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Maroc : 1,8 milliard de dollars de chiffre d’affaires pour Maroc Telecom au 1er semestre 2020

[Digital Business Africa] – Au Maroc, l’opérateur Maroc Telecom a rendu publics ses résultats pour le compte du premier semestre 2020. Des performances globalement à la hausse, avec un chiffre d’affaire de 1,8 milliard de dollars. Ce qui représente une hausse de 2,7% par rapport à la même période en 2019.

D’après l’opérateur, cette belle performance réalisée durant la crise sanitaire liée à la pandémie de la Covid 19 est attribuable au segment Data mobile, qui a particulièrement été sollicité durant la période de confinement, tout comme le Data Fixe qui a également progressé au Maroc. Aussi, les services de mobile Money en nette progression à l’international ont contribué à consolider les résultats de l’opérateur.

Dans le sillage de la progression du chiffre d’affaire, Maroc Telecom a également vu son parc d’abonné croître, pour atteindre 68,4 millions de client au premier semestre de 2020, en augmentation de 9,1% par rapport à la même période un an plus tôt. Une performance qui provient en partie de l’intégration de Tigo Tchad dans le giron du Groupe depuis le 1er juillet 2019.

Ecrit par Jephté TCHEMEDIE

Zimbabwe : Accusé de blanchiment d’argent, l’opérateur Econet nie tout en bloc

[Digital Business Africa] – Au Zimbabwe, le principal opérateur de téléphonie mobile, Econet Wireless, a nié le 20 juillet 2020 une accusation de blanchiment d’argent et a qualifié ‘‘d’illégal’’ un mandat de perquisition émis par la police. En effet, au moment d’émettre le mandat, la police zimbabwéenne avait déclaré qu’elle enquêtait sur des soupçons de blanchiment d’argent. Les enquêteurs avaient demandé à l’opérateur de leur divulguer les détails des clients et les enregistrements de toutes les transactions effectuées au cours du premier semestre 2020.

“Le mandat de perquisition et de saisie est illégal et constitue une violation du droit du requérant à la vie privée ainsi que du droit à la vie privée des abonnés du requérant”, explique le directeur général d’Econet Wireless, Douglas Mboweni (photo), dans des documents déposés à la Haute Cour. Il ajoute : “Les warrants sont calculés pour enrager les abonnés d’Econet et les conduire vers d’autres opérateurs de téléphonie mobile”.

Dans la foulée, Douglas Mboweni a déclaré qu’un haut responsable du parti ZANU-PF au pouvoir a accusé Econet Wireless et la compagnie d’assurance Old Mutual d’être à l’origine de la baisse de la valeur du dollar zimbabwéen. Ainsi, Chris Mutsvangwa, un ancien ministre, est récemment apparu à la télévision menaçant Econet d’une action similaire au coup d’État militaire de 2017 qui a évincé le dirigeant de longue date Robert Mugabe.

La référence au coup d’État trahit un programme visant à détruire Econet et à le retirer de sa position de leader sur le marché au profit d’un autre opérateur“, maintient Douglas Mboweni. Il ajoute que “ce que fait le mandat de perquisition et de saisie, c’est de criminaliser la nation tout entière et d’enfreindre le droit à la vie privée et à la dignité de toute la nation sans aucune raison valable“.

Le mois dernier, le gouvernement a brusquement suspendu les transactions d’argent mobile fournies par les opérateurs de téléphonie, la plate-forme la plus utilisée pour effectuer et recevoir des paiements dans ce pays en crise.

Le porte-parole du gouvernement Nick Mangwana a accusé les plates-formes de transfert d’argent mobile d’être à l’origine de l’inflation galopante, et a déclaré que le gouvernement avait la preuve que les fournisseurs de services téléphoniques étaient impliqués dans des activités illicites qui sabotaient l’économie. Le gouvernement a également suspendu le commerce à la bourse du pays, qu’il a accusé d’être complice d’activités financières illicites.

Ecrit par Jephté TCHEMEDIE

Côte d’Ivoire : MTN va s’offrir un nouveau siège à 20 milliards de F Cfa

[Digital Business Africa] – En Côte d’Ivoire, la filiale locale du groupe de télécommunications MTN a annoncé à la fin juin 2020 son projet de se doter d’un nouveau siège dans la capitale Abidjan. A cet effet, elle a signé avec le groupe Teyliom, un contrat pour la construction de ce siège à Port-Bouët dans le sud d’Abidjan pour un coût total de 20 milliards FCFA. Il sera situé dans la nouvelle zone « Akwaba Business Park» non loin de l’aéroport international Félix Houphouët-Boigny d’Abidjan.

Pour le Directeur général de MTN Côte d’Ivoire, Djibril Ouattara (photo), « ce nouveau siège répondra aux normes les plus rigoureuses au monde en matière de construction durable et de bien-être de ses occupants». 

Sur les spécificités du projet, on apprend de MTN Côte d’Ivoire que son nouveau siège sera bâti sur 1,5 hectare. Les travaux devraient débuter en décembre 2020 pour une durée d’environ 20 mois.

Ecrit par Jephté TCHEMEDIE

Cameroun : Voici Syampe, le système d’agrégation qui permet désormais de payer les impôts en ligne via tous les moyens de paiement électronique

[Digital Business Africa] – Au Cameroun, outre les cartes bancaires, il est désormais possible de payer ses impôts via mobile money, le moyen de paiement le plus utilisé par la population.

L’annonce est de la Direction générale des impôts (DGI) qui informe de la mise sur pied du Syampe, le Système d’agrégation des moyens de paiements de l’État.

Sur le site web de la Direction générale du budget (DGB), il est précisé que SYAMPE permet non seulement au contribuable de contrôler pleinement ses frais de contribuable sans se déplacer vers les administrations compétentes pour les suivis, mais elle vous fournit également des relevés sécurisés, automatiques et authentifiées de toutes les opérations fiscales et non fiscales. « Ce qui représente un gain en temps considérable tout en mettant à votre disposition un module de tous les moyens de paiement unifiée à disposition sur une seule plateforme. La facilité du tout en un », explique la DGB.

Pour la DGI, « ce nouveau portail de gestion des transactions gouvernementales s’adresse aux chefs d’entreprise, aux commerçants, aux étudiants, aux employés ou à toutes les autres professions confondues. Le but de cette plateforme numérique est de mettre à disposition des contribuables tous les moyens de paiement unifié et ainsi faciliter le paiement des taxes fiscales et non fiscales, le tout de manière simple, sécurisée et authentifiée ».

Syampe

Sur la plateforme Syampe qui se réclame simple d’utilisation, les nouveaux usagers peuvent utiliser un tutoriel pour se familiariser. Déjà, il existe deux processus pour effectuer un paiement sur cette plateforme. Le premier, via le paiement direct. Le contribuable ne dispose pas nécessairement d’un compte utilisateur. Le second implique la création d’un compte utilisateur sur la plateforme SYAMPE.  Une fois connecté, le contribuable a un accès direct à son espace de contribuable où il trouvera des notifications, son profil d’utilisateur ainsi qu’un tableau de bord et tous les services qui l’accompagne. 

Aussi, le contribuable a à sa disposition un ensemble d’outils qui leur permet d’accéder à l’historique et de suivre leurs situations et leurs opérations fiscales. Ils peuvent également faire des réclamations directement depuis la plateforme. Pour les télédéclarations, les contribuables camerounais peuvent déjà se connecter en ligne via l’url http://teledeclaration-dgi.cm/

Ecrit par Jephté TCHEMEDIE

Télécoms : Avec une pénétration mobile de 62%, le Kenya se pose en leader de l’Afrique de l’Est

[Digital Business Africa] – En Afrique de l’Est, difficile de faire sans le Kenya, notamment dans le secteur de la téléphonie mobile. D’après l’opérateur Airtel Africa, présent dans plusieurs pays de la sous-région, le Kenya possède un taux de pénétration mobile de 62%. Ce qui fait le lui le pays disposant du plus fort taux de pénétration mobile, devant la Zambie (54%), la Tanzanie (49%), le Nigeria (45%), l’Ouganda (42%) et la République démocratique du Congo (39%).

A l’intérieur même du marché kenyan, le régulateur indique un taux de pénétration du mobile à 114,8% au cours du trimestre clos en décembre 2019. Ce qui se justifie par l’enregistrement de plusieurs cartes SIM par abonné auprès des opérateurs concurrents. Logiquement, ces abonnés entendent bénéficier des prix les plus bas des offres concurrentiels de différents opérateurs.

Toujours est-il que cette situation souligne le fort potentiel de ce marché, qui est en soi une grosse opportunité de croissance pour les fournisseurs de services mobiles.

Ecrit par Jephté TCHEMEDIE

Cameroun : Une « incompréhension » avec le partenaire sud-coréen retarde le projet de passation des marchés publics en ligne « E-procurement »

[Digital Business Africa] – Au Cameroun, le projet « E-procurement » qui vise la mise en service d’une plateforme de passation en ligne des marchés publics piétine. Alors que le mémorandum d’entente entre la partie camerounaise et sud-coréenne a été signé depuis novembre 2018, la seconde phase du projet n’est toujours pas engagée.

La faute, d’après une note du ministère de l’Economie à « une incompréhension de la part de l’ambassade de Corée relativement aux procédures internes du Cameroun qui exigent la signature des documents contractuels “Arrangement” pour chaque phase du projet ».

Cependant, le Minepat affirme que l’incompréhension a été levée, ou du moins, est en train de l’être, à la suite d’une réunion d’urgence tenue le 14 juillet 2020, et présidée par le secrétaire général du ministère des Marchés publics.

Il a notamment été décidé au cours de celle-ci que le ministère des Marchés publics doit désormais travailler en étroite collaboration avec l’agence de développement de la Corée, la Koica.

De cette collaboration, un draft de protocole d’accord co-signé de la partie coréenne et camerounaise sera soumis à l’ambassade de Corée avant le 10 août 2020 pour pouvoir insérer le projet dans le budget de l’exercice 2021.

Ecrit par Jephté TCHEMEDIE

Algérie : L’ancien ministre des télécoms Moussa Benhamadi décédé en détention des suites de la Covid 19

[Digital Business Africa] – En Algérie l’ancien ministre des Télécommunications Moussa Benhamadi qui a effectué son mandat sous Abdelaziz Bouteflika est décédé le vendredi 17 juillet 2020 des suites de la Covid 19, alors qu’il se trouvait en détention préventive.

D’après son frère Hocine Benhamadi qui s’exprimait chez nos confrères du quotidien Liberté en dénonçant le manque de suivi médical dont aurait normalement bénéficié l’ancien ministre, « Moussa Benhamadi est décédé vendredi. Il avait contracté le virus le 4 juillet et ce n’est que le 13 du même mois qu’il a été évacué en urgence vers un hôpital à Alger ».

L’ancien ministre Moussa Benhamadi avait été placé en détention préventive dans la prison d’El Harrach le 19 septembre 2019. Il est accusé avec son frère Abderahmane lui aussi en détention préventive de corruption.

Ceci, dans le cadre d’une affaire de corruption liée au groupe familial spécialisé dans le montage de produits électroniques Condor Electronics. Il subit ainsi les conséquences de la vaste enquête anti-corruption lancée par la justice algérienne sous la pression du mouvement anti régime « Hirak », qui vise notamment les barons de l’ancien régime d’Abdelaziz Bouteflika.

Ecrit par Jephté TCHEMEDIE

Soudan : L’armée va traquer les militants et journalistes qui l’insultent sur Internet

[Digital Business Africa] – Au Soudan, l’armée a annoncé ce 18 juillet 2020 qu’elle allait désormais poursuivre en justice les journalistes et militants qui “l’insultent”. Dans un communiqué, elle affirme que “des actions légales pourront être engagées contre des militants, journalistes et autres, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du pays“, s’ils insultent l’armée.

Dans la foulée de cette annonce, l’armée dit avoir nommé un officier spécialisé dans la cybercriminalité qui sera chargé de traquer sur Internet toute personne qui tient des propos insultants contre elle.

Pour justifier cette décision, l’armée évoque “sa patience qui est à bout face aux insultes et aux accusations dont elle est l’objet et qui s’inscrivent dans un plan visant à porter atteinte à l’armée et au système de sécurité” soudanais.

Cette annonce ne devrait pas calmer les tensions et la méfiance entre la population soudanaise et son armée. Ceci, alors même que des militants accusent régulièrement l’armée de ne pas avoir protégé des manifestants qui s’étaient installés pour un sit-in devant le siège de l’armée en avril 2019, réclamant d’abord la destitution de Omar El Béchir, l’ancien président, puis le transfert du pouvoir aux civils. 

Ecrit par Jephté TCHEMEDIE

Valentin MBOZO’O : « Avec GIMACPAY, un client Orange Money peut transférer de l’argent directement dans le compte d’un client MTN Mobile Money en zone CEMAC »

[Digital Business Africa] – Sous l’impulsion de la Banque des Etats de l’Afrique centrale (BEAC), le Groupement interbancaire monétique de l’Afrique centrale (GIMAC) a annoncé ce 09 juillet 2020 le lancement de GIMACPAY. Un écosystème convergent carte, mobile et transfert d’argent.

A ce jour, GIMACPAY a déjà traité 3500 transactions de monétique intégrale, pour un montant cumulé de 85  millions de francs Cfa par jour.

Ainsi donc, le GIMAC a entamé la commercialisation des services de la monétique intégrale à l’issue d’une phase pilote à laquelle participaient la CBC, la BGFIBank Gabon, la BICEC, UBA, Airtel Gabon, MTN Cameroon, ORANGE Cameroun, la CCEI Bank, la NFC Bank, la BSCA Bank, le CCA BANK, Express Union, TERRAPAY, MAVIANCE,  et durant laquelle plus d’une centaine de milliers de transactions mobiles ont été traitées avec succès pour un montant cumulé de plus de 1,7 milliards de francs Cfa.

Les populations de la CEMAC peuvent donc utiliser les services financiers des institutions suscitées, en vue de transférer de l’argent du compte mobile d’un opérateur X au compte mobile d’un autre opérateur Y ; ou encore d’un compte mobile vers un compte bancaire et vice-versa (wallet to wallet).

Plus encore, les populations de la sous-région pourront effectuer des achats de biens et de services chez des commerçants affiliés, retirer de l’argent sur les distributeurs automatiques de banques à l’aide d’un code (voucher) et aussi recevoir des transferts internationaux dans leurs comptes mobiles ou bancaires (rémittence).

A ce jour, le réseau monétique intégrale GIMAC compte 54 participants, 800 000 cartes GIMAC et internationales VISA, Mastercard, UPI, 18 millions de comptes mobiles, plus de 1300 GAB et de 1000 TPE.

Pour en savoir plus sur ce nouveau système de paiement et de transfert, Digital Business Africa a rencontré Valentin Mbozo’o, le Directeur général du Gimac. Dans cet entretien avec Beaugas Orain DJOYUM, il donne plus de détails sur les fonctionnalités de GimacPay.

Valentin Mbozo’o explique la future interopérabilité des paiements mobiles en zone F.Cfa [Vidéo]
Valentin Mbozo’o, Directeur général du Gimac : Favoriser l’interopérabilité intégrale en zone Cémac.

Digital Business Africa : Sous l’impulsion de la Banque des Etats de l’Afrique Centrale (BEAC), vous venez de lancer un écosystème convergent carte, mobile et transfert d’argent baptisé GIMACPAY. A quoi servira-t-il ?

Valentin Mbozo’o : Avant l’avènement de l’écosystème GIMACPAY, chaque univers monétique fonctionnait de manière cloisonnée, à savoir la carte avec les banques, le mobile avec les opérateurs du Mobile Money et le transfert d’argent avec les  Sociétés de Transferts d’Argent (STA). A cela, sont venus s’ajouter des FinTech pour se frayer un chemin dans ce paysage de la finance digitale.

GIMACPAY permet désormais à l’ensemble de ses acteurs d’inter-opérer d’une manière sécurisée et de fédérer aussi bien les canaux que les instruments de paiement.

Digital Business Africa : Concrètement, cela veut dire quoi pour le citoyen de l’Afrique centrale?

