[DIGITAL Business Africa] – Intervenant lors des échanges sur la réduction de la fracture numérique et la garantie d’un accès abordable, inclusif et de qualité à Internet au FGI Cameroun 2026, le président du Regroupement des Entreprises du Secteur des Technologies de l’Information et de la Communication (REPTIC), Pierre-François Kamanou, a formulé des propositions fortes. Entre ouverture du monopole de Camtel aux acteurs locaux et instauration d’un « service minimum internet », le patron des entreprises du secteur de la tech livre sa vision pour une véritable inclusion numérique.
Présent au Palais des Congrès de Yaoundé au nom du patronat du secteur privé numérique, Pierre-François Kamanou a rappelé les mesures prioritaires portées par le REPTIC depuis novembre 2025 pour la relance du secteur et la promotion de l’emploi jeune. Pour le dirigeant, lutter contre l’exclusion numérique au Cameroun exige d’agir sur deux leviers indissociables : l’accès aux infrastructures de transport et la tarification des usages.
- Camtel doit fournir un hub d’interconnexion aux opérateurs privés locaux
Si le REPTIC reconnaît le rôle stratégique de l’opérateur historique Camtel en tant que garant de la souveraineté nationale sur la dorsale en fibre optique (backbone), Pierre-François Kamanou estime que cette position de monopole sur la fibre ne doit pas étouffer les autres acteurs nationaux.
« Fort de sa position de souveraineté, Camtel devrait fournir un hub d’interconnexion aux opérateurs privés locaux licenciés pour assurer une interconnectivité multicanal. Beaucoup d’opérateurs privés de FTTH/FTTO ou de Data Centers peinent à travailler alors qu’ils ont des licences. Pour accélérer la réduction de la fracture numérique sur le dernier kilomètre, il faut impérativement faire rentrer en jeu ces acteurs locaux », a souligné le président du REPTIC.
- Instauration d’un forfait internet illimité à bas débit (64 Kbps minimum)
Abordant le volet de l’abordabilité et de l’accès universel, Pierre-François Kamanou s’est insurgé contre l’exclusion numérique brutale subie par les usagers dès l’épuisement de leur volume de données.
« Aujourd’hui, vous achetez un forfait de 2 000 ou 5 000 FCFA pour quelques gigas. Une fois le forfait épuisé, vous êtes complètement coupé du monde. On ne vous permet même plus d’utiliser la messagerie WhatsApp », déplore-t-il.
Pour y remédier, le REPTIC propose la mise en place d’un service universel d’accès garanti :
- Un accès illimité à bas débit (minimum 64 Kbps) : Tout usager ayant souscrit un forfait mensuel, quel qu’en soit le montant, devrait conserver un débit résiduel de 64 Kbps pendant tout le mois afin de pouvoir maintenir au moins ses communications textuelles sur les messageries instantanées.
- La cherté du SMS inter-réseaux : une « incongruité » à corriger par le régulateur
Enfin, le président du REPTIC a interpellé le régulateur des télécommunications (ART) sur les coûts exorbitants pratiqués sur la téléphonie de base, qui touchent de plein fouet les populations rurales et les couches les plus vulnérables.
« Pour envoyer un SMS d’un réseau à un autre, cela coûte 50 FCFA. C’est énorme aujourd’hui ! C’est une incongruité au moment où l’on parle d’inclusion. On exclut les plus pauvres qui n’ont pas internet et qui ne peuvent même pas envoyer un simple SMS à cause de la cherté des tarifs », a martelé Pierre-François Kamanou.
En appelant à une meilleure synergie entre l’opérateur historique, le secteur privé local et l’autorité de régulation, le REPTIC espère voir ces mesures concrètes intégrées dans la feuille de route de la transformation numérique nationale.
Par DIGITAL BUSINESS AFRICA









