Accueil Blog Page 274

Cameroun : L’ART persiste et signe, MTN et Orange n’ont pas la 4G

(TIC Mag) – Dans un communiqué publié dans le quotidien gouvernemental Cameroon Tribune le 08 janvier 2016, le directeur général adjoint de l’Agence de régulation des télécommunications, Zourmba Aboubakar (photo), revient sur la campagne publicitaire en cours des opérateurs MTN Cameroon et Orange Cameroun sur la 4G. Pour lui, ces opérateurs n’offrent pas encore les services de la 4G. Pourtant, sur les messages publicitaires, MTN Cameroon affirme que «4G LTE est là », alors qu’Orange Cameroun revendique « le premier réseau 4G du Cameroun ».

Selon Zourmba Aboubakar, si les deux opérateurs détiennent des licences leur permettant d’offrir les services 4G, les « aspects importants » de leurs cahiers de charge en vue de l’opérationnalisation effective de la 4G ne sont pas encore terminés et par conséquent, ceux-ci ne sauraient offrir les services 4G. D’ailleurs, il indique que les débits proposés aujourd’hui par ces opérateurs ne correspondent pas aux débits de la 4G. « L’agence de régulation des télécommunications tient à rappeler que la 4G est un ensemble de systèmes mobiles qui fournissent des services de télécommunications dans le monde entier quels que soient le lieu, le réseau, l’équipement terminal utilisé. Ces systèmes offrent un accès aux services des télécommunications les plus avancés du moment. Lesdits services mobiles sont dits « à très haut débit », c’est-à-dire permettant des transmissions de données à des vitesses théoriques supérieures à cent Mégabits par seconde (100 Mbps). En pratique, ces débits sont généralement inférieurs à cette valeur », précise le DGA de l’ART.

Zourmba Aboubakar rappelle que MTN et Orange « sont assujettis aux obligations contenues dans les cahiers de charge annexés à ces conventions (leur convention de concession, ndlr). Certains aspects importants de ces cahiers de charge sont en cours d’élaboration en vue de l’opérationnalisation effective de la 4G.  L’ART, dans le cadre de ses missions de suivi et de contrôle des activités du secteur des télécommunications, s’emploie, en collaboration avec le ministère des Postes et Télécommunications, à mettre en cohérence lesdits cahiers de charge, en vue d’un développement harmonieux des réseaux et services de communications électroniques, dans le strict respect de la réglementation en vigueur ».

Ce n’est pas la première fois que l’ART conteste les publicités d’Orange et de MTN sur l’offre des services 4G. Mengang Bekono, le directeur technique de l’Art, l’indiquait déjà dans une interview accordée à Cameroon Tribune dans sa livraison du 18 décembre 2015. « Techniquement, ils sont encore au niveau du perfectionnement de la 3G. Même s’ils ont déjà la 4G, il ne faut pas s’attendre à l’avoir maintenant dans les téléphones. Parce qu’il y a une génération intermédiaire que forcément les consommateurs et le grand public ne connaissent pas. Il s’agit, par exemple, de la 2,5G et la 2,75G. L’opérateur ajoute module par module, ce qui permet d’améliorer technologiquement le service. Ce sont les étapes qui donnent une meilleure condition d’écoute, en termes de voix, de signal de données, etc. C’est un processus de migration », expliquait Mengang Bekono.

La migration se fait de manière progressive 

De même, il ajoutait que « l’ART n’a même pas encore testé les performances de la 3G et je ne peux pas dire que les opérateurs aient vraiment fait leurs preuves sur cette dernière génération. Nous sommes en train de préparer le contrôle pour certifier de l’effectivité de la 3G. Mais au niveau du consommateur, certaines données peuvent s’afficher lui faisant croire que tout est ok. Seulement, la qualité n’y est pas par rapport à ce à quoi on se serait attendu. Il devrait juste comprendre que techniquement, c’est une migration qui se fait d’une manière progressive ».

Interrogé par TIC Mag à la suite de ces affirmations, MTN Cameroon avait contesté ces déclarations. Georges Mpoudi Ngole, le Chief Information Officer de MTN Cameroon, affirmait alors à TIC Mag que « j’ai lu cet article comme vous. J’ai été tellement choqué. Vous savez quelle a été la réaction de notre DG ? On a pris un smartphone compatible et une puce 4G qu’on est allé donner gratuitement au directeur de l’ART en question en lui demandant de tester cette 4G et de rentrer à Cameroon Tribune donner les résultats de son test. En fait, personne ne cherche, personne ne va à la source chercher la bonne information. On a même fait une conférence de presse où nous avons donné toutes les informations. Il y avait plusieurs journalistes dans la salle. Nous leur avons dit : « faites des tests de notre 4G et faites des commentaires qui sont basés sur la réalité ». Mais, nous avons encore des gens qui disent que c’est du bluff et c’est embêtant ! Je préfère encore que quelqu’un me dise que j’ai pris la carte SIM 4G de MTN que je l’ai testé et cela ne marchait pas, que de dire simplement que c’est du bluff sans avoir rien testé. »

Le jeu de ping-pong entre opérateurs et régulateur est donc loin de se terminer. Sur les réseaux sociaux, les internautes camerounais affirment qu’ils peinent encore à avoir les avantages de cette 4G.

Georges Mpoudi Ngole : « MTN Cameroon a lancé la 4G, l’autre opérateur fait du bruit »

(TIC Mag) – Le Chief Information Officer de MTN Cameroon répond aux questions que les Camerounais se posent sur la disponibilité et l’accessibilité de la 3G et de la 4G récemment lancée. Pour lui, MTN Cameroon a déployé 150 sites de la technologie 4G qui lui permet de proposer la 4G dans quatre villes. Il explique aussi aux lecteurs de TIC Mag comment accéder à cette technologie en égratignant au passage son concurrent Orange Cameroun, qui revendique lui aussi d’avoir le premier réseau 4G du Cameroun.

TIC Mag : Les deux opérateurs MTN Cameroon et ORANGE Cameroun ont annoncé le lancement de la 4G pratiquement le même jour, le 16 décembre 2015. Chacun revendique d’être le premier réseau 4G du Cameroun. Qui finalement a lancé en premier la 4G au Cameroun ?

Georges Mpoudi Ngole : Les voix les plus autorisées de chaque compagnie au Cameroun sont leurs directeurs généraux. Je me souviens que le directeur général d’Orange Cameroun est passé à la CRTV télé au journal de 20 heures et a dit de manière claire et sans discussions qu’ils n’avaient pas encore de fréquences pour leur permettre d’émettre leur signal 4G. Je crois qu’elle l’a dit de manière assez claire. J’ai du mal à comprendre pourquoi il y a un doute. Eux-mêmes l’ont dit. Ils n’ont pas encore de fréquences. Ils n’ont pas encore activé le service 4G. Et c’est leur directeur général qui l’a dit.

TIC Mag : Est-ce le cas chez vous, disposez-vous des fréquences pour la 4G ?

GMN : Nous avons fait un lancement officiel. Non seulement les fréquences sont activées depuis des mois, mais le service est vendu. Plusieurs Camerounais se promènent avec leurs puces 4G dans un téléphone 4G et font des téléchargements. Nous avons invité les journalistes en conférence de presse ; nous avons fait une démonstration en live pendant la conférence de presse ; nous avons fait des animations dans des rues où on donne d’ailleurs les cartes SIM 4G gratuitement. Elles ne sont pas payantes puisqu’on est obligé de changer de carte SIM. Pour pouvoir activer les services 3G et 4G, vous ne pouvez pas le faire avec les mêmes cartes SIM qu’on utilisait pour la 2G. Donc, nous offrons gratuitement ces cartes SIM.

Nous ne sommes pas en train de parler d’une théorie de lancement. Il y a un opérateur qui fait du bruit, qui fait de la publicité mensongère pour être clair. Ils n’ont pas encore reçu de fréquences. Ils ont un problème de spectre de fréquences. Pendant ce temps, il y a un autre opérateur qui a lancé la 4G, mais le message qui est dit c’est que la bataille se joue simplement sur le terrain de la communication. Ce n’est pas vrai !

TIC Mag : D’après les informations et commentaires des internautes camerounais sur Facebook, Twitter et autres, c’est du bluff cette 4G au Cameroun. Que leur répondez-vous ?

GMN : Je ne peux pas répondre à des commentaires. Ce que je peux répondre c’est que la 4G c’est trois choses : un téléphone compatible 4G, une carte SIM qui est connecté 4G et un bon réseau de couverture 4G. Ces trois choses-là je peux les mettre sur la table. Je dis qu’on n’est pas en train de parler de théorie. Des commentaires, j’en ai suivi. Les gens commentent sur des choses qu’ils ne savent pas. Personne ne pose la question. Beaucoup de personnes pensent que quand on annonce la 4G cela veut dire que sur le téléphone, cela doit afficher 4G. Mais pas du tout ! Si vous avez un téléphone qui n’est pas compatible, si vous n’avez pas de carte SIM compatible, vous n’aurez jamais le service 4G. On n’a même pas encore distribué les cartes SIM 4G à tout le monde et les gens disent déjà que c’est du bluff. C’est de la mauvaise foi. Maintenant, que ces commentaires viennent de la part d’un monsieur X ou d’un internaute ordinaire, il n’y a pas de problème. Mais, quand cela vient d’un leader d’opinion, d’un journaliste ou d’une revue crédible, cela m’offusque réellement.

TIC Mag : Mais un responsable de l’ART indiquait clairement dans Cameroon Tribune que vos annonces étaient probablement à inscrire dans le registre de la pure communication

GMN : J’ai lu cet article comme vous. J’ai été tellement choqué. Vous savez quelle a été la réaction de notre DG ? On a pris un smartphone compatible et une puce 4G qu’on est allé donner gratuitement au directeur de l’ART en question en lui demandant de tester cette 4G et de rentrer à Cameroon Tribune donner les résultats de son test. En fait, personne ne cherche, personne ne va à la source chercher la bonne information. On a même fait une conférence de presse où nous avons donné toutes les informations. Il y avait plusieurs journalistes dans la salle. Nous leur avons dit : « faites des tests de notre 4G et faites des commentaires qui sont basés sur la réalité ».

Mais, nous avons encore des gens qui disent que c’est du bluff et c’est embêtant ! Je préfère encore que quelqu’un me dise que j’ai pris la carte SIM 4G de MTN que je l’ai testé et cela ne marchait pas, que de dire simplement que c’est du bluff sans avoir rien testé. Tout ce qu’on demande c’est que les points de vue soient légitimes. Qu’on n’officialise pas des rumeurs. Je trouve cela décrédibilisant. Cela décrédibilise non seulement les organes de presse qui le font, mais aussi, cela décrédibilise le Cameroun tout entier. Nous pensons que c’est un point positif d’avoir lancé la 4G au Cameroun.

TIC Mag : Le problème vient peut-être du fait que la 3G n’avait pas été réellement effective dans tout le pays et que l’on soit directement passé à la 4G sans que les gens n’aient véritablement expérimenté la 3G…

GMN : Le concept de réellement effectif, je ne sais pas comment on le mesure. Nous avons obtenu une licence 3G en début d’année 2015, on a eu la licence 3G officiellement le 11 mars 2015 je crois. Quel est le pays du monde qui obtient la licence 3G en mars et déploie son réseau 3G sur toute l’étendue de son pays la même année ? Il faut quand même qu’on soit réaliste. On nous compare à des gens comme NEXTTEL qui ont obtenu leur licence deux ans plus tôt avec exclusivité, donc avec des avantages déraisonnables. Ils ont eu tout le temps nécessaire pour déployer leur réseau dans le pays. On veut que nous, après six mois, qu’on atteigne le même niveau de couverture. Ce n’est pas réaliste ! Cela ne fait même pas encore neuf moins qu’on a eu la fibre optique.

En moins de neuf mois, a-t-on eu le temps de commander le matériel, de le déployer sur l’ensemble du Cameroun ? Comment ? Même les réseaux comme SFR n’ont pas couvert toute la France en une seule journée ! Donc, quand on me dit que la 3G n’est pas effective, je dis non. La couverture de la 3G n’atteint pas peut-être toutes les localités du Cameroun. Nous avons aujourd’hui 1 500 sites de 2G qu’on a déployé en 15 ans. Cela nous a pris 12 à 15 ans pour installer ces 1 500 sites 2G. Pour la 3G, nous avons commencé directement avec 300 sites. Ce qui n’était déjà pas mal.

TIC Mag : Aujourd’hui, combien de sites 3G MTN Cameroon dispose-t-il ?

GMN : Je n’ai pas le nombre exact, mais aujourd’hui, nous avons un peu plus de 650 sites pour la 3G alors qu’en mars, nous n’en avions que 300. (…) Si vous voulez plus de chiffres, je dirai qu’en décembre 2014 on transportait à peu près deux Térabits (2 000 gigas) de données par jour sur notre réseau 2G. Et aujourd’hui, nous transportons 14 Térabits de données par jour avec la 3G.  Et quand on me dit que la 3G n’est pas effective, je me demande d’où peuvent bien provenir les 12 térabits supplémentaires. Donc, les mêmes gens vous disent qu’il n’y a pas la 3G, mais les mêmes gens l’utilisent tous les jours au point de consommer 12 à 14 Térabits de données par jour. Ce n’est pas moi qui génère ces 14 Térabits, mais ce sont bien les clients et les chiffres d’affaires qu’on a. Avec la 3G, le chiffre d’affaires des données a explosé. Et quand tu entends le commentaire selon lequel la 3G n’est pas effective, cela ne correspond pas du tout à la réalité.

