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[Billet] « C’était ça ou mourir », la critique numérique est aisée, l’art est difficile

[DIGITAL Business Africa] – Les mots couchés dans le roman « C’était ça ou mourir » sont percutants. Si percutants que certains médias et internautes ont du mal à croire qu’un humain en serait le véritable auteur. Depuis le 22 septembre 2026, le roman est sous le feu des critiques ; accusé d’avoir été rédigé à 66 % par l’intelligence artificielle. Un résultat donné par le logiciel américain Pangram. L’ auteur du roman Thélyson Orélien, s’est défendu face à ces accusations.

« J’ai toujours aimé la création et l’écriture, je ne vois pas pourquoi je ferais appel à une machine…Les images, les répétitions et les rythmes sont une parole vivante, elles sont miennes. Mes traditions sont haïtiennes et caribéennes. »

Son éditeur Grasset condamne « fermement tout propos malveillant » qui « blessent affreusement l’écrivain au parcours exceptionnel ».

Le best-seller du Canado-Haïtien Thélyson Orélien, paru le 19 août 2026, a amené certains à se découvrir un talent de critiques littéraires. L’œuvre pulvérise les records en un mois. Prix Fnac du roman, prix des libraires Livres Hebdo, sélections Goncourt, Renaudot, Femina, Médicis et environ 35 000 exemplaires écoulés.

Tous ces prix sont décernés par des jurys compétents généralement composés de centaines de libraires et de lecteurs. Avec une telle ossature, « C’était ça ou mourir » a quand même pu passer le tamis. Les critiques littéraires de circonstance soupçonnent une touche IA à travers des formulations comme: « Pas étouffé. « Juste caché sous des vêtements », « Pas intact ». « Pas fier ». « Pas tout à fait. » « Mais bien là ».

En littérature, on pourrait qualifier ce style d’elliptique, l’art de supprimer des mots dans une phrase volontairement sans en édulcorer le sens originel. Ce style est beaucoup plus employé par les auteurs africains pour créer du non-dit, accélérer le récit ou convoquer l’esthétique de l’oralité. « À bout de sueurs » d’Hakim Bah, paru en 2015 chez Lansman Éditeur, en est une parfaite illustration.

Certains romanciers afro-caribéens questionnent d’ailleurs le système d’entrainement des outils de détection d’IA. Dans une chronique, l’écrivain ivoirien Philippe Pango a demandé si ces outils importés reconnaissent une prose nourrie d’oralité, de rythme, d’imaginaire non occidental.

Et puis, la méthodologie de l’analyse menée par ces critiques. On peut en parler. Des critiques qui ne déclinent pas leur identité et qualités ; des prix décernés au roman par des centaines de libraires et de le lecteurs ; un seul logiciel de détection d’IA utilisé, quand-même ! Tous ces indices peuvent être considérés comme un biais au protocole de vérification, un enterrement du bon sens.

Par Jean Materne Zambo

Djibouti : La promesse d’un climat des affaires propice dans les secteurs clés, dont le numérique 

[DIGITAL Business Africa] – Le gouvernement de Djibouti est en mode prospection. Cap sur Hong Kong, où le ministre de l’Économie et des Finances, chargé de l’Industrie de la République de Djibouti, Ilyas Moussa Dawaleh, a tenu une séance de travail avec Joseph Chan, ministre des Finances et du Trésor par intérim de la Région administrative spéciale de Hong Kong, ce 24 septembre 2026.

Les deux parties se sont entretenues des complémentarités stratégiques entre Djibouti, plateforme logistique, portuaire et numérique au carrefour de l’Afrique, du Moyen-Orient et de l’Asie, et Hong Kong, centre financier et commercial international de premier plan, constituant une porte d’accès privilégiée aux marchés chinois et asiatiques.

Côté Djibouti, on a mis en avant les opportunités offertes dans les secteurs des infrastructures, de la logistique, de l’industrie, de l’énergie, des services financiers, de l’économie numérique et des nouvelles technologies. Le ministre Ilyas Moussa Dawaleh a réaffirmé l’engagement du gouvernement djiboutien à offrir aux investisseurs un environnement stable, attractif et favorable à la réalisation de projets de long terme.

« Le rapprochement avec Hong Kong s’inscrit dans notre ambition de diversifier les partenariats économiques de Djibouti et de renforcer notre ouverture sur l’Asie. Notre objectif est clair : transformer la position stratégique de Djibouti en une plateforme productive, financière et commerciale au service des échanges entre l’Afrique et l’Asie », a dit Ilyas Moussa Dawaleh, ministre de l’Économie et des Finances, chargé de l’Industrie de la République de Djibouti.

Autre point inscrit à l’ordre du jour : le déploiement du fonds d’investissement Stratégique « The Bab-el-Mandeb Gateway Fund ». Il s’agit d’un véhicule financier sujet à mobiliser des capitaux en faveur de projets structurants dans les infrastructures, la logistique, l’industrie et les secteurs porteurs de croissance. Cela en valorisant la position géostratégique exceptionnelle de Djibouti à l’entrée de la mer Rouge et au carrefour de l’Afrique, de l’Asie et du Moyen-Orient.

Par Jean Materne Zambo

Cameroun : train.patnucelearning.cm, la plateforme numérique lancée pour former 15 000 agents publics à l’IA, la blockchain et la transformation digitale

[DIGITAL Business Africa] – Le gouvernement camerounais a officiellement lancé, le 21 septembre 2026 à Yaoundé, une plateforme nationale de formation en ligne destinée à renforcer les compétences numériques de 15 000 fonctionnaires et agents publics. Accessible à l’adresse train.patnucelearning.cm, elle doit permettre aux personnels des administrations, des établissements et des entreprises publics de se former, notamment, à l’intelligence artificielle, à la blockchain, à la gestion de projets numériques, à la conduite du changement et à la gestion électronique des documents.

Le dispositif est déployé dans le cadre du Projet d’Accélération de la Transformation Numérique au Cameroun (PATNUC), sous la tutelle du ministère des Postes et Télécommunications, avec l’appui de la Banque mondiale. Le PATNUC est financé par un prêt de 42 milliards de F CFA de la Banque mondiale et intervient dans les infrastructures, les usages, l’environnement institutionnel et réglementaire, ainsi que dans le développement des compétences numériques.

Une formation entièrement en ligne pendant 50 jours

La plateforme a été conçue pour permettre aux agents publics de suivre leur formation sans quitter leur poste de travail. Les enseignements sont dispensés exclusivement en ligne et peuvent être suivis de manière flexible, sans déplacement ni interruption prolongée de l’activité professionnelle. La formation s’étend sur 50 jours, à raison de 10 jours par module.

Les inscriptions ont été ouvertes le 21 septembre 2026. Une fois enregistrés, les participants accèdent depuis la plateforme aux modules, aux ressources pédagogiques et aux activités d’évaluation qui leur permettent de suivre leur progression. Des mécanismes d’accompagnement et d’assistance sont également prévus. Les agents ayant satisfait aux exigences du parcours recevront une attestation de fin de formation.

Le programme ne concerne pas uniquement les services centraux de l’État. Il est ouvert aux agents de tous les ministères, y compris ceux affectés aux services déconcentrés sur l’ensemble du territoire national, ainsi qu’aux personnels des établissements et entreprises publics.

IA, blockchain et administration sans papier

Cinq grands domaines structurent le parcours de formation.

Le premier est consacré à l’intelligence artificielle et à la blockchain, afin de permettre aux agents publics de mieux comprendre ces technologies, leurs usages et les possibilités qu’elles offrent pour le fonctionnement des administrations et la fourniture des services publics.

Un deuxième module porte sur la transformation digitale et la relation avec l’usager, afin de simplifier les démarches et d’améliorer les interactions entre l’administration, les citoyens et les entreprises.

Les participants seront également formés à la gestion de projets numériques, aux méthodes agiles, à la conduite du changement, ainsi qu’à l’archivage et à la gestion électronique des documents. Ce dernier volet doit notamment accompagner les administrations dans leur processus de dématérialisation, avec des enjeux liés à la conservation, à l’organisation, à la disponibilité et à la traçabilité de l’information.

Pour la ministre des Postes et Télécommunications, Minette Libom Li Likeng, les investissements technologiques ne suffiront toutefois pas, à eux seuls, à moderniser l’État.

« La technologie, à elle seule, ne transforme pas l’administration. Celle-ci repose avant tout sur les femmes et les hommes qui animent nos administrations et dont les compétences doivent évoluer au même rythme que les outils, les méthodes et les usages numériques », affirme-t-elle.

Pour la ministre, le développement des compétences doit donc aller de pair avec les investissements consentis dans les réseaux, les systèmes d’information, les centres de données et les plateformes technologiques.

Passer des plateformes numériques à leur utilisation effective

C’est également l’un des principaux messages du coordonnateur national du PATNUC, le Dr Winfred Mfuh Fuaye Kenji. Pour lui, l’enjeu est désormais de s’assurer que les infrastructures et plateformes numériques déjà financées soient effectivement maîtrisées et utilisées par leurs bénéficiaires.

« Il ne suffit en effet pas de disposer d’infrastructures, de plateformes ou de services numériques : leur efficacité repose également sur la capacité des femmes et des hommes qui les utilisent à en maîtriser les fonctionnalités, à en comprendre les enjeux et à les intégrer durablement dans leurs pratiques professionnelles », explique le Dr Winfred Mfuh.

Cette logique explique, selon le responsable du projet, le choix d’une formation nationale de grande envergure.

« Le programme qui nous réunit aujourd’hui traduit ainsi une volonté de passer de la simple mise à disposition d’outils numériques à leur appropriation effective par les utilisateurs, notamment au sein de l’administration publique. »

La formation intervient alors que le PATNUC affirme avoir déjà développé et mis en œuvre plus de 15 plateformes et infrastructures numériques. Le projet cite notamment un système électronique de subventions par bons pour le secteur agropastoral, une plateforme et un centre de statistiques agropastorales, des projets de numérisation des procédures du MINADER et du MINEPIA ainsi que deux plateformes développées avec l’ART pour la surveillance du spectre des fréquences et l’évaluation de la qualité des services de téléphonie mobile.

