre professionnels, secteur où la majorité des PME continuent de fonctionner à l’ancienne, sur papier ou sur tableur.

Un secteur où le manuel coûte cher, mais discrètement

Un loueur de véhicules professionnel ou un gestionnaire de flotte PME repose sur un flux d’informations simple en apparence : qui a réservé quel véhicule, dans quel état il a été rendu, quel contrat encadre la location, quelle caution reste à restituer. Quand cette information vit sur papier — un registre manuscrit, des contrats imprimés, un carnet d’état des lieux — elle devient fragile et difficile à exploiter.

Le coût de cette fragilité ne se voit pas sur une seule facture. Il s’accumule en pertes diffuses : une double réservation, faute de calendrier partagé et à jour ; un litige sur l’état d’un véhicule au retour, faute de preuve (photo, horodatage) ; une caution mal suivie, qui devient source de tension avec le client ; des heures perdues chaque semaine à reconstituer une information qui aurait dû être disponible immédiatement. L’obstacle principal identifié par les dirigeants n’est d’ailleurs pas toujours financier : beaucoup sous-estiment le retour sur investissement d’une digitalisation ciblée, et surestiment son coût de mise en place, alors que le geste le plus rentable est souvent le plus simple.

Des bénéfices mesurables, sans grand projet

La bonne nouvelle est que ce chantier ne requiert pas de projet de transformation numérique au sens large. Il consiste surtout à sortir l’information critique du véhicule — réservation, contrat, état des lieux, coût réel — du papier pour la rendre accessible et vérifiable à tout moment, depuis un téléphone comme depuis un bureau.

Les bénéfices sont concrets et rapidement mesurables pour une PME : moins de litiges grâce à des preuves horodatées, moins d’heures perdues en réconciliation administrative, une meilleure visibilité sur le coût réel de chaque véhicule pour arbitrer entre l’achat, la location et le renouvellement. Pour une PME africaine francophone de ce secteur, souvent contrainte par des marges serrées et une trésorerie tendue, ce type de gain opérationnel pèse directement sur la rentabilité — bien avant tout investissement plus ambitieux.

Digitaliser la gestion de flotte n’est donc pas un luxe réservé aux grandes structures. C’est, pour beaucoup de PME de ce secteur, le premier geste de digitalisation le plus concret et le plus immédiatement rentable qu’elles puissent entreprendre.

Par Samuel Abid, fondateur de Lexio, une plateforme de gestion de flotte et de location de véhicules pour les PME.

Cybersécurité : La Cyber Security Authority renforce la sensibilisation

[DIGITAL Business Africa] – Le contexte actuel marqué par la cybersécurité interpelle les Etats. Personne ne veut qu’on qualifie son système de passoire numérique. Le Cyber Security Authority du Ghana a lancé mardi 1ᵉʳ septembre 2026, la National Cyber Security Awareness Month (NCSAM).

Cette édition 2026 vise à améliorer la sensibilisation à la sécurité numérique auprès des particuliers et des institutions tout en renforçant les capacités nationales de réponse aux nouvelles menaces numériques. Le thème qui va accompagner la National Cyber Security Awareness Month (NCSAM) est : « Sécuriser l’écosystème financier numérique du Ghana : instaurer la confiance par la collaboration et la cyber-résilience ».

Mohammed Adams Sukparu, vice-ministre de la Communication, des Technologies numériques et de l’Innovation, a souligné le rôle des médias dans les efforts du Ghana en matière de cybersécurité. Mohammed Adams compte sur compter sur la collaboration des journalistes pour protéger le public contre les menaces en ligne.

Pour Divine Selase Agbeti, directeur général de la CSA Ghana, la cybersécurité ne devait plus être considérée comme une simple question de conformité, mais comme une obligation fondamentale de gouvernance et de résilience. Un avertissement adressé aux fintechs, prestataires de services de paiement, assureurs et commerçants.

John Awuah, directeur général de l’Association des banques du Ghana, prône un équilibre entre innovation et mesures robustes de cybersécurité. Quant à l’avertissement du directeur général de la CSA Ghana, John Awuah, directeur général de l’Association des banques du Ghana a souligné que le maintien de la confiance du public dans l’écosystème de la finance numérique exige un engagement collectif des institutions financières, des entreprises et des consommateurs afin de privilégier la sécurité au même titre que la commodité et la croissance.

Selase Agbeti indique que les incidents signalés montrent que les criminels ciblent de plus en plus l’écosystème de la finance numérique par le biais de la fraude en ligne, de l’usurpation d’identité, du détournement de paiements et de la compromission de messageries professionnelles.

Par Jean Materne Zambo

Cameroun : le REPTIC propose à l’ART de revoir la classification des acteurs des communications électroniques

[DIGITAL Business Africa] – Le Réseau des professionnels des télécommunications, des TIC et du numérique du Cameroun (REPTIC) veut profiter de la constitution du Répertoire 2026 des acteurs du secteur des communications électroniques pour pousser à clarifier la nomenclature des opérateurs.

Dans une communication datée du 25 septembre 2026 et signée par son président, Dr Ing. Pierre François KAMANOU, l’organisation professionnelle propose notamment à l’Agence de régulation des télécommunications (ART) de mieux distinguer les opérateurs de réseaux, les opérateurs d’infrastructures ou d’interconnexion, les fournisseurs de services de communications électroniques et les fournisseurs de services à valeur ajoutée (FSVA).

Cette sortie intervient après le communiqué de l’ART du 15 septembre 2026 invitant les opérateurs et fournisseurs de services de communications électroniques à se faire identifier au plus tard le 30 septembre, dans le cadre de l’élaboration du Répertoire 2026 du secteur. Le REPTIC dit soutenir cette initiative et affirme avoir invité ses membres à remplir le formulaire mis à leur disposition par le régulateur.

