[Digital Business Africa] –L’arrivée de la pandémie liée au Coronavirus a entrainée avec elle une déferlante d’applications. La quasi-totalité de celles-ci affirme mettre à disposition les données statistiques par pays, et par région du monde, pour se tenir informé de la progression de la pandémie. Seulement, parmi ce lot d’applications, figure celles malveillantes, des espionnes. Devant cette situation, Apple et Amazon ont décidés de n’accepter désormais plus que les applications liées au COVID-19 et aux coronavirus provenant «d’entités reconnues».
Cette restriction d’Apple était depuis le début de la pandémie officieuse. Mais désormais, le géant américain a officialisé sa décision. Dans une déclaration publiée le 11 avril 2020 sur son site Web pour développeurs, Apple a déclaré qu’il n’accepterait les applications liées aux coronavirus que “d’entités reconnues telles que des organisations gouvernementales, des ONG axées sur la santé, des entreprises profondément accréditées en matière de santé et des établissements médicaux ou éducatifs“. La société a déclaré vouloir s’assurer que “les sources de données sont fiables”.
“Les communautés du monde entier dépendent des applications pour être des sources d’information crédibles – aidant les utilisateurs à comprendre les dernières innovations en matière de santé, à savoir où ils peuvent obtenir de l’aide si nécessaire ou fournir une assistance à leurs voisins. Plus que jamais, cet engagement revêt une importance particulière alors que le monde combat la pandémie de COVID-19.“, explique Apple dans son communiqué.
L’approche d’Amazon est similaire à celle d’Apple : Elle bloque systématiquement toutes les applications de coronavirus de sources non officielles. Ils sont aidés en cela par Google qui bloque les résultats des recherches liées au coronavirus ou COVID-19, et ne pointe à la place que les liens qui redirige les utilisateurs vers le site Web de l’OMS et des “applications de confiance”.
[Digital Business Africa] –L’expérience chinoise en terme de lutte contre le nouveau Coronavirus continue d’inspirer bien des pays, y compris sur le continent africain. En effet, depuis la fin février 2020, l’empire du milieu avait fait recours à un système de surveillance multifonctionnel basé sur des drones pour aider à contrôler le nouveau coronavirus et offrir des alertes précoces.
En Côte d’Ivoire, les concepteurs de drones ont également souhaité jouer leur partition. Les trois entreprises leaders du secteur dans le pays, notamment Côte d’Ivoire Drone, WeFly Agri et Investiv se sont regroupées dans le cadre d’une Fondation baptisée «Saved By Tech». Dans ce cadre, elles ont développé une série de drones particuliers, ainsi que des applications qui permettent de réaliser des prises de température aérienne, la désinfection des espaces publics de la capitale économique ivoirienne.
Ainsi, trois prototypes de drones ont été conçus : Le premier est équipé de mégaphone, d’une vision infrarouge et d’un projecteur de lumière, est destiné à la sensibilisation des populations dans les espaces publics avec la diffusion, en français ou dans des langues locales, de messages préenregistrés ou en direct. Le second est équipé d’une caméra thermique embarquée, et est en mesure de réaliser des prises de températures aériennes en temps réel. Enfin, le troisième peut transporter une vingtaine de litres de solution liquide pour pulvériser et désinfecter en une journée une zone de plus de sept hectares.
[Digital Business Africa] –Alors que l’attention mondiale est captivée par la progression de la pandémie liée au Coronavirus, plusieurs entités publiques ou privées ont développé des applications numériques qui permettent de suivre l’évolution de la pandémie, ou à diffuser des messages de sensibilisation. Seulement, dans cette mouvance, les cybercriminels ont trouvé le moyen de sévir.
Ainsi, ils profitent du flot de solutions pour introduire et proposer des applications de suivi de l’évolution de la maladie, mais contenant des virus informatiques dissimulés. C’est par exemple le cas avec l’application ‘‘Corona-virus-Map.com.exe’’. Cette application ne fait d’ailleurs qu’afficher la carte de suivi en temps réel du coronavirus créée par l’université Johns Hopkins, visible tout simplement sur le Web avec n’importe quel navigateur.
Une fois installé, ce programme de 3 Mo active un code malveillant connu sous le nom d’«AZORult », qui circule depuis 2016 sur les réseaux et permet de voler de nombreuses informations personnelles sur les ordinateurs de leurs victimes (historique de navigation, identifiants, mots de passe, numéros de cartes de crédit et de comptes en banque, etc.). Une fois ces données obtenues, elles sont revendues sur un marché parallèle.
Il est donc important de redoubler de vigilance, et de n’installer sur ses terminaux que des applications qui jouissent d’un minimum de crédibilité.
[Digital Business Africa] –Alors que la pandémie de Covid-19 semble connaitre une progression sur le continent, les pays s’organisent, aidés en cela par les opérateurs de télécommunications. Au Cameroun, les opérateurs télécoms, notamment Orange, MTN, Nexttel et Camtel ont opté pour la sensibilisation.
Désormais, chaque abonné qui émet un appel est systématiquement sensibilisé sur les symptômes d’une infection au Covid-19, ainsi que sur la conduite à tenir en cas de doute : « Coronavirus : Si tu as les symptômes suivant : toux, écoulements nasales, fièvres et des difficultés à respirer, appelle le 1510 pour toutes informations utiles ».
Bien avant ce message placé en aval de la sonnerie, les opérateurs MTN et Orange Cameroun avaient conjointement décidé de supprimer les frais de transactions pour les opérations de Mobile money plafonnées à 20 000 Fcfa. Une mesure qui visait à limiter l’utilisation du cash, potentiel vecteur du virus.
[Digital Business Africa] –Alors que le Coronavirus continue sa progression en Côte d’Ivoire, le gouvernement invite les uns et les autres à adopter des mesures et habitudes qui permettront de limiter la propagation du virus. Dans ce sillage, le ministère de l’Economie numérique et de la Poste a invité tous les chefs d’entreprises du pays, ainsi que les chefs d’administrations publiques à opter pour les solutions de télétravail.
Cette mesure aurait alors pour effet de décongestionner les bureaux et services publiques, ce qui limitera les risques de rencontre entre les usagers, et par conséquent les risques de transmissions du virus. « Le travail au moyen des technologies numériques contribue à la protection des salariés contre les risques de contamination et allège les conséquences économiques liées au spectre du Coronavirus », explique le ministre de l’Économie numérique, Mamadou Sanogo. Il annonce ensuite avoir interpellé les opérateurs de téléphonie mobile, qu’il a invité à «démocratiser et à faciliter l’accès aux solutions de télétravail en mettant à la disposition des entreprises et des populations des offres technologiques adaptées à des coûts abordables ».