Le projet prévoit également de travailler au déploiement du haut débit et de l’accès gratuit à Internet dans six aéroports camerounais, ainsi qu’à l’extension des services de télécommunications dans 362 localités actuellement non connectées aux réseaux nationaux de téléphonie et d’Internet.

Faire de 15 000 agents des relais de la transformation numérique

Avec 15 000 bénéficiaires visés, le gouvernement veut désormais passer à l’échelle supérieure. Il ne s’agit plus de réserver les formations numériques à quelques informaticiens ou à des administrations pilotes, mais de diffuser progressivement ces compétences dans l’ensemble de l’appareil administratif.

Et Minette Libom Li Likeng prévient que le succès du programme ne pourra pas être évalué uniquement à l’aune du nombre d’inscriptions :

« Au-delà de l’atteinte de l’objectif quantitatif de 15 000 bénéficiaires, le véritable défi est de transformer les agents en relais de la transformation numérique, en contribuant à la diffusion de nouvelles pratiques, au partage des connaissances et à une meilleure appropriation des outils numériques dans leurs environnements professionnels respectifs. »

C’est probablement là que se situera le principal test de cette initiative. Au-delà des certificats délivrés au terme des 50 jours de formation, il faudra observer si les compétences acquises se traduisent effectivement dans le fonctionnement quotidien des administrations : meilleure utilisation des plateformes existantes, réduction du papier, nouvelles méthodes de gestion des projets numériques et, surtout, amélioration des services délivrés aux citoyens.

Par Digital Business Africa

Ivoire Tech Forum : L’acte 2 pour connecter les startups aux investisseurs

[DIGITAL Business Africa] – Et de deux ! La deuxième édition de l’ Ivoire Tech Forum revient. Le ministre de la Transition numérique et de l’Innovation, Djibril Ouattara, a donné le coup d’envoi du Forum ce 22 septembre 2026.L’événement se tiendra qui se tiendra du 11 au 13 novembre 2026 autour du thème : « Innover pour transformer : accélérer la croissance par les technologies émergentes ». 

La deuxième édition de l’Ivoire Tech Forum entend attirer startups, investisseurs et acteurs de l’écosystème technologique. Objectif : faire d’Abidjan le carrefour de l’innovation, connecter les startups aux investisseurs et transformer les idées en opportunités, en valeur et en emplois.

Au-delà d’attirer ces acteurs de l’écosystème technologique africain, le forum promet des innovations majeures : des rencontres ciblées entre startups et investisseurs) ; le réseautage professionnel ; le village de l’innovation, un hackathon ; des masterclasses et des panels de haut niveau.

Un autre événement de haut niveau sera organisé en marge fu Forum : l’Ivoire Tech Week, une semaine de rendez-vous dédiés à l’écosystème technologique. Tout y est pour que la Côte d’Ivoire soit un hub technologique dans la sous-région. « Je veux, avec vous, faire de ce Forum, dans les années à venir, le sommet régional de référence de l’innovation technologique en Afrique », a dit le ministre Djibril Ouattara.

Par Jean Materne Zambo, source : ministère de la Transition numérique et de l’Innovation

RD Congo : Accès à l’API de Claude, coup d’épée dans l’eau ou avancée ?

[DIGITAL Business Africa] – La reconnaissance de la RDC par Claude se célèbre. Le ministère de l’Économie numérique annonce en grande pompe ce 22 septembre 2026 que la RDC figure parmi les pays pris en charge par l’Américain Claude. En français facile, les Congolais peuvent accéder à Claude.ai et à l’API (Application Programming Interface, ou interface de programmation d’application) commerciale sans restriction liée à leur localisation géographique.

C’est comme si vous aviez une boutique en ligne à Goma et recherchiez un assistant qui réponde automatiquement aux clients sur WhatsApp, ou qui résume 1000 emails par jour. Vous branchez Claude via l’API et il fait le travail tout seul.

Attention ! Nul bienfait n’est sans contrepartie. Vous êtes facturé en fonction de la quantité de texte (mesurée en tokens) que vous envoyez à l’IA (input) et de ce qu’elle génère en retour (output). Plus votre appli parle avec Claude, plus vous consommez des « bouts de mots », plus vous payez. Si elle ne parle pas, vous ne payez rien.

Le ministère de l’Économie numérique y voit une avancée au profit des étudiants, chercheurs, développeurs, startups, entreprises et institutions publiques congolais. Mais à y voir de près, ce n’en est pas une. Puisque l’entreprise américaine ne paiera pas d’impôts, ne s’installera pas en RDC ou ne reversera pas de TVA. Thierry Henry Tene Ouongoche regrette que les Congolais et Africains ne sachent pas exploiter certaines failles.

« L’absence de Claude en RDC aurait justement dû être une occasion pour le Congo, et même pour l’Afrique en général, de se poser une vraie question : pourquoi ne pas profiter de cette période pour développer nos propres modèles d’intelligence artificielle capables, demain, de rivaliser avec ceux qui viennent de l’extérieur ? Imaginez qu’aujourd’hui Claude arrive officiellement en RDC, mais qu’il trouve déjà sur place un modèle congolais ou africain utilisé depuis plusieurs mois. Même moins puissant au départ, au moins il y aurait une concurrence locale, une technologie qui grandit chez nous et de la valeur créée chez nous.

En dehors  de la souveraineté numérique, l’annonce du ministère de l’Économie numérique ouvre en même temps le débat de l’accès à d’autres services numériques tels que PayPal, Grok…

Par Jean Materne Zambo 

 

Le Yango Fellowship réunit des talents technologiques de six pays africains pour développer des solutions ancrées dans les réalités locales

Des boursiers de Côte d’Ivoire, du Ghana, de Zambie, du Sénégal, d’Éthiopie et du Mozambique présentent des projets technologiques répondant à des enjeux liés au transport, à la santé, à la finance, à l’emploi, à la gestion des déchets et à l’accès à l’eau en Afrique

Abidjan, Côte d’Ivoire – 21 septembre 2026 : Yango Group a clôturé l’édition 2026 du Yango Fellowship panafricain à l’occasion d’une cérémonie de remise des diplômes et d’un Pitch Day organisés sur deux jours à Abidjan. L’événement a réuni 24 boursiers issus de six pays africains, venus présenter les projets technologiques qu’ils ont développés tout au long du programme.

La cohorte réunissait des boursiers de Côte d’Ivoire, du Ghana, de Zambie, du Sénégal, d’Éthiopie et du Mozambique, sélectionnés parmi plus de 600 candidats. Au cours des 12 semaines du programme, les boursiers ont travaillé au sein de six équipes composées de participants de différents pays, passant de la définition des problématiques et de la recherche à la conception de solutions, à l’élaboration de modèles économiques, au prototypage et à la présentation finale de leurs projets.

Les solutions développées couvrent notamment les paiements sans espèces dans le transport informel, l’identité financière numérique pour les commerçants du secteur informel, la visibilité sur l’approvisionnement en médicaments pour les agents de santé communautaires, la mise en relation transfrontalière entre candidats et employeurs, la collecte intelligente et le recyclage des déchets, ainsi que des solutions à faible coût pour tester la qualité de l’eau dans les communautés rurales.

Le Yango Fellowship réunit des talents technologiques de six pays africains pour développer des solutions ancrées dans les réalités localesLa cérémonie de clôture à Abidjan a combiné le développement des projets avec des échanges auprès de leaders du secteur technologique et du monde des affaires. Les fellows ont participé à une session consacrée à l’IA au service de l’impact, animée par Celina Lee, cofondatrice de Zindi, ainsi qu’à des ateliers pratiques de prise de parole en public et de préparation au pitch. Ils ont également rencontré des dirigeants de Yango Group issus de plusieurs marchés africains afin d’échanger sur l’évolution professionnelle, l’entrepreneuriat et la création d’entreprises technologiques adaptées aux différents contextes locaux.

Lors du Pitch Day final, les boursiers ont présenté six projets collectifs ainsi qu’une sélection de projets individuels devant un jury composé d’experts des secteurs de la technologie, de l’investissement et de l’industrie. L’événement s’est conclu par une cérémonie de remise de prix, avec une dotation totale de 12 000 USD destinée à récompenser les meilleurs projets collectifs et individuels.

Africoded a remporté le premier prix dans la catégorie des projets collectifs, d’une valeur de 4 500 USD, pour sa plateforme assistée par l’intelligence artificielle qui met en relation les demandeurs d’emploi africains avec des opportunités professionnelles transfrontalières, des emplois à distance et des possibilités de développement de carrière à travers le continent. Harambee s’est classé deuxième et a reçu 2 500 USD pour sa plateforme intelligente de collecte et de recyclage des déchets reliant les ménages, les collecteurs et les acteurs du recyclage. Bloom a remporté la troisième place ainsi qu’un prix de 1 500 USD pour son projet African Transit Payment Revolution, un système de paiement sans espèces conçu pour les transports publics informels en Afrique de l’Est et de l’Ouest.Le Yango Fellowship réunit des talents technologiques de six pays africains pour développer des solutions ancrées dans les réalités locales

Dans la catégorie individuelle, Fredrick Mwepu, de Zambie, a remporté le prix du Meilleur projet individuel, doté de 1 500 USD, pour RoboCore Zambia, une plateforme de robotique développée localement afin de rendre l’enseignement pratique des STEM plus accessible et plus abordable. Le Ghanéen Meshack Kwame Nartey a reçu le deuxième prix, d’un montant de 1 000 USD, pour Shuttle Smart Ghana, une application permettant de suivre les navettes universitaires et de fournir aux étudiants des informations en temps réel sur leur arrivée. Oulimata Rose Dia a reçu le prix de la Meilleure contribution technique/IA, doté de 1 000 USD, pour Smart Bin Collection, un système alimenté à l’énergie solaire qui surveille en temps réel le niveau de remplissage des poubelles et utilise la connectivité 2G afin d’optimiser la collecte des déchets.

« 600 candidatures pour 24 places ne signifient pas que l’Afrique manque de talents ; elles montrent au contraire combien de talents attendent encore un accès structuré au mentorat et aux opportunités. L’Afrique ne manque pas de jeunes brillants. Ce qui est plus difficile à trouver, c’est un mentor, un réseau et la possibilité de confronter une idée à un problème réel. C’est précisément ce manque que le Fellowship cherche à combler », a déclaré Shashi Singh, Directeur des opérations, Yango Ride MEA & Asie.

