[DIGITAL Business Africa] – La Côte d’Ivoire franchit une nouvelle étape dans la sécurisation de son écosystème numérique. À l’occasion de l’atelier national consacré à la restitution de la Stratégie nationale de cybersécurité 2021-2025 et à la présentation de la feuille de route 2026-2030, organisé le 23 juillet 2026 à Abidjan, le ministre de la Transition numérique et de l’Innovation technologique, Djibril Ouattara, a officialisé la mise en service de l’Infrastructure à clés publiques (PKI). Un dispositif stratégique appelé à renforcer la confiance dans les échanges électroniques, la signature numérique et l’authentification des utilisateurs.
« Au fur et à mesure que notre société se numérise, notre dépendance vis-à-vis de ces technologies s’accroît et la protection de notre espace numérique devient un impératif stratégique », a déclaré le ministre à l’ouverture des travaux.
Présentée comme l’un des principaux acquis de la stratégie nationale de cybersécurité, l’Infrastructure à clés publiques (PKI) permet de gérer l’ensemble du cycle de vie des certificats numériques et des clés cryptographiques.
Concrètement, cette infrastructure assure la création, la distribution, la validation, le renouvellement et la révocation des certificats électroniques qui servent d’identité numérique aux citoyens, aux entreprises et aux administrations.
Grâce à l’utilisation des clés publiques et privées, le PKI garantit trois fonctions essentielles : le chiffrement des données afin d’assurer leur confidentialité et leur intégrité, l’authentification forte des utilisateurs et des systèmes, ainsi que la signature électronique permettant de sécuriser juridiquement les transactions numériques.
Pour les autorités ivoiriennes, cette infrastructure constitue désormais l’un des fondements de la confiance numérique et de la modernisation des services publics.
Face à l’accélération de la transformation numérique, Djibril Ouattara estime que la cybersécurité ne relève plus uniquement des spécialistes des technologies.
« La cybersécurité ne peut plus être considérée comme un simple enjeu technique. Elle s’affirme aujourd’hui comme un véritable enjeu de souveraineté nationale et de confiance », a-t-il affirmé.
Cette vision se traduit dans la future Stratégie nationale de cybersécurité 2026-2030, qui prévoit 40 chantiers structurants, dont quatre spécifiquement consacrés au renforcement de la cybersécurité, de la confiance numérique et à l’opérationnalisation du cadre réglementaire existant.
Le développement du capital humain figure également parmi les priorités de cette nouvelle stratégie.
À cet effet, le ministre a salué le partenariat conclu entre l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (ANSSI) et l’École supérieure africaine des technologies de l’information et de la communication (ESATIC). Cette collaboration permettra l’ouverture, dès septembre 2026, d’un Master spécialisé en cybersécurité, destiné à renforcer les compétences nationales face à la montée des cybermenaces.
Le directeur général de l’ANSSI, le général Guelpétchin Ouattara, a rappelé que l’évaluation de la stratégie 2021-2025 constitue une étape indispensable avant l’adoption de la nouvelle feuille de route.
« Aujourd’hui, il nous faut regarder en face ce que nous avons pu faire, regarder en face nos lacunes et nous enrichir pour le futur », a-t-il déclaré.
Selon lui, la stratégie 2026-2030 devra répondre à trois défis majeurs : accompagner l’accélération de la transformation numérique de la Côte d’Ivoire, faire face à des cybermenaces de plus en plus sophistiquées touchant aussi bien les citoyens que les organisations, et renforcer l’autonomie stratégique du pays dans le domaine de la cybersécurité.
Placée sous la tutelle du ministère de la Transition numérique et de l’Innovation technologique, l’ANSSI demeure l’organe technique chargé de protéger le cyberespace ivoirien, d’accompagner les administrations et les entreprises dans le renforcement de leur résilience numérique et de consolider la confiance dans l’économie numérique nationale.
Par Loic SOUOP








