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SIPEN-UEMOA 2026 : le Burkina Faso détaille ses 12 chantiers pour bâtir un État connecté, souverain et sans cash

[DIGITAL Business Africa] – Couvrir l’intégralité du territoire grâce à un réseau mobile, héberger les données nationales au Burkina Faso, connecter tous les bâtiments administratifs, dématérialiser les procédures publiques, généraliser les paiements électroniques, protéger les infrastructures critiques et développer une intelligence artificielle souveraine. Le gouvernement burkinabè a présenté, le 14 juillet 2026 à Ouagadougou, les douze chantiers autour desquels il entend structurer sa transformation digitale à l’horizon 2030.

Cette feuille de route a été exposée par le secrétaire général du ministère de la Transition digitale, des Postes et des Communications électroniques, Dr Borlli Michel SOME, lors de la quatrième édition du Salon international des professionnels de l’économie numérique de l’UEMOA, le SIPEN-UEMOA, organisée les 14 et 15 juillet 2026 dans la capitale burkinabè.

« Les 12 chantiers majeurs du ministère de la Transition digitale, des Postes et des Communications électroniques traduisent notre ambition de faire du numérique un véritable moteur de développement économique et social », a déclaré le Dr Borlli Michel SOME devant les participants.

Au-delà de cette déclaration d’intention, le document officiel présenté par le ministère fixe des objectifs, des étapes de mise en œuvre et, pour plusieurs projets, des échéances précises allant de 2024 à 2029. Ces chantiers portent à la fois sur les infrastructures, les services publics, la souveraineté numérique, la cybersécurité, les compétences, l’inclusion et l’intelligence artificielle.

  1. Éliminer les zones blanches et couvrir 100 % du territoire

Le premier chantier est intitulé « Zéro zone blanche ». L’ambition du gouvernement est de parvenir à une couverture mobile de 100 % du territoire national afin qu’aucun citoyen ne soit laissé à l’écart de la transformation numérique.

Le projet doit permettre de réduire la fracture numérique, de généraliser l’accès aux services publics en ligne et de favoriser le développement de l’économie numérique dans toutes les régions du pays, y compris dans les localités jugées moins rentables sur le plan commercial par les opérateurs.

La feuille de route rappelle qu’une réforme de la gestion du Fonds pour l’accès et le service universel (FASU) a été engagée en 2023. Cette même année, de premières enchères ont été organisées pour l’installation de sites télécoms dans les zones non couvertes.

En 2024, 138 nouvelles localités auraient été couvertes grâce au FASU. Le programme prévoyait ensuite de couvrir 750 localités en 2025, puis 750 autres en 2026.

Le document fait état de 18 milliards de francs CFA déjà investis et d’une projection de 25 milliards de francs CFA supplémentaires pour poursuivre le déploiement. L’identification des zones blanches, le financement, l’installation des équipements et le suivi sur le terrain doivent mobiliser le ministère, le FASU, les opérateurs télécoms ainsi que les autorités territoriales.

  1. Héberger les données nationales au Burkina Faso

Le deuxième chantier, « Zéro donnée à l’extérieur », vise à diversifier et à consolider les centres de données nationaux.

Pour le gouvernement burkinabè, l’hébergement local des données doit poser les fondements de la souveraineté numérique, réduire les dépenses supportées par les administrations pour recourir à des infrastructures étrangères et lever certains obstacles techniques à la digitalisation des services publics.

Le programme prévoit notamment le renforcement du G-Cloud existant, la mutualisation des serveurs de l’administration publique et la mise en place de deux mini-centres de données redondants.

Un appel d’offres pour la construction d’un centre de données de niveau Tier III était prévu en 2026. La même année devait commencer le rapatriement au Burkina Faso des données de l’administration publique encore hébergées à l’étranger.

La mise en exploitation du centre de données national est prévue pour 2027. À partir de 2028, le gouvernement envisage également d’encourager ou d’organiser la localisation des données des entreprises privées au Burkina Faso.

Ce chantier devra cependant être assorti de règles claires relatives à la classification des données, à leur protection, aux responsabilités des hébergeurs, aux conditions d’accès des administrations et aux garanties accordées aux citoyens en matière de protection de la vie privée.

  1. Connecter tous les bâtiments de l’administration publique

Le troisième objectif se résume à la formule « Zéro bâtiment non connecté dans l’administration publique ».

Il prévoit le raccordement de tous les services publics au Réseau informatique national de l’administration (RESINA). Le gouvernement espère ainsi améliorer la productivité des agents publics, renforcer la qualité des services rendus aux citoyens et réaliser des économies grâce à l’harmonisation des interconnexions administratives.

