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Tecno lance une campagne mondiale de la meilleure photographie

[Digital Business Africa] – La marque chinoise de téléphones portables, TECNO Mobile a annoncé le lancement de la campagne mondiale de la meilleure photographie #CAMON12#CtheWorld Best Photography, qui vise à créer une occasion pour tous les amateurs de la photographie. Le meilleur travail photographique vaudra à son auteur de figurer dans le magazine National Geographic, la référence en termes d’influence et d’autorité dans le monde de la photographie. Cette campagne s’inscrit dans le cadre du lancement de la nouvelle série de smartphones CAMON 12.

« La campagne de la meilleure photographie #CAMON12#CtheWorld est un concours international de haut niveau qui dépasse les frontières et les ethnies nationales, et vise à encourager les photographes et les particuliers à explorer les possibilités offertes par la photographie à partir d’un téléphone mobile et à profiter pleinement des joies que procure ce type de photographie », explique Tecno dans un communiqué.

Les participants peuvent soumettre leurs meilleures photos sur le site Web de TECNO Mobile – bbs.TECNO-Mobile.com/index_new – du 10 septembre au 29 octobre (Minuit heure de Chine) 2019. Tous les passionnés de photographie, qu’ils utilisent ou non des smartphones TECNO Mobiles, sont invités à soumettre leurs photos réalisées à l’aide d’un téléphone portable, sans restriction de date de prise ou de modèle de téléphone utilisé. Chaque participant se limitera à un maximum de 30 œuvres – une photo, un storyboard 3×3 ou un fichier vidéo étant considéré comme une œuvre unique.

A partir de toutes les photos téléchargées sur le mur Facebook de TECNO Mobile, la liste des lauréats sera publiée le 1er novembre sur le site Web de TECNO Mobile et les 3 photos qui auront obtenu le plus grand nombre de likes seront présélectionnées. Les 3 photographes correspondants bénéficieront d’une formation auprès d’un photographe professionnel et auront l’occasion de prendre une nouvelle série de photos avec le CAMON 12 Series. Le photographe professionnel sélectionnera le meilleur instantané qu’il recommandera en vue de sa publication dans National Geographic.

Ecrit par Jephté TCHEMEDIE

Récupérer l’argent d’un mort de son compte MTN Mobile Money : Alain Nono explique comment [Vidéo]

[Digital Business Africa] – Votre plateforme web d’informations stratégiques sur les TIC, les Télécoms et le Numérique, Digital Business Africa, a organisé en collaboration avec la Fondation Inter-Progress la première édition d’Innovation 4 Human. L’événement s’est tenu du 18 au 22 février 2019 au Palais des Congrès de Yaoundé dans le pavillon numérique de Promote 2019, le salon international de l’investissement. 

Alain Nono, le Directeur de MTN Mobile Money (Cameroun), a été panéliste à la conférence Innovation 4 Human modérée par Beaugas Orain Djoyum, DG de ICT Media STRATEGIES et DP de Digital Business Africa, à Yaoundé le 20 février 2019. C’était sur le thème : «Monnaie électronique et régulation en Afrique centrale : quels défis ?».

Etaient également présents à ce panel, Patrick Kengne, le PDG de Wouri TV ; Jean-Jacques Massima-Landji, le Représentant de l’UIT pour l’Afrique Centrale et Madagascar et Valentin Mbozo’o,  le directeur général du GIMAC (le Groupement interbancaire monétique de l’Afrique centrale).

Alain Nono a expliqué au cours de cette conférence que la réglementation en matière de paiement mobile en Afrique centrale est plus restrictive que celle de l’Afrique de l’Ouest. Notamment en matière d’identification des abonnés. Aussi, il a expliqué comment retirer l’argent d’un mort retenu dans son compte MTn Mobile Money. Digital Business Africa vous présente dans cette vidéo les grandes séquences de son intervention.

Récupérer l’argent d’un mort de son compte MTN Mobile Money : Alain Nono explique comment [Vidéo]

La réglementation en matière de paiement mobile en Afrique centrale est plus restrictive que celle de l’Afrique de l’Ouest. En Afrique de l’Ouest, si vous avez un compte dont le montant n’atteint pas 200 000 francs Cfa, vous n’êtes pas obligés de vous faire identifier de la même façon qu’en Afrique centrale.Alain Nono

Alain Nono : « Lorsqu’une personne décède, même si cette personne n’a pas écrit son testament qui justifie ce qu’il faut faire de cet argent, les ayants-droits viennent à Mtn avec un document de justice confirmant et prouvant leur qualité d’ayants-droits et sont identifiés. Ils ont le choix de récupérer cet argent ou de transférer cela sur leur compte à eux.

Après un certain temps, si l’argent n’est pas réclamé, il est reversé à la banque. Nous avons un compte de compensation dans une banque où ces fonds sont reversés jusqu’à réclamation ».

Alain Nono : « (…) La réglementation en matière de paiement mobile en Afrique centrale est plus restrictive que celle de l’Afrique de l’Ouest. En Afrique de l’Ouest, si vous avez un compte dont le montant n’atteint pas 200 000 francs Cfa, vous n’êtes pas obligés de vous faire identifier de la même façon qu’en Afrique centrale. Chez nous, nous avons une réglementation très rigoureuse quel que soit le montant que vous avez dans votre compte de paiement mobile. Ce qui permet de sécuriser le client (…) ».

Innovation 4 Human

D’après Beaugas Orain Djoyum, Innovation 4 Human à Promote 2019 consistait à animer le pavillon numérique de Promote avec un accent sur les Conférences thématiques, ateliers et débats sur des thèmes collés à l’accélération du développement numérique au Cameroun. 

Le thème général d’Innovation 4 Human était « Accélérer le développement d’un Cameroun numérique ». L’objectif général étant de créer un cadre de rencontres professionnelles entre entreprises, de regrouper des experts sur des thématiques importantes du numérique avec un accent sur les retours d’expériences et bonnes pratiques, de proposer des solutions adaptées aux entreprises entamant leur transformation numérique, de découvrir des services et solutions innovantes adaptées aux entreprises, de partager les enjeux, opportunités et innovations du numérique.

Par Digital Business Africa 

Promote 2019 : Revivre en vidéos les conférences Innovation for Human

Cet article fait partie du Dossier spécial : Promote 2019 : Revivre en vidéos les conférences Innovation 4 Human. Lire également et voir les interventions des autres panélistes.

Cameroun : Le ministère de la Recherche scientifique et de l’Innovation veut dompter l’IA 

[DIGITAL Business Africa] – Chercheurs et professionnels des technologies se réunissent à Yaoundé pour renforcerla confiance numérique. Le Comité National des Technologies (CNDT) , un organe technique du ministère de la Recherche scientifique et de l’Innovation organise un symposium sur le thème : « Intelligence artificielle et souveraineté numérique au Cameroun : Bâtir les datacets de confiance et sécuriser l’écosystème algorithmique”. 

L’algorithme et la donnée, deux concepts clés de l’intelligence artificielle. Ils aident formuler des instructions qui seront adressées aux ordinateurs afin que ceux résolvent des problèmes complexes. Plusieurs experts estiment que les algorithmes sont programmés pour capter votre attention via des flux infinis et découragent l’effort intellectuel et peuvent réduire la capacité de concentration.

Les systèmes de recommandation des réseaux sociaux (comme TikTok, Instagram ou YouTube) analysent par exemple vos clics et le temps de visionnage pour vous proposer du contenu ultra-personnalisé. Ils alternent entre surprises et récompenses rapides, ce qui crée une dépendance.

L’initiative du MINRESI s’inscrit dans le cadre de l’ambition affichée du gouvernement de promouvoir une intelligence artificielle saine dans toutes les administrations.

Le Dr Patrice Ele Abiama, Secrétaire permanent du CNDT a insisté sur les atouts économiques de l’IA, qui selon lui constitue une source de revenus, notamment à travers la commercialisation des données numériques suivant les normes réglementaires.

Comme lui, le professeur Marcelin Nkenlifack, enseignant d’informatique à l’Université de Dschang, a présenté les potentialités qu’offre l’Intelligence artificielle pour le développement et la nécessité de mettre en place des outils efficaces de collecte, de conservation et de protection des données numériques au Cameroun.

C’est d’ailleurs le combat que mène l’UNESCO. L’organisation internationale a œuvré pour la création de la Plateforme Nationale de l’Éthique de l’IA. Cette plateforme a conduit des analyses sectorielles, des consultations institutionnelles et une collecte structurée de données.

Ce travail a abouti à un atelier national de restitution et de validation technique en décembre 2025. Reste maintenant l’adoption de la Stratégie nationale de l’intelligence artificielle dont l’élaboration a été annoncée depuis 2025.

Par Jean Materne Zambo

Sam Altman avoue s’être trompé sur la fin annoncée de certains métiers au profit de l’IA

[DIGITAL Business Africa] – Volte-face de Sam Altman sur le rôle de l’IA. Le patron d’OpenAI a reconnu que l’humain aura toujours sa place en entreprise. Le directeur général d’Open AI est intervenu ce mardi 26 mai 2026 lors d’une conférence de la Commonwealth Bank of Australia organisée à Sydney, Australie. Sam Altman a reconnu qu’il avait minimisé l’intelligence humaine avec la montée en puissance de l’intelligence artificielle.

« Je suis ravi de m’être trompé sur ce point, je pensais que l’impact sur la suppression des emplois de cols blancs débutants aurait été plus important qu’il ne l’a été en réalité (…), mais c’est un domaine où mon intuition était tout simplement fausse », a dit Sam Altman.

Petit rappel: l’intelligence artificielle produit un premier niveau de travail, une synthèse, un brouillon, une proposition de réponse, un modèle de base. Puis l’humain corrige, adapte et décide. Les premiers bénéficiaires sont les organisations. Moins de temps passé sur les tâches d’exécution, et corrélativement des gains engrangés.

Sam Altman avait assurément omis cet aspect d’assistance où c’est l’humain qui détient le dernier mot. En 2025, le PDG Sam Altman avait prédit qu’en 2030, l’IA automatiserait jusqu’à 40 % des emplois dans le monde. Mais il soulignait que des professions entières ne disparaîtront pas instantanément. Tout en précisant que de nombreux rôles, comme le support client, sont déjà pris en charge par des systèmes d’IA plus intelligents.

