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Pierre Nolasque Oyono Bika : « Avec Impact Palmarès, l’Imprimerie nationale lutte contre la contrefaçon pour protéger les documents officiels »

[DIGITAL Business Africa] – L’affaire a profondément secoué le pays : l’intrusion et l’arrestation spectaculaire, dans les locaux de la CRTV, d’un individu muni d’un faux décret présidentiel nommant un vice-président de la République ont mis en lumière le degré d’audace inédit atteint par les faussaires au Cameroun.

C’est au lendemain de ce séisme politique et médiatique, alors que la mafia de la contrefaçon franchissait un cap ultra-sensible après avoir longtemps sévi sur les réseaux sociaux en menaçant directement la stabilité des institutions, que Pierre Nolasque Oyono Bika, directeur général de l’Imprimerie nationale, a choisi de rompre le silence.

Dans un entretien accordé à la journaliste Agnès Sylvienne Andzama pour la Chronique TIC du Poste National de la CRTV ce mercredi 1er juillet 2026, le patron de l’institution dévoile l’arsenal technologique déployé pour verrouiller la signature de l’État, avec le soutien d’Impact Palmarès.

De l’approche sécuritaire « multicouche » au futur complexe fiduciaire ultra-moderne, il précise les contours d’une transition réussie vers le 100 % digital, tout en réaffirmant le caractère non négociable de la souveraineté numérique nationale.

Propos retranscrits par Digital Business Africa

Présentation et état des lieux de l’Imprimerie Nationale

Agnès Sylvienne Andzama : Monsieur le Directeur Général de l’Imprimerie Nationale, bonjour.

Pierre Nolasque Oyono Bika : Bonjour Madame Andzama.

Agnès Sylvienne Andzama : Merci pour votre disponibilité à répondre aux questions de la CRTV. Comment se porte l’Imprimerie Nationale aujourd’hui ?

Pierre Nolasque Oyono Bika : Je vous remercie de l’importance que vous accordez à l’institution dont j’ai la charge depuis 2023. Avant de répondre à votre question, permettez-moi de vous faire une brève présentation de l’Imprimerie Nationale. Au départ, on l’appelait « imprimerie gouvernementale ». Elle a été créée en 1906, et son siège était à Buea. Au fil du temps, elle a connu plusieurs mutations jusqu’à ce qu’elle soit transférée à Yaoundé et prenne l’appellation d’Imprimerie Nationale, sur le site qu’elle occupe actuellement.

Il s’agit là d’un organisme à la fois sensible et stratégique pour le fonctionnement de notre administration publique. Si elle se limitait, au départ, à l’impression des documents nécessaires au fonctionnement des services publics et à l’édition des textes à caractère législatif et réglementaire, ses missions ont été densifiées et reprécisées sous la vision éclairée du Chef de l’État, Son Excellence Paul Biya. Le décret n° 2023/500 du 8 novembre 2023 la classe désormais au rang d’un établissement public à caractère spécial doté d’une personnalité juridique.

Ses missions s’étendent désormais à l’impression, la normalisation, et le marquage anti-contrefaçon, à l’impression du journal officiel, à l’édition des textes législatifs et réglementaires, ainsi qu’à l’exécution de tous travaux d’imprimerie et d’édition pour le compte des organismes privés et des particuliers. Pour vous dire les choses clairement, l’Imprimerie Nationale est en train de faire sa mue, elle se porte mieux qu’avant.

La menace de la fraude documentaire au Cameroun

Agnès Sylvienne Andzama : Alors Monsieur le Directeur Général, on vous reçoit dans un contexte assez particulier au Cameroun aujourd’hui. La diffusion et le partage de faux documents officiels ont la cote. Aujourd’hui, rien ne semble plus réservé, confidentiel ou secret. Le pire, c’est que le faux prend le dessus, menaçant la stabilité des institutions. Quelles sont la réaction et le regard de l’Imprimerie nationale sur cette situation alarmante ?

