[DIGITAL Business Africa] – Suivre deux lièvres à la fois. C’est possible en RD Congo. Le gouvernement congolais et l’ UNICEF comptent sur des enfants de 14 à 24 ans pour assainir le cyberespace au moment où l’école reprend ses droits. On les appelle les « Veilleurs du web ». Autrement dit, ils doivent rester scotchés à leurs écrans pour signaler la moindre incartade d’un internaute véreux.
La fin des fausses informations et des rumeurs en ligne, de la cybersécurité a peut-être sonné. Ces adolescents et jeunes prodiguent des conseils contre le harcèlement et la violence sur les réseaux sociaux. Ils encouragent un comportement citoyen et constructif au sein de la jeunesse connectée. Ils veillent pour éveiller. L’initiative est à saluer.
Question pour deux champions. Quid de l’Autorité de Régulation du numérique (ARN) ou de l’Autorité de Régulation de la Poste et des Télécommunications du Congo (ARPTC) ? Conformément au Code du numérique, l’ARN doit réguler les activités et services numériques. Et l’ARPTC exerce « provisoirement » les compétences de l’ARN.
Les deux institutions semblent désaisies de leur mission pour la confier aux enfants qui n’ont pas le droit d’abandonner leurs cahiers au profit des écrans. La Charte africaine sur les Droits et le Bien-être de I’Enfant » réprouve pourtant le travail de l’enfant en son article 15 :
« L’enfant est protégé de toute forme d’exploitation économique et de l’exercice d’un travail qui comporte probablement des dangers ou qui risque de perturber l’éducation de l’enfant ou de compromettre sa santé ou son développement ».
Dans le cas d’espèce, ce télétravail risque de perturber leur éducation. L’UNICEF et ses partenaires auraient simplement formé ces enfants et jeunes au lieu d’en faire des ambassadeurs actifs de la cybersécurité.
Par Jean Materne Zambo












