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Ghana : Accra modernise ses aéroports avec des scanners 3D et des services frontaliers numériques

[DIGITAL Business Africa] – Le Ghana accélère la transformation numérique de ses infrastructures aéroportuaires afin d’améliorer l’expérience des voyageurs et de renforcer son positionnement comme hub régional en Afrique de l’Ouest. Le pays prévoit notamment le déploiement de scanners de sécurité 3D de nouvelle génération dans les terminaux 2 et 3 de l’aéroport international Kotoka d’Accra.

L’annonce a été faite le lundi 25 mai par le président John Dramani Mahama à l’occasion du lancement officiel de la nouvelle plateforme nationale d’e-visa. Selon les autorités, ces nouveaux équipements permettront de réduire les files d’attente et d’optimiser les contrôles de sûreté dans un contexte de forte croissance du trafic aérien.

À partir d’août 2026, le gouvernement prévoit également l’installation de dispositifs de contrôle avancés permettant aux passagers de conserver leurs ordinateurs portables, liquides et appareils électroniques dans leurs bagages lors des inspections de sécurité.

Les voyageurs n’auront par ailleurs plus l’obligation de retirer chaussures et ceintures pendant les contrôles, grâce à l’intégration de technologies de détection plus performantes destinées à fluidifier le passage aux points de sûreté.

Pour les autorités ghanéennes, ces innovations s’inscrivent dans une stratégie globale de modernisation des procédures aéroportuaires et de digitalisation des services frontaliers.

Le programme prévoit notamment l’intégration de systèmes d’information préalable sur les passagers (API) ainsi que de solutions d’analyse des données voyageurs (PNR), afin de renforcer les contrôles basés sur le renseignement tout en réduisant les délais de traitement aux frontières.

Dans cette dynamique, Accra a également annoncé la gratuité des visas électroniques pour plusieurs catégories de voyageurs africains ainsi que l’extension prochaine de la plateforme numérique aux demandes de permis de travail et de résidence.

Ces investissements interviennent alors que le trafic aérien connaît une progression soutenue au Ghana. Selon les chiffres communiqués par les autorités aéroportuaires, l’aéroport international Kotoka est passé de 1,8 million de passagers en 2022 à 2,5 millions en 2025, soit une hausse d’environ 39 % en trois ans.

Cette croissance exerce une pression croissante sur les infrastructures existantes, notamment lors des périodes de forte affluence où les congestions affectent les opérations d’enregistrement, les contrôles migratoires, les dispositifs de sécurité et la gestion des bagages.

Pour accompagner cette montée en charge, le gouvernement prévoit également plusieurs projets d’infrastructures complémentaires, parmi lesquels l’extension de la piste de l’aéroport de Kumasi, la construction d’une nouvelle tour de contrôle à Accra ainsi que le développement de nouveaux aéroports régionaux.

Le Ghana rejoint ainsi plusieurs pays africains engagés dans la modernisation technologique de leurs plateformes aéroportuaires. Le Maroc, le Rwanda, l’Éthiopie ou encore le Kenya ont multiplié ces dernières années les investissements dans les contrôles biométriques, les plateformes numériques de voyage et les technologies destinées à fluidifier les flux de passagers.

Dans un environnement marqué par une concurrence croissante entre hubs régionaux africains, l’expérience aéroportuaire devient progressivement un levier stratégique pour attirer compagnies aériennes, investisseurs, touristes et grands événements internationaux.

Pour Accra, l’enjeu dépasse la seule modernisation technologique. Les autorités ambitionnent de renforcer le rôle du Ghana comme porte d’entrée régionale pour l’Afrique de l’Ouest et d’accroître l’attractivité du pays auprès des entreprises internationales.

La simplification des procédures migratoires, l’amélioration des infrastructures et la numérisation des services publics sont également présentées comme des leviers essentiels pour soutenir l’intégration économique régionale et accompagner la montée en puissance des échanges commerciaux dans le cadre de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf).

Par Loic SOUOP

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