« Les outils pratiques dédiés aux STEM étaient quelque chose que je ne voyais autrefois que dans des vidéos. RoboCore Zambia existe pour combler ce manque, afin que le prochain étudiant qui souhaite construire quelque chose n’ait pas à attendre l’opportunité que j’ai moi-même failli ne jamais avoir. Je suis très heureux que mon projet ait pu voir le jour. Ce fut une expérience formidable de voyager, de rencontrer d’autres boursiers venus de différents pays et d’apprendre directement auprès d’experts et de leaders des secteurs de la technologie et de l’IA. C’est une expérience que je n’oublierai jamais », a déclaré Fredrick Mwepu, étudiant zambien en STEM et lauréat du prix du Meilleur projet individuel pour RoboCore Zambia, sa plateforme de robotique développée localement afin de rendre l’enseignement pratique des STEM plus accessible et plus abordable.

Le programme répond à une réalité plus large à l’échelle du continent : la croissance numérique repose sur les personnes, et pas uniquement sur les infrastructures. Développer et faire évoluer des technologies localement nécessite des ingénieurs, des entrepreneurs et des professionnels de la technologie disposant d’une expérience pratique, mais aussi des personnes qui comprennent les réalités propres à leurs marchés. Pour Yango Group, investir dans ces talents est étroitement lié à la manière dont l’entreprise se développe en Afrique : les infrastructures, les comportements et les besoins diffèrent d’un marché à l’autre, et la construction d’entreprises locales solides nécessite donc une expertise locale forte. Le Fellowship constitue l’une des initiatives à travers lesquelles Yango contribue à renforcer ce vivier de talents tout en créant des liens au sein de l’écosystème technologique africain au sens large.

À propos de Yango Group

Yango Group est une entreprise technologique internationale qui transforme des technologies développées à l’échelle mondiale en services du quotidien adaptés aux communautés locales. Portés par un engagement constant en faveur de l’innovation, nous repensons et améliorons des technologies de pointe issues du monde entier afin de les intégrer de manière fluide dans des services quotidiens adaptés aux besoins de différentes régions. Yango Group propose ses services numériques, notamment dans les domaines de la mobilité, de la livraison, de la foodtech et du divertissement, entre autres, dans plus de 30 pays en Afrique, en Amérique latine, en Europe, au Moyen-Orient, en Asie du Sud et dans d’autres régions.

Pour plus d’informations, veuillez contacter :
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Par Yango

IA : « Certains concevront les systèmes qui façonnent nos vies, d’autres devront simplement vivre avec ces décisions »

UNESCO et UIT appellent à donner aux pays et aux communautés une voix réelle dans l’avenir de l’intelligence artificielle

[DIGITAL Business Africa] – Qui décidera de la manière dont l’intelligence artificielle façonnera les sociétés ? Pour l’UNESCO et l’Union internationale des télécommunications (UIT), la question dépasse désormais les performances technologiques des modèles d’IA. Elle touche directement à la confiance publique, aux droits humains, à l’équité entre les pays et à la capacité des populations à participer aux décisions qui détermineront leur avenir.

Dans une déclaration intitulée « Who Gets to Shape AI’s Future ? » (« Qui a le pouvoir de façonner l’avenir de l’IA ? »), Khaled El-Elany et Dareen Bogdas-Martin estiment que le débat sur les IA de pointe est devenu « un test de confiance publique ». Selon eux, l’enjeu n’est plus seulement de savoir jusqu’où ces technologies pourront aller, mais comment elles seront développées et gouvernées, et surtout qui pourra contribuer à définir leurs usages.

L’UNESCO et l’UIT constatent que l’intelligence artificielle transforme déjà de nombreux aspects de la vie quotidienne : la manière dont les enfants et les adultes apprennent, la façon dont les populations communiquent, recherchent et produisent de l’information, la création artistique ou encore l’accès aux services publics.

Mais les bénéfices de cette transformation ne seront pas automatiquement répartis de manière équitable. Les deux organisations alertent notamment sur les inégalités d’accès à la connectivité, aux compétences, aux données, aux capacités de calcul et aux mécanismes de protection. Ces écarts pourraient, selon elles, accentuer les fractures existantes entre sociétés et entre pays.

La déclaration formule alors une distinction particulièrement forte :

Déclaration

« Certains vont concevoir les systèmes qui façonnent la vie de tous ; d’autres devront simplement vivre avec ces décisions. »

Cette question est particulièrement stratégique pour les pays qui ne disposent pas encore des mêmes infrastructures numériques, capacités de recherche, données, talents et moyens de calcul que les principales puissances technologiques.

Les deux organisations précisent toutefois que ces inquiétudes ne constituent pas un argument contre l’innovation en IA. Au contraire, elles reconnaissent le potentiel de l’intelligence artificielle pour élargir l’accès aux connaissances, renforcer les services publics, soutenir la recherche scientifique, favoriser de nouvelles formes de créativité, créer des opportunités économiques et contribuer au développement durable.

Mais cette innovation doit être accompagnée de mécanismes permettant de protéger les droits, éclairer les choix des citoyens et donner aux institutions publiques les moyens d’évaluer, d’acquérir et de gouverner les systèmes d’IA dont les populations dépendront de plus en plus.

Pour l’UNESCO et l’UIT, construire des IA dignes de confiance suppose d’aller au-delà des seules performances techniques. Les technologies de pointe doivent respecter les droits humains et la dignité, prendre en compte la diversité des besoins et rester responsables devant l’intérêt général. Les valeurs, les droits et l’éthique doivent ensuite être traduits dans les politiques publiques, les capacités institutionnelles, la conception technique et la formation des compétences.

Les standards techniques internationaux occupent également une place importante dans cette démarche. Ils doivent permettre de transformer des principes tels que la sécurité, la transparence et la responsabilité en exigences concrètes pouvant être mises en œuvre, testées et utilisées au-delà des frontières.

Pour les pays africains, cette réflexion renvoie directement à la question de la souveraineté numérique et de la capacité à participer à la construction des technologies plutôt qu’à en être uniquement des utilisateurs.

L’accès à la connectivité ne suffit plus. Il faut également développer les compétences, les infrastructures, les capacités institutionnelles, la culture numérique, les données et les moyens permettant aux administrations, aux chercheurs, aux entreprises et aux citoyens de comprendre et d’influencer les choix technologiques.

La déclaration souligne ainsi l’importance de faire en sorte que les populations disposent des connaissances et de l’esprit critique nécessaires pour utiliser intelligemment les nouvelles technologies plutôt que d’être simplement utilisées par elles.

C’est précisément dans ce domaine que les deux organisations voient une place concrète pour la coopération internationale. L’UNESCO et l’UIT indiquent vouloir combiner une approche fondée sur les droits humains, un ancrage normatif et éthique, ainsi qu’une capacité à faciliter le dialogue entre secteurs et régions.

Leur coopération porte notamment sur l’accès, la connectivité et les infrastructures, mais aussi sur la formation, la culture numérique et le développement des compétences.

Les deux organisations mettent également en avant la nécessité de renforcer la coordination au sein du système des Nations unies autour de l’IA, en s’appuyant sur les expertises complémentaires des différentes organisations.

La Recommandation de l’UNESCO sur l’éthique de l’intelligence artificielle constitue, selon la déclaration, une référence normative mondiale, tandis que AI for Good offre une plateforme mondiale multipartite.

Un autre volet concerne directement les compétences humaines. UNESCO et UIT citent notamment les enseignants, journalistes, scientifiques, créateurs et professionnels dont les métiers et les pratiques quotidiennes sont déjà transformés par l’intelligence artificielle.

La formation et le développement professionnel deviennent donc des composantes essentielles de la gouvernance de l’IA. L’enjeu n’est plus uniquement de produire des modèles toujours plus puissants. Il consiste aussi à permettre aux sociétés de comprendre ces technologies, d’en évaluer les conséquences et de participer aux décisions qui encadrent leur utilisation.

Au fond, la déclaration de l’UNESCO et de l’UIT déplace le débat : l’avenir de l’IA ne dépend pas seulement de ce que les machines seront capables de faire, mais de ceux qui auront le pouvoir de définir leurs règles, leurs usages et leurs limites.

La confiance dans l’intelligence artificielle dépendra donc aussi de la capacité des pays, des institutions et des communautés à prendre part à cette transformation.

Pour l’Afrique, la question est particulièrement importante : sera-t-elle principalement un marché pour les technologies développées ailleurs, ou participera-t-elle pleinement à la définition des normes, des usages et des modèles d’IA qui transformeront ses administrations, ses économies et ses sociétés ?

La réponse passera notamment par les infrastructures, les compétences, les données, la recherche, la coopération internationale et la capacité des institutions publiques à gouverner ces technologies.

Par Loic SOUOP

Source : UNESCO / UIT déclaration de Khaled El-Elany et Dareen Bogdas-Martin.

Maroc : Socle de l’ IA, Ndivia annonce un investissement de près d’1,8 milliard de $ 

[DIGITAL Business Africa] – Le Maroc attire de grands projets mondiaux en matière de technologies. Voilà que le géant américain des puces graphiques annonce deux grands projets d’infrastructures au Royaume. Dans un article publié ce 21 septembre 2026, Nvidia a présenté la teneur du projet « AI Factory » près de Casablanca. Il s’agit d’une infrastructure numérique et matérielle conçue pour industrialiser, automatiser et produire à grande échelle des modèles et des applications d’intelligence artificielle.

Avec un investissement initial annoncé à 1,2 milliard de dollars et une capacité appelée à atteindre 500 mégawatts. Le projet avait été annoncé en avril 2026 lors du Gitex Africa à Marrakech. Le projet est mené en collaboration avec le ministère de la Transition numérique, le ministère chargé de l’Investissement, l’Agence marocaine de développement des investissements et des exportations.

Ce projet est porté par un consortium international réunissant Nexus Core Systems, Naver Cloud, Lloyds Capital, en collaboration avec les ministères marocains de la Transition numérique et de l’Investissement.

L’autre projet est porté par Cassava Technologies, présenté par Nvidia comme son premier partenaire cloud sur le continent africain. Après l’Afrique du Sud, le groupe prévoit de déployer des capacités de calcul reposant sur les technologies Nvidia au Maroc, mais également en Égypte, au Kenya et au Nigeria. Le projet dans l’ensemble pourrait mobiliser 720 millions de dollars.

