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Licences 3G et 4G : l’ART agacée par les abattements accordés à MTN et Orange Cameroun

(TIC Mag) – Interrogé au cours du forum sur les services 3G et 4G dans l’économie numérique au Cameroun tenu du 09 au 10 février 2016 à Yaoundé et organisé par l’Agence de régulation des télécommunications (ART), le DG de l’ART, Jean-Louis Beh Mengue, a laissé entendre qu’il avait été très gêné par l’abattement fiscal accordé à MTN et à Orange Cameroun par le ministre des Finances, Alamine Ousmane Mey, et le ministre en charge des Télécoms de l’époque, Jean-Pierre Biyiti bi Essam, lors des négociations en vue du renouvellement de leur licence télécoms. C’était en 2015.

Déjà, dans un rapport récemment publié par la Commission nationale anticorruption, Garga Haman Adji, affirme que lors de sa mission de contrôle auprès des opérateurs mobiles Orange et MTN, la Conac a pris connaissance de deux protocoles d’accord signés en mars et en juin 2015 par le ministre des Finances et le ministre des Postes et Télécommunications. « Par ces deux ’’protocoles d’accord’’, ces deux autorités ministérielles concèdent un abattement de 60% sur les redevances et contributions dues par Orange Cameroun et MTN Cameroon, mais non encore payées à l’ART, personne morale de droit public, créancière chirographaire légale et exclusive de ces sommes », écrit la Conac. « Cette libéralité, conclût la commission nationale anticorruption, équivaut purement et simplement à un CADEAU de 52 560 058 300 (cinquante-deux milliards cinq cent soixante millions cinquante-huit mille trois cents) F.Cfa, lequel cadeau est généreusement alloué, sur le dos de l’Etat, à Orange Cameroun, pour 28 339 783 500 (vingt-huit milliards trois cent trente-neuf millions sept cent quatre-vingt-trois mille cinq cents) F.Cfa et à MTN Cameroon, pour 24220274 800 (vingt-quatre milliards deux cent vingt millions deux cent soixante-quatorze mille huit cents) F.Cfa ».

D’après les explications du DG de l’ART, au début, lors du renouvèlement des conventions de concession des opérateur MTN et Orange, l’ART avait fixé un montant de droit d’entrée qui couvrait à la fois le renouvellement de la 2G et l’octroi de la 3G. Montant que MTN et Orange ont refusé de payer. D’où le début des négociations qui se sont effectuées sans la présence de l’ART.

Pour Beh Mengue, « il y a donc eu des négociations entre le gouvernement et les opérateurs. Le chef du département des Télécommunications (Jean-Pierre Biyiti bi Essam, ndlr) était celui qui menait ces opérations. Après plusieurs rencontres entre le gouvernement et les opérateurs d’une part, et à l’intérieur du gouvernement d’autres part (avec le ministère des Finances, ndlr), il y a eu des orientations qui ont été données au cours des réunions. Il y avait notamment deux camps. Un camp qui voulait que l’on tourne totalement la page des arriérés et autre impayés au moment où on renouvelle pour que l’on commence sur des nouvelles bases. L’autre camp voulait qu’on dissocie le renouvellement de la convention et les problèmes de sanction et autres impayés. Pendant les réunions qui étaient officielles avec la présence de tous les responsables en rapport avec ce dossier, c’est le camp qui voulait que l’on tourne la page qu’on a suivi. C’est pour cela que les responsables qui devaient donc mener les discussions savaient qu’il fallait régler le problème une fois. Ce n’était pas la décision personnelle d’un individu ».

La Cour des comptes

Plus tard, l’ART sera informée de la décision prise. « C’est par la suite que les résultats de ces négociations nous sommes parvenus. J’avoue qu’en en ce qui nous concerne, puisque je me trouvais dans le camp de la dissociation des deux opérations, cela nous a gêné à l’ART. Parce que nous avons fait les émissions pour un montant pendant plusieurs années et la Cour des comptes doit s’attendre à ce qu’on justifie la contrepartie de cette partie des émissions de recettes. Quand il y a rabattement, cela met en cause l’ART. L’Art n’a pas participé aux négociations », explique le DG de l’ART.

Il faut noter que certains observateurs affirment que le DG de l’ART et le ministre en charge des Télécoms de l’époque s’étaient entendus pour faire des rabattements et prendre des dessous de table. « Ce n’est pas la vérité », tranche Jean-Louis Beh Mengue, qui rejette en bloc toutes ces accusations en indiquant que ce sont les deux ministères de tutelle qui menaient les négociations et non pas l’ART. Leur décision met d’ailleurs en difficulté le régulateur qui a des comptes à rendre à la Cour des comptes, affirme le régulateur. C’est pourquoi son DG interpelle d’ailleurs ouvertement ces deux ministères pour qu’il n’y ait pas de problèmes à l’avenir avec ce dossier.

« Il y a la tutelle technique qui est le ministère des Postes et Télécommunications et la tutelle financière qui est le ministère des Finances qui ont signé le document (portant l’abattement fiscal, ndlr) et en engagent le gouvernement. Pas leur individu. Nous leur disons qu’ils doivent prendre des dispositions réglementaires pour nous donner quitus de ce que nous n’avons pas à répondre de ce qu’il y a dans la différence qu’il y a entre les émissions de recettes et ce qui est effectivement encaissé. Voilà le problème, il n’y a pas de tabou », plaide-t-il.

En rappel, certains journaux comme Le quotidien de l’Economie avaient laissé entendre que c’est le président de la République, Paul Biya, qui aurait validé cet abattement fiscal de 60%.

MTN Cameroon a payé 200 milliards de F.Cfa de taxes, impôts et redevances diverses en 2015

(TIC Mag) – Au cours du forum sur les services 3G et 4G dans l’économie numérique au Cameroun tenu du 09 au 10 février 2016 à Yaoundé et organisé par l’Agence de régulation des télécommunications (ART), l’opérateur mobile MTN Cameroon a dressé un bref bilan de sa contribution à l’économie camerounaise. D’après Serge Esso, le directeur central des Affaires publiques de MTN Cameroon, qui présentait ce bilan, pour la seule année 2015, la filiale du groupe sud-africain a payé au Cameroun sous forme de taxes, impôts et redevances diverses près de 200 milliards de francs Cfa.

« Depuis son installation au Cameroun, MTN a investi plus de 800 milliards de Francs CFa pour construire des infrastructures de télécommunications modernes qui permettent de renforcer les liens et désenclaver les zones les plus éloignées du pays. Mtn Cameroun est également reconnu comme l‘un des plus gros contributeurs de l’Etat. Depuis 2010, nous avons payé pour plus de 600 milliards de francs Cfa à l’Etat et à ses organismes sous forme de taxes, impôts et redevances diverses dont près de 200 milliards de francs Cfa pour la seule année 2015 », a déclaré Serge Esso.

Dans un communiqué publié le 12 février 2015, l’entreprise a indiqué avoir payé en quatre ans au gouvernement camerounais sous forme de taxes, impôts, redevances diverses et renouvellement de sa licence 542,65 milliards de F.Cfa. : « Entre 2010 et 2014, MTN a payé 467,65 milliards de francs CFA au gouvernement camerounais et à l’Agence de régulation des télécommunications sous forme d’impôts, taxes et redevances payés dans le strict respect de la réglementation en vigueur. MTN Cameroon a également payé 75 milliards de francs CFA à l’Etat pour le renouvellement de sa licence en 2015 », indique l’entreprise.

Un chiffre d’affaires de 312,5 milliards de F.Cfa en 2015 ?

En ce qui concerne la répartition de son chiffre d’affaires, le communiqué de MTN Cameroon indique qu’elle « reverse à l’Etat en moyenne près de 40% de son chiffre d’affaires annuel. Dans le même temps, 53,1% de ce chiffre d’affaires annuel est réinvesti dans l’entreprise et l’économie locale, sous forme de renforcement des infrastructures et de paiement des salaires des employés, des factures des fournisseurs de services, des commissions des partenaires de la distribution ; sans oublier les activités de la Fondation MTN qui continuent de recevoir une reconnaissance nationale ».

Si l’on soustrait les 75 milliards de F.Cfa consacrés au renouvellement de sa licence (obtention de la licence 3G et 4G), l’on se rend compte que les taxes, impôts et redevances diverses pour l’année 2015 payés par MTN se sont élevés  à 125 milliards de Francs Cfa. Etant donné que l’entreprise affirme qu’elle reverse à l’Etat en moyenne près de 40% de son chiffre d’affaires annuel, l’on peut donc supposer que le chiffre d’affaires de MTN Cameroon pour l’année 2015 s’est élevé en moyenne à près de 312,5 milliards de F.Cfa. [A confirmer. Les chiffres seront publiés en mars]. Il faut noter que pour l’année 2014, la filiale du sud-africain MTN avait réalisé un chiffre d’affaires de 283,3 milliards de fcfa et enregistré un accroissement de 6,9% de ses revenus.

D’après Serge Esso, avec près de 10 millions d’abonnés actifs et 57% de parts de marché, MTN Cameroon est non seulement le leader de la téléphonie mobile, mais aussi « le premier opérateur à avoir lancé la 4G dans notre pays ». Dans ce sens, le directeur central des Affaires publiques de MTN indique qu’« au cours de ses quinze premières années d’activité au Cameroun, MTN a contribué à apporter de la modernité, du progrès, de la richesse au Cameroun et aux Camerounais. Notre volonté aujourd’hui est de jouer un rôle déterminant dans le développement de l’économie numérique qui est un élément essentiel dans la croissance et l’émergence continue du Cameroun pour l’année 2016. Nous pensons que le Cameroun doit être présent au partage de la manne numérique ». Mais, Serge Esso précise que le pays doit encore faire des efforts, car le Cameroun ne remplit pas encore toutes les conditions pour une réelle économie numérique.

Dans son bilan, l’opérateur mobile relève également qu’il a contribué au développement de dizaines d’entrepreneurs camerounais « qui ont grandi avec nous comme sous-traitants ou fournisseurs de biens et services » et qui ont créé une main d’œuvre évaluée à plus de 100 000 personnes. L’entreprise elle-même affirme avoir 650 employés directs et des dizaines de milliers d’emplois indirects.

L’importance des SVA dans l’émergence de l’économie numérique au Cameroun

TIC Mag publie la tribune libre de Pierre-François KAMANOU, directeur général de GTS-Infotel Cameroon, qui plaide au sujet de la place des opérateurs de Services à valeur ajoutée dans l’univers des télécoms au Cameroun.

Organisé par l’Agence de Régulations des Télécommunications (ART), il s’est tenu du 9 au 10 Février 2016, le premier Forum sur les services 3G/4G dans l’économie numérique au Cameroun. L’un des objectifs de ce Forum était de mettre en place un nouveau type de partenariat entre les opérateurs concessionnaires de réseau mobile et les fournisseurs d’accès télécom (Internet et Mobile) titulaires de licence, appelés aussi opérateurs alternatifs de télécommunications, en vue de dynamiser le sous-segment des fournisseurs de services de communications électroniques à valeur ajoutée (FSVA), dont la part de marché dans l’économie numérique reste négligeable. C’est le thème de l’un des 2 exposés que j’ai présenté pour le compte du CONESTEL, l’Association des opérateurs alternatifs de télécommunications au Cameroun.

Je voudrais tout d’abord adresser mes félicitations à l’ART pour avoir organisé ce premier Forum qui a réuni les dirigeants des opérateurs concessionnaires et les autres acteurs du secteur. Je remercie également l’ART pour l’opportunité à moi offerte de présenter une fois de plus au cours de mon exposé, notre demande aux opérateurs mobiles d’un nouveau mode d’interconnexion de type « Télécom » adapté à notre nouvelle activité d’opérateur mobile virtuel de numéros SVA, pour le développement des Fournisseurs SVA locaux.

Malheureusement, aucune réponse à notre demande n’a été fournie à l’issue des présentations des 3 opérateurs mobiles. Ils se sont contentés de présenter l’unique modèle d’interconnexion de type « API » pour les Fournisseurs SVA locaux, sans faire cas du modèle d’interconnexion « Telecom » qu’ils offrent aux Fournisseurs SVA internationaux. Cela permet ainsi aux opérateurs mobiles de garder le contrôle entier de ce sous-segment du marché des services mobiles à valeur ajoutée, le domaine à fort potentiel de développement de l’économie numérique.

A cet effet, il convient de rappeler les principaux objectifs visés par la réforme du secteur des télécommunications engagée depuis 1998 et contenus dans la Loi sur les télécommunications, qui s’est traduite par l’introduction de 2 opérateurs mobiles internationaux (Orange et MTN) dans le marché :

  1. Améliorer l’offre globale des services de télécommunications du point de vue quantité, qualité et à des prix accessibles, et faciliter l’accès au plus grand nombre de la population y compris en zone rurale, pour répondre aux besoins multiples des utilisateurs et de la population,
  2. Favoriser la participation des opérateurs économiques privés nationaux, surtout dans le domaine de la libéralisation des services à valeur ajoutée (téléphonie mobile cellulaire, transmission de données, fourniture d’accès Internet, …….),
  3. Assurer la contribution de ce secteur au développement économique et social du pays.

Sur le premier objectif, le bilan est mitigé avec un taux de pénétration mobile de 80% bien que la qualité de service reste à améliorer, mais on note un très faible taux de pénétration Internet mobile de l’ordre de 5%, alors que la moyenne africaine est de 8%. Alors qu’en Occident, on a atteint la saturation de la population connectée et on est entré dans l’ère des objets connectés (Internet Of Things) qui va révolutionner les modes de fonctionnement dans tous les secteurs de la vie économique et sociale.

S’agissant des 2 autres objectifs mentionnés plus haut et correspondent aux indicateurs de la dynamisation de l’économie numérique, force est de reconnaître qu’après plus de 15 ans suivant la libéralisation du secteur des télécommunications, ils sont loin d’être atteints.

