[DIGITAL Business Africa] – La République démocratique du Congo se dote d’une nouvelle boussole pour piloter sa transformation numérique. Réunis le 4 août 2026 à Kinshasa, les membres du gouvernement ont procédé à la présentation et à la validation de la Politique sectorielle de l’économie numérique (PSEN) et de la Stratégie nationale de l’intelligence artificielle (SNIA), deux documents qui fixeront les priorités du pays à l’horizon 2030.
Pour le ministre de l’Économie numérique, Augustin Kibassa Maliba, ces deux référentiels dépassent le simple cadre administratif. Ils traduisent la volonté de faire du numérique et de l’intelligence artificielle des moteurs de souveraineté, de croissance économique et de modernisation de l’action publique.

« Notre pays ne peut se contenter de subir la révolution numérique. Il doit la comprendre, l’organiser, la sécuriser et la mettre au service de son propre développement. »
Le ministre a inscrit cette démarche dans la vision du président Félix-Antoine Tshisekedi et du programme d’actions du gouvernement conduit par la Première ministre Judith Suminwa Tuluka, avec l’ambition de bâtir, d’ici 2030, une République démocratique du Congo « souveraine, connectée, innovante et inclusive ».
La Politique sectorielle de l’économie numérique devient désormais le document de référence pour orienter les investissements publics, les réformes et les partenariats dans le secteur.
Elle s’articule autour de plusieurs priorités : le déploiement d’infrastructures numériques modernes et résilientes, la transformation numérique de l’administration publique, le développement de l’économie numérique, l’accompagnement des startups, le renforcement de la cybersécurité ainsi que la gouvernance et la valorisation des données.

À travers cette politique, le gouvernement entend mettre fin à la dispersion des initiatives numériques en améliorant la coordination des projets, l’interopérabilité des plateformes publiques, la mutualisation des infrastructures et la réduction de la fracture numérique sur l’ensemble du territoire.
L’objectif est également de proposer aux citoyens des services publics numériques plus accessibles, plus efficaces et davantage centrés sur leurs besoins.
En parallèle, la Stratégie nationale de l’intelligence artificielle ambitionne de positionner la RDC parmi les pays africains qui souhaitent maîtriser cette technologie stratégique.
Le document prévoit le renforcement des capacités nationales en recherche, le développement des compétences, la valorisation des données locales et l’émergence de solutions d’intelligence artificielle adaptées aux réalités congolaises.
L’IA est appelée à soutenir plusieurs secteurs prioritaires, notamment l’éducation, la santé, l’agriculture, la gestion des ressources naturelles, les transports, la sécurité et les services publics.
« Nous voulons une intelligence artificielle qui comprenne nos réalités, qui réponde à nos besoins et qui contribue à résoudre les défis auxquels notre population est confrontée. »
Le ministre a insisté sur la nécessité de promouvoir une IA respectueuse des principes d’éthique, de transparence, de responsabilité, de cybersécurité et de protection des données personnelles.
Pour Augustin Kibassa, la réussite de cette stratégie dépendra de l’implication de l’ensemble des ministères. Il a appelé chaque département ministériel à décliner les orientations de la PSEN et de la SNIA en programmes sectoriels dotés d’objectifs mesurables, d’indicateurs de performance et de financements adaptés.
Les secteurs de l’éducation, de l’enseignement supérieur, de la recherche scientifique, de la formation professionnelle, des PME ou encore des mines figurent parmi les domaines appelés à intégrer pleinement les technologies numériques et l’intelligence artificielle.
Après cette étape de validation gouvernementale, la Politique sectorielle de l’économie numérique et la Stratégie nationale de l’intelligence artificielle seront soumises au Conseil des ministres pour leur adoption officielle.
Le gouvernement prévoit ensuite la finalisation des plans d’action, la mise en place d’un mécanisme interministériel de pilotage, l’inscription des priorités dans les budgets sectoriels ainsi que la création d’un dispositif de suivi et d’évaluation.
Augustin Kibassa a lancé un appel à l’ensemble des acteurs publics afin que ces deux référentiels produisent des résultats concrets.
« Faisons de la Politique sectorielle de l’économie numérique et de la Stratégie nationale de l’intelligence artificielle non pas deux documents supplémentaires, mais deux instruments concrets de transformation de la République démocratique du Congo. »
Au-delà de l’adoption de deux documents stratégiques, le véritable défi pour la RDC sera désormais de transformer ces ambitions en réalisations concrètes. Déploiement des infrastructures, financement des projets, développement des compétences, gouvernance des données et mise en œuvre d’une intelligence artificielle responsable constitueront les principaux chantiers des prochaines années. Si ces engagements se traduisent en actions, la République démocratique du Congo pourrait s’imposer comme l’un des nouveaux pôles de l’économie numérique et de l’innovation en Afrique centrale.
Par Loic SOUOP
Source : Ministère de l’Économie Numérique – RDC









![Commonwealth Startups Fellowship : Here we go ! [postulez et bénéficiez d’une bourse pour Accra et Londres] Commonwealth Startups Fellowship : Here we go ! [postulez et bénéficiez d’une bourse pour Accra et Londres]](https://www.digitalbusiness.africa/wp-content/uploads/2026/08/news-sas-1-2.jpg)