Pour conclure, le ministre Mamadou Sanogo, ajoute : « utilisons tous le numérique pour combattre le Covid-19 ».
[Digital Business Africa] – Il est désormais possible pour les utilisateurs de Facebook de choisir de s’abonner au Centre d’information sur le coronavirus pour recevoir des notifications et voir dans leur fil d’actualité les mises à jour des autorités sanitaires officielles. Le géant mondial a annoncé le 9 avril 2020 l’extension de son Centre d’information sur le Coronavirus (Covid-19)déjà actif en Afrique du Sud, à 17 pays supplémentaires en Afrique subsaharienne.
Le Centre d’information COVID-19 figure en haut du fil d’actualité. Il se présente comme un espace central pour se tenir informé sur le coronavirus. Il comprend des mises à jour en temps réel provenant des autorités sanitaires nationales et d’organisations internationales telles que l’Organisation mondiale de la santé. Il comporte également des articles, des vidéos et des messages utiles sur la distanciation sociale et la prévention de la propagation de COVID-19. Les utilisateurs de Facebook peuvent choisir de s’abonner au Centre pour recevoir des notifications et voir dans leur fil d’actualité les mises à jour des autorités sanitaires officielles.
Le Centre, déjà lancé en Afrique du Sud la semaine dernière, va maintenant être étendu à plus d’une quinzaine de pays d’Afrique subsaharienne, dont notamment: le Bénin, le Burkina Faso, le Cameroun, le Cap-Vert, le Tchad, la Côte d’Ivoire, l’Éthiopie, le Gabon, la Guinée, le Kenya, le Mali, la Mauritanie, le Nigéria, le Sénégal, les Seychelles, la République démocratique du Congo (RDC) et le Togo.
[Digital Business Africa] –En Côte d’Ivoire, la sensibilisation sur l’utilisation des moyens de paiements digitaux semble porter ses fruits. D’après Abdourahmane Cissé, le ministre ivoirien du Pétrole, de l’énergie et des énergies renouvelables plus de 70% des paiements des factures d’électricité se font à travers les moyens digitaux dans le pays.
« Aujourd’hui je suis satisfait, il y a plus de 70% des paiements qui se font à travers les moyens digitaux. J’invite la population à souscrire à l’application +Ma CIE+ et de l’utiliser pour que nous puissions réduire les interactions humaines et ça facilite aussi la vie aussi», explique le ministre.
Cette sortie du ministre Abdourahmane Cissé intervient alors que le gouvernement invite les Ivoiriens à davantage adopter les paiements électroniques, au détriment du cash, qui représente un moyen de propagation du nouveau Coronavirus. Aussi, le ministre Abdourahmane Cissé invite les 30% d’Ivoiriens restant à eux aussi adopter les paiements digitaux pour le règlement de leurs factures.
[Digital Business Africa] – Pour limiter la propagation du coronavirus au Cameroun, les autorités publiques ont suspendu depuis le 17 mars 2020 les cours dans les établissements scolaires, secondaires et universitaires sur l’ensemble du territoire national. De nombreuses initiatives d’e-Learning sont à présent utilisées par de nombreux établissements et structures de formation. La télévision nationale, la CRTV, est également mise à contribution pour dispenser les cours en direct.
Dans ce contexte, la Fondation MTN Cameroon a annoncé le 04 avril 2020 qu’elle donnait un accès libre aux sites web et autres plateformes numériques dédiés à l’éducation, à partir du réseau MTN au Cameroun.
Etudiants et élèves ont donc accès à 30 plateformes numériques locales et internationales consacrées à l’éducation aussi bien primaire, secondaire, qu’universitaire. En accédant à cette plateforme, la data des abonnés n’est pas consommée. La liste des plateformes concernées, appelée à évoluer en fonction des demandes des apprenants et des établissements, est disponible sur le site web de MTN Cameroon à l’adresse mtn.cm/fr/school-goes-on.
Pour MTN Cameroon, cette initiative qui s’inscrit dans le cadre de la réponse nationale face à la propagation du covid-19 va permettre aux élèves, aux étudiants et aux enseignants d’accéder aux ressources éducatives dont ils ont besoin, sans consommer leurs crédits de communication ou leurs forfaits internet, en ces temps où les établissements scolaires et universitaires sont fermés.
En accord avec le Ministère de la Santé Publique, la Fondation MTN Cameroon accompagne le ‘’Plan National Opérationnel de Réponse au COVID-19 au Cameroun 2020’’, à travers l’intensification de la sensibilisation, la facilitation des communications des personnels de santé et l’aide à la mise en place de centres de tests.
[Digital Business Africa] – L’ancien directeur du Bureau des Télécommunications de l’Union internationale des Télécommunications, le Burkinabè Brahima Sanou, a été honoré à Luanda en Angola ce 12 mars 2020 par l’Association des régulateurs des télécommunications et des communications électroniques de la Communauté des pays de langue portugaise (ARCTEL – CPLP).
L’ARCTEL –CPLP qui lui a attribué une d’une médaille d’honneur en marge du 11e Forum des communications de la CPLP qui s’est tenu sous le thème «les défis de la réglementation dans le nouvel écosystème numérique» reconnaît le professionnalisme et l’intégrité de Brahima Sanou. Selon les propos de Nadine Chorão, secrétaire de cette organisation, Brahima Sanou a toujours soutenu les membres de la CPLP ainsi que les activités de l’association durant son mandat à l’UIT.
D’après elle, c’est sous le mandat de M. Brahima Sanou que l’ARCTEL a pu faire avancer la première étude sur l’Accès universel pour les pays de la CPLP, l’étude sur les agendas numériques des pays de la CPLP, l’élaboration de l’Agenda numérique pour les pays de la CPLP, ainsi que le lancement de l’étude sur le commerce électronique dans les pays de la communauté.
« M. Brahima Sanou était également présent lorsque la réunion des ministres de la CPLP a été relancée à Maputo, en août 2016, exprimant ainsi et dès le début, le grand soutien qui restait à venir. Sa grande contribution et son engagement dans le secteur de la communication au niveau mondial, son profil aimable et honnête ont également été pris en compte. Pour toutes ces raisons, M. Brahima Sanou est plus que digne de cette appréciation des membres d’ARCTEL », explique dans un mail Nadine Chorão pour justifier le choix de l’ARCTEL –CPLP d’attribuer cette médaille d’honneur à Brahima Sanou.