Les métiers les plus exposés sont ceux qui reposent sur des tâches répétitives, standardisées ou à faible valeur ajoutée. Les emplois nécessitant de l’empathie, comme ceux des enseignants et des infirmiers, devraient être plus sûrs.

Pour éviter l’apocalypse, Sam Altman a encouragé les gens à maîtriser l’apprentissage eux-mêmes, afin qu’ils puissent s’adapter rapidement à de nouveaux paysages professionnels.

Par Jean Materne Zambo

Comm’ électronique : La Communauté d’Afrique de l’Est EAC prépare un cadre pour l’harmonisation d’itinérance mobile

[DIGITAL Business Africa] – La Communauté d’Afrique de l’Est (EAC) va tenter d’améliorer l’expérience de consommateur dans la sous-région. La RDC, le Kenya, l’Ouganda, la Tanzanie, le Rwanda et le Burundi se réunissent à travers leurs régulateurs des télécommunications en Tanzanie pour réduire les coûts des communications transfrontalières et de soutenir la construction d’un marché numérique unique au sein de la région. C’est ce qui ressort d’un communiqué signé par m’ EAC ce 25 mai 2026.

Pour l’organisation, les conséquences des tarifs élevés, de la mauvaise qualité des services sont particulièrement visibles chez les commerçants transfrontaliers, les transporteurs, les étudiants, les touristes et les entreprises qui dépendent fortement des services mobiles lors de leurs déplacements.

« Une communication abordable et fluide au-delà des frontières est essentielle pour approfondir l’intégration régionale et permettre aux citoyens de participer pleinement à l’économie numérique », a déclaré Andrea Ariik Malueth.

Les travaux qui courent jusqu’au 29 mai 2026 s’inscrivent dans le cadre du Comité technique sur les télécommunications. Ces consultations réunissent des régulateurs, des experts du numérique, des décideurs politiques ainsi que plusieurs partenaires régionaux.

Un cadre régional devra émerger de ces consultations avec pour ambition l’harmonisation de la protection des consommateurs, l’introduction de tarifs basés sur les coûts réels, le renforcement des mécanismes de régulation ainsi que l’amélioration de la qualité des services.

Les recommandations seront soumises au Conseil sectoriel des transports, des communications et de la météorologie de l’EAC pour examen et adoption, une étape jugée importante vers un espace numérique régional plus intégré.

Un premier cadre régional de cette nature avait déjà été adopté 2014 en plus de la mise en œuvre de l’initiative « One Network Area ». Malgré quelques avancées, les coûts des appels, des SMS et des données mobiles demeurent élevés, regrettent les dirigeants de l’ EAC.

Par Jean Materne Zambo

Technologie : Elon Musk prédit une médecine 100% numérique 

[DIGITAL Business Africa] – L’on connaît sans doute au patron de SpaceX les talents en technologies numériques. Tenez-vois bien, dans le domaine des sciences humaines, Elon Musk a son mot à dire au point de prophétiser sur l’avenir de la médecine. Lors de la célébration des 250 innovateurs de Forbes ce 19 mai 2026, Elon Musk a parlé des interfaces cerveau-machine et du potentiel de la technologie. En affirmant que la médecine sera 100 % numérique.

Selon lui, la médecine fonctionne comme un logiciel avec des brins d’Acide Ribo Nucléique (ARN). Musk soutient que si vous savez quoi programmer dans ce brin d’ARN synthétique, vous pouvez « essentiellement » guérir n’importe quoi.

 

L’expert de l’intelligence artificielle avait déjà fait grimper la température parmi le corps médical peu avant. Invité du podcast Moonshots, animé par Peter Diamandis début janvier 2026. Musk avait affirmé que l’IA dépassera bientôt les médecins humains ; que les robots chirurgiens seront plus performants que les meilleurs chirurgiens actuels.

Musk avait aussi parlé d’un système médical ultra-numérisé et automatisé. Tout en soutenant que les connaissances médicales évoluent trop vite pour être entièrement maîtrisées par un humain seul.

Mais l’homme d’affaires et féru de la technologie n’est pas favorable au remplacement de l’intelligence humaine par l’intelligence artificielle, loin s’en faut. Il défend l’idée d’une fusion entre intelligence humaine et intelligence numérique via les implants cérébraux de Neuralink.

Dans plusieurs interviews, il explique que l’humain possède déjà une « couche digitale » grâce aux smartphones et ordinateurs. Cette vision inclut : la surveillance médicale continue ; des diagnostics automatiques ; des traitements pilotés par IA.

Par Jean Materne Zambo, source : forbes

Cameroun : Halte aux discours de haine en ligne ! Le MINPOSTEL fixe le cap

[DIGITAL Business Africa] – Minette Libom Li Likeng détermine la direction stratégique pour l’atteinte de l’objectif d’un cyberespace apaisé. Et la direction indiquée est celle de la mutualisation des forces.

La ministre des Postes et Télécommunications a donné le coup d’envoi ce 25 mai 2026 du séminaire de formation sur la lutte contre les discours de haine en ligne. Dans son propos liminaire, la ministre des Postes et Télécommunications, Minette Libom Li Likeng, a appelé à une mobilisation de tous les acteurs (administrations, société civile, jeunes…) pour juguler les discours de haine en ligne. « Face aux discours de haine dans l’espace numérique au Cameroun, notre responsabilité collective est engagée… » a-t-elle dit.

D’une durée de deux jours, le séminaire, à l’initiative de l’association One Nation, en collaboration avec le MINPOSTEL a pour thème « Combattre la haine en ligne, pour un cyberespace camerounais pacifique et inclusif ».

Le séminaire réunit les acteurs clés de l’écosystème numérique, notamment les administrations (ANTIC, ART, CNC) société civile, les universitaires, les journalistes, dans le but d’intensifier la sensibilisation à l’usage responsable des plateformes numériques.

Exposant sur le thème « Haine en ligne, algorithmes de recommandation : comment mobiliser la technologie », Beaugas Orain Djoyum, DG d’ICT Media STRATEGIES et président de Smart Click Africa, a indiqué les mesures à adopter lorsqu’on se déploie en ligne. Entre autres, avoir du respect pour les autres internautes, réfléchir plusieurs fois avant de publier, partager un post.

Pour la simple raison que les régulateur des plateformes numériques que sont l’ Agence nationale des Technologies de l’Information et de la Communication (ANTIC) ou le Conseil national de la Communication (CNC) peuvent engager des poursuites à l’encontre des dérives conformément à la loi de 2010 relative à la cybercriminalité et la cybersécurité.

L’expert du numérique a également rappelé que les algorithmes des plateformes numériques entretiennent les dérives en ligne. Puisque des plateformes engrangent d’énormes bénéfices grâce à la publicité ciblée, qui elle s’alimente de la forte présence des utilisateurs sur ces plateformes.

Et dans la plupart des cas, ce sont des contenus sensationnels qui génèrent un trafic sur ces plateformes. Il recommande de procéder par des signalements massifs sur certaines plateformes comme Facebook pour bloquer les contenus indésirables. Même s’il reconnaît que sur WhatsApp, la tâche n’est pas aisée en raison du chiffrement que la plateforme respecte.

Par Jean Materne Zambo

Qui est Mahuna Akplogan, le nouveau visage du numérique au Bénin ?

M. Mahuna Akplogan n’est pas un inconnu dans l’écosystème technologique béninois. Sa nomination à la tête du Ministère de la Transformation Digitale et de l’Innovation (MTDI) consacre le parcours d’un pur produit de la science et des technologies d’avant-garde.

1. Un parcours d’excellence, de l’aéronautique à l’Intelligence Artificielle

Fils d’un cheminot (ancien haut cadre de la société béninoise des chemins de fer) et d’une mère commerçante, Mahuna Akplogan a grandi au sein d’une famille soudée au Bénin. Après l’obtention d’un baccalauréat scientifique dans son pays natal, il s’envole pour la France en 2001 afin d’y poursuivre ses études supérieures.

Bien qu’il ait initialement envisagé une vocation de prêtre, puis un parcours dans la mécanique aéronautique, sa passion pour les sciences le conduit très tôt vers le domaine de l’informatique de pointe. Il en ressort titulaire d’un diplôme de *Docteur en Intelligence Artificielle (IA).

2. Un entrepreneur et expert international de la “Data”

Fort de son expertise académique, il mène une grande partie de sa carrière en France. Spécialiste de la valorisation de la donnée (Data Science), il met l’innovation technologique au service de secteurs clés comme les entreprises, la banque et le milieu hospitalier.

Aujourd’hui âgé d’une quarantaine d’années, il a prouvé son sens de l’entrepreneuriat technologique en cofondant avec ses associés la solution Smart Layers. Cet outil innovant de gestion intelligente des documents s’appuie sur l’IA pour extraire automatiquement les données textuelles de documents administratifs complexes (factures, rapports, actes administratifs) et est déjà adopté par de nombreuses entreprises à travers le monde.

3. Un artisan de l’innovation souveraine et des projets nationaux

Malgré une carrière florissante à l’international, il a toujours maintenu des liens solides avec le Bénin pour y impacter l’avenir du numérique.

Avant d’être appelé au gouvernement, il mettait déjà ses compétences au service de l’écosystème local, notamment au sein de Sèmè City (la Cité internationale de l’innovation et du savoir), où il dirigeait le service d’accompagnement Springboard.

Il y a activement piloté des projets d’envergure nationale et inclusive, tels que :

GPT.BJ : Le premier chatbot gouvernemental béninois qui démocratise l’accès au droit en répondant aux citoyens sur les différents codes juridiques du pays (impôts, numérique, travail).

L’initiative « J’aime ma langue » : Un projet pionnier visant à collecter des données vocales pour intégrer les langues locales (Fon, Yoruba, Bariba, etc.) dans les modèles mondiaux d’intelligence artificielle.*

4. Sa mission au sein du gouvernement Wadagni

Reconnu pour son plaidoyer en faveur de la souveraineté numérique et de l’inclusion culturelle par la technologie, Mahuna Akplogan prend la tête du ministère avec un mandat stratégique inscrit sur la feuille de route du président Romuald Wadagni : accélérer le déploiement de la stratégie nationale d’intelligence artificielle et faire de la technologie un levier de croissance économique concret pour le Bénin.

