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Mohamed Saad : « L’IA est le levier providentiel pour combler le retard de digitalisation en Afrique »

[DIGITAL Business Africa] – Fraîchement élu à la tête de l’AUSIM pour le mandat 2026-2028, Mohamed Saad a profité de la tribune du Gitex Africa pour recadrer le débat sur l’intelligence artificielle. Pour l’expert, l’IA ne doit pas être une distraction technologique, mais l’accélérateur ultime d’une transformation numérique africaine encore inaboutie.

Une vision « Bold, Brave, Forward » au service du continent

Le 07 avril 2026, l’Agoratech du pavillon de l’APEBI a accueilli une session de haut niveau intitulée « L’IA africaine en action ». C’est dans ce cadre que Mohamed Saad, également Directeur Général Adjoint à la Bourse de Casablanca, a exposé sa feuille de route pour une souveraineté digitale marocaine et continentale. Sous son impulsion, l’AUSIM prône désormais une approche audacieuse et résolument tournée vers l’avenir.

L’IA comme « raccourci » vers la maturité numérique

Selon Mohamed Saad, le véritable enjeu africain reste celui de la digitalisation de base. Cependant, l’engouement actuel pour l’intelligence artificielle offre une opportunité historique de rattrapage.

« Les défis en Afrique ne sont pas tant liés à l’IA qu’à la digitalisation elle-même. Nous pouvons tirer parti de l’élan marketing de l’IA pour rattraper nos retards. C’est l’un des accélérateurs phares que nous devons déployer », a-t-il souligné.

Pour le président de l’AUSIM, les technologies et les cas d’usage convergent ; l’IA n’est donc pas une couche supplémentaire, mais le moteur qui peut propulser les anciens chantiers de numérisation.

Démocratisation des coûts et pragmatisme technologique

L’un des points forts de son intervention a porté sur l’accessibilité financière apportée par les nouvelles technologies :

  • La fin des coûts prohibitifs : « Le déploiement de solutions de numérisation coûtait autrefois extrêmement cher. Aujourd’hui, l’IA permet d’intégrer des logiciels plus performants à moindre coût. »

  • Le choix de la diversité : Mohamed Saad met en garde contre le monopole d’une solution unique. « Il ne faut pas concentrer tous nos acquis sur une seule IA. Chaque modèle a sa place et sa performance propres dans un domaine spécifique. »

Mohamed Saad appelle à une utilisation pragmatique et diversifiée de l’intelligence artificielle, la considérant comme l’outil indispensable pour parfaire la souveraineté numérique et le développement économique du Maroc et de ses voisins africains.

Par Digital Business Africa

Abdallah Deguig : « L’IA doit transformer la concurrence en complémentarité »

[DIGITAL Business Africa] – Lors de la table ronde « L’IA africaine en action » au Gitex Africa 2026, Abdallah Deguig, Senior Board Advisor chez Reply Wemanity, a plaidé pour une vision stratégique de la monétique au Maroc. Selon lui, l’intelligence artificielle est le levier qui permettra de passer d’un marché de la concurrence à une force de frappe globale. Bref résumé de son intervention du 07 avril 2026 à l’Agoratech, au pavillon de l’APEBI, au Gitex Africa.

La monétique marocaine : un succès à amplifier

S’appuyant sur l’exemple de la réussite technologique du Royaume, Abdallah Deguig a rappelé que le savoir-faire national s’exporte déjà avec succès. Deux champions marocains de la monétique opèrent aujourd’hui dans plus de 40 pays africains.

Cependant, pour franchir un nouveau cap, l’expert estime qu’un changement de paradigme est nécessaire, porté par les technologies de pointe.

De la rivalité à la synergie grâce à l’IA

Pour Abdallah Deguig, l’intelligence artificielle n’est pas seulement un outil technique, mais un catalyseur de spécialisation.

« Grâce à l’IA, nous pouvons aller vers la spécialisation et ne plus être concurrents, mais complémentaires », a-t-il affirmé.

Cette approche permettrait aux acteurs du secteur de ne plus se livrer une guerre de prix ou de parts de marché sur les mêmes segments, mais de développer des expertises pointues et distinctes qui, une fois réunies, forment une offre exhaustive et imbattable.

Le « Scaling » : au-delà des frontières continentales

L’objectif final de cette synergie est le passage à l’échelle (scaling). Abdallah Deguig a tenu à préciser sa vision de la croissance :

  • Scaler n’est pas généraliser : Il ne s’agit pas de diluer l’offre, mais de la renforcer.
  • Créer des structures exportables : L’ambition est de bâtir des entités robustes, capables de répondre aux exigences des marchés internationaux.
  • Viser l’échelle mondiale : « L’idée est de créer une structure importante, capable de toucher un marché plus vaste, allant même au-delà de l’Afrique. »

En conclusion, Abdallah Deguig voit en l’IA le moteur d’une souveraineté numérique conquérante, capable de transformer les succès régionaux du Maroc en des standards mondiaux.

Par Digital Business Africa

Gabon : Un autre argument refuge sur la suspension  des réseaux sociaux  irrecevable !

[DIGITAL Business Africa] – Plus de quarante jours de jeûne numérique. Et un argument refuge de plus qui ne passe. Le ministre de la communication, Germain Biahodjow, lors d’un point de presse ce 1er avril 2026, a dénoncé la mauvaise foi des GAFAM, qui selon lui ne rapporte pas grand-chose à l’économie gabonaise.

« En dehors de quelques individus qui monétisent leuRs contenus, l’État ne perçoit ni redevance ni impôt sur l’activité de ces géants du numérique », dit Germain Biahodjow.

Une déclaration empreinte de sophisme. Puisque dès la suspension des réseaux sociaux par l’exécutif le 17 février, une justification autre que la non rentabilité de ces plateformes avaient été fournie.

La Haute Autorité de la Communication (HAC) avait justifié la mesure par la nécessité de lutter contre les “dérives numériques” : diffamation, cyberharcèlement et propagation de fausses informations menaçant la cohésion sociale.

Même si les plateformes numériques mises en causes ne rapportent rien à l’ économie du pays, il faut souligner que le droit à l’accès au numérique n’est pas subordonné à un quelconque gain. C’est un droit fondamental ! Il est encadré par l’Ordonnance n°0006/PR du 12 août 2025. Un texte majeur au Gabon réglementant la digitalisation du pays

L’ordonnance vise à moderniser le cadre légal pour une gouvernance numérique, sécuriser les données et accélérer la transformation numérique de l’État, témoignant d’une refonte numérique.

Le Pacte numérique mondial des Nations unies, outil de   promotion de l’inclusion numérique, interpelle tous les dirigeants.

“Le numérique peut nous permettre d’accélérer la réalisation du Programme 2030. Nous devons faire en sorte que tout le monde puisse avoir accès au numérique dans des conditions de sécurité et à un coût abordable.

For ces deux cadre légaux, la rôle des réseaux sociaux dans la gouvernance numérique reste crucial. Ils agissent à la fois comme des outils de participation citoyenne, de communication institutionnelle et de mobilisation sociale. Il serait donc saugrenu de priver tout un peuple de ces outils du fait de la mauvaise conduite de certains abonnés. Sinon, à quoi servirait la loi n°027/2023 du 12 juillet 2023 au Gabon, portant réglementation de la cybersécurité.

Cette loi réprime sévèrement la diffamation, les injures et les menaces en ligne (réseaux sociaux, e-mails, sites web). Les auteurs risquent jusqu’à 10 ans d’emprisonnement et des amendes allant jusqu’à 30 millions FCFA, notamment en cas de propos haineux ou discriminatoires

Le Gabon est coutumier des suspension de ce genre. En août 2023, lors de la présidentielle, ou en 2016 et 2019, le pays avait connu des coupes similaires pour juguler les tensions, selon les autorités.

La sortie du ministre de la Communication ne cadre donc pas avec celle du régulateur. Une dissonance de points de vue qui alimentent la rumeur selon laquelle la suspension des réseaux sociaux au Gabon reste le fait d’un caprice personnel. Cependant dans son point de presse, le ministre de la Communication, Germain Biahodjow, a annoncé le retour progressif de ces plateformes qui ont été privés aux Gabonais.