Pierre Nolasque Oyono Bika : Je vais aller dans votre sens pour vous dire que le faux n’est pas une simple fraude documentaire. C’est une atteinte directe à l’autorité de l’État, et à la confiance qui lie les citoyens à leurs institutions. L’État affirme son autorité par les actes qu’il produit et les documents qui les authentifient. Lorsqu’un document officiel peut être falsifié, ce n’est pas simplement un support qui est compromis, c’est la crédibilité même de l’institution qui l’a délivré qui est remise en cause. Le faux ne détourne pas seulement un document, il altère la confiance publique.

C’est précisément le sens de la transformation profonde que nous menons ici à l’Imprimerie Nationale dans le cadre du partenariat public-privé (PPP) avec Impact Palmarès. Il s’agit d’un grand groupe de renommée internationale spécialisé dans la transformation digitale des outils de production. Cette alliance stratégique nous permet d’intégrer les technologies les plus avancées en matière de sécurisation, de traçabilité et de lutte contre la contrefaçon afin de renforcer durablement la protection des documents officiels.

Agnès Sylvienne Andzama : Le fait de ne pas vous entendre vous exprimer publiquement sur le sujet, Monsieur le Directeur Général, suscite des interrogations : l’Imprimerie Nationale est-elle indifférente à ce qui se passe ou bien reste-t-elle dans son coin parce qu’elle n’est pas sollicitée pour réagir, en droite ligne des missions qui lui sont pourtant dédiées ? Vous boudez ?

Pierre Nolasque Oyono Bika : Je comprends que cette perception puisse exister. Mais en matière de souveraineté documentaire, l’efficacité ne se mesure pas au volume des déclarations médiatiques. Elle se mesure à la solidité des actions concrètes. L’Imprimerie Nationale est une institution technique de l’État. Notre vocation première n’est pas de commenter l’actualité, mais d’apporter des réponses durables aux défis qu’elle soulève. Face à l’évolution des risques liés à la fraude documentaire, nous avons fait le choix d’agir avec méthode : moderniser nos capacités, renforcer les standards de sécurité, intégrer les meilleures technologies et bâtir, grâce au partenariat public-privé que nous avons engagé, un dispositif capable d’anticiper les menaces plutôt que de les subir.

Aujourd’hui, si nous prenons davantage la parole, c’est parce que cette transformation est bel et bien engagée et qu’il est important que les Camerounais sachent que l’État agit, innove et se donne les moyens de protéger ses documents officiels. Nous envisageons d’ailleurs, dans les prochains jours, un déploiement auprès de l’ensemble des administrations afin de partager notre vision et de redynamiser notre partenariat avec elles.

Le rôle des médias dans l’authentification

Agnès Sylvienne Andzama : Reste que la situation est grave, Monsieur le Directeur Général. Le faux circule, les médias sont envahis et peinent parfois à démêler le vrai du faux. Quel rapport entretenez-vous avec les médias pour vous assurer que les documents qu’ils rendent publics sont authentiques ?

Pierre Nolasque Oyono Bika : Je voudrais d’abord saluer le rôle fondamental que jouent les médias, et vous en particulier, dans le contexte actuel. Vous n’êtes pas seulement des relais d’information, vous constituez également un maillon essentiel dans la protection de la vérité et de l’intérêt général. C’est précisément pour cette raison que l’Imprimerie Nationale considère les professionnels des médias comme de véritables partenaires. Chaque fois qu’un document officiel suscite un doute, nous estimons qu’il est préférable de le vérifier avant sa diffusion plutôt que de devoir le démentir après sa publication. La prévention est toujours plus efficace que la rectification.

Je profite d’ailleurs de votre antenne pour adresser un message à l’ensemble des organes de presse : les portes de l’Imprimerie Nationale sont ouvertes. Nous sommes pleinement disposés à renforcer les échanges avec les médias, à partager notre expertise et à développer des mécanismes de collaboration qui permettront, ensemble, de juguler la circulation de faux documents.