Valentin Mbozo’o : L’environnement GIMACPAY permet à un client d’un opérateur mobile de transférer de l’argent vers un client d’un autre opérateur mobile du Cameroun, si ce n’est à l’échelle des cinq autres pays de la CEMAC. L’environnement GIMACPAY permet de recevoir de l’argent venant hors de l’espace CEMAC d’une Société de transfert d’argent (STA) directement dans son compte bancaire ou mobile ; de retirer de  l’argent sur des distributeurs automatiques avec ou sans carte bancaire ; de payer des factures d’eau, d’électricité, de téléphone, des services E-Gov (impôts, taxes divers, etc.), si ce n’est auprès de tout autre marchand déclaré dans l’écosystème, pour ne citer que ces services parmi  les plus courants.

Comme il est loisible de le constater, l’environnement GIMACPAY est un bouquet de solutions digitales de paiement électronique, source de distanciation sociale par ces temps de Covid-19, d’accentuation de l’inclusion financière et d’intégration nationale et sous régionale.

Il apporte comme innovation en grande première en Afrique, le décloisonnement des transactions Mobile Money entre tous les opérateurs mobiles de la sous-région ainsi que l’intégration des transferts d’argent, à l’exemple de ce qui se faisait déjà depuis fort longtemps avec la carte bancaire. En d’autres termes, GIMACPAY assure une parfaite convergence des transactions cartes, mobiles et transferts d’argent.

Digital Business Africa : Quels problèmes GIMACPAY vient-il résoudre ?

Valentin Mbozo’o : GIMACPAY apporte comme spécificité le décloisonnement des plateformes de paiement existantes en technologies cartes et mobiles, accentuant ainsi la vulgarisation des services financiers digitaux pour une plus grande inclusion financière.

Pour le volet mobile, cela se traduit par la transformation du compte mobile en un compte universel inter-opérant non seulement avec les comptes mobiles d’autres opérateurs, mais aussi en grande  première en Afrique, tout aussi avec les comptes bancaires.

S’agissant de la carte bancaire, en plus des transactions cartes GIMAC, le Groupement assure désormais le processing des transactions cartes internationales VISA, Mastercard et UPI effectuées dans l’espace CEMAC, émises par les banques de ladite aire géographique, ainsi que la compensation et le règlement localement en Francs CFA.

GIMACPAY développe le paiement avec le mobile à travers la technologie QR Code, ainsi que via les terminaux électroniques traditionnels.

Ce nouvel environnement constitue une avancée majeure appelé à réduire l’utilisation des devises tout en régulant les opérations monétiques effectuées dans la CEMAC.

Valentin Mbozo'o DG GIMAC Pay
Valentin Mbozo’o, DG du GIMAC.

Grâce à la plateforme GIMACPAY un client Orange Money pourra transférer de l’argent directement dans le compte mobile d’un client MTN Mobile Money, disponible dans le menu dudit opérateur et après avoir saisie le numéro du bénéficiaire, le montant et son code secret.Valentin Mbozo'o

Digital Business Africa : Le Gimac parle de «commercialisation des services de la monétique intégrale». Pourquoi commercialisation de ce service ?

Valentin Mbozo’o : Il faut comprendre le mot commercialisation ici en termes de phasage dans la mise en œuvre d’un nouvel environnement, la phase commercialisation étant celle qui suit la phase pilote de la monétique intégrale qui s’est faite avec plus de quatorze (14) participants de différents pays de la CEMAC.

Pendant la phase pilote, le système a été éprouvé sur tous les angles, aussi bien en montée en charge et en volumétrie,  que sur la fiabilité et l’intégrité des transactions sous régionales.

A toutes fins de certification de des plateformes de processing, plus de 100 000 transactions pour un montant cumulé de près de 2 milliards de FCFA, ont été traitées sans soucis majeur.

C’est ainsi qu’au terme de cette phase pilote très éprouvante en terme de nouveaux apprentissages et d’ajustements des environnements au départ non préparés à ce type d’évolution, on est passé à la phase dite de commercialisation permettant aux Banques, aux établissements de microfinance et aux opérateurs mobiles de mettre à la disposition des populations de l’ensemble des pays de la sous-région,  les services de la monétique intégrale.

Digital Business Africa : Combien cela va-t-il coûter ? ou bien quel est le coût estimatif de cette opération ?

Valentin Mbozo’o : Les services offerts par l’écosystème GIMACPAY participent à la vulgarisation de l’usage des paiements digitaux dans la  sous-région, et se veulent à la portée du plus grand nombre, permettant ainsi à chaque citoyen de la CEMAC d’en bénéficier.

A titre d’illustration, le coût d’un transfert transfrontalier intra CEMAC se situe en deçà des commissions habituellement pratiqué par les Sociétés de transfert d’argent (STA).

Digital Business Africa : Concrètement, comment le citoyen Lamda utilise GIMACPAY ?

Valentin Mbozo’o : GIMACPAY est l’écosystème qui fédère les acteurs de la chaine de paiement. Concrètement, le client d’un opérateur mobile va utiliser les services GIMACPAY via l’outil dont il dispose à travers les menus USSD dudit opérateur. Pour les clients bancaires, cela se fera grâce à une application Mobile Banking de la banque.

Ainsi, grâce à la plateforme GIMACPAY un client Orange Money pourra  transférer de l’argent directement dans le compte mobile d’un client MTN Mobile Money, disponible dans le menu dudit opérateur et après avoir saisie le numéro du bénéficiaire, le montant et son code secret.

Sans avoir besoin d’expliciter l’utilisation de chacun(e) de la douzaine de types de transactions offertes par GIMACPAY, le principe régissant l’ergonomie de la mise en œuvre des services de l’écosystème s’est voulue simple et facile pour quelque utilisateur que ce soit.

Gimac pay

Digital Business Africa : Le Gimac indique que dans la phase pilote de ce projet, la CBC, la BGFIBank Gabon, la BICEC, UBA, Airtel Gabon, MTN Cameroon, ORANGE Cameroun, la CCEI Bank, la NFC Bank, la BSCA Bank, le CCA BANK, Express Union, TERRAPAY et  MAVIANCE ont participé à la phase test. Pourquoi seulement les trois opérateurs télécoms Airtel Gabon, MTN Cameroon, ORANGE Cameroun ?

Valentin Mbozo’o : Le GIMAC étant une institution à vocation sous régionale, en charge de la mise en œuvre de la monétique intégrale, il fallait assurer la représentation communautaire parmi les participants de la phase pilote. Ces trois opérateurs étant des succursales de grands groupes mobiles présents dans plusieurs pays de la CEMAC, il nous a semblé judicieux de les associer à cette première phase du projet.

La finalité de la mise en œuvre de la monétique intégrale portant sur l’intégration de l’ensemble des acteurs du paiement et de la dépense dans l’écosystème GIMACPAY, l’arrimage du restant des acteurs banques, établissement de micro finance, opérateurs mobiles, STA, agrégateurs, FinTechs est activement en cours avec pour objectif l’intégration du plus grand nombre d’ici la fin de l’année 2020.

Digital Business Africa : Que faut-il précisément pour que les autres opérateurs mobiles de la sous-région intègrent cette solution GIMACPAY ?

Valentin Mbozo’o : Permettez-moi de rappeler que le projet a pour vocation de connecter l’ensemble des acteurs du paiement dans la CEMAC, conformément à la mise en œuvre de l’instruction du gouverneur de la banque centrale N° 001/GR/2018.

Aussi, n’avons-nous pas attendu la fin de la phase pilote pour démarrer au mois de mai 2020, l’intégration de l’ensemble des acteurs du Mobile Money, avec des projets déjà très avancés. On peut citer YUP de Société générale, Airtel Tchad, MTN Congo, Airtel Congo et Orange Centrafrique, appelés à rejoindre d’ici septembre 2020 ceux déjà opérationnels dans GIMACPAY.

Les discussions continuent avec le restant des opérateurs afin que ceux-ci saisissent cette belle opportunité pour renforcer leur offre de services, mais aussi pour se conformer avec la règlementation.

Dans la même veine, un grand nombre de projets d’intégration des banques, des micros finances et des FinTechs est en cours, ceci dans l’optique d’intégrer le plus grand nombre de participants au système d’ici la fin de l’année 2020.

Digital Business Africa : Quels sont les chiffres actuels qui font  le réseau monétique intégrale GIMACPAY ?

Valentin Mbozo’o : A titre d’illustration et sans avoir véritablement communiqué sur ces nouveaux services, GIMACPAY traite actuellement 3500 transactions monétique intégrale, pour un montant cumulé de FCFA  85  millions par jour.

Il va s’en dire qu’avec la stratégie engagée depuis le lancement le 10 juillet 2020 de la phase commercialisation, ainsi que celle à la clientèle parallèlement menée par les participants déjà opérationnels, il y aura une évolution significative de ces chiffres au fur et mesure.

Propos recueillis par Beaugas Orain DJOYUM

Le TCHAD aura besoin de 1 452 milliards de Francs CFA pour financer son Plan stratégique de développement du numérique 2020-2030 validé

[Digital Business Africa] –  Le Tchad vient de se doter de son Plan stratégique de développement du numérique et des postes 2020-2030. Un atelier national de validation organisé par le ministère des Postes et de l’Economie numérique s’est tenu du 15 au 16 juillet 2020 à N’Djamena. Au cours de cette rencontre présidé par le ministre Dr Idriss Saleh Bachar, ce plan a été validé. Il faudra rassembler au total un financement prévisionnel de 1 452 993 105 112 F CFA à l’horizon 2030.

C’est un document volumineux de 346 pages qui servira de feuille de route dans la décennie 2020-2030 pour le développement de l’économie numérique du Tchad.

Comprenant neuf axes stratégiques, le document a été rédigé initialement par un haut comité mis en place par un Arrêté du ministre des Postes et l’économie numérique, puis révisé et adopté  par un cabinet d’experts internationaux dans les TIC en vue de sa validation, d’où l’objet de cet atelier national.

Ce sont au total neuf thèmes d’exposés correspondant aux neuf axes stratégiques et trois panels qui ont été retenus et débattus lors de cette assise. Les discussions ont donné lieu à des échanges enrichissants assortis d’un certain nombre d’observations et recommandations (14 plus précisément).

Tchad atelier validation plan stratégique du Tchad Dr Idriss Saleh Bachar et Cie a

Les participants à l’atelier national de validation du plan stratégique de développement du numérique et des postes 2020-2030 tout en reconnaissant l’importance du document soumis à la validation, ont examiné toute la vision stratégique déclinée en six (06) objectifs globaux dont l’atteinte repose sur sept (07) objectifs stratégiques conduisant à définir neuf (09) axes stratégiques.

Ces derniers comportent trente (30) programmes totalisant soixante-dix-neuf (79) projets desquels découlent deux cent soixante-dix-sept (277) sous-projets..

Découpée en deux (02) plans quinquennaux, sa mise en œuvre prévoit des mécanismes opérationnels et de suivi et évaluation.

Dr Idriss Saleh Bachar et Cie a
Le ministre Dr Idriss Saleh Bachar et Cie lors de l’ouverture de l’atelier de validation du PSDNP

C’est pour la troisième fois que le Tchad met en place Plan Stratégique de développement du Numérique, couplé au développement du secteur des Postes. Cette stratégie élaborée pour fixer de nouveaux caps au développement du secteur numérique devra être soutenue énergiquement par l’ensemble des acteurs dudit secteur, par les politiques, par les partenaires techniques et/ou financiers et par la population.

En outre, il faut noter que le PSDNP 20-30 est une retombée du forum Tchad Numérique tenu à N’Djamena en juillet 2019 qui avait pour but final de faire le bilan de 20 années de réforme du secteur des postes et télécommunications et de l’économie numérique en vue de projeter sa redynamisation sur une décennie.

Sous le haut patronage du Maréchal du Tchad, Idriss DEBY ITNO, l’atelier national de validation du Plan Stratégique de Développement du Numérique et des Postes 2020-2030 a mobilisé une cinquantaine d’experts en visioconférence et 121 participants en présentiel.

Par Josué Nékoura Koumnobeye

@JokyLaDoxa, Correspondant spécial résident à N’Djamena

« Une information erronée véhiculée, inconsciemment ou à dessein dans les réseaux sociaux, peut faire vaciller toute une vie, tout un pays ! »

[Digital Business Africa] – Le ministre de la Communication du Cameroun, René Emmanuel Sadi, et son collègue des Postes et Télécommunications, Minette Libom Li Likeng, ont animé une conférence de presse ce 13 juillet 2020 au Ministère de la Communication à Yaoundé. Thème à l’ordre du jour : « Dérives médiatiques, la désinformation, le discrédit de l’action gouvernementale et des hautes personnalités dans les réseaux sociaux ». Ici, la déclaration liminaire de la ministre Minette Libom Li Likeng.

  • Monsieur le Ministre de la Communication
  • Mesdames et Messieurs les journalistes

        Permettez-moi de remercier au préalable le Ministre de la Communication de m’avoir associé à cette conférence de presse consacrée à un sujet d’importance capitale, à savoir les dérives médiatiques, la désinformation et le discrédit de l’action gouvernementale et des hautes personnalités nationales et étrangères dans les réseaux sociaux.

En d’autres termes, nous dirons que cette rencontre avec la presse est consacrée aux actes de cybercriminalité et de cyber délinquance, terminologie employée pour désigner l’ensemble des infractions pénales commises via les réseaux informatiques, notamment sur le réseau internet, portant atteinte aux biens et aux personnes.

        S’agissant spécifiquement du sujet qui nous concerne, à savoir, les atteintes aux personnes dans les réseaux sociaux au Cameroun, il convient tout d’abord nous attarder sur le concept de « réseau social », d’en relever les avantages et inconvénients, les dérives constatées au Cameroun, avant de présenter les mesures réglementaires encadrant leur utilisation. Nous terminerons par l’action du Gouvernement pour lutter contre les dérives cybercriminelles à travers les réseaux sociaux au Cameroun.

  1. RÉSEAUX SOCIAUX, AVANTAGES ET INCONVÉNIENTS

De manière simplifiée, un réseau social est un ensemble d’individus ou d’organisations reliés par un groupe d’applications en ligne, fondées sur la philosophie et la technologie du net, et permettant la création, le partage et la discussion du contenu généré et diffusé par les utilisateurs.

Le réseau social trouve ses origines dans les forums, groupes de discussion et salons de chat, introduits dès les premières heures d’Internet. Plusieurs types de réseaux sociaux sont utilisés à travers le monde, dont les plus connus au Cameroun sont WhatsApp, Facebook, Twitter, Instagram, LinkedIn, YouTube.

Créés pour un but noble, qui est celui de véhiculer et de partager l’information en temps plus ou moins réel, ces réseaux apportent également de nombreuses dérives dans notre société.

Les réseaux sociaux jouent un rôle important dans la vie quotidienne. En effet, à l’ère de l’économie numérique, le rôle des réseaux sociaux dans la diffusion et la circulation de l’information et des images dans l’espace public est devenu capital.

C’est un moyen gratuit et facile de communication avec les amis, la famille, partout dans le monde de manière instantanée. On peut y partager, pensées, messages, photos, et autres vidéos, à l’aide d’un simple clic.

C’est également aujourd’hui un outil utile pour le travail quotidien dans les Administrations, organisations et entreprises car, il permet un contact direct avec les employés et les clients. Ils sont en outre des moyens efficaces de publicité.

        Outils de veille de publication ou de promotion, les réseaux sociaux s’imposent de plus en plus dans le quotidien des hommes de média, permettant de mesurer l’efficacité d’un article et de déceler les tendances ou produire de nouveaux contenus.

        Pour les jeunes d’aujourd’hui, utiliser les réseaux sociaux représente l’une des activités les plus courantes tant pour leurs apprentissages que pour des besoins de loisir.

Chaque évolution est porteuse d’opportunités mais aussi de risques, que ce soit pour les individus les organisations publiques et privées ou l’Etat et la société. Tous les acteurs de l’internet peuvent agir de manière bienfaisante et/ou malveillante, loyale et/ou déloyale.