Ndivia ou le gouvernement marocain dit encore confirmer officiellement la localisation précise des sites, le calendrier de mise en service, la gouvernance, les conditions d’accès aux ressources de calcul pour les acteurs locaux.

Par Jean Materne Zambo

Cameroun : Une cyberarnaque à 50 millions de FCFA, des suspects interpellés

[DIGITAL Business Africa] – Un réseau d’escroquerie en ligne est tombé. À Yaoundé, la première région de gendarmerie a interpellé les 8 et 11 septembre 2026, deux hommes soupçonnés d’avoir dérobé plus de 50 millions FCFA à de nombreuses victimes naïves via de faux sites de réservation de voyages et de ventes.

Les escrocs avaient créé de fausses plateformes numériques identiques à des sites d’agences de voyages bien connues. Un clonage presque parfait de plateformes qui a trompé la vigilance des victimes désireuses d’effectuer des réservations de billets en ligne des paiements.

L’enquête fait suite à la plainte d’un usager ayant perdu 230 000 FCFA. Un troisième suspect est recherché. Les deux interpellés devraient être présentés à la justice.

Selon les enquêteurs, les plateformes imitaient celles d’agences connues. Après un premier paiement, les victimes étaient amenées, par téléphone, à effectuer des manipulations permettant aux fraudeurs d’accéder à leur argent. Cette escroquerie porte un nom en cybercriminalité : la fraude par manipulation (ou escroquerie par ingénierie sociale), et plus spécifiquement du vishing (ou hameçonnage vocal).

Les experts en cybercriminalité s’accordent à dire qu’il faut se montrer dubitatif face à toute sollicitation de paiement en ligne. De manière concrète, il faut éviter d’effectuer des manipulations sur votre téléphone pour transférer de l’argent ou valider un code reçu par SMS.

Par Jean Materne Zambo

[Billet] RD Congo : Les « Veilleurs du Web » à l’épreuve de la rentrée scolaire

[DIGITAL Business Africa] – Suivre deux lièvres à la fois. C’est possible en RD Congo. Le gouvernement congolais et l’ UNICEF comptent sur des enfants de 14 à 24 ans pour assainir le cyberespace au moment où l’école reprend ses droits. On les appelle les « Veilleurs du web ». Autrement dit, ils doivent rester scotchés à leurs écrans pour signaler la moindre incartade d’un internaute véreux.

La fin des fausses informations et des rumeurs en ligne, de la cybersécurité a peut-être sonné. Ces adolescents et jeunes prodiguent des conseils contre le harcèlement et la violence sur les réseaux sociaux. Ils encouragent un comportement citoyen et constructif au sein de la jeunesse connectée. Ils veillent pour éveiller. L’initiative est à saluer.

Question pour deux champions. Quid de l’Autorité de Régulation du numérique (ARN) ou de l’Autorité de Régulation de la Poste et des Télécommunications du Congo (ARPTC) ? Conformément au Code du numérique, l’ARN doit réguler les activités et services numériques. Et l’ARPTC exerce « provisoirement » les compétences de l’ARN.

Les deux institutions semblent désaisies de leur mission pour la confier aux enfants qui n’ont pas le droit d’abandonner leurs cahiers au profit des écrans. La Charte africaine sur les Droits et le Bien-être de I’Enfant » réprouve pourtant le travail de l’enfant en son article 15 :

« L’enfant est protégé de toute forme d’exploitation économique et de l’exercice d’un travail qui comporte probablement des dangers ou qui risque de perturber l’éducation de l’enfant ou de compromettre sa santé ou son développement ».

Dans le cas d’espèce, ce télétravail risque de perturber leur éducation. L’UNICEF et ses partenaires auraient simplement formé ces enfants et jeunes au lieu d’en faire des ambassadeurs actifs de la cybersécurité.

Par Jean Materne Zambo

Tech: Gemini de Google a piraté 3 entreprises sans effort

[DIGITAL Business Africa] – Google passe aux aveux. L’entreprise de la technologie reconnaît avoir piraté les systèmes de trois entreprises gráce à Gemini, son IA, même si Google prefère taife les noms de ces teois entreprises.  Alors que les incidents ont été signalés depuis mai 2026, c’est cette mi septembre que l’entreprise va finalement faire amende honorable. Sans publier un communiqué, Google va mettre cet incident sur le coup d’un test de cybersécurité.

Selon les sources internes, le test a été réalisé par Irregular, la société de tests d’IA également impliquée dans des incidents révélés par Meta , OpenAI et Anthropic . Heather Adkins, vice-présidente de l’ingénierie de sécurité chez Google, a fait la déclaration suivante à SecurityWeek concernant les incidents Gemini :

« Le développement sécurisé de modèles d’IA performants est essentiel et nous investissons massivement dans ce domaine. Lors d’une évaluation standard, le modèle a trouvé des informations publiques en ligne et a deviné des identifiants pour accéder à des sites web qu’il pensait faire partie du test. Dans les trois cas où il a été testé, le modèle s’est arrêté. ».

Le modèle a deviné des mots de passe jusqu’à obtenir l’accès à un système protégé. Lors de deux autres exécutions, il a effectué des recherches sur le Web en utilisant le nom de l’entreprise. Il va par la suite trouver des identifiants appartenant à d’autres entreprises dans des bases de données publiques et les utilisera pour accéder aux systèmes associés.

Par Jean Materne Zambo

Dr Thierry Wandji, le Camerounais qui connecte les financements américains aux ambitions numériques de l’Afrique avec Cybastion

[DIGITAL Business Africa] – Le 14 septembre 2026, Thierry Wandji n’est pas arrivé seul devant le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye, à Washington. Derrière le dirigeant camerounais-américain se trouvait une entreprise technologique désormais familière des palais présidentiels africains, mais surtout une promesse financière imposante : mobiliser environ 300 millions de dollars, soit près de 168 milliards de F CFA, pour accompagner la transformation numérique du Sénégal.

L’annonce place une nouvelle fois le président-directeur général de Cybastion au cœur d’un projet numérique stratégique en Afrique. Cybersécurité, data center souverain, services publics numériques, transfert de technologies, formation et participation de start-up locales : le périmètre évoqué épouse presque parfaitement les priorités du New Deal technologique du Sénégal.

Thierry Wandji, le Camerounais qui veut connecter les milliards américains aux ambitions numériques de l’Afrique
Le Dr Thierry Wandji et le président Bassirou Diomaye FAYE

Mais au-delà du chiffre spectaculaire, cette rencontre révèle surtout la méthode Thierry Wandji : associer des ambitions gouvernementales africaines, des technologies américaines, des mécanismes de financement internationaux et une entreprise capable d’assurer le rôle d’intégrateur.

Du Cameroun à l’écosystème technologique américain

Dr Thierry Wandji, également connu sous le nom de Thierry Wandji Ketchiozo, est originaire du Cameroun. Installé aux États-Unis, il s’est bâti un parcours à la croisée de la recherche, de l’enseignement, de la cybersécurité et du conseil aux gouvernements.

Les biographies publiques disponibles lui attribuent plus de quinze années d’expérience dans la recherche universitaire, l’enseignement, l’industrie privée et les projets gouvernementaux. Il est notamment présenté comme un spécialiste de la gestion des risques cyber et comme ayant exercé des responsabilités dans l’enseignement de la cybersécurité à North Carolina State University et à Morgan State University. Plusieurs détails de son cursus universitaire complet restent cependant peu documentés dans les sources institutionnelles accessibles au public.

Son profil tranche avec celui du fondateur classique d’une start-up développant un logiciel ou une application unique. Thierry Wandji évolue plutôt dans un secteur où la technologie rencontre la diplomatie économique, le financement de grands projets publics et la souveraineté nationale.

Il est cofondateur et PDG de Cybastion, société américaine basée à Arlington, en Virginie, à la périphérie de Washington. L’entreprise se présente aujourd’hui comme un fournisseur de solutions de cybersécurité, d’infrastructures numériques et de transformation digitale, destinées principalement aux gouvernements et aux institutions publiques africains.

Cybastion revendique compter entre 51 et 200 collaborateurs, ainsi qu’une présence croissante dans plusieurs pays africains. Son offre s’est progressivement élargie : centres de données souverains, centres opérationnels de sécurité, plateformes d’administration électronique, paiements numériques, surveillance intelligente des frontières, énergie pour les infrastructures numériques et formation aux compétences technologiques.

Une entreprise propulsée par la diplomatie commerciale américaine

L’ascension de Cybastion ne repose pas uniquement sur ses capacités techniques. Elle s’appuie également sur son insertion au sein de l’écosystème économique et diplomatique des États-Unis.

Dès 2021, l’administration américaine, à travers Prosper Africa et le département du Commerce, mettait en avant la collaboration entre Cybastion et Cisco dans le cadre de contrats de cybersécurité en Afrique de l’Ouest. Selon l’International Trade Administration, l’entreprise facilitait alors une dizaine de contrats d’exportation d’un montant de plusieurs millions de dollars, portant sur la cybersécurité et les plateformes numériques en Afrique de l’Ouest.

En décembre 2022, Cybastion gagne encore en visibilité lors du sommet États-Unis–Afrique à Washington. Le président américain Joe Biden a cité l’entreprise lorsqu’il a évoqué « de nouveaux contrats » annoncés conjointement par Cisco et Cybastion destinés à protéger les pays africains contre les cybermenaces.

Cette exposition place Thierry Wandji dans un cercle restreint d’entrepreneurs technologiques de la diaspora capables de faire le lien entre les priorités stratégiques américaines et les besoins numériques africains.

En décembre 2024, le dirigeant accompagne une délégation américaine lors du déplacement du président Joe Biden en Angola. Cybastion présente alors sa participation comme une occasion de promouvoir les technologies, l’expertise et les investissements américains dans la transformation numérique du continent.

Ce positionnement est central pour comprendre le modèle de Wandji. Cybastion ne cherche pas seulement à vendre une solution de cybersécurité. L’entreprise assemble plusieurs composantes : les besoins d’un État africain, les équipements et l’expertise de partenaires américains, les garanties d’institutions financières et un montage financier permettant de financer un projet public de grande ampleur.