A cet égard, le constat de retard pris dans le développement de l’économie numérique fait par le Président Paul Biya dans ses 2 discours du 31 décembre 2015 et 10 février 2016 est salvateur, d’autant qu’il interpelle tous les acteurs de la chaîne de valeur (Institutions publiques, Professionnels du secteur des télécommunications et TIC, Entreprises, Jeunes) à se mobiliser davantage pour l’émergence d’une véritable économie numérique en vue d’un Cameroun émergeant.

C’est ainsi que l’ART, ayant pris conscience de la situation d’atonie du segment de marché des SVA, a organisé ce premier forum pour dresser un bilan de l’état des lieux et rappeler l’obligation d’interconnexion entre tous les opérateurs soumis au régime de l’Autorisation (de type Concession et Licence) conformément à la nouvelle Loi sur les Communications électroniques de 2010. Il s’agit là d’une condition indispensable à la dynamisation du soussegment des fournisseurs SVA, et par conséquent au développement du marché des services en ligne, socle de l’économie numérique.

Les deux bases du développement de l’économie numérique

En effet, le développement de l’économie numérique repose sur 2 bases : une base des personnes connectées correspondant aux consommateurs ou utilisateurs potentiels de produits numériques, et une base de sites connectés regroupant les entreprises, les administrations et les datacenters dans lesquels les produits numériques sont hébergés sur les plateformes pour être accessibles au plus grand nombre d’utilisateurs via les canaux mobiles : GSM (Voix, SMS, USSD) ou Internet (Voix, SMS, Image, Video). La croissance de cette économie numérique se mesure par le volume de transactions entre les abonnés mobiles /internet et les plateformes de services en ligne fournies par les fournisseurs SVA.

Afin de combler le retard dans le développement de cette économie numérique, il s’agit donc d’une part d’accroître de manière significative le nombre d’abonnés mobile internet et le nombre de sites connectés, et d’autre part de développer et héberger des milliers d’applications ou services à valeur ajoutée, puis les mettre en ligne afin de les rendre accessibles via les canaux mobile GSM et/ou Internet.

C’est le rôle des opérateurs concessionnaires de développer davantage cette base de personnes et d’entreprises connectées, avec une meilleure qualité de service. Ces opérateurs peuvent également fournir des services à valeur ajoutée à leur base d’abonnés mobiles, en établissant des partenariats avec des fournisseurs d’applications ou de contenus. C’est d’ailleurs à ce jour la seule solution pour monétiser des services mobiles à valeur ajoutée et générer des revenus. En d’autres termes, ce sont les opérateurs concessionnaires qui contrôlent toute la chaine de valeur, assurant la gestion  des abonnés connectés, ainsi que la mise en ligne et la distribution des produits numériques.

Par analogie avec le secteur de l’économie traditionnel, on se retrouve dans une situation de monopole où c’est une seule classe d’acteurs qui assure tous les types de transport (terrestre, aérien et maritime) sur le plan local, national et international, et qui de plus décide des  personnes, des biens et services utilisant leurs différentes routes.

Afin de palier à cette situation, il est impérieux de faire évoluer l’écosystème des TIC avec l’introduction d’opérateurs alternatifs de télécommunications spécialisés dans la fourniture d’accès mobile aux services à valeur ajoutée à travers tous les réseaux mobiles et sur tous les canaux GSM : Voix, SMS, USSD.

C’est en fait le projet que je porte depuis que j’ai décidé de créer GTS-Infotel Cameroon en 2002 dont la vocation est de devenir un opérateur mobile virtuel SVA. A cet effet, il nous a fallu attendre plus de 15 ans pour obtenir du Régulateur une licence de services support de communications électroniques ainsi que des milliers de numéros longs SVA à préfixe 8 du plan national de numérotation, nous positionnant ainsi comme le premier opérateur alternatif de télécommunications mobiles.

Ceci a été le même cas au Nigeria où notre société-sœur GTS-Infotel Nigeria a également obtenu récemment une licence de services de numéros SVA  après 10 ans d’endurance. D’où le prix de pionnier de développement des services à valeur ajoutée au Nigeria qui m’a été personnellement attribué le 30 octobre 2015 par ATCON, l’Association des sociétés de télécommunications du Nigeria. Aussi, je tiens à remercier la Ministre des Postes et Télécommunications, Mme Minette Libom Li Likeng, qui m’a adressée une lettre de félicitation et d’encouragement en ses termes: « Je saisis cette occasion pour vous encourager à persévérer dans cette voie de l’excellence et à continuer de développer au Cameroun, le segment de marché des services à valeur ajoutée dont le potentiel reste important ».

Il convient de noter qu’au Nigeria, il existe déjà plusieurs centaines de sociétés locales détenues par des nationaux, exerçant les activités d’opérateurs alternatifs de télécommunications tels que : Accès Internet très haut débit 4G-LTE, Transmission de données par Fibre optique, Terminaison d’appels Voix & SMS, Numéros vert & alphanumériques. De plus dans le domaine des SVA, les opérateurs mobiles sont interdits d’établir des partenariats avec des fournisseurs SVA internationales n’ayant pas une structure locale. On peut aussi remarquer qu’il existe dans tous les pays d’Europe, des milliers d’opérateurs alternatifs de télécommunications exerçant dans un ou plusieurs sous-segments de l’industrie des TIC, notamment celui des numéros SVA longs et courts (numéro vert, banalisé, surtaxé).

En conséquence, il devient urgent que les opérateurs concessionnaires mettent en place une offre de services d’interconnexion multicanal (Voix, SMS, USSD) pour les opérateurs titulaires de licence, disposant des ressources en numérotation en vue du développement des Fournisseurs SVA déclarés ou non, et permettre à des milliers de fournisseurs de services Web/IT de devenir des fournisseurs de services TIC.

En conclusion, l’émergence de l’économie numérique repose sur la mise en place d’une infrastructure des services d’accès Mobile multicanal (via les numéros mobiles virtuels) associée aux infrastructures des services d’accès Internet (via les adresses IP),  afin de permettre le développement et la mise en ligne des centaines de milliers de plateformes d’application et de contenus locaux  à valeur ajoutée accessibles à l’ensemble des abonnés mobiles internet. C’est ainsi que l’on pourra bénéficier à court terme des dividendes de l’économie numérique en termes d’accélération de la croissance, de création d’emplois, et d’amélioration de la qualité de service et de l’expérience client.

Tribune libre publiée par Dr. Ing. Pierre-François KAMANOU, Directeur Général de GTS-Infotel Cameroon


A propos de l’auteur

Pierre-François KAMANOU est un franco-camerounais âgé de 56 ans. Il est titulaire d’une Maîtrise en Sciences Physiques obtenu à l’Université de Yaoundé, d’un diplôme d’Ingénieur SUPELEC Paris et d’un diplôme de Doctorat d’Ingénieur SUPTELECOM Paris.

Il débute sa carrière professionnelle en 1985 à Alcatel France comme Ingénieur d’études pendant 8 ans, où il participe notamment à l’élaboration des spécifications GSM.

En 1994, il rejoint TELEMATE Mobile Consultants, une filiale du groupe France Telecom, où il a en charge l’optimisation du réseau GSM Itinéris à Paris.

En 1995, il crée la filiale française du groupe anglais MSI  (fondé par le Dr. Mohamed Ibrahim), spécialisé dans la fourniture du logiciel PLANET de planification et optimisation des réseaux mobiles GSM en France et dans plusieurs pays en Afrique.

En 1997, il devient Directeur « Business Development » au sein du nouveau groupe MSI/Cellular Investments crée par le même Dr. Mohamed Ibrahim, maison-mère des filiales CELTEL en Afrique, devenue ZAIN puis AIRTEL. A ce titre, il est en charge de l’acquisition de licences d’Opérateur mobile dans les pays francophone : Cameroun, Sénégal, Tchad, Centrafrique, Congo, Togo, Côte d’Ivoire.

En 1999, il devient le premier Directeur Général de Telecel Gabon, le 3ème opérateur mobile GSM au Gabon.

En 2001, il crée le groupe Global Telecom Services Africa en France puis sa 1ère filiale GTS-Infotel au Cameroun en 2002, qui obtient la première licence de services de télécommunications à valeur ajoutée de type audiotex.

En 2004, en tant que Consultant, il occupe les fonctions de Directeur des opérations chez Alcatel au Nigeria, en charge du déploiement du réseau GSM/2,5G de l’Opérateur Globacom.

En 2005, il crée la 2ème filiale GTS-Infotel au Nigeria, et occupe jusqu’à ce jour les fonctions de Directeur Général, cumulativement à celles de GTS Africa et de GTS-Infotel Cameroon.

KAMANOU, en qualité d’Expert UIT, a réalisé de nombreuses missions d’études d’ingénierie radio dans plusieurs pays africains. En Octobre 2015, il reçoit le prix de Pionnier du développement des services de télécommunications à valeur ajoutée au Nigeria décerné par ATCON, l’Association des Sociétés de services de télécommunications du Nigeria.


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D’après Jean-Louis Beh Mengue, MTN Cameroon propose la 4G de la débrouillardise avec la 2G

(TIC Mag) – L’Agence de régulation des télécommunications (ART) du Cameroun a organisé un forum sur l’apport des services 3G et 4G dans l’économie numérique du 09 au 10 février 2016 à l’hôtel Mont Fébé à Yaoundé. Occasion pour TIC Mag d’interpeller le directeur général de l’ART sur l’effectivité de la 4G au Cameroun. « Pourquoi l’ART n’a pas toujours attribué les fréquences pour la 4G aux deux opérateurs MTN et Orange ? », a demandé Beaugas-Orain Djoyum, le directeur de publication de TIC Mag, à Jean-Louis Beh Mengue, le DG de l’ART.

De prime abord, le DG de l’ART a remercié TIC Mag pour cette question qui, dit-il, lui « donne l’occasion d’éclairer un malentendu qui persiste depuis la semaine dernière à partir de Douala ». « On part d’une concurrence entre deux sociétés dont chacune se dit première de la 4G. Et on pose la question à l’ART de confirmer qui est vraiment le premier ou ne l’est pas. Nous disons que nous sommes à une position où les gens vont faire une course ; où nous disons « à vos marques, prêts, … » ; mais on n’a pas dit « partez ». Personne n’est parti, mais il y a des premiers. C’est cela que nous ne comprenons pas », a-t-il commenté.

« Pour revenir à la vraie question, il faut vous expliquer. Il n’y a pas de tabous dans ces questions.  Quand il s’est agi de préparer les dossiers de renouvellement de concessions, c’est l’ART qui a préparé ces dossiers ainsi que les cahiers de charges qui accompagnent le renouvellement de concession. Nous les préparons sur les indications du gouvernement qui est de renouveler la 2G pour les deux opérateurs et de donner la 3G. Voilà les instructions qu’on avait reçues du gouvernement. Nous préparons donc ces documents pour renouveler la 2G et donner la 3G. Mais, alors que nous avions déjà transmis notre dossier à notre hiérarchie, par la suite il y a eu une évolution dans la position du gouvernement qui voulait que l’on donne la 4G. Nous avons ajouté la 4G dans la convention concession, mais les cahiers de charge où l’on devait mettre les périmètres de contrôle de cette 4G n’existent pas. Ni les fréquences qui doivent accompagner la 4G pour la raison simple qu’il y avait la conférence mondiale des radiocommunications et que c’est à partir des résultats de cette conférence qu’on devrait déterminer très précisément quelles sont les fréquences de la 4G qu’on peut donner aux opérateurs. Le document est donc signé avec ces insuffisances. Dans les faits, ils ont officiellement la 4G. Et ils n’ont ni les fréquences et nous n’avons ni cadre de contrôle ou de confirmation qu’il existe la 4G », a expliqué Jean-Louis Beh Mengue.

Jean-Louis Beh Mengue TIC Mag

En clair, Orange et MTN Cameroon n’ont pas encore les fréquences pour la 4G. Au sujet de la 4G revendiquée par MTN Cameroon, le DG de l’ART a également apporté des précisions. Car quelques jours plus tôt, il avait affirmé comme TIC Mag l’avait rapporté que : « (…) Mais en fait, elle est déjà opérationnelle à MTN ».

4G avec les fréquences de la 2G

« On nous dit qu’il y a un premier et un dernier. Mais en fait, on s’est rendu compte, mes ingénieurs me l’ont dit, s’il y a une 4G qui est exécuté aujourd’hui, c’est avec les fréquences que l’ART avait donnée pour la 2G. On s’est rendu compte qu’avec les fréquences de la 2G on pouvait faire la 4G. Je crois que tous les opérateurs pouvaient le faire, mais c’est un seul qui l’a fait. L’autre ne l’a pas fait. Alors, en passant par la 2G, ils ont leur 4G. Mais, parce qu’on est en train de prendre une bande de la 2G pour cette 4G, tous les abonnés qui ont les terminaux de la 2G sont en difficulté, parce qu’il y a un engorgement dans la bande de fréquences de 2G. Et c’est pour cela qu’il y a eu une mauvaise qualité de service. Mais, comme ce sont des fréquences que nous avons données à des sociétés, à partir du moment où on leur donne la fréquence, la fréquence leur appartient. Qu’ils l’utilisent ou pas, ce n’est pas notre problème, parce qu’ils nous ont payé la contrepartie de cette assignation », déroule le DG de l’ART.

En réalité donc, précise Jean-Louis Beh Mengue, MTN Cameroon « a une 4G obtenue par la débrouillardise des ingénieurs et l’autre attend les fréquences qu’on a pas encore données ». Le DG indique que ses services ont déjà fait des propositions à la hiérarchie pour leur assigner les fréquences pour la 4G à MTN et Orange et que ses services rédigent en ce moment « le périmètre référentiel de contrôle » pour affirmer qu’il y a la 4G.

