[Digital Business Africa] – Le Forum sur la gouvernance de l’Internet au Cameroun se tiendra du 18 au 20 août 2026 au Palais des Congrès de Yaoundé. Placée sous le thème « De la fragmentation à l’interopérabilité : faire de la donnée le socle des infrastructures publiques numériques au Cameroun », cette édition réunira les administrations, les régulateurs, les entreprises, les acteurs techniques, les universitaires et la société civile. La participation est gratuite, mais les inscriptions prennent fin le 12 août 2026 à 23 h 59.
Le Cameroun veut faire de l’interopérabilité des services publics et de la gouvernance des données deux piliers de sa transformation numérique.
Ces enjeux seront au cœur de l’édition 2026 du Forum sur la gouvernance de l’Internet au Cameroun, également appelé FGI Cameroun. L’événement est organisé par le ministère des Postes et Télécommunications sous le haut patronage du Premier ministre, chef du gouvernement, Joseph Dion Ngute.
Il se déroulera du 18 au 20 août 2026 au Palais des Congrès de Yaoundé, dans un format hybride associant des sessions en présentiel et une participation en ligne.
Durant trois jours, les participants examineront les conditions nécessaires pour passer d’un environnement numérique marqué par la fragmentation des plateformes et des bases de données à un système dans lequel les administrations et les services numériques peuvent communiquer et échanger des informations de manière sécurisée.
La donnée au centre de la transformation numérique
Le thème retenu pour cette édition est : « De la fragmentation à l’interopérabilité : faire de la donnée le socle des infrastructures publiques numériques au Cameroun ».
Les infrastructures publiques numériques désignent les systèmes fondamentaux sur lesquels peuvent reposer les services numériques destinés aux citoyens, aux administrations et aux entreprises. Elles peuvent notamment comprendre les mécanismes d’identification numérique, les plateformes de paiement, les systèmes d’échange de données et les services administratifs en ligne.
Pour être efficaces, ces différentes composantes doivent pouvoir fonctionner ensemble. Or, la multiplication de plateformes isolées, développées selon des standards différents et incapables d’échanger automatiquement leurs informations, limite souvent l’efficacité des services publics numériques.
Le FGI Cameroun 2026 entend donc ouvrir une réflexion sur les normes, les règles et les mécanismes techniques nécessaires pour assurer l’interopérabilité des systèmes numériques nationaux.
Les travaux doivent également aborder la propriété, la protection, le stockage, le partage et l’utilisation des données publiques et personnelles.
Une rencontre multipartite
Le Forum réunira notamment des représentants des administrations publiques, des autorités de régulation, du secteur privé, des communautés techniques, des universités, des centres de recherche et de la société civile.
Les organisations représentant les femmes, les jeunes et les personnes vivant avec un handicap sont également annoncées.
Cette diversité correspond au modèle multipartite promu par les Forums sur la gouvernance de l’Internet. Celui-ci repose sur la participation conjointe des gouvernements, des entreprises, des experts techniques, des universitaires et des utilisateurs dans les discussions relatives à l’avenir d’Internet.
Les échanges doivent permettre de dégager des orientations et de formuler des recommandations en faveur d’une gouvernance numérique présentée comme souveraine, sécurisée, inclusive et durable.
Une plénière sur la stratégie nationale des données
La première journée, prévue le mardi 18 août 2026, débutera par la cérémonie officielle d’ouverture.
Selon le projet de programme, une session plénière de haut niveau sera ensuite consacrée au thème : « De la fragmentation à l’interopérabilité : quel cadre stratégique national pour la gouvernance de la donnée et le développement des infrastructures publiques numériques au Cameroun ? »
Cette session doit permettre aux participants d’examiner l’organisation actuelle des systèmes publics numériques et les réformes nécessaires pour faciliter l’échange des données entre les administrations.
Un premier panel abordera ensuite « la donnée comme socle de services publics numériques interopérables, inclusifs et sécurisés ».
Les débats pourraient notamment porter sur la définition de standards communs, la qualité des données, la sécurisation des échanges, la protection de la vie privée et les responsabilités des différentes administrations.
Femmes, données et intelligence artificielle
La première journée accueillera également un événement parallèle du FGI Femmes Cameroun 2026.
Cette rencontre sera organisée autour du thème : « Femmes, données et intelligence artificielle : construire un Internet inclusif, sûr et porteur d’opportunités ».
