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samedi, 7 décembre 2019 08:03
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Ade Ayeyemi (Ecobank) : «Nous n’allons pas seulement allouer des crédits aux acteurs du digital… »

(TIC Mag) – Le Nigérian Ade Ayeyemi, directeur général du groupe Ecobank, explique comment la banque qu’il dirige soutien les jeunes innovateurs africains du numérique. Pour lui, au-delà des crédits apportés à ces jeunes entrepreneurs, les banques et institutions devraient aider à organiser les acteurs du numérique afin qu’ils travaillent ensemble.

TIC Mag : Comment le groupe Ecobank soutient-il les entrepreneurs africains du numérique ?

Ade Ayeyemi : Nous donnons la possibilité aux jeunes entrepreneurs du continent de transformer leurs idées, de réaliser leur vision en utilisant les services financiers pour les concrétiser. Ce sont quelques actions que nous menons. Que cela soit dans le domaine du digital ou dans les autres secteurs de l’économie, nous avons l’intention de continuer de soutenir les jeunes entrepreneurs africains afin qu’ils réalisent leurs rêvent. Plus spécifiquement dans le digital, parce que c’est quelque chose que nous consommons tous les jours. Ainsi donc, il sera toujours important d’allouer des ressources, de l’argent, du temps à ces jeunes que nous encourageons. Nous encourageons également tous les acteurs du numérique et les gouvernements afin de nous assurer que les plateformes digitales dans nos pays continuent de conduire le changement.

TIC Mag : Pourrait-on s’attendre à plus de financements et de crédits de votre banque aux porteurs des projets numériques de l’Afrique ?

AE : Nous n’allons pas seulement allouer des crédits pour rendre tout cela possible. Mais, nous voulons également leur permettre d’avoir accès aux marchés, permettre aux populations de consommer leurs produits, leur permettre d’entrer en contact avec les autres acteurs africains du numérique afin qu’ils puissent travailler ensemble pour créer de la valeur et développer le marché dans lequel ils entreprennent. Agissant seuls, sans être ensemble, ils ne peuvent pas créer un marché. Ils parviendront quand ils seront ensemble. Ils ont besoin de trouver un moyen de travailler ensemble. Nous qui travaillons dans les banques, dans les institutions ou autres agences, avons la responsabilité de réunir ces acteurs du numérique afin qu’ils travaillent ensemble. Quand on parle de révolution digitale, il ne s’agit pas simplement des personnes qui utilisent les téléphones portables avec l’Internet. Nous avons besoin de connecter cela avec la valeur créée dans notre économie.  Si vous avez par exemple un champ agricole, les récoltes doivent être acheminées au marché. Mais, le marché peut également exister dans des localités éloignées de votre ville, de votre pays et de votre continent. Donc, il est toujours important de travailler ainsi pour la transformation digitale.

TIC Mag : Quels sont les conseils que vous donnez aux institutions comme les vôtres et aux Etats pour soutenir les jeunes qui entreprennent dans le numérique ?

AE : Nous devons soutenir au maximum les jeunes africains afin qu’ils aient les possibilités et les opportunités de résoudre les problèmes de leur pays et de leur communauté à travers le digital. Nous avons déjà des solutions. Mais, si vous allez à une compétition olympique, vous allez concourir avec les meilleurs du monde.  La question est de savoir qu’est-ce qu’il nous faut pour gagner. Et gagner signifie d’être capable de donner aux jeunes africains la possibilité de réaliser leurs rêves. Ce n’est pas assez de parler de cela simplement de ces rêves dans le futur. Il est important de rendre ce futur possible maintenant, afin que ces compétences qui proviennent de nos universités et de nos écoles secondaires aient des outils pour réaliser leurs rêves selon leur chronogramme.

