[DIGITAL Business Africa] – ICT Medias Strategies faisait partie des convives au banquet de l’éducation numérique de Yaoundé. Le séminaire de formation de lutte contre les discours de haine en ligne organisé par le ministère des Postes et Télécommunications en collaboration avec l’ association One Nation du 25 au 27 mai 2026 a connu des présentations, dont celle de Beaugas Orain Djoyum.
Intitulée « Haine en ligne, algorithmes de recommandation et mobilisation de la technologie », sa présentation a expliqué le rôle que jouent les réseaux sociaux et leurs algorithmes dans la diffusion de contenus haineux. L’ intervenant, Beaugas Orain Djoyum, montre que l’« économie de l’attention » pousse les plateformes à mettre davantage en avant les contenus émotionnels, conflictuels ou choquants, car ils génèrent plus de clics, de commentaires et de partages.
La présentation souligne également les dangers des bulles informationnelles, des chambres d’écho, des faux comptes, des campagnes coordonnées et des manipulations visuelles (deepfakes, vidéos sorties de leur contexte, fausses captures d’écran), qui amplifient la désinformation et les tensions sociales.
Recommandations
Face à ces risques, le document recommande plusieurs réflexes citoyens Voici les principales recommandations formulées par l’exposant pour lutter contre la haine en ligne et promouvoir un cyberespace responsable :
Vérifier avant de partager
• Ne jamais publier ou repartager un contenu sous l’effet de l’émotion.
• Prendre le temps de vérifier, analyser et contextualiser les informations avant diffusion.
Contrôler la fiabilité des sources
• Identifier l’auteur du contenu.
• Vérifier l’ancienneté et la crédibilité du compte.
• Rechercher des sources fiables et la confirmation par des médias sérieux.
Vérifier les images et vidéos
• Observer les incohérences visuelles (uniformes, plaques, bâtiments, accents, etc.).
• Effectuer des recherches inversées d’images.
• Vérifier la date originale et le contexte réel des vidéos ou photos.
Éviter l’amplification involontaire de la haine
• Ne pas repartager massivement des contenus haineux, même pour les dénoncer.
• Privilégier des captures floutées ou partielles afin de limiter leur propagation.
Documenter les contenus dangereux
• Faire des captures d’écran.
• Conserver les liens et les dates.
• Identifier les comptes ou groupes impliqués pour faciliter les signalements ou procédures judiciaires.
Utiliser les mécanismes de signalement
• Signaler les contenus haineux sur les plateformes numériques : Facebook, Instagram, WhatsApp, TikTok, YouTube, X ou Telegram.
• Utiliser également les canaux institutionnels compétents au Cameroun.
Responsabiliser les administrateurs de groupes
• Mettre en place des règles claires dans les groupes WhatsApp, Facebook ou Telegram.
• Modérer les échanges.
• Supprimer les contenus dangereux et sanctionner les récidivistes.
Renforcer la coopération institutionnelle
L’exposant recommande une mobilisation collective impliquant : le MINPOSTEL ; l’ l’ANTIC ; le CIRT ; les autorités judiciaires ; les forces de sécurité ; ainsi que les organisations de la société civile.
Développer une culture de responsabilité numérique
L’exposant insiste enfin sur la nécessité de construire :
• une culture du doute intelligent ;
• une culture de la vérification ;
• une culture de la responsabilité numérique ;
• un cyberespace fondé sur le respect, le dialogue et la cohésion sociale.
Dans l’ensemble, les participants ont formulé le vœu d’élaborer une première trame du guide de bonnes pratiques numériques. Ce qui constituerait l’un des principaux acquis du séminaire. L’outil, appelé à être consolidé et diffusé, devra servir de support pratique de sensibilisation, de veille citoyenne et de promotion du vivre-ensemble.
Par Jean Materne Zambo