La Côte d’Ivoire comme principale vitrine

La Côte d’Ivoire constitue jusqu’ici l’une des vitrines les plus avancées de cette stratégie.

Cybastion y porte plusieurs projets, notamment la construction d’un data center souverain, la numérisation des services publics et la mise en place d’un système intelligent de surveillance des frontières. Une partie de ces investissements a bénéficié de l’appui de l’Export-Import Bank of the United States, l’agence américaine de crédit à l’exportation.

En septembre 2025, une garantie de financement de 100 millions de dollars avait notamment été annoncée pour le projet de data center national et de digitalisation en Côte d’Ivoire. En intégrant d’autres composantes, Cybastion évoque désormais un portefeuille d’environ 170 millions de dollars au pays.

Pour Washington, ces financements soutiennent à la fois la transformation numérique en Afrique et les exportations de technologies américaines. Pour les gouvernements africains, cela offre un moyen d’engager des projets difficiles à financer uniquement avec les budgets nationaux. Pour Cybastion, ils constituent un puissant levier d’accès aux marchés publics.

Le Dr Thierry Wandji développe parallèlement le programme Africa DigiEmpower, mené en collaboration avec des établissements de formation, des gouvernements, les espaces américains et la Cisco Networking Academy. L’objectif affiché est de former des jeunes et des femmes aux réseaux, à la cybersécurité, à l’intelligence artificielle et aux métiers du numérique.

Cette composante répond à une critique souvent adressée aux grands contrats technologiques : construire des infrastructures sans développer les compétences nationales nécessaires pour les exploiter, les maintenir et les sécuriser.

Du Liberia au Cameroun, une stratégie d’expansion continentale

En septembre 2024, Cybastion a signé avec le Liberia un protocole d’accord portant sur un data center, des infrastructures numériques et une éventuelle liaison à un câble sous-marin. L’entreprise s’est également implantée au Burkina Faso, au Bénin, au Gabon, en République démocratique du Congo et sur d’autres marchés africains.

Au Cameroun, son pays d’origine, le Dr Thierry Wandji nourrit également de grandes ambitions. En août 2026, l’ambassade des États-Unis a annoncé un projet d’investissement de 75 millions de dollars de Cybastion, soit environ 42 milliards de F CFA, pour la construction d’un data center alimenté par une centrale électrique et intégrant des capacités liées à l’intelligence artificielle.

Cette implantation camerounaise est symbolique. Elle ramène chez elle un entrepreneur qui a développé son réseau, sa crédibilité financière et ses partenariats technologiques aux États-Unis.

Elle place également Cybastion face à de puissants concurrents déjà présents sur le continent, notamment Huawei, Orange, MTN, les grands intégrateurs internationaux et plusieurs opérateurs africains de centres de données.

Thierry Wandji adopte d’ailleurs un discours offensif en faveur de l’offre technologique américaine.

Dans un entretien accordé à Fox News Digital en août 2026, il affirme que

Thierry Wandji, le Camerounais qui veut connecter les milliards américains aux ambitions numériques de l’Afrique« le secteur technologique américain offre une compétitivité mondiale sans équivalent. Dans nos offres commerciales, nous apportons innovation, transparence et responsabilité, tout en créant de nouveaux marchés pour les entreprises américaines. »

Mettant en avant la connaissance, par son entreprise, du contexte africain et des environnements économiques locaux, il ajoute :

« Nous estimons être une meilleure option que les autres concurrents mondiaux. ».

Au Sénégal, 300 millions de dollars… mais à quelles conditions ?

À Dakar, le projet annoncé est le plus important jamais associé publiquement à Cybastion dans un seul pays. Les 300 millions de dollars devraient couvrir la cybersécurité, la lutte contre la cybercriminalité, le développement de centres de données, les services numériques publics, le transfert de technologies et la formation.

Thierry Wandji promet également d’intégrer les start-up sénégalaises et de favoriser la création d’emplois qualifiés. Cette orientation rejoint le discours du président Bassirou Diomaye Faye, qui réclame des investissements capables de valoriser les ressources et le capital humain du pays.

« On ne peut pas être assis sur une mine d’or et tendre la main », a déclaré le chef de l’État sénégalais lors de ses échanges à Washington.

Toutefois, le vocabulaire employé mérite une lecture rigoureuse. À ce stade, il s’agit d’une enveloppe à mobiliser et d’un partenariat proposé, et non nécessairement de 300 millions de dollars déjà décaissés ou définitivement engagés.

Les informations rendues publiques ne précisent pas encore la ventilation détaillée du montant, le calendrier des décaissements, la part de financement public, les éventuelles garanties souveraines, l’identité de tous les bailleurs, les conditions de remboursement ni les procédures de sélection des prestataires.

Ces éléments seront déterminants. Dans les infrastructures numériques, une annonce politique, un protocole d’accord, une garantie de financement et un investissement effectivement réalisé constituent quatre étapes distinctes.

L’autre question concernera la souveraineté effective sur les infrastructures. Un data center installé sur le territoire national ne garantit pas, à lui seul, la souveraineté numérique. Celle-ci dépend aussi du droit applicable, de la propriété de l’infrastructure, du contrôle des clés de chiffrement, de la localisation des sauvegardes, de la maîtrise des logiciels, des règles d’accès aux données et des compétences nationales mobilisées pour son exploitation.

Un entrepreneur devenu courtier de la souveraineté numérique

Le Dr Thierry Wandji incarne une nouvelle catégorie d’entrepreneurs africains de la diaspora. Ni simple fournisseur informatique ni financier traditionnel, il se positionne comme un assembleur de projets numériques souverains.

Son avantage tient à sa capacité à parler plusieurs langages : celui des gouvernements africains en quête de modernisation, celui des groupes technologiques américains à la recherche de marchés, celui des agences de financement qui exigent des projets bancables et celui des chancelleries qui considèrent désormais les data centers, la cybersécurité et l’intelligence artificielle comme des instruments de puissance.

Cette position lui ouvre les portes des présidences et des ministères. Elle l’expose également à une obligation de résultats. Plus les annonces financières deviennent importantes, plus Cybastion devra démontrer sa capacité à transformer les protocoles et les promesses en infrastructures livrées, en services opérationnels, en compétences locales et en emplois durables.

Bassirou Diomaye Faye n’est pas le seul président africain rencontré

Le président sénégalais n’est toutefois pas le seul chef d’État africain avec lequel Thierry Wandji a directement échangé. Le 5 février 2026, à Washington, le PDG de Cybastion a participé à un entretien privé avec le président de la République démocratique du Congo, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo.

Organisée en marge de la visite officielle du dirigeant congolais et avant une table ronde présidentielle États-Unis–RDC à la Chambre de commerce des États-Unis, la rencontre a porté sur l’accélération de la transformation numérique de la RDC, la souveraineté des données et le programme Digital Fast Track développé par Cybastion.

Thierry Wandji, le Camerounais qui veut connecter les milliards américains aux ambitions numériques de l’Afrique
Le Dr Thierry Wandji et le président de la RDC Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo.

Thierry Wandji était notamment accompagné de responsables de l’US-Africa Business Center et du directeur-pays de Cybastion en RDC. Lors de la table ronde, Félix Tshisekedi a indiqué que son pays examinait des possibilités de partenariat avec l’entreprise américaine afin d’accompagner son agenda de transformation numérique.

Le programme Digital Fast Track de Cybastion

Le Digital Fast Track, ou DFT, est la feuille de route conçue par Cybastion pour accélérer la transformation numérique des États africains. Il ne s’agit pas d’une technologie unique, mais d’une approche intégrée associant la numérisation des services publics, la construction de centres de données souverains, le renforcement de la cybersécurité, la modernisation des infrastructures et la formation des compétences locales.

Cybastion présente ce programme comme un moyen de construire plus rapidement des écosystèmes numériques sécurisés, résilients et adaptés aux priorités de chaque pays. Ce DFT constitue en réalité un cadre stratégique et commercial regroupant les différentes offres de Cybastion.

Après les contrats de cybersécurité et les premiers grands projets ouest-africains, le Dr Thierry Wandji veut désormais faire de Cybastion un acteur continental de l’infrastructure numérique.

La trajectoire est remarquable : un spécialiste camerounais de la cybersécurité installé aux États-Unis est devenu l’un des visages de l’offensive technologique américaine en Afrique. Son bilan se mesurera finalement moins au montant cumulé des annonces qu’au nombre de data centers effectivement construits, de services publics réellement numérisés, de systèmes sécurisés et de techniciens africains capables d’en conserver la maîtrise.

Par Beaugas-Orain DJOYUM

Cameroun : le CITS 2026 veut faire émerger 100 startups susceptibles d’attirer 65,6 milliards de F.CFA de financements

[DIGITAL Business Africa] – Le promoteur du Cameroon International Tech Summit (CITS), Ayuk Etta, veut contribuer à la construction d’un écosystème technologique camerounais capable de faire émerger une centaine de startups et d’attirer jusqu’à 100 millions d’euros, soit environ 65,6 milliards de F.CFA, pour financer leur développement. Il a présenté cette ambition hier, le 18 septembre 2026 à Yaoundé, à l’occasion de la conférence de presse consacrée à la deuxième édition du CITS, qui se tiendra du 15 au 17 octobre 2026 au Palais des Congrès de Yaoundé.

« On doit avoir un écosystème capable de produire 100 startups et d’absorber 100 millions d’euros », a déclaré Ayuk Etta.

Le promoteur précise que le CITS doit servir à rassembler les différentes composantes de l’écosystème technologique camerounais et à démontrer que cette ambition peut devenir une réalité. Entrepreneurs, startups, investisseurs, administrations publiques, entreprises technologiques, universités, étudiants, développeurs et partenaires au développement sont ainsi appelés à se retrouver pendant trois jours à Yaoundé.

Transformer les innovations en entreprises viables

L’ambition exprimée par Ayuk Etta met en lumière l’une des principales faiblesses de l’écosystème technologique camerounais : le passage difficile de l’idée ou du prototype à une entreprise viable, structurée et capable de conquérir des marchés.