Ainsi, bien que plusieurs avantages découlent des réseaux sociaux, les inconvénients et les dangers qui en résultent sont aussi nombreux que variés. Dans les réseaux sociaux, presque tout est virtuel (les amis, les interactions, l’argent, …). Une seule chose est sûre, les dangers sont bien réels. Nous citerons entre autres :

  • Addiction : les utilisateurs passent plusieurs minutes, voir plusieurs heures sur les réseaux sociaux, entrainant des répercutions sur les autres activités de la vie humaine ;
  • Exposition de la vie privée : les utilisateurs ont tendance à exposer leur vie sur les réseaux sociaux. A titre d’exemple, leurs profils sont représentés par des photos de toutes sortes qui sont ainsi exposées sur la place publique ;
  • Perte de la propriété des données échangées : tout ce que l’on publie sur le mur ou la page web de son réseau social (photos, vidéos, écrits, etc.), ne vous appartient vraiment plus après le clic. Ce qui n’est pas sans conséquences sur votre vie future. Chaque utilisateur gagnerait donc à faire attention à ce qui est mis sur ces réseaux sociaux. (En effet, il est possible qu’un employeur puisse faire des recherches approfondies sur un employé, et tomber sur des vieilles photos compromettantes datant de plusieurs années).
  • Usage du faux : il est possible de créer de faux profils afin d’usurper la personnalité d’autrui ou pour toute autre raison. Avec les réseaux sociaux, c’est facile de tricher lorsqu’on se crée un compte. On peut inventer toutes les informations et se créer une fausse identité. Cette fausse identité met la personne sous anonymat, ce qui peut engendrer plusieurs problèmes. (Il importe alors d’être très vigilant car dans ce cas, on ne peut facilement savoir qui est l’interlocuteur derrière l’écran d’ordinateur).
  • Vol d’identité : l’un des dangers des réseaux sociaux est de ne pas protéger correctement la confidentialité de votre profil, car le vol d’identité est très courant. Alors, il faut limiter l’accès de votre profil qu’aux amis sinon les cybercriminels auront accès à toutes les informations du profil de l’utilisateur telles que noms, prénoms, adresse et numéro de téléphone, ainsi que les centres d’intérêts, etc. ;
  • Harcèlement et Cyberintimidation : Les informations recueillies à travers les réseaux sociaux favorisent ces délits qui font beaucoup de victimes ;
  • Désinformation : les réseaux sociaux sont souvent utilisés pour véhiculer des informations erronées engendrant souvent des conséquences néfastes sur les individus ou les institutions.

Quoiqu’il en soit, la mauvaise utilisation de ces réseaux sociaux malheureusement, parce qu’elle porte atteinte aux biens et aux personnes, constitue une menace grave pour les individus, les entreprises et les Etats.

Et le Cameroun n’est pas épargné par cette vague déferlante que constituent les réseaux sociaux. Autant les réseaux sociaux contribuent à l’essor de l’économe numérique si chère au Président de la République et au développement économique social et culturel, autant leur utilisation malveillante, aux fins de désinformation et de distorsion de la réalité, est de nature à créer la psychose au sein de l’opinion publique et à rompre l’équilibre social.

Elle met en péril la sécurité nationale, l’économie, la cohésion sociale, la démocratie, la santé, la culture et nos différents modes de vie.

  1. DERIVES MEDIATIQUES ET DESINFORMATION SUR LES RESEAUX SOCIAUX AU CAMEROUN  

Au regard de l’actualité qui a cours au Cameroun, les réseaux sociaux sont devenus de véritables outils de désinformation, d’intimidation, d’appel à la haine, aux meurtres, à la violence. Cette désinformation émane généralement des individus, dont le but est de nuire justement à la réputation des individus ou des institutions de la République.

Le cycle politique ouvert depuis les élections présidentielles, a particulièrement été significatif s’agissant du recours à l’usage des réseaux sociaux par les citoyens.

La période s’avère aussi propice à toutes sortes de manipulations, notamment la diffusion d’éléments à la véracité incertaine et contestable.

À l’observation, on assiste à l’amplification d’un discours de haine et d’exclusion, parfois selon un vocabulaire appelant à la division des Camerounais, sur des bases communautaires, ethniques ou tribales.

Dans le même temps, l’on note la montée en puissance de l’intolérance et des extrémismes de tout bord.

A titre d’illustration, de fausses informations relatives à la crise sécuritaire dans certaines région du pays sont régulièrement diffusées jetant ainsi du discrédit sur le Cameroun en général et sur son armée en particulier.

Des annonces sont faites concernant également le décès de hautes personnalités de la République.

Les comptes Facebook de hautes personnalités et ceux des institutions sont fréquemment piratés, ainsi que les sites web de certaines administrations. De faux comptes de personnalités sont également créés.

La désinformation est aussi faite sur la gestion de la pandémie COVID-19 au Cameroun.

En un mot, nous en sommes aujourd’hui au règne des « fake news » et des « deep fake ».

L’usage des réseaux sociaux a été dangereusement dévoyé, au point que ce qui apparaissait au premier abord, comme une formidable opportunité pour la démocratie numérique, s’est mué en menace sur notre vivre-ensemble.

  1. LE CADRAGE CAMEROUNAIS DE L’UTILISATION DES RESEAUX SOCIAUX.

Face à la recrudescence de ces dérives marquées  par le non respect de la déontologie, d’infractions juridiques et sur le plan technique, le Gouvernement, à travers le MINPOSTEL, a mis en place un ensemble de stratégies coordonnées permettant de prévenir, de suivre, de surveiller et de sanctionner les dérives criminelles dans l’utilisation des plateformes numériques.

        III.1. Sur le plan légal et réglementaire

Le Cameroun a adopté en 2010 la loi N°2010/012 du 21 décembre 2010 relative à la cybersécurité et à la cybercriminalité. Cette loi régit le cadre de la sécurité des réseaux de communications électroniques et des systèmes d’information, définit et réprime les infractions liées à l’utilisation des technologies de l’information et de la communication d’une manière générale, et des réseaux sociaux en particulier. Elle vise entre autres à :

  • Instaurer la confiance dans les réseaux de communications électroniques et des systèmes d’information ;
  • Protéger les droits fondamentaux des personnes physiques, notamment le droit à la dignité humaine, à l’honneur et au respect de la vie privée, ainsi que les intérêts légitimes des personnes morales.

En son article 78, elle stipule que :

  • (1) est puni d’un emprisonnement de six (06) mois à deux ans (02) ans et d’une amende de 5 000 000 (cinq millions) à 10 000 000 (dix millions) FCFA ou de l’une des deux peines seulement, celui qui publie ou propage par voie de communications électroniques ou d’un système d’information, une nouvelle sans pouvoir en apporter la preuve de véracité ou justifier qu’il avait de bonnes raisons de croire à la véracité de ladite nouvelle ;
  • (2) les peines prévues à l’alinéa 1 ci-dessus sont doublées lorsque l’infraction est commise dans le but de porter atteinte à la paix publique.

Il faut dire que le code pénal du Cameroun pourrait également être appliqué pour régler certaines infractions commises lors de l’utilisation des réseaux sociaux, notamment en ce qui concerne…les articles 189 (copie de documents administratifs), 300 (violation de correspondance), 310 (secret professionnel).

Le code pénal prévoit des peines/sanctions dans ces cas, c’est-à-dire certains cas d’atteinte à la moralité publique ou d’atteinte à l’autorité de l’Etat. Celles-ci sont plus sévères pour les infractions commises par un fonctionnaire dans l’exercice de ses fonctions.

René Emmanuel Sadi au sujet des réseaux sociaux : « Le gouvernement en appelle à la prise de conscience de tous et de chacun »

III.2. Sur le plan organisationnel.

Plusieurs structures interviennent dans le cadre de la lutte contre la cybercriminalité en général et les dérives observées sur les réseaux sociaux.

  • Le Ministère des Postes et Télécommunications, notamment chargé de l’élaboration et du suivi de la mise en œuvre de la politique nationale de sécurité des réseaux de communications électroniques et des systèmes d’information.
  • L’Agence Nationale des Technologie de l’information et de la Communication (ANTIC) qui, en plus d’être le régulateur de l’internet, a entre autres pour mission la régulation, le contrôle et le suivi des activités liés à la sécurité des réseaux de communications électroniques et des systèmes d’information. Pour cela, il dispose en son sein d’un CIRT (Centre de prévention et de réponse aux incidents cybernétiques) qui surveille l’utilisation qui est faite du cyberespace national et mènent des investigations numériques en cas d’infractions cybernétiques constatées sur les réseaux sociaux.
  • Les investigations numériques sont également menées par les officiers de police judiciaires de la Délégation Générale à la Sûreté Nationale (DGSN), de la Délégation Générale de la Recherche Extérieure (DGRE) et du Secrétariat d’Etat à la Défense (SED) lorsque ces derniers sont saisis par des victimes.
  • Le Ministère de la Justice (MINJUSTICE), chargé de dire la loi afin de réprimer les infractions commises à travers les réseaux sociaux ;  

IV-   L’ACTION DU GOUVERNEMENT CAMEROUNAIS CONTRE LES DÉRIVES CRIMINELLES DANS LES RÉSEAUX SOCIAUX

Au regard de l’utilisation de plus en plus récurrente des réseaux sociaux pour la dépravation et la radicalisation, ainsi que des conséquences désastreuses qui en découlent, le Gouvernement a engagé un programme global, permettant de prévenir, de suivre, de surveiller et de sanctionner les dérives criminelles dans l’utilisation des plateformes numériques.

Ce que recherche le Gouvernement, c’est d’assurer l’intégrité des activités dans le cyberespace, en luttant notamment contre la cyber-délinquance, à travers une prise de conscience généralisée et l’action de tous les acteurs de la société.

Sur le plan stratégique, un  document de politique nationale de cybersécurité a été élaboré et les aspects relatifs aux réseaux sociaux y sont traités.

Sur le plan opérationnel, un programme de promotion de l’utilisation responsable des réseaux sociaux, est engagé depuis quelques années. Et dans ce cadre, de nombreuses actions ont déjà été menées. Il s’agit entre autres :

  • Des opérations de sensibilisation
  •       Sensibilisation par SMS à travers les opérateurs de téléphonie mobile.
  • Sensibilisation des jeunes à travers les camps TIC et autres rencontres.

Ces opérations de sensibilisation visent de manière concrète des actions ciblées, afin d’informer le public sur les sanctions pénales encourues, en cas d’émission ou de propagation des nouvelles fausses ou mensongères au moyen des réseaux sociaux.

Il convient également de relever que l’ANTIC mène de nombreuses campagnes de sensibilisation des internautes camerounais, et organise les ateliers de formation pour les acteurs clé. L‘ANTIC accompagne également des structures publiques et privés dans la certification de leurs comptes officiels.

  • Autre action, de la promotion d’une meilleure gouvernance numérique, à travers l’utilisation responsable des réseaux sociaux, par les hommes de média.

Il s’agit ici de leur fournir les outils nécessaires leur permettant de communiquer de manière raisonnée dans les réseaux sociaux. En effet, en raison de sa fonction dans le dispositif démocratique, la presse, exposée à ces dérives dans les réseaux sociaux, devrait être dotée  de moyens lui permettant de résister à ce dévoiement des réseaux sociaux.

C’est dans cette optique que nous avons organisé, au mois de novembre 2018, un séminaire de sensibilisation, de formation et d’information sur l’utilisation rationnelle des réseaux sociaux, à l’intention des journalistes de la section Cameroun de l’Union de la Presse Francophone.

L’objectif ici était d’outiller une quarantaine d’hommes et de femmes de médias, sur les enjeux liés à l’utilisation des réseaux sociaux, et les contours de la communication sur les plateformes communautaires, de vulgariser la réglementation en matière de communication dans les réseaux sociaux et de présenter les best practices, pour faire face aux dérives et aux menaces, dans le but de mettre en place les bases d’une utilisation raisonnée des réseaux sociaux par la presse camerounaise. 

Dans le même ordre d’idées, nous avons participé au mois de mai 2019, comme panéliste, à la Conférence sur la Communication gouvernementale à l’ère des réseaux sociaux, organisée par les étudiants de l’Ecole Supérieure des Sciences et Techniques de l’Information et de la Communication.

Cette conférence avait pour but de sensibiliser des étudiants en Communication, en vue d’une utilisation responsable des réseaux sociaux, dans la communication des institutions publiques.

Nous n’oublierons pas l’appui apporté par le MINPOSTEL aux premières Journées Citoyennes de la Presse organisées l’année dernière également par l’Association Média Médiations et Citoyenneté sur le thème : « quel journalisme pour quelle citoyenneté ? »

  • Sur un autre plan le MINPOSTEL apporte sa contribution aux autres administrations compétentes en matière d’équipements techniques.

C’est ainsi qu’à travers le fonds des activités de sécurité numérique, le MINPOSTEL a financé la mise en place de laboratoires d’investigations numériques à la DGSN et à l’Ecole Nationale Supérieure Polytechnique de Yaoundé.

  1. LES PERSPECTIVES.

En perspective, les actions déjà menées ci-dessus devront être renforcées, au regard de la recrudescence des actes cybercriminels et autres dérives, à travers les réseaux sociaux. Nous citerons entre autres :

  • La modification de la législation en vigueur, dans l’optique d’une répression dissuasive des faits perpétrés en ligne, et constitutifs d’incitations ou d’atteinte à l’ordre public, à la paix sociale ou aux valeurs fondamentales de la République. Cette modification, qui est déjà amorcée, vise également à accentuer le rôle et la responsabilité des opérateurs de communications électroniques, dans la surveillance et la lutte contre la criminalité cybernétique.
  • L’élaboration d’une charte de protection des mineurs en ligne dans le but de mieux protéger les mineurs victimes des infractions perpétrées à travers les réseaux sociaux ;
  • L’élaboration d’une réglementation en matière de protection des données à caractère personnel ;
  • L’introduction des modules de cybersécurité dans les programmes scolaires;
  • Le déclenchement de la procédure de ratification de la convention de Budapest sur la cybercriminalité qui permettra au Cameroun de renforcer sa coopération internationale en matière d’investigation numérique.

Au-delà de ce qui précède, je voudrais déjà vous annoncer le lancement dans les tous prochains jours, sur Très Hautes Prescriptions du Président de la République, d’une vaste campagne nationale de sensibilisation à la culture de la cybersécurité et à l’utilisation responsable des réseaux sociaux.

Il s’agit ici de manière concrète, de mener sur toute l’étendue du territoire national, des actions de sensibilisation en direction de toutes les cibles, à savoir : Administrations, entreprises, société civile, élèves et étudiants, populations locales, afin que les camerounais adoptent des comportements citoyens et responsables, dans l’utilisation de ces outils modernes de communication que sont les réseaux sociaux.

Il est évident que, pour mener à bien cette campagne, nous aurons besoin de la collaboration des hommes de média que vous êtes.

  • CONCLUSION

Pour terminer, il est important de rappeler à l’attention des camerounais, les conséquences néfastes des dérives, constatées dans les réseaux sociaux. Les auteurs de ces dérives qui constituent des actes de cybercriminalité, sont passibles de sanctions pénales.

Les dérives et déviances constatées de nos jours sur les réseaux sociaux au Cameroun interpellent fortement le Gouvernement.

Tout en renforçant la sensibilisation, le Gouvernement prendra toutes ses responsabilités face aux menaces cybercriminelles.

Sachons que les techniques et les outils digitaux permettent de recueillir un ensemble de preuves en vue de l’identification de l’auteur de toute communication électronique.

Retenons tous, qu’une information erronée véhiculée, inconsciemment ou à dessein dans les réseaux sociaux, peut faire vaciller toute une vie, tout un pays.

 Ce qui est mis en ligne reste en ligne, même supprimé.

Les réseaux sociaux constituent un instrument extraordinaire de communication. Mais ils doivent être utilisés de manière responsable et pour ce faire, chaque acteur doit jouer pleinement son rôle./.

Par Minette Libom Li Likeng, ministre des Postes et Télécommunications du Cameroun

Cameroun : En un an, l’ANTIC a fait certifier une cinquantaine de comptes Facebook et Twitter des départements ministériels

[Digital Business Africa] – Il y a quelques années, l’on retrouvait facilement deux comptes Facebook d’un même département ministériel sur Facebook. Idem sur Twitter. Ceci sans clarification et possibilité pour l’internaute de distinguer quel était le compte officiel. Faute de badge de certification aux comptes officiels.

Si la situation n’a pas totalement changée, un travail est mené pour la certification des comptes Facebook et Twitter des administrations publiques camerounaises afin de limiter l’usurpation des identités sur les réseaux sociaux et par là barrer à la propagation des fake news.