« Toutes les mesures nécessaires sont actuellement mises en œuvre, en coordination avec les autorités compétentes, afin de rétablir progressivement un accès normal aux réseaux sociaux, dans un cadre mieux encadré et plus responsable », a-t-il dit.

Plusieurs sources rapportent que ce retour se fera de manière séquencée. L’accès aux plateformes de messagerie et de partage de contenu sera rétabli par paliers. Un protocole qui vise à prévenir toute saturation technique mais aussi à s’assurer que cette liberté retrouvée ne serve pas de vecteur à d’éventuels troubles à l’ordre public.

Par Jean Materne Zambo

Dr Ing. Pierre-François Kamanou : « Il faut ressusciter la téléphonie fixe à l’ère du numérique »

[DIGITAL Business Africa] – En marge du Forum « IA & Souveraineté Numérique » au Gitex Africa 2026, le président du REPTIC a plaidé pour une modernisation urgente de la téléphonie fixe. Pour le Dr Ing. Pierre-François Kamanou, la disparition du fixe en Afrique constitue une faille de sécurité et un frein à l’identification formelle des entreprises.

Une synergie d’experts pour l’IA africaine

Le 07 avril 2026, l’Agoratech du pavillon de l’APEBI a vibré au rythme de la table ronde « L’IA africaine en action ». Ce panel stratégique a réuni des figures de proue de l’écosystème technologique continental pour explorer le rôle de l’intelligence artificielle dans le développement de l’Afrique.

Autour du Dr Ing. Pierre-François Kamanou (Président du REPTIC et PDG de GTS Africa), siégeaient des experts de renom :

  • Othman Benslimane — Co-fondateur & CEO de Tython
  • Emery Rubagenga — CEO de Horus Power & Telecom
  • Mohamed Saad — Président de l’AUSIM
  • Abdallah Deguig — Senior Board Advisor chez Reply Wemanity

Le cri d’alarme : le fixe, parent pauvre du numérique africain

Lors de son intervention, Pierre-François Kamanou a pointé du doigt un paradoxe majeur : alors que l’Europe et les États-Unis ont réussi la mutation numérique de leurs lignes fixes pour en faire des outils d’identification certifiés, l’Afrique assiste à leur déclin.

« En Europe comme aux États-Unis, il existe des numéros polyvalents destinés à identifier les personnes morales. Ce sont des numéros fixes, numérisés et attribués pour authentifier les entreprises, au même titre que le mobile identifie l’individu », a-t-il rappelé.

Un enjeu de confiance et de sécurité

Pour le président du REPTIC, l’absence d’une téléphonie fixe moderne ouvre la porte à l’informel et à la cybercriminalité :

  • L’ambiguïté de l’appel : « Lorsque je reçois un appel d’un mobile, je pense à une personne, pas à une institution. Si une entreprise utilise un numéro de téléphone mobile pour me joindre, le doute s’installe. »
  • Le risque de fraude : « Cette carence crée un espace propice à l’usurpation d’identité. Il est aujourd’hui trop facile d’utiliser un numéro mobile pour se faire passer pour une entreprise. »

En conclusion, Pierre-François Kamanou appelle les opérateurs historiques à assumer leurs responsabilités, avec l’accompagnement du REPTIC : « Mon message est clair : il faut trouver comment ressusciter cette téléphonie fixe dans le numérique. C’est le seul moyen de garantir l’identité numérique des personnes morales en Afrique. »

Par Digital Business Africa

 

Nigeria : plus de 5 000 caméras intelligentes pour renforcer la sécurité dans l’État du Plateau

[Digital Business Africa] – Le Nigeria accélère son virage technologique en matière de sécurité. Le gouvernement fédéral prévoit le déploiement de plus de 5 000 caméras numériques intégrant l’intelligence artificielle dans l’État du Plateau, au centre du pays. Cette initiative s’inscrit dans la continuité de dispositifs similaires déjà expérimentés dans les États de Lagos State et Enugu State.

L’annonce a été faite le 2 avril 2026 à Jos par le président Bola Tinubu, à la suite d’une attaque meurtrière ayant récemment frappé la région. Le chef de l’État a confié la supervision du projet au ministre des Communications et de l’Économie numérique, Bosun Tijjani, en coordination avec les autorités locales et les agences de sécurité. Le déploiement débutera dans la capitale de l’État avant une extension progressive à l’ensemble du territoire.

Si les autorités restent discrètes sur les spécifications techniques du dispositif, des experts soulignent le potentiel stratégique de l’intelligence artificielle dans la gestion des menaces sécuritaires. Dans une intervention accordée à Radio Nigeria, l’expert en TIC Nguuma Tyokaha a estimé que l’IA, couplée à l’analyse prédictive, pourrait significativement réduire les enlèvements et autres formes de criminalité.

Grâce à sa capacité à traiter d’importants volumes de données, l’IA permet d’identifier des schémas récurrents et d’anticiper les zones à risque. L’exploitation de données historiques incluant les localisations, les périodes, les profils des victimes et les modes opératoires pourrait ainsi faciliter la production de « cartes de chaleur » sécuritaires. Ces outils offriraient aux autorités une meilleure capacité d’anticipation et de déploiement des mesures préventives.

Ce projet s’inscrit dans une dynamique plus large de transformation numérique engagée par le Nigeria, visant à intégrer les technologies de l’information et de la communication dans l’ensemble des secteurs stratégiques. Dans un contexte marqué par une insécurité persistante enlèvements contre rançon, violences intercommunautaires et attaques de groupes armés les autorités misent sur l’innovation technologique pour renforcer leur réponse.

Toutefois, plusieurs zones d’ombre subsistent. Aucun calendrier précis de déploiement n’a été communiqué, malgré l’annonce d’une mise en œuvre « immédiate ». Des interrogations demeurent également quant à la capacité des infrastructures existantes à supporter un tel système, à la disponibilité de compétences locales qualifiées et à l’accès à des données fiables et actualisées, indispensables à l’efficacité de ces technologies.

Par Loic SOUOP

Ghana : Premier pays africain à intégrer un portefeuille numérique à sa carte d’identité nationale

[DIGITAL Business Africa] – La Ghana Card joue désormais une double fonction. En plus de servir pour l’identification des personnes, elle permettra aussi d’effectuer une transaction financière. La décision d’intégrer un wallet numérique à la carte d’identité nationale a été annoncée ce mercredi 1ᵉʳ avril 2026 par l’Autorité nationale d’identification du Ghana (NIA) n’en a pas fait de sortie officielle.

Cette innovation permettra désormais aux détenteurs de l’utiliser dans les guichets automatiques bancaires (GAB), d’effectuer des paiements en magasin et en ligne, d’effectuer des paiements internationaux avec plus de 200 pays et d’accéder à d’autres services tels que l’assurance et l’assistance d’urgence.

Sur son site officiel, l’Autorité nationale d’identification du Ghana (NIA) présente les avantages de la Ghana card.

« La carte ghanéenne facilite la preuve de votre identité ou de votre citoyenneté. Grâce à elle, l’accès aux services essentiels au Ghana (santé, éducation, communication, assurance, services bancaires, etc.) est plus simple, plus rapide et plus sûr. Les Ghanéens résidant à l’étranger et titulaires d’une carte ghanéenne peuvent voyager au Ghana sans visa ».

Conditions obligatoires pour l’enregistrement de la carte ghéenne

Pour solliciter  le précieux sésame, le  demandeur doit d’abord fournir les pièces ci-après aux autorités :

– Un certificat de naissance délivré par le registre des naissances et des décès du Ghana ; ou

– Un passeport ghanéen valide délivré par le gouvernement du Ghana ; ou

– Un ou plusieurs formulaires de déclaration d’identité obtenus par le biais du processus de parrainage ; ou

– Une Preuve de citoyenneté acquise, telle qu’un certificat de naturalisation ou d’enregistrement.