« Nous travaillons sur la base des textes. Quand il n’y a aucun texte, nous ne pouvons pas affirmer qu’il y a la 4G au Cameroun. Sur la base de quoi ? Voilà la vérité sur cette affaire. Officiellement, l’on doit donner les fréquences de 4G à MTN et à Orange. Deuxièmement, dans les cahiers de charge des conventions de concession, nous devons ajouter des paragraphes pour le périmètre de contrôle du fonctionnement de la 4G qui n’existe pas aujourd’hui. C’est à partir de ce moment-là que nous saurons dire qui est premier et qui est dernier », conclu Jean-Louis Beh Mengue.

Clair comme l’eau de roche. Donc, pas de fréquences 4G à MTN et à Orange et pas encore de véritable 4G au Cameroun.

Pour MTN Cameroon, l’exclusivité de Camtel sur la fibre optique freine l’économie numérique

(TIC Mag) – C’est un sujet qui tient à cœur les opérateurs mobiles et les fournisseurs d’accès Internet du Cameroun. La pose et le déploiement de la fibre optique interurbaine. Seul l’opérateur historique Camtel a l’exclusivité en la matière. Lors du forum sur la 3G et la 4G organisé du 09 au 10 février 2016 à Yaoundé par l’Agence de régulation des télécommunications (ART), l’opérateur mobile MTN Cameroon n’a pas manqué l’occasion de revenir sur la question. La société Orange Cameroun, l’un des trois opérateurs privés de téléphonie mobile, avait par exemple été condamné le 21 juin 2011 à payer à l’Art une pénalité de trois milliards deux cent millions (3 200 000 000) de francs Cfa pour établissement des liaisons de transmission inter urbaines sans autorisation. L’opérateur avait illégalement installé cette fibre optique.

Serge Esso, le directeur central des Affaires publiques de MTN Cameroon, qui portait la voix de MTN à ce forum a posé le problème sur la table. « A mon avis, nous sommes en famille et nous devons mettre un certain nombre de choses sur la table sans que cela ne froisse les uns et les autres. On a l’exclusivité de Camtel sur le déploiement de la fibre optique interurbaine. Nous avons souligné dans notre exposé que cette exclusivité était de nature à ralentir le déploiement de la fibre optique au Cameroun et le rattrapage nécessaire qui est voulu pour que notre pays arrive à un niveau suffisant pour permettre de vivre pleinement la 3G et la 4G. Ce n’est pas en maintenant le statu quo actuel qu’on va arriver à atteindre cet objectif-là », a déclaré le représentant de MTN.

D’après lui d’ailleurs, cette exclusivité est tombée de fait « puisque nous avons nos amis de Viettel ont déployé la fibre optique dans l’ensemble du territoire sans qu’il n’en ait été fait grand cas dans la communauté des télécommunications, dans le secteur public ou dans le secteur privé. Nous considérons que c’est une exclusivité qui tombe de fait ».

Autorisation partielle

Néanmoins, rappelle-t-il, les licences télécoms renouvelées en 2015 (au mois de mars pour MTN) autorise l’opérateur à déployer la fibre optique pour l’instant en milieu urbain et à l’intérieur des départements. « Nous avons commencé à le faire et nous entendons poursuivre cette autorisation officielle sans entrave », relève Serge Esso.

Selon MTN, c’est par une libéralisation, une inflexion de la politique actuelle de gestion de la fibre optique au Cameroun que les coûts vont baisser. D’ailleurs, ce n’est pas simplement une question de coûts, mais également une question de qualité de service, rappelle l’opérateur télécoms. « On veut bien être « accountable » quand on nous interpelle sur la qualité de nos communications électroniques, mais pour être « accountable », il faut avoir tout entre ses mains. Si on n’est pas maitre de la fibre optique qu’on utilise ou si alors on n’a pas à disposition une fibre optique de qualité posée correctement et entretenue selon les règles de l’art, on aura toujours à faire face à un certain nombre de question liées d’une part au coût qui est répercuté sur le consommateur direct, mais aussi sur la qualité de service dont tous les citoyens et consommateurs pâtissent », explique le directeur central des affaires publiques de MTN Cameroon.

Réagissant à ces déclarations, Sosthène Bounoung Essono, le directeur des Licences, de la Concurrence et de l’Interconnexion à l’Agence de régulation de télécommunications (ART), a tenu à préciser que l’exclusivité sur la fibre optique n’est pas tombée comme l’a laissé entendre MTN. « Viettel a une autorisation conformément à la réglementation en vigueur pour déployer la fibre optique après avoir fait le constat de la carence de Camtel. Les dispositions sont technologiquement neutres. L’autorisation que Viettel a est la même que celle que Orange et MTN ont eu jusqu’à présent pour les faisceaux hertziens. C’est le même type d’autorisation, parce qu’il n’y a pas un type d’autorisation pour la fibre optique et un autre pour les faisceaux hertziens », a-t-il expliqué.

« L’exclusivité demeure et cette exclusivité c’est pour les transmissions interurbaines quel que soit la technologie qui existe, ajoute-t-il. Et tout ce qui se déploie aujourd’hui, c’est conformément à cet arrêté sur les transmissions interurbaines. Et je voudrais rappeler que l’arrêté qui donne les droits exclusifs à Camtel est le même qui ouvre la possibilité pour donner des autorisations spéciales. Aujourd’hui, les opérateurs de téléphonie mobile peuvent se déployer, parce qu’il y a eu cet arrêté qui a cadré les conditions de déploiement des infrastructures de transmission. »

Camtel, Huawei et Sitelcam

Au sujet des plaintes de MTN sur la qualité de la pose de la fibre optique, Sosthène BOUNOUNG ESSONO a fait quelques confidences : « Je me dois de rappeler certains différends qu’il y a eu au niveau de l’Art. Je parle sous le contrôle de mon directeur général. Il y a eu un problème de fibre optique à Douala entre MTN et Camtel. MTN a décrié la manière avec laquelle la fibre était posée. Le DG de Camtel a demandé à MTN qui a posé votre fibre optique ? MTN a répondu que c’est Huawei. Qui pose la fibre optique de Camtel ? C’est Huawei. Alors, quand Huawei pose pour Camtel il pose mal et quand il pose pour MTN c’est bien posée ? Donc, il y a ces problématiques qu’il faudrait regarder. »

En rappel, la loi n° 2010/013 du 21 décembre 2010 régissant les communications électroniques au Cameroun dispose que ceux qui veulent établir et exploiter les réseaux de communications électroniques à couverture nationale ouverts au public, à l’exclusion des réseaux de transport et ceux qui veulent établir et exploiter
les réseaux de transport de communications électroniques, y compris l’exploitation des stations d’atterrissage des câbles  sous-marins et les téléports vers un ou plusieurs réseaux à satellites, doivent être adjudicataire d’une convention de concession issue d’un appel à concurrence et doivent respecter les clauses des cahiers de charges.

Cet appel à concurrence n’est toujours pas lancé et c’est le statu quo qui reste en faveur de Camtel. L’ancien ministre en charge des Postes et Télécommunications, Bello Bouba Maïgari, avait proposé en 2009 la création de la Sitelcam, une société étatique spécialisée dans le déploiement des infrastructures de télécommunications, y compris de la fibre optique. Cela au bénéfice de l’ensemble des opérateurs privés et publics. Le projet, bien que salué par certains experts, avait été mis au placard.

Cameroun : voici pourquoi MTN et Orange n’ont pas la 4G

(TIC Mag) – Depuis près de deux mois, les deux principaux opérateurs mobiles du Cameroun affichent et continuent d’afficher des annonces dans les rues revendiquant chacun le titre de premier opérateur 4G au Cameroun. Si dans les déclarations des uns et des autres on peut désormais y voir un peu plus clair, il n’en demeure pas moins vrai que jusqu’à ce moment aucun de ces deux opérateurs mobiles ne propose réellement les services 4G.

La directrice d’Orange Cameroun a clairement indiqué récemment comme l’a rapporté TIC Mag que « les fréquences pour émettre la 4G n’ont été attribuées pour le moment à aucun opérateur ». Affirmation récemment confirmée par le régulateur télécoms, l’ART. MTN Cameroon pour sa part continue à travers ses déclarations publiques de revendiquer la possession de cette 4G, notamment grâce aux prouesses techniques de ses ingénieurs en dépit de l’absence de ces fréquences. Comme l’a indiqué toujours sur TIC Mag Georges Mpoudi Ngolle, ex Chief Information officer de MTN Cameroon, et actuel GM de MTN Business. « Nous ne sommes pas en train de parler d’une théorie de lancement. Il y a un opérateur qui fait du bruit, qui fait de la publicité mensongère pour être clair. Ils n’ont pas encore reçu de fréquences. Ils ont un problème de spectre de fréquences. Pendant ce temps, il y a un autre opérateur qui a lancé la 4G, mais le message qui est dit c’est que la bataille se joue simplement sur le terrain de la communication. Ce n’est pas vrai ! », affirmait-il.

A présent donc au Cameroun, seul MTN Cameroon maintient qu’elle offre les services 4G. Son principal argument, qu’importe la technologie utilisée, l’utilisateur final a des débits descendants correspondants aux débits de la 4G. Dans la réalité, ceux qui ont testé la 4G de MTN affirment qu’ils parviennent à lire des vidéos et voir des films sur Internet sans interruptions, même si cela peut varier selon que l’on soit au centre des quatre villes connectées 4G ou dans les quartiers. Car, il arrive qu’en fonction du quartier, cette 4G n’apparaisse plus sur le smartphone laissant place à la 3G. Concernant les débits descendants sur les smartphones, les mobinautes qui l’ont testé avec l’application Speedtest affirment qu’il leur arrive d’avoir, en fonction de l’heure de la journée et du quartier, des débits descendants pouvant aller jusqu’à 60 Mbps et des débits montants atteignant près de 23 Mbps.

Si l’on met de côté le volet des fréquences normales de la 4G qu’ils n’ont pas encore, et qui en soi met déjà en doute leur 4G, pour nous intéresser aux débits qu’ils proposent, l’on pourrait valablement se poser la question de savoir si avec ces débits (60 Mbps ou 17 Mbps, voir les tweets) l’on est vraiment dans la 4G telle que définie par les experts. Cela nécessite de comprendre ce qu’est la 4G.

Ce qu’est la 4G

Les experts s’accordent à dire que la 4G désigne la quatrième génération du réseau de téléphonie mobile qui a comme spécificité l’introduction du très haut débit via le protocole Internet (IP) pour le transport des communications vocales et des SMS sous forme de paquets de données. Surtout, les débits de la 4G sont définis. Car, la 4G est régie par des normes internationales édictées par l’Union internationale des télécommunications (UIT). Et c’est depuis l’année 2008 que les experts du département de radiocommunication de l’UIT se sont réunis pour définir de commun accord ce qui constituait les caractéristiques de la 4G encore appelée IMT-Advanced ou International Mobile Telecommunications-Advanced. En 2012, ces experts se sont à nouveau réunis du 23 au 17 février 2012 à Genève en Suisse lors de la Conférence mondiale de Radiocommunication pour confirmer ces normes de la 4G et déterminer ses détails. Chaque opérateur mobile qui offre cette technologie se doit donc de satisfaire à plusieurs exigences. Parmi ces exigences (les télécharger en cliquant ici), la fourniture sur le smartphone d’un débit descendant de 100 Mbit/s en mobilité rapide et d’un débit d’un Gbit/s en stationnaire. Quand on dit 100 Mbps (Mégabits par seconde) en mobilité rapide cela veut dire que si vous êtes dans un véhicule qui roule à 60 km/h, vous devez être en mesure d’avoir exactement ce débit descendant sur votre smartphone. Ce qui vous permet de télécharger en quelques minutes des gigas de vidéos. Et quand on parle d’un gigabit par seconde en stationnaire, c’est 1 000 Mbps, soit une connexion est ultra rapide. Pour leur part, les débits montants avec la 4G doivent être en moyenne de 500 Mbps.

Aussi, il faut noter qu’avec la 4G, le réseau doit être totalement IP avec commutation de paquets. C’est aussi ce qu’avait préconisé l’Union internationale des télécommunications (UIT) dans sa définition de l’IMT-Advanced en 2008. L’UIT avait indiqué que les systèmes IMT-Advanced sont « des systèmes qui donnent accès à un large éventail de services de télécommunications, y compris les services mobiles avancés, soutenus par des réseaux fixes et mobiles, qui sont de plus en plus basés sur des paquets ». Les groupes d’études de la branche Radiocommunication de l’UIT avaient également défini les principales caractéristiques de la 4G qui sont : « la compatibilité des services de l’IMT et avec les réseaux fixes ; la capacité de l’interfonctionnement avec d’autres systèmes d’accès radio ; les services mobiles de haute qualité ; un équipement approprié pour les utilisateurs pour une utilisation dans le monde entier ; des applications conviviales, des services et des équipements; une capacité de roaming dans le monde entier ; l’amélioration des débits de pointe pour soutenir les services et applications avancés (100 Mbps en mobilité rapide [train, voiture, ndlr] et 1 Gbps en faible mobilité [Au bureau, à domicile ou dans un lieu public, bref en stationnaire, ndlr] ont été mis en place en tant que cibles pour la recherche). » « Ces fonctionnalités permettent aux systèmes IMT-Advanced de répondre à l’évolution des besoins des utilisateurs. Les capacités des systèmes IMT-Advanced sont constamment améliorées en droite ligne avec les tendances des utilisateurs et les développements technologiques », ajoute l’UIT.

La « LTE-Advanced »

Il faut aussi noter qu’en décembre 2010, l’UIT avait décidé que la « LTE-Advanced » et le «WirelessMAN-Advanced » devaient avoir la désignation officielle de l’«IMT-Advanced ». La LTE étant entendue comme Long Term Evolution. « Comme les technologies les plus avancées actuellement définis pour les communications mobiles mondiales sans fil de haut débit, l’IMT-Advanced est considérée comme “4G”, même s’il est reconnu que ce terme peut également être appliquée à des précurseurs de ces technologies, LTE et WiMax et à d’autres technologies 3G évoluées offrant un niveau substantiel d’amélioration de la performance et les capacités en ce qui concerne les systèmes de troisième génération initiales actuellement déployés ».