A la réalité, Facebook, Twitter et plusieurs autres réseaux sociaux ont institué depuis plusieurs années un badge bleu indiquant aux internautes qu’un compte est vérifié et authentique. Ce badge apparaît sur le profil d’une page ou d’un compte juste après son nom. Cela signifie que le réseau social a confirmé qu’un compte est authentique et est exactement celui de la personnalité publique, de la célébrité ou de la marque qu’il représente.

Compte certifié Oswald Baboke

Pour obtenir cette certification, les détenteurs des comptes  doivent remplir certains critères. Parmi ces critères à observer, le compte doit représenter une personne, une marque ou une entité connue et souvent recherchée sur le web. Facebook par exemple examine et accorde rapidement le badge bleu aux comptes qui figurent dans plusieurs sources d’actualités.

Plus encore, les détenteurs des comptes  doivent fournir à Facebook et à Twitter une documentation complète (CNI, passeport, permis de conduire, registre de commerce ou carte de contribuable pour les entreprises, etc.) prouvant que le compte leur appartient effectivement. Et le processus peut souvent prendre beaucoup de temps.

La certification chez Twitter

Chez Twitter, c’est encore un peu plus compliquée, la certification. Parce que le site de microblogging  avait suspendu la vérification des comptes en 2017 à la suite d’une polémique à la suite de l’attribution de ce badge bleu à Jason Kessler, un activiste à l’origine du rassemblement Unite the Right à Charlottesville. Ce dernier avait tweeté des commentaires désobligeants à propos d’Heather Heyer, décédée au cours des violences survenues lors de cette manifestation.

En 2018, Twitter a ralenti le rythme des vérifications pour se concentrer sur les comptes des candidats aux primaires de l’élection présidentielle américaine. Avec l’apparition du coronavirus 2019, en accord avec certains gouvernements et institutions publiques, des badges bleu de vérification ont commencé à être attribués à des officiels et responsables de santé publique pour prouver l’authenticité de leurs comptes dans le cadre de leur stratégie de riposte contre la pandémie de la Covid-19.

Même si Kayvon Beykpour, chef de projet chez Twitter, a annoncé le 08 juin 2020 que Twitter envisage relancer les certifications au grand public avec un système automatique de demande de vérification individuelle, il n’est pas toujours aisé à ce jour pour tous les adeptes de la twitosphère d’obtenir le petit badge bleu chez Twitter. Bref, c’est un peu plus compliqué.

C’est ici que peuvent intervenir certains gouvernements ou autorités de certification pour accélérer le processus de certification, bien évidement en collaboration avec ces réseaux sociaux.

L’apport de l’ANTIC

Au Cameroun, au-delà des responsables de communication avisés des départements ministériels qui peuvent eux-mêmes solliciter et obtenir la certification de leur compte officiel directement auprès de Facebook et Twitter, l’Agence nationale des technologies de l’information et de la communication (ANTIC) peut aider à la certification de ces comptes sur les réseaux sociaux.

En effet, l’Antic a parmi ses attributions* l’accompagnement des structures publiques et privés dans la certification de leurs comptes officiels, apprend-on de la ministre des Postes et des Télécommunications, Minette Libom Li Likeng.

A ce titre, l’ANTIC a commencé en 2019 à certifier les comptes officiels de nombreux départements ministériels. Ceci en collaboration avec Facebook Afrique francophone et Twitter.  L’agence rassemble la documentation nécessaire des administrations qui en font la demande, et une fois complète, elle transmet cela aux réseaux sociaux concernés pour une action rapide. « Parfois, cela peut nécessiter 20 minutes pour la certification, si tous les documents requis par les réseaux sociaux concernés sont complets. Tout comme cela peut prendre du temps si la documentation est incomplète », apprend-on, du côté de l’Antic.

A ce jour, apprend-on de sources sûres auprès de l’agence, une trentaine de comptes Facebook et Twitter des départements ministériels ont déjà été certifiés par Facebook et Twitter à l’initiative de l’ANTIC. Précisément, 10 comptes sur Twitter  et 17 comptes sur Facebook.  Bon nombre parmi eux ont obtenu ces badges de vérification ces dernières semaines.

Les départements ministériels ayant déjà obtenu leur badge bleu Facebook avec le soutien de l’ANTIC


MINISTÈRES ET PAGES CERTIFIÉES
1 MINAS
https://www.facebook.com/minasofficiel/
2 MINDDEVEL
https://www.facebook.com/Minddevel/
3 MINCOM
https://www.facebook.com/MincomCameroon/
4 MINCOMMERCE
https://www.facebook.com/mincommerce/
5 MINEPDED
https://www.facebook.com/EnvironnementNature/
6 MINEPIA
https://www.facebook.com/Minist%C3%A8re-de-lElevage-des-P%C3%AAches-et-des-Industries-Animales-Officiel-109641797231799
7 MINESUP
https://www.facebook.com/MinesupCamerounOfficiel/
https://www.facebook.com/MinesupJeuxUniversitairesOfficiel/
https://www.facebook.com/MinesupUNIFAC/
8 MINFOPRA
https://www.facebook.com/Minfopra.gov.cm/
https://www.facebook.com/Minist%C3%A8re-de-la-Fonction-Publique-et-de-la-R%C3%A9forme-Administrative-237-626644201092515/
9 MINPOSTEL
https://www.facebook.com/Minist C3 A8re-des-Postes-et-T C3 A9l C3 A9communications-du-Cameroun-806623899416285/
10 MINRESI
https://www.facebook.com/minresi/
11 MINREX
https://www.facebook.com/minrex.cm/
12 CONSUPE
https://www.facebook.com/ConsupeCameroun/
13 MINSANTE
https://www.facebook.com/MINSANTE.PageOfficielle/
14 MINHDU
https://www.facebook.com/cameroun.minhdu/?ref=br_rs
https://www.facebook.com/camerounlogements/
15 MINTP
https://www.facebook.com/Ministère-des-Travaux-Publics-du-Cameroun-410503245736441/
16 MINJEC
https://www.facebook.com/Minist%C3%A8re-de-la-Jeunesse-et-de-lEducation-Civique-237-802417996435687/
17 MINAC
https://www.facebook.com/minac237/
TOTAL DE PAGES CERTIFIÉES : 21

Les départements ministériels ayant déjà obtenu leur badge bleu Twitter avec le soutien de l’ANTIC

MINISTÈRESCOMPTES CERTIFIÉS
1SPMhttps://twitter.com/Pm237Services https://twitter.com/CameroonPm237
2MINAShttps://twitter.com/minasofficiel
3MINDDEVELhttps://twitter.com/Minddevel
4MINCOMhttps://twitter.com/MincomCameroun
5MINESUPhttps://twitter.com/MinesupCmr
6MINFOPRAhttps://twitter.com/minfopra_gov
7MINREXhttps://twitter.com/diplocam_minrex
8MINSANTEhttps://twitter.com/MinsanteCMR
9MINHDUhttps://twitter.com/cameroun_minhdu
10MINJEChttps://twitter.com/Minjec00237

Des comptes personnels des officiels également certifiés avec l’aide de la PRC

Par ailleurs, apprend-on, neuf comptes personnels Twitter des ministres ont été certifiés avec l’aide de l’Antic et 10 comptes personnels Facebook des ministres. Soit un total d’environ 50 comptes certifiés à la fois sur Facebook et Twitter.

A côté de l’Antic, qui, elle certifie les comptes publics, Digital Business Africa, a également appris que la Présidence de la République du Cameroun contribue également, en collaboration avec Twitter, à la certification et la vérification des comptes personnels des ministres et membres du gouvernement sur Twitter.  

Dans ce registre, parmi les comptes personnels Twitter des officiels qui ont obtenu ce badge bleu ces dernières semaines on peut citer celui du ministre de la Santé publique, Dr Manaouda Malachie (@DrManaouda), celui de la ministre des Postes et Télécommunications, Minette Libom Li Likeng (@LibomMinette),  celui du ministre du Travail et de la Sécurité sociale, Grégoire Owona (@OwonaGregoire), celui du ministre de la Jeunesse et de l’Education civique, Mounouna Foutsou (@Mfoutsou), celui du  ministre de l’Enseignement supérieur, le Pr Jacques Fame Ndongo (@PrJacquesFame),  encore celui du ministre, DACC, Oswald Baboke (@Osbbke).

Une action à saluer et à encourager

Pour Beaugas Orain Djoyum, DG d’ICT Media STRATEGIES, cabinet spécialisé en e-Réputation et en veille stratégique, la certification des comptes des départements ministériels et des responsables publics au Cameroun est une action à saluer et à encourager.

Beaugas Orain Djoyum
Beaugas Orain DJOYUM, DG ICT Media STRATEGIES et Président de l’Association Smart Click Africa

Tous les ministres et départements ministériels devraient disposer de comptes certifiés sur les réseaux sociaux. Cela rassure les internautes qui peuvent s’y rendre pour avoir la bonne information et pour distinguer les vrais comptes des fake. Et ainsi éviter de se faire arnaquer comme cela a parfois été observé auprès des internautes inexpérimentés.Beaugas Orain DJOYUM

Beaugas Orain Djoyum qui est par ailleurs le président de l’association Smart Click Africa, ajoute qu’il est important de certifier les comptes sur les réseaux pour plusieurs raisons. « Dans un contexte de désinformation à outrance et de prolifération des fake news et des faux profils, le petit badge bleu de certification permet aux internautes de reconnaître l’authenticité du compte et le véritable auteur du compte, mais aussi et surtout un compte certifié donne la possibilité aux internautes de venir s’y abreuver de l’information officielle et crédible. Les internautes gagnent et gagneraient à avoir le réflexe de toujours se rendre sur des comptes certifiés pour avoir la bonne info et ainsi lutter contre la prolifération et la propagation des fake news », explique-t-il. 

Le challenge à présent, note-t-il, est de certifier les comptes des ministres et des départements ministériels qui n’ont pas encore ce badge bleu, mais également et surtout la mise à jour régulière de tous ces comptes certifiés et de leur site web respectifs avec des informations et nouvelles sur leurs activités et réalisations.

« Ils doivent non seulement informer les populations, mais également, les détenteurs et propriétaires de ces comptes certifiés se doivent d’être pro-actifs quand une fausse information ou une fake news à leur sujet circule sur le web. En répondant rapidement pour apporter un démenti ou des précisions afin de limiter la propagation des fake news, mais aussi pour anticiper sur la création de ces fake news en donnant l’information en amont et en premier », conseille Beaugas Orain DJOYUM.

Par Digital Business Africa

*L’Antic

Antic

D’après le décret n° 2012/180 du 10 avril 2012 portant Organisation et fonctionnement de l’ANTIC, cette agence assure,  pour le compte de l’Etat camerounais, la promotion et le suivi de l’action des pouvoirs publics en matière de Technologies de l’Information et de la Communication (TIC); la régulation, le contrôle et le suivi des activités liées à la sécurité des systèmes d’information et des réseaux de communications électroniques ainsi qu’à la certification électronique, en collaboration avec l’Agence de Régulation des Télécommunications(ART).

Concrètement, les missions de l’ANTIC se résument à la promotion des TIC ; à l’audit de sécurité ; à la certification électronique; à la veille sécuritaire et à la gestion de l’utilisation des ressources de nommage (. cm) et d’adressage (Adresses IP) au niveau national.

L’Antic est dirigée par le Dr Ebot Ebot Enaw, premier DG de cette institution depuis le 24 Janvier 2006. Soit 14 ans déjà à la tête de cette agence.

DBA

Twitter victime d’un piratage massif des comptes certifiés de hautes personnalités, 116 000 dollars versés aux pirates en bitcoins

 [Digital Business Africa] – Pour de nombreux experts, c’est l’un des plus grands piratages du site de microblogging Twitter. Le réseau social a annoncé ce 15 juillet 2020 que des comptes Twitter de personnalités comme Barack Obama, Bill Gates, Elon Musk, Jeff Bezos, Joe Biden, Mike Bloomberg, Warren Buffet, etc., et des comptes de grandes entreprises américaines (Apple, Uber…) et de plateformes spécialisées dans le bitcoin (Coindesk, Coinbase, Binance) ont été victimes d’un piratage massif hier, mercredi.

Les hackers ont en effet pris le contrôle des comptes certifiés et a publié en leur noms des messages demandant aux internautes de verser, dans le cadre de la lutte contre la Covid-19, une somme de 1000 dollars US dans un compte bitcoin et de bénéficier en retour du double de ce montant.

Barack Obama Twitter
  • Barack Obama Twitter

Le site spécialisé Blockchain.com, qui comptabilise les transactions réalisées en cryptomonnaie, a annoncé que près de 116 000 dollars (12,58 bitcoins) ont été versés vers certaines des adresses mentionnées.

Sur le site de microblogging, Twitter explique qu’il s’agit d’une attaque d’ingénierie sociale coordonnée par des personnes qui ont réussi à cibler certains des employés de Twitter ayant accès aux systèmes et outils internes.

Twitter est convaincu que des hackers ont utilisé les accès de ces employés de Twitter pour prendre le contrôle de nombreux comptes vérifiés pour tweeter en leur nom. « Nous recherchons les autres activités malveillantes qu’ils ont pu mener ou les informations auxquelles ils ont pu accéder et nous partagerons plus d’informations ici au fur et à mesure. Une fois que nous avons pris connaissance de l’incident, nous avons immédiatement verrouillé les comptes concernés et supprimé les Tweets publiés par les pirates », explique le Support Twitter.

Par ailleurs, Twitter affirme avoir limité les fonctionnalités de plusieurs comptes, y compris les comptes vérifiés n’ayant pas été piraté et n’ayant aucune preuve d’être compromis. Pour le réseau social, c’était une étape importante pour réduire le risque. La plupart des fonctionnalités limitées ont déjà été restaurées.

« Nous avons des comptes verrouillés qui ont été compromis et nous ne rétablirons l’accès au propriétaire du compte d’origine que lorsque nous serons certains de pouvoir le faire en toute sécurité. En interne, nous avons pris des mesures importantes pour limiter l’accès aux systèmes et outils internes pendant que notre enquête se poursuit. Nous fournirons plus de détails au fur et à mesure que notre enquête se poursuit », précise Twitter sur sa plateforme web.

D’après le site spécialisé Motherboard, les pirates auraient eu accès à un panneau de contrôle interne au réseau social. C’est de cette manière, rapporte le BDM, qu’ils ont pu modifier l’adresse e-mail associée aux comptes visés pour en prendre le contrôle. « Nous nous sommes servis d’un représentant qui a littéralement fait le travail pour nous », a déclaré une source citée par le site américain. Une autre source assure que le complice au sein de Twitter aurait été rémunéré par les auteurs du piratage.

Pour de nombreux médias spécialisés, ce piratage pose à nouveau la question de la cybersécurité des plateformes numériques comme Twitter et des autres réseaux sociaux. Surtout que Twitter avait déjà été victime d’attaques ciblées, en mars 2017, où un grand nombre de comptes certifiés avaient été visés (Amnesty International, le ministère français de l’Économie ou la BBC Amérique du Nord).

En tout cas, ce piratage massif qui pourrait nuire à l’image de Twitter est la preuve de ce que même les comptes certifiés ne sont pas à l’abri de toute attaque des hackers.

Par Digital Business Africa

René Emmanuel Sadi : « L’usage pernicieux des réseaux sociaux devenus de véritables fourre-tout déviants et déconcertants… »

Le ministre de la Communication du Cameroun, René Emmanuel Sadi, et son collègue des Postes et Télécommunications, Minette Libom Li Likeng, ont animé une conférence de presse ce 13 juillet 2020 au Ministère de la Communication à Yaoundé. Thème à l’ordre du jour : « Dérives médiatiques, désinformation systématique et lynchage des personnalités nationales et étrangères dans l’espace public ». Ici, la déclaration liminaire du ministre René Emmanuel Sadi.

Madame le Ministre des Postes et Télécommunications,

Monsieur le Président du Conseil National de la Communication,

Monsieur le Directeur général de l’Agence nationale des technologies de l’information et de la Communication,

Mesdames, Messieurs les journalistes et responsables des organes médiatiques ;

Distingués invités,

Mesdames, Messieurs,

Je vous remercie d’avoir promptement répondu à l’invitation que je vous ai adressée, pour prendre part à la présente conférence de presse que je donnerai conjointement avec Madame le Ministre des Postes et Télécommunications.