– Un Code d’adresse numérique de votre résidence

 

Procédure d’inscription

 

Dans un centre d’inscription, vos documents obligatoires et complémentaires seront vérifiés, après quoi un agent d’inscription procédera à :

Étape 1

La NIA vous interviewera et vous aidera à remplir le formulaire de candidature.

Étape 2

Saisissez les informations personnelles figurant sur votre formulaire de demande rempli dans le Registre national d’identité (NIR).

Étape 3

 

Capturez vos données biométriques (10 empreintes digitales, iris et photographie) et votre signature sur le registre national d’identité.

Étape 4

La NIA imprimera une copie de vos informations personnelles enregistrées, qui vous sera remise pour vérification, confirmation et signature ou empreinte numérique. Si vous constatez des informations inexactes ou incorrectes sur le document, veuillez en informer l’agent d’inscription afin qu’il les corrige.

Étape 5

Imprimez votre carte d’identité ghanéenne et nous vous la délivrerons grâce à vos données biométriques.

Cette innovation permet aux citoyens de se passer des réseaux traditionnels comme Visa ou Mastercard pour certaines transactions tout en accédant à un réseau mondial.

Par Jean Materne Zambo, source : nia.gov.gh

Maroc : Fintech, IA, healthtech… 19 startups au cœur de la nouvelle cohorte Morocco Accelerator

[Digital Business Africa] – Le programme Morocco Accelerator a franchi un nouveau cap le 6 avril 2026 à Casablanca, avec le lancement officiel de sa deuxième cohorte. Porté par le ministère de la Transition numérique et de la Réforme de l’administration, en partenariat avec Technopark Morocco et la plateforme internationale Plug and Play, ce dispositif confirme la volonté du Royaume de bâtir un écosystème startup robuste et compétitif à l’échelle mondiale.

Cette nouvelle promotion regroupe 19 startups marocaines, incluant des talents issus de la diaspora, actives dans des secteurs à forte valeur ajoutée tels que la fintech, l’intelligence artificielle, la healthtech, l’agritech et la deeptech. Cette diversité sectorielle illustre une montée en maturité du tissu entrepreneurial national, désormais mieux positionné sur les segments technologiques stratégiques. La présence accrue de solutions basées sur l’intelligence artificielle traduit également l’alignement des jeunes pousses marocaines avec les grandes tendances mondiales de l’innovation.

Dans un contexte marqué par l’ouverture imminente du GITEX Africa Morocco 2026, prévu du 7 au 9 avril à Marrakech, le programme s’inscrit pleinement dans une dynamique continentale de transformation numérique. L’événement s’impose désormais comme un rendez-vous stratégique pour les acteurs de l’innovation, de l’investissement et des politiques publiques en Afrique.

Aligné sur les ambitions de la stratégie « Maroc Digital 2030 », Morocco Accelerator se positionne comme un levier structurant pour accompagner les startups en phase de croissance. Le programme propose un accompagnement intensif combinant mentorat, accès au marché, connexions avec des investisseurs et ouverture à l’international. L’objectif est d’accélérer le passage à l’échelle de startups à fort potentiel et de renforcer leur capacité à capter des opportunités au-delà du marché domestique.

Le rôle de l’État y est déterminant. En orchestrant ce dispositif, le ministère agit comme un catalyseur de synergies entre acteurs publics et privés.

Comme l’a souligné la ministre Amal El Fallah Seghrouchni : « L’enjeu est d’accompagner des startups qui apportent des réponses concrètes dans des secteurs stratégiques », insistant sur la nécessité de connecter ces entreprises à des marchés et à des partenaires à fort potentiel.

L’appui de partenaires internationaux de référence, à l’image de Plug and Play, renforce l’attractivité et la portée globale du programme. Présente dans plus de 70 villes à travers le monde, cette plateforme offre aux startups marocaines un accès privilégié à des réseaux d’investisseurs et de grandes entreprises, consolidant ainsi leur trajectoire d’expansion.

La participation annoncée de cette cohorte au GITEX Africa Morocco 2026 constitue à cet égard une opportunité stratégique majeure. Elle permettra aux startups sélectionnées de gagner en visibilité et de nouer des partenariats à l’échelle continentale et internationale, dans un contexte où le Maroc affirme progressivement son statut de hub technologique africain.

Avec cette deuxième cohorte, Morocco Accelerator confirme son rôle dans la structuration d’un écosystème entrepreneurial en pleine accélération. À la croisée des politiques publiques et des dynamiques de marché, le programme s’impose comme un instrument clé pour faire émerger une nouvelle génération de startups marocaines capables de rivaliser sur la scène internationale.

Par Loic SOUOP

Numérique : le REPTIC et Digital Business Africa en mission stratégique au GITEX Africa 2026 à Marrakech

Le Réseau des Professionnels des TIC du Cameroun (REPTIC) participera au GITEX Africa 2026, du 7 au 9 avril à Marrakech, à la suite d’une invitation officielle de l’APEBI, la Fédération marocaine des technologies de l’information, des télécommunications et de l’offshoring.

Cette présence confirme la montée en puissance de l’écosystème numérique camerounais sur la scène continentale et ouvre des perspectives concrètes de coopération, de partenariats stratégiques et de co-innovation entre les acteurs africains du digital.

Le REPTIC sera notamment présent au Pavillon APEBI, un espace dédié à l’innovation, au networking et à la valorisation des initiatives structurantes du numérique africain.

 

À ne pas manquer :

Le président du REPTIC, Pierre-François Kamanou, interviendra lors de la table ronde « L’IA africaine en action », dans le cadre du Forum I — IA & Souveraineté Numérique.

Ce sera le
📅 07 avril 2026
🕒 15h00 – 16h00

Il sera aux côtés de :
• Othman Benslimane — Co-Founder & CEO, Tython
• Emery Rubagenga — CEO, Horus Power & Telecom
• Mohamed Saad — Président, AUSIM
• Abdallah Deguig — Senior Board Advisor, Reply Wemanity

Ce sera une session stratégique réunissant des leaders africains pour débattre du rôle concret de l’intelligence artificielle dans le développement du continent.

La délégation du REPTIC comptera également sur la présence de Beaugas Orain DJOYUM, secrétaire général adjoint du REPTIC et directeur de publication de Digital Business Africa, qui prendra part aux échanges et aux rencontres stratégiques durant l’événement.

Couverture & visibilité média

Digital Business Africa sera également présent avec un stand d’exposition au GITEX Africa 2026.

Occasion pour les entreprises, startups et institutions de profiter de cette présence pour valoriser leurs innovations, annoncer leurs projets, renforcer leur visibilité et faire rayonner leurs activités à l’échelle africaine et internationale grâce à Digital Business Africa.

Interviews, reportages, publications, relais média… une opportunité unique de communication stratégique au cœur du plus grand rendez-vous tech du continent.

Objectifs du REPTIC au GITEX Africa 2026 :

• Renforcer les synergies entre écosystèmes numériques africains
• Valoriser l’expertise camerounaise
• Nouer des partenariats à fort impact
• Inviter les acteurs marocains et africains à E-GOV’A 2026, le salon de l’e-gouvernance et de l’innovation digitale en Afrique, prévu en octobre 2026 à Yaoundé

Le REPTIC s’inscrit ainsi dans une dynamique claire : contribuer à une Afrique numérique plus intégrée, souveraine et compétitive.

Plongez donc au cœur de la transformation numérique du continent.

Le GITEX AFRICA est le plus grand salon technologique et de startups du continent africain. C’est la déclinaison régionale du célèbre GITEX GLOBAL qui se tient chaque année à Dubaï.

Un Hub technologique pour l’Afrique

Lancé pour la première fois en 2023, l’événement se déroule à Marrakech, au Maroc. Il sert de point de rencontre stratégique entre les géants de la tech, les gouvernements, les investisseurs et les startups locales pour accélérer la transformation numérique du continent

En tant que média stratégique de référence dédié à l’innovation, aux TIC et à la transformation digitale en Afrique, Digital Business Africa présent à ce rendez-vous offre une visibilité unique, des insights exclusifs et une plateforme d’influence incontournable pour l’écosystème.

