[DIGITAL Business Africa] – Le Cameroun tient ses champions pour la finale internationale du Prix Orange de l’Entrepreneur Social en Afrique et au Moyen-Orient (POESAM 2026). À l’issue de la grande finale nationale de la 16ᵉ édition, organisée ce 06 juillet 2026 au Best Western de Douala, le Grand Jury a dévoilé les quatre lauréats camerounais parmi les projets sélectionnés après trois semaines de compétition et 578 candidatures enregistrées.
Le premier prix revient à Juvis Anzia, porteuse du projet INTELLIBRA, une solution de dépistage précoce du cancer du sein.

Le deuxième prix est attribué à Isaac Touza et à NDEMRI, une innovation agritech conçue pour aider les agriculteurs à prendre de meilleures décisions, même sans connexion Internet.

Le troisième prix est attribué à Arolle Aguekeng, avec IDEM, une plateforme destinée à simplifier le parcours entrepreneurial.

Le Prix Spécial Féminin récompense Murielle Kombou Komga pour GAIACORE, une solution d’irrigation intelligente fondée sur l’intelligence artificielle, l’énergie solaire et le fonctionnement hors connexion.

Au total, les quatre lauréats se partagent 19,5 millions de F.CFA : 8 millions de F.CFA pour le premier prix, 4,5 millions de F.CFA pour le deuxième prix, 3,5 millions de F.CFA pour le troisième prix et 3,5 millions de F.CFA pour le Prix Spécial Féminin.
Ils bénéficieront également d’un accompagnement personnalisé de six mois à Orange Digital Center, avec un appui technique, entrepreneurial et financier pour accélérer la maturation de leurs solutions.
Une finale placée sous le signe de l’impact social
La cérémonie était présidée par Patrick Benon, directeur général d’Orange Cameroun, en présence de plusieurs acteurs majeurs de l’écosystème entrepreneurial, technologique et financier. Parmi les personnalités présentes figuraient notamment Abakal Mahamat, administrateur-directeur général de BGFIBank Cameroun, partenaire de référence de cette édition ; Rebecca Enonchong, vice-présidente de la Chambre de commerce internationale et membre du jury ainsi que Bony Dashaco, PDG de DASHACO Holdings, lui aussi membre du jury.
Dans un contexte où de nombreuses start-up camerounaises peinent encore à passer du prototype au marché, l’enjeu du POESAM dépasse la simple remise de prix : il s’agit d’identifier, de structurer, de financer et d’accompagner des solutions capables de répondre à des problèmes concrets.