Madame le Ministre des Postes et Télécommunications, je vous souhaite une chaleureuse bienvenue ici au Ministère de la Communication.

Mesdames, Messieurs,

La présente communication gouvernementale portera essentiellement sur les dérives médiatiques de plus en plus récurrentes dans l’espace public national, notamment, sur le constat d’une propension à la désinformation systématique de l’opinion, menée par certains médias classiques et à travers les réseaux sociaux.

Cette communication gouvernementale a été rendue nécessaire en effet du fait d’une actualité marquée ces derniers temps par une propagation vertigineuse de contre-vérités aussi manifestes qu’offensantes, visant très souvent à jeter le discrédit et l’anathème sur l’action des pouvoirs publics et sur de hautes personnalités camerounaises et étrangères.

A tout prendre, ces contre-vérités et autres informations généralement inventées de toutes pièces ou délibérément biaisées, sont de nature à mettre à mal la cohésion sociale et le vivre ensemble des populations.

Nous notons pour le déplorer et le dénoncer que ces actions de désinformation portent la plupart du temps sur les questions les plus préoccupantes et les plus sensibles de l’heure.

Sans être exhaustif, j’évoquerai parmi ces questions, celle de la pandémie du coronavirus, à laquelle notre pays fait face depuis cinq mois, à l’instar de l’ensemble des pays du monde entier.

A ce sujet, de nombreux contempteurs et autres censeurs auto-investis ont, sous divers profils, écumé toutes sortes de médias, pour mettre en cause et discréditer la stratégie nationale de riposte contre cette pandémie, mise en œuvre sous la houlette de Monsieur le Premier Ministre Chef du Gouvernement, et sous la Très Haute Impulsion du CHEF DE L’ETAT, SON EXCELLENCE PAUL BIYA. 

Certains parmi ces esprits mal avisés ont ainsi tenté de contester les statistiques diffusées par le Ministère de la Santé Publique sur l’état de la pandémie, décrier les mesures de prévention édictées par le Gouvernement et recommandées par l’Organisation Mondiale de la Santé, sévèrement critiqué les mesures d’assouplissement prises par le Gouvernement en vue de la prise en compte des impératifs économiques, invalidé sans aucun argument valable le protocole de prise en charge thérapeutique retenu par les autorités sanitaires, douté des compétences des personnels de santé ou encore, organisé de véritables croisades médiatiques contre le décision prise par le CHEF DE L’ETAT, de faire reprendre les cours et d’assurer l’organisation des examens dans les établissements primaires, secondaires et d’enseignement supérieur.

Pourtant, aujourd’hui, cinq mois après le début de la mise en œuvre de la réponse du Cameroun à la pandémie du coronavirus, il y a lieu de constater pour s’en féliciter, l’efficacité de notre stratégie de riposte, s’agissant notamment de la pratique des tests massifs au sein des communautés et de la décentralisation de la prise en charge des cas déclarés, des résultats de la thérapie usitée au regard du nombre de personnes guéries, ainsi que des données encourageantes enregistrées en matière de prévention et des efforts soutenus pour une prise de conscience accrue de la dangerosité de la pandémie et de la nécessité de l’implication de tous pour la vaincre.

Cette frénésie manipulatrice et déformatrice est encore plus accentuée dans le traitement médiatique de la situation sécuritaire dans les Régions du Nord-ouest et du Sud-ouest. 

A ce sujet, d’aucun ont délibérément opté de dénaturer les faits, selon les circonstances dans lesquelles ces faits se présentent, et ceci à des fins inavouées.

C’est ainsi que, de manière systématique, des bandes armées, des assassins, des pilleurs et des violeurs impénitents et totalement déshumanisés sont présentés par certains acteurs médiatiques comme des anges innocents, victimes de la tyrannie du Gouvernement et de nos Forces de Défense et de Sécurité.

De la même façon, les nombreuses exactions commises par les bandes armées dans ces régions sont occultées, cependant que l’Armée camerounaise, pourtant légitimement engagée dans un combat pour la préservation de notre intégrité territoriale et la sécurité des biens et des personnes, est constamment conspuée, diabolisée et stigmatisée.

Qui plus est, au moment où le CHEF DE L’ETAT a, à la satisfaction de toute la communauté nationale et internationale, organisé Grand Dialogue National en vue du retour définitif à la vie normale dans les régions perturbées, et que les recommandations de ces assises historiques prennent progressivement corps à travers des actes concrets, certains acteurs médiatiques du reste coutumiers du fait, n’ont de cesse de relativiser, voire de nier ces évolutions positives, en attisant le feu à tout bout de champ par des allégations mensongères, d’une nocuité fortement dommageable à la stabilité de la nation.

Le Gouvernement, par ma voix, saisit cette occasion, pour affirmer, une fois de plus, que l’offre de paix adressée par le CHEF DE L’ETAT, SON EXCELLENCE PAUL BIYA aux groupes armées et rebelles sécessionnistes dans les régions du Nord-ouest et du Sud-ouest, en vue de l’arrêt des hostilités qu’ils ne cessent d’entretenir, demeure plus que jamais de mise.

Nous en voulons pour preuve, les dernières statistiques en évolution constante à la date du 12 juillet 2020, fournies par le Comité National de Désarmement, de Démobilisation et de Réintégration (CNDDR), qui font état de 164 ex-sécessionnistes ayant choisi de se rendre au centre régional du CNDDR du Nord-ouest à Bamenda, 130 au centre régional du CNDDR du Sud-ouest à Buéa, auxquels s’ajoutent 186 repentis de Boko-Haram, dont 44 dans la même journée la semaine dernière, au centre de transit de Méri dans la région de l’Extrême-nord, soit un total de 483 redditions depuis le début de cette opération.

Selon des renseignements dignes de foi, d’autres redditions du même type vont certainement se poursuivre dans les prochains jours.

Il faut sans doute préciser que ces repentis, qu’il s’agisse des ex-combattants Boko-Haram ou de ceux ayant déposé les armes dans les régions du Nord-ouest et du Sud-ouest, reçoivent dès leur arrivée dans les différents centres d’accueil, des soins médicaux et un encadrement psycho-social approprié, pour leur déradicalisation et leur réarmement moral.

Des formations leur sont également dispensées en matière d’activités génératrices de revenus telles que l’agriculture, l’élevage, la conduite, l’informatique, la coiffure, la manucure, la maçonnerie, pour ne citer que celles-là.

Il s’agit là d’un processus, dont l’aboutissement est l’intégration des intéressés dans la vie normale, à court terme et au cas par cas.

En outre, pendant leur séjour dans les centres, des mesures sont prises pour les mettre autant que possible, à l’abri du COVID-19.

Au vu de cette présentation, on se rend bien compte de ce que, contrairement aux allégations portées par certains milieux et relayées par une frange d’acteurs médiatiques, les centres CNDDR ne sont, ni des prisons déguisées, ni des pièges masqués, faits pour attirer des membres de groupes armés, et encore moins une branche de l’Armée où ces ex-combattants subiraient toutes sortes de sévices.

Ces centres sont aux contraire des lieux d’accueil de nos jeunes compatriotes naguère égarer, mais qui, ayant pris conscience de la nécessité de tourner le dos à la perdition on choisit de retrouver la voie de la sagesse au sein de la communauté républicaine, en acceptant l’offre de paix et de pardon faite par le CHEF DE L’ETAT, SON EXCELLENCE PAUL BIYA.

Face à cette campagne de désinformation qui n’épargne plus personne, ni aucun secteur de la vie nationale, le Gouvernement en appelle à la prudence, au discernement et à la vigilance de l’ensemble de la communauté nationale, afin qu’elle ne se laisse pas prendre au jeu macabre de ceux qui dans l’ombre, tissent la toile de cette ignoble duperie.

Cette vigilance est d’autant plus impérative que, de manière visible, les cibles privilégiées de cette entreprise de destruction englobent l’Etat de droit, les Institutions de la République et ceux qui les incarnent, avec au bout du compte, la mise en péril de la paix et de la stabilité du Cameroun.

Dans un tel contexte, il apparaît nécessaire de faire quelques mises au point, en ce qui concerne précisément la liberté de la presse et l’usage des réseaux sociaux.

Au sujet de la liberté de la presse dont le citoyen camerounais jouit pleinement aujourd’hui, je veux faire remarquer que celle-ci n’a jamais été nulle part où elle aura prospéré à travers le monde, synonyme de libertinage ou de prétexte au désordre, à la cacophonie ou à l’anarchie. C’est dire que la vocation de la liberté de la presse, qui est l’un des piliers fondamentaux de la démocratie et de l’Etat de droit, ne saurait servir à bâtir des zones de non-droit et de délitement du tissu social.

Il en a d’ailleurs toujours été ainsi à travers le monde, depuis l’éclosion des sociétés de liberté dont la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen de 1789 marque l’impulsion en stipulant, en son article 11 que « la libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l’Homme. Tout citoyen peut donc parler, écrire, imprimer librement, sauf à répondre de l’abus de cette liberté dans les cas déterminés par la loi. »

De la même façon, le Pacte International relatif aux Droits Civil et Politique adopté à New-York le 16 décembre 1966 stipule en son article 19 alinéa 2 que « Toute personne a droit à la liberté d’expression ; ce droit comprend la liberté de rechercher, de recevoir et de répandre des informations et des idées de toute espèce, sans considération de frontières, sous une forme orale, écrite, imprimée ou artistique, ou par tout autre moyen de son choix. ».

Le même Pacte précise tout autant en l’alinéa 3 du même article, que l’exercice de ces libertés « comporte des devoirs spéciaux et des responsabilités spéciales. Il peut en conséquence être soumis à certaines restrictions qui doivent toutefois être expressément fixées par la loi et qui sont nécessaires au respect des droits et de la réputation d’autrui, ainsi qu’à la sauvegarde de la sécurité nationale, de l’ordre public, de la santé ou de la moralité publiques. » 

Ainsi perçue, la liberté de la presse qui est une liberté publique, en tant qu’elle s’exerce dans l’espace public et met en concurrence et en situation de préservation réciproque les différentes libertés individuelles, ne peut exister que si elle prend en compte ses indispensables corollaires que sont, la responsabilité sociale, le respect des valeurs sociétales et celui du socle de légalité en tant qu’expression de la volonté générale et impersonnelle.

C’est donc dire que, s’il n’y a pas de démocratie sans liberté de la presse, il n’y a pas non plus de liberté de la presse sans responsabilité sociale, sans préservation des libertés d’autrui, sans respect des valeurs sociétales et sans conformité au droit applicable.

Au Cameroun, la liberté de la presse est garantie et organisée dans le cadre de la loi du 19 décembre 1990 relative à la communication sociale, modifiée et complétée par celle du 04 janvier 1996 abrogeant notamment la censure administrative sur les organes de presse.

L’ensemble de cet arsenal juridique consacre un véritable champ de libertés, pour l’expression des idées et des opinions à travers tous les médias exerçant d’une manière ou d’une autre sur le territoire national. L’environnement juridique ainsi créé, de par la volonté du CHEF DE L’ETAT, met en place un système de libertés, qui exige en retour que chaque acteur médiatique et d’une manière générale, tous ceux qui choisissent de s’exprimer dans l’espace public à travers les médias, aient à se conformer non seulement aux règles éthiques et déontologiques qui gouvernent l’exercice de cette profession, mais aussi, qu’ils se soumettent au primat des valeurs fondamentales en vigueur au sein de la République.

Par ailleurs, il importe de ne pas perdre de vue que pour un pays aussi jeune que le nôtre, la progression vers une société de libertés est allée de manière ascendante, avec un rythme d’accélération particulièrement remarquable.

En ce qui concerne le secteur des médias, si je ne prends que cet exemple, créer un simple journal pour une personne autre que l’Etat, relevait il y a trente ans seulement, d’un véritable parcours du combattant ; et une telle entreprise était encore plus ardue, voire impossible en ce qui concernait de la radio ou de la télévision.

Au plan des contenus, une simple évocation critique dirigée contre une institution publique ou une personnalité officielle pouvait valoir à son auteur ou à celui qui l’employait, toutes sortes de déconvenues, pouvant aller selon le cas jusqu’à sa privation de liberté ou la cessation de son activité.

Vous convenez avec moi que tout ceci n’est aujourd’hui qu’un lointain souvenir.

Les résultats des réformes entreprises dans ce secteur depuis la fin des années 90 sont suffisamment évocateurs.

A ce jour en effet, les organes de presse écrite déclarés auprès des administrations compétentes se comptent en plusieurs centaines, 600 environ, dont plus d’une dizaine de quotidiens. On dénombre plus de 200 stations de diffusion de radio sonore de toutes catégories (radios commerciales, confessionnelles, thématiques, communautaires …), une trentaine de chaînes de télévision, 200 opérateurs de télédistribution, sans oublier la multitude de médias cybernétiques qui peuplent le réseau Internet.

Ce constat étant fait, c’est à présent aux professionnels des médias désormais nantis de ces outils de liberté, qu’il appartient de faire en sorte que le meilleur bénéfice en soit tiré pour la société camerounaise tout entière et pour l’image à travers laquelle le monde extérieur perçoit le Cameroun.

Pour ce faire, ils doivent toujours garder présent à l’esprit qu’ils tiennent entre leurs mains des instruments stratégiques pour la vie de la nation. C’est pour cela que nous n’avons de cesse d’en appeler à leur professionnalisme, à leur responsabilité et à leur citoyenneté dans l’exercice de leur métier.

Car, le mauvais usage de cette liberté peut, contre toute attente, devenir périlleux pour les équilibres de la nation qui est la leur.

Mal exploité, abusé et dénaturé, à l’instar de ce que nous observons avec désolation ces derniers temps dans notre pays, l’usage de cette liberté peut aussi bien déconstruire, voire détruire.

Il ne s’agit donc pas d’un instrument qu’il faut prendre à la légère, mais qu’il faut au contraire appréhender, dans la pleine mesure de son caractère à la fois sensible et stratégique.

Notre presse se doit par conséquent de se regarder en face, si elle ne veut pas courir le risque de passer à côté de l’enjeu d’édification de ce Cameroun stable et prospère dont elle a elle-même grand besoin, au moins autant que le peuple camerounais tout entier.

Au sujet de l’usage pernicieux des réseaux sociaux devenus de véritables fourre-tout déviants et déconcertants, l’on doit malheureusement se rendre à l’évidence de leur regrettable détournement, par rapport aux objectifs qui leur furent assignés à l’origine.

Dans le registre du courant médiatique en perte de repères que nous venons de décrire s’agissant des médias classiques, les réseaux sociaux se distinguent encore plus par leur inclination prépondérante à la diffusion et au partage de fausses nouvelles encore appelées «Fake News », aux attaques personnelles et autres règlements de compte à ciel ouvert, aux atteintes à l’intimité de la vie privée, au non-respect du secret des correspondances, qu’elles soient publiques ou privées et d’une manière générale, à la violation des règles de base nécessaires à une vie sociale saine et tolérante.

Un tel dévoiement situe l’usage des réseaux sociaux aux antipodes de leur vocation première qui est celle d’un dialogue communautaire autant constructif qu’édificateur, permettant des interactions sociales virtuelles et sans limites géographiques, grâce aux vertus des technologies numériques, même en situation de mobilité.

Les réseaux sociaux n’ont donc pas été créés pour détruire l’ordre et les valeurs du monde, mais plutôt pour les construire, les fortifier et les mettre à contribution pour l’épanouissement de l’Homme et de la société.

C’est pourtant le contraire que nous vivons dans le contexte camerounais aujourd’hui, où l’appropriation des réseaux sociaux par de nombreux acteurs sortis de nulle part, mus allègrement en journalistes improvisés, transforme ces espaces de communication privilégiés en de véritables foires d’empoigne, où seuls la déformation des faits, les mutations de vices en de fausses valeurs, les discours de haine, les attaques personnelles, les allégations mensongères et les affirmations sans fondements, ont droit de cité.

Toute cette panoplie est, comme on peut le constater aisément, de nature à faire le lit d’une destruction des valeurs communautaires et d’une implosion des ferments sociaux.

