[DIGITAL Business Africa] – Les mots couchés dans le roman « C’était ça ou mourir » sont percutants. Si percutants que certains médias et internautes ont du mal à croire qu’un humain en serait le véritable auteur. Depuis le 22 septembre 2026, le roman est sous le feu des critiques ; accusé d’avoir été rédigé à 66 % par l’intelligence artificielle. Un résultat donné par le logiciel américain Pangram. L’ auteur du roman Thélyson Orélien, s’est défendu face à ces accusations.
« J’ai toujours aimé la création et l’écriture, je ne vois pas pourquoi je ferais appel à une machine…Les images, les répétitions et les rythmes sont une parole vivante, elles sont miennes. Mes traditions sont haïtiennes et caribéennes. »
Son éditeur Grasset condamne « fermement tout propos malveillant » qui « blessent affreusement l’écrivain au parcours exceptionnel ».
Le best-seller du Canado-Haïtien Thélyson Orélien, paru le 19 août 2026, a amené certains à se découvrir un talent de critiques littéraires. L’œuvre pulvérise les records en un mois. Prix Fnac du roman, prix des libraires Livres Hebdo, sélections Goncourt, Renaudot, Femina, Médicis et environ 35 000 exemplaires écoulés.
Tous ces prix sont décernés par des jurys compétents généralement composés de centaines de libraires et de lecteurs. Avec une telle ossature, « C’était ça ou mourir » a quand même pu passer le tamis. Les critiques littéraires de circonstance soupçonnent une touche IA à travers des formulations comme: « Pas étouffé. « Juste caché sous des vêtements », « Pas intact ». « Pas fier ». « Pas tout à fait. » « Mais bien là ».
En littérature, on pourrait qualifier ce style d’elliptique, l’art de supprimer des mots dans une phrase volontairement sans en édulcorer le sens originel. Ce style est beaucoup plus employé par les auteurs africains pour créer du non-dit, accélérer le récit ou convoquer l’esthétique de l’oralité. « À bout de sueurs » d’Hakim Bah, paru en 2015 chez Lansman Éditeur, en est une parfaite illustration.
Certains romanciers afro-caribéens questionnent d’ailleurs le système d’entrainement des outils de détection d’IA. Dans une chronique, l’écrivain ivoirien Philippe Pango a demandé si ces outils importés reconnaissent une prose nourrie d’oralité, de rythme, d’imaginaire non occidental.
Et puis, la méthodologie de l’analyse menée par ces critiques. On peut en parler. Des critiques qui ne déclinent pas leur identité et qualités ; des prix décernés au roman par des centaines de libraires et de le lecteurs ; un seul logiciel de détection d’IA utilisé, quand-même ! Tous ces indices peuvent être considérés comme un biais au protocole de vérification, un enterrement du bon sens.
Par Jean Materne Zambo