TIC Mag : En ce moment, la 4G de MTN Cameroon est disponible sur combien de sites et dans combien de villes ?

GMN : Nous avons commencé avec juste quatre villes, puisqu’il fallait commencer quelque part. Nous avons commencé avec environ 120 sites. Ce n’est pas un chiffre exact. On couvre aujourd’hui Douala, Yaoundé, Bamenda et Buea. Ce sont les quatre villes de lancement. Je ne vais pas dire qu’on couvre tout Douala. Non ! Si vous faites une échelle de grandeur, on part de 1 500 sites pour la 2G, de 650 sites pour la 3G et de 120 sites pour la 4G. Vous comprenez bien qu’en termes de taille de la couverture ce n’est pas du tout la même chose. Donc, effectivement on couvre uniquement en 4G les hotspots, les gros points dans les centres urbains. Quelqu’un qui habite au quartier Logpom à Douala par exemple ne sera pas couvert par la 4G. Mais, celui qui est à Bonandjo forcément sera couvert.

pub-mtn

TIC Mag : La 4G ne sera donc pas pour tous les Camerounais…

GMN : Nous ne prétendons pas qu’on a aujourd’hui une couverture nationale de la 4G. Ce n’est pas du tout le cas. Premièrement, la 4G n’est pas pour tout le monde. Il y a des terminaux 4G qui coûtent 400 000 F.CFA. Combien de personnes peuvent acheter un I-phone ou un Galaxie S5 ? Pour le moment, nous n’avons pas un positionnement grand public où nous allons dire que nos 10 millions d’abonnés vont bénéficier de la 4G. C’est un service qui est relativement élitiste. Mais, rien n’empêche qu’il soit réel. On peut le mesurer. Personnellement, j’ai fait des téléchargements à sept Mégabits par seconde. J’ai les copies d’écran pour le prouver. Nous souhaitons que les gens testent pour de vrai avant de faire des commentaires, pas qu’ils fassent des commentaires sans avoir testé.

TIC Mag : Sur des affiches, vous demandez aux abonnés qui souhaitent avoir la 4G de se préenregistrer avant sur le site web www.mtnturbospeed.cm . Pourquoi se préenregistrer sur le web avant de bénéficier de votre 4G ?

GMN : Le préenregistrement est proposé parce que nous n’avons pas encore de sites 4G partout. Nous avons une stratégie de lancement basée sur les « Streets Parties ». On a des fêtes pour des campagnes d’activation des cartes SIM en 4G que nous organisons dans des rues. Mercredi dernier par exemple, c’était à Yaoundé au boulevard du 20 mai. Ce sont des « Streets Activation ». Vous vous préenregistrez sur le site Internet et quand vous arrivez à la street party, on vous connecte en moins de trois minutes. Pour ceux qui se sont préenregistrés, en 60 secondes ils sont connectés 4G. Comment cela se passe ? Vous venez avec votre carte SIM, vous donnez votre numéro de téléphone, nous faisons un contrôle d’identité pour s’assurer que c’est bien vous le propriétaire, nous lançons la procédure de migration, cela enlève votre numéro de votre ancienne carte SIM pour la transférer sur la nouvelle SIM 4G qu’on vous remet et que vous insérez dans votre smartphone. Et le tour est joué, vous avez votre carte SIM 4G qui s’affiche sur votre téléphone. A condition que votre smartphone soit compatible 4G. Après ces Streets Activation, les activations 4G se font dans les différentes agences de MTN Cameroon.

Propos receullis par Beaugas-Orain Djoyum

Le Câble numérique du Gabon, un trimestriel pour présenter l’évolution des TIC et Télécoms

(TIC Mag) – La première édition du ‘‘Câble numérique du Gabon’’ est disponible. Dans sa livraison de décembre 2015, le trimestriel revient sur les principales avancées effectuées par le Gabon au cours des dernières années. Dans son éditorial, le directeur de la publication, Pastor Ngoua N’neme, ministre gabonais de l’Economie numérique et de la Poste, présente Le Câble numérique du Gabon comme un instrument pour « mieux vulgariser l’usage et les chiffres des TIC » au Gabon.

Le ministre dresse par ailleurs un bilan succinct des années 2014 et 2015 dans le domaine des TIC et Télécommunications au Gabon. L’année 2015 par exemple a particulièrement été marqué par une reconnaissance internationale des efforts du Gabon dans le domaine des TIC, rappelle son directeur de publication. « L’année 2015 s’est achevée sur un sentiment de satisfaction au vu des avancées du secteur du numérique. Ces avancées ont été reconnues et récompensées à travers le prix TIC pour le développement durable attribué par l’Union internationale des télécommunications (UIT) au Président de la République, Chef de l’Etat, Son Excellence Ali Bongo Ondimba, à l’occasion du 150e anniversaire de l’UIT, en septembre dernier, à New York (USA) », écrit Pastor Ngoua N’Neme.

Cette première édition comporte également un dossier qui présente le secteur gabonais des télécommunications comme l’exemple à suivre dans la zone Afrique centrale. Pour cela, le trimestriel met en avant six arguments : un taux de pénétration du mobile de 179% en juin 2015, premier pays à délivrer une licence 3G en Afrique centrale, quatre opérateurs mobiles pour 2,7 millions d’abonnés, un accès Internet étendu à 67% de Gabonais, 6 000 km de fibre optique déployés et deux réseaux 4G disponibles à Libreville.

 

Le Câble numérique du Gabon consacre également une part importante aux chiffres clés et aux indicateurs de l’évolution des secteurs TIC et Télécoms au Gabon. « Nous voulons Le câble numérique du Gabon comme un instrument de suivi-évaluation des politiques publiques, indique pour sa part Cyriaque D. Kouma, son coordonnateur général. Nous pensons qu’il est important d’évaluer les efforts entrepris par tous les acteurs du numérique pour transformer positivement nos vies. Pour cela, à chaque fois qu’un projet est initié, nous définissons des indicateurs d’évaluation afin de mesurer l’impact sur la société. Le Câble sera donc un moyen de consolider et de publier les données statistiques qui existent de manière éparse et de rendre compte de la qualité de services. Un réseau de collecte d’informations sera développé pour soutenir la publication de ce bulletin. »

En plus, affirme Cyriaque D. Kouma, par ailleurs directeur général de l’Economie numérique au Gabon, « je veux aussi, rappeler que les activités du ministère ne se concentrent pas qu’autour des opérateurs télécoms et du régulateur. Il y a aussi, les fournisseurs des services numériques, les sociétés de services informatiques et les associations et ONG qui œuvrent sur les chantiers du numérique également. Donc, cette publication devrait concerner l’ensemble des acteurs sans discrimination ».

Le Câble numérique du Gabon a pour opérateur ICT Media Agency. Il est distribué gratuitement au ministère gabonais de l’Economie numérique et de la Poste. Sa version électronique peut être téléchargée gratuitement en cliquant ici. Aussi, ceux qui souhaitent recevoir gratuitement Le Câble numérique du Gabon dès sa publication peuvent simplement envoyer leurs mails à l’adresse mail de l’opérateur de la publication disponible dans le trimestriel (Ours).

Elisabeth Medou Badang : « Notre réseau est prêt pour offrir les services 4G »

Au cours du journal télévisé de 20h30 à la CRTV le 16 décembre 2015, la directrice générale d’Orange Cameroun, Elisabeth Medou Badang, a expliqué les dispositions prises par sa société pour offrir la 4G aux Camerounais.

Lazare Etoundi : Je vous accueille avec cette préoccupation de nos téléspectateurs qui sont sans doute également clients d’Orange Cameroun. Pourquoi toutes ces perturbations sur les réseaux ces derniers temps ?

Elisabeth Medou Badang : C’est vrai que les réseaux mobiles ont connu des perturbations récemment, le week-end dernier particulièrement. Notamment, en ce qui concerne la connectivité Internet. C’est l’occasion pour moi de réaffirmer à nos clients notre volonté et notre engagement permanent pour leur assurer une qualité de réseau irréprochable et une qualité de couverture irréprochable. Nos équipes sont mobilisées 24h/24 et 7j/7 à cet effet. Malheureusement, il y a un certain nombre de circonstances qui empêchent par moment de fournir à nos clients la qualité de service qu’ils attendent. Mais, nous sommes engagés. Il y a un certain nombre d’actions structurantes qui vont permettre d’améliorer la résilience globale du réseau.

LE : Quel bilan d’exploitation de la 3G faites-vous à ce stade ?

EMB : Je ne ferai pas de bilan à ce stade. Pour moi, c’est le début d’une grande aventure. Nous avons pris l’engagement et notre ambition est d’être vraiment le moteur de la digitalisation de notre économie. Le lancement de la 3G en est une illustration. Nous avons lancé la 3G au mois de mars et nous avons pris l’engagement d’améliorer l’accès pour nos clients. C’est ce que nous avons fait et ce que nous allons continuer de faire. Aujourd’hui, nous couvrons environ 100 localités au Cameroun. Nous avons réduit de façon significative les prix des smartphones. Et là, je profite de l’occasion pour dire que nous avons une promotion qui commence aujourd’hui pour la dernière ligne droite avant les fêtes au terme de laquelle pour chaque téléphone acheté, quel que soit le prix, le client recevra le même téléphone. C’est comme si nous réduisons les prix de nos téléphones de 50%. Ce qui va permettre de donner accès à l’Internet à encore plus de personnes avec tout le bénéfice que nous connaissons déjà des usages qui en découlent.

LE :  Pour les fêtes de fin d’année, que réserve Orange Cameroun pour ses différentes catégories de clientèle ?

EMB : Ce qu’Orange Cameroun réserve à ses clients c’est de continuer d’innover. Je voudrais réaffirmer ici notre volonté notre engagement d’être un acteur majeur dans la digitalisation de notre économie. Aujourd’hui, j’ai le plaisir d’annoncer à l’ensemble des Camerounais et à l’ensemble de nos clients que notre réseau est prêt pour offrir les services 4G. Tous les équipements ont été adaptés. Tout le réseau a été transformé en conséquence. La seule chose que nous attendons c’est que nous soit définie les fréquences sur lesquelles nous allons pouvoir émettre. Et nous savons que le régulateur est en train de travailler là-dessus. Cela devrait se faire dans les prochains jours. Nos clients Entreprises, gros utilisateurs de la data, vont pouvoir bénéficier d’une expérience améliorée grâce à la 4G que nous allons lancé pour commencer dans les villes de Douala, Yaoundé, Buea et Bamenda. Ce sont des villes où nous avons soit plusieurs entreprises ayant des gros besoins, notamment en terme de débit, soit qui sont de très grands utilisateurs de l’Internet. Je pense aux universitaires notamment. Nous sommes ravis de pouvoir faire cette innovation technologique. Il y a encore un an, le Cameroun était parmi les derniers pays d’Afrique à avoir la 3G, aujourd’hui, je peux dire qu’en moins d’un an, nous avons rattrapé le peloton de tête en la matière. Ce qui confirme que le potentiel et l’engagement de notre entreprise à contribuer au développement des télécommunications dans notre pays.

LE : Une partie de l’opinion peut se poser la question de savoir est-ce qu’on ne va pas trop vite du côté d’Orange Cameroun et la 4G c’est quels avantages pour les utilisateurs ?

EMB : On ne va pas trop vite. On se dit pourquoi suivre le même cheminement que les autres ? Il y a une technologie qui existe aujourd’hui, qui permet d’améliorer l’expérience client, pourquoi ne pas y aller directement. Elle est disponible, nous sommes capables de développer les compétences nécessaires pour l’offrir à nos clients. Et c’est ce que nous faisons.

LE : Peut-être un dernier mot à l’endroit de vos clients…

EMB : C’est avec plaisir que je voudrais souhaiter à nos clients et à tous les Camerounais de passer de très agréables fêtes de fin d’année et une année 2016 pleine de sécurité, de richesses et d’épanouissement pour tous.

Propos recueillis par Lazare Etoundi le 16 décembre 2015 lors du JT (20h30) de la CRTV et retranscrits par TIC Mag

Jean Norbert Diramba : « En 2016, nous mettrons l’accent sur l’incubateur du Gabon »

Pour l’année 2016 qui profile à l’horizon, la Société de patrimoine des infrastructures numériques (SPIN) du Gabon envisage d’oeuvrer, en collaboration avec l’ANINF, pour la finalisation du projet du backbone (projet CAB4), dans sa phase première qui va de Libreville à Franceville pour atteindre la frontière avec la République du Congo. De même, un accent sera mis dans le soutien des jeunes start-ups gabonaises. Jean Norbert Diramba, le nouveau directeur général de la SPIN, explique la stratégie de la société pour l’année 2016 dans cet entretien mené à Libreville au Gabon par Beaugas-Orain Djoyum.

Réseau Telecom Network : L’État gabonais, par l’intermédiaire de la Société de Patrimoine des Infrastructures Numériques (SPIN), a officiellement attribué en avril 2015 à Libreville, l’exploitation, la maintenance et la commercialisation de ses deux réseaux de fibre optique (terrestre et sous-marine) au groupe français Axione (filiale de Bouygues Energies & Services) au terme de la signature d’une Convention de Délégation de Service Public (DSP) entre les deux parties. Pourquoi avoir choisi ce modèle de collaboration ?

Jean Norbert Diramba : C’est tout simple ! La SPIN est une jeune entreprise. Elle a été créée en juin 2012 avec pour mission d’exploiter, de maintenir et de commercialiser les infrastructures numériques mises à sa disposition par l’État, afin de réduire la fracture numérique en République gabonaise.