Mais pour la faîtière, la qualité de ce futur répertoire dépendra largement de la précision avec laquelle les différentes catégories d’acteurs seront définies. Le REPTIC relève notamment que ce répertoire doit contribuer à identifier les acteurs en règle et à « mettre en lumière les opérateurs frauduleux ». Une mauvaise classification pourrait donc, selon l’organisation, conduire à considérer à tort certains prestataires comme étant en situation irrégulière.

Quatre catégories principales proposées à l’ART

Le premier point soulevé concerne l’utilisation des notions d’« opérateurs » et d’« exploitants ». Pour le REPTIC, la distinction essentielle devrait plutôt être fondée sur le régime juridique applicable à chaque catégorie d’activité.

L’organisation propose ainsi de structurer le répertoire autour de quatre grandes catégories : les opérateurs de réseau soumis à concession ou licence ; les opérateurs d’infrastructure ou d’interconnexion soumis à licence ; les fournisseurs de services de communications électroniques soumis à déclaration préalable ; et les fournisseurs de services à valeur ajoutée, également soumis à déclaration préalable.

Le REPTIC précise que d’autres catégories qu’il recense lui-même, notamment les opérateurs de plateformes numériques ainsi que les prestataires de services et de conseil, relèvent d’autres cadres institutionnels et ne devraient donc pas nécessairement être assimilés aux opérateurs de communications électroniques.

Le statut des fournisseurs de services à valeur ajoutée en question

Deuxième chantier proposé : clarifier le statut des fournisseurs de services à valeur ajoutée. Selon le REPTIC, les FSVA proposent principalement des services applicatifs et non des services de transport de signaux. Leur assimilation systématique à des « opérateurs » serait donc juridiquement discutable.

L’organisation propose de distinguer trois sous-catégories : les FSVA dont la fourniture de contenus via des numéros SVA constitue une activité commerciale ; les administrations ou entreprises d’autres secteurs utilisant des numéros SVA ou noms-émetteurs pour communiquer avec leur propre clientèle ; et les agrégateurs SVA qui fédèrent plusieurs fournisseurs de services et assurent leur connexion avec les opérateurs mobiles.

Le REPTIC veut un statut d’opérateur d’interconnexion pour les agrégateurs SVA

C’est l’une des principales propositions techniques du communiqué. Le REPTIC souhaite que les agrégateurs SVA soient officiellement reconnus comme des opérateurs d’infrastructure ou d’interconnexion.

Selon l’organisation professionnelle, ces entreprises fournissent aux FSVA des prestations d’interconnexion et de routage pouvant être assimilées à des services supports. Le REPTIC estime par conséquent qu’elles devraient relever du régime de la licence, en référence à l’article 10 de la loi n°2010/013 du 21 décembre 2010.

Pour étayer cette proposition, la faîtière cite notamment les pratiques des régulateurs du Sénégal et du Nigeria ainsi que le cadre français, où les agrégateurs de services SVA ou SMS peuvent être reconnus comme exploitants de réseaux et accéder à l’interconnexion de gros.

Vers un identifiant numérique pour les fournisseurs de services ?

Le quatrième axe porte sur l’identification préalable des fournisseurs de services numériques. Se fondant notamment sur l’article 48 de la loi n°2010/012 relative à la cybersécurité et sur le décret n°2022/10902 relatif aux ressources en numérotation, le REPTIC estime que les personnes morales fournissant des services numériques, dont les FSVA, devraient pouvoir être identifiées à travers un numéro fixe virtuel lorsqu’elles interagissent avec les abonnés mobiles.

Le REPTIC compare ce numéro à une « plaque d’immatriculation » numérique permettant d’identifier de manière unique une plateforme, tout en lui associant éventuellement un nom-émetteur ou un numéro court à usage commercial.

Selon l’organisation, une telle architecture permettrait notamment de mieux identifier les acteurs du marché, de combattre les usages illégaux de SIMBOX et l’usurpation de marques, mais aussi de limiter la concurrence des opérateurs internationaux de Bulk SMS vis-à-vis des prestataires locaux. Elle pourrait également faciliter le développement au Cameroun de services professionnels A2P –  Application-to-Person –  en voix, SMS ou USSD, en alternative à l’utilisation massive de numéros mobiles personnels dans les communications professionnelles.

Les textes d’application toujours attendus

Le REPTIC souligne cependant que près de quatre ans après la publication du décret relatif aux ressources en numérotation, certaines mesures d’application restent attendues. L’organisation cite notamment la fixation de tarifs plafonds de terminaison A2P.

Pour la faîtière, la mise en œuvre effective de ce cadre pourrait favoriser l’émergence au Cameroun d’un véritable marché des plateformes de communication en tant que service, ou CPaaS –  Communications Platform as a Service.

Le REPTIC relève également que l’interopérabilité A2P SMS entre CAMTEL et les opérateurs mobiles, pourtant prévue dans le catalogue d’interconnexion de l’opérateur historique depuis 2023, ne serait toujours pas effective.

Orange Money: 1,82 milliard de SMS A2P en 2024

La faîtière attire enfin l’attention sur le manque de données publiques relatives au marché des communications A2P et des services à valeur ajoutée.

Selon le REPTIC, les volumes de trafic entrant ainsi que les revenus générés par les services A2P SMS/USSD et les SVA des opérateurs mobiles ne figurent pas dans les rapports de l’Observatoire de l’ART. L’organisation relève toutefois une exception : le trafic SMS A2P entrant généré par Orange Money, évalué à 1,82 milliard de SMS en 2024.

