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Startup Act : la Côte d’Ivoire sélectionne 30 startups et PME pour bâtir ses futurs champions numériques [Postulez]

[DIGITAL Business Africa] – La Côte d’Ivoire veut faire passer sa politique en faveur des startups de la loi à l’accompagnement opérationnel. Le ministre de la Transition numérique et de l’Innovation technologique, Djibril Ouattara, a officiellement lancé, le 29 juillet 2026 à Abidjan, les programmes Ivoire Tech Next 15 et Ivoire Tech Scale Up. Trente entreprises numériques seront sélectionnées et accompagnées pendant vingt-quatre mois pour renforcer leur gouvernance, accéder aux marchés et aux financements, adopter l’intelligence artificielle et préparer leur expansion régionale.

La cérémonie, organisée au Sofitel Hôtel Ivoire, a également marqué l’ouverture des candidatures. Les startups et PME éligibles peuvent déposer gratuitement leur dossier en ligne jusqu’au 13 septembre 2026.

Les projets présélectionnés devront être présentés devant un jury annoncé comme international et indépendant. Les 30 entreprises retenues devraient être dévoilées à Abidjan à la fin du mois de septembre.

Deux programmes pour deux niveaux de maturité

Ivoire Tech Next 15 s’adresse aux jeunes entreprises numériques qui disposent déjà d’une activité et de premiers revenus, mais qui doivent encore consolider leur organisation et accélérer leur développement.

Pour être éligible, une startup doit avoir son siège social en Côte d’Ivoire et exercer ses activités depuis au moins un an. Elle doit disposer d’un produit ou d’un service innovant, présenter des revenus établis et en croissance, être à jour de ses obligations fiscales et sociales et conserver une participation majoritaire de ses fondateurs au capital.

Le programme ne cible donc pas les projets qui se trouvent encore au stade de l’idée. Il privilégie les entreprises ayant déjà testé leur modèle sur le marché et capables de démontrer un début de traction commerciale.

Ivoire Tech Scale Up vise, pour sa part, 15 PME technologiques ivoiriennes plus matures, déjà structurées et prêtes à franchir une nouvelle étape de croissance.

Les entreprises candidates doivent être constituées selon le droit ivoirien, disposer de trois à cinq états financiers clôturés et avoir un capital détenu à au moins 75 % par des nationaux ivoiriens. Elles doivent compter au moins dix salariés et commercialiser effectivement un produit ou un service.

Leur chiffre d’affaires moyen doit atteindre 500 millions de FCFA d’ici trois à cinq ans. Au moins 65 % de ce chiffre d’affaires doit provenir d’activités numériques. Les entreprises doivent également être à jour de leurs obligations fiscales et sociales.

Une distinction utile entre startups et PME numériques

La séparation entre Next 15 et Scale Up répond à une faiblesse fréquente des dispositifs d’accompagnement en Afrique : le regroupement, au sein d’un même programme, de projets débutants et d’entreprises déjà confrontées aux défis de l’industrialisation et de l’expansion internationale.

Les besoins ne sont pourtant pas identiques. Une startup en phase d’amorçage doit encore stabiliser son produit, son modèle économique, ses équipes et ses premiers contrats. Une PME générant plusieurs centaines de millions de FCFA recherche davantage de marchés importants, des financements adaptés, une organisation plus robuste et des relais de croissance au-delà de son territoire national.

Selon le ministère, les deux programmes reposeront sur quatre leviers : le renforcement de la gouvernance, le financement par l’État du déploiement d’agents d’intelligence artificielle, la mise en relation avec les grands comptes et les financeurs, puis l’expansion sur les marchés de l’UEMOA et de la CEDEAO.

Le volet consacré aux agents d’IA constitue une particularité du dispositif. Il laisse entendre que les entreprises sélectionnées ne seront pas uniquement accompagnées sur la stratégie ou la recherche de capitaux. Elles devraient également bénéficier d’un appui pour intégrer des outils d’automatisation et d’intelligence artificielle à leurs opérations.

Les modalités restent toutefois à préciser : le budget alloué à chaque entreprise, les fournisseurs retenus, la propriété des solutions développées, l’hébergement des données, la durée des licences et les critères de mesure de la productivité.