Par Digital Business Africa

Bénin : Romuald Wadagni forme son premier gouvernement. Mahuna Akplogan nommé ministre de la Transformation digitale

[Digital Business Africa] – Quelques instants seulement après sa prestation de serment officielle à Cotonou ce 24 mai 2026, le tout nouveau président de la République, chef de l’État et chef du Gouvernement, M. Romuald Wadagni, a dévoilé la composition de son équipe gouvernementale.

Ce premier remaniement marque le début d’une nouvelle ère politique pour le pays, avec des réajustements stratégiques au sein de plusieurs ministères clés.

Parmi les changements notables, le secteur de la technologie et de l’innovation change de main.

M. Mahuna Akplogan a été nommé au poste de Ministre de la Transformation Digitale et de l’Innovation, avec la lourde charge de piloter la stratégie nationale d’intelligence artificielle (MTDI).

Il succède à Mme Aurélie Adam Soulé Zoumarou, qui ne quitte pas pour autant l’équipe présidentielle. Cette dernière prend désormais les rênes du Ministère de la Communication, en charge des Médias (MCM), un portefeuille crucial pour accompagner les nouvelles ambitions numériques et médiatiques du gouvernement Wadagni.

Par Digital Business Africa

Numérique et IA : le Gabon crée une Direction Générale des Technologies Émergentes pour structurer son ambition digitale

[DIGITAL Business Africa] – Le Gabon franchit une nouvelle étape dans sa stratégie de transformation numérique. Réuni en Conseil des ministres le 22 mai 2026 à Libreville, le gouvernement gabonais a adopté deux décrets majeurs destinés à renforcer l’écosystème technologique national et à accélérer l’intégration des innovations numériques dans l’économie.

La première mesure porte sur la mise en place d’un cadre réglementaire accompagné d’un label officiel dédié aux startups et aux entreprises engagées dans la transformation digitale. À travers cette initiative, les autorités souhaitent mieux structurer l’écosystème de l’innovation, encourager l’entrepreneuriat technologique et créer un environnement plus attractif pour les investisseurs locaux et internationaux.

Le gouvernement entend ainsi favoriser l’émergence d’acteurs capables de développer des solutions numériques adaptées aux besoins du marché gabonais, tout en stimulant la création d’emplois dans les secteurs à forte valeur ajoutée.

Mais l’annonce la plus stratégique reste la création de la Direction Générale des Technologies Émergentes (DGTE). Cette nouvelle entité aura pour mission de piloter les politiques publiques liées aux technologies innovantes, avec une attention particulière portée à l’intelligence artificielle, à l’innovation numérique et à l’inclusion digitale.

La DGTE sera notamment chargée d’encadrer l’usage éthique de l’IA, de promouvoir l’adoption responsable des technologies émergentes et de veiller à ce que les opportunités offertes par le numérique bénéficient à l’ensemble des provinces du pays.

À travers cette réforme institutionnelle, Libreville affiche sa volonté de mieux anticiper les mutations technologiques mondiales et de doter le pays d’une gouvernance plus adaptée aux enjeux de l’économie numérique.

Le Gabon ambitionne désormais de renforcer la compétitivité de son secteur digital et de se positionner progressivement comme un pôle technologique de référence en Afrique centrale. Une orientation qui traduit également la montée en puissance des questions liées à l’intelligence artificielle dans les politiques publiques africaines, alors que plusieurs États du continent accélèrent la structuration de leurs stratégies numériques nationales.

Par Loic SOUOP

Bénin : « C’est jour de fête », le message WhatsApp qui a coûté cinq ans de prison à un ex-député

[DIGITAL Business Africa] – Au Bénin, l’affaire Soumaila Sounon Boké relance avec force le débat sur les responsabilités liées aux publications numériques, aux groupes WhatsApp et aux limites entre la liberté d’expression, l’interprétation politique et la sécurité de l’État. L’ancien député du principal parti d’opposition béninois, Les Démocrates, a été condamné le 12 mai 2026 à cinq ans de prison ferme par la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (Criet), pour « apologie de crime contre la sûreté de l’État » et « incitation à la haine et à la violence ».

Au cœur du dossier : un simple message publié dans un groupe WhatsApp le 7 décembre 2025, jour de la tentative présumée de coup d’État contre le président Patrice Talon.

Selon plusieurs médias béninois et internationaux, dont Radio France Internationale, l’ancien parlementaire avait écrit : « C’est jour de fête ». Une phrase interprétée par les autorités judiciaires comme une manifestation de soutien ou de jubilation face à la tentative de déstabilisation du pouvoir en place.

L’ancien député a pourtant contesté cette lecture devant les juges. À la barre, il a soutenu qu’il s’agissait d’« une phrase inachevée envoyée par inadvertance », se présentant également comme « un patriote épris de démocratie ». Il a par ailleurs indiqué que le message était destiné à une discussion privée entre anciens amis qui préparaient des retrouvailles. Des arguments qui n’auront pas convaincu la juridiction spéciale béninoise.

WhatsApp, nouveau terrain sensible de la vie politique africaine

Cette affaire illustre surtout l’importance croissante des plateformes de messagerie dans les dynamiques politiques et sécuritaires africaines. Longtemps considérés comme des espaces privés ou semi-privés, les groupes WhatsApp sont désormais devenus :

  • des espaces de mobilisation politique ;
  • des lieux de circulation massive d’informations ;
  • des outils de propagande ;
  • mais aussi des zones de diffusion de rumeurs, de discours haineux ou de contenus sensibles.

Dans plusieurs pays africains, les applications comme Meta WhatsApp jouent aujourd’hui un rôle central dans la formation de l’opinion publique, particulièrement lors des périodes électorales ou des crises politiques.

Le problème réside dans la rapidité de diffusion des contenus, mais aussi dans leur caractère souvent émotionnel, contextuel et difficilement vérifiable.

Ce que dit la loi

Au Bénin, l’Article 550 du code du numérique stipule que : « Quiconque initie une communication électronique qui contraint, intimide, harcèle ou provoque une détresse émotionnelle chez une personne, en utilisant un système informatique dans le but d’encourager un comportement grave, répété et hostile est puni d’une peine d’emprisonnement de un (01) mois à deux (02) ans et d’une amende de cinq cent mille (500 000) francs CFA à dix millions (10 000 000) de francs CFA, ou de l’une de ces deux peines seulement. »

C’est probablement sur cet article et sur des dispositions du code pénal que la Criet a rendu son verdict.

La question du contexte numérique

L’affaire Soumaila Sounon Boké soulève également une problématique devenue majeure dans les débats sur la gouvernance numérique : celle du contexte des publications.

Une phrase courte, une image, un emoji ou une vidéo peuvent être interprétés de différentes manières selon :

  • le climat politique ;
  • le moment de publication ;
  • l’environnement émotionnel ;
  • ou encore les événements en cours.

Dans l’univers numérique, le contexte devient parfois aussi important que le contenu lui-même.

Ce phénomène est amplifié par :

  • les captures d’écran ;
  • les republications virales ;
  • les commentaires ;
  • et les interprétations communautaires ou politiques.

Entre cybersécurité, liberté d’expression et régulation

Cette condamnation intervient dans un contexte africain où plusieurs États renforcent progressivement leurs dispositifs de lutte contre :

  • la désinformation ;
  • les discours haineux ;
  • les appels à la violence ;
  • et les contenus jugés attentatoires à la stabilité des institutions.

Mais ces politiques soulèvent aussi des interrogations chez certains défenseurs des droits numériques et des libertés publiques, notamment sur :

  • les limites de l’interprétation judiciaire des publications en ligne ;
  • la surveillance des espaces numériques ;
  • ou encore la proportionnalité des sanctions.

L’affaire béninoise rappelle que les publications numériques, même au sein de groupes de discussion, peuvent désormais entraîner de lourdes conséquences judiciaires.

Un signal fort pour les usages numériques en Afrique

Au-delà du cas béninois, cette décision constitue un signal fort adressé aux responsables politiques, activistes, influenceurs et citoyens africains quant aux responsabilités liées à la parole numérique.

À l’heure où les réseaux sociaux et les messageries instantanées façonnent les débats publics sur le continent, la maîtrise des usages numériques, la prudence dans les publications et la compréhension des impacts des contenus partagés deviennent des enjeux majeurs de la citoyenneté numérique.

Pour de nombreux observateurs, l’Afrique entre progressivement dans une nouvelle phase où les questions de gouvernance numérique, de cybersécurité, de régulation des contenus et de responsabilité des internautes deviennent indissociables des enjeux démocratiques et sécuritaires.

Par Digital Business Africa

Bénin : « C’est jour de fête », le message WhatsApp qui a coûté cinq ans de prison à un ex-député

[DIGITAL Business Africa] – Au Bénin, l’affaire Soumaila Sounon Boké relance avec force le débat sur les responsabilités liées aux publications numériques, aux groupes WhatsApp et aux limites entre la liberté d’expression, l’interprétation politique et la sécurité de l’État. L’ancien député du principal parti d’opposition béninois, Les Démocrates, a été condamné le 12 mai 2026 à cinq ans de prison ferme par la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (Criet), pour « apologie de crime contre la sûreté de l’État » et « incitation à la haine et à la violence ».

Au cœur du dossier : un simple message publié dans un groupe WhatsApp le 7 décembre 2025, jour de la tentative présumée de coup d’État contre le président Patrice Talon.

Selon plusieurs médias béninois et internationaux, dont Radio France Internationale, l’ancien parlementaire avait écrit : « C’est jour de fête ». Une phrase interprétée par les autorités judiciaires comme une manifestation de soutien ou de jubilation à l’égard d’une tentative de déstabilisation du pouvoir en place.

L’ancien député a pourtant contesté cette lecture devant les juges. À la barre, il a soutenu qu’il s’agissait d’« une phrase inachevée envoyée par inadvertance », se présentant également comme « un patriote épris de démocratie ». Il a par ailleurs indiqué que le message était destiné à une discussion privée entre anciens amis qui préparaient des retrouvailles. Des arguments qui n’auront pas convaincu la juridiction spéciale béninoise.