Remerciements
En recevant cette médaille, Brahima Sanou l’a dédiée à sa famille et à tout le personnel du BDT de l’UIT « avec une mention très spéciale à notre amie Maygenet Abebe et frère Marcelino Tayob » qui ont perdu la vie dans l’exercice de leurs fonctions, il y a tout juste un an, en Éthiopie dans un accident d’avion (vol ET302) de la compagnie aérienne Ethiopian Airlines.
Dans son discours de circonstance, Brahima Sanou a indiqué que pendant ses dix ans de mandat comme Directeur régional de l’UIT et pendant ses huit années comme Directeur du BDT de l’UIT, il a eu l’honneur et le privilège de servir l’ARCTEL –CPLP « avec dévouement, loyauté et bon cœur ».
« J’ai également reçu beaucoup de vous tous dans vos différentes capacités personnelles et professionnelles. En recevant cette médaille, je tiens à vous remercier tous pour la courtoisie et la considération », a-t-il déclaré.
Il n’a pas manqué de remercier les personnes avec qui il a travaillé à l’époque. Parmi eux, David Gomez du Cap-Vert, initiateur d’après lui du partenariat institutionnel entre le BDT et l’ARCTEL-CPLP. Aussi, Filipe Batista du Portugal, alors secrétaire de l’ARCTEL avec qui il a travaillé pour la mise en place du Centre d’excellence pour les pays lusophones. « Je voudrais saisir cette occasion pour exprimer ma profonde gratitude à vous tous pour votre amitié. Les pays de la CPLP ont toujours été à mes côtés lorsque j’étais dans le besoin, et “un ami dans le besoin est vraiment un ami” », a indiqué Brahima Sanou qui leur en remis en guise d’amitié une statuette en bronze fabriquée au Burkina Faso.
L’ARCTEL
La médaille d’honneur de l’Association ARCTEL veut honorer les personnes qui ont contribué à la cause de l’Association ou du secteur des télécoms en général. La décision d’accorder cette Médaille d’honneur avait été proposée par le Conseil d’administration de l’association et validée par l’Assemblée.
L’ARCTEL est l’association des autorités de régulation des communications électroniques des pays lusophones. C’est une association de droit privé qui promeut le partage d’informations et l’échange d’expériences entre les régulateurs des pays lusophones de la CPLP en vue de l’amélioration du secteur et de la croissance du marché.
LE NUMÉRIQUE AU SERVICE DE LA SANTÉ ET DES LIBERTÉS
Le monde compte désormais plus de 3,4 milliards de personnes confinées. Bien que coupées physiquement de leur famille, de leurs proches et de leurs collègues, elles n’en demeurent pas moins connectées à leurs communautés. Les liens sociaux et le sentiment d’appartenance survivent grâce à Internet et à la téléphonie. En cette période d’isolement, ces technologies n’ont jamais été aussi précieuses pour l’Humanité. Et elles peuvent le devenir plus encore par l’utilisation du traçage des données mobiles afin de contrarier la propagation du SARS-CoV-2. La gravité de la situation appelle à se saisir de tous les moyens à disposition, sans toutefois compromettre nos valeurs et nos libertés. Il en va de la confiance en nos institutions.
De nombreux pays y réfléchissent. La Chine, Taïwan et la Corée du Sud exploitent de nombreux leviers technologiques, parfois avec succès, mais en questionnant les libertés. Des pays leur ont emboîté le pas, à l’image d’Israël et de la Pologne. D’autres, tels que la France, l’Allemagne et les Etats-Unis, y songent avec précaution. De nombreux chercheurs sont mobilisés dans une réflexion qui mêle santé publique, informatique et droits fondamentaux.
p.25 de l’étude. Captures d’écran du projet Privacy KIT du MIT
Le débat éthique est ouvert et des avis parfois tranchés s’expriment à travers le monde : pour certains, on doit pouvoir utiliser toute technologie disponible si c’est au service des vies sauvées et de l’intégrité de l’Etat ; pour d’autres, il faudrait au contraire se priver de tout usage de ces technologies au nom de la protection des libertés individuelles. Entre ces deux voies extrêmes, la plupart des Etats trace un chemin d’équilibre qui correspond à leur histoire et à leurs valeurs.
Le 27 mars, la revue scientifique Nature Medicine pose ainsi les termes du débat : l’éthique ne doit pas nécessairement fermer la porte à la géolocalisation des personnes mais doit encadrer ses usages.
La CNIL rappelle que tous les usages ne se valent pas : les modalités d’application sont aussi nombreuses que variées. L’éthique impose de les sélectionner suivant des principes de proportionnalité, de transparence, de temporalité réduite et de contrôle par le Parlement, par des autorités indépendantes et par la société civile.
Aussi, le débat ne doit pas porter sur l’usage du traçage mobile de manière générale. Il doit amener à s’interroger sur chacune des modalités envisageables. Si le diable réside souvent dans les détails, les solutions s’y trouvent également.
Certaines méthodes de tracking et de backtracking, qui s’appuient sur des données anonymes ou nominatives, proposent un équilibre entre la préservation des libertés individuelles et la protection sanitaire des citoyens. Sous certaines conditions, leur rapport bénéfice/risque peut être supérieur à celui du non-recours.
Ce document d’analyse a pour vocation d’alimenter utilement le débat public sur l’utilisation des données mobiles des citoyens en situation d’épidémie exceptionnelle et grave. Fondé sur une revue de presse française et internationale, il expose la diversité des solutions et leurs implications technologiques et éthiques. Cette note n’exprime pas mon avis personnel.
Elle est un outil à la main du Parlement, des autorités en charge et de tous les citoyens pour les aider à mieux appréhender le sujet dans sa complexité. Il s’agit de penser et de construire ensemble les meilleures solutions pour la France.
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Synthèse
L’usage du traçage des données mobiles dans la lutte contre la pandémie de Covid-19 répond à trois finalités :
L’observation des pratiques collectives de mobilité et de confinement (i.e. cartographie des déplacements de population).
L’identification des sujets “contact” (i.e. backtracking ou contact tracking).
Le contrôle des confinements individuels(i.e. tracking ou bracelet électronique virtuel).
Plusieurs technologies supportent ces usages à travers le monde :
le bornage téléphonique,
des applications GPS,
des applications Bluetooth,
les systèmes de cartes bancaires et de transport,
la vidéosurveillance, dotée ou non d’intelligence artificielle.
Chaque couple de technologie et usage témoigne d’un potentiel et de limites propres. Et chacun d’eux amène à une réflexion éthique particulière. Aussi, seule une analyse détaillée des méthodes permet d’apprécier les possibilités d’un juste équilibre entre les objectifs de santé publique et la préservation des libertés individuelles.