Rendez-vous à Marrakech — du 7 au 9 avril 2026

Explorons ensemble les opportunités, valorisons les innovations africaines et mettons en lumière les initiatives digitales les plus impactantes du continent.

Positionnez votre marque. Engagez les bons décideurs. Prenez le leadership.

[Ciblez votre communication en publiant sur Digital Business Africa – Touchez près de 15 000 pros et décideurs des TIC, des Télécoms et du Numérique en Afrique. Tous abonnés à notre newsletter quotidienne. Ecrivez-nous à : [email protected]. Tél : +237 674 61 01 68]

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Maroc : 1,2 milliard $ pour le projet de datacenter dédié à l’ IA, le site dévoilé 

[DIGITAL Business Africa] – La région de Nouaceur, en périphérie de Casablanca, est choisie pour abriter le datacenter dédié à l’intelligence artificielle. Plusieurs médias de la région ont diffusé  l’information ce 2 avril 2026. Le projet de construction du cloud souverain de nouvelle génération entre ainsi dans une autre phase. De type tier III et dédiée à l’IA, l’initiative vise à positionner le Maroc comme futur hub technologique africain à l’horizon 2030.

Au-delà de l’infrastructure, le projet s’inscrit dans une vision globale. Celle de positionner le Maroc comme leader africain du numérique, d’attirer des investissements à forte valeur ajoutée, de monter en gamme dans la chaîne de valeur technologique mondiale.

Le cloud souverain dédié à l’IA offre des avantages tels qu’une proximité immédiate avec l’Europe, un accès direct à plusieurs câbles sous-marins à fibre optique, une faible latence des données, essentielle pour les technologies IA.

La réalisation de l’infrastructure devrait absorber 1,2 milliard de dollars. L’initiative, annoncée dès juin 2025, est porté par un consortium international formé de Nexus Core Systems (pilotage du projet), Naver Cloud (exploitation de la plateforme), NVIDIA (fourniture de processeurs IA de dernière génération), Lloyds Capital ( financement), TAQA Morocco ( approvisionnement énergétique 100% renouvelable).

La capacité cible du datacenter est de 500 mégawatts. La première tranche de 40 MW, initialement prévue début 2026, a été légèrement reportée de quelques mois. Dans le cadre de ce projet, le volet foncier n’est guère négligeable.

Le Conseil de la région Casablanca-Settat a récemment validé la mobilisation de 666 hectares à Nouaceur pour accueillir de grands projets industriels, incluant ce data center stratégique. Une décision qui traduit la volonté d’adapter rapidement l’offre foncière aux exigences des investisseurs technologiques.

Par Jean Materne Zambo

Sénégal : L’Assemblée nationale primée pour sa transformation numérique sur 19 pays africains

[DIGITAL Business Africa] – L’ Assemblée nationale sénégalaise suit parfaitement la mouvance de la modernisation des services publics entamée par le pays. L’Assemblée nationale, représentée par son président El Malick Ndiaye, a été honorée aux Africa T-Awards 2026 pour sa transformation numérique ce 4 avril 2026. L’institution a été plébiscitée au détriment de 18 autres pays.

Plusieurs innovations à son actif. À l’instar du vote électronique et sécurisé. L’institution a implémenté un système de vote électronique pour l’enregistrement des suffrages en temps réel dès fin 2024.

On relève également une dématérialisation complète au sein de l’hémicycle. Grâce à la dotation de 200 tablettes/ordinateurs aux députés pour la consultation, la recherche et l’annotation de documents budgétaires et textes législatifs. Sans oublier le renforcement des compétences des députés et du personnel parlementaire à l’usage de nouveaux outils numériques.

Sur son compte Facebook, Daouda Diaw, le directeur des Systèmes d’Information de l’Assemblée nationale, a adressé ses compliment au président El Malick Ndiaye.

« Une distinction méritée pour SEM El Malick Ndiaye et ses collègues députés qui l’accompagnent dans la matérialisation de sa vision ambitieuse de faire de la deuxième institution de notre République une véritable maison du peuple qui offre aux députés un cadre parfait de l’exercice de leur fonction parlementaire.

Félicitations également au personnel administratif de l’institution dont leur engagement, souvent au prix de lourds sacrifices personnels, contribue à hisser toujours plus haut les couleurs et les valeurs de notre parlement.

Et pourtant, avec la vision avant-gardiste et réfléchie du PAN, le meilleur est encore à venir », a-t-il dit.

Selon les organisateurs, cette récompense vient saluer les efforts engagés par l’institution dans la modernisation de son fonctionnement et l’intégration des outils numériques au service de la gouvernance publique.

Pour les sources de l’institution, la digitalisation est quasiment achevée, avec un taux de mise en œuvre proche de 100 %. Faisant de l’Assemblée nationale une institution de référence en matière de transformation numérique, en phase avec les orientations du New Deal technologique prôné par les autorités sénégalaises.

Par Jean Materne Zambo

Cameroun : La procédure douanière à l’importation des téléphones portables expliquée étape par étape 

[DIGITAL Business Africa] – Les téléphones et autres marchandises n’ont jamais fait l’objet d’une exonération fiscale au Cameroun. Olivier Libii, point focal MINFI- Douane, l’a clamé lors du rendez-vous dominical de Vision 4 « Club d’ élites » de ce 5 avril 2026.

Le point focal MINFI- Douanes a levé toute équivoque sur la modalité de collecte appliquée aux téléphones portables entrants sur le territoire national. Rien à voir avec la supposée taxe qu’une certaine opinion a dénoncée dès la publication du communiqué conjoint MINFI-MINPOSTEL.

« La décision conjointe du MINFI et du MINPOSTEL parle des modalités de collecte. J’insiste et je le dis. Ce n’est pas une nouvelle taxe… Les téléphones ont toujours été taxés. Nous partons d’un niveau de collecte en 2000 à un niveau de collecte qui a drastiquement baissé dans les années 2020, 2021, 2022 jusqu’en 2025… Tout ce qui change aujourd’hui, c’est la prise en charge qui se modernise ou qui se digitalise », a-t-il dit.

L’agent des Douanes a précisé que le principal responsable des procédures douanières à l’importation des téléphones reste l’importateur. « On a plutôt réduit la charge fiscale des distributeurs de téléphones ». Le consommateur final n’aura donc rien à débourser pour s’assurer son appareil. Olivier Libii a évoqué trois griefs qui, selon lui, avaient amené le chef de l’État à suspendre le premier mécanisme proposé en 2000.

« Notamment l’inversion de la charge fiscale. L’utilisateur du téléphone avait été constitué redevable légal en lieu et place de l’importateur. Ce qui avait été modifié dans le nouveau mécanisme.

Deuxième grief, l’utilisateur payait par son crédit de communication. Ce qui ne correspondait pas aux moyens de paiement légaux reconnus au Cameroun. Et cela a été aussi rectifié sans le nouveau mécanisme.

« Le troisième grief était de constituer finalement des sociétés de téléphonie mobile comme collecteurs parce que ce sont elles qui réceptionnaient les crédits de communication qui étaient reconvertis en argent, à charge pour elles de reverser au Trésor public. Ce qui était pesant pour ces sociétés qui ont certainement autre chose à faire ».

Procédures d’importation

Pour qu’un téléphone ou une autre marchandise entre en terre camerounaise, il y a toute une procédure à suivre.

1-Les importateurs demandent aux fournisseurs de leur fournir des IMEI, identifiants de téléphone au même titre que les numéros de châssis de véhicules. Le Cameroun utilise un système de traçabilité basé sur l’IMEI.

2- L’importateur met à la disposition de son transporteur ces IMEI, qui se charge de les télécharger dans le document de transport. Le manifeste, qui une fois téléchargé est réceptionné dans le système CAMCIS.

3- Le commissionnaire en douanes agréé peut lever la déclaration en appelant simplement le fichier numérique des IMEI qu’il va insérer dans la déclaration.

4- Il la valide et elle suit simplement son cours jusqu’au paiement par l’importateur.

Les touristes qui restent en itinérance (roaming) ne sont pas concernés par la mesure. Pour ces touristes qui viennent pour un séjour long, ils sont concernés par la mesure mais pas par le paiement parce qu’ils ont un régime qui est aménagé pour eux qui leur permet de se connecter au réseau sans payer.