WhatsApp, nouveau terrain sensible de la vie politique africaine

Cette affaire illustre surtout l’importance croissante des plateformes de messagerie dans les dynamiques politiques et sécuritaires africaines. Longtemps considérés comme des espaces privés ou semi-privés, les groupes WhatsApp sont désormais devenus :

  • des espaces de mobilisation politique ;
  • des lieux de circulation massive d’informations ;
  • des outils de propagande ;
  • mais aussi des zones de diffusion de rumeurs, de discours haineux ou de contenus sensibles.

Dans plusieurs pays africains, les applications comme Meta WhatsApp jouent aujourd’hui un rôle central dans la formation de l’opinion publique, particulièrement lors des périodes électorales ou des crises politiques.

Le problème réside dans la rapidité de diffusion des contenus, mais aussi dans leur caractère souvent émotionnel, contextuel et difficilement vérifiable.

Ce que dit la loi

Au Bénin, l’Article 550 du code du numérique stipule que : « Quiconque initie une communication électronique qui contraint, intimide, harcèle ou provoque une détresse émotionnelle chez une personne, en utilisant un système informatique dans le but d’encourager un comportement grave, répété et hostile est puni d’une peine d’emprisonnement de un (01) mois à deux (02) ans et d’une amende de cinq cent mille (500 000) francs CFA à dix millions (10 000 000) de francs CFA, ou de l’une de ces deux peines seulement. »

C’est probablement sur cet article et sur des dispositions du code pénal que la Criet a rendu son verdict.

La question du contexte numérique

L’affaire Soumaila Sounon Boké soulève également une problématique devenue majeure dans les débats sur la gouvernance numérique : celle du contexte des publications.

Une phrase courte, une image, un emoji ou une vidéo peuvent être interprétés de différentes manières selon :

  • le climat politique ;
  • le moment de publication ;
  • l’environnement émotionnel ;
  • ou encore les événements en cours.

Dans l’univers numérique, le contexte devient parfois aussi important que le contenu lui-même.

Ce phénomène est amplifié par :

  • les captures d’écran ;
  • les republications virales ;
  • les commentaires ;
  • et les interprétations communautaires ou politiques.

Entre cybersécurité, liberté d’expression et régulation

Cette condamnation intervient dans un contexte africain où plusieurs États renforcent progressivement leurs dispositifs de lutte contre :

  • la désinformation ;
  • les discours haineux ;
  • les appels à la violence ;
  • et les contenus jugés attentatoires à la stabilité des institutions.

Mais ces politiques soulèvent aussi des interrogations chez certains défenseurs des droits numériques et des libertés publiques, notamment sur :

  • les limites de l’interprétation judiciaire des publications en ligne ;
  • la surveillance des espaces numériques ;
  • ou encore la proportionnalité des sanctions.

L’affaire béninoise rappelle que les publications numériques, même au sein de groupes de discussion, peuvent désormais entraîner de lourdes conséquences judiciaires.

Un signal fort pour les usages numériques en Afrique

Au-delà du cas béninois, cette décision constitue un signal fort adressé aux responsables politiques, activistes, influenceurs et citoyens africains quant aux responsabilités liées à la parole numérique.

À l’heure où les réseaux sociaux et les messageries instantanées façonnent les débats publics sur le continent, la maîtrise des usages numériques, la prudence dans les publications et la compréhension des impacts des contenus partagés deviennent des enjeux majeurs de la citoyenneté numérique.

Pour de nombreux observateurs, l’Afrique entre progressivement dans une nouvelle phase où les questions de gouvernance numérique, de cybersécurité, de régulation des contenus et de responsabilité des internautes deviennent indissociables des enjeux démocratiques et sécuritaires.

Par Digital Business Africa

CDM2026 : La technologie pirouette de la FIFA qui va améliorer l’arbitrage

[DIGITAL Business Africa] – Le Coupe du monde 2026 dévoile sa star. Son nom : TRIONDA, « trois vagues » en français. Le ballon est une innovation de l’instance faîtière du football qui fait entrer le football dans une nouvelle ère. TRIONDA dispose de coutures profondes afin d’optimiser la stabilité en vol et d’assurer une traînée suffisante et uniformément répartie. De plus, les icônes en relief, visibles uniquement de près, augmentent l’adhérence au moment de la frappe ou du dribble par temps humide, rapporte la FIFA.

Le ballon officiel du mondial 2026 est aussi équipé d’un capteur de mouvement 500 Hz dernier cri. Ce dispositif permettra de suivre le moindre des déplacements du joueur. Le capteur enverra des données précises en temps réel au système d’assistance vidéo à l’arbitrage afin d’améliorer la prise de décision, notamment en cas de hors-jeu.

Avec l’aide de 12 caméras autour du terrain, la position du ballon et des joueurs est suivie 50 fois par seconde. Toutes ces informations seront directement envoyées au VAR pour détecter les hors-jeu, les buts validés ou non et les actions litigieuses.

Grâce à la légèreté du capteur intégré, les joueurs ne pourront pas ressentir la différence avec un ballon ordinaire. Le ballon TRIONDA a une autonomie de six heures de fonctionnement sans interruption.

Au-delà de ses caractéristiques uniques et innovantes, TRIONDA est évidemment un clin d’œil au fait que, pour la première fois de son histoire, l’épreuve suprême se déroulera dans trois pays hôtes : le Canada, les États-Unis et le Mexique.

TRIONDA arbore un élégant mélange de rouge, de vert et de bleu, en hommage à chacun des trois pays hôtes, mais aussi une nouvelle architecture à quatre panneaux, dont les formes ne sont pas sans rappeler les vagues qui lui donnent son nom. Ces panneaux se rejoignent pour former un triangle au centre du ballon, évoquant l’alliance historique entre les trois pays.

L’iconographie fait également la part belle aux trois hôtes : le Canada est représenté sous la forme d’une feuille d’érable, le Mexique sous celle d’un aigle, tandis que les États-Unis sont symbolisés par une étoile. Les dorures rappellent, quant à elles, le trophée de la Coupe du Monde de la FIFA, soulignant au passage la place particulière qu’occupe la compétition phare de l’instance dirigeante du football mondial.

Par Jean Materne Zambo, source : fifa.com

Investissement: 7000 salariés de Meta sur les 8000 licenciés réaffectés vers des postes en lien avec l’intégration de l’IA

[DIGITAL Business Africa] – Mark Zuckerberg passe à l’acte. Après l’annonce de restructurer le groupe Meta, le PDG a commencé mercredi 20 mai 2026 à mettre en œuvre le licenciement annoncé d’environ 8 000 salariés, près de 10 % de ses effectifs mondiaux.

Aux aurores de la journée de mercredi, les employés concernés par cette mesure ont commencé à recevoir des notifications par courriers. Outre ces licenciements, le groupe propriétaire de Facebook, WhatsApp et Instagram avait indiqué en avril qu’il renonçait à recruter 6 000 personnes et réaffectait 7 000 autres salariés vers des postes en lien avec l’intégration de l’IA dans les processus de travail.

Rien de surprenant. Mark Zuckerberg a fait de l’intelligence artificielle sa priorité absolue en investissant des centaines de milliards dans ce secteur. Le groupe a relevé fin avril sa prévision d’investissements pour 2026, désormais attendus entre 125 et 145 milliards de dollars, soit près du double de ses dépenses de 2025.

Sur le plan conjoncturel, cette vague campagne de licenciement peut être comprise. Même si la séparation laissera un vide dans le cœur de l’entrepreneur.

« Je consacre beaucoup de temps à veiller à ce que nous gérions cette transition au mieux », leur promet Mark Zuckerberg, qui se dit « optimiste » pour la suite. Le patron de la maison mère qui gère les réseaux sociaux Instagram, WhatsApp, Facebook veut installer « la superintelligence personnelle » pour tous les usagers. « Il nous reste beaucoup à faire, mais le résultat sera extraordinaire », écrit-il.

Cette restructuration constitue la plus vaste vague de suppressions de postes à l’échelle du groupe depuis la campagne dite de “l’année de l’efficacité” lancée par Mark Zuckerberg en 2022-2023, qui avait abouti à la suppression d’environ 21 000 postes.

Par Jean Materne Zambo

 

Transformation numérique : Djibril Ouattara appelle la jeunesse ivoirienne à passer « de l’émotion à la stratégie »

[DIGITAL Business Africa] – Pour la Côte d’Ivoire, la bataille du numérique ne se gagnera ni dans les discours ni dans les effets d’annonce. Elle se jouera dans la capacité du pays à former des talents, construire des infrastructures souveraines et développer des solutions technologiques locales capables de rivaliser sur la scène internationale. C’est le message fort porté par le ministre ivoirien de la Transition numérique et de la Digitalisation, Djibril Ouattara, à l’occasion de sa rencontre avec les étudiants ivoiriens qualifiés pour la finale mondiale du concours Huawei ICT Competition 2026 à Shenzhen, en Chine.

Face aux jeunes talents issus de l’INP-HB, de l’ESATIC et de l’IIT, le membre du gouvernement ivoirien a livré un discours à forte portée stratégique, appelant la nouvelle génération africaine à dépasser la logique de l’émotion pour entrer dans celle de la vision et de la construction.

« Sortez de l’émotion, entrez dans la stratégie. Ayez une stratégie pour votre avenir », a-t-il déclaré.

À travers cette prise de parole, la Côte d’Ivoire affiche clairement ses ambitions : faire du numérique un pilier central de sa souveraineté économique et technologique.

Pour Djibril Ouattara, les performances académiques des jeunes Ivoiriens engagés dans cette compétition mondiale dépassent le simple cadre éducatif. Elles traduisent la montée en puissance d’un capital humain appelé à jouer un rôle décisif dans la transformation structurelle du pays. « Un diplôme peut donner une carrière. Une vision peut changer le destin d’un pays », a insisté le ministre.

Cette vision s’inscrit dans la stratégie nationale de transformation numérique portée par les autorités ivoiriennes. Celle-ci vise notamment à renforcer les infrastructures numériques souveraines, à accélérer l’accès à Internet sur l’ensemble du territoire, à développer massivement les compétences digitales et à accompagner les startups locales vers les marchés internationaux.

Dans un contexte mondial marqué par l’intensification de la compétition autour de l’intelligence artificielle, du cloud, de la cybersécurité et des infrastructures numériques, la Côte d’Ivoire entend désormais investir prioritairement dans ses ressources humaines.

