[DIGITAL Business Africa] – « Il ne peut y avoir de souveraineté numérique sans une maîtrise suffisante et parfaite des infrastructures critiques qui soutiennent notre espace numérique national. » C’est l’une des déclarations fortes de Judith Yah Sunday, directrice générale de CAMTEL, lors de l’édition 2026 du Forum sur la gouvernance de l’Internet au Cameroun, tenue du 18 au 20 août au Palais des Congrès de Yaoundé.
Le FGI Cameroun 2026 était placé sous le thème : « De la fragmentation à l’interopérabilité : faire de la donnée le socle des infrastructures publiques numériques au Cameroun ».
Pour Judith Yah Sunday, parler d’interopérabilité et de données revient nécessairement à parler des infrastructures permettant aux plateformes de communiquer, aux administrations d’échanger et aux citoyens et entreprises d’accéder aux services numériques.
« CAMTEL n’est pas seulement un opérateur de télécommunications. En sa qualité d’opérateur public et d’acteur stratégique du numérique national, CAMTEL constitue l’un des principaux socles infrastructurels sur lequel repose la transformation numérique du Cameroun », affirme-t-elle.
La DG cite notamment la dorsale nationale en fibre optique, les infrastructures de transmission, les capacités internationales en câbles sous-marins, les réseaux d’accès ainsi que les infrastructures d’hébergement et de connectivité.
Pas d’administration numérique sans connectivité
Judith Yah Sunday établit un lien direct entre infrastructures et transformation de l’administration.
« Il ne peut pas y avoir d’administration numérique performante sans connectivité. Il ne peut y avoir de services publics numériques accessibles sans infrastructures robustes et résilientes. Il ne peut y avoir d’économie de la donnée sans capacité de transport, d’hébergement et d’échange de cette donnée », soutient-elle.
CAMTEL entend donc poursuivre la modernisation et l’extension de ses infrastructures, améliorer leur disponibilité et leur résilience, renforcer la connectivité du territoire et contribuer à réduire les disparités d’accès au numérique.
Mais le défi n’est plus uniquement celui de la disponibilité des infrastructures. Il faut désormais les mettre en cohérence.
« Lorsque ces systèmes demeurent isolés les uns des autres, lorsque les données restent enfermées dans des silos et lorsque les infrastructures ne peuvent communiquer efficacement, une part importante de la valeur du numérique demeure inexploitée », prévient Judith Yah Sunday.
CAMTEL veut faciliter l’interopérabilité nationale
Selon elle, le passage de la fragmentation à l’interopérabilité doit permettre aux infrastructures, plateformes et services de communiquer de manière sécurisée, dans le respect de la protection des données et des exigences de souveraineté.
CAMTEL entend ainsi devenir un « facilitateur de l’interopérabilité nationale ». Son réseau doit pouvoir constituer une infrastructure de confiance pour les services publics numériques, les collectivités territoriales, les entreprises, les startups et l’ensemble de l’écosystème numérique.
La DG rappelle toutefois que « la transformation numérique est par essence une œuvre collective ». L’État définit les orientations, les opérateurs construisent les infrastructures, le secteur privé innove, le monde académique développe les connaissances et compétences, tandis que la société civile et la communauté technique contribuent au dialogue.
Pour CAMTEL, les recommandations du FGI doivent déboucher sur des actions concrètes : amélioration de la connectivité, mutualisation des infrastructures, interopérabilité des plateformes, sécurisation des échanges, développement des capacités nationales d’hébergement, amélioration de la qualité des services et extension de l’accès au numérique.
« Sur chacun de ces chantiers, CAMTEL est prête à prendre toute sa part de responsabilité », assure Judith Yah Sunday.
Transporter, protéger et héberger la donnée
La DG de CAMTEL résume finalement l’enjeu : « Le numérique de demain reposera sur la donnée, mais la donnée ne crée de valeur que lorsqu’elle peut être transportée, protégée, hébergée, échangée et utilisée dans un environnement de confiance. »
CAMTEL promet donc de continuer à investir dans les infrastructures, à renforcer la robustesse de son réseau et à étendre la connectivité nationale et internationale afin d’accompagner l’État vers un Cameroun numérique « souverain, inclusif et compétitif ».
« Connecter le Cameroun, ce n’est plus seulement relier les personnes et les territoires. C’est désormais relier les infrastructures, les données, les services et les opportunités afin de construire ensemble le socle numérique de notre Cameroun de demain », conclut Judith Yah Sunday.
Par DIGITAL BUSINESS AFRICA









