Portée par l’Agence de développement de l’industrie des technologies de l’information (ITIDA), en partenariat avec l’Institut national des télécommunications (NTI), l’initiative prévoit de former 10 000 étudiants universitaires aux compétences technologiques les plus recherchées à l’échelle mondiale.
L’ambition dépasse largement le cadre académique : il s’agit de préparer une nouvelle génération de spécialistes capables d’alimenter la croissance du secteur numérique égyptien et de renforcer l’attractivité du pays auprès des investisseurs internationaux.
Le programme cible aussi bien les étudiants issus des filières techniques que non techniques et couvre un large éventail de compétences : intelligence artificielle, cybersécurité, développement logiciel, science des données, cloud computing, marketing numérique, électronique et design numérique.
Au-delà des contenus théoriques, le dispositif mise sur l’apprentissage appliqué avec des projets pratiques et des modules orientés employabilité afin de rapprocher davantage les profils formés des besoins réels du marché.
Cette offensive sur les compétences s’inscrit dans une stratégie nationale plus large : positionner l’Égypte comme l’un des principaux hubs régionaux des services numériques et de l’externalisation.
Le pays compte plus de 110 millions d’habitants et une production annuelle estimée à 750 000 diplômés universitaires. Sa localisation stratégique entre l’Europe, l’Afrique et le Moyen-Orient renforce son attrait. Le pays entend donc capitaliser sur son avantage démographique pour attirer davantage de multinationales technologiques, de centres de services et d’opérations d’externalisation.
Les autorités égyptiennes visent désormais encore plus haut. En 2026, le gouvernement ambitionne de former près de 800 000 personnes aux technologies de l’information et de la communication à travers différents programmes publics.
Derrière cette montée en compétences se joue également une bataille économique : le ministère des Communications et des Technologies de l’information veut porter les exportations de services d’externalisation à 6 milliards de dollars en 2026, contre environ 5,2 milliards USD en 2025.
Dans un contexte mondial marqué par la pénurie persistante de talents dans l’intelligence artificielle, la cybersécurité et l’ingénierie logicielle, l’Égypte tente de transformer son abondance de diplômés en avantage compétitif durable.
Par Loic SOUOP