Le gouvernement ivoirien considère que les futurs champions africains du numérique se construiront avant tout dans les universités, les écoles d’ingénieurs et les écosystèmes d’innovation locaux.

À travers les étudiants qualifiés pour Shenzhen, Abidjan veut envoyer un signal fort : l’Afrique ne doit plus seulement être consommatrice des technologies développées ailleurs, mais devenir un espace de production, d’innovation et d’exécution technologique.

« La bataille du numérique se gagnera d’abord par nos talents, notre capacité à créer, à innover, à exécuter et à produire nos propres solutions », a souligné Djibril Ouattara.

Le choix de Shenzhen comme théâtre de cette finale mondiale n’est pas anodin. La métropole chinoise est aujourd’hui considérée comme l’un des plus grands hubs technologiques mondiaux, siège de géants de l’innovation comme Huawei, Tencent ou DJI.

Pour les étudiants ivoiriens, cette participation représente bien plus qu’une compétition académique : elle constitue une immersion directe dans les nouveaux centres mondiaux de production technologique.

Pour la Côte d’Ivoire, l’enjeu est également diplomatique et économique. En soutenant ces jeunes talents, le pays cherche à renforcer son positionnement dans l’économie numérique africaine et à bâtir un vivier de compétences capables d’accompagner sa stratégie de transformation digitale à long terme.

À travers ce discours, Djibril Ouattara esquisse ainsi une doctrine numérique fondée sur la souveraineté technologique, la formation des talents et l’innovation locale. Une orientation qui pourrait progressivement devenir l’un des principaux leviers de compétitivité de la Côte d’Ivoire dans l’économie africaine de demain.

Par Loic Souop

Communication institutionnelle : le Burkina Faso prépare une nouvelle approche plus proche des citoyens

[DIGITAL Business Africa] – Face à l’évolution rapide des usages numériques et aux nouvelles exigences de la communication publique, le Ministère de la Transition digitale, des Postes et des Communications électroniques (MTDPCE) engage une réflexion stratégique sur l’avenir de sa communication institutionnelle. Ce vendredi 22 mai 2026, la Direction de la Communication et des Relations Presse (DCRP) a réuni les différentes structures techniques du ministère autour d’une session d’évaluation du Plan stratégique de communication 2023-2028.

Cette rencontre avait pour principal objectif de dresser un état des lieux de la mise en œuvre des actions prévues dans le plan adopté en 2022, tout en amorçant les travaux de révision du document afin de l’adapter aux nouveaux enjeux institutionnels et technologiques.

À l’ouverture des travaux, la Directrice de la Communication et des Relations Presse, Somborgnina Djelika Drabo, a insisté sur la nécessité de repenser les mécanismes de communication du ministère dans un contexte marqué par l’accélération de la transformation numérique et l’évolution des attentes citoyennes.

Selon elle, cette démarche répond à un double impératif : assurer une meilleure redevabilité des actions publiques et renforcer l’efficacité des dispositifs de communication institutionnelle à travers des approches plus modernes, interactives et adaptées aux réalités actuelles.

Le document présenté au cours des échanges a permis aux participants d’évaluer le niveau d’exécution des différentes actions engagées depuis le lancement du plan stratégique. Les discussions ont également mis en lumière plusieurs acquis enregistrés ces dernières années, notamment en matière de visibilité institutionnelle, de coordination des actions de communication et de diffusion de l’information publique.

Toutefois, plusieurs insuffisances ont également été relevées. Les représentants des structures techniques ont plaidé pour une communication davantage orientée vers les besoins des populations, plus inclusive et accessible, notamment à travers une meilleure exploitation des plateformes numériques et des outils de proximité.

Les échanges ont aussi souligné l’importance de recentrer certaines actions afin qu’elles répondent plus efficacement aux priorités actuelles du département ministériel, dans un environnement où la communication publique doit désormais conjuguer transparence, réactivité et proximité avec les citoyens.

Les contributions recueillies lors de cette concertation serviront de base à la révision du Plan stratégique de communication 2023-2028. L’ambition affichée par le ministère est de bâtir un dispositif de communication institutionnelle plus cohérent, plus agile et capable d’accompagner efficacement les politiques publiques liées à la transition digitale.

Clôturant les travaux, Somborgnina Djelika Drabo a salué l’implication des différentes structures et appelé à une synergie d’action renforcée pour construire une communication institutionnelle moderne, performante et plus proche des citoyens.

Par Loïc SOUOP

Source : MTDPCE

Top 5 des meilleures applications de contrôle parental : Le guide de Smart Click Africa pour protéger vos enfants en ligne

[Smart Click Africa] – À l’ère du numérique, offrir un smartphone à son enfant sans protection revient à le laisser traverser une autoroute les yeux fermés. Les dérives récentes sur les réseaux sociaux nous rappellent que la naïveté des plus jeunes, face aux pièges du virtuel, peut briser des vies scolaires et familiales en un seul clic.

Pour accompagner les parents dans leur rôle de cyber-éducateurs, Smart Click Africa a sélectionné et testé les 5 meilleures applications de contrôle parental disponibles aujourd’hui. Que vous recherchiez un outil gratuit ou une protection ultra-complète, voici notre guide pour installer une véritable « ceinture de sécurité » numérique.

Le Top 5 des applications de contrôle parental

  1. Google Family Link (Site officiel) : L’incontournable (et 100 % gratuite)

C’est la solution idéale pour débuter, en particulier si votre enfant possède un appareil Android (le parent peut piloter l’outil depuis un iPhone ou un Android).

    • Le point fort : Entièrement gratuite, sans publicité cachée, et directement intégrée au système.
    • Fonctionnalités clés : Verrouillage de l’appareil à distance (pratique pour le couvre-feu de nuit), validation parentale obligatoire avant chaque téléchargement, et gestion fine du temps d’écran (ex : limiter TikTok à 45 minutes par jour).
  1. Qustodio (Site officiel) : Le bouclier le plus complet (Payant, essai gratuit)

Considérée comme l’une des applications les plus robustes du marché, elle fonctionne sur toutes les plateformes (Android, iOS, PC, Mac).

    • Le point fort : Un filtrage web d’une précision chirurgicale et des rapports d’activité ultra-détaillés pour les parents.
    • Fonctionnalités clés : Blocage automatique des sites inappropriés (pornographie, jeux d’argent, violence), suivi des vidéos visionnées sur YouTube, et un bouton de panique (SOS) permettant à l’enfant d’envoyer sa position exacte en un clic s’il se sent en danger dans la rue.
  1. Kaspersky Safe Kids (Site officiel) : Le meilleur rapport qualité/prix

Développée par un géant mondial de la cybersécurité, cette application propose une excellente version gratuite et une version premium très abordable.

    • Le point fort : L’alliance parfaite entre la sécurité technique et les conseils psychologiques intégrés pour les parents.
    • Fonctionnalités clés : Alertes en temps réel sur le téléphone des parents si l’enfant tente de forcer l’accès à un site interdit, et définition d’un périmètre de sécurité géographique (vous êtes alerté si l’enfant s’éloigne de l’école ou du quartier).
  1. Bark (Site officiel) : Le spécialiste de la détection (Idéal pour les adolescents)

Bark adopte une approche innovante : plutôt que de tout bloquer ou de tout espionner, elle utilise l’intelligence artificielle pour analyser les contenus et protéger l’intimité de l’ado.

    • Le point fort : Redoutable pour détecter en amont le cyberharcèlement, les idées noires ou les contenus à caractère sexuel.
    • Fonctionnalités clés : Analyse des messages (WhatsApp, SMS, réseaux sociaux) et des photos. Le parent ne reçoit une notification que si l’algorithme détecte un mot-clé dangereux ou une anomalie (nudité, violences), préservant ainsi le climat de confiance.
  1. Microsoft Family Safety (Site officiel) : La solution idéale pour la maison

Si vos enfants partagent leur temps entre un smartphone et un ordinateur Windows pour les travaux scolaires, c’est l’outil d’écosystème par excellence.

    • Le point fort : Une gestion unifiée et synchronisée du temps d’écran à la fois sur console Xbox, PC et mobile.
    • Fonctionnalités clés : Rapports hebdomadaires envoyés par email résumant l’activité numérique de la famille et filtrage web efficace sur le navigateur Microsoft Edge.

Les 4 conseils d’or de Smart Click Africa pour les parents

Installer une application ne suffit pas. Pour que le contrôle parental soit efficace et accepté, nous vous invitons à suivre ces principes fondamentaux :

  1. Ne le faites jamais en cachette : le contrôle parental secret détruit la confiance. Expliquez clairement à votre enfant : « J’installe cet outil non pas parce que je n’ai pas confiance en toi, mais parce que le web contient des pièges dont je dois te protéger, tout comme je te tiens la main pour traverser la rue. »
  2. Établissez un « Contrat Numérique » pour la maison : le smartphone ne doit pas régner sur la vie de famille. Fixez des règles claires : pas de téléphone à table pendant les repas, pas de téléphone dans la chambre après 21 h (les appareils se chargent dans le salon).
  3. Adaptez l’outil à l’âge de l’enfant : On ne surveille pas un enfant de 10 ans comme un adolescent de 16 ans. À mesure que votre enfant grandit et gagne en maturité, desserrez les verrous de l’application pour lui apprendre l’autonomie.
  4. Privilégiez toujours le dialogue : aucune technologie ne remplacera jamais la discussion. Prenez le temps de vous asseoir avec votre enfant, demandez-lui ce qu’il regarde sur TikTok, quels sont les “trends” à la mode dans sa classe (comme le récent phénomène “On écoute et on ne juge pas”), et expliquez-lui les notions d’empreinte numérique et d’e-réputation.

Le contrôle parental n’est pas une punition, c’est un outil d’accompagnement. En associant ces applications à un dialogue permanent, vous donnez à vos enfants les moyens de profiter du meilleur d’Internet tout en restant à l’abri des dérives.

Ensemble, transformons chaque clic d’imprudence en un déclic de responsabilité !

Par Beaugas Orain DJOYUM, Président de l’association Smart Click Africa

Une publication de Smart Click Africa. Partagez cet article autour de vous pour sensibiliser d’autres parents !

