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Historique au Gabon : Brice Clotaire Oligui Nguema inaugure le Data Center souverain de ST Digital, fruit d’un investissement de 8 milliards de F.CFA

[DIGITAL Business Africa] – Le président de la République gabonaise, Brice Clotaire Oligui Nguema, veut faire du numérique un levier de souveraineté, de modernisation de l’État et de diversification économique. Le 3 juillet 2026, le chef de l’État a procédé, dans la Zone économique spéciale de Nkok, près de Libreville, à l’inauguration du premier Data Center national souverain du Gabon, une infrastructure stratégique réalisée par ST Digital et présentée comme une étape décisive dans la transformation numérique du pays.

Ce centre de données marque une avancée majeure pour le Gabon dans un contexte africain où la question de l’hébergement local des données devient un enjeu de sécurité nationale, de compétitivité économique et de souveraineté technologique. En inaugurant cette infrastructure, Brice Clotaire Oligui Nguema entend positionner le Gabon comme l’un des pays moteurs de l’économie numérique en Afrique centrale.

Un signal politique fort du président gabonais

L’inauguration du Data Center souverain de Nkok intervient à un moment où plusieurs États africains cherchent à réduire leur dépendance vis-à-vis des infrastructures numériques étrangères. Pour le Gabon, l’enjeu est clair : héberger, sécuriser et gérer sur le territoire national les données produites par les administrations, les entreprises et les citoyens.

Par cette réalisation, le président Brice Clotaire Oligui Nguema réaffirme sa volonté de bâtir un État moderne, performant et souverain, où les infrastructures numériques ne sont plus seulement des outils techniques, mais des piliers du développement national.

Le Data Center de Nkok doit notamment permettre de renforcer la protection des informations stratégiques de l’État, d’améliorer la qualité des services numériques publics et privés, mais aussi de consolider la résilience des infrastructures nationales. Il s’agit également d’un outil d’attractivité pour les entreprises du numérique, les opérateurs cloud, les banques, les administrations publiques, les startups et les acteurs de la cybersécurité.

8 milliards de F.CFA mobilisés pour une infrastructure Tier III

Réalisé par ST Digital, le Data Center gabonais est implanté dans la Zone économique spéciale de Nkok, à environ 27 kilomètres de Libreville, sur une superficie de plus de 3 000 mètres carrés. L’investissement est évalué à 8 milliards de F.CFA, mobilisés auprès d’un fonds souverain africain.

L’infrastructure répond aux standards internationaux Tier III, un niveau de référence qui garantit la redondance des équipements critiques et une disponibilité des services supérieure à 99,9 %. Certaines communications autour du projet évoquent une disponibilité de 99,982 %, conformément aux exigences généralement associées à ce niveau de certification.

Le centre propose des services d’hébergement sécurisé, de cloud souverain, de cybersécurité et de gestion de données. Relié directement aux câbles sous-marins, il doit permettre d’améliorer la performance des services numériques, de réduire les coûts liés au transit international et d’offrir aux acteurs publics et privés une solution locale pour l’hébergement de leurs données.

Selon ST Digital, l’infrastructure intègre également des équipements écoresponsables, notamment une alimentation partielle par énergie solaire et un système de refroidissement sans consommation d’eau. Une orientation qui vise à faire du Data Center de Nkok une référence technologique et environnementale en Afrique centrale.

ST Digital renforce son maillage régional

Déjà présent au Cameroun, en Côte d’Ivoire, au Togo, au Bénin et au Congo, le groupe ST Digital étend ainsi son réseau d’infrastructures numériques à l’Afrique centrale francophone. Avec le site de Nkok, l’entreprise confirme son ambition de participer à la construction d’un marché africain du cloud, de la cybersécurité et de l’hébergement souverain.

La phase de construction du Data Center aurait mobilisé environ 200 emplois indirects, en impliquant notamment des entreprises locales du bâtiment, des télécommunications et de l’énergie. ST Digital prévoit également la création de 25 emplois directs au cours des deux prochaines années dans les domaines de l’informatique, de la cybersécurité, de l’exploitation technique et de la maintenance.

Ces projections dépendront toutefois de la montée en charge effective de l’infrastructure et du niveau d’adoption des services par les administrations, les banques, les entreprises, les opérateurs de télécommunications et les autres acteurs économiques gabonais.

« Ce Data Center va permettre à notre pays de récupérer sa souveraineté »

Pour Laïka Mba, directrice de ST Digital Gabon, l’enjeu dépasse la simple mise en service d’un bâtiment technologique. Il s’agit d’un outil de souveraineté.

« Ce Data Center va permettre à notre pays de récupérer sa souveraineté. Aujourd’hui, 95 % des données que nous produisons, que ce soit au Gabon ou en Afrique de manière plus globale, sont hébergées et stockées à l’étranger. Donc aujourd’hui, le Gabon peut s’enorgueillir d’avoir une infrastructure qui va permettre de stocker les données et de les héberger de manière sécurisée », a-t-elle expliqué.