Ici encore, le Gouvernement de la République dénonce cette tendance nocive à la construction du modèle social auquel tout camerounais est en droit d’aspirer, mais qui au fil des jours et de manière pernicieuse, s’enracine dans les mœurs médiatiques de notre pays.

Le Gouvernement en appelle dès lors à la prise de conscience de tous et de chacun, pour se recentrer sur les idéaux de départ de ces formidables outils de communication rendus accessibles à tous, et démocratisés grâce à l’expansion de l’Internet, autant qu’il condamne fermement les déviances grandissantes constatées dans l’usage de ces mêmes réseaux.

En tout état de cause, le journalisme, le vrai et le bon journalisme, doit rester noble par excellence. 

Le journaliste n’est ni un aventurier, ni un tireur à gages, ni un factotum à la solde d’idéologies honteuses et nocives.

Le journaliste doit demeurer cet historien du présent, dont la seule matière première réside dans le caractère factuel du traitement qu’il fait de l’actualité et des situations qui l’entourent avec, à chaque fois, une considération scrupuleuse des impératifs qui fondent la société et des valeurs structurantes de sa communauté.

A ceux parmi les professionnels des médias, qui ont choisi de s’identifier à cette noble idée du journalisme, le Gouvernement apporte et continuera d’apporter son soutien dans l’exercice de leur métier.

Aux autres qui, par ignorance ou par naïveté, se laissent encore entraîner par les déviances du déni professionnel, le Gouvernement lance un appel pressant en vue d’un sursaut de responsabilité et un recentrage sur la vocation de ce métier et de ses canons universels.

Les uns et les autres doivent de toute façon savoir que c’est à eux et à eux d’abord, qu’il revient de réécrire les lettres de noblesse de leur métier et de mettre toutes les énergies à contribution pour qu’ils redeviennent ce qu’ils n’auraient jamais dû cesser d’être, à savoir, une boussole des aspirations et de l’épanouissement des peuples.

En d’autres termes, pour ce journalisme que nous appelons de tous nos vœux, il faut voir les choses telles qu’elles sont, et non telles que nous pensons qu’elles sont, ou que nous voulons qu’elles soient.

Je vous remercie de votre aimable attention. /-

Par René Emmanuel Sadi

Cameroun : Minette Libom Li Likeng instruit à l’ANTIC de procéder à la vente du .Cm à 2 000 F.Cfa

[Digital Business Africa] – Pour de nombreux Camerounais, c’est peut-être le moment d’acheter son nom de domaine en .cm. Du 01er juillet 2020 au 01er octobre 2020, pour tout citoyen camerounais, le coût annuel d’enregistrement du nom de domaine de premier niveau du Cameroun  est fixé à deux mille (2000) F.CFA toutes taxes comprises. C’est une décision de la ministre des Postes et Télécommunications, Minette Libom Li Likeng, datée du 22 juin 2020 qui l’indique.

Dans cette décision, la ministre précise qu’il s’agit d’une campagne promotionnelle du ccTLD. En amont, durant la période suscitée, l’Agence nationale des technologies de l’information et de la communication (ANTIC) chargée de la gestion de ce domaine, est instruite par la ministre à fixer  le coût annuel de vente des noms de domaine en « .cm » aux bureaux d’enregistrement ou « Registrar » agréés à mille (1000) F.CFA toutes taxes comprises.

De leur côté, la revente de ces noms de domaine par les Registrars agrées ne devra pas excéder un coût public annuel de 2 000 F.CFA toutes taxes comprises.

Dans sa décision, la ministre instruit le Dr Ebot Ebot Enaw, directeur général de l’ANTIC, de se charger de l’application de cette décision.

7 000 francs Cfa, prix usuel

Il faut noter que les coûts des noms de domaine en .cm ont baissé de près de 70% entre 2009 et 2015. Les coûts d’enregistrement des noms de domaines sont passés de 131 000 F.Cfa à 23 850 F.Cfa, puis de 23 850 F.Cfa à 10 000 F.Cfa et enfin de 10 000 F.Cfa à 7000 F.Cfa, dernier coût fixé par la décision N°00000128/Minpostel du 26 mai 2015 fixant les coûts annuels d’enregistrement des noms de domaine en .cm.

Aussi, d’après l’Antic, le nombre de noms de domaine enregistrés en « .cm » a connu un accroissement significatif, passant de 180 en 2009 à 53 480 en 2015. Derniers chiffres jusqu’ici connus.

Il y a quelques années, l’Antic vantait la sécurisation du cyberespace national via l’implémentation du protocole Dnssec qui permet, entre autres, de renforcer la sécurité du « .cm » en garantissant l’authenticité et l’intégrité des transactions afférentes à la résolution des noms de domaine en « .cm » et de prévenir l’usurpation des noms de domaine en « .cm ».

.Cm à 2000 francs Cfa au Cameroun

Acheter son nom de domaine en .CM

Au Cameroun, c’est l’ANTIC, établissement public administratif doté de la personnalité juridique et de l’autonomie financière administrée, qui s’occupe de la gestion du .Cm. En effet, l’article 4 du décret No 2019/150 du 22 mars 2019 portant organisation et fonctionnement de l’ANTIC assigne à celle-ci la mission de gestion des ressources de nommage et d’adressage.

De ce fait, l’ANTIC est chargée entre autres d’élaborer la politique et les procédures d’enregistrement des noms de domaines «.cm », de l’hébergement, de l’administration des serveurs racine, de l’attribution d’agrément de Registrar, du «.cm ».

A ce jour, il existe au Cameroun une douzaine de  Registrars agréés. Parmi lesquels MTN Cameroon, Camtel, Creolink, GlobexCam, C@moo, InfoGénie, Prosygma cameroun, Netcom, Htt Telecom, Matrix Telecoms, IccSoft, WorldVoice.

Le public donc peut se rapprocher auprès de ces Registrars (consulter leur site web respectif) pour acquérir leurs noms de domaine en .Cm. Sauf qu’à ce jour (14 juillet 2020), tous ces registrars ne vendent pas encore le nom de domaine à 2 000 francs Cfa comme indiqué. Chez MTN Cameroon, le tarif appliqué est encore fixé à 7 000 francs Cfa. Interpellé à ce sujet par un internaute, MTN Cameroon promet de mettre à jour ses tarifs dans les meilleurs délais !

MTN réponse .CM

Par ailleurs, en plus de la possibilité d’enregistrement du .Cm chez les Registrars, la ministre Minette Libom Li Likeng a annoncé sur Twitter qu’une plate-forme  d’enregistrement du .Cm est en cours de création. Elle sera mise à la disposition des registrars qui a leur tour la mettront à disposition du public.

Dans le cadre de sa mission, l’ANTIC, en tant que gestionnaire des ressources de nommage (Registre du « .cm »), a pour fonctions , entre autres, la mise en place de la politique de gestion du .cm et de la charte de nommage et la gestion de la base de données centrale pour tous les noms de domaine avec l’extension .cm.

Par Digital Business Africa

Jean-Baptiste ESSISSIMA : « Mon ambition , faire d’Afritubes la plateforme de référence de partage de vidéos de la communauté afro »

[Digital Business Africa] – Serial entrepreneur, le Camerounais Jean-Baptiste ESSISSIMA a lancé ce mois de juillet 2020 une nouvelle initiative web qui séduit déjà en ligne : Afritubes. C’est une plateforme de partage de vidéos en ligne qui se propose de rémunérer les artistes et producteurs de vidéos autrement. Surtout, mieux que YouTube et les autres plateformes de partage de vidéos.

Dans cet entretien avec Digital Business Africa, le jeune camerounais qui réside aujourd’hui au Canada nous présente ce projet et ses ambitions. Mais également, Jean-Baptiste ESSISSIMA fait un clin d’œil à ses autres projets. Notamment, le réseau social Netiwooki.com, la plateforme d’éducation et de révisions en ligne pour les élèves du secondaires Schoolmobile.net, mais également sa  web TV : GoAfricaTv.com, anciennement Go Ahead Africa TV. En bonus, il nous livre quelques anecdotes sur son parcours professionnel plutôt exceptionnel.  

Digital Business Africa : Quelle est la petite histoire qui se cache derrière l’initiative Afritubes ? Comment est-elle née et quels sont ses objectifs ?

Jean-Baptiste ESSISSIMA : L’idée m’est venue en écoutant les plaintes de certains youtubeurs qui voyaient leurs vidéos supprimés ou leur compte désactivé. Ils formulaient le vœu que les Africains puissent avoir leur plateforme pour diffuser des messages qui ne plaisent pas toujours à une certaine élite mondialiste.

Aussi, je voulais proposer un nouveau business model aux artistes africains. Voyez-vous avec la situation sanitaire actuelle, les artistes vont rester longtemps sans se produire dans les salles de spectacle. D’ailleurs, très peu se produisent dans ces salles. Alors, comment compte-t-ils gagner de leur argent en mettant gratuitement leurs œuvres dans les plateformes comme Youtube et Facebook ?

 Ces deux plateformes, une fois qu’un contenu y est publié, les gens n’ont plus l’intérêt d’acheter l’œuvre. Il y a des gens qui animent leur soirée à domicile avec les œuvres diffusées dans Youtube. Ce gratuit tue l’artiste africain.

D’ailleurs, les grands noms de la musique américaine ont déserté Youtube, pour publier dans une autre plateforme payante. Fort de toutes ces raisons sus-évoquées, j’ai décidé de lancer Afritubes pour permettre aux africains et afro-descendants d’avoir une plateforme d’expression libre et aux artistes et créateurs de contenus vidéos, une plateforme de monétisation de leurs œuvres.

Digital Business Africa : L’on voit beaucoup de similitudes avec YouTube.  Afritubes est-il est un Youtube pour l’Afrique ?

Jean-Baptiste ESSISSIMA : Afritubes est une plateforme de partage vidéos, comme il en existe plusieurs : Dailymotion, VK, Brighteon, Youtube, etc.  Afritubes, c’est tout simplement une plateforme de partage des vidéos où l’on peut retrouver un contenu exclusivement afro.

Digital Business Africa : Quelle est sa particularité et en quoi Afritubes est différent de Youtube ?

Jean-Baptiste ESSISSIMA : Youtube est la plateforme de partage de vidéos la plus connue par les Africains. Je comprends pourquoi vous prenez cette plateforme comme référence. Je vais donc répondre sous cet angle, mais la réponse concerne toutes les autres plateformes.

La particularité d’Afritubes, c’est une plateforme qui a été mise en ligne pour recevoir un contenu exclusivement afro. Il est différent de YouTube en ce qui concerne la monétisation. Youtube, est une plateforme qui a contribué à appauvrir les artistes et créateurs de contenus africains. A cause de la gratuité, les artistes et créateurs de contenus déposent leurs œuvres dans cette plateforme contre des cacahuètes.

 Il faut dire aux artistes africains que le nombre de vues et de likes ne paient pas les factures ou les charges de studio. Je ne connais aucun artiste africain qui a reçu un chèque de 3000 dollars venant de Youtube. Cette plateforme ne peut pas payer les artistes mensuellement, or elle gagne de l’argent mensuellement avec les publicités.

Aujourd’hui, pour monétiser les vidéos dans Youtube, il faut avoir 1000 abonnés et un total de 4000h de diffusion des vidéos publiées. Avec un tel système, l’artiste ne gagne rien. Le système de monétisation d’Afritubes permet ‘’aux vrais fans’’ de payer un franc symbolique pour visionner la dernière œuvre mise en ligne par l’artiste. Et c’est l’artiste lui-même qui fixe le prix de son œuvre pour qu’elle soit vue. L’argent est reversé directement à l’artiste. L’artiste contrôle ses ventes à partir de son compte, et il sait exactement combien il va recevoir.

Digital Business Africa : La plateforme web AfriTubes a été officiellement lancée le 07 juillet 2020. Quels sont les chiffres qui font aujourd’hui AfriTubes?

Jean-Baptiste ESSISSIMA : AfriTubes a été mise en ligne le 02 juillet 2020 et officiellement lancée le 07 juillet 2020. Trois jours après son lancement, AfriTubes totalise  841 utilisateurs inscrits, 180 vidéos postées, 33 724 vidéos vues. Et chaque 10 minute, on a une nette progression de ces chiffres.

Digital Business Africa : Quelles sont vos ambitions avec Afritubes ?

Jean-Baptiste ESSISSIMA : Notre ambition est de faire d’Afritubes la plateforme de référence de partage de vidéos de la communauté afro.  Une plateforme de référence de partage de vidéos pour africains et afro-descendants.

Jean-Baptiste ESSISSIMA

Cela étonne souvent les gens quand je leur dis je suis tombé dans l’informatique comme un cheveu dans la soupe. J’ai un baccalauréat A. Après une année en Faculté de Droit, j’ai raccroché pour suivre quelque chose de pratique. C’est alors que je découvre l’Internet grâce à un ami…Jean-Baptiste ESSISSIMA

Digital Business Africa : Quel est votre parcours personnel ?

Jean-Baptiste ESSISSIMA : Cela étonne souvent les gens quand je leur dis je suis tombé dans l’informatique comme un cheveu dans la soupe. J’ai un baccalauréat A. Après une année en Faculté de Droit, j’ai raccroché pour suivre quelque chose de pratique. C’est alors que je découvre l’Internet grâce à un ami qui m’a permis de lui donner un coup de main dans son cybercafé. C’est là que je suis piqué par le virus de l’informatique et de l’Internet. Je deviens touche à tout. Vous savez c’est un domaine vaste. Je voulais avoir des notions sur tout.

Entretemps, j’ai commencé à prendre des cours à ligne et à passer des certifications. Ma carrière professionnelle a démarré avec la défunte entreprise Newtech, qui était un fournisseur d’accès internet et qui avait un pool cybercafé de près de 200 ordinateurs.

Au début des années 2000, c’était le must des cybercafés à Yaoundé. En 2002, je suis recruté à la Société de Presse et d’Edition du Cameroun (Sopecam), comme administrateur web. J’occupe ce poste pendant 12ans.

Entre temps, j’ai été assistant administrateur web pour l’UNESCO dans le cadre d’un projet. Toutes ces années, je n’ai pas cessé d’accumuler les connaissances dans les différents domaines en fonction de l’évolution de l’Internet. Je devenu un développeur web et applications mobiles, gestionnaire de projet web, créateur d’entreprise. Je quitte le Cameroun en 2012. Je réside actuellement au Canada, où j’ai créé ma propre entreprise de développement web et d’applications mobiles.

Digital Business Africa : Vous avez à votre actif plusieurs projets numériques. Quel est à présent le projet réalisé qui fait votre fierté ?

Jean-Baptiste ESSISSIMA : Tous mes projets font ma fierté. Certains ont encore besoin d’un travail de fond pour qu’ils soient au top de leurs fonctionnalités. Les plus aboutis sont le réseau social africain Netiwooki.com et la plateforme d’éducation et de révisions en ligne pour les élèves du secondaires schoolmobile.net. J’ai aussi une web TV : GoAfricaTv.com.

Jean-Baptiste ESSISSIMA

Digital Business Africa : Sur quel autre projet précis travaillez-vous en ce moment ?

Jean-Baptiste ESSISSIMA : L’Afrique a un problème de paiement électronique. Ce qui constitue un frein pour le décollage du e-commerce. Je suis en train de travailler sur une banque en ligne qui va permettre d’apporter un début de solution par rapport à ce problème.

Digital Business Africa : Comment, d’après-vous, les  pouvoirs publics devraient-il venir en aide aux jeunes entrepreneurs et innovateurs du pays ?

Jean-Baptiste ESSISSIMA : Les pouvoirs publics devraient mettre en place des incubateurs dans les grandes villes du Cameroun. Notamment à Douala et Yaoundé. Ce sont des structures qui permettent aux jeunes qui ont des projets innovants d’avoir accès à des ressources plus facilement : financement, formation, encadrement. Ces structures accompagnent les jeunes de l’idée jusqu’au lancement du produit.

Digital Business Africa : Quel est votre conseil aux jeunes qui se lancent dans des initiatives numériques comme vous ?