Dérives en ligne au Tchad : Smart Click Africa plaide pour des « sanctions réparatrices » plutôt que l’exclusion

[Smart Click Africa] – L’actualité récente sur les réseaux sociaux au Tchad a été marquée par la viralité de vidéos du type « On écoute et on ne juge pas », tournées en uniforme par des élèves du Lycée technique commercial de Moundou dans leur établissement.

Derrière l’apparente légèreté de ce “trend” (tendance) se cachent des révélations intimes et graves, ainsi que des propos qui ont conduit, le 13 mai 2026, le conseil de discipline de l’établissement à prononcer l’exclusion définitive de dix élèves (neuf filles et un garçon).

En tant que président de Smart Click Africa, association engagée dans la promotion d’un usage responsable du web, des réseaux sociaux et des solutions numériques en Afrique, je constate que cet incident met une fois de plus en lumière le fossé éducatif numérique qui persiste dans nos sociétés.

La sanction disciplinaire, bien qu’explicable par les règlements intérieurs, ne résout pas le problème de fond : l’illusion d’intimité et l’inconscience des frontières du virtuel. Pour éviter que l’exposition numérique de nos enfants ne brise leur avenir scolaire et social, voici nos conseils à l’attention de toutes les parties prenantes.

I. Les conseils aux acteurs de la communauté éducative

1. Aux élèves : Le virtuel est réel, l’empreinte numérique est éternelle

Le smartphone donne une fausse impression de complicité et de secret. Ce qui semble être un jeu entre amies dans une salle de classe peut devenir, en un clic, un sujet de débat public mondial.

  • Comprendre la notion d’empreinte numérique : une fois qu’une vidéo est publiée ou partagée dans un groupe WhatsApp, vous en perdez totalement le contrôle. Elle peut être téléchargée, modifiée et ressortir des années plus tard, compromettant vos études ou votre future carrière professionnelle.
  • L’école est un sanctuaire : son cadre est régi par des lois et des règlements. Utiliser l’image de son établissement (uniformes, salles de classe) à des fins inappropriées constitue une faute lourde.
  • Tourner sept fois son pouce avant de produire, participer ou cliquer : Avant de suivre une tendance ou de relever un défi en ligne, posez-vous ces trois questions : Est-ce que je serais fier(e) que mes parents le voient ? Est-ce que cela peut nuire à mon école ? Est-ce que cela peut me porter préjudice demain ? Si une seule réponse est “Oui”, abstenez-vous.

2. Aux parents : Le smartphone n’est pas un simple jouet, c’est une responsabilité

On ne donne pas les clés d’une voiture à un enfant sans lui apprendre à conduire. Il en va de même pour un smartphone connecté à Internet. Il faut lui apprendre à utiliser l’appareil et les réseaux sociaux de manière responsable, à l’image d’une formation en auto-école, avant de lui délivrer ce véritable “permis d’usage”.

  • Rompre le tabou et dialoguer : Le concept même de ces vidéos montre un besoin criant chez les jeunes de s’épancher sans crainte du regard des adultes. Les parents doivent instaurer un climat de confiance pour que la chambre de l’enfant ne devienne pas le studio d’enregistrement de sa propre déchéance sociale.
  • Accompagner et surveiller (sans fliquer) : Il est indispensable de s’intéresser aux applications utilisées par les enfants (TikTok, Snapchat, Instagram, WhatsApp). Expliquez-leur les algorithmes, les dangers des vidéos intimes, des sextapes, du cyberharcèlement et de la manipulation des données.
  • Fixer des règles claires : pas de téléphone tard le soir dans la chambre, et interdiction stricte d’emporter le smartphone à l’école si l’établissement l’interdit.
  • Installer des applications de contrôle parental : Sur les téléphones confiés aux enfants, utilisez des outils de contrôle parental pour encadrer et surveiller leurs activités en ligne.

3. Aux établissements scolaires : associer la discipline à la cyber-éducation

Si l’exclusion est une réponse administrative immédiate pour préserver l’image de l’école, elle laisse souvent des jeunes livrés à eux-mêmes sur les plans éducatif et psychologique, face au lynchage en ligne et dans la société. Il faut agir en amont pour prévenir :

  • Intégrer l’éducation au numérique dans les curricula : Les écoles doivent moderniser leurs règlements intérieurs en y incluant explicitement une charte d’usage des TIC (interdiction de filmer en uniforme, sanctions en cas de cyberharcèlement impliquant l’école, etc.).
  • Créer des cellules d’écoute et de sensibilisation : Au lieu de réagir uniquement après la crise, les établissements gagneraient à organiser, dès la rentrée, des ateliers en partenariat avec des organisations spécialisées comme Smart Click Africa, ou à former les conseillers d’orientation à l’usage responsable du web afin qu’ils transmettent à leur tour ces bonnes pratiques aux élèves.

II. Le plaidoyer de Smart Click Africa : pour des sanctions constructives et réparatrices

En tant que président de Smart Click Africa, je mesure la nécessité pour l’administration scolaire de faire respecter le règlement. Cependant, l’exclusion définitive résout-elle le problème ? En renvoyant ces dix jeunes, on les prive d’éducation et on les pousse vers la rue dans une ville qui, visiblement, n’offre pas d’autres structures prêtes à les accueillir. Ils deviennent alors un danger potentiel pour eux-mêmes et pour la jeunesse.

C’est pourquoi Smart Click Africa plaide en faveur d’une alternative : associer la discipline à une obligation de réparation pédagogique.

Le souvenir de Garoua-Boulaï : la force de la discipline éducative

Au secondaire, notre censeur, M. André Noubossé, qui deviendra par la suite proviseur, nous avait infligé une sanction marquante après que nous avions manqué de participer au défilé du 20 mai à Garoua-Boulaï. La sentence était claire : écrire 1 000 fois la phrase « Je ne boycotterai plus jamais les cérémonies officielles ». Et le censeur vérifiait méticuleusement chaque ligne. Une seule lettre manquante et l’exercice reprenait à zéro. Je me souviens des camarades qui ont fait l’exercice deux ou trois fois après avoir commis une faute détectée. Sacré Noubossé !

Au terme de cet exercice fastidieux, je peux vous assurer que je n’ai plus jamais manqué un défilé ni une cérémonie officielle lorsque j’y étais désigné. Cette sanction rigoureuse a forgé mon sens des responsabilités envers la chose publique.

C’est de cette rigueur constructive dont nos écoles ont besoin aujourd’hui. Plutôt qu’un bannissement définitif, nous préconisons un dispositif de réparation en trois étapes :

1. La sanction scripturale et mémorielle : responsabiliser par l’écrit

Les dix élèves concernés devraient être soumis à la rédaction, 500 fois, d’une phrase forte conçue pour ancrer la distinction entre espace public, vie privée et préservation de la dignité :

« Je ne salirai plus jamais ma dignité ni mon uniforme sur les réseaux sociaux ou sur les terminaux mobiles, car mon empreinte numérique et mon e-réputation d’aujourd’hui définissent mon respect de demain. »

Cette punition force l’élève à intérioriser l’impact à long terme de ses actes sur sa propre vie et sur l’image du Lycée technique commercial de Moundou.

2. La réparation publique : l’exposé devant la communauté scolaire

Parce que la faute a été publique, la réparation doit avoir un impact réel au sein de la communauté éducative.

  • L’exercice : les dix élèves sanctionnés doivent concevoir et présenter ensemble un exposé approfondi sur le thème : « Les dangers des dérives en ligne avec les terminaux mobiles ».
  • Le public : cet exposé doit se faire devant tous leurs camarades et l’ensemble des élèves de l’établissement, réunis dans la cour ou dans une grande salle.
  • L’objectif : en devenant les ambassadeurs de la cyber-prudence, ces élèves expliquent à leurs pairs les pièges des algorithmes, le mirage de l’anonymat et la permanence des traces en ligne.

3. Le concept du « Contrat visuel »

Pour que cette sanction de 500 phrases et cet exposé ne restent pas de simples formalités cachées au fond d’un cahier, nous proposons de formaliser la démarche :

  • La lecture à haute voix : avant d’entrer en salle ou de remettre officiellement sa punition écrite au surveillant général ou au proviseur, chaque élève lit une dernière fois la phrase à voix haute devant sa classe, en expliquant en une minute ce qu’il ou elle a compris durant les heures d’écriture.
  • L’engagement affiché : la 500e phrase de chaque élève est rédigée sur une grande feuille de format A3, A4 (ou sur un tableau dédié), signée de sa main, avec la mention bien visible de son nom complet et de sa classe. Cette feuille est affichée temporairement dans les couloirs ou les salles de classe comme un rappel collectif et un symbole visuel de leur engagement à un retour au respect.

De cette façon, la sanction individuelle devient une leçon collective de citoyenneté numérique.

Pour que le clic d’imprudence devienne un déclic de responsabilité

L’exemple du Lycée technique commercial de Moundou doit servir de déclic national au Tchad. Smart Click Africa appelle l’établissement, le ministère de l’Éducation nationale et le ministère des Télécommunications et de l’Économie numérique à collaborer afin que l’exclusion systématique ne soit plus la seule réponse aux dérives numériques.

Dans cet esprit, nous plaidons pour que les dix élèves récemment exclus soient rappelés par l’établissement afin de purger ces sanctions constructives et de réintégrer leurs classes.

Internet et les réseaux sociaux sont de formidables outils de développement, de créativité et de formation pour la jeunesse africaine. Ne laissons pas l’effet de mode et la quête éphémère de « likes » détruire l’avenir de nos enfants.

Éduquons-les à habiter le monde virtuel avec la même dignité que le monde réel. Ensemble, parents, enseignants, éducateurs et acteurs du numérique, transformons l’erreur de ces dix élèves en une opportunité d’élever la maturité numérique de toute la jeunesse tchadienne et, plus largement, africaine.

Transformons ce clic d’imprudence en un déclic de responsabilité.

Par Beaugas Orain DJOYUM, Président de l’association Smart Click Africa

Peut-il exister une stratégie numérique « africaine » ?

[DIGITAL Business Africa – Avis d’expert] – Depuis une quinzaine d’années, l’expression « stratégie numérique africaine » s’est imposée dans les discours institutionnels, les rapports de bailleurs et les sommets internationaux. Elle évoque une ambition positive : coordonner les politiques numériques, réduire la fracture technologique et inscrire le continent dans l’économie numérique mondiale.  Mais derrière cette formule apparemment mobilisatrice se cache une question rarement posée : de quelle Afrique parle-t-on ? Car parler d’Afrique au singulier rassure, mais simplifie. Et dans le numérique, la simplification est souvent le prélude à l’échec.