Aussi important de le mentionner, il existe des technologies similaires à la 4G ou de l’IMT-Advanced. Certains experts citent la LTE, le WiMAX, la LTE Advanced et le Gigabit WiMAX. Ils doivent par contre offrir les débits cités plus haut.

De ce qui précède, il apparaît que la 4G proposée par MTN ne remplit pas toutes ces conditions, notamment en terme de débits. Ce qui ne veut pas dire que nous contestons le fait que des utilisateurs affirment qu’ils voient aisément des vidéos en streaming grâce à l’offre de MTN. Sous d’autres cieux, les opérateurs qui ont les débits similaires revendiquent également la possession de la 4G. Les normes de l’UIT sont des débits théoriques, se défendent-ils indiquant qu’ils ne sont pas obligés de parvenir à ces débits indiqués par l’UIT.  Mais, l’UIT ne dit nullement dans le texte présentant la norme que ce sont les débits théoriques. « Les principales caractéristiques des IMT-Advanced sont les suivants : (…) La capacité d’interfonctionnement avec d’autres systèmes d’accès radio ; une amélioration des débits de données de pointe pour soutenir les services et applications avancés (les débits de 100 Mbps lors d’une grande mobilité et d’un Gbps lors d’une faible mobilité ont été établis en tant que cibles pour la recherche). Ces caractéristiques permettent à l’IMT- Advanced de répondre à l’évolution des besoins des utilisateurs. Les capacités des systèmes IMT-Advanced sont constamment améliorées en conformité avec les tendances des utilisateurs et les développements technologiques », écrivent les experts de l’UIT. Ainsi donc, les débits réels de la 4G devraient au fil du temps être revus à la hausse et non à la baisse.

En définitive, Orange et MTN au Cameroun ne possèdent pas encore les débits de la 4G tels que définis par l’UIT. Les promotions en cours en ce moment au Cameroun ne correspondent donc pas à la réalité telle que définie par ceux qui, en premier, ont normalisé la 4G. Comme me confiait encore il y a quelques années Emmanuel Chimi, spécialiste des réseaux, aujourd’hui dans le monde, le concept de la 4G a été tout simplement dénaturé par des annonces empreintes de farces.  Acte !

Tribune libre publiée par Beaugas-Orain DJOYUM

Directeur de publication de TIC Mag

CEO de ICT Media Strategies

Le suivre sur Twitter : @BeaugasOrain


A noter, s’il est avéré que MTN et Orange Cameroun font de la publicité mensongère, alors ils sont passibles de sanctions. Selon l’article 56 de la loi n° 2006/018 du 29 décembre 2006 régissant la publicité au Cameroun, est puni des peines prévues à l’article 240 du code pénal, celui qui fait diffuser sous sa responsabilité un message publicitaire comportant des allégations fausses ou de nature à induire les consommateurs en erreur.

Le Cameroun annonce une grande rencontre pour évaluer les problèmes des TIC

(TIC Mag) – Yaoundé va abriter dans les semaines à venir une grande rencontre des acteurs nationaux des TIC et Télécoms pour évaluer les problèmes et solutions liées aux TIC au Cameroun. C’est une promesse faite à Yaoundé par Minette Libom li Likeng, la ministre camerounaise des Postes et Télécommunications, le 09 février 2016 en marge du forum sur les services 3G et 4G au Cameroun.

« Ce forum sera suivi dans les prochaines semaines, comme je l’ai annoncé lors de la cérémonie de présentation des vœux, d’une grande rencontre qui regroupera des intelligences, en vue d’une réflexion poussée impliquant les acteurs, les experts, les opérateurs économiques, les bailleurs de fonds, les pouvoirs publics, pour le développement de l’économie numérique au Cameroun. Cette rencontre d’envergure, organisée par le ministère des Postes et Télécommunications, sera un lieu de brassage des idées, en vue de propositions concrètes à la haute hiérarchie. Il s’agira d’identifier les problèmes, de définir les interactions avec les autres intervenants et d’impulser les dynamiques pour le développement de l’économie numérique, afin de rattraper le retard qu’accuse le Cameroun dans ce domaine et donner ainsi corps au projet du président de la République », a déclaré la ministre.

Dans son message de fin d’année au peuple camerounais, le président de la République, Paul Biya, avait mis un accent particulier sur le secteur des TIC. Le président Biya avait relevé que les TIC apparaissent comme l’un des leviers indispensables pour l’industrialisation du Cameroun et le pays avait pris un retard dans la mise en place d’une économie numérique : « Dans ce dernier domaine (le développement des infrastructures de communication et télécommunications NDLR), il nous faut rattraper au plus vite notre retard dans le développement de l’Economie numérique », avait déclaré Paul Biya

Minette Libom li Likeng promet déjà que « pour sa part, le MINPOSTEL, acteur majeur dans l’essor de l’économie numérique, ne ménagera aucun effort pour permettre au Cameroun d’atteindre les objectifs fixés par le Chef de l’Etat ».

D’après Minette Libom li Likeng, des mesures urgentes doivent être prises au Cameroun

(TIC Mag) – Intervenant le 09 février 2016 à l’hôtel Mont Fébé de Yaoundé lors de l’ouverture du forum sur les services 3G/4G dans l’économie numérique au Cameroun, Minette Libom li Likeng, la ministre des Postes et Télécommunications, a indiqué que des actions urgentes doivent être prises pour rattraper le retard du Cameroun en matière de TIC et télécommunications.

D’après elle, dans le domaine des télécommunications, le Cameroun s’est donné pour objectifs d’encourager et de favoriser la participation des investisseurs du secteur privé au développement des télécommunications ; de promouvoir le développement harmonieux des réseaux et des services de télécommunications afin d’assurer la contribution de ce secteur au développement de l’économie nationale ; d’étendre la couverture géographique du Cameroun en services de qualités et enfin de satisfaire les consommateurs dans leur attente en services adaptés à leur environnement et à des tarifs abordables.

« Si l’évaluation faite de la mise en œuvre de ces objectifs présente des résultats forts encourageants et montre le dynamisme du secteur des télécommunications au Cameroun, il n’en demeure pas moins que de nombreux problèmes subsistent. Il s’agit essentiellement des insuffisances dans l’identification des abonnés, de la dégradation de la qualité de service offerte aux abonnés, des limites en infrastructures dites large bande et des difficultés liées à l’interconnexion avec les concessionnaires des réseaux », énumère-t-elle avant de prescrire : « Au regard de l’apport de ce secteur dans l’amélioration des conditions de vie des citoyens, et du rôle catalyseur qu’il joue dans la croissance de l’économie nationale, des mesures urgentes se doivent d’être prises, en vue de solutions appropriées ».

Ce forum qui s’achève ce 10 février est organisé par l’Agence de régulation des télécommunications. Les opérateurs du secteur des télécoms (MTN, Orange, Camtel, etc.) y exposent leurs différents produits. Sur les motivations de l’ART pour l’organisation de ce forum, Jean-Louis Beh Mengue, le DG de l’ART explique que le régulateur est régulièrement interpellé et qu’il était opportun d’organiser ce forum pour qu’il constitue un cadre idoine de réflexion et de discussions.

« Nous sommes de plus en plus interpellés par les consommateurs qui ne sont pas satisfaits par la qualité de service offert par les opérateurs concessionnaires de service public de communication, et surtout qui aimeraient en savoir plus sur les questions liées à l’introduction de la 4G au Cameroun. Nous sommes aussi interpellés par les opérateurs concessionnaires sur un certain nombre de préoccupations actuelles liées au déploiement et à l’exploitation de leurs réseaux ; nous sommes en outre interpellés par les fournisseurs de services à valeur ajoutée sur les conditions de fourniture des services pour lesquels des titres leur ont été attribués ; nous sommes enfin interpellés par le chef de l’Etat, SE Monsieur Paul Biya, qui a demandé dans son message à la nation le 31 décembre 2015 d’identifier les problèmes, de définir les interactions avec les autres intervenants et d’impulser les dynamiques pour le développement de l’économie numérique, afin de rattraper le retard qu’accuse le Cameroun dans le domaine », a indiqué Jean-Louis Beh Mengue.

D’après le régulateur, ce forum a donc pour objectifs de permettre aux fournisseurs de services de communications électroniques à valeur ajoutée (FSVA) d’exprimer leurs besoins multiformes aux opérateurs et d’exposer leurs produits et solutions les plus innovantes ; de donner l’occasion aux opérateurs de faire connaître aux fournisseurs de services leurs produits et services de communications électroniques 3G/4G, ainsi que les potentialités offertes, au regard des évolutions récentes liées notamment à l’évolution technologique de leurs réseaux ; de donner une impulsion forte au développement et à la promotion du segment de marché des FSVA ; de poser les bases d’un développement harmonieux des infrastructures large bande au Cameroun et enfin de montrer la place de l’Economie numérique dans le développement de l’économie nationale.

Jim Yong Kim : “La technologie permet… d’accéder à un monde de possibilités”

Nous nous trouvons au cœur de la révolution de l’information et de la communication la plus importante de l’histoire de l’humanité. Plus de 40 % de la population mondiale a accès à l’internet, de nouveaux usagers intégrant le web chaque jour. Parmi les 20 % des ménages les plus pauvres, près de 7 sur 10 possèdent un téléphone mobile. En fait, ces ménages sont plus susceptibles d’accéder à des téléphones mobiles qu’à des toilettes ou à de l’eau salubre.

Nous devons tirer parti de cette évolution rapide de la technologie pour rendre le monde plus prospère et plus solidaire. Le Rapport sur le développement dans le monde 2016 fait valoir que les défis qui se posent traditionnellement au plan du développement empêchent la révolution numérique d’engendrer des transformations profondes.

Pour beaucoup de personnes, l’accès accru aux technologies numériques offre aujourd’hui plus de choix et de commodité. En favorisant l’inclusion, l’efficacité et l’innovation, la technologie permet aux populations pauvres et défavorisées d’accéder à un monde de possibilités auparavant hors de portée.

Au Kenya par exemple, le coût de l’envoi de fonds par des travailleurs émigrés a diminué de 90 % après la mise en place du système de paiement numérique M-Pesa. Les nouvelles technologies permettent aux femmes d’intégrer plus facilement le marché de l’emploi — comme chef d’entreprises de commerce en ligne, dans des professions exercées sur le web ou dans des processus d’entreprises externalisés. Le milliard de personnes handicapées à travers le monde — dont 80 % vivent dans des pays en développement — peut mener une existence plus productive en communiquant par texte, par la voix et par la vidéo. Et les systèmes d’identification numérique peuvent offrir un meilleur accès à des services publics et privés aux 2,4 milliards de personnes qui ne disposent pas de documents d’identité formels comme des actes de naissance.

Si tout cela représente une énorme avancée, beaucoup restent exclus du système faute d’un accès aux technologies numériques. Les personnes vivant dans une pauvreté extrême ont le plus à gagner d’une meilleure communication et d’un meilleur accès à l’information. Près de 6 milliards de personnes ne disposent pas d’une connexion internet haut débit, et ne peuvent donc pas participer pleinement à l’économie numérique. Pour faire en sorte que les réseaux numériques soient accessibles à tous, nous devons investir dans les infrastructures et engager des réformes qui renforcent la concurrence dans le secteur des télécommunications, encouragent les partenariats public-privé et permettent une régulation efficace.

Télécharger le rapport Dividende numérique

Le rapport conclut que les avancées dans le domaine de l’information et de la communication ne seront pleinement profitables que si les pays continuent à améliorer leur climat des affaires, investissent dans l’éducation et la santé de leurs populations, et s’emploient à promouvoir la bonne gouvernance. Dans les pays où ces fondamentaux sont faibles, les technologies numériques n’ont pas stimulé la productivité ou réduit les inégalités. En revanche, ceux qui complètent leurs investissements dans la technologie par des réformes économiques plus vastes récoltent les dividendes du numérique qui se déclinent sous la forme d’une accélération de la croissance, d’un plus grand nombre d’emplois et de services de meilleure qualité.

Le Groupe de la Banque mondiale se tient prêt à aider les pays à poursuivre ces priorités. Avec nos clients, nous travaillons déjà à promouvoir un environnement économique concurrentiel, à renforcer l’éthique de responsabilité et à améliorer les systèmes d’enseignement et de formation professionnelle pour préparer les populations à occuper les emplois du futur.

Alors qu’à travers le monde, plus de 4 milliards de recherches sont effectuées sur Google chaque jour, 4 milliards de personnes n’ont toujours pas accès à l’internet. Les conclusions de ce rapport doivent être mises à profit par tous ceux qui œuvrent à mettre fin à l’extrême pauvreté et promouvoir une prospérité partagée. La plus grande avancée dans l’histoire de l’information et des communications ne sera véritablement révolutionnaire que si elle profite à tous et partout.

Jim Yong Kim, Président du Groupe de la Banque mondiale

Extraits de Banque mondiale. 2016. « Rapport sur le développement dans le monde 2016 : Les dividendes du numérique. » Abrégé. Washington : Banque mondiale. Licence : Creative Commons Attribution CC BY 3.0 IGO

La Smart Africa Alliance va octroyer des bourses aux étudiants en TIC

(TIC Mag) – C’est le Rwanda qui abritera le siège du Secrétariat exécutif de la SMART Africa Alliance. L’annonce a été faite au terme de la troisième réunion de haut niveau de la Smart Africa Alliance tenue le 31 janvier 2016 à, Addis-Abeba en marge du 26e sommet de l’Union africaine. Sur invitation du président rwandais Paul Kagame, cette réunion de haut niveau a rassemblé les présidents Paul Kagamé (Rwanda), Roch Marc Christian Kaboré (Burkina-Faso), John Dramani Mahama (Ghana), Uhuru Kenyatta (Kenya), Ibrahim Boubacar Keïta (Mali) et Macky Sall (Sénégal). Etaient également présent, l’ancien secrétaire général de l’UIT, le Malien Hamadoun Touré, désormais directeur exécutif de la Smart Africa Alliance, et aussi l’actuel directeur de développement de l’UIT, le Burkinabé Brahima Sanou.

