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Ahmed Cissé : « La réussite du PND 2026-2030 reposera sur le niveau d’implication du secteur privé »

[DIGITAL Business Africa]« La réussite du PND 2026-2030 reposera sur le niveau d’implication des acteurs du secteur privé dans leur ensemble. » Pour Ahmed Cissé, président de la Confédération générale des entreprises de Côte d’Ivoire (CGECI), les grands projets numériques annoncés par le gouvernement ivoirien ne pourront atteindre leur plein potentiel que si les entreprises nationales, des startups aux grands groupes, trouvent leur place dans leur conception, leur financement et leur mise en œuvre.

Le président du Patronat ivoirien l’a affirmé le 15 septembre 2026 à Abidjan, lors du FOCUS PND 2026-2030 consacré à la transition numérique et à l’innovation technologique, en présence du ministre Djibril Ouattara. La rencontre, organisée à la Maison de l’Entreprise par la CGECI, vise à présenter au secteur privé les projets inscrits au Plan national de développement et à identifier les possibilités d’investissement et de participation des entreprises.

« Nos entreprises sont prêtes à coconstruire avec l’État les chantiers portés par votre ministère pour faire ainsi du numérique le levier structurant du développement de notre beau pays, la Côte d’Ivoire », a déclaré Ahmed Cissé.

Un message qui intervient alors que le PND 2026-2030 accorde au secteur privé une place centrale. Selon les données présentées par la CGECI, 70,2 % des investissements prévus dans le Plan, soit 114 838,5 milliards de F CFA, sont attendus du secteur privé.

 « Une place de choix » accordée au secteur privé

Ahmed Cissé a d’abord salué la volonté du ministère de la Transition numérique et de l’Innovation technologique d’associer les entreprises aux grandes orientations numériques du pays.

« Monsieur le ministre, je voudrais également relever la place de choix que votre département accorde au secteur privé dans ces initiatives majeures », a-t-il déclaré.

Il a notamment cité la deuxième édition d’IMPACT IA, les Assises nationales sur l’intelligence artificielle organisées du 9 au 11 septembre 2026 à Abidjan, auxquelles la CGECI a été associée.

Cette coopération s’est notamment matérialisée, le 11 septembre, par la signature du Pacte de l’Alliance nationale pour l’intelligence artificielle entre le gouvernement, la CGECI et la Chambre de commerce et d’industrie de Côte d’Ivoire. Le dispositif doit servir de cadre de concertation et de programmation entre l’État, le secteur privé et les organisations professionnelles pour accélérer l’adoption de l’IA.

Ahmed Cissé a également salué l’implication de la Commission Économie numérique et Entreprise digitale (CENED) de la CGECI, actuellement présidée par Néné Fofana, dans les réflexions portées par le patronat sur l’économie numérique.

« Le numérique est le grand vecteur de transformation de notre époque »

Pour Ahmed Cissé, le choix du numérique pour ouvrir le cycle des sessions sectorielles du Focus PND n’est pas anodin.

La première rencontre du dispositif Focus PND 2026 avait été organisée le 22 juin 2026 avec le ministre du Plan et du Développement, Souleymane Diarrassouba, afin de présenter aux entreprises l’architecture générale du PND 2026-2030. La CGECI souhaitait ensuite que les ministères sectoriels viennent détailler leurs projets aux opérateurs économiques.

Le numérique ouvre donc cette nouvelle phase.

« Ce n’est point un hasard si nous débutons par le numérique et l’innovation technologique, qui constituent désormais […] un moteur transversal de notre économie », a expliqué Ahmed Cissé.

Pour le président de la CGECI, la transition numérique ne concerne plus uniquement les entreprises technologiques ou les opérateurs télécoms.

« La transition numérique conditionne la performance de l’administration, la compétitivité du secteur privé, l’employabilité de la jeunesse et la qualité des services essentiels tels que la santé et l’éducation. C’est le grand vecteur de la transformation de notre époque. »

Cette dimension transversale explique, selon lui, la place stratégique accordée à l’économie numérique dans le PND 2026-2030.

Les entreprises veulent connaître les projets, les financements et les calendriers

Mais derrière l’adhésion du patronat à la vision numérique du gouvernement, Ahmed Cissé adresse également une série de demandes très concrètes à l’administration.

Les entrepreneurs veulent d’abord savoir quels projets sont suffisamment matures pour accueillir des investissements privés.

« Les femmes et les hommes d’affaires espèrent ainsi obtenir une meilleure visibilité sur les chantiers retenus, les mécanismes de financement, les formes de partenariats public-privé envisagées et les calendriers d’exécution », a-t-il déclaré.

C’est précisément l’une des raisons d’être du Focus PND : permettre aux entreprises ivoiriennes de mieux identifier les marchés, projets et opportunités issus du Plan national de développement.

La CGECI avait déjà indiqué, lors de la première édition du dispositif, souhaiter que les entreprises locales puissent avoir accès aux opportunités générées par le PND et participer activement à l’exécution des projets.

