[DIGITAL Business Africa] – Romuald Kenneth Effoudou. Ce nom est désormais ancré dans la mémoire collective des internautes camerounais. Depuis fin juillet 2026, l’ex-chef de renseignement du président de la République du Cameroun se livre à des accusations jugées graves. De hautes personnalités du pays sont citées. Corruption, tentatives présumées de coups d’État, assassinats ou encore harcèlement sexuel, Kenneth Effoudou déballe tout.
Sani Mouhamadou, haut conseiller en stratégie de défense et de sécurité internationale, n’a pas échappé au grand déballage. Kenneth Effoudou affirme que Sani a « détenu des armes de guerre ».
Proche de la présidence de la République entre 2013 et 2020. Sani Mouhamadou indique avoir coordonné l’appel d’offres visant à déterminer les causes profondes de l’accident ferroviaire survenu à Eséka, dans la région du Centre, le 21 octobre 2016. Bilan : 79 morts et plus de 600 blessés.
Face à ces déclarations “graves”, Sani Mouhamadou annonce porter plainte contre Romuald Kenneth Effoudou et le journaliste Morgan Palmer pour diffamation et cyberharcèlement.
Un autre « blessé de guerre », pour parler de la personne citée dans le cadre de ces sorties : le colonel retraité, Didier Badjeck. L’ancien porte-parole de l’armée camerounaise est accusé d’avoir tenté d’abuser sexuellement d’une de ses collaboratrices. À quoi il a répondu qu’il « attire les femmes et n’a pas besoin de les violer ». Néanmoins, Didier Badjeck annonce également une plainte à l’encontre de Romuald Kenneth Effoudou pour diffamation.
Au regard des accusations portées lors de cette sortie par l’ex-chef de la direction des renseignements de la Présidence de la République, la Chambre nationale des experts criminels du Cameroun (CNECC) n’est pas restée indifférente. Elle a officiellement annoncé l’ouverture d’investigations et se réserve le droit d’engager des poursuites pour ces propos jugés “d’une exceptionnelle gravité”.
Ce que dit la loi
La loi de 2010 relative à la cybersécurité et à la cybercriminalité sanctionne la propagation de fausses nouvelles en son article 113 :
« Est puni d’un emprisonnement de trois (03) mois à trois (03) ans et d’une amende de cent mille (100 000) à deux millions (2 000 000) de francs, celui qui émet ou propage des nouvelles mensongères, lorsque ces nouvelles sont susceptibles de nuire aux autorités publiques ou à la cohésion nationale.
Est puni d’un emprisonnement de trois (03) mois à trois (03) ans et d’une amende de cent mille (100 000) à deux millions (2 000 000) de francs celui qui émet ou propage des nouvelles mensongères, lorsque ces nouvelles sont susceptibles de nuire aux autorités publiques ou à la cohésion nationale ».
À ce qu’il paraît, les vidéos de Romuald Kenneth Effoudou seraient tournées et diffusées depuis la France. Là-bas, la diffamation est encadrée par la loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse.
Le code pénal français, dans son article 222-33-2-2, indique que « le cyberharcèlement consiste en des agissements malveillants répétés, dans un cadre public ou restreint, qui peuvent prendre différentes formes: intimidations, insultes, menaces, rumeurs, publication de photos ou vidéos compromettantes, etc. Ils peuvent être le fait d’une seule personne ou de plusieurs individus et se dérouler sur les réseaux sociaux, les messageries, les forums, les blogs, etc. »
Si l’auteur est majeur, il risque 2 ans de prison et 30 000 euros d’amende. La peine maximale peut aller jusqu’à 3 ans de prison et 45 000 euros d’amende si la victime a moins de 15 ans.
Par Jean Materne Zambo