Un volume que le REPTIC rapproche de 1,88 milliard de SMS P2P sortants enregistrés sur la même période par l’ensemble des trois opérateurs mobiles. Ces chiffres donnent une indication de l’importance des communications automatisées entre les plateformes numériques et les utilisateurs mobiles dans l’économie numérique camerounaise.

Au terme de sa communication, le REPTIC réaffirme son soutien au projet de Répertoire 2026 de l’ART, tout en plaidant pour une clarification des catégories d’acteurs et une application effective du cadre réglementaire relatif aux services A2P sur numéros fixes virtuels. L’organisation se dit également disposée à partager sa nomenclature avec le ministère des Postes et Télécommunications, l’ART, l’ANTIC et les autres institutions concernées.

Par Digital Business Africa

ZLECAf : 5,17 milliards de dollars pour créer un corridor de commerce numérique 

[DIGITAL Business Africa] – Un corridor numérique africain à l’horizon. Le marché interafricain est sur le chemin de la prospérité. Mais avant, il faudra un déploiement d’infrastructures technologiques et d’accords commerciaux transfrontaliers. Comme l’accord signé début septembre 2026 entre la ZLECAf et la société Quest Ghana Limited.

Les deux parties ont signé un accord de coentreprise en vue de la création du corridor de commerce numérique de la ZLECAf. Le projet mobilise 5,17 milliards de dollars, avec le soutien souverain de la République des Seychelles. En plus de rapprocher les entreprises africaines des marchés africains au sein d’un même environnement numérique, le corridor devrait apporter des normes certifiées à la manière dont les produits de base africains parviennent aux investisseurs.

Les startups devraient jouer un rôle crucial dans ce marché intercontinental. Le programme de partenariat pour les de la ZLECAf à leur dédié vient de s’achever avec succès. La liste finale des 30 startups sélectionnées pour participer au programme d’accélération pour l’Afrique a été finalisée.

« Nous tenons à remercier chaleureusement toutes les startups qui ont participé et présenté leurs projets lors des séances de pitch. « Votre contribution et vos efforts sont très appréciés », a indiqué le Secrétariat de la ZLECAf.

La zone espère de ces startups une expansion vers les marchés mondiaux, avec un accent particulier sur la Corée. Le programme bénéficie d’ailleurs de la collaboration avec l’Africa Foundation (KAF).

Ce programme d’accélération structuré combine renforcement de la maturité commerciale, facilitation de l’accès aux marchés et développement de partenariats internationaux, pour offrir aux entreprises africaines les plus prometteuses un véritable tremplin vers la scène internationale.

Par Jean Materne Zambo

IFA ShowStoppers 2026 : TECNO repousse les limites de l’innovation avec son smartphone sans bordures et le MEGABOOK T15 360 Pro

Berlin, le 1er septembre 2026 – À l’occasion d’IFA ShowStoppers 2026, TECNO présentera ses dernières innovations technologiques, avec une ambition claire : repousser les limites du design et proposer des expériences toujours plus intelligentes et personnalisées.

Parmi les nouveautés phares figurent le Next-Gen Bezelless Concept Phone, un smartphone concept doté d’un écran véritablement sans bordures, le MEGABOOK T15 360 Pro avec écran tactile et charnière à 360°, ainsi que plusieurs produits issus de la collection Tonino Lamborghini TECNO.

Les visiteurs pourront découvrir ces innovations le 03 septembre, de 18h à 21h, au Hall 5.3, tables 501 et 503, Berlin Messe.

Un smartphone concept qui repousse les limites de l’écran

Après avoir attiré l’attention avec son Modular Concept Phone lors du MWC 2026, TECNO poursuit sa vision du smartphone de demain avec son Next-Gen Bezelless Concept Phone, présenté pour la première fois physiquement à IFA ShowStoppers.

Sa principale innovation réside dans son écran à bordure réelle de 0 mm, une première dans l’industrie. TECNO parvient ainsi à supprimer la fine bordure noire de 1 à 2 mm encore visible sur la majorité des smartphones plein écran.

Cette avancée repose sur une nouvelle conception de l’architecture interne, de la structure et de l’intégration de l’écran. Le résultat : une surface d’affichage qui s’étend jusqu’aux extrémités du téléphone pour offrir une expérience visuelle encore plus immersive.

MEGABOOK T15 360 Pro : un ordinateur conçu pour s’adapter à tous les usages

TECNO profitera également de l’événement pour présenter trois nouveaux ordinateurs : les MEGABOOK T15 360 Pro, K15S WCL et T17 Ultra.

Le MEGABOOK T15 360 Pro marque une nouvelle étape pour la gamme. Il s’agit du premier ordinateur TECNO combinant une charnière à 360° et un écran tactile 10 points, permettant de passer facilement d’un ordinateur portable classique à différents modes adaptés au travail, à la création ou au divertissement.

Équipé d’un processeur Intel Core Ultra avec NPU intégré et d’une batterie de 70 Wh, il est pensé pour offrir performances et autonomie au quotidien. Sa version Pro bénéficie également d’un écran tactile 15,6 pouces 2.5K 120 Hz, avec prise en charge optionnelle d’un stylet actif MPP 2.0.

Le MEGABOOK K15S WCL mise davantage sur l’accessibilité, avec une configuration adaptée aux besoins informatiques du quotidien.

De son côté, le MEGABOOK T17 Ultra, premier ordinateur portable 17 pouces de TECNO, s’adresse aux utilisateurs à la recherche d’un grand écran et de performances élevées. Il intègre notamment un processeur Intel Meteor Lake Ultra avec NPU, une batterie de 99,99 Wh et une charge rapide GaN 100 W.