Ahmed Cissé entend également utiliser ces rencontres pour faire remonter au gouvernement les difficultés rencontrées par les entreprises sur l’ensemble de la chaîne de valeur.

Faire passer le numérique jusqu’à 15 % du PIB

Le président du Patronat ivoirien a par ailleurs rappelé l’ambition affichée par le gouvernement pour l’économie numérique à l’horizon 2030.

« Votre département porte une ambition forte : hisser la contribution de l’économie numérique à 15 % du PIB d’ici à 2030 », a-t-il déclaré à Djibril Ouattara.

Le gouvernement ivoirien situe actuellement la contribution du numérique dans une fourchette de 6 à 8 % du PIB et vise une progression vers 12 à 15 % d’ici 2030.

Ahmed Cissé a également convoqué les projections à plus long terme de la Banque mondiale.

Dans un rapport publié en 2022, l’institution estimait que la contribution totale de l’économie numérique ivoirienne pourrait dépasser 20 milliards de dollars à l’horizon 2050, à condition notamment d’intensifier les investissements dans les infrastructures, les plateformes numériques, les services financiers numériques, l’entrepreneuriat et les compétences.

Pour le président de la CGECI, atteindre ces ambitions nécessitera donc non seulement des investissements importants, mais également des réformes capables d’améliorer l’environnement dans lequel évoluent les entreprises, notamment sur les questions fiscales.

5G, fibre, villes intelligentes, IA : le patronat veut connaître les conditions d’accès

Les entreprises ivoiriennes observent avec intérêt les grands projets annoncés dans le cadre de la nouvelle feuille de route numérique.

Djibril Ouattara a présenté une stratégie organisée autour de sept piliers et d’une quarantaine de projets structurants. Le gouvernement a également engagé le processus de déploiement de la 5G et fait de l’intelligence artificielle l’un des axes de son accélération numérique.

Ahmed Cissé a cité, parmi les chantiers qui intéressent particulièrement les entrepreneurs, la 5G, les villes intelligentes, la Cité de l’innovation, l’extension de la fibre optique ainsi que le développement à grande échelle de l’intelligence artificielle.

La Cité de l’innovation et de la culture avait notamment été annoncée par les autorités ivoiriennes comme un espace destiné à réunir infrastructures technologiques, incubateurs et espaces de création.

Mais pour le patronat, l’enjeu désormais est de passer des annonces aux modalités opérationnelles.

« Nos entrepreneurs sont impatients d’en connaître le degré de maturité et les conditions de participation », a insisté Ahmed Cissé.

Startups, PME et champions nationaux veulent leur place

Le patron de la CGECI insiste surtout sur un point : les grands projets numériques ne doivent pas être réservés aux multinationales ou aux très grandes entreprises.

Le secteur privé souhaite connaître les mesures qui permettront aux startups, PME et champions nationaux ivoiriens d’accéder aux projets.

Ahmed Cissé appelle ainsi à préciser « les mesures envisagées pour faciliter l’implication des startups, des PME et de nos champions nationaux ».

La question des champions nationaux occupe déjà une place importante dans l’agenda de la CGECI. L’organisation patronale a fait de leur accompagnement l’un de ses chantiers stratégiques, tandis que le gouvernement a intégré cette problématique dans ses politiques de développement du secteur privé.

Ce message fait directement écho à celui délivré, au cours de la même rencontre, par Djibril Ouattara. Le ministre a lui aussi estimé que la Côte d’Ivoire ne pourra atteindre son objectif de 15 % de contribution du numérique au PIB sans « des champions nationaux forts capables de porter cette ambition ».

« Nos entreprises sont prêtes à coconstruire avec l’État »

Pour Ahmed Cissé, la question n’est donc plus de savoir si le secteur privé doit participer à la transformation numérique ivoirienne, mais dans quelles conditions il pourra le faire à grande échelle.

« La réussite du PND 2026-2030 reposera sur le niveau d’implication des acteurs du secteur privé dans leur ensemble », a-t-il insisté.

Une implication qui suppose, selon le patronat, davantage de visibilité sur les projets, leurs calendriers, les financements disponibles, les mécanismes de partenariat public-privé et la part qui pourra effectivement revenir aux entreprises nationales.

Et Ahmed Cissé de conclure :

« Nos entreprises sont prêtes à coconstruire avec l’État les chantiers portés par votre ministère pour faire ainsi du numérique le levier structurant du développement de notre beau pays, la Côte d’Ivoire. »

À travers le Focus PND, le dialogue engagé entre le gouvernement et le patronat ivoirien entre ainsi dans une phase plus opérationnelle : après la présentation des ambitions numériques et des 40 projets structurants, les entreprises attendent désormais de connaître les portes d’entrée concrètes qui leur permettront d’investir, de développer des solutions et de faire émerger les champions technologiques ivoiriens de demain.

Par Digital Business Africa

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