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 « Aujourd’hui, c’est le citoyen qui transporte les données d’une administration à l’autre, cela doit cesser », martèle Beaugas Orain Djoyum

[DIGITAL Business Africa] – Intervenant lors de la table ronde sur l’« Élaboration d’une feuille de route nationale pour la gouvernance inclusive des infrastructures publiques numériques », Beaugas Orain Djoyum, Directeur Général du cabinet ICT Media STRATEGIES, a livré un plaidoyer cash pour la transformation digitale au Cameroun. Égrenant des recommandations concrètes pour les 12 prochains mois, il appelle à passer de la simple numérisation de façade à une réelle interopérabilité au service de l’usager.

Face aux membres du gouvernement, aux diplomates et aux acteurs de l’écosystème numérique réunis au Palais des Congrès de Yaoundé, Beaugas Orain Djoyum s’est appuyé sur un constat sans équivoque : au Cameroun, le principal « tuyau » d’interopérabilité entre les ministères reste… le citoyen lui-même.

« Un citoyen prend un document dans une administration, traverse la ville, fait une photocopie, se rend dans une administration B, paye, revient et on lui demande encore un autre acte. Aujourd’hui, le premier acteur de l’interopérabilité au Cameroun, ce sont les usagers. Cela ne devrait plus être le cas. Ce sont les données qui doivent circuler de manière sécurisée et non les usagers », a déclaré le DG d’ICT Media STRATEGIES.

Pour sortir de ce schéma et garantir que le FGI 2027 puisse dresser un bilan d’étapes concret, l’expert a formulé quatre priorités majeures pour les 12 prochains mois.

  1. Appliquer le principe du « Une fois seulement »

L’État ne doit plus exiger d’un citoyen une donnée qu’il détient déjà dans ses registres. L’interconnexion des bases de données publiques doit permettre aux administrations de s’échanger directement les informations, dans le respect de la cybersécurité et de la protection des données personnelles.

  1. Passer de l’informatisation à la vraie transformation des services publics

Déposer un formulaire au format PDF sur un site web ne constitue pas de l’e-gouvernance. La véritable transformation numérique doit se mesurer à des critères pragmatiques :

  • A-t-elle supprimé un déplacement physique ?
  • A-t-elle réduit les délais administratifs ?
  • Permet-elle le paiement en ligne sécurisé des droits et taxes ?

Citant les avancées de la CNPS et de la Direction Générale des Impôts, Beaugas Orain Djoyum exhorte l’ensemble des services étatiques à généraliser le paiement électronique et la délivrance à distance des actes officiels.

  1. Activer trois parcours pilotes structurants

Pour démontrer rapidement les bénéfices de l’interopérabilité, trois chantiers prioritaires doivent être conduits :

  • La naissance : L’attribution dès la naissance d’une identité numérique unique (portée par la DGSN) qui suivra le citoyen toute sa vie dans ses démarches.
  • L’entrepreneuriat : La création d’entreprise 100 % en ligne, à l’image du modèle estonien.
  • Le paiement : La numérisation intégrale du recouvrement des frais administratifs sans manipulation de cash.
  1. Créer une agence unique de coordination et un Conseil National du Numérique

Face à la prolifération de plateformes ministérielles isolées, Beaugas Orain Djoyum préconise la création d’une institution nationale dédiée à la gouvernance et à la coordination de la digitalisation de l’État.

S’inspirant des réussites internationales et africaines à l’instar d’e-Estonia en Estonie, d’Irembo au Rwanda (plus de 200 services en ligne), de la CINI au Bénin ou des agences sénégalaises, le Cameroun doit rationaliser ses efforts. Il suggère également la création d’un Conseil National du Numérique regroupant le secteur privé et la société civile pour évaluer en continu la transformation digitale.

Rendez-vous au Salon eGova en octobre

En conclusion de son intervention, Beaugas Orain Djoyum a annoncé la tenue, du 14 au 17 octobre, du Salon eGova (Salon de l’e-gouvernance et de la transformation digitale), une initiative portée par ICT Media STRATEGIES pour exposer et valoriser concrètement les solutions digitales déployées par les acteurs publics et privés.

« La meilleure communication sur la transformation numérique de l’État, c’est un service public numérique qui fonctionne », a-t-il conclu.

Par DIGITAL BUSINESS AFRICA

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Par ailleurs, ne manquez pas la première édition du Salon de l’e-Gouvernance et de l’innovation digitale en Afrique (E-Gov’A), qui se tiendra du 14 au 16 octobre 2026 à Yaoundé, sous le haut patronage du Ministère camerounais des Postes et Télécommunications.

Organisé par l’association Smart Click Africa et Digital Business Africa, cet événement réunira décideurs publics, organismes de développement, institutions publiques, entreprises, experts et acteurs privés de l’Afrique autour du thème : « Intelligence artificielle et e-gouvernance : bâtir des services publics efficaces dans une Afrique cashless et paperless ».

Plus d’infos sur www.e-gov.africa et via mail [email protected].

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