Le Cameroun compte de nombreux jeunes développeurs, entrepreneurs et porteurs de solutions numériques. Mais plusieurs de leurs projets peinent à franchir les premières étapes de leur développement, notamment en raison d’un accès limité aux financements, aux marchés, à l’accompagnement entrepreneurial et aux réseaux de décideurs.

La question ne se limite donc pas à créer 100 startups supplémentaires. Il s’agit surtout de faire émerger des entreprises suffisamment solides pour attirer et mobiliser efficacement des capitaux importants, développer leurs produits, recruter des collaborateurs et se déployer au Cameroun comme à l’international.

L’objectif d’absorber 100 millions d’euros suppose également l’existence de mécanismes de financement adaptés aux différents stades de développement des entreprises : pré-amorçage, amorçage, capital-risque, financement bancaire, commandes publiques et investissements institutionnels.

Mettre en relation startups, investisseurs et décideurs

Le CITS 2026 entend servir de plateforme de mise en relation entre les innovateurs et les acteurs capables de financer, d’accompagner ou d’adopter leurs solutions.

Selon les organisateurs, cette orientation devrait notamment se traduire par des conférences, des présentations de projets, des démonstrations technologiques et des rencontres professionnelles avec des investisseurs, des dirigeants d’entreprises et des responsables publics.

Le programme prévoit également une exposition technologique et un village des startups. Pendant les trois journées du sommet, les jeunes entreprises pourront présenter leurs produits, effectuer des démonstrations et rencontrer des partenaires potentiels.

Ces solutions devraient couvrir plusieurs secteurs, notamment l’intelligence artificielle, la finance numérique, la cybersécurité, le commerce électronique, l’éducation, la santé, l’agriculture, les télécommunications et la transformation des administrations publiques.

L’enjeu sera toutefois d’aller au-delà de l’exposition de prototypes. Pour produire un véritable impact économique, le sommet devra déboucher sur des commandes, des investissements, des contrats, des recrutements et des partenariats effectivement mis en œuvre.

L’emploi des jeunes au cœur de la deuxième édition

La deuxième édition du CITS accordera également une place importante à l’emploi des jeunes et au développement des compétences numériques.

Pour Ayuk Etta, l’industrie technologique ne recrute pas uniquement des développeurs ou des ingénieurs informatiques. Elle offre également des débouchés aux diplômés issus de filières telles que le marketing, les sciences sociales, la communication, les sciences politiques ou l’anthropologie, à condition qu’ils acquièrent les compétences complémentaires recherchées par les entreprises.Cameroun : le CITS ambitionne de bâtir un écosystème capable de produire 100 startups et d’absorber 100 millions d’euros

Le promoteur du CITS évoque notamment les métiers de designer d’expérience utilisateur, de chercheur UX, de chef de produit, de spécialiste du marketing produit, d’analyste d’affaires, de gestionnaire de communauté, de responsable de la réussite client ou encore d’expert en politiques technologiques.

Le CITS 2026 devra ainsi rapprocher les formations proposées par les universités et les établissements spécialisés des besoins réels des entreprises. Les ateliers, conférences et rencontres professionnelles pourraient aider les étudiants et les jeunes diplômés à mieux comprendre les métiers émergents ainsi que les compétences nécessaires pour y accéder.

E-Gov’A intégré au CITS 2026

Cette deuxième édition du CITS accueillera parallèlement E-Gov’A (E-Gov Africa Summit, Expo & Awards), le grand rendez-vous consacré à l’e-gouvernance et à la transformation numérique des services publics africains.

Prévu du 14 au 17 octobre 2026, E-Gov’A réunira des administrations publiques, des régulateurs, des entreprises technologiques, des opérateurs de télécommunications, des banques, des startups et des partenaires au développement autour du thème : « Intelligence artificielle et e-gouvernance : bâtir des services publics efficaces dans une Afrique cashless et paperless ».

La journée du 14 octobre sera consacrée aux visites professionnelles. Du 15 au 17 octobre, les conférences et expositions d’E-Gov’A seront intégrées au dispositif du CITS au Palais des Congrès de Yaoundé.

Cette association ouvre aux entreprises technologiques un accès à l’un des plus importants marchés potentiels du numérique au Cameroun : les administrations publiques camerounaises et africaines engagées dans la dématérialisation de leurs procédures et de leurs services.

Lire aussi:

Cameroun: CITS et E-Gov’A unissent leurs forces pour accélérer la transformation numérique de l’Afrique

Une ambition inclusive

La première édition du CITS, organisée en 2024, aurait réuni environ 8 000 participants sur place, selon les informations communiquées par les organisateurs. La deuxième édition devra désormais démontrer sa capacité à transformer cette mobilisation en résultats économiques mesurables.

La forte ambition de faire émerger 100 startups capables d’absorber 100 millions d’euros ne pourra toutefois être portée par le seul CITS. Sa concrétisation exige la mobilisation coordonnée des pouvoirs publics, des investisseurs, des banques, des grandes entreprises, des universités, des incubateurs, des partenaires au développement et des entrepreneurs.

Le rendez-vous d’octobre devra donc servir de point de départ à un engagement collectif durable pour transformer les talents et les innovations du Cameroun en entreprises solides, créatrices d’emplois et compétitives à l’international.

Par Digital Business Africa

Burkina Faso : « FasoSign », l’ère de la signature électronique commence

[DIGITAL Business Africa] – En matière de gouvernance en Afrique subsaharienne, le Burkina Faso laisse une empreinte. Le gouvernement a officiellement lancé la signature électronique « FasoSign » ce mardi 15 septembre 2026 à Ouagadougou. Une e-signature ou signature électronique permet de garantir l’identité d’un signataire, son accord pour le contenu, et l’intégrité du contenu signé. Il en existe plusieurs.

Ailleurs, on a la signature simple, premier niveau de sécurité. La signature avancée qui ajoute une étape de vérification d’identité des signataires et renforce ainsi le parcours de signature électronique. Et la signature qualifiée qui désigne le seul niveau à avoir la stricte équivalence juridique avec la signature manuscrite. Aucune précision n’a été donnée par le ministère sur le type de signature adoptée.

Présidente de cette cérémonie, la ministre de la Transition numérique, Aminata Zerbo née Sabané, a indiqué que cette innovation vient répondre à une limite des procédures numériques. « Une administration ne peut être véritablement électronique tant que ses actes continuent d’être imprimés, transportés et signés à la main », a-t-elle dit.

L’objectif selon le ministère est que, dans un délai très court, la signature électronique cesse d’être l’exception pour devenir le mode normal de signature de notre administration. Grâce à la signature électronique « FasoSign », le document peut être produit, validé, signé, transmis et conservé sous forme numérique, tout en garantissant son authenticité, son intégrité et sa traçabilité.

Bonne nouvelle donc pour les usagers habitués aux tracasseries. Ainsi, un acte qui attendait plusieurs jours pour être signé peut désormais l’être à distance. Les déplacements, les impressions, le transport et l’archivage physique sont réduits. On passe donc du papier à l’acte numérique et de l’acte numérique à l’acte de confiance.

Moins d’attente pour le citoyen et plus de rapidité et de traçabilité pour l’administration. Selon le ministère, la solution est déjà intégrée à plusieurs plateformes telles que le Système Intégré de Gestion Électronique des Documents (SIGED), le Circuit Intégré des Missions à l’extérieur (CIMEXT) et le Système Intégré de Gestion du Cadastre et des Domaines (SYCAD).

Par Jean Materne Zambo 

MEF /Congo : Une première version de l’interface de Gestion électroniques des documents 

[DIGITAL Business Africa] – La digitalisation des services au ministère de l’Économie forestière est en marche. L’institution prévoit de développer une interface de Gestion électroniques des documents. Une première version a été ce 17 septembre 2026, à Brazzaville, par Gathe Mebemboutini, informaticien réseau à la Direction de la communication et de la vulgarisation (DCV).

C’était sous le regard attentif d’Erick Kope, expert en informatique du système d’information du projet PACO (Programme d’accompagnement au changement organisationnel), qui en assurait la supervision.

La plateforme de Gestion électroniques des documents va sans doute permettre au ministère de l’Économie forestière de moderniser l’administration forestière grâce au numérique, de transformer la Direction de la Communication et de la Vulgarisation (DCV) en une Direction des Systèmes d’Information (DSI) et d’améliorer la gestion des données et la transparence de la filière bois.

Les usagers se rapprochent donc de la fin du calvaire pour l’obtention d’un certain nombres de documents precieux. Notamment les documents de planification et d’aménagement. Entre autres le Plan d’Aménagement Forestier (PAF). Il fixe les objectifs de gestion d’une unité forestière sur 25 à 30 ans. Le Plan quinquennal et plan annuel d’exploitation. Ces deux programmes détaillant les coupes et les travaux prévus sur des périodes courtes.

La deuxième  catégorie de documents est les titres et autorisations d’exploitation. On a par exemple le contrat de concession forestière. Titre accordant le droit d’exploiter une surface forestière. Ou encore le Certificat d’agrément forestier. Il s’agit d’une autorisation accordée aux opérateurs pour exercer des activités dans la filière bois. Et enfin les Permis et autorisations de coupe. Ce sont des documents spécifiques pour l’abattage ou le ramassage de produits forestiers.

Les Documents de traçabilité et de contrôle sont une autre catégorie de documents a obtenir auprès du MEF. Les lettres de voiture et carnets de chantiers entrent dans cette catégorie. Ainsi que  les procès-verbaux de constat d’infraction. Ils sont établis par les services de l’inspection pour le respect de la législation faune et flore.

La présentation a eu lieu en présence de Marlon Batisa, directeur de la communication et de la vulgarisation, et de ses collaborateurs. Elle s’inscrit dans le cadre du projet de réorganisation de la DCV en DSI (Direction des Systèmes d’information). Lequel vise à moderniser l’administration publique en transformant l’informatique d’un simple support technique en un véritable levier stratégique.

Par Jean Materne Zambo

Kenya : 1 000 diplômés TIC vont intégrer les écoles publiques pour accélérer le numérique éducatif

[DIGITAL Business Africa] – Le Kenya veut renforcer la présence des compétences numériques directement dans ses établissements scolaires. Le gouvernement prévoit de déployer 1 000 diplômés des technologies de l’information et de la communication (TIC) dans les écoles publiques et les bureaux locaux de l’éducation afin d’accompagner l’intégration des outils numériques dans l’enseignement.

