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Côte d’Ivoire : Bita Saran Diomandé rejoint le cabinet de Djibril Ouattara pour accélérer l’IA et l’innovation

[DIGITAL Business Africa] – Le ministre ivoirien de la Transition numérique et de l’Innovation technologique, Djibril Ouattara, renforce son cabinet avec l’arrivée de Bita Saran Diomandé. Cette spécialiste de la stratégie, des opérations et de l’accompagnement entrepreneurial devient conseillère technique chargée de l’Innovation et de l’Intelligence artificielle. Elle a été retenue à l’issue d’une procédure de sélection ouverte, organisée après la publication des postes à pourvoir sur les réseaux sociaux du ministère.

Cette nomination fait entrer au sein de l’administration ivoirienne un profil habitué à évoluer entre le développement international, le conseil en management, la création d’entreprises et l’accompagnement de startups. Selon Djibril Ouattara, Bita Saran Diomandé cumule plus de 18 ans d’expérience dans la conception et le déploiement de solutions technologiques et d’intelligence artificielle destinées notamment aux entreprises africaines.

Le ministre attend de sa nouvelle conseillère une contribution à la mise en œuvre de la feuille de route de son département, avec l’ambition de faire de l’innovation et de l’intelligence artificielle des instruments concrets de transformation économique et administrative de la Côte d’Ivoire.

Une arrivée au moment où Abidjan accélère sur l’IA

La mission confiée à Bita Saran Diomandé intervient alors que la Côte d’Ivoire place les technologies émergentes parmi ses priorités de politique numérique. La stratégie présentée par Djibril Ouattara repose sur sept piliers et une quarantaine de projets structurants couvrant notamment la connectivité, la transformation numérique de l’administration, l’innovation, l’intelligence artificielle, la cybersécurité, les compétences numériques et la modernisation de la Poste de Côte d’Ivoire.

Dans le domaine de l’IA, le gouvernement veut construire un cadre réglementaire et éthique adapté, tout en développant un hub technologique ancré dans les réalités, les langues et les besoins économiques du pays. Des cas d’usage sont notamment recherchés dans les domaines de la santé, de l’éducation et de l’administration publique.

La Côte d’Ivoire souhaite, parallèlement, porter la contribution du numérique à la création de richesse nationale, actuellement estimée entre 6 et 8 %, à un niveau compris entre 12 et 15 % à l’horizon 2030. L’innovation technologique, les infrastructures d’intelligence artificielle et la modernisation des services publics sont présentées comme des composantes de cette ambition.

C’est dans ce contexte que Bita Saran Diomandé devra contribuer à rapprocher la stratégie gouvernementale des réalités opérationnelles des entreprises, des innovateurs et des utilisateurs.

Une formation en entrepreneuriat au MIT Sloan

Bita Saran Diomandé est titulaire d’un MBA de la MIT Sloan School of Management, aux États-Unis, avec une spécialisation en entrepreneuriat et en gestion d’entreprise. Son profil professionnel la présente comme une spécialiste de la conception de nouveaux projets, de la stratégie de lancement sur le marché, de l’organisation des entreprises et de la mise en place de procédures opérationnelles.

Elle intervient auprès de structures de tailles variées, allant des startups et des petites et moyennes entreprises aux organisations à but non lucratif. Ses domaines d’expertise couvrent notamment la stratégie commerciale, la recherche de l’adéquation entre un produit et son marché, la structuration organisationnelle, les procédures d’achat et de comptabilité ainsi que le développement des capacités internes.

Son parcours commence dans le développement international, où elle participe à la mise en œuvre de projets de grande envergure en Afrique et en Asie. Elle s’oriente ensuite vers l’entrepreneuriat et le conseil, en accompagnant des organisations actives dans la technologie, le coaching, le bien-être et d’autres secteurs à transformer leurs idées en produits commercialisables et en entreprises capables de générer des revenus.

Cofondatrice et directrice des opérations de Janngo

Le parcours de Bita Saran Diomandé comprend également une expérience au sein de l’écosystème technologique panafricain. En 2018, elle était présentée comme cofondatrice et directrice des opérations de Janngo. Cette année-là, elle avait notamment siégé au jury de la finale du prix Anzisha, une initiative de l’African Leadership Academy et de la Mastercard Foundation destinée à soutenir les jeunes entrepreneurs du continent.

Cette fonction lui a permis de côtoyer des porteurs de projets issus de différents pays africains et d’évaluer des entreprises encore à un stade précoce de leur développement. Elle s’est progressivement spécialisée dans le passage de l’idée à un modèle économique viable, puis dans la mise en place des systèmes nécessaires pour permettre aux jeunes entreprises de grandir.