Innovations technologiques et approche multicouche

Agnès Sylvienne Andzama : Face à des réseaux de faussaires qui recourent à des technologies de plus en plus sophistiquées, quelles innovations technologiques majeures l’Imprimerie nationale déploie-t-elle aujourd’hui pour rendre ces documents officiels totalement inviolables ?

Pierre Nolasque Oyono Bika : Cette question touche au cœur même de notre transformation. Il faut comprendre que la sécurité documentaire est une course permanente entre l’innovation et la fraude. Les faussaires évoluent, les institutions ont donc le devoir d’évoluer également, et d’aller plus vite qu’eux. C’est la raison majeure pour laquelle l’État a engagé, à travers ce partenariat public-privé, une profonde mutation de l’Imprimerie Nationale. Ce partenariat ne se limite pas à l’acquisition de nouveaux équipements. Il permet surtout un véritable transfert de technologie, de savoir-faire et de standards internationaux en matière d’impression de sécurité.

Aujourd’hui, nous mettons progressivement en place une nouvelle génération de documents sécurisés reposant sur une approche multicouche. Cette approche combine :

  • Des éléments de sécurité visibles destinés à une première vérification par le citoyen ;

  • Des éléments semi-cachés réservés aux agents administratifs habilités ;

  • Des dispositifs hautement sécurisés permettant une authentification technique réservée aux autorités compétentes.

À cela s’ajoutent des mécanismes modernes de traçabilité et d’identification qui renforcent la protection de chaque document tout au long de son cycle de vie. Notre objectif à terme n’est pas seulement de produire des documents plus sûrs, mais de bâtir un véritable écosystème de confiance où chaque document officiel porte en lui les moyens de prouver son authenticité.

Stratégie et souveraineté numérique nationale

Agnès Sylvienne Andzama : On a parfois reproché à l’institution, par le passé, une certaine passivité face au phénomène du faux et de l’usage de faux. Qu’est-ce qui a concrètement changé dans votre stratégie pour inverser la tendance ?

Pierre Nolasque Oyono Bika : Je ne parlerais pas de passivité, je dirais plutôt que nous faisons aujourd’hui face à une criminalité d’une tout autre dimension. La fraude documentaire a profondément évolué : elle est devenue plus organisée, plus technologique et parfois même transnationale. Il était donc indispensable que notre modèle de sécurisation évolue au même rythme. C’est précisément ce qui a changé. L’Imprimerie Nationale est engagée dans une transformation structurelle. Nous sommes passés d’une logique centrée sur la production de masse à une logique intégrée de sécurité documentaire, de traçabilité et d’innovation technologique. Mais le changement ne se limite pas à la technologie, il concerne également notre gouvernance, notre capacité d’anticipation, notre collaboration interadministrative et notre volonté d’instaurer une véritable culture de l’authenticité documentaire.

Agnès Sylvienne Andzama : Le partenariat stratégique avec des groupes tels qu’Impact Palmarès marque également un tournant dans le déploiement de vos missions. Comment ce partenariat public-privé renforce-t-il l’autonomie et la souveraineté numérique du Cameroun sans externaliser la sécurité de nos données ?

Pierre Nolasque Oyono Bika : Le partenariat public-privé ne signifie en aucun cas un transfert de souveraineté. La souveraineté documentaire et numérique demeure pleinement entre les mains de l’État du Cameroun. Le rôle de l’Imprimerie Nationale est de l’assurer. Celui de notre partenaire stratégique, Impact Palmarès, consiste à apporter des technologies de pointe, des équipements industriels, un transfert de compétences et une expertise reconnue à l’international. Chacun intervient dans son domaine avec des responsabilités clairement définies. Les données sensibles de l’État ne sont ni externalisées, ni abandonnées ; elles demeurent gouvernées selon les règles strictes fixées par les autorités camerounaises et sous le contrôle des institutions compétentes. C’est un principe fondamental auquel nous ne dérogerons jamais.

