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Taxe sur le mobile money en Afrique : Un frein à l’inclusion financière pour le FMI, l’analyse d’un expert, les solutions de la GSMA

[DIGITAL Business Africa] – La taxe sur l’argent (mobile money) divise. Si d’un côté, elle sert de boost au PIB de l’État, de l’autre côté, on crie au frein à l’inclusion financière. La Global System for Mobile Communications (GSMA) a publié un rapport ce 12 avril 2026, où elle interpelle les autorités sur cette mesure fiscale.

Selon la GSMA, la taxation accrue du mobile money en Afrique entraîne une baisse du volume des transactions et encourageant le retour au cash. Avec un impact direct sur les ménages à faible revenu. L’introduction de taxes (ex: 1% au Ghana ou 0,2% au Cameroun) provoque une baisse significative des volumes de transactions (jusqu’à -51% en Centrafrique), rapporte la GSMA.

D’après le Olivier Djaba, Expert des questions financières, cela provoque une baisse massive de 40 % au Cameroun et de 47 % en RCA de la valeur mensuelle des transactions taxées. Mais pas que : la taxe pousse les utilisateurs à délaisser le numérique pour revenir à l’argent liquide, renforçant l’informalité de l’économie.

L’analyste souligne que « le coût d’efficacité (perte sèche) représente environ 35 % des revenus collectés. Pour 1 dollar récolté, l’économie perd bien plus en opportunités. De quoi attirer l’attention du FMI. Selon le Fonds Monétaire International (FMI), la taxation du mobile money en Afrique, bien que visant à accroître les recettes fiscales, est régressive et freine l’inclusion financière. Elle pénalise disproportionnément les populations non bancarisées et rurales, entraînant une baisse de l’usage au profit des espèces. Ces taxes, souvent faibles en rendement (environ des recettes fiscales), réduisent la numérisation.

Olivier Djaba rappelle la taxation élevée sur l’acquisition des téléphones portables et des intrants. L’actualité s’y prête au Cameroun. Même s’il faut reconnaître qu’il ne s’agit pas d’une nouvelle taxe appliquée aux téléphones mais d’une modalité de collecte (digitalisée) de droits et taxes selon les autorités.

Toutefois, Olivier Djaba indique que ces taxes sont un obstacle à l’accès et une entrave à l’Inclusion numérique.

« Alors que des téléphones basiques suffisent pour le Mobile Money, toute surtaxe à l’entrée empêche des millions d’individus non bancarisés de rejoindre le système financier numérique », observe-t-il.

Une étude du centre international pour la fiscalité et le développement daté de juillet 2024 ressort l’aspect néfaste des taxes sur le mobile money.

« En taxant les SFN (Services Financiers Numériques) plus lourdement que les services financiers traditionnels, comme c’est souvent le cas, on prend le risque de fausser le marché et de décourager l’adoption de ces services.

L’incidence sera probablement plus importante pour les acteurs du marché dont les revenus sont plus faibles. C’est notamment le cas lorsque la taxe est fixée à un pourcentage fixe des frais facturés par les opérateurs, car ces frais représentent une part plus importante des transactions de faible valeur », indique l’étude.

Face à cette fiscalité régressive, la GSMA propose des solutions :

– Introduire des seuils pour les transactions de moindre valeur afin de protéger les consommateurs à faible revenu. Ces seuils peuvent être mis à jour.

– Les personnes ayant des besoins spéciaux et les groupes d’épargne pourraient être exemptés de taxes pour inciter leur accès et leur utilisation de services financiers.

– Assurer l’équité avec les autres produits financiers, en particulier la banque.

– Avoir un impact important sur les politiques de prélèvement de l’argent mobile.

– Équilibrer les revenus générés par la taxe avec les aspects négatifs.

– Les prélèvements devraient être faciles à comprendre et à mettre en œuvre pour les consommateurs et les entreprises. La stabilité et la prévisibilité de l’environnement fiscal est important pour maintenir la confiance et certitude d’investissement.

– Les prélèvements sur l’argent mobile devraient être discutés par toutes les institutions.

– Assurez-vous que les évaluations d’impact des prélèvements soient effectuées ex-ante.

Par Jean Materne Zambo

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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