[DIGITAL Business Africa] – La Tunisie confirme sa progression dans le développement numérique en Afrique. Selon l’édition 2026 de l’Indice de développement des TIC (IDI), publiée par l’Union internationale des télécommunications (UIT), le pays occupe la 6ᵉ place sur le continent avec un score de 80,1 points, soit largement au-dessus de la moyenne africaine établie à 59 points.
L’Indice de développement des TIC (IDI) mesure la capacité des populations à accéder à Internet de manière abordable, fiable et régulière. Il repose sur dix indicateurs regroupés autour de deux piliers : la connectivité universelle et la connectivité significative, offrant ainsi une vision globale de la maturité numérique des pays.
Les performances de la Tunisie reposent principalement sur la qualité de ses infrastructures mobiles. Selon l’UIT, 99 % de la population est couverte par au moins un réseau 3G, tandis que 90,9 % des habitants possèdent un téléphone mobile, traduisant une forte pénétration des technologies numériques.
Ces résultats favorisent le développement des services numériques, de l’administration électronique, des services financiers mobiles et de l’économie digitale.
Malgré ces avancées, l’UIT souligne que l’accessibilité financière demeure un défi majeur.
Le rapport indique que le coût d’un forfait mobile combinant données et voix représente 98,6 % du revenu national brut par habitant, un niveau jugé élevé qui pourrait limiter une adoption plus inclusive des services numériques, notamment pour les populations les plus vulnérables.
Au niveau continental, le Maroc conserve la première place avec un score de 89,2 points, grâce à des investissements soutenus dans les infrastructures numériques, une forte couverture haut débit et une pénétration mobile élevée.
Il est suivi par l’île Maurice (89,1), l’Algérie (87,8) et l’Afrique du Sud (86,4).
Top 10 africain de l’Indice de développement des TIC 2026
- Maroc – 89,2
- Maurice – 89,1
- Algérie – 87,8
- Afrique du Sud – 86,4
- Seychelles – 84,4
- Tunisie – 80,1
- Cap-Vert – 79,8
- Égypte – 79,6
- Eswatini –78,9
- Botswana – 77,7
À l’autre extrémité du classement, l’Angola obtient 55,4 points, pénalisé par des contraintes structurelles, notamment un accès limité aux infrastructures numériques, un coût élevé de la connectivité et d’importantes disparités entre les zones urbaines et rurales.
Le rapport de l’UIT rappelle que l’Afrique demeure la région affichant le niveau de développement numérique le plus faible au monde, avec une moyenne de 59 points.
À l’échelle mondiale, l’Arabie saoudite occupe la première place avec 99,2 points, devant la Finlande (98,7), l’Estonie (98,5), ainsi que le Koweït et le Qatar, ex æquo avec 98,4 points.
À l’inverse, l’Érythrée, la République centrafricaine, le Tchad, le Niger et le Burundi figurent parmi les pays les moins bien classés, confrontés à des déficits persistants en matière de couverture réseau, d’accessibilité financière et d’inclusion numérique.
Au-delà du classement, l’édition 2026 de l’Indice de développement des TIC met en évidence l’urgence pour de nombreux pays africains de poursuivre les investissements dans les infrastructures numériques, de réduire le coût de l’accès à Internet et de renforcer les politiques d’inclusion numérique.
Alors que plusieurs États accélèrent leur transformation digitale et leurs stratégies nationales d’intelligence artificielle, l’amélioration de la connectivité demeure un levier essentiel pour soutenir l’innovation, la compétitivité économique et l’accès des populations aux services numériques.
Par Loic SOUOP