Jean-Baptiste ESSISSIMA : Je leur demande de croire à leur projet, de s’armer de patience et surtout de se mettre à jour par rapport à l’évolution des technologies. Ca va très vite dans le domaine de l’Internet. Ça demande aussi beaucoup de sacrifices, des nuits sans sommeil, un investissement financier personnel à long terme. Les utilisateurs sont devenus très exigeants, donc il faut que le produit que l’on lance réponde aux attentes à 90% de ce qui existe déjà sur le marché. L’amateurisme n’a pas de place dans ce type de projet.

Digital Business Africa : En cinq phrases maximum, s’il vous était donné de rencontrer le président de la République, Paul Biya, que lui diriez-vous ?

Jean-Baptiste ESSISSIMA : C’est un souhait de le rencontrer. Et si l’occasion m’était donnée, je lui présenterais des pistes de solutions pour promouvoir l’innovation technologique en faveur des jeunes. Car aujourd’hui, les entreprises technologiques contribuent énormément au PIB au même titre que les matières premières dans un pays.  Lorsqu’on parle des géants de la Silicon Valley (Google, Amazon, Facebook, Apple, Microsoft), en janvier 2020, ces cinq multinationales franchissaient le seuil des 5 000 milliards de dollars de capitalisation boursière combiné, soit 2.4 fois la valeur du CAC40.

Investir sur la technologie et l’innovation va résoudre bon nombre de problèmes des jeunes camerounais. Et je lui demanderai de créer un cadre de concertation entre les différents acteurs du domaine des technologies numériques. Au plan continental, les choses avancent et le Cameroun ne doit pas être dernier !

Propos recueillis par B-O.D.

Voir le message vidéo de Jean-Baptiste ESSISSIMA sur AfriTubes

Cameroun : Pour le Pr Philémon Zoo Zame [ART], il existe une franche collaboration et une compréhension mutuelle avec le Pr Justine Diffo

[Digital Business Africa] – Contrairement à ce que laissent entendre certaines publications sur les réseaux sociaux depuis hier, entre le DG et le PCA de l’Agence de régulation des télécommunications, il existe un climat empreint de franche collaboration, de sérénité et de compréhension mutuelle. C’est le message qu’a tenu à faire passer le Pr Philémon Zoo Zame ce 09 juillet 2020.

Dans un communiqué de presse, il précise relève que depuis le 08 juillet 2020, les réseaux sociaux et certains organes de presse relayent une prétendue note non datée, portant sa signature, impliquant de hautes personnalités. Ceci en vue de jeter du discrédit sur la personne du Pr Justine Diffo, présidente du conseil d’administration de l’ART, qui entretiendrai des incompréhensions et relations non cordiales avec la direction générale de l’ART.

« Je tiens à démentir formellement l’authenticité de cette note dont l’intention est de maintenir un climat conflictuel entre les principaux dirigeants des organes sociaux de l’ART et de jeter l’opprobre sur le fonctionnement des institutions de la République », précise le Pr Philémon Zoo Zame.

Justine Diffo et Zoo Zame

Le DG rappelle aussi que, depuis sa nomination, le Pr Justine Diffo a présidé deux sessions du Conseil d’administration, « dans un climat empreint de franche collaboration, de sérénité et de compréhension mutuelle, dans le strict respect des règles d’éthique ».

Lors de sa 46ème session ordinaire tenue le 30 juin 2020, le conseil d’administration de l’ART a en effet adopté les comptes et états financiers de l’exercice 2019, ainsi que plusieurs autres résolutions.

Le Pr Philémon Zoo Zame dans son communiqué rassure l’opinion publique que « les différentes manœuvres de déstabilisation ne sauraient perturber la détermination et l’engagement des dirigeants des organes sociaux de l’ART, pour remplir pleinement les missions qui leur ont été confiées avec loyauté par le gouvernement et le Président de la République, Chef de l’Etat ».

ART Communiqué Presse

Par Digital Business Africa

Quintly, une start- up en pleine croissance qui scrute les humeurs des internautes

[Digital Business Africa] – En 2018, le cabinet Quintly, inconnue du grand public, était parvenu à analyser quelque 44 millions de messages sur Facebook. Si ces publications étaient en rapport avec 218.289 marques de référence, les initiateurs des messages qui furent analysés provenaient des quatre coins du monde.

En faisant le choix de se lancer sur des marchés à fort potentiel, cette start- up qui fait preuve de discrétion professionnelle surf sur la cyberéconomie dont la data est le pétrole du 21e siècle. A travers la collecte et l’analyse d’information sur Facebook et Instagram, Quintly a surgi sur le devant de la scène après une étude sur l’utilisation des émojis proposés par Facebook en 2016. Il convient cependant de souligner que Facebook a toutefois rendu disponible un nouveau bouton de réaction.

Apres l’apparition de la Covid-19, la firme de Mark Zuckerberg lança un nouvel emoji.  Selon les responsables du réseau social au logo bleu, cet émoticône qui tient dans ses bras un cœur permet aux mobinautes d’exprimer leur soutien à leurs proches et amis. Pour Facebook, cet émoticône est venu combler un besoin en raison de la distanciation sociale imposée par le coronavirus.

Dans la palette de boutons disponible sur Facebook, on retrouve aussi le pouce, le cœur, le rire, la surprise, les pleurs et la colère.

En 2016, le cabinet Quintly a pu analyser les réactions de nombreux internautes au travers de leurs réactions sur  Facebook. Initiée sur quatre mois, à savoir du 1er janvier au 30 avril 2018, l’étude réalisée par ce fleuron de l’économie numérique allemande révèle que les émoticônes de Facebook n’auraient pas trouvé de nombreux adeptes.

Selon la firme allemande, les internautes préféraient à l’époque, le bouton classique J’aime. La société d’analyse des réseaux sociaux précise cependant qu’en avril 2016, seuls 2,4% des interactions étaient soit un “J’adore”, “Haha”, “Wouah”, “Triste” ou “Grrr”. Deux ans plus tard, Quintly annonce que les habitudes des utilisateurs de Facebook ont évolué. Afin d’illustrer ses propos, la start- up souligne qu’en 2018, l’utilisation des émoticônes représentait désormais 12,8% de toutes les interactions, entraînant une baisse de la cote du traditionnel bouton j’aime.

Toujours selon le cabinet Quintly, le bouton j’aime représentait 76,4% de toutes les interactions en avril 2016 avant de passer en 2018 à 61,2%.  A la même époque, la firme allemande note que les boutons de réactions J’adore et Haha étaient à égalité avec 35%.

L’étude de Quintly indiquait également les pays où les internautes utilisaient le plus la réaction                          « Grrr», synonyme de colère.  En s’appuyant sur les opinions exprimées sur divers sujets, il fut facile pour Quintly de parvenir à ce résultat, tout en cernant dans un espace politique structuré par des préférences politiquement définies, les inclinations, les doutes, les attentes et finalement les probabilités de vote des internautes.

En 2018, le Mali figurait parmi les pays qui ont fourni les données produites dans le cadre de l’étude du cabinet allemand.  Pour la réaction « Grrr», on retrouvait cependant en tête du classement la Corée du Sud et la France. Il y a deux ans de cela, la place occupée par la Corée du Sud dans le classement de Quintly, serait lié à une série de mauvaises nouvelles qui ont frappé ce pays d’Asie de l’est. 

Parmi ces nouvelles, on retrouve par exemple, l’incendie qui a détruit un hôpital de la ville de Miryang par exemple. À la suite de cet incendie, l’enquête réalisée a révélé que l’hôpital ne disposait pas de système d’extincteurs automatiques ni de système de contrôle de la fumée. En Corée du Sud, les conclusions de l’enquête avait provoqué un fort état d’énervement auprès des populations qui s’étaient tourné vers Internet afin d’exprimer leurs frustrations.

Dans le classement réalisé par Quintly en 2018, la France suivie par la Suède et les Etats-Unis arrivait juste derrière la Corée du Sud dans l’utilisation de l’émoticône fâché.  Au regard du vent de colère qui souffle actuellement au Mali, on pourrait toutefois s’interroger sur le rang qu’occuperait le Mali si ce classement était actualisé.  En effet, suite à l’appel du Rassemblement des forces patriotiques du Mali, une coalition regroupant des chefs religieux, des partis politiques et des membres de la société civile, plusieurs dizaines de milliers de personnes expriment leur ras-le-bol à travers le Mali.

Par ailleurs, ces manifestants réclament la démission du président Ibrahim Boubacar Keïta, élu en 2013 et réélu en 2018. Si la situation sociopolitique actuelle du Mali  est largement débattue sur les réseaux sociaux, il convient de souligner que certaines agences de communication utilisent désormais des logiciels qui scrutent les commentaires postés sur les réseaux sociaux. 

Ces logiciels permettent une surveillance à travers laquelle les utilisateurs sont mesurés en fonction de leur humeur et de leur réceptivité aux messages diffusés. Il convient cependant de regretter que cette surveillance favorise désormais des prospections pour le compte des officines politiques. A l’aide des algorithmes d’intelligence artificielle, l’utilisation de cette méthode permet de générer des usages manipulateurs de l’information et des fake news. Lors des dernières élections brésiliennes par exemple, un logiciel du nom de WNL a été utilisé en pleine campagne par un politicien afin de diffuser du contenu dans plus d’une centaine de groupes WhatsApp.

Par Dr Qemal Affagnon

Qemal Affagnon

Le Dr Qemal Affagnon est le responsable Afrique de  l’Ouest de l’ONG de défense des droits numériques, Internet Sans Frontières. Dans le cadre de ses travaux de recherche, il a publié plusieurs articles académiques sur la multifonctionnalité de l’Internet et des réseaux sociaux dans la pratique de la religion.  Il est également spécialiste en stratégie de lutte contre les coupures internet, la protection des données, la cybercriminalité et l’éducation aux médias sociaux. En sa  qualité d’expert électoral, il a observé des scrutins électoraux en RDC, en Afrique du Sud et au  Mozambique.

L’après COVID-19: surmonter le double péril du nouveau coronavirus en Afrique centrale

[Digital Business Africa – Avis d’experts – Par Antonio Pedro*]Ce n’était pas un cauchemar: cela est arrivé. Ce n’était pas le film « Contagion » de Steven Soderbergh (2011) ou un film de science-fiction où un personnage voyou déclenche une guerre biologique pour maximiser les profits. Ce n’était pas un cauchemar non plus! Cela  a réellement eu lieu.

Bill Gates l’avait prédit en 2015,  et avait indiqué que le monde n’y serait pas préparé. Ce n’était pas le cas! Une prophétie réalisée? Un Nostradamus du 21è siècle?

Mis à part les théories du complot, la pandémie a touché les riches et les pauvres, les pays développés et les pays en développement, les vieux et les jeunes, les légendes de la musique et les Premiers ministres et même un célèbre virologue comme Peter Piot, directeur de la London School of Hygiene & Tropical Medicine et l’un des découvreurs du virus Ebola; bref, nous avons tous été touchés et de manière apocalyptique!

Des mesures draconiennes ont été prises. Les États membres ont déclaré l’état d’urgence, des couvre-feux ont été imposés, des cabinets de guerre ont été établis, le confinement est devenu une norme et les soldats sont sortis des casernes pour faire respecter cette mesure. Et plus encore; les frontières ont été fermées, compromettant les moyens de subsistance des commerçants transfrontaliers informels, en particulier les femmes, et causant des ravages dans les pays en développement sans littoral tels que le Tchad et la République centrafricaine.

Des vols ont été suspendus et de nombreux avions sont restés cloués au sol. Deux de mes collègues sont restés bloqués à Brazzaville pendant environ un mois et, Inge, ma fille, étudiante en Afrique du Sud, n’a pas pu nous rejoindre à Yaoundé pour les congés de Pâques. Tragiquement, les restrictions de voyage nous ont contraints, moi-même et beaucoup d’autres à travers le monde, de ne pouvoir voyager pour aller voir des parents et rendre un dernier hommage à des êtres chers décédés au cours de cette période.

Instabilité macroéconomique accrue

Les prix du pétrole ont chuté en dessous de 20 USD le baril en raison de la dynamique de l’offre et de la demande ainsi que des guerres de prix entre la Russie et l’Arabie saoudite, aggravant l’instabilité macroéconomique dans les pays dépendants des exportations de pétrole. L’on peut en citer quelques-uns en Afrique centrale comme l’Angola, le Tchad, le Congo, le Gabon et la Guinée équatoriale.

Nous avons assisté à un Jeudi Noir, et sommes entrés dans un marché à la baisse avec des actions chutant de près de 30% en-deçà des chiffres records. Les entreprises ont déclaré faillites et des sauvetages massifs nous ont rappelé l’effondrement économique mondial et la crise financière de 2008 et l’histoire «trop grand pour faire faillite». La firme Boeing avait besoin de milliards d’aide pour survivre. Certaines compagnies aériennes se sont effondrées, l’IATA estimant les pertes de ce secteur industriel à 84 milliards de dollars en 2020.

Les usines sont restées fermées, les restaurants aussi. L’industrie des jeux et du divertissement a été durement touchée avec la fermeture des théâtres, des musées et des salles de concert. Le sport n’a pas été épargné non plus ; après une interruption de 3 mois, s’en sont suivis de rencontres surréalistes joués à huis clos sans spectateurs, à l’instar du derby Everton-Liverpool Merseyside qui, en temps normal, aurait attiré des dizaines de milliers de fans. À la consternation de beaucoup, en raison de l’interdiction de la vente de l’alcool pendant la période du confinement, et du manque de capacité de stockage, les sociétés brassicoles en Afrique du Sud ont dû déverser l’équivalent de 400 millions de bouteilles de bière, les détaillants ayant cessé de se faire livrer la bière.

Partout, des emplois ont été perdus, poussant de nombreuses personnes au seuil de pauvreté, notamment dans le secteur informel. Pour le 2è trimestre 2020, l’OIT a estimé une baisse des heures de travail mondiales équivalente à 305 millions d’emplois à temps plein. Elle a également indiqué que 1,6 milliard de travailleurs de l’économie informelle seraient fortement touchés par les mesures de confinement, en particulier dans les pays en développement dépourvus de filets de sécurité appropriés. La violence basée sur le genre a augmenté, les dépressions mentales également.

Les pays se retrouvent dans un gouffre financier

Les chaînes d’approvisionnement mondiales ont été perturbées, la domestication de la production et de l’approvisionnement a augmenté, ce qui a conduit les analystes à indiquer que le rythme de la déglobalisation était irréversible. Alors que les économies s’effondraient, la restructuration de la dette a dominé le discours politique, car le manque de liquidité financière risquait de plonger les nations dans un trou financier encore plus profond. Les sociétés de notation étaient présentes, plusieurs pays étant inquiets que tout mouvement précipité de restructuration de la dette ou un appel à l’annulation de la dette pourrait conduire à une dégradation du «statut indésirable», leur fermant ainsi l’accès aux marchés!

Tout comme en 2008, le débat cette fois-ci est également devenu alphabétique,[1] les économistes se demandant si la forme de la reprise économique serait un Z, U, V ou W, en d’autres termes, une frénésie de dépenses et un bref boom après la fin du confinement suivis d’une trajectoire de croissance au même niveau que lors de la période pré-pandémique (Z); un ralentissement lent suivi d’une lente reprise (U); une chute dramatique suivie d’une forte reprise (V); ou une reprise suivie d’une autre rétraction puis d’un deuxième rebond (W), respectivement. D’autres, inspirés par le logo « Nike », parlaient d’une reprise «Nike swoosh», c’est-à-dire une montée subite rapide mais courte à la fin du confinement suivie d’une vitesse de récupération longue et plus lente.

La forme de toutes ces trajectoires de reprise économique dépendait, bien entendu, de nombreux facteurs, notamment de l’intensité de la pandémie, de sa durée, de l’éventualité d’une deuxième flambée d’infections et de l’efficacité des plans de relance pour accélérer la reprise. De nombreux experts ont convenu que la reprise économique dépendrait principalement de la vitesse à laquelle nous sortirions de nos appréhensions, car c’est ces facteurs, et non les mesures administratives, qui détermineraient la confiance des consommateurs, si nous pourrions nous rendre dans les restaurants, voyager, partir en vacances ou aller au salon de coiffure.