Tonino Lamborghini x TECNO : quand le design italien rencontre la technologie

TECNO mettra également en avant sa collaboration avec Tonino Lamborghini, qui associe l’identité audacieuse de la marque italienne aux innovations technologiques de TECNO.

Le POVA 8 PRO 5G Tonino Lamborghini Limited Edition, dont le lancement est prévu le 4 septembre, s’adresse à une nouvelle génération d’utilisateurs en quête de performances et d’un design distinctif.

Le smartphone combine une identité visuelle inspirée du design italien, une architecture à double chipset, des capteurs Sony et plusieurs fonctionnalités basées sur l’intelligence artificielle.

Cette collaboration s’étend également au MEGAPAD 2 Tonino Lamborghini Limited Edition, attendu au quatrième trimestre. Cette tablette IA dispose notamment d’un écran 11 pouces 2.5K pensé pour offrir davantage de confort visuel.

Le Tonino Lamborghini TECNO TAURUS (MEGA MINI G1 Pro) complète la collection. Présenté comme le plus petit PC gaming au monde équipé d’un système de refroidissement liquide, il associe un châssis entièrement métallique à un éclairage RGB qui reprend l’identité visuelle caractéristique de Tonino Lamborghini.IFA ShowStoppers 2026

Un écosystème intelligent pensé pour le quotidien

Au-delà de ces nouveautés, TECNO présentera plusieurs produits illustrant le développement de son écosystème connecté :

  • CAMON Slim 5G – Un smartphone ultra-fin de 6,39 mm, associant design, photographie avancée, intelligence artificielle et résistance.
  • CAMON Slim – Un modèle de 6,39 mm avec design monocoque incurvé en 3D, éclairage d’ambiance intelligent et appareil photo 50 MP Sony LYTIA 600 Ultra Night.
  • MEGAPAD SE 2 – Une tablette intégrant des outils d’intelligence artificielle pour faciliter l’apprentissage et la productivité.
  • Watch 4 – Une montre connectée élégante conçue pour accompagner les activités sportives et les usages du quotidien.
  • Buds 5 – Des écouteurs offrant jusqu’à 50 heures d’autonomie, avec un boîtier de recharge pouvant également servir de support pour smartphone.

À travers cette présence à IFA ShowStoppers 2026, TECNO entend démontrer sa capacité à associer design audacieux, intelligence artificielle et innovation technologique dans un écosystème allant des smartphones aux ordinateurs, tablettes et objets connectés.

Les visiteurs pourront découvrir l’ensemble de ces innovations aux tables 501 et 503 de TECNO, à Berlin Messe.

IFA ShowStoppers 2026 Pour toute demande média : [email protected]

À propos de TECNO

Présente dans plus de 70 marchés, TECNO est une marque technologique mondiale qui place l’innovation, le design et l’intelligence artificielle au cœur de son développement.

Son écosystème comprend des smartphones, tablettes, ordinateurs portables, objets connectés, solutions gaming, produits pour la maison intelligente ainsi que son système d’exploitation HiOS.

Portée par sa philosophie « Stop At Nothing », TECNO ambitionne de rendre les nouvelles technologies et les expériences basées sur l’IA accessibles à une nouvelle génération d’utilisateurs, tout en les encourageant à aller toujours plus loin dans la réalisation de leurs ambitions.

Plus d’informations : www.TECNO-mobile.com

By TECNO. Source: TECNO

E-gouvernance : Gabon, Guinée, Liberia… le Rwanda attire les administrations africaines venues étudier son modèle numérique

[DIGITAL Business Africa] – Kigali s’affirme de plus en plus comme une destination d’apprentissage pour les administrations africaines en quête de modèles de transformation publique et numérique. Fin août 2026, Rwanda Cooperation indiquait accueillir, au cours d’une même semaine, huit délégations provenant de sept pays : Liberia, Kenya, Nigeria, Bénin, Gambie, Gabon et Guinée. Certaines étaient accompagnées de partenaires stratégiques et de développement, parmi lesquels la Banque mondiale, le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) et Prospects Development Services.

Toutes ces délégations n’étaient pas venues seulement pour étudier la transformation numérique. Leurs domaines d’intérêt allaient de la santé aux finances publiques en passant par les coopératives et le développement institutionnel. Mais plusieurs missions récentes montrent un intérêt particulier pour l’e-gouvernance, les services publics numériques et les mécanismes ayant permis au Rwanda de digitaliser une part importante de son administration.

Le Gabon et la Guinée en offrent deux exemples récents. Ils s’ajoutent au Liberia, à Zanzibar et à d’autres administrations venues ces derniers mois pour observer certains dispositifs numériques rwandais.

Derrière ces déplacements apparaît progressivement une autre dynamique : les États africains ne cherchent plus seulement leurs modèles de transformation numérique en dehors du continent. Ils viennent aussi apprendre les uns des autres.

Le Gabon étudie Irembo, l’IA, l’identité numérique et l’interopérabilité

Pendant près de deux semaines, une délégation du ministère gabonais de l’Intérieur, de la Sécurité et de la Décentralisation a effectué au Rwanda une immersion spécifiquement consacrée à la transformation numérique.

Selon Rwanda Cooperation, le programme a porté sur la transformation numérique et la gouvernance électronique, l’intelligence artificielle et les politiques numériques, la digitalisation de l’état civil et des services d’identification, la cybersécurité, la protection des données et de la vie privée, l’interconnexion des systèmes publics ainsi que la digitalisation des services publics au niveau décentralisé.

La délégation s’est également intéressée à IremboGov, devenue l’une des vitrines les plus visibles de l’e-gouvernance rwandaise.