Elle devra examiner la place des femmes dans l’économie numérique, leur accès aux technologies et leur participation à la conception des politiques relatives aux données et à l’intelligence artificielle.
Les discussions pourront également porter sur les violences et discriminations en ligne, la protection des données personnelles, les compétences numériques et les possibilités économiques créées par l’IA.
Cybersécurité, intelligence artificielle et souveraineté
La deuxième journée, le 19 août, sera consacrée à plusieurs enjeux majeurs de la gouvernance numérique.
Un panel examinera la sécurisation des données et des infrastructures publiques numériques sous l’angle de la résilience, de la confiance et de la protection des droits.
À mesure que les administrations numérisent leurs services et interconnectent leurs systèmes, la cybersécurité devient une condition essentielle de leur fonctionnement. Une défaillance ou une attaque visant une infrastructure centrale pourrait en effet affecter plusieurs services publics simultanément.
Un autre panel portera sur la « gouvernance responsable de l’intelligence artificielle : innovation, éthique et souveraineté ».
Les participants devront notamment discuter des conditions d’utilisation de l’IA dans les administrations et les entreprises, de la responsabilité associée aux décisions automatisées, de la protection des données d’entraînement et de la capacité du Cameroun à conserver une maîtrise suffisante de ses systèmes numériques.
Réduire les fractures numériques
Le projet de programme prévoit également un panel sur la réduction des fractures numériques et la garantie d’un accès abordable, inclusif et de qualité à Internet.
Cette question reste déterminante pour le développement des services publics numériques. L’existence de plateformes administratives en ligne ne suffit pas si une partie de la population ne dispose pas d’une connexion fiable, d’un équipement adapté ou des compétences nécessaires pour les utiliser.
Les échanges devraient ainsi porter sur la couverture des réseaux, le coût de la connectivité, la qualité du service, l’accès dans les zones rurales et l’accompagnement des utilisateurs.
La deuxième journée s’achèvera avec le FGI Jeunes Cameroun 2026, placé sous le thème : « Jeunesse, innovation et citoyenneté numérique : bâtir l’avenir de l’Internet au Cameroun ».
Cette session doit offrir aux jeunes un espace de réflexion sur l’entrepreneuriat numérique, les compétences, la participation citoyenne en ligne et les nouveaux métiers liés à Internet.
Vers une feuille de route nationale
Le 20 août, troisième et dernière journée, les participants examineront la contribution du Cameroun aux processus africains et internationaux de gouvernance de l’Internet.
Cette réflexion intervient dans un contexte où plusieurs initiatives régionales cherchent à renforcer la souveraineté numérique africaine, la circulation des données, la cybersécurité et l’harmonisation des réglementations.
Une table ronde nationale des parties prenantes devra ensuite travailler sur une feuille de route pour une gouvernance inclusive, coordonnée et durable de l’Internet au Cameroun.
Les conclusions des différentes sessions seront consolidées au cours de la cérémonie de clôture.
L’enjeu sera de transformer les discussions du Forum en recommandations opérationnelles pouvant accompagner les politiques publiques, les projets d’interopérabilité et le développement des infrastructures numériques nationales.
Des rencontres entre start-up et investisseurs
En marge des panels, plusieurs activités transversales sont annoncées pendant les trois jours.
Le Forum accueillera des expositions, des stands institutionnels, des démonstrations technologiques, des sessions de formation et des consultations publiques.
Un espace sera consacré aux start-up et à l’innovation. Des rencontres entre investisseurs et porteurs de projets sont également prévues.
Le programme annonce en outre des espaces réservés aux médias, aux jeunes et aux femmes, ainsi que des dispositions favorisant la participation des personnes vivant avec un handicap.
Les principales sessions devraient être retransmises en direct.
Les inscriptions se terminent le 12 août
La participation au FGI Cameroun 2026 est gratuite. Une inscription préalable reste toutefois obligatoire pour faciliter l’organisation logistique et sécuriser l’accès aux différentes sessions.
Les personnes intéressées ont jusqu’au mercredi 12 août 2026 à 23 h 59 pour s’enregistrer.
Le Forum se tiendra du 18 au 20 août 2026 au Palais des Congrès de Yaoundé, avec la possibilité de participer en présentiel ou en ligne.
Par Digital Business Africa