Autre décision lors de cette réunion, l’octroi des bourses aux étudiants africains évoluant dans le domaine des TIC. Les pays de l’Afrique sub-saharienne seront les principaux bénéficiare. Mais déjà, précise l’APS, « outre les étudiants qui sont à l’université de « Carnegie Mellon » de Kigali, ceux de l’Ecole supérieure multinationale des télécommunications (ESMT) basée à Dakar pourraient bénéficier des bourses de Smart Africa ».

Aussi, le Gabon succède le Rwanda à la présidence du comité d’audit de la Smart Africa Alliance.

Les chefs d’Etat ont également échangé autour des projets mis en place dans le cadre de SMART Africa dont le but connecter l’Afrique sub-saharienne en mettant en place des infrastructures de télécommunications. D’après Ali Bongo, président du Gabon, cette réunion a permis de faire le bilan du Programme “Smart Africa” lancé à l’initiative du président Paul Kagamé en 2014. Un programme qui, d’après lui, vise à améliorer la formation des jeunes et le développement du numérique en Afrique. « Soucieux de l’avenir de notre jeunesse africaine, et plus particulièrement gabonaise, j’ai pu renouveler tout mon soutien à ce programme ambitieux », affirme le président gabonais.

Les 11 pays membres de la Smart Africa Alliance (Burkina Faso, Gabon, Kenya, Mali, Rwanda, Sénégal, Soudan du Sud, Tchad, Ouganda, Côte d’Ivoire et Angola) avaient décidé d’une levée de fonds de 300 milliards de dollars d’ici 2020 pour connecter toute l’Afrique sub-saharienne au web et développer l’économie numérique.

Jean-Louis Beh Mengue : « … Mais en fait, la 4G est déjà opérationnelle à MTN »

(TIC Mag) – Après une visite au centre technique de MTN Cameroon à Douala ce mercredi 03 février 2016, le directeur général de l’Agence de régulations des télécommunications (Art) s’est confié à TIC Mag au sujet de l’effectivité de la 4G, mais également sur le récent rapport à charge de la Conac, la Commission nationale anticorruption.

TIC Mag : Vous venez d’effectuer une visite des installations de MTN Cameroon. Après cette visite, confirmez-vous que la 4G est effective chez MTN ?

Jean-Louis Beh Mengue : Cette visite n’était pas dans notre programme de départ, mais c’est avec plaisir que nous avons accepté de visiter les installations de cette société. Nous avons eu l’occasion de voir ces équipements d’ordre technique et une démonstration de la manière dont la 3G diffère de la 4G. Cela nous a montré que les choses sont au point. Mais aussi, on a appris qu’il y avait déjà un certain nombre de clients qui étaient déjà enregistrés dans la 4G. Cela veut dire que dans l’effectivité des choses, cette 4G est opérationnelle sur le plan technique à MTN.

Mais, ce que nous disons à notre avis, parce qu’on veut donner un avis officiel, nous continuons de dire que le référentiel technique par rapport à la réglementation n’est pas au point pour nous permettre de nous déclarer officiellement. Ce travail est en train de se faire. D’ici 15 jours, très probablement, le canevas de contrôle de l’effectivité de la mise en œuvre de la 4G sera au point. C’est à ce moment-là que nous reposons sur ce qui est dans les cahiers de charges pour certifier que la 4G marche. Mais en fait, elle est déjà opérationnelle à MTN.

TIC Mag : En dehors de MTN, d’autres opérateurs mobiles possèdent-ils la 4G au Cameroun ?

Jean-Louis Beh Mengue : Vous me demandez de confirmer des choses que je ne peux pas confirmer officiellement, puisque je n’ai pas un repère réglementaire qui me permette de certifier quoi que ce soit

TIC Mag : Quelle est la position de l’ART par rapport au récent rapport de la Conac ?

Jean-Louis Beh Mengue : L’ART est d’abord très gênée, parce que c’est un rapport qui était adressé à la plus haute autorité de ce pays, qui ne l’avait pas encore reçu et qui n’avait pas réagi. Nous sommes surpris que sur le marché, on apprenne qu’il y a des présentations, des commentaires et autres.

Nous ne pensons pas que les affaires de l’Etat se gèrent de cette façon-là. Voilà notre point de vue. Maintenant, pour ce qui est du fond du problème, c’est un dossier qui est en cours de gestion dans le secteur des communications électroniques.

Ce n’est pas un dossier classé à partir duquel on peut tirer des conclusions. C’est un dossier qui est en cours de traitement. Qu’on attende, qu’on arrive à la fin de la gestion de ce dossier pour tirer des conclusions et faire des recommandations. Je pense qu’ils sont allés trop vite en besogne.

Propos receuillis par Jephté TCHEMEDIE

Victoria N’dee Uwadoka : « Nous pouvons aider le Cameroun… par la digitalisation »

De passage au Cameroun pour une série de rencontres les 02 et 05 février 2016 respectivement à Yaoundé et Douala, Victoria N’dee Uwadoka, la directrice Marketing et Communication de Microsoft Afrique de l’Ouest et du Centre, a saisi l’occasion pour répondre à trois questions de TIC Mag.

TIC Mag : Microsoft rencontre plusieurs responsables du secteur public camerounais pour évoquer avec eux les questions de productivité grâce aux solutions Cloud. Quelles sont les motivations de ces rencontres ?

Victoria N’dee Uwadoka : Vous savez, la mission de Microsoft est d’équiper chaque organisation et chaque utilisateur à faire plus. Aujourd’hui, notre stratégie se résume à trois objectifs : créer une expérience plus personnalisée du computing, construire un Cloud plus intelligent et réinventer la productivité et les procédures du business. Toutes nos solutions et services (Office 365, Azure, CRM online, etc) sont alignés sur cette stratégie et la valeur de ces services très forte en mobilité.

Notre motivation est de mettre l’information adéquate à la portée de nos clients et partenaires pour  les aider à consommer les solutions mieux adaptées à leurs activités. En plus des réunions avec nos clients, nous avons planifié deux briefings qui seront l’occasion  de leur montrer comment réinventer la productivité et les procédures de travail grâce à Office 365 et aussi comment Microsoft construit le cloud intelligent.

TIC Mag : Qui sont les participants à ce briefing ?

Victoria N’dee Uwadoka : Nous sommes au Cameroun pour deux rencontres importantes : une à Yaoundé ce mardi 02 février et une autre le 05 février 2016 à Douala. Nous rencontrerons nos clients du secteur public, dont la DGSN, la Sopecam, la CRTV, le Crédit Foncier, les ministères en charge des TIC, de l’Education, des Travaux Publics et de la Défense, le PMUC, la CDE,  le GIE, Express Exchange, Camwater et bien d’autres afin de leur présenter les nouveautés technologiques et le cloud de Microsoft. Mais, nous comptons sur les médias, qui jouent un rôle extrêmement important dans la promotion des TIC, afin de relayer l’information sur les outils cloud Microsoft répondant à leurs besoins de productivité et de performance.

Les invités seront entretenus par M. Rami Azzi, le Business Group lead de la division Applications & Services, Microsoft  Afrique de l’Ouest et du Centre et les îles de l’Océan indien, avec M. Dele Akinsade, directeur de la division Cloud & Entreprises, Microsoft  Afrique de l’Ouest et du Centre et les îles de l’Océan indien parmi tant d’autres ressources Microsoft.

TIC Mag : Quel peut être l’accompagnement de Microsoft au plan d’émergence du Cameroun qui comporte une composante importante sur le développement des technologies ?

Victoria N’dee Uwadoka : Lors d’un récent passage à Yaoundé, notre directeur général, Simon Ouattara, a eu des rencontres au haut niveau avec des personnalités du Cameroun afin de jeter les bases d’un futur partenariat mutuellement bénéfique entre le Cameroun et Microsoft et aussi de rapprocher la vision de Microsoft aux objectifs stratégiques du gouvernement camerounais en explorant les domaines dans lesquels nous pourrions travailler à l’avenir.

Il n’y a aucun doute, les TIC occupent une place très importante et les chantiers actuellement engagés en est la preuve. C’est à ce niveau où Microsoft peut apporter son expertise et jouer son rôle d’advisor, de conseiller.

Concrètement, au niveau du secteur public, il y a plusieurs secteurs tels que la sécurité, la justice, l’éducation, la formation continue, etc. Nous pouvons aider le gouvernement à accélérer les prises de décisions par la digitalisation, la numérisation.

Acteur important de la croissance économique, nous accompagnons le secteur privé en mettant à leur disposition des outils de productivité et compétitivité à l’instar d’Office 365, Windows 10, ERP-CRM, Azure, etc.

Au niveau du grand public, notamment des jeunes, Microsoft est convaincu que la technologie offre les opportunités d’emploi. Notre mission est de vulgariser la technologie en la rendant accessible à tous.

Cloud et mobilité signifie pour nous aider nos clients à faire toujours plus en mettant à leur disposition la solution la mieux adaptée aux évolutions rapides de leurs usages qu’ils soient professionnels ou particuliers.

Propos recueillis par TIC Mag et Adrien B.

Tony Elumelu : « L’énergie a un impact sur la communication et sur tous les secteurs de l’économie »

Tony Elumelu, le Président de Heirs Holdings, Promoteur de la Fondation Tony Elumelu et Président de UBA –United Bank for Africa- a fait appel au Congrès des Etats-Unis pour l’adoption de « la Loi Électrifier l’Afrique », soutenant que cette loi apportera beaucoup de changements en Afrique.

« Quand vous partez d’ici, appelez vos Représentant ainsi que  les dirigeants de la Chambre, et demandez leur d’adopter le projet de loi »  a exhorté Elumelu a un  auditoire rempli.

Le projet de loi va servir à maintenir et développer l’initiative Power Africa du President Obama, en codifiant l’accès à l’électricité comme l’une des priorités des Etats Unis en matière de politique étrangère pour l’Afrique. Il a déjà été adopté par le Sénat américain et sera prochainement soumis au vote aa la Chambre des Représentants des Etats-Unis la semaine prochaine.

S’exprimant à l’hôtel Marriott de Washington D.C,  au  « Sommet Power Africa », le Jeudi 28 janvier 2016, M. Elumelu a loué les efforts du  Président Obama qui a mobilisé le secteur privé pour  investir 43 milliards de dollar dans le secteur de l’Energie en  Afrique  à travers l’initiative « Power Africa ».

Selon M. Elumelu, l’Afrique doit surmonter le défi énergétique si elle aspire à devenir une puissance industrielle au vingt-et-unième siècle, relevant que « les coupures d’électricité  doivent être assimilées à des exactions.  Le genre d’exactions qui réveille l’activiste en chacun de nous».

Heirs Holding, entreprise d’investissement privée de Tony ELUMELU,  a promis, à travers la société  Transcorps Power, la somme de  $2.5 milliards pour la fourniture de 2.000 mégawatts d’électricité dans le cadre de l’initiative Power Africa. Actuellement Transcorps Power produit environ de 19% des besoins énergétiques du Nigeria avec le but d’augmenter la capacité à 25% dans un futur proche.

« L’énergie touche et a un impact sur  la prestation des soins de santé, la création d’emplois,  l’éducation, l’industrie alimentaire,  la sécurité,  la  communication et tous les autres secteurs de l’économie. C’est inadmissible que 600 millions d’Africains n’aient pas d’accès à l’énergie au 21ème siècle », dit Elumelu .

L’appel à Washington DC, suit la lettre commune adressée au Congrès des Etats-Unis et cosignée par M. Elumelu et le président du groupe Dangote, M. Aliko Dangote, au nom du Groupe des dirigeants africains du secteur de l’énergie (African Energy Leaders Group-AELG), qu’ils ont cofondé avec d’autres leaders en janvier 2015. La lettre a aussi exhorté les membres de la Chambre des représentants Américains à agir rapidement et à adopter cette mesure législative essentielle pour renforcer les efforts des Etats-Unis pour aider les Africains à avoir l’accès à l’électricité.

Evolution des relations commerciales  et financières américano-africaines

Poursuivant ses efforts de sensibilisation en faveur de l’Afrique, Elumelu s’est également exprimé le même jour devant la Commission commerciale internationale américaine sur le sujet de « L’avenir de la Relation Américano-africaine dans le secteur du commerce et de l’Investissement ». Présidé par l’Ambassadeur Michael Froman, le Représentant des Etats-Unis pour les questions commerciales, l’audition s’inscrit dans les efforts déployés par le gouvernement américain afin de poser des bases solides pour les prochaines phases de son partenariat économique avec l’Afrique.

En tant que chef d’entreprise et leader éclairé, M. Tony Elumelu était invité à partager ses idées au sujet de l’évolution des relations commerciales  et financières Américano-africaines et ce,  au-delà de l’accès préférentiel  des produits africains au marché américain – dans le cadre de l’AGOA-  en incluant  des accords de libre-échange et des traités d’investissements.

Tony Elumelu UBA

Prenant la parole à l’audition, M. Tony Elumelu a déclaré que l’Afrique n’a pas besoin d’un autre  accord commercial ou d’un programme préférentiel et a fait un appel pour la mise en place d’un nouveau paradigme dans les relations commerciales et d’investissement avec l’Afrique. Il a déclaré que « C’est le moment d’évoluer  au-delà des échanges déséquilibrés des matières premières bon marché pour des produits finis chers, qui défavorisent  l’Afrique, vers des échanges  qui assurent le transfert de technologies et le développement économique durable,  générant des retours économiques énormes pour des investisseurs et créant de nouveaux emplois pour les deux parties ».