Le portail permet aux citoyens d’accéder en ligne à de nombreuses procédures administratives relevant de diverses institutions publiques.

Selon des données d’Irembo, à ce jour, 248 services publics, issus de près de 50 institutions publiques, ont déjà été numérisés.

Mais le cas Irembo est surtout intéressant lorsqu’on dépasse le nombre de services disponibles pour observer leur utilisation réelle.

Pour trois des documents d’état civil les plus demandés (certificats de naissance, de célibat et de mariage) le nombre de certificats délivrés via IremboGov a presque triplé en quatre ans : 683 560 en 2020 contre 1 977 628 en 2024.

La rapidité de délivrance s’est également améliorée. En 2020, 61 % de ces demandes étaient traitées en moins d’une heure. En 2024, cette proportion atteignait 70 %. Irembo estime qu’en valeur absolue, près d’un million de certificats supplémentaires ont ainsi été délivrés en moins d’une heure en 2024 qu’en 2020.

Ces résultats illustrent un enjeu essentiel de l’e-gouvernance : la transformation numérique ne consiste pas seulement à mettre des formulaires en ligne, mais à réduire concrètement le temps, les déplacements et les contraintes subies par les citoyens pour accéder aux services publics.

La Guinée regarde également vers Kigali

Au même moment, la Guinée faisait partie des pays représentés dans les programmes d’échange organisés par Rwanda Cooperation.

Une délégation guinéenne a effectué une immersion de plusieurs jours consacrée notamment à la transformation numérique. Son parcours lui a permis d’échanger avec plusieurs institutions de l’écosystème rwandais, notamment les structures chargées des technologies de l’information, de la cybersécurité, de la régulation et des services publics numériques.

Irembo figurait également parmi les expériences étudiées.

La relation numérique entre Kigali et Conakry ne se limite cependant plus aux visites d’étude.

Le Rwanda accompagne déjà la Guinée dans le projet TELEMO, sa plateforme de passation électronique des marchés publics.

En juillet 2026, Richard Niwenshuti, CEO de Rwanda Cooperation, s’est ainsi rendu en Guinée pour examiner l’avancement du projet et identifier de nouvelles possibilités de coopération dans le domaine du gouvernement numérique, mais également en matière d’innovation en santé, de promotion des investissements et de développement institutionnel.

La relation illustre une évolution intéressante : passer de l’observation d’une expérience rwandaise à l’adaptation et à la mise en œuvre de solutions dans un autre pays africain.

Le Liberia étudie à son tour la gouvernance numérique rwandaise

Quelques semaines auparavant, le Liberia s’était, lui aussi, tourné vers Kigali.

En juin 2026, une délégation gouvernementale libérienne conduite par le directeur général du Cabinet, Emmanuel T. K. Shaw II, s’est rendue au Rwanda dans le cadre des réformes engagées par Monrovia pour moderniser son administration publique.

Selon Vision Media, la mission comprenait notamment des échanges avec la Rwanda Information Society Authority (RISA) et Irembo.

La délégation s’est également intéressée à E-Cabinet, utilisé dans le fonctionnement gouvernemental, ainsi qu’à Imihigo, le mécanisme rwandais de contrats et de suivi de performance.

Le déplacement visait donc moins à copier une plateforme particulière qu’à comprendre comment différents outils numériques et mécanismes institutionnels peuvent contribuer à moderniser le fonctionnement de l’État.

Zanzibar avait également étudié l’e-gouvernement rwandais

Cette succession de missions ne commence pas avec le Gabon.

En juillet 2026, une délégation technique du ministère de la Communication, des Technologies de l’information et de l’Innovation du gouvernement révolutionnaire de Zanzibar avait, elle aussi, effectué une visite d’étude au Rwanda.

Son programme portait directement sur le parcours de transformation numérique au Rwanda, les plateformes d’e-gouvernement, la fourniture numérique des services publics, les systèmes d’enregistrement des entreprises et l’écosystème d’innovation.

Ces déplacements successifs ( Zanzibar, Liberia, Guinée, Gabon) commencent ainsi à dessiner une tendance : Kigali devient un point de passage pour des administrations africaines qui veulent comprendre comment certaines politiques numériques sont effectivement mises en œuvre.

Rwanda Cooperation, instrument du partage de l’expérience rwandaise

Cette attractivité ne relève pas uniquement de la réputation acquise par quelques plateformes.

Elle est également organisée.

Rwanda Cooperation a précisément pour mission de faciliter le partage des expériences développées par le Rwanda avec d’autres pays, à travers des visites d’étude, des programmes de formation, des activités de recherche et de conseil, ainsi que l’accompagnement de projets.

Le pays inscrit cette démarche dans une logique de coopération Sud-Sud et triangulaire : plutôt que d’organiser uniquement le transfert de connaissances entre pays développés et pays en développement, il s’agit aussi de favoriser la circulation des expériences et des solutions entre États confrontés à des problématiques comparables.

Les chiffres donnent une idée de l’ampleur de ces échanges. Rwanda Cooperation indique avoir accueilli, au fil de ses activités, plus de 900 délégations et plus de 10 400 participants issus de 70 pays.

Et la transformation numérique n’est qu’un des domaines concernés.

Rwanda : quand les politiques publiques deviennent une expertise à partager

En juillet 2026 seulement, Rwanda Cooperation a accueilli 15 délégations internationales et facilité trois engagements institutionnels et bilatéraux stratégiques.

Les sujets étudiés montrent l’étendue des politiques publiques rwandaises qui suscitent l’intérêt à l’étranger.