Un plan de renforcement du RESINA, doté d’un budget annuel d’un milliard de francs CFA, a été adopté en 2023.

La même année, 39 nouveaux sites destinés notamment aux services de santé et aux sapeurs-pompiers ont été pris en compte, tandis que 60 bâtiments administratifs supplémentaires ont été raccordés.

En 2024, 26 nouveaux sites de l’administration territoriale et de la justice ont été intégrés au programme. Le ministère fait également état du raccordement de 261 bâtiments relevant de neuf institutions d’enseignement supérieur et de recherche, ainsi que de 104 bâtiments administratifs supplémentaires.

Pour 2025, la feuille de route prévoyait la réhabilitation du réseau cœur, de 255 réseaux locaux et le raccordement de 100 nouveaux bâtiments. L’année 2026 doit être consacrée au renforcement de la capacité Internet internationale, à la sécurisation des sorties du réseau ainsi qu’à la construction du RESINA+.

À l’horizon 2028, tous les bâtiments administratifs situés dans les 17 chefs-lieux de région doivent être connectés.

  1. Dématérialiser les procédures et parvenir au « zéro papier »

Le quatrième chantier porte sur la dématérialisation de toutes les procédures administratives considérées comme prioritaires.

Les Assises nationales sur la dématérialisation, organisées en 2023, ont permis, selon le ministère, de recueillir les engagements des différentes parties prenantes et de valider une feuille de route commune.

Le document indique que 59 procédures administratives avaient déjà été dématérialisées en 2023. Un décret définissant les principes de base de la dématérialisation, ainsi que les exigences de cohérence et de sécurité des plateformes, a ensuite été adopté en 2024.

La même année a été marquée par le lancement du Pacte digital ainsi que du projet d’infrastructure à clés publiques (PKI), nécessaire à la sécurisation des échanges électroniques et à l’utilisation de certificats numériques.

Le ministère annonce également la mise en service de 70 procédures dématérialisées en 2024, puis la digitalisation de 75 procédures supplémentaires en 2025.

Pour 2026, les priorités portent sur la mise en œuvre de la signature électronique et la dématérialisation de toutes les licences d’affaires. La finalisation de la transformation numérique de l’ensemble des procédures prioritaires est prévue pour 2028.

L’objectif est de réduire les déplacements, les délais de traitement, la consommation de papier et les risques de perte de documents. Il s’agit également d’améliorer la traçabilité des dossiers et de limiter les interactions physiques susceptibles de favoriser les pratiques informelles.

  1. Généraliser les paiements électroniques dans les services publics

Après le « zéro papier », le gouvernement vise le « zéro cash ». Le cinquième chantier prévoit que tout paiement au profit de l’État puisse être effectué électroniquement.

Ce projet doit renforcer la digitalisation de l’administration, permettre de connaître en temps réel le niveau des recettes publiques et améliorer le suivi des ressources financières de l’État.

Dès 2023, le paiement mobile devait être intégré à l’ensemble des procédures déjà dématérialisées.

En 2024, un contrat type d’intégration des opérateurs de paiement a été élaboré et le timbre électronique lancé. L’année 2025 devait être marquée par le déploiement de Faso Arzeka, présentée comme la plateforme nationale de paiement électronique.

En 2026, le gouvernement prévoit des réformes réglementaires destinées à rendre possible le « zéro cash », à accélérer les paiements en ligne et à mieux faire connaître les différentes plateformes permettant de payer les impôts, les taxes, les droits administratifs et les prestations publiques.

Ce dispositif doit s’appuyer sur des plateformes telles que Faso Arzeka, eSINTAX ou encore les outils électroniques de gestion des marchés publics.

Sa réussite dépendra toutefois de l’interopérabilité entre les administrations, les banques, les opérateurs de mobile money et les fintechs, ainsi que de l’accessibilité des services pour les citoyens ne disposant ni de compte bancaire ni de smartphone.

  1. Mettre en place un bouclier cyber national

Le sixième chantier est consacré à la protection des infrastructures critiques. Il est présenté sous l’intitulé « Zéro infrastructure critique non protégée ».

L’objectif est de garantir la sécurité, la résilience et la continuité des infrastructures nationales stratégiques face aux cyberattaques, aux défaillances techniques et aux menaces physiques.

Le programme prévoit également de mieux coordonner la réponse nationale en cas d’incident de cybersécurité et de renforcer les compétences des organismes chargés de l’administration des infrastructures critiques.