Les cartographies de mobilités collectives (1er usage) sont utiles aux stades 1 et 2 de l’épidémie. Elles suscitent peu de contestation éthique. Des opportunités existent pour les exploiter davantage à des niveaux géographiques plus fins. Pour cela, de nombreux opérateurs mobiles et fournisseurs d’application se disent disposés à travailler avec les autorités sanitaires.
L’identification des sujets “contact” (2ème usage) est très utile aux stades 1 et 2, ainsi que pour éviter un rebond après un stade 3. Elle alimente cependant des inquiétudes justifiées quant à la protection de la vie privée. Ces inquiétudes doivent amener à délimiter les recours aux possibilités techniques, mais non à les exclure complètement.
La question du consentement de l’utilisateur est débattue dans de nombreux pays. En la matière, les applications Bluetooth de contact tracing semblent créer un consensus du fait de leur aspect plus protecteur des libertés individuelles. Pour autant, elles n’ont pas encore fait la preuve de leur efficacité sanitaire.
Des applications GPS sans remontée automatique offrent également d’intéressantes opportunités protectrices des données personnelles. Dans certains pays, des dispositifs étatiques de collecte et traitement massif de données sans consentement des utilisateurs ont été mis en place dans le cadre de mesures exceptionnelles. L’efficacité réelle de ces dispositifs reste à ce jour mal évaluée.
Enfin, le contrôle du confinement à domicile (3ème usage) est utilisé à tous les stades de l’épidémie ; aux stades 1 et 2 pour les quarantaines des personnes malades et au stade 3 pour le confinement plus général de la population. Il pose un défi pleinement éthique mais moins technologique. Il pose la question de la coercition par les autorités des règles de confinement au niveau individuel. Quel contrôle et quelles sanctions ? Plus éloignés des cultures de nombreux pays d’Europe dont la France, ces dispositifs sont pleinement utilisés en Asie.
Les opportunités offertes par les nouvelles technologies ont pour clé de voûte l’acceptation populaire. Celle-ci repose sur plusieurs exigences, dont une proportionnalité des méthodes aux objectifs, une pleine transparence des pratiques, et notamment des codes informatiques…Mounir Mahjoubi
Les opportunités offertes par les nouvelles technologies ont pour clé de voûte l’acceptation populaire. Celle-ci repose sur plusieurs exigences, dont une proportionnalité des méthodes aux objectifs, une pleine transparence des pratiques, et notamment des codes informatiques, et une véritable gouvernance indépendante de contrôle, en capacité d’évaluer efficacement et à tout moment les pratiques et leurs performances sanitaires.
Pour un débat utile et éclairé sur le sujet, l’analyse doit être nourrie. Ce document a pour vocation d’y contribuer. Pour chacun des trois usages annoncés, il détaille les technologies et les modalités à considérer. Il présente les avantages et les limites techniques. Il aborde les implications éthiques et les modulations envisageables. Enfin, il procure des exemples d’implémentations à l’étranger.
Ce document a été réalisé avec mon équipe parlementaire dans les conditions actuelles de confinement, sa pertinence et son exhaustivité seront renforcées par les retours et participations de ses lecteurs. Des version augmentées seront régulièrement proposées. Pour toute proposition, écrivez à : [email protected].
1er usage : Observer les pratiques collectives de mobilité et de confinement
Finalités : → Obtenir une vision nationale et régionale → Obtenir une vision affinée à l’échelle d’un quartier
Techniques :1)Traitement des données issues du bornage des opérateurs télécoms 2) Traitement de données GPS issues d’applications mobiles 3) Système de cartes bancaires
2ème usage : Identifier les personnes “contact”
Finalités : → Retracer le parcours récent des personnes testées positives → Informer la population des zones à risque → Relever directement les contacts récents entre les individus testés positifs et des personnes tierces
Techniques :1)Traitement des données issues du bornage des opérateurs télécoms 2) Traitement de données GPS issues d’applications mobiles 3) Traitement de connexion Bluetooth issues d’applications mobiles 4) Traitement des données issues des cartes bancaires et de transport 5) Traitement des données issues de la vidéosurveillance
3ème usage : Contrôler des confinements individuels
Finalités : → Veiller au respect des quarantaines (sujets malades et “contact”) → Veiller au respect des confinements (population générale) → Développer un “permis de circuler”
Techniques :1)Traitement des données GPS issues d’une application mobile 2) Traitement des données issues du bornage des opérateurs télécoms
Synthèse des Pratiques Internationales
Revue de presse
*Par Mounir Mahjoubi, Député du 19e arrondissement de Paris. Engagé pour les gens du quotidien.
[Digital Business Africa] – C’est une jeune pousse dans le secteur du high Tech en Afrique qui se veut prometteuse. Présente au Cameroun, à l’île Maurice et en France, Kamix qui compte six collaborateurs à temps plein est parvenue à lever près de 200 000 € au cours des huit derniers mois. Son objectif affiché est de révolutionner le secteur africain de la fintech, à partir du Cameroun. Dans ce sillage, Justin Lock, co-fondateur de la startup répond aux questions de DBA.
Digital Business Africa : De manière générale, qu’est-ce que c’est que Kamix?
JustinLock : Kamix est une application mobile et une startup proposant deux principaux services basées sur la blockchain et les cryptomonnaies. D’une part un service de transfert d’argent sans frais de commission de l’Union Européenne vers le Cameroun. D’autre part, un service de vente de Bitcoins et autres crypto monnaies au Cameroun. Le nom Kamix est dérivé de la contraction des termes Kamite et Exchange.
Digital Business Africa : Quel est le contexte qui a justifié la création de Kamix ?
JustinLock : Chaque année, les Africains renvoient près de 65 milliards de dollars sur le continent à des frais de commission moyens de 9%, alors que la moyenne mondiale est de 7% (et l’objectif des Nations Unies est de ramener ces frais à 5%). Cette différence de 2% se traduit par une “perte” de près de 2 milliards de F.Cfa par an pour les Africains, ce qui aurait pu permettre de financer de nombreux projets, sociaux, par exemple l’éducation de 15 millions d’enfants, ou encore l’accès à l’eau potable pour plus de 10 millions de personnes. Ou encore cette perte aurait pu augmenter le pouvoir d’achat de ceux qui dépendent de ces transactions pour vivre.
En percevant les transferts de la diaspora Africaine comme puissant levier de développement d’autant plus qu’ils représentent plus du double de l’aide publique au développement, réduire ces frais de transfert et les rendre nul nous a semblé une mission sociale et challenge économique excitants pour une startup. Nous nous sommes donc lancés il y a un an en misant sur le nouveau paradigme de la technologie block Chain qu’on peut coupler à d’autres solutions digitales, notamment, le mobile money.
