[DIGITAL Business Africa] – Le promoteur du Cameroon International Tech Summit (CITS), Ayuk Etta, veut contribuer à la construction d’un écosystème technologique camerounais capable de faire émerger une centaine de startups et d’attirer jusqu’à 100 millions d’euros, soit environ 65,6 milliards de F.CFA, pour financer leur développement. Il a présenté cette ambition hier, le 18 septembre 2026 à Yaoundé, à l’occasion de la conférence de presse consacrée à la deuxième édition du CITS, qui se tiendra du 15 au 17 octobre 2026 au Palais des Congrès de Yaoundé.
« On doit avoir un écosystème capable de produire 100 startups et d’absorber 100 millions d’euros », a déclaré Ayuk Etta.
Le promoteur précise que le CITS doit servir à rassembler les différentes composantes de l’écosystème technologique camerounais et à démontrer que cette ambition peut devenir une réalité. Entrepreneurs, startups, investisseurs, administrations publiques, entreprises technologiques, universités, étudiants, développeurs et partenaires au développement sont ainsi appelés à se retrouver pendant trois jours à Yaoundé.
Transformer les innovations en entreprises viables
L’ambition exprimée par Ayuk Etta met en lumière l’une des principales faiblesses de l’écosystème technologique camerounais : le passage difficile de l’idée ou du prototype à une entreprise viable, structurée et capable de conquérir des marchés.
Le Cameroun compte de nombreux jeunes développeurs, entrepreneurs et porteurs de solutions numériques. Mais plusieurs de leurs projets peinent à franchir les premières étapes de leur développement, notamment en raison d’un accès limité aux financements, aux marchés, à l’accompagnement entrepreneurial et aux réseaux de décideurs.
La question ne se limite donc pas à créer 100 startups supplémentaires. Il s’agit surtout de faire émerger des entreprises suffisamment solides pour attirer et mobiliser efficacement des capitaux importants, développer leurs produits, recruter des collaborateurs et se déployer au Cameroun comme à l’international.
L’objectif d’absorber 100 millions d’euros suppose également l’existence de mécanismes de financement adaptés aux différents stades de développement des entreprises : pré-amorçage, amorçage, capital-risque, financement bancaire, commandes publiques et investissements institutionnels.
Mettre en relation startups, investisseurs et décideurs
Le CITS 2026 entend servir de plateforme de mise en relation entre les innovateurs et les acteurs capables de financer, d’accompagner ou d’adopter leurs solutions.
Selon les organisateurs, cette orientation devrait notamment se traduire par des conférences, des présentations de projets, des démonstrations technologiques et des rencontres professionnelles avec des investisseurs, des dirigeants d’entreprises et des responsables publics.
Le programme prévoit également une exposition technologique et un village des startups. Pendant les trois journées du sommet, les jeunes entreprises pourront présenter leurs produits, effectuer des démonstrations et rencontrer des partenaires potentiels.
Ces solutions devraient couvrir plusieurs secteurs, notamment l’intelligence artificielle, la finance numérique, la cybersécurité, le commerce électronique, l’éducation, la santé, l’agriculture, les télécommunications et la transformation des administrations publiques.
L’enjeu sera toutefois d’aller au-delà de l’exposition de prototypes. Pour produire un véritable impact économique, le sommet devra déboucher sur des commandes, des investissements, des contrats, des recrutements et des partenariats effectivement mis en œuvre.
L’emploi des jeunes au cœur de la deuxième édition
La deuxième édition du CITS accordera également une place importante à l’emploi des jeunes et au développement des compétences numériques.
Pour Ayuk Etta, l’industrie technologique ne recrute pas uniquement des développeurs ou des ingénieurs informatiques. Elle offre également des débouchés aux diplômés issus de filières telles que le marketing, les sciences sociales, la communication, les sciences politiques ou l’anthropologie, à condition qu’ils acquièrent les compétences complémentaires recherchées par les entreprises.
Le promoteur du CITS évoque notamment les métiers de designer d’expérience utilisateur, de chercheur UX, de chef de produit, de spécialiste du marketing produit, d’analyste d’affaires, de gestionnaire de communauté, de responsable de la réussite client ou encore d’expert en politiques technologiques.
Le CITS 2026 devra ainsi rapprocher les formations proposées par les universités et les établissements spécialisés des besoins réels des entreprises. Les ateliers, conférences et rencontres professionnelles pourraient aider les étudiants et les jeunes diplômés à mieux comprendre les métiers émergents ainsi que les compétences nécessaires pour y accéder.
E-Gov’A intégré au CITS 2026
Cette deuxième édition du CITS accueillera parallèlement E-Gov’A (E-Gov Africa Summit, Expo & Awards), le grand rendez-vous consacré à l’e-gouvernance et à la transformation numérique des services publics africains.
Prévu du 14 au 17 octobre 2026, E-Gov’A réunira des administrations publiques, des régulateurs, des entreprises technologiques, des opérateurs de télécommunications, des banques, des startups et des partenaires au développement autour du thème : « Intelligence artificielle et e-gouvernance : bâtir des services publics efficaces dans une Afrique cashless et paperless ».
La journée du 14 octobre sera consacrée aux visites professionnelles. Du 15 au 17 octobre, les conférences et expositions d’E-Gov’A seront intégrées au dispositif du CITS au Palais des Congrès de Yaoundé.
Cette association ouvre aux entreprises technologiques un accès à l’un des plus importants marchés potentiels du numérique au Cameroun : les administrations publiques camerounaises et africaines engagées dans la dématérialisation de leurs procédures et de leurs services.
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Une ambition inclusive
La première édition du CITS, organisée en 2024, aurait réuni environ 8 000 participants sur place, selon les informations communiquées par les organisateurs. La deuxième édition devra désormais démontrer sa capacité à transformer cette mobilisation en résultats économiques mesurables.
La forte ambition de faire émerger 100 startups capables d’absorber 100 millions d’euros ne pourra toutefois être portée par le seul CITS. Sa concrétisation exige la mobilisation coordonnée des pouvoirs publics, des investisseurs, des banques, des grandes entreprises, des universités, des incubateurs, des partenaires au développement et des entrepreneurs.
Le rendez-vous d’octobre devra donc servir de point de départ à un engagement collectif durable pour transformer les talents et les innovations du Cameroun en entreprises solides, créatrices d’emplois et compétitives à l’international.
Par Digital Business Africa