Zanzibar est venu étudier la transformation numérique, les plateformes d’e-gouvernement, les services publics numériques, l’enregistrement en ligne des entreprises et l’écosystème d’innovation.

La Zambie, à travers son administration fiscale, s’est intéressée à la modernisation de l’administration des impôts, à l’écosystème de fiscalité numérique, à la coordination du renseignement, aux stratégies de lutte contre la contrebande et à l’Electronic Billing System.

Le Tchad, à travers son Institut national de santé publique, a étudié la gouvernance sanitaire, les systèmes de santé numérique, la surveillance des maladies et les dossiers médicaux électroniques.

La Tanzanie s’est notamment intéressée à E-Soko, aux plateformes numériques de marchés agricoles et à l’utilisation des technologies satellitaires dans l’agriculture intelligente face au changement climatique.

Deux délégations de Côte d’Ivoire, issues du CEPICI, ont étudié différents aspects de la promotion et du suivi des investissements, parmi lesquels l’enregistrement en ligne des entreprises, les zones économiques spéciales et les mécanismes de fidélisation des investisseurs.

Des délégations venues du Soudan du Sud, d’Éthiopie, du Malawi, de Namibie, d’Eswatini et du Zimbabwe ont également étudié des expériences rwandaises dans les finances publiques, l’agriculture, l’environnement, l’éducation, la gouvernance ou encore la sécurité.

À ces visites s’ajoutent des coopérations débouchant sur des projets. En Guinée, Rwanda Cooperation suit notamment la mise en œuvre de TELEMO, le projet de passation électronique des marchés publics.

Pour Rwanda Cooperation, ces échanges renforcent la position du pays en tant que plateforme d’apprentissage entre pairs et de coopération Sud-Sud et triangulaire.

Une nouvelle circulation des modèles numériques en Afrique

Cette dynamique mérite l’attention au-delà du seul cas rwandais.

Pendant longtemps, lorsqu’une administration africaine souhaitait se moderniser, les références recherchées provenaient souvent d’Europe, d’Amérique du Nord ou d’Asie.

Ces références restent importantes. Mais une autre circulation des connaissances se développe progressivement : des États africains cherchent désormais des solutions et des retours d’expérience auprès d’autres États africains.

Cela présente un avantage évident.

Les problématiques auxquelles sont confrontées les administrations du continent sont souvent proches : faiblesse ou fragmentation de certains registres publics, difficulté d’identification des citoyens, prépondérance du cash, multiplicité des documents papier, problèmes d’interopérabilité, accès inégal à Internet, cybersécurité, protection des données personnelles ou manque de compétences numériques.

Observer une solution déployée dans un autre contexte africain permet donc de comprendre non seulement sa technologie, mais aussi les obstacles réglementaires, institutionnels, financiers et sociaux rencontrés lors de sa mise en œuvre.

L’enjeu n’est cependant pas de transformer l’expérience rwandaise en un modèle universel.

Ce qui fonctionne au Rwanda ne peut pas nécessairement être reproduit à l’identique au Gabon, en Guinée ou au Liberia. Les architectures administratives, les réglementations, les infrastructures, les ressources financières et les usages diffèrent.

La valeur de ces visites réside plutôt dans la possibilité d’identifier les bonnes pratiques, les erreurs à éviter et les solutions susceptibles d’être adaptées.

De l’étude des modèles à un marché africain des solutions d’e-gouvernance ?

Cette circulation des expériences peut également ouvrir une nouvelle perspective économique.

Lorsqu’une administration africaine développe une plateforme efficace, un système d’identité, une infrastructure de paiement, un mécanisme d’interopérabilité ou une solution de cybersécurité, l’expérience acquise peut bénéficier à d’autres pays.

Le continent pourrait ainsi progressivement voir émerger un marché africain des technologies et du savoir-faire liés à l’e-gouvernance.

Des administrations partageraient leurs expériences. Des entreprises africaines ayant participé à leur transformation pourraient proposer leurs technologies dans d’autres pays. Des partenaires au développement pourraient financer l’adaptation et la mise à l’échelle de solutions déjà éprouvées.

L’exemple de TELEMO en Guinée montre que le passage de la visite d’étude à la coopération opérationnelle est possible.

E-Gov’A : faire venir les expériences africaines à Yaoundé

C’est également l’une des ambitions d’E-Gov’A – E-Gov Africa Summit, Expo & Awards, prévu du 14 au 17 octobre 2026 au Palais des Congrès de Yaoundé, sous le haut patronage du ministère camerounais des Postes et Télécommunications.

Organisé par Digital Business Africa et Smart Click Africa, l’événement est placé sous le thème : « Intelligence artificielle et e-gouvernance : bâtir des services publics efficaces dans une Afrique cashless et paperless. »

L’ambition est notamment de créer à Yaoundé un espace où les administrations africaines ne viennent pas seulement parler de leurs stratégies numériques, mais aussi montrer les services qu’elles ont effectivement déployés, expliquer comment ils fonctionnent et partager les résultats obtenus.

Les entreprises technologiques et les startups pourront, parallèlement, présenter les solutions qu’elles développent pour répondre aux besoins des administrations.

Avec E-Gov’A Demo, administrations et entreprises pourront notamment présenter des démonstrations de plateformes, d’applications et de services numériques opérationnels.

La multiplication des voyages d’étude au Rwanda montre précisément l’intérêt suscité par ce type de partage.

Si plusieurs administrations africaines parcourent des milliers de kilomètres pour observer ce qui fonctionne dans un autre pays du continent, l’enjeu est aussi de créer des espaces où ces expériences peuvent être réunies, présentées et confrontées au même endroit.