Digital Business Africa : Quelles sont les innovations et les particularités de Kamix par rapport aux autres applications qui existent déjà ?
JustinLock : Kamix est une solution 100% digitale qui est donc accessible 24h/24 et 7j/7 pour la diaspora qui veut effectuer des transactions de surcroît sans frais de commission. Mieux encore, nous proposons aux utilisateurs de récupérer 1% de leur transaction en cash back lorsque leur compte est bien configuré. Ou encore de gagner 10 € lorsqu’ils invitent un contact et que ce contact commence à faire des transactions, qui se déroulent en une dizaine de minutes, les fonds arrivant directement dans le compte mobile money du bénéficiaire. Enfin, l’appli kamix dispose également d’une messagerie instantanée et d’une Marketplace pour aider à acheter et vendre des produits et services
Digital Business Africa : En termes de perspectives, quelles sont les projections de Kamix ?
JustinLock : Même si nous démarrons par les transactions uniquement de l’union européenne vers le Cameroun, nous prévoyons de couvrir progressivement d’autres pays africains, puis d’autoriser les transactions dans les deux sens. Pour cela nous pensons évoluer en devenant une institution financière de type micro finance, et pourquoi pas banque digitale si notre modèle tiens la route… Notre mission est d’impacter positivement la vie de millions d’Africains en leur rendant leur argent.
[Digital Business Africa] – Alors que la pandémie liée au Covid-19 ne cesse de progresser sur le continent africain, on observe dans le même temps un flot de fake news associés qui font l’objet de nombreux partages. Afin de limiter la propagation de fausses informations autour du Coronavirus, Whatsapp a annoncé le 7 avril 2020 la réduction du nombre de discussions auxquelles un message ” hautement transféré ” peut être transmis.
De manière pratique, cela signifie qu’une fois qu’un message est indiqué comme “hautement transféré” par l’icône à double flèche, il ne sera plus possible de transférer ce message qu’à un seul groupe de discussion WhatsApp, au lieu de cinq auparavant.
« Cette nouvelle modification s’inscrit dans le cadre d’efforts engagés de longue date, avec notamment l’introduction l’année dernière de l’icône à double flèche dans le coin supérieur gauche du message et qui permet d’indiquer aux utilisateurs les messages qui ont été transférés plus de cinq fois afin qu’ils puissent voir quand un message ne provient pas d’un contact personnel proche. Ces messages sont désormais appelés “messages hautement transférés“ », explique Whatsapp dans son communiqué.
Depuis 2018, les simples messages transférés sont quant à eux également marqués d’une icône en forme d’une seule flèche. WhatsApp a aussi précédemment supprimé la fonctionnalité de “transfert rapide” pour tous les messages de fichiers média hautement transférés et a introduit en octobre dernier un nouveau paramètre de confidentialité et système d’invitation pour mieux décider de qui peut vous ajouter à des groupes.
[Digital Business Africa] – La Banque africaine de développement (BAD) a annoncé le 7 avril 2020 la nomination de Pepin Vougo comme Directeur par intérim du Département des Technologies de l’Information de l’Entreprise à compter. Une nomination qui a pris effet depuis le 1er avril 2020.
Dans sa description, la BAD justifie le choix porté sur Pepin Vougo par le fait qu’il compte plus de 20 ans d’expérience dans le domaine de la technologie appliquée. « C’est un cadre expérimenté qui possède une expérience approfondie et étendue de la fourniture de solutions technologiques complexes à l’échelle internationale. Il bénéficie à la fois de l’expérience du secteur privé et des BMD », explique la BAD.
Pepin Vougo est en service à la Banque africaine de développement depuis 7 ans, d’abord comme directeur des infrastructures et des télécommunications, puis comme directeur du développement des solutions opérationnelles en charge du portefeuille de développement des applications de la Banque. En plus d’avoir réussi la fourniture de nombreuses applications en ligne pour aider à numériser la Banque, il a dirigé le développement de la stratégie numérique 2017-2021. C’est donc lui qui devra désormais piloter la stratégie TIC de la BAD.
[Digital Business Africa] – La GSMA a dévoilé ce 06 avril 2020 son dernier « Rapport annuel sur l’état de l’industrie de l’argent mobile », offrant une vue du paysage de l’argent mobile et soulignant l’impact d’une plus grande inclusion financière sur la vie, l’économie et l’innovation, en particulier dans les marchés émergents.
Le rapport de cette année examine ce que représente un milliard de comptes enregistrés pour l’industrie de l’argent mobile, les utilisateurs d’argent mobile et l’avenir de l’écosystème de l’argent mobile. Il fournit une image complète de l’adoption et de l’utilisation dans le monde entier.
De manière significative, le rapport souligne que 2019 a marqué une étape importante pour l’industrie de l’argent mobile, avec plus d’un milliard de comptes enregistrés et près de deux milliards de dollars de transactions quotidiennes.
Pour la première fois, les transactions numériques ont représenté la majorité, 57 %, des interactions de l’argent mobile. L’industrie constate une confiance et une pertinence croissantes des utilisateurs.
Avec 290 services en direct dans 95 pays et 372 millions de comptes actifs, l’argent mobile entre dans le courant dominant et devient la voie de l’inclusion financière dans la plupart des pays à faible revenu. Pour les consommateurs, cela marque une transition de l’argent en espèce vers les paiements numériques – pour les frais de scolarité, le commerce électronique, les envois de fonds internationaux, l’épargne, le crédit, les services publics avec paiements à la demande et plus encore.
« Une connectivité mobile accrue et des services innovants tels que l’argent mobile construisent et renforcent de plus en plus les communautés », a déclaré John Giusti, directeur de la Réglementation à la GSMA. « Dépasser le milliard de comptes d’argent mobile représente une étape importante pour une industrie qui n’existait pas il y a un peu plus d’une décennie. La portée des agents d’argent mobile est désormais 20 fois supérieure à celle des banques physiques. Près de 1,7 milliard de personnes restent financièrement exclues, mais la force collective de l’industrie a le potentiel de faire en sorte que chacun puisse faire partie de la nouvelle économie numérique. »
Les principales tendances de 2019 :
• Un nombre croissant de prestataires deviennent commercialement viables ;
• Les revenus directs de l’argent mobile soutiennent l’investissement dans des produits et services innovants, l’expansion du réseau et des commissions d’agents saines et durables ;
• L’industrie continue d’investir dans les réseaux de distribution, le nombre de points de vente ayant presque triplé au cours des cinq dernières années, et la portée d’un agent d’argent mobile est désormais sept fois supérieure à celle des distributeurs automatiques de billets et 20 fois supérieure à celle des succursales bancaires ;
• La numérisation des paiements a atteint de nouveaux sommets avec des transactions numériques représentant la majorité des flux d’argent mobile (57 %) pour la première fois en 2019 (historiquement, la majorité des transactions étaient des encaissements et des décaissements d’espèces) ;
• Plus de valeur circule dans le système d’argent mobile qu’il n’en sort – une autre première dans l’industrie.
