[DIGITAL Business Africa] – Trois administrations publiques clés du Cameroun autour d’une table pour décrypter un sujet névralgique. La finance technologique a été au centre des échanges au pavillon du Royaume-Uni ce 15 juin 2026. Le Haut-Commissaire de Grande-Bretagne au Cameroun, S.E Matt Woods, a présidé la conférence, qui a réuni étudiants, chercheurs, Fintechs basées au Royaume-Uni au Cameroun.
La sécurité des données des Fintechs et d’autres entreprises a été abordée par Philip Ewane, représentant de l’Agence nationale des Technologies de l’Information et de la communication (ANTIC). Le représentant de l’ ANTIC constate que plusieurs entrepreneurs ne connaissent pas certaines solutions cloud locales existantes.
Pourtant, selon lui, ces solutions offrent un certain niveau de sécurité. Beaucoup pensent qu’elles n’existent pas ou qu’elles ne sont pas suffisamment sécurisées. Philipe Ewane propose du benchmark aux entrepreneurs voulant héberger leurs données au Cameroun.
« Une première étape serait donc d’apprendre à évaluer les solutions locales, à effectuer une sorte de comparaison ou de référence (benchmark) afin de vérifier ce qui existe déjà avant de se tourner vers des solutions internationales supposées plus sûres. En réalité, il existe des solutions locales. Je ne fais pas ici la promotion des systèmes locaux disponibles, mais il est important de reconnaître leur existence », a-t-il dit.
Faute d’une réglementation des Fintechs au Cameroun, le représentant des douanes Alain Eba’a a indiqué que le Cameroun s’appuie sur la législation qui encadre la circulation des monnaies dans la sous-région, notamment le Règlement n°02/18/CEMAC/UMAC/CM de la BEAC.
Ce texte organise la libre circulation des espèces au sein de la communauté et encadre strictement les mouvements de devises et de capitaux vers l’extérieur. Le représentant des Douanes est convaincu que le Cameroun pourra adopter une réglementation propre aux fintechs.
Mais en attendant, ce vide juridique continue de favoriser le blanchiment de capitaux. Besong Becky, chargée d’études assistante à l’ a souligné que le Cameroun est placé sous surveillance renforcée par le Groupe d’Action financière (GAFI). D’où son inscription dans la liste grise des pays dont les dispositifs présentent des vulnérabilités et des risques pour le réseau mondial de lutte contre le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme. Un fléau alimenté, d’après Besong Becky, par les cryptomonnaies qui échappent encore au contrôle des banques centrales .
Pour sortir du tunnel, la représentante de l’ANIF recommande une évaluation rigoureuse des entreprises dédiées aux cryptomonnaies. Ainsi, il sera possible d’avoir l’information sur la personne qui envoie et la personne qui reçoit les actifs.
La problématique est certainement étudiée par le Comité de coordination des politiques nationales de lutte contre le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme et de la prolifération des armes de destruction massive (LBC/FT).
Le Comité joue un rôle clé dans la coordination, l’orientation, l’harmonisation, la mise en synergie des actions sectorielles visant à satisfaire, suivant un calendrier arrêté, les attentes contenues dans le plan d’actions convenu avec le GAFI. LANIF assure le secrétariat permanent du comité. Pour sa représentante, le Cameroun pourrait sortir de la liste grise d’ici la fin de l’année 2026 ou au premier trimestre de l’année 2027.
Par Jean Materne Zambo