Les voyageurs qui rentrent sur le territoire avec des téléphones qu’ils utilisaient déjà sont soumis à un régime aménagé pour eux.

Le directeur général des Douanes, Fongod Edwin Nuvaga, a donné des clarifications à propos.

« LES TÉLÉPHONES À ROAMING FONCTIONNENT PENDANT UN MOIS. APRÈS UN MOIS, IL VA FALLOIR DÉDOUANER LE TÉLÉPHONE SI VOUS NE VOULEZ PLUS RENTRER DANS VOTRE PAYS. CES TÉLÉPHONES DE TOURISTES OU VISITEURS AURONT LA POSSIBILITÉ DE SE CONNECTER AUX DIFFÉRENTS RÉSEAUX . APRÈS UN MOIS, IL VA FALLOIR ALLER EN DOUANE POUR UNE EXTENSION DE LA FACILITÉ OU POUR DÉDOUANER », A DIT LE DG DES DOUANES.

La loi de finances 2023, modifiant l’article 7 de la loi de finances 2019, qui stipule que tout téléphone portable, tablette ou modem importé au Cameroun est soumis aux droits et taxes de douane. En pratique, la charge fiscale est d’environ 33,05 % de la valeur du téléphone. Par exemple : un téléphone de 100 000 FCFA aura pour taxes environ 33 050 FCFA.

Par Jean Materne Zambo

Inédit à l’OMC : après l’échec de la CM14 de Yaoundé, 25 membres dont les États-Unis relancent entre eux le moratoire sur les transmissions électroniques

[Digital Business Africa] – Moins de 48 heures après l’échec de la 14e Conférence ministérielle (CM14) à Yaoundé sur la question du commerce électronique, un groupe de 25 membres – dont les États-Unis, le Royaume-Uni, le Japon, Singapour, la Suisse, l’Australie et plusieurs pays d’Amérique latine – a annoncé, le 1er avril 2026, une initiative plurilatérale pour maintenir entre eux le moratoire sur les droits de douane sur les transmissions électroniques.

Cette décision marque une rupture historique : pour la première fois, un groupe de membres de l’OMC choisit de prolonger entre eux une règle multilatérale qui n’a pas pu être renouvelée par consensus.

Un moratoire “sauvé” en dehors du cadre multilatéral

Dans leur déclaration conjointe, les 25 membres affirment leur “déception” face à l’incapacité de la CM14 à Yaoundé à prolonger le moratoire en vigueur depuis 1998.

Ils rappellent qu’un compromis avait été trouvé dans le texte du facilitateur, prévoyant une extension « d’une durée sans précédent », mais que ce compromis n’a pas été adopté faute de consensus.

Face à cette impasse, ils annoncent une mesure inédite :

Ils s’engagent à ne pas imposer de droits de douane sur les transmissions électroniques entre eux, à titre temporaire.

Cette décision s’applique à toutes les transmissions électroniques, y compris leur contenu, et restera en vigueur jusqu’à la prochaine réunion du Conseil général de l’OMC.

Pourquoi cette initiative est-elle importante ?

  1. Elle contourne l’échec de Yaoundé

La CM14 est la deuxième conférence ministérielle où le moratoire n’a pas été renouvelé.

Cette initiative plurilatérale permet aux membres favorables au moratoire de préserver la stabilité du commerce numérique entre eux.

  1. Elle crée un précédent institutionnel

C’est la première fois qu’un groupe de membres décide de maintenir une règle multilatérale… sans l’OMC dans son ensemble.

Cela ouvre la voie à une OMC « à plusieurs vitesses », où les coalitions de volontaires avancent sans attendre le consensus.

  1. Elle répond aux pressions du secteur privé

Plus de 100 organisations professionnelles mondiales avaient appelé à un moratoire permanent.

Les 25 membres affirment répondre à cette demande afin de garantir la prévisibilité et la certitude aux entreprises du numérique.

Et pour les autres pays, notamment les pays africains ?

L’initiative ne s’applique qu’entre les 25 membres signataires.

Les autres pays – dont la majorité des pays africains – restent libres :

– d’imposer des droits de douane sur les transmissions électroniques,

– ou de maintenir une pratique de non-taxation.

En clair, le moratoire n’existe plus à l’échelle mondiale, mais il subsiste au sein d’un « club numérique » de 25 membres.

Pour l’Afrique, cela signifie :

– une opportunité fiscale (taxer les flux numériques transfrontaliers),

– mais aussi un risque de fragmentation du commerce numérique mondial,

– et la nécessité de définir rapidement une position continentale.

Un enjeu direct pour le Cameroun

Le Cameroun, hôte de la CM14, n’est pas signataire de cette initiative.

Il conserve donc la possibilité :

– d’instaurer des droits de douane sur les transmissions électroniques,

– ou de maintenir la pratique actuelle de non-taxation.

Dans un contexte où le pays cherche à élargir son assiette fiscale, cette décision plurilatérale pourrait accélérer les réflexions nationales sur la fiscalité numérique.

Une OMC à la croisée des chemins

Ce rebondissement montre que :

– le multilatéralisme classique est fragilisé,

– les coalitions de volontaires prennent de l’importance,

– le commerce numérique devient un terrain de rivalité géopolitique,

– et l’Afrique doit définir une stratégie claire pour ne pas subir les décisions des autres.

La prochaine réunion du Conseil général en mai 2026 sera déterminante :  le moratoire plurilatéral survivra-t-il ?  Une nouvelle négociation multilatérale sera-t-elle lancée ?  Ou l’OMC basculera-t-elle durablement vers un modèle fragmenté ?

Les 25 membres signataires

1. Argentine

2. Australie

3. Costa Rica

4. Équateur

5. Guatemala

6. Islande

7. Israël

8. Japon

9. Corée du Sud (République de Corée)

10. Malaisie

11. Mexique

12. Nouvelle-Zélande

13. Macédoine du Nord

14. Norvège

15. Panama

16. Paraguay

17. Pérou

18. Singapour

19. Suisse

20. Territoire douanier distinct de Taïwan, Penghu, Kinmen et Matsu

21. Royaume‑Uni

22. États‑Unis

23. Uruguay

Par Digital Business Africa

 

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Tchad : 50 jeunes sans emploi seront formés aux métiers du numérique

[DIGITAL Business Africa] – Une opportunité pour 50 jeunes Tchadiens. Ils viennent d’être sélectionnés par l’ONAPE pour suivre une formation aux métiers du numérique. L’Office national pour la promotion de l’emploi (ONAPE) a donné le coup d’envoi de l’initiative ce 3 avril 2026 à N’Djamena. Laquelle initiative vise à renforcer leurs compétences et leur employabilité, dans un contexte de transformation digitale croissante.

Pour la cheffe de division de l’orientation, de l’intermédiation et du développement des compétences à l’ONAPE, Konguila Makaye, il est question de s’arrimer à l’évolution du monde.

« Dans un contexte mondial marqué par l’accélération de la transformation digitale, le numérique s’impose désormais comme un levier structurant de croissance, de compétitivité et de création d’emplois. Il ouvre de nouvelles perspectives, notamment pour les jeunes qui constituent le socle et le moteur du développement de notre nation », a-t-elle mentionné.

La formation que lance l’ ONAPE s’inscrit dans une dynamique de modernisation et de digitalisation de ses services publics et de son économie, plaçant la jeunesse au cœur de cette transformation.

« À cet égard, l’ONAPE, fidèle à sa mission régalienne de promotion de l’emploi et en parfaite cohérence avec son plan stratégique 2025-2030, réaffirme son engagement à renforcer l’employabilité des jeunes à travers des programmes innovants adaptés aux exigences du marché du travail et aux mutations technologiques », a-t-elle affirmé.

Mahrasoft Innovations sera associé à cette formation. L’accusateur de transformation numérique pour les entreprises et institutions a remercié l’ ONAPE pour ce partenariat.