Le rapport explore l’autonomisation qui accompagne la possession d’un compte d’argent mobile, par exemple, plus de femmes utilisent les services financiers, les ménages à faible revenu accèdent aux services publics essentiels, et les petits exploitants agricoles sont payés plus rapidement et plus facilement. De même, des millions de migrants et leurs familles profitent des avantages vitaux des envois de fonds internationaux plus rapides, plus sûrs et moins chers, et une aide humanitaire en espèces est fournie de manière plus rationnelle aux personnes en crise.
John Giusti a ajouté : « Une réglementation qui permet des services à faible coût pour ceux qui sont exclus financièrement a été cruciale au succès de l’argent mobile, et il existe une corrélation claire entre un environnement réglementaire favorable et un taux élevé d’adoption de l’argent mobile. Cependant, certaines décisions politiques, telles que la fiscalité sectorielle et les exigences de localisation des données, exercent une pression sur l’industrie et créent un risque réel d’impacts négatifs à long terme sur les gains d’inclusion financière, l’accès à des services innovants et la réalisation des ODD. Nous allons dans la bonne direction et avec les bons outils, nous nous rapprochons d’un avenir numérique inclusif pour tous. »
Bon à savoir, le Rapport sur l’état de l’industrie de l’argent mobile s’appuie sur les résultats de l’enquête annuelle de la GSMA sur l’adoption mondiale des services financiers mobiles et sur les données du GSMA Mobile Money Deployment Tracker. Il fournit des informations sur les performances de l’argent mobile à partir de l’engagement de la GSMA avec l’industrie.
La GSMA représente les intérêts des opérateurs de réseaux mobiles dans le monde entier. Elle réunit plus de 750 opérateurs et près de 400 entreprises appartenant à l’écosystème plus vaste du mobile, dont des fabricants de téléphones et d’appareils, des éditeurs de logiciels, des fournisseurs d’équipements et des sociétés Internet et des entreprises de secteurs d’activités connexes.
La GSMA organise également les conférences « MWC » qui sont une référence pour l’industrie et ont lieu chaque année à Barcelone, Los Angeles et Shanghaï, ainsi que les conférences « Mobile 360 Series ».
[Digital Business Africa – Avis d’expert*] – La crise sanitaire sans précédent dont la majorité des pays fait actuellement l’expérience requiert une augmentation du nombre d’outils nécessaires à l’endiguement de la pandémie du COVID-19, ainsi que l’utilisation plus poussée des technologies de données, en plus des mesures conventionnelles. Cette approche est valide pour toutes les épidémies et se révélera bénéfique en cas de crise sanitaire future.
Dans la course contre la montre dans laquelle les autorités se sont engagées dans le but de limiter les effets de la pandémie de Coronavirus et le bilan des décès associés, l’analyse des métadonnées créées quand nous utilisons nos téléphones portables pourrait se révéler être un important allié, pour plusieurs raisons. Premièrement, elle permet de mieux faire respecter les instructions relatives au confinement, en observant les mouvements de la population, et deuxièmement, elle vérifie les contacts des personnes infectées.
En Lombardie, la région d’Italie la plus affectée – l’Italie étant le pays d’Europe le plus affecté par l’épidémie de COVID-19 –, les opérateurs de télécoms ont mis à la disposition des autorités les données relatives à la localisation des appels mobiles, ce qui a permis de déterminer que seulement 60% de la population restait à la maison. Loin de permettre le suivi des terminaux mobiles, qui serait incompatible avec la réglementation européenne relative à la protection des données mise en œuvre à la mi-2018, ce procédé technologique donne aux autorités la possibilité de superviser la réduction des déplacements sur une certaine période. Cette approche pourrait être imitée, comme le montre le projet en cours entre une start-up et l’École de Médecine de Hanovre, qui vise à déployer une plateforme d’analyse de données capable de suivre les personnes dont le test s’est révélé positif et leurs contacts, par exemple. Bien sûr, un tel suivi requiert le consentement des personnes concernées.
Au-delà du soupçon spontané qu’elle pourrait engendrer, cette approche aiderait à faire respecter le confinement, à suivre les mouvements des individus s ayant été exposés au virus et ainsi à identifier les personnes risquant d’être infectées. L’utilisation des données de géolocalisation des smartphones contribueraient donc ainsi à ralentir la propagation du virus.
En Afrique, plus de 40 des 55 pays ont déjà confirmé des cas. Bien que l’Afrique du Nord et l’Afrique du Sud soient les régions les plus affectées du continent, les faits montrent que presque aucun pays n’a été épargné. L’Afrique du Sud, le Nigéria, le Sénégal, le Mali, Madagascar, le Maroc, l’Algérie, le Kenya et le Ghana ont déjà totalement ou partiellement fermé leurs frontières.
Ces sombres perspectives sont aggravées par l’insuffisance de certains systèmes de santé, qui ne sont pas prêts à faire face à un afflux massif et soudain de patients, dont certains nécessitent des soins intensifs. Le 18 mars, le directeur de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, a exhorté l’Afrique à se réveiller, soulignant que, pour contrôler et mettre à fin à cette épidémie, les pays devaient tester, isoler et superviser les contacts, sans quoi la chaîne de transmission continuerait et ferait à nouveau surface une fois que les mesures de distance physique auront été levées. Dans ce cadre, la souplesse de la réglementation des télécoms représente un atout qui doit être mis à profit.
Les métadonnées téléphoniques peuvent aider les gouvernements à mieux comprendre la propagation des maladies infectieuses et à mitiger son impact en temps de crise. En effet, les données rassemblées par le réseau mobile peuvent servir à mieux informer les processus décisionnels en temps réel, en vue de permettre un traitement plus poussé des données et de faire des prévisions relatives à la modélisation scientifiqueRaul Vahisalu
GVG possède une longue expérience en matière de collecte et d’analyse des données en soutien au processus décisionnel des gouvernements et des régulateurs. Selon nous, les métadonnées téléphoniques peuvent aider les gouvernements à mieux comprendre la propagation des maladies infectieuses et à mitiger son impact en temps de crise. En effet, les données rassemblées par le réseau mobile peuvent servir à mieux informer les processus décisionnels en temps réel, en vue de permettre un traitement plus poussé des données et de faire des prévisions relatives à la modélisation scientifique.