Une loi sur la sécurité des systèmes d’information a été adoptée en 2024. La même année, le gouvernement a engagé la mise en place d’un laboratoire d’homologation, d’un CSIRT national chargé de la réponse aux incidents informatiques et d’un centre national des opérations de sécurité (SOC).

Entre 2024 et 2025, ce SOC devait assurer la surveillance de dix opérateurs d’infrastructures critiques.

Un décret consacré à la classification des opérateurs d’infrastructures critiques était annoncé pour 2025. La création d’un laboratoire d’homologation à 360 degrés est prévue en 2026.

Pour 2027, la feuille de route prévoit le développement et l’utilisation de solutions cyber nationales, notamment une messagerie souveraine et des capacités nationales de renseignement sur les sources ouvertes (OSINT).

À l’horizon 2028, l’ensemble des opérateurs d’infrastructures critiques devrait être interconnecté au SOC national et mis en conformité avec les exigences de sécurité définies par l’État.

  1. Attribuer une identité numérique à chaque citoyen

Le septième chantier porte sur la mise en place d’une identité numérique pour tous, au moyen d’un système d’identification biométrique de base.

Le gouvernement veut renforcer l’identification nationale, mieux protéger les données à caractère personnel, éviter la duplication des opérations biométriques entre les administrations et faciliter l’accès aux services publics.

La loi relative à l’identité numérique fondamentale, dite loi FID n° 027-2024/ALT, a été adoptée le 1er octobre 2024.

En 2025, le gouvernement prévoyait de lancer une plateforme fID développée localement, de définir une stratégie d’interopérabilité avec les registres d’état civil et de préparer l’enregistrement de masse de la population.

Le recrutement d’un intégrateur technique devait également avoir lieu en 2025. Le début de l’enrôlement à grande échelle est prévu pour 2026.

À terme, cette identité numérique doit permettre aux citoyens de s’authentifier auprès de plusieurs services publics sans avoir à fournir, à chaque démarche, les mêmes informations ou de nouveaux éléments biométriques.

Le chantier devra néanmoins offrir de solides garanties quant au consentement, à la sécurité des bases biométriques, à la rectification des données erronées et à la responsabilité des administrations en cas de fuite ou d’utilisation abusive.

  1. Installer une Maison du citoyen dans chaque commune

Le huitième chantier vise à rendre les services publics numériques accessibles à tous, y compris aux personnes qui ne disposent ni d’une connexion Internet ni d’un smartphone, ni des compétences nécessaires pour effectuer seules leurs démarches.

Il se résume à la formule : « Une commune, une Maison du citoyen ».

Ces espaces physiques doivent permettre aux citoyens d’accéder aux procédures administratives dématérialisées avec l’assistance d’agents formés. Ils devront également contribuer à l’harmonisation et à l’interopérabilité des différents services publics numériques.

Le volet informatique du projet prévoyait, en 2025, le cadrage et la conception technique du système. L’acquisition des équipements et des logiciels, ainsi que le développement des modules applicatifs, sont programmés pour 2026.

L’accompagnement au déploiement, la formation des utilisateurs et la mise en œuvre du plan de communication sont prévus pour 2027.

Pour le volet immobilier, les premiers plans architecturaux devaient être élaborés à partir d’août 2025. La construction, l’aménagement et le raccordement à la fibre optique doivent permettre l’ouverture des premières Maisons du citoyen en 2026.

Le gouvernement ambitionne de couvrir 50 % des communes en 2027, puis la totalité des communes burkinabè à l’horizon 2029.

  1. Former une masse critique de talents numériques

Le neuvième chantier consiste en la création d’une masse critique de professionnels dans le secteur des technologies de l’information.

Le gouvernement veut constituer un vivier d’experts de haut niveau, soutenir le développement d’une industrie numérique locale et réduire la dépendance du pays aux technologies et aux prestations étrangères.

En 2025, le programme prévoyait le recrutement de stagiaires afin de renforcer l’expertise nationale en biométrie, ainsi que le lancement d’une « Formation Élite IT ».

Un mécanisme de formation de masse aux bases du numérique et un référentiel des métiers du secteur devaient également être mis en place.

Entre 2025 et 2028, des bourses d’excellence doivent soutenir des formations de niveau master et doctorat dans les domaines technologiques prioritaires.

En 2026, cinq pôles d’excellence dédiés au numérique doivent être créés au sein des universités. Un programme de formation dynamique et continue du personnel informatique de l’administration publique doit par ailleurs être déployé entre 2026 et 2028.