« Merci à l’ONAPE pour cette collaboration porteuse d’espoir pour la jeunesse tchadienne. L’avenir se construit ici, et il s’annonce inspirant ! Ce partenariat entre l’ONAPE et Mahrasoft Innovations, c’est bien plus qu’une formation, c’est une porte ouverte sur l’avenir », a publié la société sur sa page Facebook.

Les secteurs de l’emploi, de la formation professionnelle, de l’entrepreneuriat, ainsi que de l’innovation technologique et numérique constituent des axes prioritaires pour renforcer la stabilité sociale, améliorer la compétitivité nationale et consolider la souveraineté économique.

Les participants vont découvrir les domaines clés du numérique tels que le design graphique, l’animation, la production audiovisuelle, la modélisation 3D ou encore le développement de contenus interactifs.

Par Jean Materne Zambo

RDC : Kinshasa, Eleza Fact sonne la riposte contre la désinformation à l’ère de l’IA

[Digital Business Africa] – Face à la montée des crises et à la prolifération des fausses informations, Kinshasa s’impose comme un nouveau carrefour du débat sur l’avenir des médias en Afrique centrale. Les 30 et 31 mars, la capitale congolaise a accueilli la première édition du sommet Eleza Fact, articulée autour d’un enjeu clé : « Repenser l’information en temps de crise, l’intelligence artificielle et l’éducation numérique pour les cinq prochaines années ».

Chercheurs, journalistes, décideurs publics et acteurs de la société civile y ont confronté leurs analyses sur les mutations profondes de l’écosystème informationnel dans la région.

Dès les premières discussions, un constat s’est imposé : le journalisme en Afrique centrale fait face à des vulnérabilités structurelles, entre pressions économiques, défis d’indépendance et mutation des usages numériques.

Des experts, parmi lesquels Laurent Bigot, directeur de l’École supérieure de journalisme de Tours, ont insisté sur la nécessité de renforcer les standards professionnels et la crédibilité des médias dans un environnement informationnel de plus en plus saturé.

Présent lors du sommet, Patrick MUYAYA, ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement congolais, a appelé à une mobilisation collective :
« La meilleure manière de combattre la désinformation est de se mettre en coalition : gouvernement, professionnels des médias et société civile. »

Dans la même dynamique, il a plaidé pour une responsabilisation des citoyens face à l’information :
« Chacun doit instaurer un doute méthodique face à toute information qu’il reçoit, car cela permet de briser la chaîne de désinformation. »

L’un des temps forts du sommet a été consacré aux initiatives locales de lutte contre la désinformation, mettant en lumière des solutions adaptées aux réalités linguistiques et culturelles de l’Afrique centrale.

Des organisations comme Lokuta Mabe (Kinshasa News Lab), Studio Hirondelle et Soma Lab ont partagé leurs expériences de terrain, démontrant que l’innovation locale constitue un levier clé pour restaurer la confiance dans l’information.

Des experts internationaux et régionaux, dont Claudine Ndaya (UNESCO), Bilal Tairou (Code for Africa) et Bavon Tangunza (OMS), ont convergé sur un point essentiel : la nécessité de bâtir une architecture informationnelle durable, où la vérification des faits devient un pilier du développement.

RDC : Kinshasa, Eleza Fact sonne la riposte contre la désinformation à l’ère de l’IA

Au cœur des débats, la question de la viabilité économique des médias s’est imposée comme un enjeu stratégique.

Patrick Maki, rédacteur en chef d’ACTUALITE.CD, a rappelé que la durabilité du journalisme repose sur des fondations solides :
« Un organe de presse capable de produire de manière durable un journalisme indépendant, factuel et de qualité […] implique une diversification des revenus, une gouvernance éthique et une forte adéquation avec les besoins de son audience, essentielle à la démocratie. »

Les ateliers ont également mis en lumière l’impact critique de la désinformation dans le domaine de la santé publique, notamment à travers des cas observés au Cameroun et les réponses apportées par l’OMS en RDC lors de crises sanitaires.

Un panel animé par Patient Ligodi (RFI) a donné la parole à des femmes journalistes et activistes, dont Nicole Bahati et Rose Mathe, qui ont dénoncé la désinformation genrée et le cyberharcèlement. Leur plaidoyer est sans équivoque : la protection des voix féminines dans l’espace informationnel est une condition essentielle pour construire des sociétés plus équitables et résilientes.

Au fil des échanges, une conviction s’est dégagée : l’avenir de l’information en Afrique centrale reposera sur trois leviers structurants : l’éducation numérique, l’innovation locale et la protection des journalistes.

Les participants ont également découvert de nouveaux outils de fact-checking, dont celui développé par Eleza Fact, intégrant des approches innovantes, notamment liées à l’intelligence artificielle.

Dans un contexte marqué par des crises multiples, ces technologies apparaissent comme des alliées incontournables pour restaurer la confiance et garantir une information fiable.

Clôturant les travaux, les participants ont lancé un appel collectif à renforcer les stratégies de lutte contre la désinformation, soulignant que seule une approche coordonnée et durable permettra de relever les défis informationnels de demain.

Par Loic SOUOP

 

Maroc : Orange muscle sa stratégie ICT et lance les “RDV Tech” pour accélérer la transformation numérique à l’horizon 2030

[Digital Business Africa] – Au Maroc, la transformation numérique s’impose désormais comme un levier stratégique de souveraineté et de compétitivité. C’est dans ce contexte qu’Orange Maroc inaugure les « RDV Tech by Orange », un nouveau cycle de workshops destiné à décrypter les grandes mutations technologiques qui redessinent l’avenir du Royaume.

La première session, placée sous le thème « L’ICT comme levier stratégique de transformation nationale à l’horizon 2030 », a permis de mettre en lumière le rôle structurant des infrastructures numériques dans l’accélération de la digitalisation du pays.

À travers cette initiative, Orange Maroc entend démocratiser la compréhension des enjeux technologiques tout en réaffirmant une conviction forte : l’innovation doit servir à la fois la souveraineté numérique, la performance des entreprises et l’inclusion des citoyens.

Dans les faits, les technologies de l’information et de la communication (TIC) constituent aujourd’hui le socle de toute transformation digitale. Elles s’articulent autour de cinq piliers majeurs : la connectivité pour relier territoires et organisations, le cloud et les datacenters pour soutenir les usages, la cybersécurité pour protéger les données, les outils collaboratifs pour fluidifier les interactions, ainsi que la data, l’IoT et l’intelligence artificielle pour générer de nouveaux gains de productivité. Un écosystème technologique intégré qui participe à la modernisation des services publics, à la compétitivité des entreprises et à l’émergence d’une économie numérique inclusive.

Fort de plus de 25 ans d’investissements cumulés dépassant les 100 milliards de dirhams, Orange Maroc s’impose comme un acteur structurant du paysage numérique national. L’opérateur revendique un rôle d’architecte de la confiance numérique, en phase avec les ambitions stratégiques du Royaume. Cette vision se matérialise notamment par le déploiement d’infrastructures critiques de nouvelle génération. Parmi elles, le Data Center « Orange Tech », récemment inauguré, répond aux standards les plus exigeants en matière de sécurité, de souveraineté et de performance énergétique.

Elle se traduit également par le lancement de la 5G, ouvrant la voie à de nouveaux usages industriels et immersifs, ainsi que par l’arrivée du câble sous-marin Médusa à Nador, renforçant le positionnement du Maroc comme hub numérique entre l’Europe et l’Afrique.

Sur le segment des entreprises, Orange Maroc accélère avec des solutions à forte valeur ajoutée, centrées sur la maîtrise des données et la performance.

L’opérateur déploie notamment « Live Intelligence », une plateforme d’intelligence artificielle générative souveraine développée par son Centre de Compétence Data & IA. Objectif : permettre aux organisations d’adopter l’IA tout en garantissant la confidentialité de leurs données et modèles.

En parallèle, Orange accompagne la migration vers le cloud via une stratégie multicloud reposant sur des partenariats avec AWS et Microsoft, tout en renforçant ses offres de cybersécurité intégrant l’intelligence artificielle pour anticiper et neutraliser les menaces.

Au-delà des infrastructures et des solutions technologiques, Orange Maroc se positionne également comme un acteur clé de l’écosystème entrepreneurial.