Cela a déjà été vivement recommandé dans le cadre de la lutte contre la malaria et la tuberculose. Au Bangladesh, une étude novatrice réalisée en juin 2019 a démontré qu’en permettant de suivre les mouvements des individus, les données issues des réseaux de téléphonie mobile pouvaient aider à prédire où des épidémies comme celles de malaria sont susceptibles de se déclarer, ce qui donnerait aux autorités sanitaires la possibilité de prendre des mesures préventives.
Mégadonnées pour le bien social
De même, dans le cadre de l’engagement de l’industrie mobile aux ODD, la GSMA a lancé « Mégadonnées pour le bien social » (« Big data for social good ») en 2017, une initiative permettant aux opérateurs de télécoms d’établir une approche commune dans le but d’analyser des données anonymisées rassemblées à partir des réseaux, pour aider les agences publiques et les ONG à faire face à la crise la plus sévère de notre temps. Au cours de l’assemblée générale des Nations Unies qui a eu lieu en septembre 2018 pour identifier les moyens d’accélérer les efforts d’éradication de la tuberculose, les chefs d’État présents ont évoqué la possibilité d’utiliser les mégadonnées issues des réseaux mobiles pour identifier les populations vulnérables.
Les métadonnées téléphoniques en temps réel peuvent servir à observer les mouvements des individus et à suivre la chronologie des contacts entre les personnes affectées, afin d’analyser la façon dont le virus se propage et ainsi de décider si une quarantaine est nécessaire dans certains endroits. L’efficacité de ces métadonnées peut également être évaluée et d’autres mesures mises en place, si nécessaire. Au bout du compte, s’il est démontré qu’une personne porteuse du virus a contaminé d’autres personnes, cette approche permettrait d’identifier et de localiser la majorité des personnes concernées, à des fins de prévention.
Le post-traitement des données permet de modéliser et de prédire l’impact économique dans une zone précise, d’identifier les implications géographiques et de prédire les mouvements de la population d’un pays donné. Les résultats de l’analyse peuvent être présentés par le biais d’un tableau de bord, sous la forme d’indicateurs de vérification rapide faciles à comprendre, de cartes géographiques et de graphiques. Cela aidera les gouvernements à se préparer pour l’avenir et à mieux faire face aux nouvelles épidémies qui se déclareront inévitablement.
Par Raul Vahisalu, Vice-président de la Technologie chez Global Voice Group*
M. Raul Vahisalu détient un MBA (Entrepreneuriat et gestion de la technologie) et une maîtrise en sciences sociales (Gestion de l’information) des université estoniennes de Tartu et de Tallin respectivement. Il a occupé des positions de cadre exécutif dans de nombreuses organisations au cours des 15 dernières années. M. Vahisalu apporte à GVG une vaste et éminente expérience en matière de gestion de la R&D, ainsi que de conception et de mise en œuvre de projets high-tech, entre autres domaines d’expertise propres à l’industrie. de l’information.
[Digital Business Africa] – Christophe Castaner annonce que le gouvernement mettra une solution d’attestation numérique à disposition de la population dès lundi 6 avril, nous informe Usine digitale. Il met cependant en garde sur le fait que les contrôles de police ne seront pas relâchés.
Dans un tweet, le ministre explique que le formulaire pourra être généré depuis un smartphone, pour être ensuite présenté aux forces de l’ordre sous forme de QR code. Il rassure aussi sur le fait qu’il n’y aura pas de collecte de données, mais précise d’avance que le formulaire sera accompagné d’un horodatage automatique pour empêcher la fraude. Les attestations papier resteront évidemment acceptées.
Cette annonce est la bienvenue après deux premières semaines chaotiques qui ont vu les ventes d’imprimantes personnelles exploser, les annonces de start-up souhaitant “aider” à la mise en place d’attestations numériques se multiplier, mais surtout des citoyens se voyant contraints de reproduire le document sous forme manuscrite.
Christophe Castaner explique en préambule qu’après deux semaines de confinement, la population s’est appropriée les règles et les enjeux… Mais ce délai dans la mise en place de ce dispositif numérique tient probablement aussi et surtout au temps qu’il a fallu pour développer l’application. Il faut par ailleurs préparer le terrain pour une période de confinement plus longue que celle annoncée à l’origine.
Dans un entretien accordé au Parisien, le ministre révèle qu’il n’a “pas voulu d’une application comme celles que nous avons vu fleurir lors des premiers jours du confinement, car il y avait un risque de piratage des données.” Il indique aussi que les contrôles de police seront renforcés à l’approche de Pâques pour éviter les départs en vacances, qui sont incompatibles avec la notion de confinement. D’après lui, les forces de l’ordre ont déjà “procédé à plus de 6,7 millions de contrôles et ont dressé plus de 406 283 procès-verbaux”. Il estime néanmoins que les règles du confinement sont globalement bien respectées.
[Digital Business Africa] – Les réseaux mobiles sud-africains ne sont pas autorisés à transférer des numéros de téléphone portable pendant le confinement national de 21 jours, nous informe Mybroadband. La législation promulguée par le gouvernement dans le cadre du verrouillage COVID-19 stipule que la «portabilité des numéros mobiles» ne peut pas être exécutée.
La Gazette du gouvernement qui contient la législation – disponible en téléchargement PDF ici – déclare ce qui suit: Interdiction de l’augmentation des prix et de la portabilité des numéros mobiles Toutes les entités autorisées ne doivent pas effectuer d’augmentation de prix et ne pas effectuer la portabilité du numéro de téléphone mobile pendant la durée de la catastrophe nationale COVID-19.
Cette Gazette a été publiée le 26 mars et est entrée en vigueur à la même date. Le gouvernement n’a cependant pas précisé pourquoi il avait mis en œuvre cette législation.
Vodacom a déclaré qu’il savait que le gouvernement avait interdit le portage de numéros via la Gazette du gouvernement du 26 mars. “Conformément à l’avis publié par le gouvernement au sujet de la loi nationale sur la gestion des catastrophes, le portage de numéros est actuellement strictement interdit“, a déclaré Vodacom. «Cela signifie que les clients ne peuvent pas se connecter à un réseau ni en sortir pendant cette période de confinement.»
MTN a confirmé qu’il n’était pas en mesure de transférer les numéros de mobile pendant le confinement. “Aucun motif officiel n’a été communiqué à MTN“, a indiqué la société. “La société a choisi de suivre la directive du ministre.” Cependant, MTN a déclaré que c’est une pratique dans le processus de portage que les numéros soient activés sur les réseaux destinataires avant d’être désactivés sur les réseaux donateurs.