Pour 2027, la feuille de route prévoit le renforcement des filières informatiques dans les centres de formation professionnelle, ainsi que la construction d’un mini-technopôle regroupant des structures de formation et des espaces d’accompagnement des startups.

  1. Améliorer la qualité et réduire le coût des télécommunications

Le dixième chantier vise à offrir des services télécoms accessibles et de meilleure qualité.

Le gouvernement veut renforcer la qualité des communications électroniques, permettre aux citoyens d’accéder aux services numériques à des tarifs plus abordables et encourager les opérateurs à investir davantage dans leurs réseaux.

En 2024, une étude sur la qualité de service mobile devait être réalisée par un cabinet spécialisé. Des concertations et des assises consacrées à la qualité de service ont également été organisées avec les opérateurs.

Une autre étude a porté sur les difficultés rencontrées lors du déploiement des sites télécoms, notamment les problèmes fonciers, administratifs ou techniques.

En 2025, la libération de la bande de fréquences de 2 600 MHz devait favoriser la densification des réseaux. Le gouvernement prévoyait également de rendre opérationnel un observatoire des infrastructures afin de faciliter le partage des équipements entre les opérateurs.

Un dispositif pilote de régulation fondée sur l’exploitation des données est annoncé pour le début de l’année 2026. Le contrôle de la qualité de service doit ensuite être renforcé sur les principaux axes routiers et dans les grandes villes.

Le déploiement de la 5G dans les principales agglomérations est programmé pour 2027.

  1. Développer une intelligence artificielle souveraine

Le onzième chantier entend mettre l’intelligence artificielle au service de tous les Burkinabè, tout en maximisant ses bénéfices et en réduisant ses risques pour les citoyens, les entreprises et les institutions.

Le gouvernement veut former une nouvelle génération d’experts locaux, développer un écosystème national d’intelligence artificielle et utiliser cette technologie dans les secteurs jugés prioritaires pour le développement du pays.

Le document rappelle qu’en 2024, le Burkina Faso a joué un rôle dans la publication de lignes directrices et d’une charte éthique sur l’intelligence artificielle en Afrique francophone.

La même année, quinze modules pédagogiques universitaires consacrés à l’IA ont été rendus accessibles librement.

Pour 2025, le programme prévoyait la publication d’une stratégie nationale de l’intelligence artificielle accompagnée d’un plan d’action détaillé, ainsi que des campagnes d’information, de sensibilisation et de formation.

En 2026, le gouvernement prévoit de créer un hub national de l’IA et de lancer des preuves de concept dans plusieurs secteurs : les langues nationales, la santé, l’agriculture et l’environnement.

Un programme d’accompagnement de 50 startups spécialisées dans l’intelligence artificielle est également annoncé, de même que la création d’un centre d’intelligence sanitaire.

  1. Alphabétiser numériquement la population

Le douzième chantier vise à inculquer les connaissances numériques de base au plus grand nombre.

Il doit contribuer à réduire la fracture numérique, démocratiser l’économie digitale, faciliter l’accès aux services publics en ligne et renforcer la capacité des populations à s’adapter aux transformations du travail et de la société.

Le programme « Coding Girls » avait déjà permis, selon le document, de former plus de 100 jeunes filles en 2024. Des campagnes de formation ont également été organisées en marge de la Semaine du numérique.

Un référentiel des compétences numériques de base devait être finalisé en 2025, parallèlement à la création de modules de formation et de sensibilisation.

Pour 2026, le gouvernement prévoit une formation de base au numérique destinée à 6 000 jeunes.

En 2027, un enseignement pilote du numérique doit être introduit dans le primaire et le secondaire. Une campagne nationale d’alphabétisation numérique est également programmée, ainsi que le renforcement des capacités des centres de l’Agence nationale pour l’emploi en matière de formation digitale.

Une feuille de route en phase avec les ambitions d’E-Gov’A 2026

Les douze chantiers burkinabè font directement écho aux principales questions qui seront examinées du 14 au 16 octobre 2026, au Palais des Congrès de Yaoundé, lors de la première édition d’E-Gov’A, le Salon de l’e-gouvernance et de l’innovation digitale en Afrique.

Organisé par Smart Click Africa et Digital Business Africa, E-Gov’A 2026 sera placé sous le thème : « Intelligence artificielle et e-gouvernance : bâtir des services publics efficaces dans une Afrique cashless et paperless ».

La feuille de route du Burkina Faso pourrait, à ce titre, constituer un cas d’étude particulièrement instructif pour les administrations africaines. Elle associe en effet plusieurs dimensions complémentaires de la transformation numérique : connectivité, souveraineté des données, dématérialisation, paiement électronique, identité numérique, cybersécurité, inclusion, formation et intelligence artificielle.

