[DIGITAL Business Africa] – La patate chaude de l’interopérabilité nationale est filée à CAMTEL. L’opérateur télécoms, l’un des socles infrastructurels sur lesquels repose la transformation numérique du Cameroun, a reçu son ordre de mission, ce 18 août 2026 à l’ouverture du Forum sur la Gouvernance de l’Internet au Cameroun, placé sous le thème : « De la fragmentation à l’interopérabilité : faire de la donnée le socle des infrastructures publiques numériques au Cameroun ». Minette Libom Li Likeng, ministre des Postes et Télécommunications, a interpellé Judith Yah Sunday.
« Il nous faut construire un environnement dans lequel les infrastructures, les plateformes et les services puissent interagir de manière sécurisée, dans le respect des règles applicables, de la protection des données et des exigences de souveraineté », a recommandé la ministre Likeng.

L’interopérabilité des données et d’infrastructures publiques numériques renvoie à l’ensemble des infrastructures qui permettent à la donnée (image, son, documents…) de circuler, aux plateformes de communiquer, aux administrations d’échanger et, surtout, aux citoyens et aux entreprises d’accéder aux services numériques.
Au Cameroun, l’interopérabilité se met en place lentement mais certainement. Dans le domaine de la finance technologique, plusieurs projets de modernisation des paiements électroniques et d’intégration des systèmes administratifs sont déployés. Notamment, le QR Code de paiement interopérable. Lancé par l’UMAC et la BEAC le 29 juillet 2029, son déploiement unifie l’écosystème monétique de la zone CEMAC, incluant le Cameroun.
Dans le domaine de l’administration et des finances publiques, le ministère des Finances ne rêve que d’un système d’information des différents services opérationnels entièrement intégré. Le MINFI travaille à l’interopérabilité de ses systèmes d’information budgétaires et douaniers pour fluidifier le trésor public et le commerce.
Le Guichet unique Maritime, lui, poursuit son chantier de digitalisation et d’interconnexion, en cours pour relier les différentes administrations portuaires et maritimes, malgré des défis techniques et juridiques. Pareil pour le projet I-CEMAC (INTERPOL), qui vise à améliorer l’interopérabilité des systèmes nationaux de sécurité frontalière (avec un accès élargi au système I-24/7 notamment à Garoua-Boulaï).
Il va sans dire que cette administration numérique a besoin d’une connexion internet de qualité et d’une sécurité des systèmes. Deux prérogatives dévolues à la CAMTEL. Cela passe par le déploiement et l’exploitation de la dorsale nationale en fibre optique, des infrastructures de transmission, des capacités internationales, des réseaux d’accès et des infrastructures d’hébergement et de connectivité.
Par Jean Materne Zambo









