[DIGITAL Business Africa] – Le processus de digitalisation des services au Cameroun s’accompagne d’un revers inévitable : l’élargissement de la surface d’attaque pour les cybercriminels. C’est le constat alarmant et réaliste dressé lors du Forum sur la Gouvernance d’Internet (FGI) au Palais des Congrès de Yaoundé. Intervenant sur le panel n°2 consacré au thème « Construire un cyberespace camerounais sûr et résilient », Beverly Muriele Ndzodoum Diboundje, cadre chez MTN Cameroun, a alerté sur l’intensité des menaces qui pèsent en permanence sur le pays.
« Le Cameroun est ciblé par des entités et des groupes de hackeurs, notamment Space B (Spice B) et bien d’autres. Même lorsque nous sommes réunis dans cette salle pour ces discussions, des entités situées au Cameroun ou à l’extérieur ciblent nos infrastructures », a-t-elle déclaré d’emblée devant un parterre d’experts, de régulateurs et de décideurs.
Pour le leader du marché des télécoms au Cameroun, l’enjeu dépasse la simple technique : il en va de la responsabilité vis-à-vis des usagers. Si les indisponibilités de réseau exposent souvent l’opérateur aux griefs des régulateurs et du gouvernement, à l’échelle de l’État, une faille systémique impacterait directement l’ensemble des citoyens.
La conformité et l’amélioration continue au cœur de la stratégie de MTN
Face à ces risques majeurs, MTN Cameroun met en avant une stratégie de sécurité axée sur la rigueur opérationnelle et la conformité stricte au cadre réglementaire national et international.
L’intervenante a souligné que l’opérateur ne se contente pas d’appliquer la loi de 2010 sur la cybersécurité et la cybercriminalité, mais s’inscrit déjà fermement dans le respect de la loi de 2024 relative à la protection des données à caractère personnel. Pour prouver cette démarche, MTN Cameroun soumet continuellement l’ensemble de ses processus et services à des évaluations indépendantes :
- Audits réglementaires nationaux : L’opérateur ouvre annuellement ses portes à l’Agence Nationale des Technologies de l’Information et de la Communication (ANTIC), l’organe régulateur du cyberespace national. « Nous demandons à l’ANTIC d’avoir accès à nos locaux, nos échanges et nos documentations confidentielles pour faire une évaluation objective », explique Beverly Ndzodoum Diboundje.
- Audits internationaux indépendants : Pour compléter l’action du régulateur local, MTN fait appel à des cabinets d’audit de renommée mondiale (tels que PwC ou Deloitte) pour challenger ses infrastructures et identifier les vulnérabilités.
S’adapter ou subir : la « politique du gagnant »
Rappelant qu’une politique de gouvernance ne peut être statique face à la rapidité des évolutions technologiques, la représentante de l’opérateur a insisté sur la nécessité d’une adaptation permanente.
« Une gouvernance n’a de sens que lorsqu’il y a des points d’amélioration continue. Dans ce secteur, c’est celui qui s’adapte le plus rapidement qui gagne. À MTN Cameroun, nous avons cette politique du gagnant, démontrée par notre rapidité à nous conformer aux lois et aux standards internationaux », a-t-elle conclu.
Alors que le Cameroun accélère la numérisation de son administration et de son économie, la démarche de MTN Cameroun illustre l’importance capitale des partenariats entre le secteur privé, le gouvernement et les organismes d’audit pour bâtir une infrastructure numérique véritablement résiliente.
Par DIGITAL BUSINESS AFRICA