L’objectif ne serait alors plus seulement de demander au Rwanda ce qui fonctionne. Il serait également utile de découvrir ce qui fonctionne au Bénin, au Ghana, au Kenya, au Nigeria, en Côte d’Ivoire, au Cameroun ou ailleurs, et de déterminer quelles solutions pourraient être adaptées à d’autres administrations.

L’Afrique peut aussi apprendre de l’Afrique

Les déplacements du Gabon, de la Guinée, du Liberia ou de Zanzibar vers Kigali racontent finalement une évolution plus profonde que celle de simples voyages administratifs.

Ils montrent qu’en matière de transformation numérique, l’Afrique commence à regarder davantage ce qui fonctionne chez elle.

Le Rwanda a aujourd’hui l’avantage d’avoir structuré cette démarche à travers Rwanda Cooperation et d’avoir développé des expériences suffisamment visibles, comme IremboGov, pour attirer des administrations étrangères.

Mais le principe peut s’étendre à l’ensemble du continent.

Dans les domaines de l’identité numérique, des paiements publics, de l’e-procurement, de la fiscalité électronique, de l’interopérabilité, de la cybersécurité, de la santé numérique ou de la dématérialisation des procédures, plusieurs pays africains disposent déjà d’expériences dont leurs voisins pourraient tirer des enseignements.

La question à poser aux administrations africaines pourrait donc évoluer progressivement.

Au lieu de se demander uniquement « quelle nouvelle solution devons-nous développer ? », elles pourraient commencer par demander :

« Où, en Afrique, ce problème a-t-il déjà été résolu, comment l’a-t-il été et que pouvons-nous apprendre de cette expérience ? »

Par Beaugas Orain DJOYUM

Sources : Rwanda Cooperation ; Irembo ; Vision Media.

E-gouvernance : après le Liberia, le Gabon étudie à son tour le modèle numérique du Rwanda et l’expérience Irembo

[DIGITAL Business Africa] – Le Rwanda confirme progressivement son statut de laboratoire africain de l’e-gouvernance. Après le Liberia, qui y a envoyé une délégation en juin 2026 pour étudier son modèle de gouvernance numérique et de modernisation de l’administration publique, c’est au tour du Gabon de s’intéresser de près à l’expérience rwandaise.

Une délégation du ministère gabonais de l’Intérieur, de la Sécurité et de la Décentralisation vient d’achever près de deux semaines d’immersion au Rwanda consacrées à la transformation numérique. Le programme a porté sur la gouvernance électronique, l’intelligence artificielle et les politiques numériques, la digitalisation de l’état civil et des services d’identification, la cybersécurité et la protection des données personnelles, l’interconnexion des systèmes publics ainsi que la digitalisation des services publics à l’échelle décentralisée.

La délégation s’est également intéressée à IremboGov, la plateforme qui constitue aujourd’hui l’une des principales vitrines de la transformation numérique des services publics rwandais.

Selon Rwanda Cooperation, qui a communiqué sur la mission gabonaise fin août 2026, cette immersion a permis de partager des expériences, des bonnes pratiques et les enseignements tirés du parcours de transformation numérique du Rwanda.

IremboGov : 248 services publics numérisés

L’intérêt accordé à IremboGov est particulièrement significatif.

Lancée pour faciliter l’accès des citoyens aux démarches administratives, cette plateforme permet d’effectuer en ligne un nombre croissant de procédures qui nécessitaient auparavant des déplacements physiques auprès des administrations.

Selon des données publiées par Irembo en juillet 2025, 248 services issus de près de 40 institutions publiques avaient déjà été numérisés sur IremboGov.

La plateforme couvre ainsi un large éventail de démarches administratives. Mais c’est notamment dans le domaine de l’état civil que son impact peut être mesuré avec précision.

Irembo cite trois des documents les plus demandés par la population : les actes de naissance, les certificats de célibat et de mariage.

Entre 2020 et 2024, le nombre de ces certificats délivrés par l’intermédiaire d’IremboGov a presque triplé, passant de 683 560 à 1 977 628.

Autrement dit, près de 1,3 million de certificats supplémentaires ont été délivrés en 2024 par rapport à 2020 pour ces trois catégories de documents.

Mais l’un des résultats les plus significatifs concerne le temps gagné par les citoyens.

En 2020, 61 % des demandes relatives à ces documents étaient traitées en moins d’une heure. Quatre ans plus tard, cette proportion atteignait 70 %.

En valeur absolue, Irembo estime que près d’un million de certificats supplémentaires ont été délivrés en moins d’une heure en 2024 qu’en 2020.

Ces indicateurs donnent une dimension très concrète à la notion d’e-gouvernance. La performance d’une plateforme publique numérique ne se mesure plus uniquement au nombre de procédures mises en ligne, mais aussi au nombre de citoyens qui les utilisent, au délai nécessaire pour obtenir un document et, enfin, au temps et aux déplacements économisés.

Une infrastructure connectée à plus de 50 institutions gouvernementales

L’écosystème semble continuer à s’étendre.

En 2026, lors de l’Africa CEO Forum, le CEO d’Irembo, Israel Bimpe, a présenté une infrastructure qui fonctionne désormais avec plus de 50 institutions gouvernementales et est connectée à des registres nationaux stratégiques, notamment ceux relatifs à l’identification nationale et au numéro d’identification fiscale (TIN).

Plus de 7 000 agents publics interviennent quotidiennement dans le traitement des demandes au sein de cet écosystème.

L’intérêt du modèle rwandais réside donc moins dans la simple création d’un portail web que dans la construction progressive d’une infrastructure reliant les citoyens, les administrations, les agents publics, les registres nationaux et les procédures administratives.