Il a suggéré trois approches pour réaliser ces objectifs : l’application des principes de l’Africapitalisme ; Il faut se concentrer sur l’identification et l’activation des chaines de valeurs spécifiques ainsi que sur la promotion de l’esprit d’entreprise. « L’Africapitalisme peut aider à former le nouveau paradigme commercial parce que les gouvernements, les donateurs et le secteur privé travaillent ensemble avec ‘un objectif commun’  dans le but d’assurer la création des programmes nationaux et des politiques de soutien dans les secteurs spécifiques avec des objectifs liés, afin que le secteur privé puisse intervenir avec le capital et le savoir-faire nécessaire à  la réalisation de ces objectifs, que ce soit à travers la production de tonnes de céréales, de mégawatts d’électricité produits ou de parcs industriels crées » a-t-il déclaré .

A part M. Elumelu, les témoignages de  M. Donald Kaberuka, l’ancien Président de la Banque Africaine de Développement, de M. Jim Kolbe, Président de JTK Consulting, de M. Tom Hart, Administrateur One Campaign et de  M. Scott Eisner, Président de la Chambre de Commerce des États-Unis ont aussi été recueillis. D’autres participants, parmi lesquels le Sénateur Johnny Isakson, qui a déclaré que l’AGOA est un principe gagnant-gagnant pour les Etats-Unis et l’Afrique, divulguant qu’un marché Sud-Africain a été ouvert  pour produits les avicoles avec son état d’origine la Géorgie et  ainsi que le Delaware.

Programme commercial et d’investissement américano-africain

 En affirmant au cours de l’audition que « L’Afrique à autant besoin des Etats-Unis, que les Etats-Unis ont besoin de l’Afrique », Froman a fait remarquer  que les prochaines décennies seront très importantes pour l’économie mondiale du fait de l’augmentation des consommateurs africains. Pour façonner la prochaine loi liée aux relations avec l’Afrique, il a déclaré que le Bureau du Représentant des Etats Unis pour les questions commerciales discute avec ses partenaires africains, de l’industrie et la société civile, le milieu universitaire et les communautés d’investisseurs, ainsi que les fondations aux Etats-Unis et en Afrique pour les modalités à suivre.

« Ces informations sont critiques dans l’élaboration d’un rapport public destiné au Congrès en Juin de cette année qui va servir de guide dans l’avancement du programme commercial et d’investissement américano-africain » a conclu l’Ambassadeur Froman.

Electrify Africa

Les activités d’Elumelu aux Etats-Unis viennent après la visite récente d’une délégation des membres du Conseil consultatif Présidentiel d’Obama en charge de la gestion des affaires en Afrique – Obama’s Presidential Advisory Council on Doing Business in Africa (PAC-DBIA)-, ainsi que des représentants de plusieurs agences gouvernementales axées sur le commerce et l’investissement.

Cette délégation, dirigée par l’Honorable Penny Pritzker – la secrétaire au commerce des Etats-Unis,  menait une mission de collecte d’informations pour  documenter le rapport à remettre au Président Américain au sujet des recommandations permettant de renforcer les échanges  commerciaux entre les États-Unis et l’Afrique, ce qui aboutirait à une croissance mutuellement avantageuse.

Elumelu a accueilli la délégation à Lagos, afin de leur donner l’occasion de dialoguer directement avec les entrepreneurs en herbes choisis du Programme Entrepreneurial Tony Elumelu (Tony Elumelu Entrepreneurship Programme-TEEP) ; une initiative audacieuse qui fournit le capital d’amorçage, la formation, le mentorat et une plate-forme de réseau pour 10.000 entrepreneurs africains au cours d’une période de 10 années.

Avec la contribution de $100 million de la part du philanthrope africain, le programme, qui a commencé l’année dernière avec 1.000 bénéficiaires, est actuellement dans sa deuxième année avec 1.000 bénéficiaires supplémentaires  du continent qui vont participer et profiter du programme de développement entrepreneurial de  2016.

Minette Libom li Likeng : “L’heure est à la mobilisation de tous”

L’intégralité de l’allocution du ministre des Postes et télécommunications, Minette Libom li Likeng, lors de l’ouverture des travaux de la conférence annuelle des services centraux et déconcentrés le 21 janvier 2016 proposée aux internautes par TIC Mag

Monsieur le Représentant de l’Union Internationale des Télécommunications pour la zone Afrique centrale et Madagascar;

– Monsieur le Secrétaire Général;
– Messieurs les Inspecteurs Généraux;
– Messieurs les Directeurs Généraux des Sociétés Sous
Tutelles;
– Madame et Monsieur les Conseillers Techniques;
– Madame et Messieurs les Directeurs et Assimilés;
– Monsieur le Directeur de l’ENSPT ;
– Messieurs les Délégués Régionaux;
– Chers collaborateurs;
– Mesdames, Messieurs,

C’est avec un réel plaisir que je prends la parole ce matin, à l’occasion de la cérémonie d’ouverture des travaux de la Conférence annuelle des responsables des services centraux, déconcentrés et des sociétés sous tutelles du Ministère des Postes et Télécommunications.
Je suis d’autant plus heureuse que cette conférence, qui se tient les 20 et 21 janvier 2016, est le premier grand rassemblement des acteurs publics du secteur des Postes et Télécommunications, depuis le remaniement ministériel du 02 octobre 2015.

Avant de poursuivre mon propos, permettez-moi de prime abord, de souhaiter une chaleureuse bienvenue, à l’ensemble des participants aux présentes assises. Ces souhaits s’adressent de manière spéciale à tous les responsables des services déconcentrés que je rencontre pour la première fois aujourd’hui, ainsi qu’à tous les experts.

Chères collaboratrices, chers collaborateurs,
La conférence des services centraux et déconcentrés, élargie aux sociétés sous tutelle est toujours l’occasion pour les participants, de faire le bilan de l’année écoulée et d’arrêter les grands axes de mise en œuvre des chantiers de l’année qui commence.

En ce qui concerne le MINPOSTEL, il s’agira, au-delà des évaluations, de réfléchir sur la stratégie de réalisation des très hautes prescriptions du Chef de l’Etat sur le développement de l’économie numérique. La rencontre qui commence ce jour se tient dans un environnement marqué par les crises sécuritaires que connaissent les pays de la Sous-Région. Et où, malgré ce contexte peu favorable, le Gouvernement poursuit la mise en œuvre des grands projets structurants, avec comme priorité un programme triennal d’infrastructures d’urgence pour l’accélération de la croissance d’une part et l’organisation des Coupes d’Afrique des Nations de football féminin en 2016 e-t masculin en 2019 d’autre part.

Au regard des missions qui lui sont dévolues, le Ministère des Postes et Télécommunications se trouve fortement interpellé dans la mise en œuvre de ce programme impulsé par le Chef de l’Etat et conduit par le Chef du Gouvernement.
Nous devons donc nous mobiliser, pour l’accompagnement de ces projets phares, en vue de l’émergence du Cameroun. Et dans ce cadre, notre priorité porte sur deux programmes majeurs, à savoir :

  • le développement et l’optimisation des réseaux et des services des télécommunications et TIC en vue d’améliorer l’offre de services en quantité, en qualité et à des prix abordables, à travers le renforcement des infrastructures de télécommunications à haut et à très haut débit;

  • la densification du réseau et l’amélioration de la couverture postale nationale afin de favoriser l’accès de tous aux services postaux et financiers sur l’étendue du territoire national.

En effet, le développement étant tributaire du niveau des infrastructures de base et de l’accessibilité aux facteurs de production, le Ministère des Postes et Télécommunications doit se tenir aux côtés des Administrations compétentes pour donner un coup d’accélération à la réalisation des objectifs de développement à travers les infrastructures et services de télécommunications. Il s’agit notamment :

  • du développement des infrastructures large bande;

  • de l’augmentation du taux de pénétration de l’internet;

  • de la baisse des coûts de communications électroniques;

  • de la couverture des zones rurales ou enclavées;

  • de l’implémentation des services électroniques;

  • de l’amélioration de la qualité de service.

Pour la réalisation de ces programmes, les projets ci-après sont en cours :

  • La National Broaband Network (NBN), qui va permettre d’installer 40.000 Km de fibre optique. L’objectif ici est de porter le linéaire à plus de 20.000 Km à l’horizon du DSCE ;

    • Le Réseau National de Télécommunications d’Urgence (RNTU)

    • La construction des points d’atterrissement des câbles sous-marins;

    • La construction des boucles optiques urbaines dans les chefs-lieux de région;

    • La construction des deux points d’échanges Internet à Douala et Yaoundé.

Mesdames, Messieurs,
En dépit des efforts engagés, le constat fait par les spécialistes est que le Cameroun accuse encore un retard par rapport aux autres pays africains, d’où d’importants défis à relever.

Le premier défi qui se pose au développement des télécommunications au Cameroun est d’ordre infrastructurel. Fibre optique, boucles optiques urbaines, points d’atterrissement
et autres. Il s’agit ici de construire des infrastructures viables à mêmes de satisfaire les besoins des opérateurs.
Le deuxième défi est celui de la qualité et des prix des services. Les nombreuses plaintes liées à la saturation des réseaux, à la lenteur des transmissions et aux nombreuses interruptions nous interpellent vivement. Il en est de même aujourd’hui de la perte de confiance dans les services postaux.

Il est impératif que les opérateurs y travaillent prioritairement. 
Le pays n’a pas de choix s’il veut rivaliser avec les autres puissances africaines en cette matière et s’il compte tirer avantage du secteur à l’ère de l’économie numérique. Cette dernière est considérée par tous les spécialistes comme une source de croissance, autant qu’un générateur d’emplois.
Face à l’offensive bien comprise des opérateurs privés déterminés à proposer des solutions adaptées aux besoins de plus en plus exigeants du monde des affaires, les pouvoirs publics doivent tenir des paris de plusieurs ordres : organiser, structurer, mettre en place des conditions d’un développement optimal des activités de télécommunications, de manière à tirer le
meilleur avantage des opportunités qui s’offrent au Cameroun.

L’heure est donc à la mobilisation de tous pour le développement de ce secteur, mobilisation de tous les acteurs pour la performance : acteurs publics et acteurs privés. C’est l’intérêt du thème choisi pour la conférence 2016: « Le partenariat public – privé, facteur de mobilisation des télécommunications pour l’émergence du Cameroun ».
Cette thématique, compatible avec le DSCE, dont le Chef de l’Etat a dit qu’il restait la boussole économique du Cameroun, s’inscrit dans sa vision sur l’économie numérique : source de croissance et gisement d’emplois.

Elle met en même temps en exergue, l’importance du secteur privé dans l’économie numérique. C’est ce secteur privé, avec des opérateurs qui investissent dans les infrastructures, qui va véritablement impulser cette économie numérique, l’Etat devant encadrer, organiser et inciter.
L’objectif visé par les travaux qui s’ouvrent ce jour est d’engager une réflexion sur l’importance du partenariat public/privé comme facteur de mobilisation des télécommunications, en vue du développement de l’économie numérique au Cameroun.
De manière spécifique, il s’agira de : 

  • Faire une évaluation de la mise en œuvre des projets dans le secteur au cours de l’année 2015 ;

  • Partager la vision de développement du secteur pour l’année 2016 en conformité avec le DSCE et les trèshautes prescriptions du Chef de l’Etat ;

  • Définir une stratégie sur les conditions de développement d’une véritable économie numérique au Cameroun ;

  • Mettre en exergue l’importance du partenariat avec le secteur privé dans le développement de l’économie numérique au Cameroun ;

  • Engager une réflexion sur l’amélioration de la qualité duservice dans le secteur des Postes et Télécommunications.

En vue de l’atteinte de ces objectifs, les thématiques suivantes seront développées :
Public-Privé: quel partenariat pour l’essor des télécommunications au Cameroun?

– Les télécommunications, levier de la croissance économique: enjeux actuels et perspectives pour l’économie numérique;
– La qualité de service dans le secteur des postes et télécommunications: au-delà du slogan, les enjeux pour le Cameroun;
– l’exécution du budget et l’évaluation des projets phares.

Mesdames, Messieurs,
Dans son adresse de fin d’année à la Nation, le 31 décembre 2015, le Chef de l’Etat Son Excellence Paul BIYA, a fixé comme priorité l’accélération de la croissance à travers la mise en place des conditions préalables à l’industrialisation de notre pays, notamment le développement des infrastructures de communication et des télécommunications.
A cet égard, s’agissant du domaine des infrastructures de communication et des télécommunications, il a dit (et je cite) « il nous faut rattraper au plus vite notre retard dans le développement de l’Economie numérique. Celle-ci est un véritable accélérateur de croissance, en plus d’être une véritable niche d’emplois nouveaux pour notre jeunesse. Nous devons pouvoir en tirer avantage pleinement. Le Gouvernement, dans son organisation, accordera à ce secteur toute l’attention méritée (…) ne ratons pas ce tournant décisif ».

Il est indéniable, qu’au regard des investissements importants requis dans le secteur des Postes, des Télécommunications et TIC, la contractualisation avec les opérateurs privés constitue à cet égard, une réponse appropriée à la problématique de mobilisation des ressources pour le financement public, sans alourdir l’endettement de nos pays. Elle permettra à l’Etat de développer rapidement ce ‘secteur à haute intensité de capital, de libérer des ressources affectées et de les réorienter avantageusement vers d’autres priorités.

A ce titre, le partenariat public-privé devient un maillon important dans la mise en œuvre de la stratégie sectorielle axée sur le développement des infrastructures des Postes, des
Télécommunications et TIC. Et de ce fait, un instrument efficace de développement, permettant la réalisation des orientations stratégiques du Chef de l’Etat.
Monsieur le Représentant de l’Union Internationale des Télécommunication pour la zone Afrique Centrale et Madagascar,

Monsieur le Secrétaire Général ;
Messieurs les Directeurs Généraux des Sociétés Sous tutelle ;
Chers collaborateurs; Mesdames, Messieurs,
Le Gouvernement a placé le développement des infrastructures comme étant le pilier de la croissance. En vue d’accélérer la croissance et d’accompagner notre pays vers l’émergence, notre ambition est de mettre en œuvre les très hautes prescriptions du Chef de l’Etat pour le développement de l’économie numérique au Cameroun. Mais, pour que l’économie numérique ait un impact sur l’économie réelle et contribue à l’émergence, il faudrait doter notre pays d’infrastructures de pointe capable de relever ce défi et améliorer la qualité de service.