Cette ambition concerne autant l’État que les entreprises et les citoyens. « L’édifice que vous avez aujourd’hui va permettre aux entreprises, aux citoyens gabonais, aux administrations, à tout acteur qui a une connexion Internet et qui partage des informations, d’avoir la certitude que ces données peuvent être hébergées au Gabon », a ajouté Laïka Mba.

Pour Jean-François Ahanda, dirigeant du groupe ST Digital, ce Data Center pourrait également constituer un catalyseur d’investissements étrangers et favoriser l’émergence d’un écosystème numérique local. Cette ambition devra cependant être confirmée par la demande réelle du marché, aucun indicateur public de demande précontractuelle n’ayant été communiqué lors de la présentation du projet.

Un accord pour accélérer la transformation digitale

Au cours de la cérémonie, le président Brice Clotaire Oligui Nguema a également présidé la signature d’une convention de partenariat entre ST Digital et le ministère gabonais en charge de l’Économie numérique. Cet accord vise à accélérer la transformation digitale du Gabon, à développer davantage les infrastructures numériques et à accompagner l’émergence d’une économie fondée sur l’innovation et les nouvelles technologies.

Pour les autorités gabonaises, cette infrastructure doit contribuer à moderniser les services publics, faciliter la dématérialisation des procédures administratives, renforcer la sécurité des données sensibles et soutenir le développement de nouveaux services numériques à destination des citoyens.

Elle devrait également permettre aux entreprises gabonaises de réduire leur dépendance aux plateformes étrangères, de diminuer certains coûts liés à l’hébergement international et de bénéficier d’une meilleure qualité de service en matière de stockage, de traitement et de sécurisation des données.

La souveraineté numérique, au-delà de la technique

L’argument central porté par ST Digital est celui de la souveraineté. Lorsque les données des administrations, des banques, des hôpitaux, des opérateurs de santé ou des entreprises stratégiques transitent par des serveurs étrangers, les États concernés subissent une dépendance technologique qui peut aussi devenir une vulnérabilité juridique. Les législations applicables peuvent en effet être celles des pays d’hébergement, avec des conséquences importantes sur la confidentialité, l’accès, le contrôle et la protection des données.

Pour le Gabon, l’enjeu dépasse donc la technique. Il s’agit de reconquérir le contrôle de ressources numériques stratégiques, à un moment où les données deviennent un actif central pour l’administration publique, l’économie numérique, la cybersécurité, l’intelligence artificielle et les services aux citoyens.

Mais pour que le Data Center de Nkok devienne pleinement un levier de souveraineté, il faudra aussi un cadre public clair sur la localisation des données sensibles, la protection des données personnelles, la cybersécurité, l’interconnexion des administrations et l’adoption des services d’hébergement local par les acteurs publics et privés.

Nkok, futur hub technologique régional ?

Au-delà du Gabon, le Data Center souverain de Nkok nourrit une ambition régionale. Les promoteurs veulent en faire un hub technologique pour l’Afrique centrale, capable d’attirer des entreprises spécialisées dans le cloud, la cybersécurité, l’intelligence artificielle, la fintech et les services numériques.

Le projet prévoit également la formation de 1 000 jeunes aux métiers du numérique afin de renforcer les compétences locales et de soutenir l’émergence d’une nouvelle génération de professionnels dans les domaines du cloud, de la cybersécurité, de la data et de l’exploitation d’infrastructures critiques.

Cette dimension formation est essentielle. Car la souveraineté numérique ne se limite pas à la construction de bâtiments ou à l’installation de serveurs. Elle suppose également des compétences locales capables d’exploiter, de maintenir et de sécuriser les infrastructures stratégiques du pays.

Le Gabon veut reprendre le contrôle de ses données

Avec ce Data Center national souverain, le Gabon envoie un message clair : les données produites par les administrations, les entreprises et les citoyens doivent pouvoir être hébergées, protégées et valorisées sur le territoire national.

Dans un contexte marqué par l’essor de l’intelligence artificielle, la multiplication des cybermenaces, la croissance des services publics numériques et l’augmentation rapide des besoins en stockage de données, l’infrastructure de Nkok constitue un actif stratégique pour le pays.

Pour Brice Clotaire Oligui Nguema, cette inauguration s’inscrit dans une vision plus large : faire du numérique un moteur de souveraineté, de compétitivité, d’innovation et d’amélioration durable des conditions de vie des populations. Avec ce premier Data Center souverain, financé à hauteur de 8 milliards de F.CFA et certifié Tier III, le Gabon franchit une étape importante dans la construction de son indépendance numérique et affirme son ambition de compter parmi les pôles technologiques de référence en Afrique centrale.

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