Le Liberia était déjà venu étudier le modèle rwandais

Le Gabon n’est pas le premier pays africain à effectuer ce déplacement.

En juin 2026, une délégation libérienne conduite par le directeur général du Cabinet, Emmanuel T. K. Shaw II, s’est rendue au Rwanda dans le cadre des réformes engagées par Monrovia pour moderniser son administration publique.

Selon Vision Media, cette mission a notamment permis à la délégation d’étudier les systèmes rwandais de gouvernance numérique et de gestion de la performance publique.

Les responsables libériens ont notamment échangé avec la Rwanda Information Society Authority (RISA) et Irembo, mais se sont également intéressés à E-Cabinet, utilisé dans le fonctionnement gouvernemental, ainsi qu’au système Imihigo, mécanisme rwandais de contrats et de suivi de performance.

Cette succession de missions est révélatrice.

Elle montre que les expériences africaines de transformation numérique commencent elles-mêmes à servir de référence pour d’autres administrations du continent.

Le Rwanda ne se contente donc plus de digitaliser ses propres services publics. Son expérience devient progressivement un objet d’étude et de coopération interafricaine.

Pour le Gabon, passer de l’immersion à l’adaptation

Pour Libreville, l’enjeu sera désormais de transformer les enseignements recueillis au cours de ces deux semaines en projets adaptés aux réalités gabonaises.

Le pays dispose déjà de plusieurs initiatives de dématérialisation. Mais les sujets étudiés au Rwanda montrent que la transformation numérique d’une administration va désormais bien au-delà de la simple mise en ligne de formulaires.

Elle suppose notamment de construire une identité numérique fiable, d’interconnecter les administrations, de permettre aux systèmes publics d’échanger des données, de sécuriser ces échanges, de protéger les données personnelles, de développer les paiements numériques et d’organiser l’accès aux services jusqu’aux collectivités territoriales.

L’expérience Irembo apporte également un autre enseignement : la digitalisation doit produire des résultats mesurables pour le citoyen.

Combien de démarches peuvent réellement être effectuées sans déplacement ? Combien de temps faut-il pour recevoir un document ? Combien de citoyens utilisent effectivement les plateformes ? Les différentes administrations peuvent-elles échanger les informations nécessaires sans demander à l’usager plusieurs fois les mêmes documents ?

Ce sont ces indicateurs qui permettent de passer de la mise en ligne des services à une véritable transformation de l’administration.

Et si les administrations africaines apprenaient davantage les unes des autres ?

Les missions du Liberia et du Gabon au Rwanda posent finalement une question plus large : comment organiser, à plus grande échelle, le partage des expériences africaines en matière d’e-gouvernance ?

Les problématiques rencontrées à Kigali, Libreville, Monrovia, Yaoundé, Cotonou, Abidjan ou ailleurs sont souvent proches : identité numérique, état civil, paiement électronique des services publics, interopérabilité, infrastructures numériques publiques, cybersécurité, protection des données, intelligence artificielle et dématérialisation.

Or, dans plusieurs pays, des solutions existent déjà.

Pour les États africains, l’enjeu n’est donc plus nécessairement de tout construire à partir de zéro. Il consiste aussi à identifier ce qui fonctionne ailleurs sur le continent, à comprendre les conditions de réussite, à tirer les enseignements des difficultés rencontrées et à déterminer ce qui peut être adapté à leurs propres réalités.

E-Gov’A 2026 : montrer ce qui fonctionne déjà en Afrique

Cette logique de partage d’expériences sera précisément au cœur de E-Gov’A – E-Gov Africa Summit, Expo & Awards, organisé du 14 au 17 octobre 2026 au Palais des Congrès de Yaoundé, au Cameroun, sous le haut patronage du ministère des Postes et Télécommunications.

Organisé par Digital Business Africa et Smart Click Africa, l’événement est placé sous le thème : « Intelligence artificielle et e-gouvernance : bâtir des services publics efficaces dans une Afrique cashless et paperless. »

E-Gov’A veut notamment créer un espace où les administrations africaines ne viennent pas seulement présenter des stratégies ou discuter de la transformation numérique, mais aussi montrer les services numériques qu’elles ont effectivement déployés, expliquer les difficultés rencontrées et partager les résultats obtenus.

Les entreprises technologiques et les startups pourront, elles aussi, présenter les solutions qu’elles développent pour répondre aux problématiques des administrations.

À travers notamment E-Gov’A Demo, administrations et entreprises disposeront d’un espace pour présenter concrètement des plateformes, des applications et des services déjà opérationnels.

L’objectif est de favoriser les rencontres entre ceux qui ont un problème, ceux qui ont déjà expérimenté une réponse et ceux qui disposent de la technologie pour la mettre en œuvre.

Car ce que montrent les déplacements successifs de délégations africaines au Rwanda est finalement assez simple : une partie des réponses aux défis de la transformation numérique de l’Afrique existe déjà en Afrique.

L’enjeu consiste désormais à mieux les identifier, à les confronter, à les adapter et à les faire circuler.

À ce titre, l’expérience rwandaise et IremboGov constituent un cas particulièrement intéressant : la réussite ne réside pas seulement dans le nombre de services numérisés, mais dans la capacité à permettre à un citoyen d’obtenir plus simplement et plus rapidement un service public dont il a besoin.

C’est probablement là que réside l’un des principaux critères de réussite de l’e-gouvernance africaine : passer de la digitalisation des procédures à une transformation réellement perceptible dans la vie quotidienne des citoyens.

Par Beaugas Orain DJOYUM

Sources : Rwanda Cooperation ; Irembo ; Vision Media ; Rwanda Information Society Authority (RISA).