Le dispositif a été lancé le 15 septembre 2026 par la Commission de la fonction publique (CFP) dans le cadre de la cinquième cohorte du Digital Literacy Programme (DLP). Les jeunes diplômés retenus effectueront un stage de 12 mois au sein des établissements scolaires et des bureaux d’éducation au niveau des sous-comtés.

Pour Nairobi, l’enjeu ne consiste plus uniquement à équiper les écoles en ordinateurs ou en solutions connectées. Il s’agit désormais de disposer de ressources humaines capables de faire fonctionner ces outils et surtout de les intégrer aux pratiques pédagogiques.

Les 1 000 stagiaires auront notamment pour mission de développer des contenus d’apprentissage en ligne, d’accompagner les classes utilisant des outils numériques et de former les enseignants du primaire à l’utilisation des équipements déployés dans le cadre du DLP.

Ils apporteront également un premier niveau de support technique aux établissements et accompagneront les enseignants dans l’intégration des TIC aux différentes étapes de l’enseignement, de l’apprentissage et de l’évaluation.

Le programme prévoit par ailleurs un volet consacré à l’usage sûr et éthique des technologies, dans un contexte où la généralisation des outils numériques dans les écoles pose également des questions de cybersécurité, de protection des données et de responsabilité numérique.

Cette nouvelle cohorte intervient dans le prolongement des investissements réalisés par le Kenya dans le numérique éducatif depuis le lancement du Digital Literacy Programme au milieu des années 2010.

Le programme a notamment permis de déployer plus de 1,2 million de dispositifs dans les écoles primaires et de former des enseignants à leur utilisation.

Mais l’expérience kényane illustre une problématique désormais centrale pour de nombreux pays africains : connecter et équiper les établissements ne suffit pas à transformer durablement l’éducation. La disponibilité des infrastructures doit être accompagnée par des compétences techniques, des contenus adaptés et une capacité des enseignants à intégrer le numérique dans leurs méthodes de travail.

C’est dans cette logique que le Kenya poursuit l’extension de ses infrastructures numériques scolaires. En juillet 2026, le pays a lancé un nouveau programme ciblant 10 000 écoles secondaires de premier cycle, avec notamment des tableaux interactifs, des ordinateurs portables destinés aux enseignants et des classes connectées.

La première phase prévoit l’équipement de 10 382 établissements publics ainsi que la formation de plus de 62 000 enseignants.

La cinquième cohorte du DLP s’adresse principalement aux diplômés ayant obtenu leur diplôme à partir de 2022, avec une formation en TIC ou dans des domaines de l’éducation intégrant les technologies numériques.

Les profils recherchés couvrent plusieurs domaines : réseaux et infrastructures, développement d’applications, sécurité de l’information, gestion de projets et intégration des TIC dans l’éducation.

Les candidats doivent également disposer de compétences liées à l’apprentissage en ligne et à la production de contenus numériques.

Le dispositif présente ainsi un double objectif : renforcer les capacités numériques des écoles tout en offrant une première expérience professionnelle à de jeunes diplômés spécialisés dans les TIC.

Les stages sont rémunérés à travers une allocation fixée par le gouvernement et ne sont pas renouvelables. À l’issue des 12 mois, les participants recevront un certificat. Ils devront toutefois accepter une affectation à temps plein dans n’importe quel bureau d’éducation de sous-comté du pays. Les candidatures sont ouvertes jusqu’au 5 octobre 2026.

Avec cette nouvelle cohorte, le Kenya fait évoluer son approche du numérique éducatif : après l’équipement et la connectivité, place désormais aux compétences et aux usages.

L’enjeu sera de mesurer dans quelle mesure ces 1 000 profils TIC permettront effectivement d’améliorer les pratiques pédagogiques, de réduire les difficultés techniques dans les établissements et d’accélérer l’adoption des outils numériques par les enseignants.

Par Loic SOUOP

RD Congo : Une député annonce le dépôt d’une proposition de loi pour visser la diffusion en ligne non consentie d’images intimes

[DIGITAL Business Africa] – Passer de la parole à l’acte. La session ordinaire de septembre 2026 ouverte ce 15 septembre 2026, la proposition de loi visant à renforcer la protection des victimes de la diffusion non consentie d’images ou vidéos intimes est attendue. La députée nationale Christelle Vuanga  avait annoncé son dépôt au cours de cette session. Le texte texte prévoit notamment des peines de 5 à 10 ans de prison, assorties d’amendes, avec des sanctions aggravées dans certains cas.

«Je proposerai notamment des peines allant de 5 à 10 ans d’emprisonnement assorties d’amendes, avec des sanctions plus lourdes lorsque les faits sont accompagnés de chantage, d’humiliation, de harcèlement, concernent un mineur ou sont commis à grande échelle», a-t-elle poursuivi.

Et d’ajouter :

«Une vidéo intime envoyée en privé ne devient pas un bien public, le consentement à être filmé n’est pas un consentement a être exposé . Aujourd’hui les réseaux sociaux permettent qu’une vidéo publiée en quelques secondes détruise une réputation, une famille, une carrière et atteigne profondément la dignité d’une personne», a dénoncé l’élue de la Funa.

Le président de la Chambre basse, Aimé Boji Sangara, avait déjà annoncé que cette session particulièrement sera chargée et consacrée à plusieurs réformes institutionnelles, électorales et économiques. Il y a quelques jours encore, une jeune fille d’au moins 19 ans, résidente de la commune rurale de Kasindi, a vu ses photos et une vidéo à caractère intime diffusée sur WhatsApp et plusieurs autres plateformes numériques. Les autorités saisies seraient en train de traquer les auteurs de la fuite.

Par Jean Materne Zambo 

Cameroun : L’ART élabore l’annuaire 2026 des opérateurs et exploitants du secteur des Comm’ électroniques [lien du formulaire]

[DIGITAL Business Africa] – À la date du 30 septembre 2026, tous les acteurs de l’écosystème des acteurs du secteur des communications électroniques devraient être identifiés. L’Agence de Régulation de Télécommunications (ART) a signé un communiqué ce 15 septembre 2026 demandant aux opérateurs et fournisseurs de services de communications électroniques de remplir le formulaire d’identification disponible sur le site officiel de L’ART à l’adresse suivante :

https://art.cm/fr/content/identification-des-

Au Cameroun, c’est la loi LOI N°2015/006 DU 20 AVRIL 2015 modifiant et complétant certaines dispositions de la loi N°2010/013 DU 21 DÉCEMBRE 2010 qui régit les communications électroniques. Elle définit un opérateur de réseau de communications électroniques comme une personne titulaire d’une concession ou d’une licence pour l’exploitation d’un réseau de communications électroniques ouvert au public ou la fourniture de prestations de mise à disposition d’infrastructures dans le domaine des communications électroniques.

Au Cameroun,  trois opérateurs de communications électroniques se partage le marché des télécommunications. À savoir MTN Cameroon,  Orange Cameroun et l’opérateur national CAMTEL pour environ 268 exploitants de services et réseaux de communications électroniques au Cameroun. Ce n’est donc pas un hasard si les télécoms sont l’un des moteurs de l’économie.

Le récent rapport sur les comptes nationaux de l’ INS révèle que le secteur des télécommunications a progressé de 4,3 % en 2025 après 4,2 % en 2024. « Il demeure le principal moteur de la croissance économique nationale, avec une contribution de 2,2 points de pourcentage à la croissance du PIB », a indiqué l’INS dans son rapport sur les comptes nationaux.

Selon le communiqué, l’initiative vise à cartographier « avec précision » l’écosystème pour mettre à jour la base de données des opérateurs ; renforcer le pouvoir des consommateurs par la bonne information au sujet des opérateurs titulaires de titres d’exploitation ; faciliter l’identification et la localisation des opérateurs en règle ; mettre en lumière les opérateurs frauduleux et faciliter l’identification des acteurs en règle dans le cadre des marchés publics.

Par Jean Materne Zambo, source : ART

Ahmed Cissé : « La réussite du PND 2026-2030 reposera sur le niveau d’implication du secteur privé »

[DIGITAL Business Africa] – « La réussite du PND 2026-2030 reposera sur le niveau d’implication des acteurs du secteur privé dans leur ensemble. » Pour Ahmed Cissé, président de la Confédération générale des entreprises de Côte d’Ivoire (CGECI), les grands projets numériques annoncés par le gouvernement ivoirien ne pourront atteindre leur plein potentiel que si les entreprises nationales, des startups aux grands groupes, trouvent leur place dans leur conception, leur financement et leur mise en œuvre.

Le président du Patronat ivoirien l’a affirmé le 15 septembre 2026 à Abidjan, lors du FOCUS PND 2026-2030 consacré à la transition numérique et à l’innovation technologique, en présence du ministre Djibril Ouattara. La rencontre, organisée à la Maison de l’Entreprise par la CGECI, vise à présenter au secteur privé les projets inscrits au Plan national de développement et à identifier les possibilités d’investissement et de participation des entreprises.

« Nos entreprises sont prêtes à coconstruire avec l’État les chantiers portés par votre ministère pour faire ainsi du numérique le levier structurant du développement de notre beau pays, la Côte d’Ivoire », a déclaré Ahmed Cissé.

Un message qui intervient alors que le PND 2026-2030 accorde au secteur privé une place centrale. Selon les données présentées par la CGECI, 70,2 % des investissements prévus dans le Plan, soit 114 838,5 milliards de F CFA, sont attendus du secteur privé.

 « Une place de choix » accordée au secteur privé

Ahmed Cissé a d’abord salué la volonté du ministère de la Transition numérique et de l’Innovation technologique d’associer les entreprises aux grandes orientations numériques du pays.

« Monsieur le ministre, je voudrais également relever la place de choix que votre département accorde au secteur privé dans ces initiatives majeures », a-t-il déclaré.

Il a notamment cité la deuxième édition d’IMPACT IA, les Assises nationales sur l’intelligence artificielle organisées du 9 au 11 septembre 2026 à Abidjan, auxquelles la CGECI a été associée.