En juin 2014, la SPIN a reçu de l’État deux infrastructures de grande valeur à savoir le point d’atterrissement du Câble fibre optique ACE et le Câble fibre optique sous-marin qui relie Libreville à Port-Gentil.

Pour atteindre rapidement ses objectifs, nous avons fait appel à un opérateur d’infrastructures ayant une expérience avérée dans le domaine. Le choix de ce modèle nous permet de concilier deux objectifs majeurs : la rentabilité de l’investissement et la réduction de la fracture numérique.

RTN : Est-ce à dire que sept ans plus tard ce sont les Gabonais qu’on retrouvera à la manette des actions dévolues à la SPIN ?

 JND : oui, la SPIN a signé avec le groupe Bouygues Energies & Services et Axione pour une durée de sept ans. Au terme de ces sept années, nous allons nous même opérer ces infrastructures.

RTN : Où situez-vous la barrière entre les actions de la SPIN et les actions de l’ANINF ?

JND : Le modèle économique de notre système est simple. Le ministère de l’Économie numérique définit les politiques publiques, l’ANINF dans un de ses volets construit les infrastructures numériques et la SPIN les exploitent, les maintient et les commercialise.

RTN : La SPIN a-t-elle déjà commencé à prendre des actions dans les activités des acteurs de l’économie numérique au Gabon comme prévu ?

JND : Non. Cela fait effectivement partie des missions de la SPIN. Dans nos attributions, nous avons la gestion des participations de l’État dans les entreprises du secteur de l’Économie numérique. Nous pouvons prendre des actions, créer des entreprises, mais cela suppose que nous ayons déjà des capacités financières suffisamment importantes. Une meilleure rentabilité de nos infrastructures nous permettra de dégager des revenus nécessaires qui nous permettrons le financement et la prise des participations dans les entreprises du secteur de l’économie numérique.

Spin

RTN : Avez-vous déjà évalué le marché des start-ups au Gabon et comment entendez-vous soutenir ces jeunes gabonais qui ont des initiatives intéressantes, mais qui n’ont pas toujours des moyens pour se lancer ?

JND : Le Salon international de l’Économie numérique que va organiser le ministère de l’Économie numérique à la mi-décembre 2015 nous donnera l’occasion d’exposer là-dessus. Notre stratégie repose sur le concept du Co-working, d’incubateur et la mise en place d’un fonds destiné à la prise de participation dans les start-up.

RTN : Concrètement, comment va fonctionner cet incubateur ?

JND : Il y a deux possibilités pour y accéder :

Première possibilité, les jeunes développeurs issus de l’espace de Co-working ayant des meilleurs projets innovants ; deuxième possibilité, les détenteurs de meilleurs projets innovants réalisés hors de l’espace de Co-working. La SPIN accompagnera les porteurs de projets par un encadrement et une prise en charge des dépenses liées au développement du projet dans une période déterminée que nous estimons à moins d’un an.

RTN : Quels sont les principaux projets sur lesquels la SPIN travaille à ce jour ?

 JND : Nous travaillons sur la finalisation du projet du backbone, nous suivons avec l’ANINF la réalisation du projet CAB4, dans sa phase première qui va de Libreville à Franceville pour atteindre la frontière avec la République du Congo.

De même, pour les besoins de la CAN 2017, le président de la République a instruit le gouvernement de mettre en œuvre rapidement la deuxième phase de ce projet.

Nous avons un autre projet, celui de la mutualisation des points hauts. La mise en œuvre de ce projet a pour avantage, de lutter contre la problématique environnementale et sanitaire d’un part, et de baisser les coûts d’exploitation des opérateurs du secteur.

Pour l’année 2016, nous mettrons l’accent sur le développement de l’espace de Co-working, la mise en place de l’incubateur et le suivi de la convention de Délégation de service public (DSP).

RTN : Quelle est la nature de vos rapports avec le ministère de l’Économie numérique ?

JND : La SPIN est placée sous la double tutelle de la Présidence de la République et du ministère de l’Économie numérique sur le plan technique.

Nous mettons en œuvre la politique du gouvernement définie par le ministère en charge de l’Économie numérique.

RTN : Cela veut dire que vous rendez compte au ministère de l’Économie numérique et à la Présidence de la République…

JND : Effectivement !

 Propos receuillis par Beaugas-Orain Djoyum

Source : reseautelecom.com

Déjà près de 50 000 téléchargements du jeu « Coller la Petite » sur Google Play

(TIC Mag) – « Coller la petite », le titre populaire de l’artiste camerounais Franko a inspiré la société SDK Games Africa à créer un jeu intitulé « Coller la Petite ». Au 29 décembre 2015, l’on constate que ce jeu recueille déjà entre 10 000 et 50 000 téléchargements sur la plateforme Google Play. Preuve que la société de jeu a flairé le potentiel et a saisi l’opportunité.

D’après ses concepteurs, « ce jeu vient célébrer à sa manière le succès de cette musique « interdite » (dans un département du Cameroun, ndlr) qui fait bouger une grande partie du continent africain en ce moment ». Le titre « coller la petite » posté sur You Tube le 13 septembre 2015 totalise au 29 décembre 2015, près de neuf millions de vues.

Voici le principe du jeu expliqué par l’équipe de SDK Games Africa :

« Dans un «Djoka », « Moola » se déplace continuellement vers l’avant sur une piste de danse avec la possibilité de changer de couloir (en utilisant les touches de directions). Il recherche continuellement une petite à coller… .
Pour survivre, « Moola » doit se rafraîchir de temps en temps en prenant la « Jong » qui lui est présentée par un serveur ou changer de bit de temps en temps en prenant les « Goodies » qu’il trouve dans la salle.

La petite ne peut accepter d’être collée qu’après le signal, si « Moola » veut coller avant, ….
Sur la route de « Moola » se dresse de nombreux obstacles comme la « Mater» qui ne veut pas « ya » qu’on colle trop les petites, ou le plus redoutable, le « chef de terre » qui contrôle SA zone (où Il est interdit de coller !).
Enfin, si « Moola » veut trop « taper les styles » sans Coller La Petite, on va le virer du « Djoka»…

Pour en savoir plus n’hésitez pas à télécharger et tester de vous-même le jeu.
Jouez, prenez du plaisir, challengez vos amis, collez le plus de petites possible, … Et gagnez des MooCoins (Système de primes virtuel de SDK Games Africa) !

Bon les gars, on do le way pour s’amuser, donc “ça sort comme ça sort”, mais si vous avez des idées pour le way si, n’hésitez à nous donner cela en commentaires. »

Coller la Petite 1

De nombreux internautes apprécient bien le jeu, mais suggèrent aussi des améliorations pour son perfectionnement. Sur la page « Coller la petite » de Google Play, on peut lire des réactions comme celle de Stéphane Nkouss : « Pas mal du tout. Mais encore quelques petits problèmes au niveau de la rapidité du jeu et du graphisme. Du courage ! ». Igor Ferdinand, lui, affirme que « pour un début, ce n’est pas une catastrophe. Avec l’amélioration des graphismes et d’autres fonctionnalités ce serait encore mieux. Aussi, le modem de déplacement n’est pas performant pour la musique. C’est soulant, parce que ça se répète trop puis faudrait aussi arranger les personnages et leurs mouvements. Cela serait cool si ça variait un peu plus et aussi les lieux ». Berthe Naga, elle salue l’initiative. « Le jeu est bien, mais il y a juste un petit problème au niveau du contrôle. Il réagit lentement ce qui rend un peu difficile le collage de la petite. Si non, intéressant ».

Toutes des observations que les responsables de SDK Games Africa qui disposent d’un bureau à Yaoundé au Cameroun prennent à cœur. La dernière mise à jour du jeu date du 19 décembre 2015 et comporte l’intégration d’une nouvelle piste de danse et des missions qui permettent de passer en zone verte (intouchable). Ses concepteurs promettent encore plus d’améliorations. Le jeu peut être téléchargé sur ce lien. 

La vidéo de Franko “Coller la petite”

 

Gabon : les jeunes africains invités à plus d’innovation au SENIG 2015

Les jeunes africains ont une place prépondérante dans l’innovation numérique et ils doivent en prendre conscience. C’est le sens de l’appel lancé par Pierre Dandjinou, le Vice-Président de l’ICANN pour l’Afrique, qui tenait la leçon inaugurale du Salon international de l’Économie Numérique et de l’Innovation du Gabon (SENIG) qui s’est tenu du 14 au 18 décembre 2015 à l’hôtel Radisson Bleu Okoumé Palace de Libreville au Gabon sous le thème : « Jeunesse et numérique, leviers de développement durable ».

« Tous ceux qui ont fait de l’Internet ce qu’il est aujourd’hui l’ont fait quand ils avaient autour de 30 ans. Les innovations de l’internet n’ont jamais été le fait de ceux qui ont dépassé cet âge-là. C’est une réalité. Les jeunes ingénieurs américains qui ont découvert le protocole IP avaient entre 24 et 25 ans. Celui a fait arriver le web avait à peine 32 ans. Le promoteur de Facebook a lancé son innovation quand il avait autour de 20 ans. Donc, je crois qu’en Afrique, il y a des potentialités », a lancé Pierre Dandjinou qui invitait les jeunes gabonais à plus d’innovation et qui s’adressait en même temps aux experts nationaux et internationaux ayant fait le déplacement de Libreville.

Pour lui l’Afrique regorge des ressources qui doivent être exploités par les Africains eux-mêmes. « Nous devons nous demander pourquoi tant de personnes s’intéressent à l’Afrique. Pourquoi la Chine met-elle autant d’argent pour aider l’Afrique ? Le Premier ministre chinois a été clair : ’’Ce n’est pas parce que nous aimons l’Afrique. C’est parce que nous voulons nous développer, nous pensons également que l’Afrique a besoin de se développer. Vous avez des ressources et nous mettons en place des mécanismes pour qu’il y ait une coopération’’. L’Afrique doit donc avoir sa stratégie », martèle le Vice-Président de l’ICANN pour l’Afrique.

Pour la première édition du Senig, près de 1 500 participants dont environ 1 000 enregistrés ont fait du Senig une réussite, d’après les organisateurs. Les institutions publiques intervenant dans le domaine du numérique ainsi que les opérateurs privés ont exposé leurs innovations à ce salon. Occasion pour le Premier ministre gabonais de les remercier. « Je tiens à remercier solennellement les opérateurs privés pour leur contribution. Je les encourage à densifier leurs opérations au côté de l’Etat pour l’atteinte des objectifs du plan sectoriel Gabon numérique. Pour cela, le gouvernement de la République les rassure de la dynamique d’amélioration du climat des affaires qui conditionne et garantit la pérennité de leurs interventions », a déclaré le Pr. Daniel ONA ONDO.

Un Centre d’alerte pour la lutte contre la cybercriminalité

« Parmi les propositions issues du SENIG 2015, affirme Cyriaque D. KOUMA, le Directeur Général de la Promotion de l’Economie Numérique et par ailleurs Président du Comité d’Organisation du SENIG, je peux citer la poursuite de la mise en place des organes de la gouvernance au Gabon pour développer un écosystème du numérique cohérant et dynamique. Je pense notamment au Centre d’alerte pour la lutte contre la cybercriminalité, au Conseil National du Numérique, organe consultatif pour associer l’ensemble des acteurs à la prise des décisions par des avis et conseils au gouvernement et la mobilisation de la société civile ».

D’après Cyriaque D. KOUMA, au cours des débats, les panélistes ont également convenu qu’il fallait faciliter l’accès des jeunes au numérique par la formation et la démocratisation de l’acquisition des ordinateurs et des tablettes. « Par ailleurs, l’on a noté l’adhésion au projet d’incubateur d’entreprise du numérique pour catalyser le développement des contenus numériques adaptés au contexte gabonais avec un impact réel sur la vie des citoyens. Autre proposition et non des moindres, la nécessité du financement du numérique par les initiatives privées », affirme le DG de la Promotion de l’Economie numérique.

La prochaine édition du SENIG se tiendra en décembre 2016 et les organisateurs annoncent déjà plusieurs innovations et l’invitation de nombreux experts et opérateurs internationaux et régionaux. « Le SENIG est un salon international dont l’ambition cette année était de le mettre sur la rampe avec l’espoir qu’il deviendra une plateforme de référence sur le plan international », conclu le président du Comité d’Organisation du SENIG.

Me Akere Muna : ce qui m’a marqué au Rwanda et que le Cameroun peut copier [Vidéo]

(TIC Mag) – Vous avez été dans de nombreux pays au cours de vos différentes fonctions internationales. Quelles sont les meilleures initiatives en matière de TIC qui ont marquées et qui peuvent être dupliquées au Cameroun ?

Je vais prendre l’exemple du Rwanda, en commençant par vous raconter une histoire. Nous étions un samedi et je devais me rendre au Rwanda en urgence lundi pour un rendez-vous important avec le président Kagame. Pendant que je me demandais qui je devais contacter rapidement pour obtenir un visa, on m’a simplement dit : « Allez en ligne et demandez votre visa ». J’ai donc fait la demande en ligne et le lundi, arrivé à l’aéroport, j’ai payé 50 dollars et c’était tout. C’est extraordinaire ! En moins de dix minutes, tout était OK. On peut implémenter ce système au Cameroun. On le fait déjà également en Côte d’Ivoire, au Sénégal et tout récemment au Gabon.

