[DIGITAL Business Africa] – Le lanceur d’alerte Béninois n’est pas loin de revêtir un manteau de légalité. Un atelier organisé par Social Watch Bénin et la Plateforme de protection des lanceurs d’alerte en Afrique (PPLAAF) se tient le 18 mai 2026. Y prennent part, le représentant du Haut Commissaire à la Prévention de la Corruption, des journalistes d’investigation, des organisations de la société civile et des experts autour des enjeux de l’investigation, de la protection des lanceurs et lanceuses d’alerte, et de la sécurité numérique.
L’atelier s’inscrit dans le cadre du projet « Alerter, Investiuer, Collaborer : Appuyer les acteurs et actrices au cœur de la lutte contre la corruption au Bénin et en Côte d’Ivoire ». L’initiative bénéficie de l’appui financier d’Expertise France.
Selon le site Transparency France, le lanceur d’alerte est une personne qui, de bonne foi et sans contrepartie financière, signale des faits illégaux ou dange pour l’intérêt général : corruption, fraude, atteintes à l’environnement, risques sanitaires, violations des droits humains.
Au niveau africain, l’activité des lanceurs d’alerte est encadrée par la Convention de l’Union africaine sur la prévention et la lutte contre la corruption, le Protocole de la CEDEAO sur la prévention et la lutte contre la corruption. Ces deux textes ont été signés et ratifiés par le Bénin.
Sur le plan local, la Constitution du Bénin garantit le « droit à la liberté de pensée, de conscience, de religion, de culte, d’opinion et d’expression dans le respect de l’ordre public établi par la loi et les règlements », et assure « la liberté et la protection de la presse ».
La loi 2011-20 du 12 octobre 2011 portant lutte contre la corruption et autres infractions connexes en République du Bénin qui avait prévu la protection des lanceurs d’alerte a été abrogée en 2020. Renforçant ainsi le vide juridique en matière de protection des lanceurs d’alerte.
Transparency France explique étape par étape l’activité de lanceur d’alerte.
« Pour bénéficier de la protection légale, le lanceur d’alerte doit suivre une procédure définie. L’alerte commence en principe à l’intérieur de l’organisation : un salarié ou collaborateur transmet les faits à son employeur ou au référent désigné.
Si aucune réponse n’est donnée dans un délai raisonnable, ou si la situation est trop grave pour rester interne, le lanceur d’alerte peut alors saisir une autorité externe comme le Défenseur des droits, un régulateur sectoriel ou un juge.
Enfin, en dernier recours, l’alerte peut être rendue publique, par exemple via la presse. Ce parcours vise à garantir à la fois l’efficacité du signalement et la protection de la personne qui alerte ».
Cette formation se tient dans un contexte où l’influenceur béninois Kemi Seba est maintenu en détention en avril 2026 en Afrique du Sud. L’activiste se revendiquant de lanceur d’alerte est recherché par les autorités béninoises pour son soutien présumé à une tentative de coup d’État annoncée au Bénin en décembre 2025.
Par Jean Materne Zambo