Le POESAM, lancé par Orange en 2011, récompense les projets entrepreneuriaux qui utilisent les technologies numériques pour répondre à des défis sociaux et environnementaux en Afrique et au Moyen-Orient. Pour l’édition 2026, Orange a particulièrement encouragé les projets intégrant l’intelligence artificielle, la data ou la cybersécurité, avec un processus en deux phases : une sélection nationale dans chaque pays participant, puis une compétition internationale entre les lauréats nationaux.
Les autres finalistes : une génération de solutions ancrées dans les réalités camerounaises
Au-delà des quatre lauréats dont vous retrouvez le projet et leur porteur sur Digital Business Africa, la 16ᵉ édition du POESAM Cameroun a révélé une diversité de projets qui confirment la montée en puissance d’un entrepreneuriat technologique orienté vers les problèmes réels.
Dans l’agriculture et l’élevage, FARMEASE, porté par Olive Pélagie Tagne Youbi, s’inscrit dans la rationalisation des exploitations agropastorales. Le projet répond aux défis liés au suivi, à l’organisation et à l’optimisation des activités agricoles et pastorales.
Avec NDEMRI et GAIACORE, il montre que l’agritech camerounaise ne se limite plus à la simple mise en relation, mais cherche désormais à intégrer les données, l’automatisation et l’aide à la décision.
Dans le domaine de la santé, DAMU AI, porté par Francis Ngouana, s’attaque à la gestion des stocks de sang et à la mise en relation avec les donneurs. Le problème est connu : les banques de sang font face à des ruptures de stock, des difficultés de prévision, des délais de mobilisation et, parfois, une mauvaise adéquation entre les besoins des patients et la disponibilité des donneurs. En utilisant des algorithmes prédictifs, DAMU AI vise à améliorer la planification, à réduire les pertes et à accélérer la réponse en cas d’urgence.
Dans le domaine de l’accessibilité, BLIND AID, porté par Rudolf Ndelli Motombi, vise à sécuriser les déplacements des personnes malvoyantes grâce à la vision par ordinateur et aux capteurs.
Le projet répond à un défi quotidien : l’autonomie de mobilité dans des environnements urbains souvent peu adaptés aux personnes vivant avec un handicap visuel. Une telle solution peut faciliter les déplacements, réduire les risques d’accidents et renforcer l’inclusion dans les espaces publics, scolaires et professionnels.
Toujours dans l’optique de l’inclusion, INCLUSIGN, porté par Frédérique Yaka, propose une solution de traduction en temps réel en langue des signes grâce à des modèles de deep learning embarqués.
Le problème abordé est celui de la barrière de communication entre les personnes sourdes ou malentendantes et leur environnement. Dans les administrations, les écoles, les hôpitaux ou les entreprises, une telle solution peut contribuer à rendre les services plus accessibles.
Dans les transports et la logistique, MBOLECITY, porté par Abraham Atangana, s’intéresse à la mobilité urbaine et à la livraison locale. Le projet répond aux défis liés au déplacement, à l’organisation des courses, au suivi des livraisons et à l’optimisation du dernier kilomètre dans les métropoles.
Dans des villes marquées par les embouteillages, l’informalité des circuits logistiques et la croissance du commerce en ligne, ce type de solution peut améliorer l’efficacité des services de proximité.
Dans l’emploi, JOBBER 237, porté par Jaël Calvin Ngouzong N., vise à structurer l’accès aux services de proximité et à lutter contre le sous-emploi des jeunes. Le projet répond au besoin de faciliter la mise en relation entre les personnes qui recherchent des prestations ponctuelles et celles qui disposent de compétences disponibles. Dans un marché de l’emploi marqué par l’informalité, cette approche peut aider à rendre les compétences visibles, à créer de nouvelles opportunités et à professionnaliser les petits services.
Dans le domaine de l’éducation, LECALEPIN, porté par Karla Boland, propose de numériser le suivi administratif et pédagogique des établissements scolaires. La solution répond à des problèmes fréquents : gestion papier des informations, suivi dispersé des élèves, communication limitée entre les établissements et les parents, manque d’outils de pilotage pour les responsables scolaires. En numérisant ces processus, LECALEPIN peut contribuer à améliorer la gouvernance scolaire et la qualité du suivi pédagogique.
Dans l’environnement, IGLOBE AI, porté par Nestor Kindzeka, mobilise les données géospatiales pour la gestion des ressources naturelles. Le projet s’inscrit dans un contexte où les décideurs ont besoin de mieux suivre l’évolution des terres, des ressources, des zones à risque et des impacts environnementaux. L’usage de l’intelligence artificielle et des données géospatiales peut aider à mieux comprendre les territoires, à anticiper certains risques et à appuyer les politiques de gestion durable.
Une édition dominée par l’IA utile et le fonctionnement hors connexion
Un enseignement majeur se dégage de cette édition : les start-up camerounaises ne se contentent plus de reproduire des modèles numériques importés. Elles adaptent la technologie aux contraintes locales.
Plusieurs projets finalistes intègrent l’intelligence artificielle, mais une IA appliquée à des besoins concrets : dépistage du cancer, irrigation, conseil agricole, gestion du sang, accessibilité, langue des signes, environnement ou entrepreneuriat.
Autre tendance forte : le fonctionnement hors connexion. NDEMRI et GAIACORE montrent que l’innovation utile au Cameroun doit pouvoir servir les populations dans les zones où Internet est peu disponible, instable ou coûteux. Le numérique d’impact ne peut donc pas se limiter aux grandes villes. Il doit être conçu pour les agriculteurs, les patients, les écoles, les petites entreprises, les personnes handicapées et les communautés rurales.
Vers la finale internationale
Les quatre lauréats camerounais vont désormais représenter le pays en finale internationale du POESAM. Ils défendront leurs innovations face aux vainqueurs des autres pays d’Orange en Afrique et au Moyen-Orient. L’objectif est clair : porter haut les couleurs de l’entrepreneuriat camerounais et démontrer que les solutions développées localement peuvent relever des défis africains majeurs.
Pour Orange Cameroun, cette édition confirme le rôle stratégique d’Orange Digital Center en tant que plateforme d’accompagnement des talents, de maturation des projets et de connexion entre start-ups, grandes entreprises, institutions, investisseurs et experts.
Pour l’écosystème camerounais, elle rappelle surtout une évidence : l’innovation devient réellement transformatrice lorsqu’elle part des problèmes du terrain.
Avec INTELLIBRA, NDEMRI, IDEM et GAIACORE, le Cameroun envoie à la finale internationale quatre projets portant sur la santé, l’agriculture, l’entrepreneuriat, l’eau, l’intelligence artificielle, l’inclusion et la souveraineté numérique.
Quatre projets différents, mais portés par une même ambition : utiliser la technologie pour résoudre des problèmes concrets et améliorer durablement la vie des populations.
Par Digital Business Africa









