Minette Libom Li Likeng : « Les réseaux et médias sociaux sont au cœur de l’innovation »

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(TIC Mag) – TIC Mag publie la déclaration de la ministre des Postes et Télécommunications, Minette Libom Li Likeng, faite le 16 janvier 2017 dans le cadre de la campagne de sensibilisation sur « l’utilisation responsable des réseaux sociaux »

« Les abonnés des différents opérateurs de téléphonie mobile au Cameroun (Camtel, MTN, Orange, Viettel) reçoivent depuis quelques jours, des messages les invitant à une utilisation responsable des réseaux sociaux et les mettant en garde contre les sanctions pénales prévues par la loi camerounaise pour ceux qui se rendraient coupables d’émission ou de propagation de fausses nouvelles, notamment à travers les réseaux sociaux. Ces messages rentrent dans le cadre d’une campagne de sensibilisation initiée par le gouvernement à travers le ministère des Postes et Télécommunications, sur très hautes directives du Chef de l’Etat, Son Excellence Paul Biya.

A l’ère de l’économie numérique, le rôle des réseaux sociaux dans la diffusion et la circulation de l’information et des images dans l’espace public, et singulièrement au Cameroun, est devenu capital. Aujourd’hui, le citoyen détenteur d’un téléphone portable approprié se retrouve très souvent au départ ou dans la chaine de dissémination d’une image ou d’une nouvelle. Peu importe que ces images ou ces nouvelles soient vraies ou fausses, elles sont propagées à une vitesse effrénée et finissent par influencer l’opinion publique, à écorner l’image de notre pays.

Autant les réseaux sociaux contribuent à l’essor de l’économie numérique si cher au président de la République, ainsi qu’au développement économique, social et culturel en général, autant leur utilisation malveillante aux fins de désinformation et de distorsion de la réalité, est de nature à créer la psychose au sein de l’opinion publique et à rompre l’équilibre social.

Face à cette situation, il est plus qu’urgent que les Camerounais adoptent des comportements citoyens et responsables dans l’utilisation de cet outil moderne de communication, devenu incontournable.

Il convient de rappeler que l’émission et la diffusion de messages sont encadrées par la législation camerounaise, notamment le code pénal, la loi n° 2014/028 du 23 décembre 2014 portant répression des actes de terrorisme et la loi n° 2010/012 du 21 décembre 2010 relative à la cybersécurité et la cybercriminalité au Cameroun. Outre les peines de prison, cet arsenal légal prévoit également des amendes à l’encontre des auteurs de nouvelles, y compris par voie de communications électroniques ou d’un système d’information, sans pouvoir en rapporter la preuve de véracité.

Il est donc important de ne pas se rentre complice de la désinformation et de la déstabilisation de notre pays via les réseaux sociaux, mais plutôt de préserver la paix et la sécurité au Cameroun en faisant un usage responsable et citoyen des réseaux sociaux. »


Ce que la ministre des Postes et Télécommunications du Cameroun pense réellement des réseaux sociaux. Extraits de son discours le 21 novembre 2016 lors de l’ouverture du Colloque international pluridisciplinaire sur les réseaux sociaux organisé par le département des Sciences du langage de l’Université de Yaoundé I sous le thème : « Réseaux et médias sociaux en contexte : quels acteurs pour quelles appropriations et quelles significations ».

« (…) Les réseaux et médias sociaux sont au cœur de l’innovation et apportent une importante valeur ajoutée dans l’écosystème de l’économie numérique. (…) Un réseau social désigne un ensemble de personnes réunies par un lien social. À la fin des années 1990, des réseaux sociaux sont apparus sur
Internet, réunissant des personnes via des services d’échanges personnalisés, chacun pouvant décider de lire les messages de tel ou tel autre utilisateur.

Du point de vue marketing, le terme de réseaux sociaux désigne généralement l’ensemble des sites internet permettant de se constituer un réseau d’amis ou de connaissances professionnelles et fournissant à leurs membres des outils et interfaces d’interactions, de présentation et de
communication. Le succès d’audience des principaux réseaux sociaux en a fait des supports marketing et publicitaires souvent incontournables.
Les réseaux sociaux qui s’appuient sur des plateformes et assurent l’échange et le partage de données (messages, musique, vidéo ou autres) entre des communautés d’utilisateurs, provoquent une explosion de la demande en infrastructures de communications et TIC, du fait de la
croissance exponentielle du nombre d’inscrits sur lesdits réseaux ainsi que du volume des données échangées. Ils ont révolutionné le modèle économique qui était jusque-là pratiqué, en mettant à disposition un service gratuit dans sa version de base, en contrepartie d’une collecte
d’information utilisée à des fins commerciales, notamment par le biais de la publicité.
L’essor des réseaux sociaux se trouve confronté à un double défi. D’abord, celui de la disponibilité des infrastructures de télécommunications et TIC en quantité et en qualité, qualifiée je l’ai déjà dit, de cœur de l’économie numérique. Plusieurs projets sont prévus pour permettre de
relever ce défi au Cameroun. Je citerai, entres autres :

  • le projet d’extension du réseau national à fibre optique pour porter le linéaire de 8 000 à 20 000 km, avec raccordement de tous les chefs-lieux de région, de département et d’arrondissement, les
    villes portuaires et universitaires ;
  • la construction en cours de deux Points d’Echange Internet dans les villes de Yaoundé et Douala qui vont être bientôt opérationnel, permettant ainsi aux fournisseurs de services Internet d’échanger
    du trafic sans emprunter le réseau international, entrainant l’amélioration de la qualité de service et la réduction des charges supportées pour la connectivité internationale.
    Par ailleurs, les acteurs du marché des réseaux sociaux gèrent des métadonnées du fait de l’accroissement du nombre d’utilisateurs et la gestion desdites données présentent de nombreux points faibles tels que :
  • les spam qui sont des invitations reçues, dans un réseau social, de personnes inconnues ;
  • la diffusion de malware et autre virus ;
  • la présence de cyber délinquants (prédateurs sexuels, arnaqueurs, etc.) ;
  • le vol d’identité ;
  • la problématique du respect de la propriété intellectuelle et de la protection des données à caractère personnel ;
  • La fiabilité des informations circulant sur lesdits réseaux.

Il s’agit du deuxième et important défi qui est celui du renforcement de la confiance dans l’utilisation de ces réseaux. De plus, le modèle économique qui est celui des principaux acteurs des réseaux sociaux (Facebook, YouTube, WhatsApp, etc.), reposant sur une collecte d’information à des fins commerciales, incline vers une utilisation des données des utilisateurs en violation de leurs droits de propriété ou sans respect de leur vie privée.

Il importe en conséquence de renforcer le cadre législatif et réglementaire pour davantage protéger les droits des utilisateurs du secteur du numérique en général, et des réseaux sociaux en particulier. C’est ainsi que le Plan stratégique Cameroun numérique 2020, évoqué tantôt, préconise une revue des lois sur les communications électroniques, le commerce électronique, la propriété intellectuelle, la cybersécurité et la cybercriminalité au Cameroun, en associant toutes les parties prenantes,
afin de les adapter à ce nouvel environnement. Il prévoit également l’élaboration d’une loi pour la protection des données à caractère personnel, en encadrant le processus de collecte, de traitement, de transmission, de stockage et d’usage de telles données, pour lutter contre les atteintes à la vie privée. Le projet de loi y relatif est d’ailleurs déjà en chantier. (…) »

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