L’autre chose qui m’a marqué au Rwanda, c’est la volonté affichée des pouvoirs publics d’aller dans une direction. Cela permet aux populations de comprendre que c’est par là qu’on va. Et quand on prend une décision, on l’applique. Au Cameroun, on a toujours l’impression que lorsqu’on met une politique en place, au début c’est facultatif. Quand les gens voient que c’est facultatif, ils commencent à se plaindre, quand ils se plaignent, on dit qu’il faut suspendre cela pendant un ou deux ans, et puis on abandonne. Vous savez par exemple qu’au Rwanda il n’y a pas de papiers plastiques. Quand vous arrivez à l’aéroport avec un sac plastique, on enlève ce plastique. Vous ne trouverez nulle part au Rwanda des sacs plastiques. Kigali est nickel et propre !

Propos receuillis par Beaugas-Orain Djoyum

Eric Chinje : “Il faut vraiment libéraliser le secteur des TIC au Cameroun” [Vidéo]

(TIC Mag) – Président de l’African Media Initiative, ancien porte-parole de la Banque mondiale sur les affaires africaines, ancien directeur des Affaires extérieures et de la Communication de la Banque africaine de développement, ancien présentateur vedette [1984- 1991] de la Cameroon Radio and Television (CRTV), Eric Chinje présente à TIC Mag quelques défis du Cameroun en matière de TIC et Télécommunications.

TIC Mag : Face au retard accusé dans le domaine des TIC, que doit faire le Cameroun ?

Eric Chinje : Il faut vraiment libéraliser le secteur. Je parle de véritable libéralisation, non pas juste des textes. Il faut ouvrir la voie à tous les opérateurs qui peuvent apporter quelque chose pour nous permettre d’avancer. Le problème du Cameroun c’est que le pays est dirigé par le secteur public qui, malheureusement, ne crée pas de richesse. A peine crée-t-il des connaissances. Il faut libérer ce pays du secteur public. Il faut laisser le marché déterminer.

TIC Mag : Après la libéralisation, est-ce qu’il y aura un marché local suffisant pour consommer tous les services des TIC ?

Eric Chinje : Il n’y a aucune donnée qui permet de dire que les gens ne vont pas consommer les produits de la technologie. S’il y a un système de distribution, vous verrez que les Camerounais sont de grands consommateurs des technologies. Quand MTN arrivait au Nigéria, j’étais à la Banque mondiale. Tout le monde disait que MTN ne peut pas atteindre 400 000 personnes au Nigéria en cinq ans. En six mois, la société a atteint des millions d’abonnés.

TIC Mag : Toujours dans le secteur des technologies, on constate que l’Afrique de l’Ouest rassemble les grands acteurs de l’économie numérique. Il y a Google, Microsoft et les autres. Mais, ils sont absents en Afrique centrale….

Eric Chinje : Nous pouvons les avoir du jour au lendemain, mais il y a des conditions. Je suis obligé de le dire. Ça dépend encore du président de la République ; parce que personne en dehors de lui n’est capable de prendre cette décision. C’est triste. Bon, si le président donne l’ordre demain que d’ici la fin de l’année, j’aimerais avoir Google, Facebook et les autres, cela va se faire. Mais, il faut que les gens suivent les instructions du président, à condition que les règles changent, à condition que Camtel libère l’espace, car MTN, Orange et les autres ont les moyens d’investir ici et de radicalement changer l’état des choses. Je n’invente rien. Il suffit de se renseigner. Tout peut changer d’ici la fin de l’année si nous voulons. Mais, dans un pays dirigé par le secteur public, chacun cherchera ce qu’il gagne. Voilà le problème, car il va falloir attendre que chacun, dans la chaîne, puisse trouver ce qu’il ou elle va gagner. Eh bien, ça n’arrivera jamais. Il faut libérer l’espace, changer la manière de penser.

Propos recueillis par Beaugas-Orain Djoyum et Assongmo Necdem

Serge Essongue : « Le phénomène de la SIM Box au Gabon est un problème »

(TIC Mag) – L’Autorité de régulation des communications électroniques et de la Poste (Arcep) du Gabon a annoncé récemment l’interpellation de six personnes impliquées dans la fraude à la Simbox.

D’après Serge Essongue Ewanpango, le secrétaire exécutif de l’Arcep, parmi les jeunes interpellés, certains seraient de nationalité gabonaise : « Hier encore (09 décembre 2015, ndlr), nous avons interpelé une personne qui avait un équipement qui permettait d’envoyer 360 communications par des voies que nous appelons des voies détournées. Ce monsieur vient polluer le réseau d’un opérateur. Cet opérateur n’a pas prévu cela. Je prends un seul cas, mais imaginez que l’on multiplie cela par dix ou par 20. C’est un problème. (…) Il y a eu quelques jeunes Gabonais dans les six ou sept interpellations que nous avons déjà faites », a-t-il confié le 10 décembre 2015 au cours d’une émission télé sur Gabon télévision, la chaîne nationale.

Pour rappel, après l’Afrique de l’Ouest, certains pays d’Afrique centrale ont été durement frappés par la fraude à la Simbox. Par exemple, d’après les chiffres avancés par les opérateurs, au Cameroun, le phénomène a fait perdre à l’Etat plus de 4 milliards de FCFA de recettes fiscales et aux opérateurs plus de 18 milliards de FCFA.

Au Gabon, le phénomène est relativement nouveau. Et pour lutter contre sa progression, le régulateur a mis sur pied d’une équipe de lutte et a également acquis un matériel adéquat pour la traque des fraudeurs. Une stratégie que Beaugas-Orain Djoyum, le directeur de publication de TIC Mag, présente ICI sur le site d’informations Le Nouveau Gabon.

Quand la fraude à la SIM Box débarque à Libreville…

Imaginez que vous recevez un appel entrant international. Au lieu que le numéro de téléphone qui s’affiche soit un numéro international, c’est plutôt un numéro local que vous voyez sur votre téléphone. Et plus encore, il est impossible de rappeler votre correspondant étranger parce que ce numéro local ne passe pas par la suite. Si par hasard le numéro passe, c’est un Gabonais qui décroche. Vous n’avez donc plus la possibilité d’enregistrer le numéro réel de votre interlocuteur étranger. C’est la fraude sur les appels internationaux entrants, communément appelé fraude à la SIM Box ou encore trafic gris by-pass. Après la RDC, le Congo, le Cameroun en Afrique centrale, le Gabon fait désormais face à cette fraude qui fait perdre tant d’argent au trésor public et aux opérateurs.

En collaboration avec les forces de l’ordre, l’Autorité de régulation des communications électroniques et de la Poste (Arcep) du Gabon a interpellé six personnes impliquées dans la fraude à la SIM Box à Libreville. Ces personnes étaient pilotées par un expert qui a également été mis aux arrêts. C’est ce qu’a laissé entendre le secrétaire exécutif de l’Arcep, jeudi dernier, 10 décembre 2015, au cours d’une émission sur Gabon Télévision, la chaîne de télévision nationale.

D’après Serge Essongue Ewanpango, des jeunes Gabonais figurent dans ces interpellations. « Hier encore (09 décembre 2015, ndlr), nous avons interpelé une personne qui avait un équipement qui permettait d’envoyer 360 communications par des voies que nous appelons des voies détournées. Ce monsieur vient polluer le réseau d’un opérateur. Cet opérateur n’a pas prévu cela. Je prends un seul cas, mais imaginez que l’on multiplie cela par dix ou par 20. C’est un problème. (…) Il y a eu quelques jeunes Gabonais dans les six ou sept interpellations que nous avons déjà faites », a-t-il déclaré.

Le phénomène est assez nouveau dans le pays comme nous a confié Lin Monbo, le Président du conseil de régulation de l’Arcep. « C’est un phénomène assez nouveau au Gabon. Il y a à peine trois mois que nous avons observé le trafic gris. De ce qu’on entendait au Cameroun voisin ou au Congo, on se doutait bien que ce phénomène allait entrer au Gabon », affirme-t-il.

Lire la suite sur Le Nouveau Gabon

Beaugas-Orain Djoyum

Eric Chinje : « Voici l’exemple kenyan que le Cameroun peut copier en matière des TIC »

(TIC Mag) – Président de l’African Media Initiative, ancien porte-parole de la Banque mondiale sur les affaires africaines, ancien directeur des Affaires extérieures et de la Communication de la Banque africaine de développement, ancien présentateur vedette [1984- 1991] de la Cameroon Radio and Television (CRTV), Eric Chinje présente à TIC Mag quelques défis du Cameroun en matière de TIC et Télécommunications.

TIC Mag : L’Afrique est entrée dans l’ère de la Télévision numérique terrestre. Votre vue transversale du continent vous permet-elle d’être optimiste par rapport à cette transition ?

Eric Chinje : Je suis basé au Kenya qui abrite le siège de l’AMI (African Media initiative). Je vois ce qui se passe au Kenya, en Ouganda, bref en Afrique de l’Est. Etant donné que le Kenya et le Rwanda sont bien partis en matière de technologie numérique, il y a un effet d’entraînement en Ouganda, en Tanzanie et même au Burundi. Donc, subitement c’est toute l’Afrique de l’Est qui bouge. On voit comment ça évolue dans ces pays. C’est un ensemble de choses, notamment les politiques adoptées par les gouvernements, l’engagement du secteur privé, l’activisme de la société civile, etc. Aujourd’hui, ces pays exploitent à fond les technologies existantes, ça commence à avoir un impact sur le développement économique, sur le niveau de l’éducation, sur la capacité des médias à répondre aux attentes des consommateurs. Mais, ici au Cameroun ça bloque. Je viens d’assister à Yaoundé à une conférence sur les TIC. En dehors du ministre Louis Paul Motazé, les autres représentants du gouvernement ont donné l’impression qu’ils étaient là pour défendre le statut quo. Pourtant, le Cameroun est parmi les derniers en Afrique en matière de développement des TIC. J’ai entendu dire qu’il y a des lois qui favorisent l’investissement dans ce secteur et son développement, pourtant si le pays n’a toujours lancé la technologie 4G. Alors que le reste du continent est en train de faire une adoption complète du numérique. Le Cameroun est en retard, même par rapport à ses voisins, notamment le Tchad, le Gabon, qui ont une économie beaucoup moins développée.

TIC Mag : Face au retard accusé dans le domaine des TIC, que doit faire le Cameroun ?

Eric Chinje : Il faut vraiment libéraliser le secteur. Je parle de véritable libéralisation, non pas juste des textes. Il faut ouvrir la voie à tous les opérateurs qui peuvent apporter quelque chose pour nous permettre d’avancer. Le problème du Cameroun c’est que le pays est dirigé par le secteur public qui, malheureusement, ne crée pas de richesse. A peine crée-t-il des connaissances. Il faut libérer ce pays du secteur public. Il faut laisser le marché déterminer.

TIC Mag : Après la libéralisation, est-ce qu’il y aura un marché local suffisant pour consommer tous les services des TIC ?

Eric Chinje : Il n’y a aucune donnée qui permet de dire que les gens ne vont pas consommer les produits de la technologie. S’il y a un système de distribution, vous verrez que les Camerounais sont de grands consommateurs des technologies. Quand MTN arrivait au Nigéria, j’étais à la Banque mondiale. Tout le monde disait que MTN ne peut pas atteindre 400 000 personnes au Nigéria en cinq ans. En six mois, la société a atteint des millions d’abonnés.

TIC Mag : Vous êtes au Kenya qui est l’un des pays africains les plus avancés en matière de TIC. Quelles sont les expériences kenyanes qui peuvent inspirer le Cameroun ?

Eric Chinje : Le Kenya a décidé que chaque enfant à l’école primaire possèdera une tablette. Ça change tout, car les enfants ont une facilité d’adoption de ces nouvelles technologies. Du coup, les enfants kenyans commencent à réfléchir autrement aujourd’hui. Il y a des applications développées par des jeunes kenyans un peu partout dans le pays. Le Kenya s’est également doté d’un Internet à haut débit. Le pays est en train de faire tout ce qui est nécessaire pour approfondir l’adoption du numérique et des nouvelles technologies. Ça demande des moyens. Or, le Kenya n’a pas plus de moyens que le Cameroun. Ce pays n’a que le tourisme, et encore. Nous avons un meilleur potentiel touristique. Le Cameroun a le pétrole, l’or, le bois et d’autres richesses naturelles, alors que le Kenya vient à peine de découvrir cette ressource pétrolière et n’en a même pas encore commencé l’exploitation. Le Cameroun est de loin plus riche, c’est la 12ème économie africaine, mais le problème est dans la gestion de la ressource. Le changement ne viendra ni avec des gens qui ne veulent pas libérer leurs esprits, ni avec des médias qui ne savent pas attirer l’attention du public sur ces choses-là.

TIC Mag : Toujours dans l’expérience du Kenya, il y a la Konza Technology City qui est en cours de mise en œuvre. En Afrique centrale, il y a eu quelques initiatives qui n’ont pas toujours prospéré. Le Cameroun est-il le pays de la sous-région qui doit avoir en premier ce genre de parc technologique ?

Eric Chinje : Le Cameroun est le leader naturel de l’Afrique Centrale. C’est ici que toutes ces initiatives doivent être essayées. Il revient au Cameroun de donner le ton d’une nouvelle conception de la vie. On ne devrait pas attendre que les autres le fassent. Mais chez nous, il n’y a pas de volonté, car tout le monde attend que ce soit le président ou quelqu’un d’autre qui donne l’ordre. Une fois encore ce n’est pas le secteur public qui développe la richesse et développe un pays. Le secteur public doit juste faciliter la mise en place des structures et des politiques nécessaires pour faire avancer la société. Mais, si on attend que ce secteur public et les institutions publiques décident et font bouger la société, on va traîner sur place, et c’est ce qui se passe au Cameroun.