Une réalité numérique profondément fragmentée

Les chiffres suffisent à dissiper l’illusion d’une trajectoire commune : en 2024, environ 38 % de la population africaine utilise Internet, contre près de 68 % à l’échelle mondiale. Autrement dit, plus de 6 Africains sur 10 restent hors ligne, malgré une croissance rapide des infrastructures. Dans certains pays, le taux dépasse 70 %, tandis que dans d’autres — notamment en zones rurales ou enclavées — il reste inférieur à 20 %. Ces écarts ne sont pas marginaux. Ils reflètent des différences majeures de revenus, de couverture réseau, de coût de la donnée…et de priorités politiques. Parler d’une stratégie numérique unique pour un continent aussi hétérogène revient à ignorer ces réalités structurelles.

Le mythe de l’homogénéité des usages

Même là où l’accès existe, les usages diffèrent radicalement. L’Afrique compte aujourd’hui environ 570 millions d’internautes, dont la grande majorité accède au numérique exclusivement via le téléphone mobile. Cependant, seuls environ 416 millions d’utilisateurs utilisent réellement Internet mobile, ce qui signifie que la couverture ne se traduit pas mécaniquement par l’adoption. Dans de nombreux territoires : l’usage se limite aux réseaux sociaux et à la messagerie, l’e-administration (ou e-Gov, Egouv…) reste marginale, les services numériques structurants (santé, éducation, énergie, services publics) sont peu accessibles. Une stratégie qui ignore cette diversité d’usages confond la connexion et la transformation.

Une stratégie sans véritable sujet politique

Toute stratégie suppose un acteur capable de décider, de financer et d’arbitrer. À l’échelle continentale, ce rôle est théoriquement assumé par l’Union africaine. Or celle-ci souffre de trois fragilités majeures : un déficit de légitimité populaire, un pouvoir contraignant très limité sur les États, une dépendance financière partielle vis-à-vis de partenaires extérieurs, ce qui affaiblit toute prétention à la souveraineté numérique. Peut-on réellement parler de stratégie lorsque les moyens, les priorités et l’exécution restent largement nationaux — voire locaux ?

Le danger très concret du discours globalisant

Le problème n’est pas seulement conceptuel. L’idée d’une stratégie numérique africaine produit des effets très concrets :  elle encourage des solutions standardisées, souvent importées, elle favorise des projets pensés pour des moyennes statistiques, pas pour des territoires réels, elle invisibilise des innovations locales pourtant efficaces, elle reproduit une logique descendante déjà connue dans l’aide au développement. En voulant penser large, on pense parfois mal.

Pourtant, le numérique africain fonctionne…ailleurs

Le paradoxe est là : le numérique africain produit déjà des résultats mesurables, mais pas là où on l’attend :  Le secteur du mobile représente près de 7,7 % du PIB africain, soit plus de 220 milliards de dollars (dont une proportion non négligeable des profits opérateurs est rapatriée vers les actionnaires étrangers). Les services de mobile money comptent des centaines de millions de comptes actifs et ont profondément transformé l’inclusion financière, des écosystèmes locaux émergent dans les grandes villes, mais aussi dans des territoires intermédiaires, portés par les usages réels plutôt que par des plans continentaux. Le numérique progresse malgré l’absence de stratégie unifiée, grâce à des dynamiques territoriales, pragmatiques et souvent informelles.

Changer de regard : de la stratégie unique aux trajectoires multiples

Ce constat invite à un déplacement conceptuel majeur :

Plutôt que de parler d’une stratégie numérique africaine, il serait plus juste de parler : des stratégies numériques en Afrique, d’une vision panafricaine aux trajectoires différenciées, ou d’un numérique construit depuis les territoires.

Comme l’a souvent souligné Achille Mbembe, le défi n’est pas d’imiter des modèles globaux, mais de penser depuis les réalités africaines elles-mêmes. La vraie question n’est donc pas :« Peut-il exister une stratégie numérique africaine ? »,

La vraie question est plutôt : Avons-nous le courage d’abandonner une fiction confortable  pour penser la complexité réelle du continent ? Le numérique ne fera pas l’unité africaine par décret institutionnel.

Mais pensé depuis les territoires, les usages et les besoins concrets, il peut devenir un levier de transformation crédible, mesurable et durable. À condition de ne plus demander : quelle stratégie pour l’Afrique ? Mais : quelles Afriques, pour quels numériques, à quelles échéances et pour quels peuples ?

Par Pierre Ndjop POM                                                                                              Conseil en stratégie de développement et Transformation Numérique

UIT : les régulateurs télécoms veulent désormais peser dans la réussite de l’e-gouvernance en Afrique

[DIGITAL Business Africa] – Longtemps concentrés sur les réseaux télécoms, les fréquences, les licences ou encore la qualité de service, les régulateurs du numérique veulent désormais jouer un rôle beaucoup plus stratégique dans la transformation digitale des États. À travers « Regulatory Governance Essentials: The new core kit regulators need to make digital markets deliver », le document stratégique « GSR-26 Best Practice Guidelines » de l’Union internationale des télécommunications (UIT), l’organisation envoie un signal fort : l’avenir de l’e-gouvernance dépendra aussi de la capacité des régulateurs à coordonner les écosystèmes numériques publics.

Adoptées lors du Global Symposium for Regulators (GSR-26) organisé en mai 2026 à Ankara, en Türkiye, les nouvelles lignes directrices de l’UIT marquent une évolution majeure dans la vision même du rôle des autorités de régulation.

Désormais, les régulateurs ne veulent plus être de simples arbitres techniques du secteur télécoms. Ils ambitionnent de devenir des acteurs centraux de la réussite des politiques publiques numériques, de l’interconnexion des administrations et du fonctionnement des services publics digitaux.

L’e-gouvernance ne peut plus fonctionner en silos

Dans son analyse, l’UIT estime que les services numériques modernes traversent les frontières administratives traditionnelles. Un système d’identité numérique interagit avec les services fiscaux, les plateformes de paiement, les administrations territoriales, les systèmes de santé, les opérateurs télécoms, les banques et parfois même les plateformes régionales ou internationales.

Or, dans de nombreux pays, les administrations publiques continuent de fonctionner en silos numériques.

Résultat :

  • duplication des données ;
  • plateformes incompatibles ;
  • absence d’interopérabilité ;
  • multiplication des procédures ;
  • difficultés d’authentification ;
  • expériences utilisateurs fragmentées ;
  • et faible efficacité des services publics numériques.

Pour l’UIT, cette fragmentation représente désormais un véritable frein à l’e-gouvernance. C’est pourquoi l’organisation appelle à une meilleure coordination entre autorités publiques, à des mécanismes permanents de partage d’informations et à des cadres de coopération structurés entre institutions.

Les régulateurs veulent devenir des architectes de l’écosystème numérique

À travers cette approche, les régulateurs télécoms semblent vouloir élargir leur périmètre d’influence.

La question n’est plus uniquement de réguler les opérateurs télécoms, mais aussi de contribuer à la cohérence globale de l’écosystème numérique national : interconnexion des plateformes publiques, circulation sécurisée des données, harmonisation des standards techniques, supervision des infrastructures critiques ou encore coordination entre administrations.

Cette évolution intervient dans un contexte où les États accélèrent leurs projets de :

  • digitalisation des services publics ;
  • identité numérique ;
  • paiements électroniques gouvernementaux ;
  • archivage électronique ;
  • cybersécurité ;
  • intelligence artificielle ;
  • et dématérialisation des procédures administratives.

L’UIT semble ainsi considérer que les régulateurs disposent désormais d’une expertise stratégique indispensable pour garantir l’efficacité, la stabilité et l’interopérabilité des futurs services publics numériques.

E-Gov’A 2026 au cœur des nouveaux enjeux africains de gouvernance numérique

Cette nouvelle vision portée par l’UIT rejoint directement les ambitions du Salon E-Gov’A 2026, prévu du 14 au 16 octobre 2026 au Palais des Congrès de Yaoundé, au Cameroun. Organisé par Smart Click Africa et Digital Business Africa sous le haut patronage du ministère des Postes et Télécommunications, l’événement se positionne justement comme une plateforme africaine de réflexion sur l’avenir des services publics numériques.

Placée sous le thème : « Intelligence artificielle et e-gouvernance : bâtir des services publics efficaces dans une Afrique cashless et paperless », cette première édition ambitionne de réunir gouvernements, régulateurs, opérateurs télécoms, fintechs, experts cybersécurité, institutions publiques et acteurs du numérique autour des grands défis de l’interconnexion administrative et de la transformation digitale des États africains.

Les débats annoncés autour :

  • de l’interopérabilité des plateformes publiques ;
  • des paiements numériques gouvernementaux ;
  • des identités numériques ;
  • de la cybersécurité ;
  • des infrastructures numériques ;
  • ou encore de l’intelligence artificielle appliquée aux services publics,

résonnent fortement avec les nouvelles orientations stratégiques défendues par l’UIT.

Vers une nouvelle génération de régulateurs africains ?

À travers « Regulatory Governance Essentials: The new core kit regulators need to make digital markets deliver », le document stratégique « GSR-26 Best Practice Guidelines » de l’UIT laisse entrevoir l’émergence d’une nouvelle génération de régulateurs africains davantage impliqués dans la gouvernance globale des États numériques.

Dans cette logique, les autorités de régulation pourraient progressivement devenir des acteurs pivots de la coordination numérique nationale, capables de rapprocher administrations, opérateurs privés, plateformes technologiques et citoyens autour d’écosystèmes publics plus intégrés.

Pour plusieurs observateurs, cette évolution pourrait profondément transformer le rôle historique des régulateurs télécoms sur le continent africain, à mesure que l’e-gouvernance devient un enjeu central de souveraineté numérique, de compétitivité économique et d’efficacité administrative.