Cette coopération s’est notamment matérialisée, le 11 septembre, par la signature du Pacte de l’Alliance nationale pour l’intelligence artificielle entre le gouvernement, la CGECI et la Chambre de commerce et d’industrie de Côte d’Ivoire. Le dispositif doit servir de cadre de concertation et de programmation entre l’État, le secteur privé et les organisations professionnelles pour accélérer l’adoption de l’IA.

Ahmed Cissé a également salué l’implication de la Commission Économie numérique et Entreprise digitale (CENED) de la CGECI, actuellement présidée par Néné Fofana, dans les réflexions portées par le patronat sur l’économie numérique.

« Le numérique est le grand vecteur de transformation de notre époque »

Pour Ahmed Cissé, le choix du numérique pour ouvrir le cycle des sessions sectorielles du Focus PND n’est pas anodin.

La première rencontre du dispositif Focus PND 2026 avait été organisée le 22 juin 2026 avec le ministre du Plan et du Développement, Souleymane Diarrassouba, afin de présenter aux entreprises l’architecture générale du PND 2026-2030. La CGECI souhaitait ensuite que les ministères sectoriels viennent détailler leurs projets aux opérateurs économiques.

Le numérique ouvre donc cette nouvelle phase.

« Ce n’est point un hasard si nous débutons par le numérique et l’innovation technologique, qui constituent désormais […] un moteur transversal de notre économie », a expliqué Ahmed Cissé.

Pour le président de la CGECI, la transition numérique ne concerne plus uniquement les entreprises technologiques ou les opérateurs télécoms.

« La transition numérique conditionne la performance de l’administration, la compétitivité du secteur privé, l’employabilité de la jeunesse et la qualité des services essentiels tels que la santé et l’éducation. C’est le grand vecteur de la transformation de notre époque. »

Cette dimension transversale explique, selon lui, la place stratégique accordée à l’économie numérique dans le PND 2026-2030.

Les entreprises veulent connaître les projets, les financements et les calendriers

Mais derrière l’adhésion du patronat à la vision numérique du gouvernement, Ahmed Cissé adresse également une série de demandes très concrètes à l’administration.

Les entrepreneurs veulent d’abord savoir quels projets sont suffisamment matures pour accueillir des investissements privés.

« Les femmes et les hommes d’affaires espèrent ainsi obtenir une meilleure visibilité sur les chantiers retenus, les mécanismes de financement, les formes de partenariats public-privé envisagées et les calendriers d’exécution », a-t-il déclaré.

C’est précisément l’une des raisons d’être du Focus PND : permettre aux entreprises ivoiriennes de mieux identifier les marchés, projets et opportunités issus du Plan national de développement.

La CGECI avait déjà indiqué, lors de la première édition du dispositif, souhaiter que les entreprises locales puissent avoir accès aux opportunités générées par le PND et participer activement à l’exécution des projets.

Ahmed Cissé entend également utiliser ces rencontres pour faire remonter au gouvernement les difficultés rencontrées par les entreprises sur l’ensemble de la chaîne de valeur.

Faire passer le numérique jusqu’à 15 % du PIB

Le président du Patronat ivoirien a par ailleurs rappelé l’ambition affichée par le gouvernement pour l’économie numérique à l’horizon 2030.

« Votre département porte une ambition forte : hisser la contribution de l’économie numérique à 15 % du PIB d’ici à 2030 », a-t-il déclaré à Djibril Ouattara.

Le gouvernement ivoirien situe actuellement la contribution du numérique dans une fourchette de 6 à 8 % du PIB et vise une progression vers 12 à 15 % d’ici 2030.

Ahmed Cissé a également convoqué les projections à plus long terme de la Banque mondiale.

Dans un rapport publié en 2022, l’institution estimait que la contribution totale de l’économie numérique ivoirienne pourrait dépasser 20 milliards de dollars à l’horizon 2050, à condition notamment d’intensifier les investissements dans les infrastructures, les plateformes numériques, les services financiers numériques, l’entrepreneuriat et les compétences.

Pour le président de la CGECI, atteindre ces ambitions nécessitera donc non seulement des investissements importants, mais également des réformes capables d’améliorer l’environnement dans lequel évoluent les entreprises, notamment sur les questions fiscales.

5G, fibre, villes intelligentes, IA : le patronat veut connaître les conditions d’accès

Les entreprises ivoiriennes observent avec intérêt les grands projets annoncés dans le cadre de la nouvelle feuille de route numérique.

Djibril Ouattara a présenté une stratégie organisée autour de sept piliers et d’une quarantaine de projets structurants. Le gouvernement a également engagé le processus de déploiement de la 5G et fait de l’intelligence artificielle l’un des axes de son accélération numérique.

Ahmed Cissé a cité, parmi les chantiers qui intéressent particulièrement les entrepreneurs, la 5G, les villes intelligentes, la Cité de l’innovation, l’extension de la fibre optique ainsi que le développement à grande échelle de l’intelligence artificielle.

La Cité de l’innovation et de la culture avait notamment été annoncée par les autorités ivoiriennes comme un espace destiné à réunir infrastructures technologiques, incubateurs et espaces de création.

Mais pour le patronat, l’enjeu désormais est de passer des annonces aux modalités opérationnelles.

« Nos entrepreneurs sont impatients d’en connaître le degré de maturité et les conditions de participation », a insisté Ahmed Cissé.

Startups, PME et champions nationaux veulent leur place

Le patron de la CGECI insiste surtout sur un point : les grands projets numériques ne doivent pas être réservés aux multinationales ou aux très grandes entreprises.

Le secteur privé souhaite connaître les mesures qui permettront aux startups, PME et champions nationaux ivoiriens d’accéder aux projets.

Ahmed Cissé appelle ainsi à préciser « les mesures envisagées pour faciliter l’implication des startups, des PME et de nos champions nationaux ».

La question des champions nationaux occupe déjà une place importante dans l’agenda de la CGECI. L’organisation patronale a fait de leur accompagnement l’un de ses chantiers stratégiques, tandis que le gouvernement a intégré cette problématique dans ses politiques de développement du secteur privé.

Ce message fait directement écho à celui délivré, au cours de la même rencontre, par Djibril Ouattara. Le ministre a lui aussi estimé que la Côte d’Ivoire ne pourra atteindre son objectif de 15 % de contribution du numérique au PIB sans « des champions nationaux forts capables de porter cette ambition ».

« Nos entreprises sont prêtes à coconstruire avec l’État »

Pour Ahmed Cissé, la question n’est donc plus de savoir si le secteur privé doit participer à la transformation numérique ivoirienne, mais dans quelles conditions il pourra le faire à grande échelle.

« La réussite du PND 2026-2030 reposera sur le niveau d’implication des acteurs du secteur privé dans leur ensemble », a-t-il insisté.

Une implication qui suppose, selon le patronat, davantage de visibilité sur les projets, leurs calendriers, les financements disponibles, les mécanismes de partenariat public-privé et la part qui pourra effectivement revenir aux entreprises nationales.

Et Ahmed Cissé de conclure :

« Nos entreprises sont prêtes à coconstruire avec l’État les chantiers portés par votre ministère pour faire ainsi du numérique le levier structurant du développement de notre beau pays, la Côte d’Ivoire. »

À travers le Focus PND, le dialogue engagé entre le gouvernement et le patronat ivoirien entre ainsi dans une phase plus opérationnelle : après la présentation des ambitions numériques et des 40 projets structurants, les entreprises attendent désormais de connaître les portes d’entrée concrètes qui leur permettront d’investir, de développer des solutions et de faire émerger les champions technologiques ivoiriens de demain.

Par Digital Business Africa

Données/Nigeria : L’Etat reprend la NDPC après plus de $9 millions de recettes générées en 3 ans

[DIGITAL Business Africa] – L’État, à travers l’Economic and Financial Crimes Commission (EFCC), prend la NDPC sous son aile. Après deux ans d’autonomie, la Commission devient le bras séculier de l’État en matière de protection de données. Le ministre nigérian des Communications, de l’Innovation et de l’Économie numérique, le Dr Bosun Tijani, a procédé à son inauguration ce lundi 14 septembre 2026 en présence du PDG de NDPC, Vincent Olatunji.

« Un bien récupéré pour le compte du peuple nigérian a été remis en service et est désormais utilisé de manière productive pour sa protection. Un bâtiment autrefois associé aux conséquences de la corruption abrite aujourd’hui le siège d’une institution dédiée à la protection des Nigérians et au renforcement de la confiance dans notre économie numérique », a déclaré Bosun Tijani.

Selon le PDG de NDPC, Vincent Olatunji, la NDPC a été confrontée à de multiples difficultés, notamment les financements. Mais cela ne l’a pas empêché de rapporter des sous. Plus de 9 millions de dollars (12 milliards de nairas) de recettes ont été générés en trois ans. Tandis que l’écosystème plus large de la protection des données personnelles représentait plus de 14 millions de dollars (18 milliards de nairas).

La Nigeria Data Protection Commission a pour mandat est présentée comme le plus vaste complexe dédié à une autorité de protection des données en Afrique. La Commission est placée sous la direction du commissaire national Dr Vincent Olatunji. La NDPC a pour mandat de superviser la mise en œuvre de la loi nigériane sur la protection des données (loi NDP). Laquelle est chargée de :

• Protéger les droits des personnes physiques à la protection des données personnelles

• Promouvoir des pratiques de traitement des données qui garantissent la sécurité des données personnelles et le respect de la vie privée des personnes concernées ;

• Renforcer les fondements juridiques de l’économie numérique nationale et garantir la participation du Nigéria aux économies régionales et mondiales grâce à une utilisation bénéfique et fiable des données personnelles.

Les origines la protection des données au Nigeria remontent à 2019. Cette année-là, la NITDA (National Information Technology Development Agency) vit le jour avec l’adoption du règlement NDPR (Nigeria Data Protection Regulation).

En février 2022, le gouvernement fédéral crée le Nigeria Data Protection Bureau (NDPB). L’agence sera chargée de superviser la conformité et de confier la direction de l’organisme au Dr Vincent Olatunji. Un an plus tard, plus exactement le 12 juin 2023, le président nigérian Bola Ahmed Tinubu signe le projet de loi sur la protection des données (Nigeria Data Protection Act 2023). Ce cadre juridique transforme officiellement le Bureau en une commission à part entière : la Nigeria Data Protection Commission (NDPC).

Par Jean Materne Zambo