[Digital Business Africa] – Face à l’accélération de l’adoption de l’intelligence artificielle dans les secteurs économiques et administratifs, l’Algérie entend faire de la formation un pilier central de sa stratégie numérique. Le gouvernement vient ainsi de lancer un vaste programme national de formation en intelligence artificielle (IA), destiné à renforcer les compétences locales et à préparer l’économie nationale aux mutations technologiques en cours.
Le lancement officiel a eu lieu ce dimanche 26 avril à l’Institut national spécialisé de formation professionnelle d’El Rahmania, à Alger, en présence de Nacima Arhab, ministre de la Formation et de l’Enseignement professionnels, et de Noureddine Ouadah, ministre de l’Économie de la connaissance, des Start-up et des Micro-entreprises.
À travers cette initiative, les autorités ambitionnent de faire émerger rapidement une nouvelle génération de profils qualifiés capables de s’intégrer dans l’économie numérique, mais aussi de développer des solutions innovantes adaptées aux besoins des entreprises algériennes et du marché local.
Le programme repose sur une approche fortement orientée vers la pratique et l’immersion professionnelle. Le cycle complet s’étend sur 12 semaines, dont 8 semaines intensives de formation technique suivies de 4 semaines consacrées à la réalisation de projets concrets.
Afin de garantir la qualité de l’encadrement, une phase préalable de formation des formateurs a été lancée dès le 15 janvier 2026. Cette étape vise à doter les encadreurs des compétences pédagogiques et techniques nécessaires pour accompagner efficacement les apprenants.
L’objectif est clair : réduire l’écart entre la formation académique et les besoins réels du marché. Les participants seront amenés à travailler sur des cas pratiques, souvent en collaboration avec des start-up, en utilisant les modèles et outils d’IA les plus récents.
Ce programme s’inscrit dans une vision plus large portée par l’État algérien : la future stratégie nationale de transformation numérique, actuellement en préparation. Celle-ci prévoit notamment la formation de 500 000 spécialistes des technologies de l’information et de la communication (TIC), avec l’ambition de limiter la fuite des talents et de renforcer la souveraineté technologique du pays.
Le gouvernement veut ainsi positionner l’Algérie comme un acteur crédible de l’économie de la connaissance sur le continent, tout en captant une part significative de la valeur créée par l’intelligence artificielle.
Les autorités estiment d’ailleurs que l’IA pourrait contribuer jusqu’à près de 7 % du PIB national d’ici 2027. Pour atteindre cet objectif, plusieurs leviers sont activés : mécanismes de financement dédiés, création de centres d’excellence, renforcement de l’accès aux technologies numériques et soutien accru à l’entrepreneuriat innovant.
Au-delà du volet formation, le programme vise également à structurer un véritable écosystème d’innovation. Dans cette logique, un incubateur d’entreprises a été inauguré au sein même de l’Institut d’El Rahmania afin d’accompagner les porteurs de projets et de stimuler la création de start-up technologiques.
Cette approche intégrée illustre la volonté des autorités de faire de l’intelligence artificielle non seulement un outil de modernisation, mais aussi un moteur de croissance économique et de création d’emplois qualifiés.
Avec cette initiative, l’Algérie confirme sa volonté d’inscrire durablement l’IA au cœur de son modèle de développement et de sa compétitivité future.
Par Loic SOUOP