Les exposés et débats autour du thème de cette conférence :

« Le partenariat public – privé, facteur de mobilisation des télécommunications pour l’émergence du Cameroun » ainsi que les recommandations pertinentes qui découleront des travaux en ateliers, nous permettront à n’en point douter, de poser les bases d’un véritable partenariat gagnant gagnant avec le secteur privé, sur le développement des infrastructures de télécommunications afin de rattraper le retard du Cameroun dans le développement de l’économie numérique.

A tous les experts impliqués dans l’animation de cette conférence, je voudrais rappeler avec insistance que de la qualité et de la profondeur des échanges sur chacun des thèmes proposés, dépendra la qualité des résultats et des recommandations qu’il nous reviendra de mettre en œuvre au cours de l’année 2016.
Je souhaite d’ores et déjà que les travaux se déroulent dans la discipline et dans une atmosphère empreinte de sérénité et de convivialité.
C’est sur ces mots que je déclare ouverts les travaux de la conférence annuelle des responsables des services centraux, déconcentrés et sociétés sous tutelles du Ministère des Postes et Télécommunications.

Je vous remercie pour votre bienveillante attention.

Yves Fongang : « Avec le jeu ’’Coller la petite’’, notre but est de valoriser l’Afrique »

(TIC Mag) – Co-fondateur de la société SDK Games Africa, Christian Yves Fongang et son équipe ont su profiter de la vague de succès du titre ’’Coller la petite’’ de l’artiste camerounais Franko.  Ils en ont fait un jeu. Christian Yves Fongang, par ailleurs directeur technique de Sdk Games Africa explique à TIC Mag les différentes motivations de son équipe et les ambitions de leur société.

TIC Mag : Pourquoi avoir créé le jeu « Coller la petite » ?

Christian Yves Fongang : Nous sommes un studio de jeux vidéo africains.  Pour nos jeux et applications, nous puisons notre inspiration des cultures, réalités, traditions et histoires africaines.

C’est donc ainsi que nous avons voulu créer quelque chose pour célébrer à notre manière le succès de la chanson controversée de l’artiste Franko : « Coller la Petite ».

Cette idée quoique drôle, nous l’avons concrétisée et nous avons décidé de la partager avec le monde. La première version du jeu, la version 1.0.0, a été mise en ligne le 05 décembre 2015.

TIC Mag : Comment l’artiste Franko que vous soutenez a-t-il accueilli ce jeu ?

CYF : Franko, a été mis au courant de l’existence de ce jeu juste à la veille de son lancement. Il s’est senti très honoré et nous a remercié de l’initiative. L’honneur lui a même été décerné en publiant lui-même le jeu sur sa page Facebook.

TIC Mag : Votre jeu recueille déjà entre 10 000 et 50 000 téléchargements sur la plateforme Google Play. Vous attendiez-vous à ce succès ?

CYF : Nous totalisons déjà plus de 25 000 téléchargements aujourd’hui, pour être un peu plus précis.  Quoique nous n’ayons pas pu intégrer tout ce que nous aurions souhaité, le concept étant amusant, c’était déjà ca. Les chiffres sont allés un peu plus vite que nous ne l’avions pensé, mais on s’attendait à atteindre 50 000 téléchargements et pourquoi pas aller au delà. Mais, la note positive nous vient du rating 4.2 sur 5 avec déjà prêts de 500 votants. Ce qui est très encourageant. Même si cette tentative n’est pas parfaite, ce ratio démontre que le public a faim de ce type d’initiative.

Coller la Petite 1

TIC Mag : La chanson « Coller la Petite » a été interdite dans un département au Cameroun. Le Jeu « Coller la Petite » ne vient-il pas rendre davantage populaire cette chanson au Cameroun et particulièrement dans ce département ?

CYF : Notre but est de valoriser le continent qu’est l’Afrique à l’intérieur comme à l’extérieur et ce jeu entre dans cet ordre d’idées.  Maintenant, à l’ère du digital, cette interdiction semble inutile, car interdire le jeu dans cette zone la requiert un programme qui bloque l’accès a Google Play store.

Le jeu « Coller la petite » a été principalement créé pour célébrer le succès d’une chanson, chanson qui nous a permis de générer un scenario facile, ce qui n’est pas le cas pour la plupart des musiques africaines.

TIC Mag : La dernière mise à jour de votre jeu date du 19 décembre 2015 et comporte l’intégration d’une nouvelle piste de danse et des missions qui permettent de passer en zone verte (intouchable). Des internautes sur Google Play vous proposent un ensemble d’amélioration comme la rapidité du jeu, le graphisme, la gestion de la musique, la diversification des musiques, la multiplication des couloirs, etc. Que faites-vous pour répondre à ces préoccupations-là ?

CYF : Nous sommes déjà contents de l’intérêt que portent les internautes à ce jeu et nous ne sommes pas sourds à leurs observations. Vous réaliserez que trois mises à jour entre le 5 et le 19 décembre ont été effectuées. Histoire de répondre le plus rapidement possible à certaines revendications.

A présent, nous travaillons déjà sur la version 2.0 qui intègrera de nombreuses améliorations, mais aussi beaucoup de nouveautés et de surprises. Nous nous employons tant bien que mal de répondre à la plus grande partie des demandes de nos internautes et fans du jeu. La version 2.0 sera disponible ce mois de janvier 2016 si tout se passe bien.

coller-la-petite

TIC Mag : Quelles sont les musiques disponibles dans ce jeu ?

CYF : Pour le moment nous n’avons intégré que des bouts de musique de la chanson de franko « Coller la petite » et de Maahlox « Ça sort comme ça sort ».

TIC Mag : SDK Games Africa a à son actif plusieurs autres jeux et applications sur sa page Google Play et qui n’ont pas le même succès que le jeu « Coller la Petite ». Par exemple, MooExams avec 50 téléchargements, MooRabara avec 500 téléchargements, MooEvents avec 50 téléchargements. Peut-on dire qu’avec le jeu « Coller la Petite », vous allez davantage vous focaliser sur ce jeu ?

CYF : Les applications MooEvents et MooExams ne sont pas encore lancées, même si elles sont disponibles sur Google Play store, nous avons presque été contraints de les laisser y figurer pour permettre une visibilité à ces partenaires (qui ne sont pas des développeurs) avec qui nous travaillons. Prochainement, il y aura des lancements pour ces produits et ils seront annoncés sur notre page Facebook.

Ceci fait donc de « Coller la petite » notre deuxième application mise en ligne après le jeu Moorabaraba, qui est un jeu africain très intéressant. Bien que « Coller la petite » affiche des statistiques encourageants, les ambitions du studio sont beaucoup plus grands que cela. Par exemple, dans les semaines à venir, bien que nous soyons sur les améliorations du jeu « coller la petite », nous comptons publier un nouveau jeu, qui en principe devrait rapidement battre le record en téléchargements de ce que nous avons fait avec le jeu « Coller la petite ».

TIC Mag : Comment le jeu « Coller la petite » sera-t-il monétisé ?

CYF : Notre principe à SDK Games Africa est de ne pas vendre nos jeux ou nos applications. Nos premières sources de financement viendront du « In-App adverstising ». Ce qui veut dire faire de la publicité dans le jeu ou dans l’application. Pour cela, nous offrirons des espaces publicitaires dans le jeu ou encore nous mettrons à la disposition des entreprises des principes de « Gamification » qui leur permettra de faire connaître leur produit de façon interactive dans le jeu à travers des activités.

Le clip de Franko

TIC Mag : Généralement, vous utilisez la réalité augmentée pour vos créations. Que représente cette technologie pour le marché camerounais en particulier et africain en général ?

CYF : La réalité augmentée est une technique qui permet de superposer des contenus virtuels à des contenus réels après possible analyse de ces contenus réels. Très souvent nous développons des applications de réalité augmentée pour smartphones en prenant avantage de leur camera, accéléromètre, GPS et gyroscope pour capter et analyser les données réelles et afficher un résultat à partir de cela.

La réalité augmentée représente un potentiel très important, pas encore exploité à sa juste valeur par le continent africain en général et le Cameroun en particulier. Cette technologie représente le futur qui changera la façon dont nous concevons les choses. Par exemple, à travers cette technologie, on sera capable de produire des spots publicitaires à moindre coup, faire des menus des restaurants qui seront beaucoup plus proches de la réalité, etc. Par exemple, au lieu de lire sur un menu “Ndolé au poisson fumé” on verra un plat de Ndolé fumant sur son téléphone, nous donnant une idée réelle de notre commande. Dans un contexte économique où il est très difficile d’acquérir des équipements pour des laboratoires, il serait possible de créer des simulateurs virtuels dans une application de réalité augmentée qui se rapprocherait le mieux que possible de la réalité sans aucun risque d’accidents, de pertes ou de renouvellement de matériel.

Propos recueillis par Beaugas-Orain Djoyum


 

SDK Games Africa

SDK Games Africa est un studio de développement de contenus pour mobile avec des bureaux au Cameroun et en Afrique du Sud. Le studio a été créé par des jeunes entrepreneurs Camerounais et Sud-africains passionnés de technologies et d’innovation ayant pour objectif de combler le manque de contenus d’origine africaine et de qualité sur le marché des consoles de jeux. Ses promoteurs s’attèlent à la création des contenus inspirés des cultures, réalités, traditions et histoires africaines. Ceci avec pour mission de fournir aux utilisateurs des smartphones des expériences inédites de jeux et d’applications diverses.

300 Cardiopads assemblés au Cameroun et disponibles en vente à Yaoundé dès demain

(TIC Mag) – Himore Medical Equipments, l’entreprise d’Arthur Zang, est passée à la phase de la commercialisation de sa tablette tactile à usage médical destinée aux examens cardiologiques, avec comme avantage le transfert à distance et en temps réel des résultats des examens. Dès ce 19 janvier 2016, 300 tablettes seront commercialisées. Le kit complet de chaque Cardiopad sera vendu au prix de 2 000 000 francs Cfa.

Le Cadiopad et ses composants ont été fabriqués en Chine, mais l’assemblage a été fait au quartier Obobogo (Foyer des soeurs) à Yaoundé où Himore Medical Equipments dispose des bureaux. D’après Arthur Zang, la commercialisation se fera d’abord à partir du site internet www.himore-medical.com.

Himore Medical OK

Par ailleurs, des accords de partenariats avec d’autres revendeurs sont en cours de négociation tout comme Arthur Zang affirme que ces appareils seront également disponibles sur certaines plateformes de ventes de matériel médical.

Comment Arthur Zang est parvenu à cet exploit ? « Après avoir obtenu en 2014 le prix Rolex avec 58,000 USD, en 2015 le Prix d’excellence du chef de l’Etat de Cameroun avec 40,000 USD, mon entreprise Himore Medical a ensuite obtenu un prêt de 40,000 USD de ma banque au Cameroun. Nous avons investi le tout dans la production de 300 kits Cardio-pad. Les composants ont été fabriqués en Chine, ensuite importés au Cameroun, ce qui nous a permis de démarrer l’assemblage, la programmation et les tests des appareils Cardio-pad, et de tous les autres éléments du Kit », explique-t-il à TIC Mag.

Arthur ZANG OK

A présent, Himore Medical envisage une vaste campagne d’examens cardiaques à travers le Cameroun avant de s’attaquer à la sous-région Afrique centrale « le plus tôt possible ». Pour en savoir plus sur les avantages du Cardiopad, cliquez ICI : Cardiopad, première tablette tactile camerounaise.

Des membres de l'équipe d'Himore Medical lors de l'assemblage des Cardiopads
Des membres de l’équipe d’Himore Medical lors de l’assemblage des Cardiopads

Elisabeth Medou Badang : « Les fréquences pour la 4G n’ont été attribuées à aucun opérateur »

(TIC Mag) – Au cours d’un entretien avec des journalistes camerounais le 14 janvier 2016 à Yaoundé, Elisabeth Medou Badang, la directrice générale d’Orange Cameroun, a dit ses quatre vérités sur la 4G. En effet, sur des affiches postées dans plusieurs villes camerounaises, Orange revendique le titre de « 1er opérateur 4G du Cameroun ».  Idem pour son concurrent MTN Cameroun qui se vante également d’avoir le premier réseau 4G.

Alors qui est le premier opérateur à avoir lancé la 4G au Cameroun ? Elisabeth Medou Badang soutient mordicus que c’est bien Orange Cameroun.  « Il y a un référentiel qui classe Miss Monde comme la plus belle femme du monde. C’est un référentiel. Est-ce que dans tous les référentiels elle est la plus belle femme du monde ? Je dis non ! Est-ce qu’une autre femme n’a pas le droit de dire qu’elle est la plus belle femme du monde ? J’affirme que non », répond la DG d’Orange Cameroun.

Sur le terrain, de nombreux utilisateurs ont pourtant du mal à utiliser la 4G annoncée par Orange. Une plainte pour publicité mensongère est d’ailleurs déposée au Tribunal de première instance de Yaoundé contre Orange, mais aussi contre MTN Cameroon et ces derniers sont convoqués à la barre le 28 janvier prochain. Déjà, la DG d’Orange qui se dit respectueuse des textes en vigueur au Cameroun affirme que sa société sera bien présente devant le juge et cela leur donnera l’occasion de mieux expliquer leurs positions.

