[DIGITAL Business Africa] – Le Tchad accélère sa réflexion autour de la gouvernance des données, considérée désormais comme un levier essentiel de transformation numérique et de développement socioéconomique. Ce jeudi 21 mai 2025, les travaux de l’atelier d’engagement des parties prenantes pour l’élaboration de la Stratégie nationale de gouvernance des données ont été officiellement lancés à N’Djamena par Mahamat Saleh Brahim Salah, Secrétaire général adjoint du ministère des Télécommunications, de l’Économie numérique et de la Digitalisation.

La cérémonie s’est tenue en présence de plusieurs partenaires techniques et diplomatiques, parmi lesquels Samir Felich, Agnès Kovacs ainsi que Tobias Dierks.
Cette rencontre marque une nouvelle étape dans la structuration de l’écosystème numérique tchadien. L’atelier vise notamment à mobiliser l’ensemble des acteurs concernés autour de l’élaboration, de la mise en œuvre et du suivi de la future Stratégie nationale de gouvernance des données. Il intervient à la suite des consultations menées ces derniers mois par une experte en transformation numérique mandatée par Commission économique pour l’Afrique auprès des institutions et acteurs clés du secteur numérique tchadien.
Dans son allocution d’ouverture, Mahamat Saleh Brahim Salah a présenté cet atelier comme « la première pierre d’un chantier historique » pour le secteur numérique national. Pour le responsable ministériel, la donnée ne peut plus être perçue comme une simple accumulation d’informations stockées dans des serveurs.
Selon lui, les données représentent aujourd’hui « une richesse », mais aussi « le carburant du développement socioéconomique », le moteur de l’innovation et un pilier incontournable d’une gouvernance moderne. Un changement de paradigme qui traduit la volonté des autorités tchadiennes d’inscrire la gestion stratégique des données au cœur des politiques publiques numériques.
S’adressant aux participants, il a rappelé leur rôle central dans la construction de l’avenir numérique du pays, appelant à une implication collective afin de définir un cadre de gouvernance adapté aux réalités nationales et aux ambitions de transformation digitale du Tchad.
De son côté, Samir Felich a insisté sur la dimension stratégique des données dans les économies modernes. Pour le diplomate allemand, les données sont devenues aussi importantes que les ressources naturelles, tant elles influencent désormais les sphères privées, professionnelles et institutionnelles.
Il a souligné que l’absence de règles claires et de responsabilités bien définies limite encore l’exploitation efficace de nombreuses données produites au quotidien. D’où la nécessité, selon lui, de mettre en place des mécanismes solides pour garantir l’accessibilité, la sécurisation et la valorisation de ces informations.
Même tonalité du côté de Agnès Kovacs. La représentante de l’Union européenne a estimé que la gouvernance des données dépasse largement le cadre technique. Elle constitue, selon elle, un élément central de la transformation économique, de l’amélioration des services publics, de l’innovation, de l’intégration régionale et du renforcement de la confiance numérique.
Elle a également salué les efforts entrepris par le Tchad pour se doter d’une stratégie nationale dans ce domaine, y voyant un signal fort en faveur d’une meilleure maîtrise des enjeux liés aux données.
À travers cette initiative, le Tchad ambitionne ainsi de bâtir un cadre de gouvernance capable de favoriser la circulation sécurisée des données, leur valorisation économique et leur utilisation au service des politiques publiques et de l’innovation numérique.
Par Loïc SOUOP
Source : MTENDA – TCHAD