Une première traduction opérationnelle du Startup Act

Le ministère présente Ivoire Tech Next 15 et Ivoire Tech Scale Up comme les premiers programmes mettant concrètement en œuvre le Startup Act ivoirien, adopté sous la forme de la loi n° 2023-901.

Cette opérationnalisation était attendue par l’écosystème. L’adoption d’un cadre juridique favorable ne suffit pas, à elle seule, à faire émerger des entreprises capables de conquérir des marchés régionaux. Les startups ont également besoin de commandes, de financements, de compétences, d’infrastructures et d’un environnement administratif adapté.

Le ministère estime que 78 % des PME considèrent encore le financement comme leur principal obstacle à la croissance. Pour les entreprises de Scale Up, les pouvoirs publics évoquent un objectif de 300 à 500 emplois qualifiés, sans préciser à ce stade la méthode de calcul ni le calendrier attendu.

Ivoire Gouv Tech Lab : les startups appelées à répondre aux besoins de l’État

Djibril Ouattara a parallèlement annoncé la création d’une plateforme dénommée Ivoire Gouv Tech Lab. Elle doit servir d’interface entre l’administration et les entreprises technologiques.

Les projets de transformation numérique portés par l’État devraient y être publiés. Les startups et PME pourront alors proposer directement leurs solutions en ligne.

Si elle devient effectivement opérationnelle, cette plateforme pourrait ouvrir aux entreprises locales un accès plus structuré à la commande publique numérique. Elle permettrait également aux administrations de rechercher des solutions déjà développées en Côte d’Ivoire, au lieu de concevoir systématiquement de nouvelles plateformes ou de dépendre exclusivement de prestataires étrangers.

Plusieurs éléments devront néanmoins être clarifiés : les règles de publication des besoins publics, les procédures de sélection, les budgets disponibles, la propriété intellectuelle des solutions, les conditions de paiement et l’articulation avec le Code des marchés publics.

Une feuille de route articulée autour de 40 projets

Le lancement des deux programmes a également servi de cadre à la présentation de la feuille de route 2026-2028 du ministère de la Transition numérique et de l’Innovation technologique.

Cette feuille de route comprend 40 projets structurants organisés autour de sept piliers : le renforcement de la connectivité, la transformation numérique de l’administration, le développement de l’innovation technologique, l’adoption de l’intelligence artificielle, le renforcement des compétences numériques, la promotion du commerce électronique, ainsi que le développement de la cybersécurité et de la confiance numérique.

L’ensemble est présenté comme une déclinaison de la stratégie nationale de développement du numérique, elle-même alignée sur le Plan national de développement 2026-2030.

Le ministre Djibril Ouattara affirme vouloir « faire émerger les leaders du numérique en Côte d’Ivoire » et positionner le pays comme un « hub régional ». Il a également annoncé la mobilisation de l’État, des bailleurs de fonds, des grandes entreprises et des investisseurs pour faciliter l’accès des sociétés sélectionnées aux compétences, aux marchés et aux capitaux.

Des objectifs économiques à harmoniser

Le numérique représenterait actuellement entre 6 et 8 % du produit intérieur brut ivoirien. Le gouvernement annonce l’ambition d’en doubler la contribution au cours des trois prochaines années.

Une autre communication officielle du ministère mentionne cependant un objectif de 10 % du PIB à l’horizon 2030. Ces deux formulations ne correspondent pas exactement à la même trajectoire et devront être harmonisées pour permettre une évaluation rigoureuse de la politique publique.

La réussite des programmes dépendra surtout des ressources effectivement mobilisées, de la qualité de la sélection et de la capacité des entreprises retenues à obtenir de nouveaux contrats et financements.

Les candidatures à Ivoire Tech Next 15 sont accessibles sur next15.ivoire.tech, tandis que celles d’Ivoire Tech Scale Up doivent être déposées sur scaleup.ivoire.tech. La clôture est fixée au 13 septembre 2026.

Par Digital Business Africa

Sources : ministère ivoirien de la Transition numérique et de l’Innovation technologique ; portail officiel du gouvernement de Côte d’Ivoire.

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