En réalité, ce partenariat renforce notre autonomie. Il nous permet de produire localement des documents de haute sécurité, de développer des compétences nationales, de réduire notre dépendance technologique à l’étranger et de hisser l’Imprimerie Nationale au rang des meilleures références internationales. Pour nous, la véritable souveraineté ne consiste pas à s’isoler, mais à choisir librement les meilleurs partenaires pour renforcer les capacités de l’État tout en conservant la maîtrise absolue des décisions, des données et des infrastructures stratégiques. C’est exactement la philosophie qui nous guide.

La transition vers le 100 % digital

Agnès Sylvienne Andzama : Avec la transition vers l’identité numérique, le rôle de l’Imprimerie Nationale évolue de manière évidente. Comment préparez-vous, ou tout au moins vivez-vous, le passage du support papier sécurisé à des solutions d’authentification 100% digitales de tous ces actes officiels ?

Pierre Nolasque Oyono Bika : Cette transformation est déjà en marche et l’Imprimerie Nationale s’y prépare avec beaucoup de détermination. Le document officiel de demain ne sera plus seulement un support papier physique hautement sécurisé, il intégrera également des technologies numériques permettant une authentification instantanée, fiable et dématérialisée. Je pense notamment aux codes QR dynamiques, aux puces électroniques, aux identifiants numériques uniques, aux plateformes de vérification en ligne et, à terme, aux applications développées par l’État pour faciliter le contrôle de l’authenticité des documents.

Notre ambition est simple : permettre à toute administration, à tout agent habilité et, selon les cas, à tout citoyen de pouvoir vérifier rapidement et avec une fiabilité absolue l’authenticité d’un document officiel. C’est cette convergence indispensable entre la sécurité documentaire traditionnelle et l’innovation numérique que prépare l’Imprimerie Nationale face aux défis de demain.

Respect du monopole légal de l’État

Agnès Sylvienne Andzama : De nombreuses administrations ou municipalités continuent pourtant de solliciter des imprimeries privées pour la fabrication de documents sensibles. Comment comptez-vous faire respecter le monopole légal de l’Imprimerie Nationale auprès de l’ensemble de l’appareil étatique ?

Pierre Nolasque Oyono Bika : Je voudrais d’abord rappeler que cette exclusivité n’est pas une simple revendication corporatiste de l’Imprimerie Nationale. C’est une volonté fermement exprimée par le législateur et le pouvoir réglementaire. D’ailleurs, le décret numéro 2023/500 du 8 novembre 2023, portant réorganisation de l’Imprimerie Nationale, confie à notre institution, à titre exclusif, l’impression, la normalisation et le marquage anti-contrefaçon de ces documents. Notre responsabilité est donc de veiller à la bonne application de ce cadre réglementaire.

Mais nous entendons le faire dans un esprit de partenariat constructif avec les administrations publiques, les collectivités territoriales décentralisées (CTD) et l’ensemble des organismes concernés. Concrètement, nos actions vont s’articuler autour de plusieurs axes :

  • Intensifier les actions de sensibilisation sur les exigences réglementaires en vigueur ;

  • Renforcer notre proximité avec les différentes administrations ;

  • Simplifier et moderniser les procédures de commande ;

  • Améliorer drastiquement nos délais de production ;

  • Offrir des solutions de sécurité sur mesure, adaptées aux besoins spécifiques de chaque institution.

Lorsqu’une administration trouvera auprès de l’Imprimerie Nationale une qualité irréprochable, des délais maîtrisés et un accompagnement de proximité, le recours aux circuits privés parallèles perdra naturellement toute sa justification.

