Cette évolution s’inscrit dans la stratégie nationale de transformation numérique engagée par les autorités algériennes afin de moderniser les services financiers, renforcer l’inclusion bancaire et accélérer l’adoption des paiements électroniques.
Les indicateurs communiqués par le ministère traduisent une montée en puissance rapide de l’écosystème monétique algérien. Le parc national de distributeurs automatiques de billets (DAB) a atteint 4713 appareils à fin mars 2026, avec environ 235 millions d’opérations enregistrées. Dans le même temps, le nombre de terminaux de paiement électronique (TPE) dépasse désormais les 104 000 unités, contre près de 68 000 à fin 2024.
Cette progression témoigne d’une accélération du déploiement des infrastructures de paiement numérique chez les commerçants et dans les services de proximité.
La croissance se confirme également au niveau des usages. Selon les données du GIE Monétique, les transactions électroniques réalisées via TPE, Internet et mobile ont atteint 939 milliards de dinars, soit environ 7 milliards de dollars, en 2025. Cela représente une hausse de 46 % sur un an.
Le commerce électronique apparaît comme l’un des principaux moteurs de cette dynamique. Plus de 27 millions de transactions en ligne ont été enregistrées durant l’année, pour une valeur supérieure à 145 milliards de dinars. Les services de transfert d’argent via mobile connaissent également une forte progression, notamment grâce aux applications BaridMob et Wimpay.
Pour soutenir cette transformation, les autorités algériennes multiplient les réformes structurelles. En 2024, le gouvernement avait créé une Commission nationale des moyens de paiement électronique afin de renforcer la sécurité des transactions et d’accélérer le développement de la monétique nationale.
L’essor des services publics numériques, la progression du e-commerce et la généralisation progressive du paiement en ligne participent également à l’évolution des habitudes de consommation dans un pays historiquement dominé par les paiements en espèces.
Malgré cette avancée, plusieurs défis persistent. Le cash demeure encore largement prédominant dans l’économie algérienne. Selon des chiffres récemment relayés par le GIE Monétique, moins de 10 % des commerçants disposent actuellement d’un terminal de paiement électronique.
Les autorités entendent néanmoins poursuivre la numérisation des services financiers pour accélérer l’adoption des paiements digitaux. Au-delà de la modernisation des transactions, le gouvernement vise aussi une meilleure traçabilité des flux financiers, la réduction de l’économie informelle et un élargissement de l’inclusion financière à l’échelle nationale.
Par Loic SOUOP