Il a déclaré que cela se produit pendant la période de synchronisation du réseau. “Cependant, il convient de noter que bien que la portabilité des numéros mobiles ait été suspendue pendant cette pandémie conformément aux instructions du ministre, la société de portabilité des numéros continue de traiter les inversions pour garantir que les clients ne soient pas bloqués“, a déclaré MTN.
Cell C a déclaré qu’il respectait les règles du Journal officiel. Il a également confirmé avoir rejeté toute demande de port par un consommateur pendant cette période – et les clients devront demander un autre port une fois la période de verrouillage terminée.
[Digital Business Africa] – Thierry Breton, le Commissaire européen pour le Marché intérieur a assuré dans la matinale de France Inter que « traquer » les Européens n’était pas l’ordre du jour, nous informe 01net. « Je ne pense pas que cela se mettra en oeuvre en Europe. Ce n’est pas dans notre culture. » Pour l’instant, il a seulement été demandé par la Commission qu’un « opérateur par pays fournisse » les données sanitaires liées à la crise du Covid-19 afin de vérifier que le « confinement est bien respecté », de pouvoir « gérer les stocks » et « anticiper les pics » dans les hôpitaux européens.
Les supports technologiques pour l’instant ne sont néanmoins pas exclus de la discussion. En visioconférence avec les eurodéputés, le 2 avril, le Commissaire a insisté sur la solidarité – maître mot de ses interventions. Thierry Breton a rappelé que tous les moyens technologiques et scientifiques sont mobilisés pour répondre à la crise : « Des robots pour nettoyer les hôpitaux », « des intelligences artificielles pour modéliser le génome du virus » ou encore « mettre en commun les recherches pour trouver un vaccin ».
Pourtant, les initiatives privées fleurissent. D’après Reuters, un consortium de scientifiques européens s’est constitué le 31 mars. Le Pan-European Privacy Preserving Proximity Tracing (PEPP-PT) rassemble 130 chercheurs de huit pays différents pour développer des applications qui aideraient à lutter contre la propagation du Covid-19.
Selon le site de l’organisation constituée en société sans but lucratif en Suisse, « le PEPP-PT a été créé pour apporter une solution à cette crise qui respecte les lois et principes européens forts en matière de protection de la vie privée et des données ». L’idée est « maximiser » les possibilités technologiques tout en « protégeant entièrement la vie privée » et d’en faire profiter « tous les pays ».
[Digital Business Africa] – Le gouvernement zambien est de plus en plus préoccupé par la façon dont les déchets électroniques sont éliminés, nous informe Itnewsafrica. Le pays continue d’expédier des déchets électroniques en Namibie pour recyclage, grâce à un partenariat établi entre la Zambia Environmental Management Agency (ZEMA) et la société namibienne de recyclage des déchets électroniques NamiGreen.
Cependant, les autorités restent préoccupées par l’augmentation des volumes de déchets électroniques et ont exhorté les entreprises locales à créer des usines de recyclage. Selon un rapport publié en 2019 par ZEMA, le pays connaît une augmentation du volume de déchets électroniques, exacerbée par la forte demande de gadgets électroniques et l’afflux subséquent d’équipements d’occasion des pays développés, dont beaucoup sont vieux, proche ou en fin de vie.
Le rapport ajoute que la Zambie ne dispose d’aucune installation pour gérer les déchets électroniques «d’une manière écologiquement rationnelle». Alors qu’il signalait la première cargaison de déchets électroniques envoyée en Namibie, Amos Malupenga du ministère zambien de l’Information et de la Radiodiffusion a déclaré: «Le gouvernement zambien est préoccupé par les effets des déchets électroniques sur la population zambienne parce que les appareils électroniques tels que les téléphones portables sont mal disposés, car on sait peu de choses sur la façon de procéder. »
Le directeur général de la ZEMA, John Msimuko, a déclaré qu’au milieu des progrès technologiques rapides, la consommation d’équipements électriques et électroniques est également en augmentation, tout comme les déchets électroniques. «Lorsque les déchets électroniques sont brûlés ouvertement, des produits chimiques toxiques résultants sont libérés polluant l’air et endommageant l’atmosphère, ce qui présente un risque élevé pour la santé humaine et l’environnement et lorsqu’ils sont éliminés dans des décharges, leurs matières toxiques s’infiltrent dans les eaux souterraines, affectant à la fois les terres et la vie aquatique », a déclaré Msimuko.
Selon une enquête sur les TIC réalisée en 2018 par la Zambia Information and Communications Technology Authority (ZICTA), le pays jette 90% de ses déchets électroniques dans les décharges et seulement 10% de la population utilisant des appareils électroniques est consciente du risque associé à une élimination négligente des déchets électroniques
Les réseaux mobiles sud-africains ne sont pas autorisés à porter des numéros de téléphone portable pendant le verrouillage national de 21 jours.
[Digital Business Africa] – Dans un long billet publié sur le blog de l’entreprise, Eric Yuan étale la feuille de route que lui et ses collaborateurs s’engagent à suivre dans les semaines qui viennent au sujet du développement de leur programme de sécurité, nous informe Clubic.
Non sans rappeler, dans un premier temps, combien la soudaine popularité de leur produit a dépassé leurs prédictions (plus de 200 millions de participants par jour à des visioconférences), le P.-D. G. de Zoom annonce que les 90 prochains jours seront placés sous le signe d’un audit de sécurité scrupuleux sur l’infrastructure réseau.
Le programme de bug bounty préexistant sera aussi amélioré afin d’encourager les hackers du monde entier à éprouver les barrières mises en place jusqu’à présent.
Mobilisé sur de nombreux fronts, Zoom admet que la pire chose à faire serait d’opter pour la politique de l’autruche. Par conséquent, Eric Yuan tiendra, à partir de la semaine prochaine, un webinar hebdomadaire dans lequel il apportera à la communauté des informations concernant la situation aussi bien au niveau de la sécurité de l’infrastructure que de la protection des données des utilisateurs.
« La transparence a toujours été au cœur de notre culture », écrit encore le chef d’entreprise dans son billet. Autant de promesses qu’il s’agira de passer au tamis de la réalité dans les prochaines semaines donc. Ultra populaire en ces temps de confinement, Zoom évolue en eaux troubles.
Loué par les uns pour son accessibilité et sa gratuité d’usage, le programme de visioconférence est aussi dénigré par les experts en cybersécurité et les avocats de la confidentialité des données