Par Digital Business Africa

UIT : les 7 recommandations stratégiques aux régulateurs du numérique pour bâtir des marchés digitaux plus efficaces

[DIGITAL Business Africa] – Face à la montée en puissance des plateformes numériques, de l’intelligence artificielle, des services transfrontaliers et des nouveaux risques cyber, les régulateurs du numérique sont appelés à revoir leurs méthodes. Réunis du 12 au 15 mai 2026 à Ankara, en Turquie, dans le cadre du Global Symposium for Regulators (GSR-26), les experts de l’Union internationale des télécommunications (UIT) ont adopté un nouveau référentiel stratégique destiné à aider les autorités de régulation à mieux gouverner les marchés numériques.

Intitulé « Regulatory Governance Essentials: The new core kit regulators need to make digital markets deliver », ce document « GSR-26 Best Practice Guidelines » identifie sept piliers essentiels pour bâtir une régulation plus efficace, plus agile et davantage orientée vers l’intérêt public.

Dans un contexte où les écosystèmes numériques deviennent de plus en plus complexes, l’UIT estime que les approches réglementaires traditionnelles ne suffisent plus. Les régulateurs doivent désormais être capables d’anticiper, de mesurer, d’adapter et de coordonner leurs actions dans un environnement marqué par l’interconnexion des plateformes, l’intelligence artificielle, les infrastructures critiques et les flux numériques mondiaux.

  1. Définir des objectifs clairs d’intérêt public

Pour l’UIT, la régulation du numérique doit d’abord partir d’une vision claire des résultats attendus. Les régulateurs sont invités à identifier un nombre limité d’objectifs prioritaires servant de boussole à toutes les décisions réglementaires.

Parmi ces priorités figurent notamment la connectivité significative, l’accessibilité des services, leur fiabilité, la résilience des réseaux, la protection des consommateurs et une concurrence saine sur les marchés numériques. L’idée est d’éviter une dispersion des objectifs et de concentrer l’action publique sur des résultats mesurables et cohérents dans le temps.

  1. Adapter les obligations selon les risques et les acteurs

L’UIT recommande ensuite une régulation proportionnée et fondée sur les risques. Tous les acteurs du numérique ne devraient plus être soumis aux mêmes obligations réglementaires.

Les régulateurs sont encouragés à différencier les exigences selon la fonction exercée dans la chaîne de valeur numérique, la position sur le marché ou encore le niveau de risque associé à une activité donnée. Cette approche vise à éviter une surcharge réglementaire pour les petits acteurs, tout en renforçant la supervision des entreprises à impact systémique important.

  1. Construire une régulation fondée sur des données crédibles

Le troisième pilier souligne la nécessité de disposer d’indicateurs fiables et d’un système robuste d’observation des marchés numériques.

L’UIT recommande la mise en place de mécanismes de collecte de données standardisés, de tableaux de bord réglementaires et de fonctions internes d’évaluation capables de mesurer réellement les performances du marché. Les données doivent permettre aux régulateurs de détecter les risques, d’évaluer les impacts des politiques publiques et de renforcer la transparence vis-à-vis des citoyens.

  1. Utiliser les incitations plutôt que la contrainte systématique

Plutôt que de s’appuyer uniquement sur des sanctions ou des obligations rigides, l’UIT plaide pour une régulation incitative.

Les autorités sont encouragées à créer des conditions favorables à l’investissement, à l’innovation et au déploiement des infrastructures numériques. Cela peut passer par des licences adaptatives, des mécanismes de partage d’infrastructures, des réductions temporaires de frais réglementaires ou encore des procédures accélérées pour certains investissements stratégiques.

Selon l’UIT, une bonne régulation doit permettre aux acteurs du marché d’adopter spontanément des comportements alignés sur l’intérêt public, réduisant ainsi le recours à des mesures coercitives lourdes.

  1. Mettre en place une supervision graduelle et prévisible

Le document recommande également une approche progressive de la supervision réglementaire.

Avant d’imposer des sanctions fortes, les régulateurs devraient privilégier les mécanismes de dialogue, de correction et d’accompagnement. Les procédures d’escalade doivent être transparentes, prévisibles et fondées sur des preuves objectives.

L’UIT insiste aussi sur la nécessité de prévoir des mécanismes de “désescalade”, permettant d’alléger les mesures de contrôle lorsque les risques diminuent ou que les acteurs se conforment aux exigences réglementaires.

  1. Faire de l’apprentissage réglementaire une pratique permanente

Dans un environnement technologique en évolution rapide, l’UIT estime que les régulateurs doivent apprendre en permanence.

Le rapport encourage ainsi le recours à des outils tels que les “sandboxes” réglementaires, les projets pilotes, les déploiements progressifs ou encore les consultations publiques structurées. Les autorités doivent être capables de tester, ajuster et améliorer leurs règles au fur et à mesure que les marchés évoluent.

L’UIT recommande également l’utilisation de l’intelligence artificielle et des technologies émergentes pour renforcer les capacités de supervision, d’analyse des risques et de suivi du marché.

  1. Renforcer la cohérence réglementaire nationale et internationale

Enfin, l’UIT appelle à une meilleure coordination entre les institutions publiques et entre les pays.

Les services numériques étant par nature transfrontaliers, les régulations fragmentées peuvent créer des incohérences, des doublons ou des failles dans la supervision. L’organisation recommande donc des mécanismes réguliers de coopération entre autorités nationales, mais aussi des cadres de collaboration internationale sur les enjeux numériques émergents.

Cette cohérence réglementaire devrait notamment concerner les définitions communes, les standards de preuve, les métriques de qualité de service ou encore les approches liées aux risques systémiques et à la protection des consommateurs.

Une nouvelle feuille de route pour les régulateurs africains ?

Pour de nombreux pays africains engagés dans la transformation numérique, ces recommandations pourraient constituer une véritable feuille de route.

À l’heure où plusieurs États accélèrent la digitalisation des services publics, le développement de l’intelligence artificielle, l’expansion des fintechs ou encore la modernisation des infrastructures télécoms, la question de la capacité des régulateurs à suivre le rythme devient stratégique.

Ces orientations de l’UIT interviennent également dans un contexte où les débats sur la souveraineté numérique, la cybersécurité, les données personnelles et la régulation des plateformes mondiales prennent une importance croissante sur le continent.

Dans le document, Dr Cosmas Luckyson Zavazava, directeur du Bureau de développement des télécommunications (BDT) de l’UIT, souligne que ces lignes directrices constituent « une ressource pratique importante pour les régulateurs », capable de transformer « de grandes ambitions politiques en outils de gouvernance clairs et applicables ».

De son côté, Mr Ömer Abdullah Karagözoğlu, président du GSR-26 et président de l’Autorité des technologies de l’information et de la communication de Türkiye (BTK), estime que ces recommandations traduisent « la sagesse collective et l’expérience pratique des régulateurs » afin que « les marchés numériques servent effectivement l’intérêt public ».

Par Digital Business Africa

Économie de la donnée en zone CEMAC : le Master Data de l’Université de Yaoundé II prépare les architectes de la décision publique

[DIGITAL Business Africa] – La donnée s’impose progressivement comme l’une des ressources stratégiques les plus déterminantes pour les économies africaines. En Afrique centrale, cette mutation accélère la transformation des administrations publiques, désormais contraintes d’intégrer l’analyse des données dans leurs mécanismes de gouvernance, de prévision économique et de pilotage des politiques publiques.

C’est dans ce contexte que l’Université de Yaoundé II a procédé, ce 22 mai 2026 à l’Hôtel Hilton de Yaoundé, à la cérémonie officielle de remise des diplômes de la deuxième promotion du Master Data du programme de Gestion de la Politique Économique (GPE).

Au-delà du symbole académique, cette sortie de promotion illustre une ambition plus large : bâtir une nouvelle génération de décideurs publics capables d’exploiter la donnée comme outil stratégique de transformation économique dans l’espace CEMAC.

Pour le Professeur Viviane Ondoua Biwolé, directrice du programme GPE, l’intégration précoce des sciences de la donnée dans les parcours de formation répond à une anticipation des mutations structurelles en cours dans les économies africaines.

« Le Cameroun a compris très tôt que la Data devenait une réalité, et donc depuis 2021, nous avons initié justement ce parcours qui porte sur l’analyse des données et tous les outils qui permettent effectivement de manipuler la donnée », explique-t-elle.

À travers cette orientation stratégique, l’Université de Yaoundé II entend positionner le Cameroun comme un acteur de référence dans la formation des compétences numériques appliquées à la gouvernance économique et financière. Dans une sous-région confrontée à des défis de performance administrative, de transparence budgétaire et d’efficacité des politiques publiques, la maîtrise de la donnée devient désormais un levier de souveraineté et d’aide à la décision.

L’originalité du Master Data réside dans son approche transversale. Contrairement aux formations purement techniques orientées vers l’informatique ou le développement logiciel, ce cursus articule sciences de la donnée, macroéconomie, statistiques appliquées et gestion publique. L’objectif est de transformer les données massives produites par les administrations, les régies financières ou les institutions économiques en outils d’analyse stratégique capables d’éclairer les décisions gouvernementales.

À terme, ces diplômés sont appelés à intervenir dans plusieurs secteurs clés : modernisation des administrations fiscales et douanières, planification budgétaire, prévisions économiques, gouvernance publique ou encore pilotage des politiques de développement.

Dans un environnement régional où les États de la CEMAC accélèrent leur transformation numérique, ces profils hybrides deviennent essentiels pour accompagner les réformes structurelles et renforcer la capacité des institutions à produire des décisions basées sur des indicateurs fiables et des analyses prédictives.

Cette deuxième promotion s’inscrit dans la dynamique du plan stratégique 2025-2029 du programme GPE, qui ambitionne de renforcer l’ancrage technologique et opérationnel de ses formations. Doté d’infrastructures numériques modernisées et d’un campus virtuel de nouvelle génération, le programme veut désormais dépasser le cadre académique classique pour répondre directement aux besoins des administrations et des marchés africains.

À travers le Master Data, l’Université de Yaoundé II confirme ainsi son positionnement comme pôle d’excellence régional dans les métiers de la donnée appliquée aux politiques publiques.

Plus largement, cette initiative traduit une évolution majeure dans l’écosystème numérique d’Afrique centrale : la sous-région ne veut plus seulement consommer les technologies et les modèles importés, mais former localement les experts capables de piloter sa propre transformation numérique et économique.

Par Loic SOUOP