À travers ses Orange Digital Centers, l’opérateur a déjà formé plus de 20 000 personnes, soutenu plus de 300 startups et facilité l’insertion professionnelle de plus de 1 200 jeunes. Un dispositif qui illustre une volonté claire : faire du numérique un levier d’inclusion et d’employabilité.

Avec les « RDV Tech by Orange », l’opérateur confirme son rôle de partenaire stratégique de la transformation numérique du Maroc. En combinant investissements massifs, innovation technologique et accompagnement des talents, Orange Maroc entend contribuer à la construction d’un écosystème digital souverain, compétitif et durable à l’horizon 2030.

Par Loic SOUOP

 

 

Côte d’Ivoire : Regina Fleur Bessou à la tête de la GCDT de l’UIT, une première pour l’Afrique

[DIGITAL Business Africa] – La Côte d’Ivoire tient les rênes de la GCDT de l’UIT. Une première depuis la création de l’Union télégraphique internationale en 1865, rebaptisée Union internationale des Télécommunications en 193. Cet honneur revient d’abord à Regina Fleur Bessou, Conseiller Technique du Directeur général de l’Autorité de Régulation des Télécommunications/TIC et des Postes de Côte d’Ivoire (ARTCI), chargée de l’inclusion numérique, des relations internationales et institutionnelles.

La présidente élue du Groupe consultatif pour le développement des télécommunications (GCDT) de l’UIT a été reçue par le ministre Djibril Ouattara ce 30 mars 2026. Regina Fleur Bessou est venue échanger avec Djibril Ouattara, ministre de la Transition Numérique et de l’Innovation Technologique, sur des points importants de la gouvernance numérique mondiale. Entre autres la feuille de route du GCDT pour un développement technologique inclusif ; les enjeux stratégiques pour le rayonnement du secteur numérique ivoirien et africain et le leadership féminin.

À l’issue de cet entretien, une annonce phare a été faite. Celle de l’organisation de la réunion annuelle du GCDT du 7 au 10 avril 2026 à Genève. Seront invités, les délégués ds 194 Etats membres de l’ UIT.

Regina Fleur Bessou totalise plus de huit d’expérience au sein de l’ UIT. Elle occupait avant sa nomination la fonction de présidente du groupe de développement des télécommunications depuis janvier 2026. Cela après avoir passé plus de huit ans en tant que Vice – président pour le poste qu’elle occupe désormais. Elle est experte Juriste en Régulation numérique. Elle rejoint l’UIT en 2017 en qualité de présidente de la Commission d’ Etude 1 de l’ UIT-D.

Par surprenant qu’elle ait été couronnée en février 2024 à Nairobi, présidente du bureau préparatoire africain de l’Union Africaines des Télécommunications (UAT) pour la prochaine Conférence mondiale de Développement des Télécommunications de l’UIT qui se tiendra en 2025.

Regina Fleur Bessou est par ailleurs la fondatrice et présidente exécutive de Réseau International des Femmes. Elle est diplômée en sciences juridiques, administratives et fiscales, et titulaire d’un master spécialisé en régulation de Télécoms Paris Tech (REGTEL).

Par Jean Materne Zambo

Stéphane Richard, le mercato payant de MTN Group [analyse d’un cadre d’ Orange ]

[DIGITAL Business Africa] – Stéphane Richard passe d’un bord à un autre, vire de l’orange au Jaune. MTN Group s’arrache un stratège des télécommunications. L’ancien PDG d’ Orange a été nommé administrateur indépendant non exécutif du groupe sud- africain après avoir passé environ 12 ans et demi chez Orange ( de septembre 2009 à janvier 2022).

Sa nomination a été annoncée ce 31 mars 2026 par MTN Group. Une nouvelle dimension stratégique et symbolique que s’apprête à prendre l’opérateur. Ce qui est loin de faire les affaires d’Orange. À l’interne, certaines voix le reconnaissent.

Sur son compte LinkedIn ce 2 avril 2026, le responsable création et production chez Orange, Pascal Courtin, a commis une analyse concernant ce transfert. De son avis, MTN Group a frappé un grand coup à son concurrent direct en Afrique.

« Stéphane Richard n’arrive pas seulement avec une expérience. Il arrive avec un capital relationnel. Et dans les télécoms africains, ce capital vaut parfois plus que les infrastructures.

Ce qui se joue ici n’est pas simplement une rivalité d’entreprise. C’est une confrontation entre modèles économiques ; visions du développement ; influences géopolitiques. Avec en arrière-plan les États africains ; les investisseurs internationaux ; les acteurs technologiques globaux.

L’entrée de Stéphane Richard chez MTN n’est pas une anomalie. C’est un symptôme. Celui d’un secteur où les frontières s’effacent ; les loyautés se recomposent ; les enjeux dépassent largement l’entreprise », a-t-il dit.

Et de clarifier :

« Ce que MTN gagne : une compréhension fine des logiques européennes ; un accès indirect à une culture stratégique ; une capacité d’anticipation renforcée.

Ce qu’Orange perd : une part de son opacité ; un avantage informationnel ; une forme de monopole intellectuel sur certains marchés africains » .

 

Le stratège prisé

 

Sous son leadership, le nombre de clients d’ Orange dans la région Afrique et Moyen- Orient a presque doublé, passant de 74,6 millions à près de 140 millions, signe du rôle central joué par l’Afrique dans la trajectoire du groupe. Mieux, Orange a considérablement renforcé ses positions sur le continent, en misant à la fois sur l’expansion des réseaux, le développement des usages data et l’essor des services financiers mobiles, notamment à travers Orange Money.

Stéphane Richard a rejoint le groupe Orange en septembre 2009. Juste après son passage au ministère de l’Économie, de l’Industrie et de l’Emploi de la France (2007-2009). Il fut directeur de cabinet de Christine Lagarde, ministre de l’Économie, de l’Industrie et de l’Emploi de la France (2007-2009).

A Orange, il a exercé successivement les fonctions de directeur général adjoint chargé des Opérations France, de directeur général délégué et de directeur général. Stéphane Richard sera, entre 1992 et 2003, adjoint du directeur financier de la Compagnie générale des Eaux.

Il fut par ailleurs directeur général de la Compagnie immobilière Phénix et président de la CGIS (Compagnie générale d’Immobilier et de Services) devenue Nexity. Entre 2003 et 2007, il était directeur général adjoint de Veolia Environnement et directeur général de Veolia Transport ainsi qu’administrateur d’Orange.

Stéphane Richard est diplômé de l’École des hautes études commerciales (HEC) et de l’École nationale d’administration. Il est né en 1961, est président-directeur général d’Orange depuis le 1ᵉʳ mars 2011.

Par Jean Materne Zambo

 

 

Tchad : Haliki Choua Mahamat, du régulateur au stratège du numérique

[Digital Business Africa] – Le Tchad confie les rênes de sa transformation digitale à un fin connaisseur du secteur. Nommé ministre des Télécommunications, de l’Économie numérique et de la Digitalisation à la faveur du décret, n°280/PR/PM/2026 du 1ᵉʳ avril 2026 portant remaniement du gouvernement de la République du Tchad, Haliki Choua Mahamat succède au Dr Michel Boukar avec un profil résolument technique : celui d’un ancien régulateur du marché des télécommunications.

Avant son entrée au gouvernement, Haliki Choua Mahamat occupait le poste de Directeur général de l’Autorité de Régulation des communications électroniques et des Postes (ARCEP) du Tchad. À ce poste stratégique, il était en première ligne pour encadrer le développement du secteur, arbitrer les relations entre opérateurs et veiller au respect des règles du marché.

Son passage à la tête de l’ARCEP a été marqué par des enjeux structurants : amélioration de la qualité de service, régulation des coûts, gestion du spectre et encadrement des opérateurs télécoms dans un marché encore en consolidation. Une expérience qui lui confère une connaissance fine des défis techniques, économiques et réglementaires du secteur.

En accédant au ministère, Haliki Choua Mahamat change d’échelle. De régulateur, il devient désormais stratège et pilote de la politique publique numérique. Une évolution logique pour un profil qui maîtrise déjà les dynamiques du marché.