TIC Mag : Toujours dans le secteur des technologies, on constate que l’Afrique de l’Ouest rassemble les grands acteurs de l’économie numérique. Il y a Google, Microsoft et les autres. Mais, ils sont absents en Afrique centrale….

Eric Chinje : Nous pouvons les avoir du jour au lendemain, mais il y a des conditions. Je suis obligé de le dire. Ça dépend encore du président de la République ; parce que personne en dehors de lui n’est capable de prendre cette décision. C’est triste. Bon, si le président donne l’ordre demain que d’ici la fin de l’année, j’aimerais avoir Google, Facebook et les autres, cela va se faire. Mais, il faut que les gens suivent les instructions du président, à condition que les règles changent, à condition que Camtel libère l’espace, car MTN, Orange et les autres ont les moyens d’investir ici et de radicalement changer l’état des choses. Je n’invente rien. Il suffit de se renseigner. Tout peut changer d’ici la fin de l’année si nous voulons. Mais, dans un pays dirigé par le secteur public, chacun cherchera ce qu’il gagne. Voilà le problème, car il va falloir attendre que chacun, dans la chaîne, puisse trouver ce qu’il ou elle va gagner. Eh bien, ça n’arrivera jamais. Il faut libérer l’espace, changer la manière de penser.

Propos recueillis par Beaugas-Orain Djoyum et Assongmo Necdem

Pastor Ngoua N’Neme : « Nous voulons structurer l’entrepreneuriat des jeunes férus du numérique »

Dans cet entretien avec Beaugas-Orain Djoyum, c’est avec fierté que Pastor Ngoua N’Neme, le ministre de l’Économie numérique et de la Poste du Gabon, indique que le taux de pénétration du mobile au Gabon est d’environ 190%. Il explique comment après l’appropriation de la téléphonie mobile et de l’Internet mobile, le Gabon envisage de créer des contenus et encourager les jeunes à entrepreneuriat numérique. Rencontre.

Reseau Telecom Network : Comment un ministre en charge des TIC comme vous réagit et travaille quand il sait qu’il a un président de la République très actif dans le domaine des TIC et sur les réseaux sociaux ?

Pastor Ngoua N’Neme : (Rires) J’essaye de faire comme lui tout simplement. Je ne sais pas si vous visitez ses pages Facebook et autres. Il est toujours à jour et c’est ce que nous essayons de faire. Le président Ali Bongo est vraiment notre boussole. J’ai toujours la hantise qu’il m’interroge pour savoir : « Mais, vous, quelle est votre page Facebook ? Quelle est votre adresse web ? » Donc, nous faisons tout ce qu’il faut pour que ce ministère soit le reflet des ambitions du chef de l’État dans le domaine du numérique.

RTN : A l’occasion du 150ème anniversaire de l’UIT justement, le prix « TIC pour le Développement Durable » été décerné à Ali Bongo ainsi qu’à d’autres chefs d’Etat. Quelle signification représente ce prix pour vous ?

PNN : Je ne peux pas me substituer au jury de l’UIT qui a décerné ce prix au président Ali Bongo. J’y vois surtout la reconnaissance de sa vision et du travail qu’on fait ici sous son impulsion.

La reconnaissance de la vision du chef de l’Etat dans son projet d’introduire les TIC comme moteur et accélérateur du développement du Gabon. J’y vois aussi un hommage qui est rendu à l’ensemble des opérateurs du secteur pour tout ce qui a été fait jusque-là. Il faut savoir que le taux de pénétration du mobile au Gabon est d’environ 190% pour une population de 1,8 million d’habitants. Le taux de pénétration de l’Internet mobile au Gabon est de 86%, ce sont des chiffres qui sont appelés encore à évoluer. En 2014, les TIC représentent 5% de la richesse nationale, le chiffre d’affaires du secteur s’élève à 293 milliards de FCFA.

Ce prix vient donc couronner une vision et le travail qui est fait par les opérateurs, par l’administration et l’ensemble des parties prenantes du secteur.

RTN : C’est aussi une invite à plus d’ardeur au travail pour vous et les acteurs de la chaîne…

PNN : Tout à fait. C’est une invite à ne pas se reposer sur ses lauriers. Une invite à continuer à travailler vraiment pour que les TIC soient le moteur de changement de la vie au Gabon et d’œuvrer pour que nous ayons des contenus notamment dans les domaines qui touchent à la vie des gens comme la santé avec l’e-Santé, l’éducation avec l’e-Education, etc. Le passage aux technologies 3G et 4G permet désormais aux opérateurs d’offrir aux populations des services financiers à partir du mobile, c’est le mobile banking et le mobile money, ce qui est positif pour leur inclusion numérique et financière.

RTN : M. le ministre, vous avez rencontré les acteurs de l’écosystème numérique gabonais le 30 septembre 2015, à Libreville, pour réfléchir à la mise en place d’un Conseil national du numérique, qui devrait selon les experts présents à cette réunion, servir de cadre de réflexion, de concertation et de propositions. Quel sera l’objectif principal de ce Conseil national du numérique ?

PNN : Je voudrais d’abord vous dire que le chef de l’Etat a placé les TIC au cœur de son projet de transformation de la société gabonaise. En effet, les TIC ne sont pas seulement un levier de croissance, mais aussi des outils de transformation de la société. C’est ce qui a donné naissance au concept Plan Gabon numérique. Le Plan Gabon numérique résume l’ensemble des actions et des activités que nous devons développer pour faire du Gabon un pôle régional de services numériques à valeur ajoutée.

Pour faire cela, nous avons besoin de mettre tous les acteurs du secteur ensemble pour réfléchir sur les axes stratégiques, sur les actions les plus importantes à entreprendre et à développer pour atteindre cet objectif. L’Etat n’est pas le seul à pouvoir réaliser ces actions : il y a aussi la société civile et les entreprises. Nous pensons que la meilleure chose à faire c’est de réunir l’ensemble des acteurs du secteur au sein d’un organe inclusif : cet organe c’est le Conseil national du numérique.

RTN : Peut-on déjà avoir une idée sur la date de lancement de ce Conseil national du numérique ?

PNN : Nous sommes au stade de préparation du texte qui sera validé en Conseil des ministres selon les procédures en vigueur ; c’est ce décret qui va consacrer la création du Conseil national du numérique ; mais avant, suivant une procédure inclusive, l’avant-projet sera soumis à l’ensemble des parties prenantes du secteur au cours d’un atelier qui se tiendra lors du Salon de l’économie numérique et de l’innovation qui doit avoir lieu en décembre.

RTN : En 2014, le secteur des TIC représentait 5% du PIB avec 12 000 emplois pour un chiffre d’affaires global de près de 293 milliards de FCFA. Globalement, quels sont les chiffres attendus au terme de l’année 2015 ?

PNN : Notre ambition c’est d’aller toujours plus loin et de promouvoir l’utilisation la plus large et la plus étendue du numérique. Même si les chiffres ne sont pas acceptés par tout le monde, il faut noter que selon une étude de la Banque mondiale 10% d’utilisation du haut débit engendre deux points de croissance. Nous nous attelons donc à tout faire pour que l’usage du numérique imprègne l’ensemble des populations et des activités.

C’est dans ce contexte que les opérateurs pourront accroître leur activité et créer davantage de richesse. Le Gabon n’étant pas une économie planifiée, nous n’assignons pas d’objectifs chiffrés aux entreprises privées qui agissent suivant leurs intérêts.

De ce point de vue, les entreprises investissent et croient en l’avenir du secteur ; on peut donc s’attendre à une tenue correcte de l’activité en dépit de l’atonie générale induite par la baisse des cours du baril de pétrole qui est le principal produit d’exportation du Gabon et la principale source de recettes de l’Etat.

RTN : L’environnement réglementaire permet-il aux opérateurs télécoms et aux acteurs de l’économie numérique d’investir convenablement dans les TIC au Gabon ?

PNN : Absolument ! C’est ce que nous nous sommes attelés à faire en premier lieu ; dans le cadre du Plan Gabon numérique, nous avons stabilisé l’environnement institutionnel en assignant notamment aux acteurs publics des missions précises. L’Etat, en charge de l’essentiel, définit les objectifs stratégiques ; la régulation du secteur est assurée par une autorité administrative indépendante : l’ARCEP (Autorité de régulation des communications électroniques et des Postes, ndlr) ; une agence, instituée maître d’ouvrage délégué de l’Etat, est chargée de la construction des infrastructures numériques (l’Aninf – Agence nationale des infrastructures numériques et des fréquences, ndlr) et une autre est chargée de leur gestion, c’est la SPIN (– Société de patrimoine des infrastructures numériques, ndlr).

Cet agencement institutionnel est porteur de stabilité et de prévisibilité, d’où sa réelle attractivité qui amène les opérateurs à réaliser leurs projets sans craindre que l’Etat leur dise ce qu’il y a à faire ou ce qui est bon pour eux, à part le respect de la loi. Donc, nous invitons les entreprises à venir investir au Gabon.

Ce cadre attractif va être renforcé par l’adoption de dispositions favorisant le partenariat public-privé dans le cadre de la loi PPP (Partenariat Public-Privé, ndlr).

RTN : Avec l’Etat qui définit la stratégie, l’Arcep le régulateur qui régule le marché, l’ANINF qui construit les infrastructures et la SPIN qui gère ces infrastructures, certains certes apprécient le schéma, mais que répondez-vous à ceux qui croiraient qu’il y a beaucoup d’acteurs dans la chaîne de décision ?

PNN : Dans l’organisation institutionnelle, j’ai commencé par vous dire que l’Etat est chargé de la mission régalienne. Il définit la norme et la stratégie. L’ANINF, le maître d’ouvrage délégué de l’Etat, construit les infrastructures pour le compte de l’Etat. L’Arcep, le régulateur, est là pour veiller sur le bon fonctionnement du marché : c’est elle le gendarme du marché des télécoms au Gabon. Il ne faut pas confondre les rôles des uns et des autres. La Spin intervient dans le cadre du modèle économique qui a été choisi : un modèle neutre pour les opérateurs.

Les infrastructures construites par l’Etat doivent être partagées par l’ensemble des opérateurs à l’occasion de leurs activités. Imaginez qu’un opérateur ait la propriété d’un câble sous-marin. Rien ne garantit que cet opérateur n’aille pas d’abord privilégier ses propres besoins. Le modèle qu’on a créé avec la Société de patrimoine des infrastructures numériques est un modèle qui consiste à faire en sorte qu’une fois une infrastructure est construite, sa gestion est rétrocédée à la SPIN. Nous l’avons fait pour le câble sous-marin ACE et le backbone en cours de construction dans le cadre du projet CAB4. Pour ces infrastructures, il y a une convention de rétrocession qui a été signée entre l’ANINF et la SPIN. La SPIN va donc pouvoir vendre les capacités à tous les opérateurs sans aucun parti pris et selon les besoins. C’est le modèle économique que nous avons choisi.

Aucun modèle n’est parfait, mais celui qui est appliqué au Gabon est d’une parfaite lisibilité qui prémunit en principe contre les conflits de compétence et les tentations hégémoniques.

En appliquant un principe bien connu des militaires, une mission, des hommes et des moyens le Gabon, ce n’est pas le trop plein, mais la clarté qui simplifie.

RTN : Dans certains pays africains, les agences ou structures sous tutelle du ministère en charge des TIC se plaignent souvent d’une ingérence du ministère dans leurs affaires courantes. Est-ce votre cas ici au Gabon ?

PNN : Je crois qu’il faut poser la question à l’ensemble de ces acteurs publics pour en avoir le cœur net. Non ! Ma philosophie c’est la loi.

C’est le respect des textes. La loi a bien délimité les compétences et l’on s’y tient. Et au quotidien, mon job est de faire appliquer la loi par chacun d’entre nous. L’Etat définit la stratégie que nous essayons de faire appliquer par l’ensemble des intervenants, chacun à sa place. Nous ne faisons pas autre chose.

RTN : Quel est à ce jour l’état du développement de la fibre optique au Gabon ?

PNN : Pour comprendre l’état du développent de la fibre optique au Gabon, il faut revenir sur l’ambition du chef de l’Etat qui est de construire au Gabon des infrastructures de rang mondial qui positionnent le Gabon comme un hub sous-régional des services numériques. Nous ne pouvons pas atteindre cet objectif si nous n’avons pas les infrastructures appropriées.

La première chose que l’Etat a faite est donc de lancer à l’échelle du pays un vaste programme de construction d’un réseau national en fibre optique qui comprend également le projet CAB 4, le Central African Backbone project qui vise à interconnecter l’ensemble des pays de la sous-région.

Le CAB 4 est divisé en deux phases au Gabon. La première phase est en cours d’exécution et va de Libreville à Franceville jusqu’à la frontière avec le Congo sur un linéaire d’à peu près 1100 km. D’après le constructeur, à la fin du mois d’octobre, nous devons être à près de 520 km de fibre optique posée. La construction de la deuxième phase prévue sur un linéaire d’à peu près 600 km, de Boue aux frontières Gabon – Guinée Équatoriale et Gabon – Cameroun, va bientôt commencer. Enfin, il y a la phase de raccordement aux capitales provinciales et départementales qui relève du backbone national. Quand le projet sera terminé, c’est environ 6000 km de fibre optique qui seront déployés.

