[DIGITAL Business Africa] – La patience s’explique en trois mots : Affaire-Martinez-Zogo. La procédure judiciaire avance au rythme de la 2G (avec les vitesses les plus réduites). Trois ans que le tribunal militaire n’arrive pas à établir les responsabilités sur le meurtre odieux du journaliste Martinez Zogo en 2023. Et certaines personnes semblent s’en trouver bien. C’est la perception qu’a une frange du public.
Bien affalé dans son fauteuil rouge, dans le cadre de Masterclass, contenu réalisé par le redoutable Morgan Palmer, ce 12 août 2026, Kenneth Romuald Effoudou Awussi a encore frappé. Cette fois, l’ex-chef du bureau de renseignement de l’État-major particulier de la présidence a envoyé un beep aux opérateurs de téléphonie agréés au Cameroun.
Rien de méchant, voyons! Kenneth Romuald Effoudou Awussi a simplement fustigé le silence présumé de ces opérateurs dans le cadre de cette affaire. « Les opérateurs de téléphonie ne coopèrent pas à la manifestation de la vérité », a-t-il dit. À l’en croire, les données auraient été écrouées avant même que le jugement n’ait été prononcé.
Mon capitaine, je peux accéder à votre requête avec grand plaisir. Évidemment, les outils d’extraction forensique peuvent faire avancer la procédure. L’on peut extraire un spectre de données considérable. Dont les journaux d’appels entrants et sortants, les messages SMS, MMS et les échanges sur les applications de messagerie instantanée, les courriels, les données de navigation sur internet.
Sans compter les fichiers multimédias, les données de géolocalisation intégrées aux photos et aux applications, les identifiants de connexion aux réseaux Wi-Fi, et les données supprimées.
L’opérateur national CAMTEL détient l’exclusivité de la fibre optique au Cameroun, et donc gère toutes les données qui sont échangées entre abonnés. Mais si le juge n’a pas requis son expertise pour l’exploitation des appareils placés sous scellés, l’opérateur peut-il se prononcer de son propre chef ? Je dirais négatif ! Sauf si de manière officieuse les « longs bras » ont nuitamment “coupé” les données dans les téléphones des membres des prévenus, et que tout est fait à dessein pour que la procédure traîne encore et encore.
Par Jean Materne Zambo









