[DIGITAL Business Africa] – La reconnaissance de la RDC par Claude se célèbre. Le ministère de l’Économie numérique annonce en grande pompe ce 22 septembre 2026 que la RDC figure parmi les pays pris en charge par l’Américain Claude. En français facile, les Congolais peuvent accéder à Claude.ai et à l’API (Application Programming Interface, ou interface de programmation d’application) commerciale sans restriction liée à leur localisation géographique.
C’est comme si vous aviez une boutique en ligne à Goma et recherchiez un assistant qui réponde automatiquement aux clients sur WhatsApp, ou qui résume 1000 emails par jour. Vous branchez Claude via l’API et il fait le travail tout seul.
Attention ! Nul bienfait n’est sans contrepartie. Vous êtes facturé en fonction de la quantité de texte (mesurée en tokens) que vous envoyez à l’IA (input) et de ce qu’elle génère en retour (output). Plus votre appli parle avec Claude, plus vous consommez des « bouts de mots », plus vous payez. Si elle ne parle pas, vous ne payez rien.
Le ministère de l’Économie numérique y voit une avancée au profit des étudiants, chercheurs, développeurs, startups, entreprises et institutions publiques congolais. Mais à y voir de près, ce n’en est pas une. Puisque l’entreprise américaine ne paiera pas d’impôts, ne s’installera pas en RDC ou ne reversera pas de TVA. Thierry Henry Tene Ouongoche regrette que les Congolais et Africains ne sachent pas exploiter certaines failles.
« L’absence de Claude en RDC aurait justement dû être une occasion pour le Congo, et même pour l’Afrique en général, de se poser une vraie question : pourquoi ne pas profiter de cette période pour développer nos propres modèles d’intelligence artificielle capables, demain, de rivaliser avec ceux qui viennent de l’extérieur ? Imaginez qu’aujourd’hui Claude arrive officiellement en RDC, mais qu’il trouve déjà sur place un modèle congolais ou africain utilisé depuis plusieurs mois. Même moins puissant au départ, au moins il y aurait une concurrence locale, une technologie qui grandit chez nous et de la valeur créée chez nous.
En dehors de la souveraineté numérique, l’annonce du ministère de l’Économie numérique ouvre en même temps le débat de l’accès à d’autres services numériques tels que PayPal, Grok…
Par Jean Materne Zambo