RTN : Il y a aussi à travers le projet CAB4 la volonté d’interconnecter les villes de la zone Afrique centrale. Où en sommes-nous aujourd’hui et quelles sont les ambitions ?

PNN : C’est l’ambition du projet CAB4 d’interconnecter les pays de la zone Cémac ; cela passe par l’interconnexion des villes. Par exemple, c’est à Lekoko à la frontière avec le Congo que l’interconnexion avec le Gabon va se faire. Cette interconnexion va permettre aussi aux pays, comme le Gabon, qui disposent de capacités installées supérieures à leurs de les vendre aux pays qui en ont besoin.

RTN : Dans un précédent entretien, vous nous expliquiez que le Gabon était en train de mettre en place un incubateur de soutien aux jeunes qui leur offrira un environnement favorable en termes d’infrastructures et d’accompagnement. Où en sommes-nous avec ce projet ?

PNN : Ce projet d’incubateur a pris beaucoup de place dans les activités que nous menons ici au ministère. Vous imaginez bien que la fibre optique va améliorer la connectivité et apporter beaucoup de capacités. Après, il faudrait passer à la deuxième phase du développement de l’économie numérique, c’est-à-dire les contenus. Et parmi les choses que nous voulons faire, il y a le développement de l’entrepreneuriat des jeunes férus du numérique qu’il faut les structurer. C’est la raison d’être de l’incubateur. Ce projet a intéressé la Banque mondiale et nous sommes en train de finaliser les études pour le mettre en route au mois de novembre.

RTN : L’incubateur mettra-t-il des financements à la disposition des jeunes porteurs de projet ?

PNN : Ce qui est important ce ne sont pas les financements, mais le fait que l’incubateur va proposer un cadre d’encadrement pour les jeunes développeurs, un cadre pour concrétiser leurs idées, renforcer leur capacité. Il ne faudrait pas voir cela en termes de financement ou de montant à donner aux jeunes. Mais, l’ensemble des financements que la Banque mondiale prévoit d’allouer à ce projet est d’environ 11 millions de dollars ; l’étude mettra en évidence les concours qu’on peut apporter et comment aux incubés. Il s’agit d’incuber à la fois entre 10 et 15 entrepreneurs. Il faudrait noter qu’il y a l’incubateur, mais aussi l’accélérateur. En réalité, le projet prévoit de prendre en charge bien plus de jeunes à travers un Open Space que nous prévoyons de loger à l’Institut national des postes et des TIC.

Propos receuillis par Beaugas-Orain Djoyum

Source : reseautelecom.com

Karl Toriola nommé vice-président de MTN pour l’Afrique centrale et de l’Ouest

(TIC Mag) L’ancien directeur général de MTN Cameroon a été nommé au terme d’une réorganisation du groupe MTN. Réorganisation occasionnée par la lourde sanction de 5,2 milliards de dollars (réduite à 3,4 milliards de dollars) infligée à MTN au Nigeria par le régulateur télécoms.

C’est désormais Karl Toriola, l’ancien DG de MTN Cameroon, qui va superviser les opérations de MTN en Afrique centrale et en Afrique de l’Ouest, et donc au Cameroun et au Nigeria. La décision a été annoncé par le groupe ce 03 décembre 2015. MTN Group a réorganisé ses opérations en trois régions. D’après un communiqué du groupe sud-africain, MTN a revu sa structure opérationnelle pour renforcer son leadership, sa gouvernance ainsi que ses affaires juridiques à travers ses 22 opérations en Afrique et au Moyen orient.

Les trois régions sont la région Afrique centrale et de l’Ouest, la région Afrique du Sud et de l’Est, et la région Afrique du Nord et Moyen Orient. Immédiatement, des responsables, ayant le titre de vice-président de MTN, ont été nommés pour la supervision de ces opérations.

Il s’agit de Karl Toriola pour l’Afrique centrale et de l’Ouest, d’Ismail Jaroudi pour la région Afrique du Nord et Moyen Orient. Le vice-président de la région Afrique du Sud et de l’Est n’est pas encore désigné. Tous rendront compte directement à Phuthuma Nhleko l’Executive chairman et ancien CEO de MTN Group récemment désigné pour un intérim de six mois à la tête du groupe MTN, à la suite de la démission de Sifiso Dabengwa.

De même, un nouveau directeur des opérations du Groupe MTN a été nommé : Jyoti Desai. Lui aussi rendra compte à Phuthuma Nhleko. Cet ancien directeur du groupe en charge de l’Information et de la Technologie n’a pas encore été remplacé. La nouvelle structure est opérationnelle depuis le 01 décembre 2015.

Cette réorganisation intervient à la suite de la lourde sanction de 5,2 milliards de dollars infligée à MTN au Nigeria. Cette sanction a été réduite hier de 35% à 3,4 milliards de dollars. Après la sanction infligée au Nigeria, le PDG de MTN Group, Sifiso Dabengwa a déposé sa démission. Quelques semaines plus tard, hier, 02 décembre 2015 précisément, Michael Ikpoki, le DG de MTN Nigeria et Akinwale Goodluck, le directeur des Affaires juridiques de MTN Nigeria, ont également déposé leur démission avec effet immédiat. Ils sont remplacés par Ferdi Moolman comme CEO de MTN Nigeria CEO et Amina Oyagbola comme directrice des Affaires juridiques de MTN Nigeria.

Le Nigérian Karl Toriola aura donc dans son portefeuille le suivi des opérations au Cameroun et au Nigeria, pays qu’il connaît bien pour avoir été directeur en charge de la technologie à MTN Nigeria et directeur général à Mtn Cameroon. Il a également occupé des hautes fonctions à MTN Group et à MTN Iran. A son départ du Cameroun, en mars 2015, il est remplacé par la Sud-africaine Philisiwe Sibiya, ex-CFO de MTN Afrique du Sud.

Karl Toriola partira du Nigeria en novembre 2011 d’où il occupait le poste de directeur technique (CTO) pour prendre la direction générale de MTN Cameroun qu’il occupera jusqu’en mars 2015. A son départ du Cameroun, il avait confié à TIC Mag qu’il voudrait que l’on retienne ceci de lui : « Je voudrais qu’on se souvienne de moi comme celui qui a développé des personnes et comme celui qui a transformé le statut de MTN Cameroun. Je voudrais qu’on se souvienne de moi comme celui qui a créé des postes de cadres intermédiaires solides exclusivement détenues par des Camerounais ».

Après le Cameroun, il sera désigné responsable exécutif du groupe MTN en charge de la coordination de 13 filiales de MTN Group (sociétés d’exploitation) à travers l’Europe, le Moyen-Orient et l’Afrique. Son lieu de service est Lagos au Nigeria. De même, il restait comme depuis décembre 2013, directeur non exécutif et membre du conseil d’administration d’American Towers Ouganda et d’American Towers Ghana.

American Towers est une compagnie américaine (American Tower Corporation – ATC) avec qui le groupe sud-africain MTN est en joint-venture depuis 2012 pour la gestion de ses tours dans certaines opérations.

[VIDEO] Me Akere T. Muna : “Si nous ne sautons pas dans le train des TIC, nous allons être à la plaque”

(TIC MAg) – Le célèbre avocat camerounais, ex vice-président deTransparency International et ex président du Conseil économique, social et culturel (Ecosoc) de l’Union africaine (UA) soutient que le Cameroun peut être une véritable locomotive de la sous-région s’il adopte une réelle politique des TIC et si les départements ministériels harmonisent leurs actions dans ce secteur. Rencontre avec le président de l’International Anti-corruption Conference (IACC).

TIC Mag : Pourquoi l’avocat actif dans le domaine de la Gouvernance et de la justice que vous êtes s’intéresse-t-il au secteur des TIC au point d’organiser un forum sur le sujet le 19 novembre dernier à Yaoundé ?

Me Akere T. Muna : Je pense que les TIC peuvent jouer un rôle en ce qui concerne la gouvernance. J’ai commencé à m’intéresser aux TIC à cause du programme gouvernemental eProcurement implémenté par le ministère des Marchés publics. C’est en réalité quelque chose que je demande depuis. Le système d’eProcument va apaiser tous les soupçons qui sont apportés sur le système national d’octroi des marchés publics. Vous avez suivi récemment, certains fonctionnaires ont quatre matricules. A mon avis, les TIC peuvent résoudre au moins 60% des problèmes de gouvernance. Y compris la corruption et tout ce qui va avec. Voilà pourquoi le sujet m’intéresse.

Au niveau judiciaire par exemple, j’envoie parfois un avocat de Yaoundé à Maroua pour relever une décision de justice. Pourtant, aux Etats-Unis, la plupart des décisions de justice, sont disponibles en ligne. A partir du Cameroun, je peux m’asseoir à Yaoundé et avoir les décisions de justice aux Etats-Unis en quelques minutes. Dois-je partir de Yaoundé pour aller déposer des écrits à Maroua en matière civile ? Pour que l’on renvoie cela dans deux semaines en plus. Pourtant, je peux facilement envoyer cela en ligne. Les TIC sont là, pour rendre la vie facile. Comment est-ce que les TIC peuvent nous aider ? comment les TIC peuvent devenir un moteur de la croissance ?

Avoir des départements ministériels qui investissent chacun de manière unique et commune dans le secteur des TIC va améliorer la situation actuelle. Je ne suis pas expert en TIC, mais on invente rien. A travers ce forum donc, nous souhaitions voir ce que nous pouvons faire dans l’urgence pour valoriser le potentiel camerounais en matière des TIC.

TIC Mag : Au terme du forum sur les TIC que vous avez organisé, vous recommandez l’harmonisation des politiques des départements ministériels en matière des TIC. Quel peut être l’impact d’une telle mesure ?

Me Akere T. Muna : Prenons un exemple. Dans le processus d’identification des abonnés de la téléphonie mobile, si un Camerounais va s’identifier avec une fausse carte nationale d’identité, comment l’opérateur mobile saura-t-il que c’est une fausse carte ? S’il y avait un terminal qui permettait à MTN ou Orange de frapper votre nom pour vérifier, ce serait plus facile. Qu’est ce qui empêche d’avoir un système où la Carte d’identité nationale délivrée par la police, la carte grise de votre voiture, le titre foncier de votre maison si vous en avez, le permis de conduire, votre matricule comme contribuable, tous délivrés par des départements ministériels différents, soient disponibles sur une seule plateforme. Si quelqu’un va à la mairie prendre un certificat de décès pour récupérer l’argent de votre solde, la base de données signalera que le salaire est en train d’être payé à une personne morte et le paiement ne sera pas fait.

Je reviens d’une activité de l’Ordre des médecins du Cameroun et son président dit qu’il y a des médecins qui ont signé des certificats de genre de mort pour permettre aux familles d’aller toucher des primes d’assurance vie. Il y a des gens qui font des certificats médicaux qui montrent que des gens sont malades quand ils ne le sont pas. Quand vous avez un système où les départements ministériels sont interconnectés, c’est compliqué pour les fraudeurs de s’en sortir et c’est très facile pour ceux qui veulent vivre normalement. Surtout quand vous avez un gouvernement qui a un ministère en charge de l’Enseignement primaire, un autre en charge des Enseignements secondaires, un autre en charge de l’Enseignement supérieur, etc. Je suis sûr qu’il y a moyen d’interconnecter ces départements ministériels pour faciliter la vie aux citoyens normaux qui subissent en ce moment une espèce de punition. Je pense que l’informatique et les TIC vont beaucoup nous aider.

TIC Mag : Les populations devraient-ils craindre les TIC avec les données personnelles qui sont aujourd’hui entre les mains des grands acteurs de l’économie numérique ?

Me Akere T. Muna : C’est vrai que certaines personnes de ma génération ont peur des TIC. Je me rappelle quand en 1973 je revenais pour des congés au Cameroun, j’avais ramené des Etats-Unis une calculatrice miniaturisée à mon père. Il a pris 10 chiffres qu’il a additionné et multiplié en calculant manuellement et a fait les mêmes opérations sur la calculette. C’est après qu’il m’a dit : « Mince ! ta machine ci est vraiment juste ! ». Voyez-vous, c’est une culture, c’est une période, c’est un réflexe. Je pense simplement qu’il y a un travail d’éducation à faire. Et nous avons la chance que des gens ont confiance quand ils voient les autres qui s’en sortent mieux avec les TIC. Personnellement, je pense que si nous ne sautons pas dans ce train des TIC, nous allons être à la plaque. Il ne faut pas que parce que quelqu’un ne maîtrise pas les TIC qu’il pense que c’est pas important. C’est dangereux de penser comme cela. Il faut que nous ayons une politique claire en matière de TIC et il faut qu’on laisse ceux qui sont experts en la matière s’en occuper. C’est vrai qu’il y aura toujours des véreux qu’il faut craindre. Il faut simplement prendre des mesures appropriées pour éviter les dégâts de ces véreux.

Propos receuillis par Beaugas-Orain Djoyum

Me Akere T. Muna : « Les TIC peuvent résoudre au moins 60% des problèmes de gouvernance »

(TIC MAg) – Le célèbre avocat camerounais, ex vice-président de Transparency International et ex président du Conseil économique, social et culturel (Ecosoc) de l’Union africaine (UA) soutient que le Cameroun peut être une véritable locomotive de la sous-région s’il adopte une réelle politique des TIC et si les départements ministériels harmonisent leurs actions dans ce secteur. Rencontre avec le président de l’International Anti-corruption Conference (IACC).