Et quelles sont ces positions ? « Ce qu’Orange Cameroun dit c’est qu’elle a un réseau 4G disponible. Il y a un certain nombre d’abonnés qui, aujourd’hui, testent, utilisent nos services. Ce qu’Orange Cameroun dit également, c’est que nous sommes respectueux de la réglementation. Vous avez vu comme moi le communiqué du régulateur sur ce sujet. Sur ce point-là (de la 4G, ndlr), nous sommes prêts. Personnellement, j’ai une tablette avec une SIM qui convient bien à la 4G, tout le monde peut voir que le réseau 4G existe, nous avons indiqué dans quelles villes ce réseau est disponible. Ce que nous avons indiqué également, c’est qu’il y a un certain nombre de problématiques réglementaires et qui n’ont rien de technique d’un point de vue technologique qui doivent être adressées par les autorités compétentes », explique Elisabeth Medou Badang.

En clair, la DG d’Orange explique que l’ART, le régulateur télécoms, doit leur assigner des fréquences « avant que ses clients puissent bénéficier largement de la 4G dans les conditions les plus appropriées ». D’ailleurs la DG affirme qu’aucun opérateur n’a encore soldé ce problème de fréquences nécessaires pour la 4G. D’après elle, « les fréquences additionnelles pour émettre la 4G n’ont été attribuées pour le moment à aucun opérateur. Si vous posez la question au régulateur, il va vous le confirmer. Nous sommes tous en attente de l’assignation formelle des fréquences, puisqu’il y a toute une procédure à faire et un dossier à constituer que nous avons tous constitué. En tout cas, c’est le cas pour ce qui est d’Orange depuis des mois. Nous avons fourni toutes les informations nécessaires, le détail des équipements qui vont émettre sur ces fréquences-là et tous les éléments d’information dont le régulateur a besoin ». Sa société travaille avec le régulateur pour que tout soit OK et elle affirme avoir rencontré le régulateur jeudi dernier à cet effet.

Ces fréquences attendues

Selon Elisabeth Medou Badang, les canaux de fréquences ont bel et bien été attribués à Orange Cameroun dans le cadre de la licence 3G et 4G acquise en 2015. « Il n’y a aucune ambiguïté là-dessus. Les canaux nous ont été attribués dans la bande de 900 qui existait déjà. En cas de problème, chacun sait où il doit être. Les canaux nous ont été attribués dans la bande de 2 100 où nous émettons la 3G, là aussi pas de problème, chacun sait où il doit être. Dans la bande de 700 et de 800 pour lesquelles aujourd’hui personne ne sait où il doit être. Dans la bande de 1 800 dans laquelle nous émettions déjà, mais pour laquelle nous avons obtenu des canaux supplémentaires, nous n’avons pas aujourd’hui l’affectation précise de là où nous devons émettre sur des canaux supplémentaires. Cela étant, les équipements sur lesquels nous avons développé la 4G, que nous émettions en début de bande ou en fin de bande, les ajustements pour passer de l’un à l’autre sont minimes. Il suffit que l’on nous dise que vous émettez de telle bande à telle bande et cela nous prend quelques minutes pour les réajustements. On sait quelles sont les bandes qui sont disponibles. Je vous disais que nous avons des clients qui sont en train de tester. C’est sur ces bandes-là qu’ils la testent. A partir du moment où le régulateur nous aura donné des précisions, instantanément nous allons faire des ajustements et bénéficier de la 4G », explique la DG.

Elisabeth Medou Badang affirme que son entreprise est en conformité avec les textes en vigueur et que rien en principe ne devrait retarder l’assignation de ces fréquences. « D’un point de vue réglementaire, nous sommes 100% dans le respect des dispositions de la réglementation. Nous travaillons avec les autorités compétentes pour que cette situation soit clarifiée dans les meilleurs délais pour la bande de 1 800 pour laquelle c’est la plus facile et pour la bande de 700 qui n’a jamais été utilisée et qu’il faut repartir et pour la bande de 800 qui présente un certain nombre de difficultés ».

En attendant, les utilisateurs camerounais continuent à voir des affiches d’Orange offrant la 4G, sans pour autant avoir la possibilité d’utiliser cette 4G d’Orange dans des conditions appropriées. Pour la Ligue camerounaise des consommateurs, c’est simplement du mensonge. A suivre.

Cameroun : une association appelle au boycott de MTN et Orange le 10 janvier 2016

(TIC Mag) – La Ligue Camerounaise des Consommateurs (LCC) appelle à un boycott des opérateurs de la téléphonie mobile Mtn et Orange le dimanche 10 janvier 2016 pour protester contre la « Tromperie sur la 4G ». Le président de cette Ligue, Delor Magellan Kamseu Kamgaing (Photo), a lancé cet appel le 08 janvier dernier, alors qu’il s’exprimait sur les ondes de la Radio Amplitude FM à Yaoundé : « Si vous êtes à MTN, si vous êtes à Orange, de 6 heures à 11 heures, dimanche 10 janvier. C’est le boycott. Vous qui subissez les miasmes, les sarcasmes, les tortures, l’ingratitude et la méchanceté de MTN et Orange, il faut tout simplement éteindre votre téléphone. On ne vous demande pas d’aller marcher, étant là où vous êtes, éteignez votre téléphone».

Avec cet appel, la LCC espère créer à ces différents opérateurs un manque à gagner qui « va les amener dès le lendemain, lundi, à commencer à nous respecter en mettant fin à la publicité mensongère». Pour Delor Magellan Kamseu Kamgaing, ces opérateurs peinent encore à déployer la 3G, et il est important qu’ils le reconnaissent : «Ils doivent reconnaitre qu’ils sont encore à la 3G et que même le service 3G n’est pas encore total. Il n’y a pas de 4G au Cameroun». La matinée du dimanche 10 janvier 2016 apparaîtra donc comme un test de popularité pour cette association de consommateurs.

Cameroun, seul pays de l’Afrique centrale du classement 2015 des pays les plus innovants

(TIC Mag) – Publié le 17 septembre dernier, un classement effectué par l’université américaine Cornell, l’Organisation mondiale de la propriété intellectuelle (OMPI) et l’Ecole de Commerce Isead indique qu’en Afrique centrale, le Cameroun est le seul pays de la zone Cémac à être innovant. Il occupe ainsi la 110ème place du classement mondial Global Innovation Index 2015 devant la Cote d’Ivoire classée 116ème.

L’île Maurice occupe le premier rang dans le classement africain des pays innovants et 49ème sur l’échiquier mondial. Le Global Innovation Index 2015 classe ainsi économiquement 141 pays du monde entier.

Les différents indicateurs ayant inspiré ce classement sont la valorisation du capital humain, l’investissement dans la recherche, les résultats dans le domaine de la création et le perfectionnement des entreprises. Parmi les pays africains, l’Afrique du Sud (60ème mondial) prend la seconde place suivie de près par les Seychelles (65ème mondial), la Tunisie (76ème) et le Maroc (77ème).

Le Sénégal quant à lui prend la 6ème place devant le Botswana, le Kenya, le Rwanda et la Mozambique. La Suisse quant à elle conserve sa première place sur l’échiquier mondial et ce, depuis 5 ans, suivi par du Royaume Uni, de la suède et des Pays Bas.

Le Top 10 des innovations technologiques qui m’ont marqué en 2015

(TIC Mag)  – L’année 2015 aura été marqué par de nombreuses innovations technologiques sur le continent africain. De jeunes africains ont mis sur pied des innovations ou ont perfectionné celles existantes afin d’améliorer les conditions de vie des Africains. Audrey Owona Essomba a bien voulu proposé à TIC Mag celles qui ont attiré son attention en 2015.

 

Gifted Mom ou le combat contre la mortalité infantile

Il s’agit d’une application qui permet de contacter via SMS les femmes enceintes qui vivent dans les zones rurales dans le but de leur rappeler leur rendez-vous pour visites prénatales. Cette innovation contribuerait à réduire le taux de mortalité infantile en Afrique et précisément  dans les zones enclavées. Gifted Mom est une trouvaille d’un jeune informaticien camerounais de 23 ans, Alain Nteff (Photo), qui a pu développer sa Start-up à travers de nombreux partenariats. Il a à ce jour été lauréat de nombreux prix africains et même internationaux.

Lumkani pour la détection d’incendies par radio fréquence

Réduire les incendies dans les logements rudimentaires. Tel a sans doute été l’objectif du Sud-africain David Gluckman lorsqu’il a mis sur pied un dispositif de détection d’incendies, le tout marqué par un service d’alerte utilisant la technologie de transmission par radio fréquence.

Plus concrètement, en cas d’incendie, le dispositif déclenche une alarme alertant alors la famille. En 20 secondes, le dispositif déclenche des détecteurs de chaleur dans un rayon de 60 mètres.

My Connect, un réseau social d’e-commerce

Il est désormais possible de vendre et d’acheter sa marchandise via My Connect, une plateforme web, fondé par Fabrice Alomo Atangana. Ce Camerounais de 22 ans dit avoir crée cet outil pour permettre aux Africains de pouvoir vendre et acheter des marchandises sans compte ni carte bancaire. Une centaine d’entreprises et Pme camerounaises utilisent déjà cette plateforme.

Ce jeune homme de 22 ans a été reçu par le ministre de la Jeunesse et de l’éducation civique en décembre dernier, après avoir été lauréat du 2ème prix Anzisha 2015 de l’académie de l’entreprenariat africain en Afrique du Sud.

Matibabu, une application pour diagnostiquer le paludisme

C’est une trouvaille de quatre étudiants ougandais de l’Université de Kampala aidant à dépister le paludisme. A travers la technologie de diffusion de lumière, les co-fondateurs peuvent déterminer de dispersion des cellules normales et de celles infectées. Avec cette différence, l’application est capable de diagnostiquer le paludisme sous une prise de sans par émission d’infrarouge. L’application MATIBABU vise ainsi à réduire le taux de mortalité suite au paludisme en Afrique, mais aussi à améliorer les mécanismes de dépistage de cette pandémie qui est l’une des causes principales de la mortalité dans le continent.

 

Diamond, un système pour lutter contre la pénurie du sang

Au Sénégal, c’est l’œuvre de deux ingénieurs en télécommunications. Ces deux ambitieux finalisent un système qui permettra d’alerter les populations et les services médicaux sur la disponibilité des poches de sang dans les différentes banques de sang. Jean Luc Franseco Semedo et Evelyne Ines Ntonga prévoient à travers ce système l’envoi des messages vocaux et écrits dans les langues maternelles des populations. Il se présente ainsi comme une interface entre les banques de sang et les populations. Cette révolution technologique sur le plan sanitaire arrive à point nommé alors que de nombreux décès en Afrique sont du  au manque d’information sur la disponibilité du sang dans les banques.

Mobile Mathématique, un logiciel pour apprendre les maths

 

Mobile Mathématique est pour les autorités tanzaniennes un moyen de booster l’apprentissage des mathématiques pour les collégiens. Il s’agit en substance d’un portail qui offre près de 9 000 exercices de mathématiques, mais aussi un espace interactif ou les apprenants peuvent partager et comparer les exercices.  D’après un professeur de mathématiques, les premières améliorations commencent à être observées sur le terrain. Cette application est le fruit d’une collaboration entre la Commission tanzanienne pour les sciences et les nouvelles Technologies et Microsoft.

Somtou, une console pour gérer son commerce

Somtou, c’est le nom de la console conçu par le camerounais Ted Boulou. Il qui permet aux commerçants de gérer leur petit commerce. A travers cette console solaire, avec un écran tactile assorti d’un lecteur de codes à barres et une échelle mécanique connectée, elle permet d’enregistrer toutes les transactions dans un commerce.

Entre la gestion des stocks et le contrôle des bénéfices le commerçant peut ainsi être à jour dans sa comptabilité et ainsi mieux organiser ses achats.

« Viky », une application aide-mémoire

Viky est une application qui transforme le téléphone portable en secrétaire et rappelle à son utilisateur toutes les tâches qu’il doit effectuer. D’après Patrick Mveng, son concepteur camerounais, « avec Viky installé dans votre téléphone, vous pouvez faire des notifications orales à votre téléphone. Par exemple, ‘‘Rappelle moi d’aller au rendez-vous chez le médecin demain à 8h’’. L’application l’intègre automatiquement dans l’agenda de votre téléphone et vous le rappel le moment venu ». Viky qui a également une commande vocale peut fonctionner sans connexion internet. Dans ce cas, il suffit d’envoyer la demande par sms au 8192 et l’application ira chercher ce que vous désirez.

Smart Charger, pédaler pour recharger son téléphone

Une heure de pédales pour recharger son téléphone. C’est un Smart Charger, une sorte de chargeur intelligent connecté à la dynamo d’un vélo qui permet aux kenyans vivants dans des zones non électrifiées de pouvoir charger leurs téléphones portables.

Une fois la connexion faite, il faut pédaler l’engin à deux roues pendant une heure et le portable sera entièrement chargé. A travers cette technologie, Jeremia Murimi et Pascal Katana, tous deux étudiants kenyans exonèrent les villageois des longues distances qu’ils avaient à parcourir pour espérer recharger leurs téléphones.

Certaines des applications listées ici n’ont pas encore été primées, certainement du fait qu’elles ne soient pas totalement achevées ou qu’elles sont encore à parfaire selon leurs inventeurs.

Sticky Cash, pour une bonne gestion des dépenses personnelles

Le jeune camerounais Ludovic Momo a mis sur pied en 2015 une application destinée à aider les utilisateurs à mieux gérer les dépenses quotidiennes. L’application dénommée ‘‘Sticky Cash’’ « est née du constat que beaucoup de personnes éprouvent d’énormes difficultés à gérer tout seul leur finance. Il est donc question de leur fournir une assistance électronique capable de les alerter en cas d’excès ». D’après Ludovic Momo cette application vous alerte automatiquement lorsque vos dépenses dépassent le seuil prévu par jour, par semaine ou par mois et vous donne la possibilité d’avoir une liste et des graffs qui présentent l’ensemble de vos dépenses sur une période donnée.

Par Audrey Owona Essomba