Son principal défi sera d’accélérer la connectivité dans un pays où l’accès à Internet reste limité et coûteux. La question des infrastructures notamment le déploiement de la fibre optique et l’extension de la couverture mobile s’impose comme une priorité immédiate.

Mais au-delà de l’accès, c’est toute la chaîne de valeur numérique qu’il devra structurer : des services digitaux à l’économie des données, en passant par la cybersécurité et l’innovation locale.

Le choix d’un ancien DG de l’ARCEP traduit une volonté des autorités tchadiennes de s’appuyer sur une expertise sectorielle forte pour impulser des résultats concrets. Dans un environnement où les réformes peinent parfois à se traduire en impacts visibles, ce type de profil est souvent perçu comme un levier d’efficacité.

Sa connaissance des opérateurs, des contraintes du marché et des mécanismes de régulation pourrait faciliter le dialogue public-privé, un élément clé pour attirer les investissements et accélérer les projets.

L’un des défis majeurs pour Haliki Choua Mahamat sera de trouver le bon équilibre entre régulation et développement. Trop de contraintes peuvent freiner l’innovation, tandis qu’un cadre trop souple peut désorganiser le marché.

Son expérience passée pourrait justement lui permettre d’ajuster ce curseur avec précision, en créant un environnement propice à la fois à la concurrence, à l’investissement et à l’émergence d’un écosystème numérique local.

À court terme, les attentes sont nombreuses : baisse du coût de l’Internet, amélioration de la qualité de service, digitalisation de l’administration et soutien aux start-ups. À plus long terme, c’est la capacité du Tchad à s’inscrire dans l’économie numérique africaine qui est en jeu.

Avec Haliki Choua Mahamat, le Tchad fait le choix d’un profil technique pour porter une ambition politique. Reste désormais à transformer cette expertise en levier de transformation concrète.

Par Loic SOUOP

IA : Séoul mobilise 3 000 GPU pour accélérer sa souveraineté technologique et structurer son écosystème

[Digital Business Africa] – La Corée du Sud franchit une nouvelle étape dans sa stratégie de puissance numérique. Le gouvernement sud-coréen a décidé d’allouer environ 3 000 des 10 000 unités de processeurs graphiques (GPU) sécurisées dans le cadre de son budget supplémentaire 2025 au lancement du « projet national d’IA 2026 », confirmant sa volonté de renforcer sa souveraineté technologique dans un contexte de compétition mondiale accrue autour de l’intelligence artificielle.

Porté par le ministère de la Science et des TIC, ce programme structurant vise à mutualiser les ressources publiques en calcul intensif afin de soutenir les projets stratégiques des différentes administrations. Selon les autorités, un total de 52 projets, issus de 25 ministères, ont été retenus à l’issue d’un processus de sélection rigoureux combinant expertises techniques et arbitrages stratégiques.

Parmi les initiatives prioritaires figurent notamment la transition vers les véhicules définis par logiciel (Software Defined Vehicles – SDV) et l’amélioration des systèmes de conduite autonome de bout en bout (E2E). Ces projets, pilotés par le ministère de l’Industrie, du Commerce et de l’Énergie, illustrent l’ambition de Séoul de consolider son avance dans l’industrie automobile intelligente, face à des concurrents comme les États-Unis et la Chine.

En parallèle, le ministère de la Science et des TIC entend accélérer le développement de modèles fondamentaux d’intelligence artificielle spécialisés par secteur (santé, industrie, défense, finance), une approche visant à réduire la dépendance aux solutions étrangères dominées par des acteurs comme OpenAI, Google ou Baidu.

Le dispositif inclut également un volet entrepreneurial, avec un soutien accru à la commercialisation de technologies d’IA développées par des start-up, sous la supervision du ministère des PME et des Start-ups. L’objectif est clair : transformer les capacités technologiques en valeur économique et en champions industriels locaux.

Dans un contexte marqué par la pénurie mondiale de GPU exacerbée par la demande croissante en IA générative le gouvernement sud-coréen adopte une approche disciplinée dans la gestion de ces ressources critiques. Le ministère de la Science et des TIC prévoit ainsi une allocation progressive des GPU à partir d’avril 2026, accompagnée d’un suivi mensuel de leur utilisation.

Les projets jugés insuffisamment performants ou ne respectant pas les critères d’utilisation pourraient voir leurs ressources retirées et réaffectées, traduisant une logique de performance et d’optimisation des investissements publics.

Cette initiative s’inscrit dans une dynamique plus large observée à l’échelle mondiale, où les États intensifient leurs investissements dans les infrastructures critiques de l’IA, notamment les centres de calcul et les semi-conducteurs. À l’image de l’« AI Act » européen ou du « CHIPS and Science Act » américain, la Corée du Sud cherche à sécuriser sa place dans la chaîne de valeur mondiale de l’intelligence artificielle.

En concentrant ses ressources sur des projets à fort impact et en structurant un écosystème public-privé autour de l’IA, Séoul envoie un signal fort : celui d’une nation déterminée à ne pas subir, mais à façonner la prochaine révolution technologique.

Par Loic SOUOP

Cameroun : Précisions sur la collecte des droits et taxes sur les téléphones portables et autres terminaux numériques

[DIGITAL Business Africa] – La mesure sur le dédouanement des téléphones portables, tablettes et terminaux numériques est entrée en vigueur. Selon un communiqué signé du ministre des Finances, Louis Paul Motaze, ce 25 mars 2026, le paiement des droits et des taxes de douanes sur l’achat de téléphone portable devait entrer en vigueur ce 1er avril 2026. Une taxe douanière de presque 33% est appliquée à certains les téléphones et tablettes qui entrent sur le territoire camerounais.

Le directeur général des Douanes, Fongod Edwin Nuvaga, lors d’une conférence de presse, a apporté des précisions sur cette mesure fiscale qui constitue une solution digitalisée de collecte des droits et taxes. Cette solution permet à l’administration des Douanes de réduire les déperditions de recettes publiques, de promouvoir le civisme fiscal et de renforcer le dispositif de lutte contre la criminalité numérique.

« Les téléphones à roaming fonctionnent pendant un mois. Après un mois, il va falloir dédouaner le téléphone si vous ne voulez plus rentrer dans votre pays. Ces téléphones de touristes ou visiteurs auront la possibilité de se connecter aux différents réseaux . Après un mois, il va falloir aller en douane pour une extension de la facilité ou pour dédouaner », a dit le DG des Douanes.

À l’autre bout du fil, c’est l’incompréhension. Certains utilisateurs et abonnés ne digèrent pas la mesure, estimant qu’il s’agit d’une nouvelle poche fiscale de l’ Etat. Pourtant, Il n’est pas question d’une nouvelle taxe, mais d’une automatisation du paiement via la plateforme informatique des Douanes.

La mesure est contenue dans la loi de finances 2023, modifiant l’article 7 de la loi de finances 2019, qui stipule que tout téléphone portable, tablette ou modem importé au Cameroun est soumis aux droits et taxes de douane. En pratique, la charge fiscale est d’environ 33,05 % de la valeur du téléphone. Par exemple: un téléphone de 100 000 FCFA aura pour taxes environ 33 050 FCFA.

Pour  savoir si la taxe a été payée, l’utilisateur va recevoir un message indiquant le montant à payer. Le Cameroun utilise un système de traçabilité basé sur l’IMEI . Une vérification est aussi possible via la plateforme CAMCIS.

Le vendeur doit obligatoirement informer l’acheteur sur le statut douanier du téléphone. En cas de fausse information il  lui sera appliqué une amende pouvant atteindre 50 % de la valeur de la transaction. En clair, tout téléphone importé sans déclaration est considéré comme marchandise de contrebande. L’auteur s’expose à des sanctions pénales.

Ces distributeurs sont invités à prendre l’attache du Secteur des Douanes territorialement compétent, munis des justificatifs de dédouanement aux fins de régularisation, dans un délai de deux (02) mois.

Par Jean Materne Zambo, source : MINFI, douanes.cm