L’approche burkinabè rappelle surtout qu’une administration sans papier et sans cash ne peut pas reposer uniquement sur le développement de plateformes. Elle suppose également des infrastructures de connectivité, des centres de données souverains, des mécanismes d’identification fiables, des systèmes de paiement interopérables, des agents publics formés et des dispositifs d’assistance pour les citoyens éloignés du numérique.

Ces enjeux occuperont une place centrale à E-Gov’A 2026, qui réunira des administrations publiques, des gouvernements africains, des régulateurs, des opérateurs télécoms, des banques, des fintechs, des entreprises technologiques, des startups et des partenaires au développement.

À travers ses espaces de démonstration, ses panels ministériels, ses ateliers et ses rencontres professionnelles, le Salon entend permettre aux institutions africaines de présenter les solutions déjà déployées, de partager leurs difficultés et d’identifier les partenariats nécessaires pour passer à l’échelle.

La participation du Burkina Faso à ce rendez-vous offrirait ainsi l’occasion de présenter plus largement ses douze chantiers, de confronter son modèle à d’autres expériences africaines et de rechercher des partenaires techniques et financiers pour leur mise en œuvre.

Ibrahim Traoré : « Nous devons aller vite et bien »

Cette stratégie bénéficie d’un portage politique au plus haut niveau de l’État. Le document officiel reprend une déclaration faite le 11 avril 2023 par le président du Faso, le capitaine Ibrahim Traoré, lors des Assises nationales sur la dématérialisation :

« Le Gouvernement de la Transition compte se saisir de l’énorme potentiel du numérique pour moderniser l’administration et faciliter l’accès à des services publics de qualité pour nos populations et, au-delà, créer un effet d’entraînement pour une transformation structurelle de notre société et de notre économie. […] Nous devons aller vite et bien. L’urgence n’est plus à rappeler. Ces assises sont l’occasion d’un nouveau départ. »

Le défi du passage à l’échelle

La feuille de route burkinabè se distingue par une série d’objectifs facilement identifiables : zéro zone blanche, zéro donnée à l’extérieur, zéro bâtiment administratif non connecté, zéro papier, zéro cash et zéro infrastructure critique non protégée.

Elle ne se limite toutefois pas aux infrastructures. Elle cherche également à répondre aux questions relatives à l’identité numérique, à l’accompagnement des citoyens, aux compétences numériques, à la qualité des télécommunications, à l’intelligence artificielle et à l’alphabétisation numérique.

Le principal défi sera désormais celui de l’exécution. Le succès des douze chantiers devra être évalué à travers des indicateurs publics : nombre de localités connectées, de bâtiments raccordés au RESINA, de procédures effectivement disponibles en ligne, taux d’utilisation des paiements électroniques, données rapatriées, infrastructures critiques sécurisées, citoyens enrôlés, communes dotées d’une Maison du citoyen et professionnels formés.

Le gouvernement devra également assurer l’interopérabilité des plateformes, mobiliser durablement les financements, protéger les données personnelles et éviter que la digitalisation ne reproduise en ligne les lenteurs et les cloisonnements de l’administration traditionnelle.

En présentant ces douze chantiers au SIPEN-UEMOA 2026, le Burkina Faso positionne sa transformation digitale comme un projet de modernisation de l’État, de souveraineté nationale et de développement économique.

L’expérience burkinabè rappelle ainsi une conviction qui sera au cœur d’E-Gov’A 2026 : le passage à une Afrique sans cash, sans papier et sans rupture ne dépend pas seulement de la technologie, mais aussi de la capacité des États à coordonner leurs administrations, à protéger leurs infrastructures et à placer les besoins des citoyens au centre de chaque service numérique.

Par Digital Business Africa

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Par ailleurs, ne manquez pas la première édition du Salon de l’e-Gouvernance et de l’innovation digitale en Afrique (E-Gov’A), qui se tiendra du 14 au 16 mai 2026 à Yaoundé, sous le haut patronage du Ministère camerounais des Postes et Télécommunications.

Organisé par l’association Smart Click Africa et Digital Business Africa, cet événement réunira décideurs publics, organismes de développement, institutions publiques, entreprises, experts et acteurs privés de l’Afrique autour du thème : « Intelligence artificielle et e-gouvernance : bâtir des services publics efficaces dans une Afrique cashless et paperless ».

Plus d’infos sur www.e-gov.africa et via mail [email protected].

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