Malheureusement, contrairement à 2008, cette crise était différente. La COVID-19 a été une crise sanitaire, économique, sociale et humanitaire unique et tragique, avec tous les pays du monde touchés, des millions de personnes infectées et des centaines de milliers de morts, y compris Manu Dibango, dont le titre à succès sorti en 1972, Soul Makossa, a inondé les pistes de danse dans le monde entier. Pas même la potion magique de Druid Getafix n’aurait sauvé Obélix des effets déprimants de la COVID-19. Les masques et les désinfectants sont devenus une illustration de notre peur et du danger croissant auquel nous étions tous confrontés.

Nos habitudes et nos coutumes ont été éprouvées; le commerce électronique a explosé et de nouvelles applications ont frappé les marchés offrant des solutions à la vie en mode confinée. Nous avons appris à prendre des distances sociales et à naviguer entre Microsoft Teams, Zoom, Webex, Bluejeans, Skype for Business et de nombreuses autres plates-formes, le télétravail s’étant imposé. L’avenir du travail a changé sous nos yeux, illustrant mieux le concept selon lequel les pays pourraient passer à une économie de la connaissance et à une société numérique, et les anciennes pratiques désormais obsolètes.

Nous sommes résilients

Au milieu des souffrances et des ravages causés par la COVID-19, nous avons été témoins des meilleurs moments de l’humanité. Des vieux ennemis ont oublié leurs vieilles querelles et se sont réunis pour le bien commun, certaines sanctions ont été levées pour des raisons humanitaires et les combats ont connu une trêve.

Au Royaume-Uni, le capitaine Tom Moore, un ancien combattant de la Seconde Guerre mondiale âgé de 100 ans, a collecté plus de 28 millions de livres pour la charité, un record mondial en dons recueilli pour la charité par un individu. Le méga concert virtuel de l’OMS, de Global Citizen et de Lady Gaga «Ensemble à la maison» a permis de recueillir 128 millions de dollars pour le Fonds de réponse solidaire COVID-19 de l’OMS pour aider à traiter et accélérer le développement d’un vaccin.

Des milliardaires de l’intérieur et de l’extérieur ont apporté de l’aide aux moins nantis. Les usines se sont rénovées pour pouvoir fabriquer des ventilateurs, des masques, des désinfectants, et d’autres équipements de protection individuelle (EPI). Sept équipes de Formule 1, un de mes sports préférés, se sont mis ensemble pour produire des ventilateurs.

Le tissu africain, le kitenge, est devenu un moyen à la mode et personnalisé de se protéger en donnant de la couleur aux masques et, mieux encore, des emplois aux petites et moyennes entreprises (PME) informelles. Heru Tech, une start-up de jeunes sénégalais a inventé le Yessal Box, un portique désinfectant, qui active la pulvérisation de solutions désinfectantes équipé d’un distributeur de désinfectant pour les mains et un appareil photo pour prendre la température et vérifier le port du masque par l’usager. Ceci n’est qu’un exemple de l’explosion de l’innovation déclenchée par la pandémie.

La course à la découverte d’un vaccin anti COVID-19 a mobilisé les gouvernements, les universités, les instituts de recherche et le secteur privé dans une relation symbiotique ou concurrente pour produire le vaccin entre 12 et 18 mois ou moins, par rapport au cycle habituel de quatre ans de recherche, d’essais précliniques et cliniques, d’approbation, de fabrication et de distribution, nécessaires pour produire et propager un vaccin tout nouveau et le mettre à la disposition du public. Et du coup 95 vaccins liés à COVID-19 étaient à l’étude au même moment[2].

Unir les forces pour sauver des vies

L’ONU est également venue en force, soutenant les gouvernements dans la réponse sanitaire et socio-économique aux niveaux mondial, régional et national. Le Secrétaire général de l’ONU a exhorté le monde à «travailler ensemble pour sauver des vies, alléger les souffrances et atténuer les conséquences économiques et sociales bouleversantes» de la COVID-19. Il a appelé les pays à reconstruire mieux afin que l’après COVID-19 soit plus pure, plus écolo, plus sain, plus sûr et plus résilient.

Les ministres africains des finances se sont réunis, sous l’impulsion de la Secrétaire exécutive de la CEA, le Dr Vera Songwe, et à la lumière du rapport fondateur de la CEA intitulé «COVID-19 en Afrique: protéger les vies et les économies»[3], qui a fourni une évaluation précoce des impacts socio-économiques de la pandémie sur l’Afrique et les réponses à y apporter, pour définir des mesures visant à restaurer la croissance et l’espoir sur le continent. Il s’agissait notamment d’un appel à: 100 milliards de dollars EU pour la relance économique; 100 milliards de dollars pour la réponse sanitaire; un soutien budgétaire de la Banque mondiale renforcé par des ressources; un meilleur accès aux décaissements d’urgence du FMI grâce à sa fenêtre de facilité de crédit rapide et à d’autres facilités d’urgence; un moratoire de deux ans pour la dette de toute l’Afrique afin de fournir un espace budgétaire aux gouvernements souffrant de pertes de revenus importantes; une attribution de droits de tirage spéciaux (DTS) afin de fournir des liquidités supplémentaires pour le développement du secteur privé; et la mise en place d’un fonds commun de créance (FCC) pour gérer la dette commerciale de l’Afrique. Des entretiens qui ont suivi avec le G20, le Club de Paris, le FMI, la Banque mondiale, les bailleurs privés et les agences de notation ont façonné l’architecture de la réponse financière de l’Afrique à la pandémie.

En partenariat avec le Groupe Alibaba, la CEA a également facilité l’accès des PME africaines à la plate-forme électronique du commerce mondial (eWTP), leur permettant ainsi d’accéder à de nouveaux marchés grâce à des ventes B2C (entre les entreprises et les consommateurs) efficaces et rapides. Cette action a permis à de petites marques et à des produits distincts du continent tels que le poivre blanc de Penja, du Cameroun ou le beurre de cisaillement du Mali et la vanille des Comores ou de Madagascar, mondialement reconnus, de se remettre rapidement de la pandémie grâce à l’augmentation du volume de ventes permises par la plateforme. La plateforme a également offert une formation et un soutien dans des domaines tels que le commerce électronique, la logistique, le financement, le cloud computing et les paiements mobiles.

Antonio Pedro
Par Antonio Pedro, directeur du Bureau sous-régional Afrique centrale de la CEA

Un double péril à coup sûr

En septembre 2017, les États membres de l’Afrique centrale ont adopté le Consensus de Douala sur la diversification économique (grâce à l’industrialisation induite par les ressources et par le commerce) et le programme Made in Central Africa, des cadres que la CEA a élaborés en réponse à l’instabilité macroéconomique créée par la baisse des prix des matières premières en 2014. En construisant des économies résilientes et structurellement transformées dans la sous-région, l’Afrique centrale briserait enfin les cycles vicieux des booms et des contractions associés à sa dépendance excessive à l’exportation des matières premières. La COVID-19 a rendu cet impératif plus évident et urgent.

Les prévisions de la CEA prévoyaient que, dans le pire des cas, l’économie africaine passerait de la croissance du PIB de 3,2% prévue pour 2020 à -2,6%, annulant deux décennies de gains tirés des réformes soutenues et une croissance positive. Les pays africains exportateurs de pétrole devraient à eux seuls perdre 65 milliards de dollars américains en 2020.

La COVID-19 a durement touché l’Afrique centrale, principalement par les canaux de transmission des produits de base et du tourisme et la contraction de la demande intérieure. La pandémie a déclenché des perturbations du commerce international et un ralentissement de l’activité économique mondiale avec une baisse importante de la demande de biens et services, y compris le tourisme. Nos projections ont montré que les pays de la sous-région perdraient collectivement 4,1% de leur PIB prévu précédemment.

La sous-région a exporté la plupart de ses marchandises vers l’Asie (53%) et l’Europe (29%), deux des quatre régions les plus touchées par la COVID-19. Le ralentissement de la croissance dans le reste du monde, en particulier en Chine, a entraîné une baisse de la demande pour de nombreux produits d’exportation de l’Afrique centrale. Cette situation a eu un impact négatif sur les exportations et les revenus de l’Afrique centrale, les prix du pétrole, des minéraux, du cacao et d’autres produits de base ayant chuté, la visite des touristes aussi. Pour les pays comme l’Angola, le Tchad, le Congo, la Guinée équatoriale et le Gabon, le pétrole représente plus de 50% des exportations totales et la part des rentes pétrolières dans le PIB dépasse 20%.

Avec une baisse de plus de 50% du prix du pétrole causée par la COVID-19, la situation budgétaire de ces pays s’est brusquement affaiblie, limitant leur possibilité de déployer des ressources adéquates pour répondre à la pandémie sanitaire ou stimuler l’économie, d’où un cas de double péril! Les impacts négatifs de la COVID 19 sur l’Afrique centrale ne se sont pas limités aux pays producteurs et exportateurs de pétrole. Les restrictions de voyages en Europe ont réduit les revenus de Sao Tomé-et-Principe, tributaire du tourisme, et ont ralenti l’activité économique, entraînant une baisse de 34,2% du PIB, la plus élevée d’Afrique centrale et près du double de la baisse en pourcentage (18,5%) du PIB des producteurs de pétrole. Et l’exportation de la Guinée équatoriale, la deuxième pire réduction du PIB de la sous-région.

Contrairement à la Chine, l’Europe ou les États-Unis, la sous-région disposait d’un espace / capacité sanitaire faible et des moyens financiers insuffisants pour faire face immédiatement à une pandémie aussi massive que la COVID-19. C’était le péril épidémiologique. De plus, l’espace budgétaire trop réduit de la sous-région hérité de la crise de 2014 a limité les moyens disponibles pour renflouer le secteur productif et stimuler l’économie. En 2020, la relance budgétaire en pourcentage du PIB de la France, des États-Unis et du Royaume-Uni était respectivement de 11,8%, 11,7% et 6,7%, contre une moyenne de moins de 1% en Afrique centrale. Là était le péril financier.

Les pays d’Afrique centrale ont annoncé divers plans de relance pour atténuer l’impact de la crise sur la population et sur l’économie. Cependant, ces mesures n’ont eu que des effets de redistribution à très court terme, sans effet significatif sur le niveau de production global.

Si, comme le préconisait la CEA depuis des décennies, les pays d’Afrique centrale avaient soigneusement investi dans la diversification économique et la transformation structurelle de leurs économies, en particulier grâce à l’industrialisation induite par les ressources et le commerce, la sous-région aurait simplement été parmi le bloc le plus avancé en Afrique, dotée d’une marge budgétaire suffisante pour faire face à des éventualités comme la COVID-19. Au lendemain de la COVID-19, l’Afrique centrale aurait dû commencer à reconstruire mieux, avec une économie et des emplois plus écolos, tirant le meilleur parti du capital naturel et des services écologiques du bassin du Congo dans le monde grâce à une monétisation intelligente de cette classe d’actifs et de cette attraction de financements innovants sous forme d’obligations vertes et d’autres investissements à impact.

Nous insistons: Diversifier et poursuivre le label Made in Central Africa

Ainsi, plus que jamais et conformément au Consensus de Douala, les voies de sortie de l’après COVID-19 devaient être centrées sur la diversification économique, un appel que nous avons à nouveau lancé le 17 juin 2020 avec le président de la Commission de la CEMAC et du Secrétaire général adjoint de la CEEAC en charge de l’intégration physique, économique et du marché. La CEA a lancé le processus d’harmonisation et de consolidation des stratégies de la CEMAC et de la CEEAC sur le développement industriel et la diversification économique en un seul modèle intégré, le plan directeur industriel de développement et de diversification économique régional (PDIDE régional). Le webinaire a réuni une centaine de représentants des gouvernements, du secteur privé, des OSC, des agences des Nations Unies, des médias et d’autres parties prenantes de l’Afrique centrale.

Nous avons aidé les pays à saisir les opportunités créées par la COVID-19 pour monter et déployer des plans directeurs de diversification économique et d’industrialisation que les États membres de la région avaient élaborés ou élaboraient, y compris des stratégies nationales de la ZLECAf.

Nous avons aidé le Tchad à exceller dans la production d’énergie solaire et la valeur ajoutée industrielle dans les produits bovins, rivalisant avec le Botswana. Le Congo quant à lui est devenu la plaque tournante des engrais de l’Afrique centrale, transformant ses milliards de dollars de valle de potasse local en engrais, ce qui a fait de l’Afrique un exportateur net de produits alimentaires plutôt qu’un importateur, comme ce fut le cas pendant la COVID-19. Le Cameroun est devenu un leader régional de l’agro-industrie et de l’économie numérique. La Guinée équatoriale a accéléré ses gains dans la prestation de services, la R&D en médecine tropicale, l’éducation en ligne et la logistique, grâce à la force de son excellente infrastructure. Le Gabon est devenu un fournisseur de meubles en bois de classe mondiale grâce à sa rupture avec un passé récent où seul le bois brut était exporté. La République démocratique du Congo a ébloui le monde avec la transformation locale du cobalt en batteries lithium-ion pour les voitures électriques, se classant au premier plan de l’électrification des systèmes de transport en Afrique. Enfin, Sao Tomé-et-Principe a transformé ses abondantes ressources en matière d’économie bleue pour devenir une destination privilégiée pour le tourisme durable et un centre d’excellence pour la pêche et le développement marin.

Une approche d’investissement et de développement tournée vers l’intérieur, ancrée dans le libre-échange continental africain, a propulsé le label Made in Central Africa pour devenir une référence domestique de qualité et de haut niveau. Pour soutenir la diversification économique en Afrique centrale, nous avons lancé une révolution des compétences, en adaptant efficacement les investissements dans le développement du capital humain aux besoins du marché et de la société.

Il s’agissait de favoriser l’équité intergénérationnelle. C’est ce que nous, en Afrique centrale, avions à faire pour que nos enfants et petits-enfants et leurs générations vivent après dans un monde bien meilleur. Contrairement à ce que Bill Gates avait prévu en 2015, la sous-région a fait des investissements qui l’ont plus que jamais préparée pour faire face à la crise systémique des défis économiques et sanitaires. Une meilleure Afrique centrale a été construite.

La COVID-19 a été une expérience meurtrière, humiliante et d’apprentissage profond sans précédent dans l’histoire récente de l’humanité!

Le Prix Nobel de la paix et la personnalité de l’année

C’est là une manière bien brutale et incohérente de conclure, mais je n’ai pas pu résister à ajouter ce point.

Au lendemain de la COVID-19, le comité Nobel sera confronté à un dilemme pour choisir le lauréat du prix Nobel de la paix. Les infirmières, les médecins et les autres primo-intervenants feront partie des favoris du public avec l’OMS parmi les prétendants. Plus tard en janvier, les rédacteurs du journal Times auront également du mal à opérer un choix final sur la personnalité de l’année en spéculant entre leurs propres opinions et les résultats du sondage du choix du lecteur.

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Antonio Pedro

*Antonio Pedro est le directeur du Bureau sous-régional Afrique centrale de la Commission économique des Nations Unies pour l’Afrique (CEA).


[1] https://www.weforum.org/agenda/2020/05/z-u-or-nike-swoosh-what-shape-will-our-covid-19-recovery-take/

[2] https://www.nytimes.com/interactive/2020/04/30/opinion/coronavirus-covid-vaccine.html

[3] https://www.uneca.org/sites/default/files/PublicationFiles/eca_covid_report_en_24apr_web1.pdf

Avec Analytics for Artists, YouTube améliore et présente les statistiques détaillées de l’audience des artistes

[Digital Business Africa] – Le géant américain des vidéos en ligne YouTube, propriété de Google, a lancé cette semaine « Analytics for Artists ». YouTube souhaite ainsi offrir aux artistes “une vision complète et détaillée de leur audience”. Pour accéder à ces statistiques détaillées, les artistes doivent se rendre dans YouTube Studio.

Il s’agit en effet, d’une amélioration de son outil d’analyse des performances des vidéos. Ainsi donc, les artistes pourront désormais recevoir des données complètes, en temps réel (interactions  du public, données démographiques, engagement sur les vidéos…) ; mieux comprendre leur public, avec le nouveau KPI « Total Reach » qui intègre les vues sur les vidéos officielles, les collaborations et les créations des fans et aussi voir comment les fans s’approprient leurs œuvres via des créations dérivées, pour chaque titre diffusé sur YouTube.

La vidéo d’explication de YouTube

Analytics for Artists est disponible sur la version web de YouTube Studio et sur smartphone via l’application mobile dédiée (Android et iOS).

Par Digital Business Africa