Dans un article publié en mai 2026 sur sa page LinkedIn, elle indique avoir travaillé directement avec plus de 30 entrepreneurs au cours de 11 ans. Elle y défend une approche fondée sur la validation du marché avant l’expansion, estimant qu’une entreprise ne devrait pas accélérer son déploiement tant qu’elle ne dispose pas de ventes reproductibles et d’une capacité démontrée à fidéliser ses clients.

L’accompagnement de centaines d’entrepreneurs à impact

Bita Saran Diomandé a également travaillé avec MovingWorlds, une organisation spécialisée dans l’accompagnement des entreprises sociales. Elle explique avoir rejoint cette structure à la fin de l’année 2023 pour diriger des activités de renforcement des capacités au profit d’entrepreneurs confrontés aux difficultés de passage entre le lancement de leur solution et l’atteinte de la viabilité commerciale.

Elle y a participé à la conception de programmes visant à rendre les entreprises plus solides, commercialement viables et mieux préparées à recevoir des investissements. Elle indique avoir auparavant consacré six années au développement et à l’expérimentation d’une méthodologie visant à réduire les risques liés à l’entrepreneuriat.

Dans un autre retour d’expérience, elle affirme avoir associé plus de 500 entrepreneurs à la refonte des formations et des services de MovingWorlds. Cette démarche de co-construction aurait permis d’atteindre un taux d’engagement de 80 % avant son départ de l’organisation.

Son passage chez MovingWorlds l’a également conduite à intervenir au sein de l’écosystème ivoirien. En octobre 2024, elle figurait parmi les panélistes du Forum des Entrepreneurs d’Impact organisé à Abidjan par le CERAP–Université jésuite, en partenariat avec plusieurs organisations d’accompagnement et de financement.

Des interventions auprès des entreprises ivoiriennes

Le parcours récent de Bita Saran Diomandé montre également un rapprochement avec les petites et moyennes entreprises implantées en Côte d’Ivoire.

Elle a notamment accompagné SYS Énergies, entreprise ivoirienne spécialisée dans l’efficacité énergétique, les installations solaires et les technologies de suivi de la consommation. Selon son propre témoignage sur LinkedIn, elle a contribué à l’élaboration de la stratégie d’adéquation produit-marché de l’entreprise, puis à sa stratégie de mise sur le marché et à son plan d’exécution. Elle a ensuite été sollicitée pour participer à la préparation du plan stratégique 2026 de la société.

Cette expérience résume une partie de sa méthode : partir d’un problème concret, tester la pertinence de la solution auprès des utilisateurs, structurer les opérations, puis préparer l’organisation à évoluer à grande échelle.

Pour la nouvelle conseillère technique, l’innovation ne devrait donc pas se limiter à la création de technologies sophistiquées. Elle doit également permettre aux organisations de comprendre les besoins réels des populations, de concevoir des solutions opérationnelles et de mettre en place les processus nécessaires à leur déploiement.

Faire passer l’IA de la stratégie aux usages concrets

Au ministère de la Transition numérique et de l’Innovation technologique, Bita Saran Diomandé devra désormais transposer cette expérience entrepreneuriale dans un cadre institutionnel plus large.

Son apport pourrait notamment porter sur la sélection de cas d’usage prioritaires, la collaboration avec les startups et les centres de recherche, l’expérimentation de solutions au sein des services publics et l’accompagnement des administrations dans l’adoption de l’intelligence artificielle. Il s’agit ici d’une perspective issue de son parcours et des priorités déjà présentées par le ministère.

Le défi consistera également à construire des passerelles entre l’État, les entreprises technologiques, les chercheurs, les investisseurs et les utilisateurs. Une solution d’IA peut être techniquement performante sans répondre aux besoins des citoyens, sans disposer de données adaptées ou sans pouvoir être intégrée aux procédures administratives existantes.

L’expérience de Bita Saran Diomandé dans la recherche du « product-market fit », la structuration des opérations et la co-construction avec les utilisateurs pourrait ainsi aider le ministère à éviter une innovation uniquement déclarative. La réussite de sa mission se mesurera surtout à sa capacité à transformer les ambitions nationales en services accessibles, sûrs et réellement utilisés.

En faisant entrer ce profil issu de l’entrepreneuriat technologique dans son cabinet, Djibril Ouattara semble vouloir associer vision stratégique et culture de l’exécution. « Son expertise contribuera à la mise en œuvre de notre feuille de route et renforcera notre ambition de faire de l’innovation et de l’intelligence artificielle de véritables leviers de transformation de la Côte d’Ivoire », déclare sur sa page Facebook, Djibril Ouattara, le ministre de la Transition numérique et de l’Innovation technologique.

Pour Bita Saran Diomandé, le passage du conseil et de la construction d’entreprises à l’action publique ouvre désormais un nouveau chantier : contribuer à faire de l’innovation et de l’intelligence artificielle des leviers opérationnels de la transformation ivoirienne.

Par Digital Business Africa

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