Ade AYEYEMI (6)

Premièrement, il faut rêver grand. Deuxièmement, il faut avoir l’ambition de réaliser son rêve. L’on ne doit pas simplement dire que les innovations que nous voyons en Afrique sont des innovations qui sont possible simplement au Kenya, au Rwanda, en Afrique du Sud. Non ! Toutes ces innovations peuvent être possible ici au Cameroun et partout ailleurs.Ade AYEYEMI

TIC Mag : Quels sont d’après-vous les secteurs en Afrique qui se sont développés grâce à l’utilisation des TIC ?

AE : Si vous allez par exemple au Kenya, vous allez voir le m-Pesa (service local de paiement mobile, ndlr) qui est utilisé comme principal moyen de transfert d’argent. Un service démontré comme étant le meilleur en Afrique et même dans le monde. Si vous allez au Rwanda, vous trouverez des réfugiés dans des camps être payés par mobile money. Il n’est donc pas question des innovations que l’on voit simplement à la télévision, mais également des innovations perceptibles sur le terrain en Afrique. Mais, ce n’est pas suffisant ! Nous avons besoin de créer plus d’innovations et de les rendre accessibles dans le plus grand nombre de localités.

TIC Mag : Et que faire pour davantage lever des obstacles à la création d’innovations pour les communautés d’Afrique ?

AE : Premièrement, il faut rêver grand. Deuxièmement, il faut avoir l’ambition de réaliser son rêve. L’on ne doit pas simplement dire que les innovations que nous voyons en Afrique sont des innovations qui sont possible simplement au Kenya, au Rwanda, en Afrique du Sud. Non ! Toutes ces innovations peuvent être possible ici au Cameroun et partout ailleurs.

TIC Mag : Quels sont d’après vous les défis de l’économie numérique aujourd’hui en Afrique ?

AE : Pour que l’économie numérique décolle chez nous, il nous faut rendre ses acteurs libres. Les rendre libres pour faciliter les coûts de réalisation des affaires. Nous devons également accueillir d’autres acteurs plus expérimentés dans nos marchés. Il faut se mettre en tête qu’à la fin de la journée, si nous comptons uniquement sur Camtel par exemple pour l’offre des services de communications électroniques, nous serons toujours où nous voulons. Mais, en permettant à d’autres opérateurs de télécommunications de s’installer, d’investir et de participer à ce marché, les résultats et les retombées peuvent aller au-delà de notre imagination. C’est ce que nous devons faire dans le monde du digital.

TIC Mag : Quels sont les ambitions d’Ecobank pour le Cameroun ?

AE : Je dirige une banque. Une banque présente dans 36 pays dans le continent. Une banque présente au Cameroun depuis très longtemps. Ce qu’on verra dans les jours à venir c’est un engagement continu avec les acteurs économiques locaux, les banques, les établissements de microfinance, les PME et les particuliers. C’est notre intention. Au vu des potentialités du Cameroun, nous voulons trouver le moyen de doubler nos affaires dans ce pays et de montrer notre succès aux autres acteurs du secteur. Pour moi, je parle comme une banque, je sais qu’il y a de bonnes affaires au Cameroun, parce qu’il y a des clients, il y a des entrepreneurs, il y a des gens qui veulent investir et en tant que banque, nous voulons les accompagner.

Propos recueillis par Beaugas-Orain DJOYUM

Beaugas Orain DJOYUM
Beaugas Orain DJOYUM
Beaugas Orain DJOYUM est un passionné des TIC, des Télécoms et du Numérique. Il est le Directeur de publication de Digital Business Africa, la plateforme web d'informations stratégiques sur les TIC, les Télécoms et le Numérique en Afrique. Journaliste diplômé de l'ESSTIC et consultant en e-Réputation, il dirige le cabinet ICT Media STRATEGIES. Un cabinet spécialisé en veille stratégique dans le secteur des TIC, des Télécoms et du Numérique, en e-Réputation, en communication digitale, en édition web & magazine et en production des contenus médiatiques spécialisés. Pour le contacter : [email protected]digitalbusiness.africa. Téléphone fixe : +237 243 25 64 36. Téléphone mobile : +237 674 61 01 68

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