[DIGITAL Business Africa] – La Namibie fait face à une intensification rapide des menaces numériques. Entre janvier et décembre 2025, le pays a enregistré près de 1,7 million de cyberattaques, soit une hausse de 37 % en glissement annuel, selon le « Namibia Cybersecurity Landscape Report 2025 ».
Publié le 11 avril 2026 par la NAM-CSIRT, le rapport met en évidence plus de 2,2 millions de vulnérabilités identifiées au cours de l’année. Ces failles ont facilité des attaques variées, allant des dénis de service distribués (DDoS) à la diffusion de malwares, en passant par des accès non autorisés aux systèmes.
L’année 2025 marque un tournant dans les modes opératoires. Les cybercriminels exploitent désormais massivement la confiance des utilisateurs, en combinant ingénierie sociale et intelligence artificielle. Des campagnes de deepfakes ont été utilisées pour promouvoir de faux investissements, tandis que le phishing via des plateformes comme Telegram s’est intensifié. Les techniques de fraude gagnent en sophistication et en crédibilité.
Le rapport souligne également l’essor de ransomwares ciblant les collectivités locales, avec des stratégies de double extorsion. Des campagnes de smishing imitant des services de livraison se multiplient, tout comme les vidéos truquées mettant en scène des personnalités publiques. L’écosystème de la cyberfraude devient plus structuré, alimenté par des contenus générés par l’IA.
Cette dynamique s’inscrit dans une tendance plus large à l’échelle africaine. Dans son « Cybercrime Africa Cyberthreat Assessment 2025 », Interpol souligne que la croissance des services numériques, du commerce en ligne et de la banque mobile favorise l’expansion de la cybercriminalité sur le continent. Les cybercriminels s’appuient sur des techniques avancées, exploitant en priorité les vulnérabilités humaines.
Face à cette pression croissante, les autorités namibiennes insistent sur l’urgence d’intégrer la cybersécurité au cœur du développement numérique. Le déploiement de l’identité numérique (e-ID), l’expansion des infrastructures et la digitalisation des services renforcent l’exposition aux risques.
Le rapport recommande le renforcement du cadre juridique relatif à la cybercriminalité, à la protection des données et aux infrastructures critiques. Il appelle à consolider les capacités de la NAM-CSIRT pour améliorer la détection et la coordination des incidents.
Parmi les priorités figurent la création de centres de réponse sectoriels (CSIRT), la réduction des vulnérabilités liées aux systèmes obsolètes, ainsi que l’accélération de l’identité numérique et des services de confiance. L’authentification multifactorielle, la sensibilisation aux menaces comme le phishing et les deepfakes, ainsi que le partage d’informations sur les cybermenaces sont également mis en avant.
Le document insiste enfin sur la nécessité de renforcer la gouvernance cyber selon les standards internationaux et de soutenir davantage les PME et administrations les plus vulnérables, afin de garantir la résilience de l’écosystème numérique national.
Par Loic SOUOP