Capacités industrielles et projets d’avenir

Agnès Sylvienne Andzama : Êtes-vous aujourd’hui pleinement sollicité par l’État à la hauteur de vos capacités techniques actuelles, et vos infrastructures sont-elles prêtes à absorber la demande globale de toutes les administrations du pays ?

Pierre Nolasque Oyono Bika : Je peux vous répondre avec beaucoup de sérénité : oui. L’Imprimerie Nationale est aujourd’hui pleinement opérationnelle et en mesure d’accompagner toutes les administrations publiques. Depuis la signature de notre contrat de partenariat le 21 novembre 2025 avec le groupe Impact Palmarès, nous avons engagé une modernisation profonde de notre outil de production. Les travaux de réhabilitation de nos infrastructures existantes se poursuivent, tandis que les nouveaux équipements industriels de dernière génération sont progressivement installés. D’autres sont en cours d’acheminement.

Cette modernisation se fait de manière intelligente et progressive afin d’assurer la continuité du service public sans aucune interruption. Nous sommes donc déjà en mesure de répondre aux besoins actuels de l’État, mais notre ambition va beaucoup plus loin. La véritable montée en puissance interviendra avec la réalisation de notre futur complexe fiduciaire ultra-moderne, appelé à devenir une référence technologique majeure en Afrique subsaharienne. Cette infrastructure intégrera les technologies industrielles aux normes internationales les plus strictes. En définitive, nous ne préparons pas simplement l’Imprimerie Nationale de demain, mais construisons un outil stratégique qui permettra au Cameroun de disposer durablement d’une capacité nationale de production documentaire à la hauteur de ses exigences de souveraineté.

Appel à la Justice et aux Médias

Agnès Sylvienne Andzama : Une dernière question pour clore cet entretien, Monsieur le Directeur Général. Quel rôle attendez-vous concrètement des médias et du corps judiciaire pour accompagner l’Imprimerie Nationale dans cette guerre contre la criminalité documentaire qui menace la stabilité de nos institutions ?

Pierre Nolasque Oyono Bika : Je suis profondément convaincu que la lutte contre la criminalité documentaire ne peut être gagnée par une institution isolée. Elle exige une mobilisation générale de tous les acteurs de l’État, chacun dans le plein exercice de ses compétences.

J’attends d’abord des médias qu’ils poursuivent leur mission avec rigueur et professionnalisme : informer, sensibiliser, alerter lorsque nécessaire et contribuer à développer au sein de l’opinion publique une véritable culture de l’authenticité et du réflexe de vérification. Dans un contexte où les fake news et les faux documents se propagent à la vitesse du clic, les médias sérieux constituent des remparts essentiels pour préserver la confiance publique.

J’attends également de la justice qu’elle continue d’appliquer, avec la plus grande fermeté, les dispositions pénales prévues par la loi. La fraude documentaire n’est pas une simple irrégularité administrative mineure, c’est une atteinte frontale à la crédibilité de l’État, à la sécurité juridique des citoyens et à la sécurité nationale. La réponse judiciaire doit être implacable pour constituer un puissant facteur de dissuasion.

Pour notre part, l’Imprimerie Nationale va poursuivre sa mission en renforçant sans cesse la sécurité des supports, en innovant sur le plan technologique et en mettant à la disposition des administrations des solutions d’authentification et de traçabilité toujours plus fiables. Lorsque les institutions, les médias, la justice et les citoyens avancent main dans la main, la fraude recule inévitablement. C’est cette alliance républicaine que nous devons consolider.

Agnès Sylvienne Andzama : Pierre Nolasque Oyono Bika, directeur général de l’Imprimerie Nationale, merci pour cet éclairage.

Pierre Nolasque Oyono Bika : C’est moi qui vous remercie, Madame Andzama. Je reste convaincu qu’à travers cet échange, vos auditeurs mesureront le travail colossal accompli au quotidien pour protéger notre souveraineté documentaire.

Propos retranscrits par Digital Business Africa

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