[DIGITAL Business Africa] – La jeunesse camerounaise veut prendre une place centrale dans la construction du numérique de demain. C’est le message qui ressort de la 5e édition de la Semaine de l’innovation numérique, clôturée le 31 juillet 2026 au ministère des Postes et Télécommunications (MINPOSTEL). Représentant de l’Union internationale des télécommunications (UIT) pour l’Afrique centrale, Tahiry Rakoto Heriniaina a salué la qualité des solutions présentées par les jeunes innovateurs camerounais, tout en réaffirmant l’engagement de l’organisation à accompagner le pays dans sa transformation numérique.
L’édition 2026 aura surtout permis de mesurer l’appétit de la jeunesse camerounaise pour l’intelligence artificielle, la cybersécurité et l’innovation numérique. Lancé le 22 juin autour du thème « Protéger le cyberespace des dérives de l’intelligence artificielle et promouvoir le patriotisme numérique », le concours national du meilleur projet a enregistré 631 candidatures venues des différentes régions du Cameroun. Vingt projets ont finalement été retenus pour la phase finale, avant leur présentation devant le grand jury le 30 juillet.
Pour Tahiry Rakoto Heriniaina, le niveau des projets constitue un signal fort pour l’écosystème numérique camerounais. Santé, éducation, agriculture, environnement, finance inclusive, cybersécurité ou encore lutte contre la désinformation : les jeunes candidats ont investi des secteurs directement liés aux besoins des populations.
« La jeunesse camerounaise ne subit pas la révolution de l’intelligence artificielle. Elle la façonne avec lucidité et avec patriotisme », a-t-il déclaré.
Au-delà de la compétition, le représentant de l’UIT Afrique centrale voit dans ces initiatives une illustration concrète de la capacité du Cameroun à construire des solutions technologiques adaptées à ses réalités.
Le message est d’autant plus important que l’IA ne doit pas être considérée comme une fin en soi. « La véritable innovation [ne réside] pas dans la technologie en elle-même, mais dans sa capacité à améliorer très concrètement la vie quotidienne de nos concitoyennes et concitoyens », a souligné Tahiry Rakoto Heriniaina.
Cette approche place ainsi l’impact social, économique et environnemental au cœur de l’innovation. Elle rejoint d’ailleurs les critères retenus par le grand jury, qui a notamment évalué l’originalité, la pertinence du problème traité, la cybersécurité et la responsabilité, le patriotisme et la souveraineté numériques, la faisabilité technique, la viabilité économique et la capacité de déploiement des projets.
Pour l’UIT, la remise des prix ne constitue pas une fin. Le représentant de l’organisation a appelé les finalistes à considérer cette étape comme le début d’un parcours entrepreneurial et technologique plus ambitieux.
« Ce concours n’est pas un aboutissement, c’est un point de départ », a-t-il insisté, invitant les jeunes à poursuivre leur apprentissage, à renforcer leurs compétences et à transformer leurs prototypes en solutions réellement déployables.
L’UIT entend notamment mettre à leur disposition plusieurs mécanismes d’accompagnement à travers des initiatives telles que AI for Good, IT Academy, la Skills Coalition et l’Innovation Factory, avec des formations, du mentorat et des plateformes destinées à soutenir les jeunes innovateurs au-delà de la compétition.
Tahiry Rakoto Heriniaina a également replacé la Semaine de l’innovation numérique dans une perspective régionale. Selon lui, les activités organisées au Cameroun s’inscrivent dans les initiatives régionales de l’UIT pour l’Afrique sur la période 2026-2029.
Celles-ci visent notamment à accompagner les États dans la construction d’un écosystème d’intelligence artificielle inclusif et digne de confiance, à soutenir l’innovation digitale, à intégrer davantage l’éthique dans les micro, petites et moyennes entreprises, mais également à renforcer la cybersécurité, la protection des données et la gouvernance numérique.
« Au nom de l’Union internationale des télécommunications, je renouvelle notre engagement à accompagner le Cameroun dans la durée pour une transformation numérique inclusive, sûre et durable à la mesure de l’ambition de sa jeunesse », a affirmé le représentant de l’UIT.
Autre priorité mise en avant : l’inclusion des femmes dans l’économie numérique. Tahiry Rakoto Heriniaina a encouragé les filles et les femmes présentes dans l’écosystème à s’approprier davantage les technologies d’intelligence artificielle et à les adapter aux besoins concrets des populations.
Un message qui trouve une illustration dans le palmarès du concours : le projet SAMS, porté par Britney Muko, a décroché la troisième place et a également été distingué comme meilleure innovation féminine.
Au terme de la compétition, le Prix spécial du président de la République 2026 a été attribué au projet InReach, porté par Faé du Clerc et Momo Christian. Mine Shield, porté par Abdou Hamidou, s’est classé deuxième, tandis que SAMS a complété le podium.
Pour l’UIT, cette édition doit désormais laisser une trace durable. L’ambition affichée par Tahiry Rakoto Heriniaina est claire : faire de cette dynamique le terreau de l’émergence de nouveaux champions technologiques camerounais.
« La 5e édition de la Semaine de l’innovation numérique », souhaite-t-il, doit rester dans les mémoires comme « celle qui aura vu naître les grands champions numériques de demain ».
Par Digital Business AFRICA








