[DIGITAL Business Africa] – Le Forum sur la gouvernance de l’Internet au Cameroun (FGI Cameroun) veut changer de dimension. Réunis du 18 au 20 août 2026 au Palais des Congrès de Yaoundé autour du thème « De la fragmentation à l’interopérabilité : faire de la donnée le socle des infrastructures publiques numériques au Cameroun », les acteurs de l’écosystème numérique camerounais ont été appelés à dépasser le cadre d’un rendez-vous annuel pour installer un dialogue permanent sur l’avenir numérique du pays.
Prenant la parole au nom du Groupe consultatif multipartite du FGI Cameroun, lors de la cérémonie officielle d’ouverture, François Joseph Nemete Beyeme a insisté sur la nécessité d’élargir la participation à l’ensemble des composantes de l’écosystème numérique.
« Le FGI Cameroun doit être envisagé comme un processus permanent de dialogue, de consultation et de mobilisation des différentes composantes de l’écosystème numérique national », a-t-il déclaré.
Faire du FGI un cadre permanent de concertation
Pour François Joseph Nemete Beyeme, l’enjeu dépasse désormais l’organisation d’une rencontre annuelle. Le FGI Cameroun ambitionne de devenir un espace structuré où administrations publiques, entreprises, société civile, communauté technique, universités, jeunes et startups pourront régulièrement confronter leurs expériences et leurs propositions.
Dans cette perspective, le Groupe consultatif multipartite entend mettre en place une planification des activités tout au long de l’année, articulée autour de consultations thématiques, de rencontres avec les parties prenantes, d’actions de sensibilisation et d’initiatives décentralisées.
L’objectif affiché est également de rapprocher le processus de gouvernance de l’Internet des réalités vécues dans les différentes communautés.
« L’ambition étant de faire du FGI Cameroun non seulement un rendez-vous annuel, mais un cadre permanent structuré et accessible de concertation », a souligné François Joseph Nemete Beyeme.
Cette dynamique devrait notamment passer par le renouvellement et la redynamisation du réseau des points focaux du FGI au sein des différentes catégories de parties prenantes. Leur rôle sera de faire circuler l’information, de relayer les préoccupations de leurs communautés et de favoriser une participation régulière aux activités nationales, sous-régionales et internationales.
Le responsable a également placé l’inclusion au centre de la démarche. Il a annoncé une attention particulière aux femmes, aux jeunes, aux startups et aux catégories encore insuffisamment représentées dans les discussions sur la gouvernance de l’Internet et la transformation numérique.
Dans cette architecture, le FGI Jeune et le FGI Femme sont appelés à occuper une place importante.
Pour François Joseph Nemete Beyeme, aucune composante de l’écosystème ne peut, à elle seule, prétendre détenir toutes les réponses aux mutations numériques et sociétales.
« Aujourd’hui, aucune catégorie d’acteurs ne détient à elle seule l’ensemble des réponses aux transformations sociétales, à la transformation numérique. Chacun doit pouvoir apporter son expérience, exprimer ses préoccupations et écouter celles des autres », a-t-il affirmé.
Cette approche multipartite apparaît d’autant plus stratégique que le thème de l’édition 2026 place la donnée et l’interopérabilité des infrastructures publiques numériques au cœur des débats. La construction d’un environnement numérique cohérent nécessite en effet une meilleure articulation entre les différentes administrations, les entreprises technologiques, les utilisateurs et les producteurs de données.
Porter la voix du Cameroun et de l’Afrique dans les débats mondiaux
Autre message fort de cette cérémonie d’ouverture : la gouvernance de l’Internet ne saurait se limiter aux frontières camerounaises.
Le FGI Cameroun entend ainsi renforcer son articulation avec les processus sous-régionaux, africains et mondiaux, afin que les réalités locales puissent davantage nourrir les discussions internationales sur l’avenir du numérique.
« Il importe à cet effet que les réalités, les priorités et les intérêts du Cameroun et de l’Afrique soient pleinement pris en compte dans la définition des orientations qui façonnent l’avenir du numérique à l’échelle internationale », a déclaré François Joseph Nemete Beyeme.
Il a notamment rappelé l’importance de l’Agenda de Tunis pour la société de l’information, qui encourage le développement de processus nationaux, sous-régionaux et régionaux permettant de mieux articuler les réalités locales avec les débats mondiaux sur la gouvernance de l’Internet.
Le FGI Cameroun veut donc servir de passerelle entre ces différents niveaux de discussion, en faisant remonter les préoccupations et propositions issues du terrain vers les instances africaines et internationales.
Une dynamique soutenue au plus haut niveau
La cérémonie d’ouverture a également été l’occasion pour le Groupe consultatif multipartite d’exprimer sa reconnaissance aux autorités camerounaises pour leur accompagnement.
François Joseph Nemete Beyeme a notamment salué le haut patronage accordé par le Premier ministre, chef du gouvernement, ainsi que l’implication de la ministre des Postes et Télécommunications, représentante personnelle du Premier ministre à cette cérémonie.
Pour lui, cet accompagnement institutionnel confère une portée particulière au FGI Cameroun 2026 et renforce sa capacité à rassembler les différentes forces de l’écosystème numérique national.
Au terme de son intervention, le responsable du Groupe consultatif multipartite a appelé les participants à inscrire les travaux du forum sous le signe de la confiance collective, avec une ambition claire : faire de la gouvernance de l’Internet un processus inclusif, continu et capable d’accompagner la transformation numérique du Cameroun.
De la fragmentation à l’interopérabilité, le défi posé par le FGI Cameroun 2026 est désormais de transformer le dialogue en mécanisme permanent de convergence autour de la donnée, des infrastructures publiques numériques et de l’intérêt général.
Par DIGITAL BUSINESS AFRICA