TIC Mag : Pourquoi l’avocat actif dans le domaine de la Gouvernance et de la justice que vous êtes s’intéresse-t-il au secteur des TIC au point d’organiser un forum sur le sujet le 19 novembre dernier à Yaoundé ?

Me Akere T. Muna : Je pense que les TIC peuvent jouer un rôle en ce qui concerne la gouvernance. J’ai commencé à m’intéresser aux TIC à cause du programme gouvernemental eProcurement implémenté par le ministère des Marchés publics. C’est en réalité quelque chose que je demande depuis. Le système d’eProcument va apaiser tous les soupçons qui sont apportés sur le système national d’octroi des marchés publics. Vous avez suivi récemment, certains fonctionnaires ont quatre matricules. A mon avis, les TIC peuvent résoudre au moins 60% des problèmes de gouvernance. Y compris la corruption et tout ce qui va avec. Voilà pourquoi le sujet m’intéresse.

Au niveau judiciaire par exemple, j’envoie parfois un avocat de Yaoundé à Maroua pour relever une décision de justice. Pourtant, aux Etats-Unis, la plupart des décisions de justice, sont disponibles en ligne. A partir du Cameroun, je peux m’asseoir à Yaoundé et avoir les décisions de justice aux Etats-Unis en quelques minutes. Dois-je partir de Yaoundé pour aller déposer des écrits à Maroua en matière civile ? Pour que l’on renvoie cela dans deux semaines en plus. Pourtant, je peux facilement envoyer cela en ligne. Les TIC sont là, pour rendre la vie facile. Comment est-ce que les TIC peuvent nous aider ? comment les TIC peuvent devenir un moteur de la croissance ?

Avoir des départements ministériels qui investissent chacun de manière unique et commune dans le secteur des TIC va améliorer la situation actuelle. Je ne suis pas expert en TIC, mais on invente rien. A travers ce forum donc, nous souhaitions voir ce que nous pouvons faire dans l’urgence pour valoriser le potentiel camerounais en matière des TIC.

TIC Mag : Au terme du forum sur les TIC que vous avez organisé, vous recommandez l’harmonisation des politiques des départements ministériels en matière des TIC. Quel peut être l’impact d’une telle mesure ?

Me Akere T. Muna : Prenons un exemple. Dans le processus d’identification des abonnés de la téléphonie mobile, si un Camerounais va s’identifier avec une fausse carte nationale d’identité, comment l’opérateur mobile saura-t-il que c’est une fausse carte ? S’il y avait un terminal qui permettait à MTN ou Orange de frapper votre nom pour vérifier, ce serait plus facile. Qu’est ce qui empêche d’avoir un système où la Carte d’identité nationale délivrée par la police, la carte grise de votre voiture, le titre foncier de votre maison si vous en avez, le permis de conduire, votre matricule comme contribuable, tous délivrés par des départements ministériels différents, soient disponibles sur une seule plateforme. Si quelqu’un va à la mairie prendre un certificat de décès pour récupérer l’argent de votre solde, la base de données signalera que le salaire est en train d’être payé à une personne morte et le paiement ne sera pas fait.

Je reviens d’une activité de l’Ordre des médecins du Cameroun et son président dit qu’il y a des médecins qui ont signé des certificats de genre de mort pour permettre aux familles d’aller toucher des primes d’assurance vie. Il y a des gens qui font des certificats médicaux qui montrent que des gens sont malades quand ils ne le sont pas. Quand vous avez un système où les départements ministériels sont interconnectés, c’est compliqué pour les fraudeurs de s’en sortir et c’est très facile pour ceux qui veulent vivre normalement. Surtout quand vous avez un gouvernement qui a un ministère en charge de l’Enseignement primaire, un autre en charge des Enseignements secondaires, un autre en charge de l’Enseignement supérieur, etc. Je suis sûr qu’il y a moyen d’interconnecter ces départements ministériels pour faciliter la vie aux citoyens normaux qui subissent en ce moment une espèce de punition. Je pense que l’informatique et les TIC vont beaucoup nous aider.

TIC Mag : Les populations devraient-ils craindre les TIC avec les données personnelles qui sont aujourd’hui entre les mains des grands acteurs de l’économie numérique ?

Me Akere T. Muna : C’est vrai que certaines personnes de ma génération ont peur des TIC. Je me rappelle quand en 1973 je revenais pour des congés au Cameroun, j’avais ramené des Etats-Unis une calculatrice miniaturisée à mon père. Il a pris 10 chiffres qu’il a additionné et multiplié en calculant manuellement et a fait les mêmes opérations sur la calculette. C’est après qu’il m’a dit : « Mince ! ta machine ci est vraiment juste ! ». Voyez-vous, c’est une culture, c’est une période, c’est un réflexe. Je pense simplement qu’il y a un travail d’éducation à faire. Et nous avons la chance que des gens ont confiance quand ils voient les autres qui s’en sortent mieux avec les TIC. Personnellement, je pense que si nous ne sautons pas dans ce train des TIC, nous allons être à la plaque. Il ne faut pas que parce que quelqu’un ne maîtrise pas les TIC qu’il pense que c’est pas important. C’est dangereux de penser comme cela. Il faut que nous ayons une politique claire en matière de TIC et il faut qu’on laisse ceux qui sont experts en la matière s’en occuper. C’est vrai qu’il y aura toujours des véreux qu’il faut craindre. Il faut simplement prendre des mesures appropriées pour éviter les dégâts de ces véreux.

TIC Mag : Vous avez été dans de nombreux pays au cours de vos différentes fonctions internationales. Quelles sont les meilleures initiatives en matière de TIC qui vous ont marquées et qu’on peut dupliquer au Cameroun ?

Me Akere T. Muna : Je vais prendre l’exemple du Rwanda en commençant par vous raconter une histoire. Nous étions un samedi et je devais me rendre au Rwanda en urgence lundi pour un rendez-vous important avec le président Kagame. Pendant que je me demandais qui je devais contacter rapidement pour obtenir un visa, on m’a simplement dit : ‘’Allez en ligne et demandez votre visa’’. J’ai donc fait la demande en ligne et le lundi, arrivé à l’aéroport, j’ai payé 50 dollars et c’était tout. C’est extraordinaire ! En moins de dix minutes, tout était OK. On peut implémenter ce système au Cameroun. On le fait déjà également en Côte d’Ivoire, au Sénégal et tout récemment au Gabon. Autre chose qui m’a marqué au Rwanda, c’est la volonté affichée des pouvoirs publics d’aller dans une direction. Cela permet aux populations de comprendre que où l’on va. Et quand on prend une décision, on l’applique. Ici, on a toujours l’impression que lorsqu’on met une politique en place, au début c’est facultatif. Quand les gens voient que c’est facultatif, ils commencent à se plaindre, quand ils se plaignent, on dit qu’il faut suspendre cela pendant un ou deux ans, et puis on abandonne. Vous savez par exemple qu’au Rwanda il n’y a pas de papiers plastiques. Quand vous arrivez à l’aéroport avec un sac plastique, on enlève ce plastique. Vous ne trouverez nulle part au Rwanda des sacs plastiques. Kigali est nickel et propre ! (…)

Propos recueillis par Beaugas-Orain Djoyum

Dorothée Danedjo Fouba : « Nous voulons favoriser l’accès aux TIC »

La représentante de la communauté Mozilla au Cameroun explique à TIC Mag les objectifs du premier festival Mozilla Cameroun qui s’est tenu ce 21 novembre à Yaoundé au Goethe Institute.

 

TIC Mag : Quelle est la finalité du Festival Mozilla Cameroun ?

Dorothée Danedjo Fouba : L’objectif du premier Mozilla festival au Cameroun c’est de pouvoir permettre un accès facile aux produits Mozilla au Cameroun. Mais, au-delà de présenter les produits Mozilla, nous voulons également favoriser l’accès aux technologies de l’information et de la communication, quel que soit les producteurs de ces technologies, mais surtout en privilégiant les logiciels libres et Open Sources. Dans le cadre du Mozilla festival Cameroun, nous voulons faire connaitre le Mozilla Cameroun, les avantages d’être mozilien au Cameroun et vulgariser les outils de Mozilla.

TM : Aujourd’hui, quels sont les programmes spécifiques que Mozilla offre au Cameroun ?

DDF : Globalement, Mozilla offre une douzaine de programmes dans le monde. Cependant, vu qu’au Cameroun nous sommes au début de notre lancement, nous offrons deux programmes phares : Le Firefox Student Ambassador Program destiné aux étudiants et tous ceux qui sont liés au secteur universitaire en vue du plaidoyer pour l’utilisation du navigateur Firefox, des applications sur Firefox OS, l’utilisation des téléphones sur Firefox OS, et leur permettre de pouvoir saisir des opportunités de formations à l’étranger. Le second programme se dénomme Womoz et est destiné aux femmes prioritairement dans les technologies, mais surtout aux femmes qui aimeraient développer leurs activités aux travers des technologies.

TM : Quels sont les avantages qu’un Camerounais gagnerait à devenir ‘‘Mozillien’’ ?

DDF : L’avantage c’est d’abord avoir l’information en tant que privilégié de Mozilla, et ensuite d’avoir l’opportunité de pouvoir contribuer à la création ou à la modification d’un certain nombre de chose sur les produits de Mozilla. Enfin, c’est de pouvoir saisir des opportunités pour nos carrières professionnelles. Cela permet de construire votre CV en tant que contributeur mondial et cela vous donne la possibilité de pouvoir postuler à certaines offres d’emplois.

TM : Comment adhérer à la communauté Mozilla ?

DDF : L’adhésion à Mozilla est gratuite. Il suffit de s’inscrire en ligne sur le site Mozilians.org. La communauté Mozilla Cameroun a également un site web qui est Mozillacameroon.org. Et sur ces sites, vous avez toutes les voies d’accès à Mozilla Cameroun, notamment la mailing List, les comptes sur les réseaux sociaux, les cadres de discussion avec les moziliens du Cameroun.

TM : Un an après son lancement, quel est le bilan de vos activités ?

DDF : En un an, nous avons contribué au lancement des téléphones sous Firefox OS au Cameroun, nous avons organisé au travers du pays environ 10 évènements déjà, les Mozcafés, nous avons eu la possibilité d’appuyer les filles inscrites au concours Technovation. Et le 21 novembre 2015, nous organisons pour la première fois au Cameroun, le Mozilla festival.

Propos recueillis par Jephté TCHEMEDIE

Lors du premier festival Mozilla Cameroun, quatre sessions étaient au programme. La première, une Hunburding pour l’adhésion aux programmes et contenus offerts par Mozilla. La seconde, une Hacking session, destinée aux développeurs et codeurs leur permettant de connaître les outils mis à leur disposition par Mozilla pour développer des applications et des sites Web. La troisième session ‘‘Absdave session’’, dédiée à la création d’applications mobiles. Enfin, la session Support, permettant à tous d’avoir une assistance technique sur place.

 

Alida Ebo’o : « Je rêve d’un pays où les jeunes sont des acteurs du développement »

(TIC Mag) – La plateforme d’actualité sur les TIC et les Télécoms en Afrique centrale, TIC Mag, fait cette semaine un focus sur les applications, innovations et initiatives camerounaises du secteur des technologies. Certaines ont été présentées lors du Barcamp le 14 novembre 2015 à l’Université Saint Jérôme de Douala. C’est le tour d’Alida Ebo’o, fondatrice de la communauté Inspire Cameroon. 

TIC Mag : Qui est Alida Ebo’o ?

AME : Je suis Alida Micale Ebo’o, étudiante en Ingénierie à la faculté de Génie industriel de Douala qui est la ville où je réside depuis près de trois ans déjà. Je suis une grande passionnée de technologie. J’adore tout ce qui est Tech, IT, digital et numérique ce qui justifie aussi ma présence ici au Barcamp. J’ai souvent participé aux événements de la GDG (Google Developper Group) Douala et je suis membre de l’association technologique Infinity Space Cameroon. C’est une association de jeunes dynamiques passionnés de technologie qu’on retrouve aussi en France et au Kenya. Enfin, je suis une jeune entrepreneure, très passionnée par l’entrepreneuriat. Je suis WED (women’s entrepreneurship day) Student Ambassador. Le WED est un mouvement international qui promeut l’entreprenariat féminin dans 144 pays et se célèbre chaque 19 Novembre. J’ai à cet effet fondé la communauté Inspire Cameroon qui vise à promouvoir l’entrepreneuriat des jeunes, à les inspirer ce qui leur permettra d’inspirer d’autres à leur tour.  Nous sommes incubés par ActivSpaces qui est un incubateur de la place à douala en tant que Community partner.

TIC Mag : Quel a été l’objet de votre présentation au Barcamp 2015 ?

Alida Micale Ebo’o : Je participe au BARCAMP Douala 2015 en tant que fondatrice de la communauté « INSPIRE CAMEROON ». J’étais là pour présenter ma communauté au grand public de l’événement et j’étais intervenante dans la catégorie « Community room ». Le but ici était de toucher un large public sur ce que nous faisons, à savoir promouvoir l’auto entreprenariat chez les jeunes.

TM : Quelle est l’importance de la communauté « INSPIRE CAMEROON » ?

AME : La communauté « inspire Cameroun » est née d’une page Facebook que j’administrais. Cette page avait été créée à la base pour parler de certains jeunes entrepreneurs Camerounais qui ont réussi dans domaine divers et qui ont particulièrement inspirés la jeune fille que je suis et m’ont également poussé de par leurs exploits à me lancer dans l’entrepreneuriat. Le but de tous ceci était de toucher d’autres personnes, des jeunes particulièrement et de les inspirer eux aussi à se lancer dans l’entrepreneuriat, dans des idées de projet, de startup etc. Je pense que si on avait beaucoup plus de jeunes actifs dans ces domaines, on développerait plus l’esprit de l’auto-emploi. Ce qui résoudrait sans doute le problème de chômage dans notre pays. Je rêve d’un pays où les jeunes sont des acteurs du développement et non des spectateurs en se posant des questions comme : « Qu’est-ce que je peux faire pour mon pays et non qu’est-ce que mon pays peut faire pour moi ». Un pays où les jeunes au lieu de se plaindre des conditions difficiles du pays, se proposent de trouver des solutions pour résoudre celles-ci et pour moi tout commence par l’inspiration, car tout a commencé comme cela. D’où l’importance de la communauté à mes yeux.

TM : Au quotidien, quelles sont vos actions ?

AME : Nos activités sont beaucoup plus “OnLine”. Nous avons une page Facebook, un compte Twitter, un groupe Google pour les échanges, un blog et très bientôt un site Internet qui est en ce moment en cours de réalisation. Notre page Facebook est l’endroit où nous nous focalisons le plus pour l’instant en attendant le site car tout est parti de là. Chaque jour, on essaye de faire de nouveau portrait. Pour l’instant, je me contente de faire une petite présentation sur ceux-là que je nomme mes “Inspiring” sur la page. Je n’écris pas du contenu pour l’instant. Nous sommes en négociation pour un partenariat avec des journalistes qui feront des articles complets pour le site. Sur Twitter, c’est à peu près le même principe, mais plus réduit puisqu’il s’agit de Tweet. Dans le groupe Google, nous donnons l’occasion aux membres de la communauté de poser des questions sur leurs ‘Inspiring” favoris pour créer une sorte d’interaction entre la Communauté. Nous proposons aussi des rencontres physiques lors d’événement que nous organisons. Cela peut être des ateliers, des forums ou tout simplement une conférence. Dernièrement, nous avons d’ailleurs tenu un atelier de leadership autour des femmes. Et comme avec le Barcamp, nous participons à plusieurs forums en partenariat avec d’autres communautés.

TM : Que faut-il en ce moment pour optimiser votre communauté ?

AME : La communauté fonctionne tout à fait bien pour le moment. Peut-être, nous ne dirons pas non à des financements pour élargir notre champ d’actions et pour financer nos événements physiques ou encore pour pouvoir faire des décentes dans les établissements par exemple. Nous voulons aussi légaliser le mouvement pour pouvoir exercer en toute sérénité.

Propos recueillis par TIC Mag

Suivre Alida Ebo’o :

Twitter : @alida_eboo

Facebook : Alida Mica Ebo’o

LinkedIn : Alida Micale Alida


Vous êtes Camerounais(e), Gabonais(e), (RD) Congolais(e), Tchadien(ne), Centrafricain(ne), Rwandais(e) ; Vous désirez présenter votre application, votre initiative ou un service innovant dans le secteur des TIC et Télécommunications ou alors vous souhaitez aussi être interviewé (e), écrivez à la rédaction de TIC Mag à l’adresse [email protected] ou à l’adresse [email protected] en présentant votre initiative. La rédaction de TIC Mag vous contactera.

Evaris Ngouzo : « Avec 3G+TV, visionnez vos vidéos favorites où, quand et comment vous le voulez »

(TIC Mag) – La plateforme d’actualité sur les TIC et les Télécoms en Afrique centrale, TIC Mag, fait cette semaine un focus sur les applications, innovations et initiatives camerounaises du secteur des technologies. Certaines ont été présentées lors du Barcamp le 14 novembre 2015 à l’Université Saint Jérôme de Douala. Premier arrêt, le projet 3G+TV d’Evaris Ngouzo et de Franck Elombat.

TIC Mag : Quel a été l’objet de votre présentation au Barcamp 2015 ?

Evaris Ngouzo : Il était question pour nous à cette édition du Barcamp de présenter le concept et les opportunités offertes par la vidéo à la demande en streaming et ensuite faire découvrir le projet 3G+TV qui ambitionne de donner l’opportunité à tous les détenteurs de terminaux connectés de consommer leurs vidéos favorites où, quand et comment ils le souhaitent.

TM : En quoi ce projet 3G+TV est-il important ?

EM : Face à la fois au nombre croissant d’utilisateurs de smartphones et autres terminaux connectés, il nous a paru important de donner la possibilité à tous les utilisateurs de ces terminaux de pouvoir consommer leurs émissions de télé, clips musicaux, faits divers et autres via leurs smartphones. L’on n’a pas toujours le temps de regarder son documentaire favori, son match de foot ou son débat télévisé tant aimé. Plus encore, il en est de même pour un film afin se détendre ou quelques clips musicaux pour aérer son esprit. Ce qui est très regrettable, car l’on possède déjà sans le savoir presque tout ce qu’il faut pour le faire. Alors, cette idée se traduit par le développement de nos nouveaux réflexes en matière d’intérêt pour notre culture très riche, la connaissance de notre environnement et le partage de nos expériences. Nous avons désormais une caméra à portée de main en permanence pour capturer une scène…

TM : Comment les programmes sont-ils intégrés dans cette plateforme 3G+TV ?

EM : Nous parcourons les programmes/guides TV, nous participons aux évents tels le BarCamp, les Digital Thursdays et nous scrutons le web en quête de pépites locales, pour entrer en contact avec les auteurs et producteurs de ces contenus toujours plus nombreux et inspirés, en vue de partager leurs œuvres avec un plus grand nombre d’utilisateurs de mobiles et de tablettes.

TM : Combien de programmes ou vidéos sont actuellement disponibles sur votre plateforme ?

EM : La plateforme est actuellement en cours de développement et ne contient qu’une centaine de contenus pour des fins de test. Nous établissons en ce moment des contacts avec différents partenaires afin de fournir un catalogue de contenus diversifié, mais avec un accent sur les contenus locaux.

TM : Comment les Camerounais peuvent-ils expérimenter la plateforme 3G+TV ?

EM : Les Camerounais pourront exploiter la plate-forme dans le courant du premier semestre 2016. Les premiers à le faire seront les possesseurs d’une téléphone Android, ils n’auront qu’à se rendre sur le playstore et rechercher l’application 3G+TV, une fois installé, l’application est directement exploitable. Pour ceux qui sont impatients de découvrir l’application nous offrons des démonstrations lors d’événements tech (comme le barcamp 2015) ou le DevFest Douala 2015 qui aura lieu le 21 novembre 2015 à Akwa à l’immeuble Tecno. Ou encore se rendre sur le site web du projet à l’adresse www.3gplus.tv pour avoir les dernières nouvelles sur le projet.

TM : Que faut-il en ce moment pour optimiser et concrétiser votre projet ?​

EM : Nous sommes actuellement en phase de développement de notre produit. Un prototype fonctionnel a déjà été mis sur pied et nous a permis d’être finalistes du concours MTN Innovation Challenge. Nous recevons déjà le soutient du DG d’Inet Consulting et comptons bénéficier de l’incubation de ActivSpaces. Néanmoins, pour atteindre notre objectif de lancer le produit 3G+TV dans le premier semestre 2016, un soutien financier nous permettrai d’accélérer les choses, de réaliser le maximum de contrôles techniques afin d’offrir le meilleur produit qui soit au consommateur.

TM : Qui sont les concepteurs de 3G+TV ?

EM : Evaris Ngouzo et Franck Elombat sont les concepteurs de 3G+TV. Ils sont deux développeurs d’applications qui, en plus de leur parcours académique, ont fait beaucoup de recherches afin de maitriser au mieux les techniques et outils de développement d’applications. C’est fort de ces connaissances qu’aujourd’hui ils construisent la plateforme de streaming vidéo 3G+TV.

Propos recueillis par TIC Mag

      Suivre Evaris Ngouzo :

Twitter: @EN237

Suivre Franck Elombat

Twitter: @epok07


Vous êtes Camerounais(e), Gabonais(e), (RD) Congolais(e), Tchadien(ne), Centrafricain(ne), Rwandais(e) ; Vous désirez présenter votre application, votre initiative ou un service innovant dans le secteur des TIC et Télécommunications ou alors vous souhaitez aussi être interviewé (e), écrivez à la rédaction de TIC Mag à l’adresse [email protected] ou à [email protected] en présentant votre initiative. La rédaction de TIC Mag vous contactera.

[VIDEO] Dr Ernest SIMO : « La science est incontournable, la recherche est indispensable »

En marge des Journées de l’excellence de la recherche scientifique et de l’innovation (JERSIC) tenues à Yaoundé du 10 novembre au 12 novembre 2015 sur le thème : « Recherche – développement : Cap sur l’innovation », l’ingénieur camerounais qui a participé à l’optimisation du tout premier VSAT dans le monde en 1984 à Memphis, au quartier général de Federal Express, et qui fût le premier africain à être admis à un programme de sélection d’astronautes la NASA, s’est confié à TIC Mag.

Le Dr Ernest Simo revient principalement sur le message principal de sa leçon inaugurale : « J’ai lancé un appel à la communauté scientifique camerounaise de produire avant 2020 des impulsions tangibles pour accélérer la croissance économique et pour essayer de redresser le ratio des importations par rapport aux exportations et pour atteindre les objectifs spécifiques suivants : nous devons développer 20 produits d’exportation et les arrimer vers le marché international et domestique ; nous devons déclencher une transition d’une économie agro-centrique, vers une économie info-centrique en vulgarisant les technologies de l’information et de la communication et en développant des applications indigènes appropriées ; nous devons développer des méthodes pour développer et améliorer la production agricole et améliorer les prestations de service dans les domaines de la santé et de l’éducation ; nous devons mener des expériences pour démontrer l’exploitation des énergies renouvelables (…). »

Le Dr Ernest Simo a annoncé en primeur à TIC Mag, le projet qu’il nourrit pour le Cameroun. « Je suis en train d’encourager l’érection d’un centre de recherche moderne au Cameroun supporté par un réseau de centres d’incubation dans les régions du Cameroun pour exploiter au maximum les ressources locales et le potentiel humain que nous avons dans notre pays », a-t-il confié au portail web de l’actu sur les TIC et les télécoms de l’Afrique centrale.


Qui est le Dr Ernest SIMO ?
Réponse de Jean Jacques Bodo (www.focacom.com) :

“Premier Camerounais, premier Africain finaliste au programme de sélection d’astronautes de la NASA.
Premier Camerounais, premier Africain, première personne à installer un satellite VSAT dans le monde.
Pionnier de la technologie de base (CDMA) du système de téléphonie mobile aux Etats-Unis.
Il a formé plus de 20.000 cadres et ingénieurs dans le domaines des communications par satellite à travers le monde.
Dr Ernest Simo, ingénieur et scientifique Camerounais.

Né au Cameroun en 1956, Dr Simo effectue ses études primaires à Yaoundé à l’école principale d’Ekoudou dans le quartier briqueterie.Il poursuit ensuite avec les études secondaires au lycée Général Leclerc ou il obtient son baccalauréat scientifique en 1974. Il est ensuite admis à l’école polytechnique Playmouth en Angleterre ou il obtient une licence en génie électrique 3 ans plus tard. En 1979, il obtient une maitrise à l’université d’Essex en Angleterre avec comme spécialité télécommunications par satellite.

Après sa maitrise, il rentre au Cameroun mettre ses compétences au profit de sa communauté. Il occupe simultanément le poste de professeur de télécommunications a l’école supérieure des Postes et Télécommunications et chef de service de transmission au ministère des PTT.

En 1980, il est admis à l’université de Birmingham et il obtient un doctorat en génie électrique en 1983.
Il est recruté tout de suite après par Hughes Network Systems dans l’Etat du Maryland aux Etats Unis ou il participe au développement de la technologie VSAT (Very Small Aperture Terminal).  Il installe le premier VSAT dans le monde en 1984 à Memphis. Après la réussite de ce projet, il veut faire bénéficier son Cameroun natal en envoyant une proposition et recommandation au Cameroun d’utiliser cette nouvelle technologie pour l’amélioration du réseau national des télécommunications.

De 1984 à 1988 il est professeur et conférencier à l’université de George Washington à Washington DC. Il est spécialisé en système de satellite et VSAT. Ce poste lui permet de former de nombreux ingénieurs à travers le monde (Etats-Unis, Brésil, Argentine, Chili, Venezuela, Mexique, Angleterre). De 1988 à 1991, il de retour au labo ou il participe au développement de la technologie CDMA (Code Division Multiple Access), technologie clé des communications sans fil. Il forme l’équipe qui implantera le premier réseau CDMA dans le monde: Hutchison Telecommunications à Hong-Kong (1994-1996).
Il forme également l’équipe des opérations chargé du déploiement du premier réseau CDMA commercial aux Etats-Unis (Los Angeles, Orange County et Walnut-Creek-CA 1996–1998).

En 1994, puis 1996 il s’illustre en accédant aux finales du programme de sélection des austronautes de la NASA devenant ainsi le premier Africain (noirs et blancs confondus) à y accéder. En 1994, il a comme co-finaliste les heros de l’espace tels que Rick Husband et William McCool qui étaient respectivement Commandeur et pilote de la navette spatiale Columbia perdue tragiquement en février 2003.

Actuellement, Il aide les entreprises leader aux Etats-Unis au développement et lancement des produits de prochaine génération dans les domaines des communications sans fil et de la gestion d’information.
Il est l’auteur d’une série de livres sur les communications par satellite (…) »