Accueil Blog Page 9

Égypte : une plateforme nationale dopée à l’IA pour structurer l’innovation et l’entrepreneuriat

[Digital Business Africa] – L’Agence pour le développement de l’industrie des technologies de l’information (ITIDA) a officiellement lancé, le jeudi 12 février au Caire, une version profondément remaniée d’« Egypt Innovate », présentée comme la première plateforme numérique nationale entièrement intégrée dédiée à l’innovation et à l’entrepreneuriat. L’annonce a été faite en marge du salon AI Everything Middle East & Africa, organisé au Centre international des expositions d’Égypte, en présence de délégations venues de plus de 30 pays.

La plateforme est développée et opérée par un consortium conduit par Entlaq, en partenariat avec Robusta et Kamelizer. Cette alliance public-privé vise à créer un point d’accès unifié reliant start-up, investisseurs, universités, centres de recherche et institutions publiques au sein d’un même environnement numérique.

Selon Ahmed ElZaher, PDG de l’ITIDA, la nouvelle mouture d’« Egypt Innovate » s’inscrit dans la stratégie nationale de construction d’une économie fondée sur la connaissance, s’appuyant sur la donnée et les technologies avancées pour soutenir une croissance durable. La plateforme ambitionne notamment de faciliter l’accès au financement, grâce à une base de données dynamique mettant en avant les modèles économiques et propositions de valeur des jeunes pousses, tout en renforçant la visibilité de l’écosystème égyptien à l’échelle régionale et internationale.

Un accent stratégique est également mis sur la production de contenus spécialisés en langue arabe, perçue par les autorités comme un levier clé d’inclusion numérique et de montée en compétences locales. La disponibilité de ressources techniques et entrepreneuriales dans la langue maternelle des porteurs de projets est censée élargir l’accès aux opportunités et conforter l’Égypte dans son ambition de devenir un hub régional de l’innovation.

À l’issue de sa phase pilote, « Egypt Innovate » fédère déjà 780 entités – start-up, investisseurs, incubateurs et centres de recherche – et héberge plus de 3 700 contenus sectoriels. La communauté rassemble par ailleurs plus de 81 000 utilisateurs inscrits, appuyés par un réseau d’experts mobilisés pour l’accompagnement entrepreneurial.

Sur le plan technologique, la plateforme intègre plusieurs outils fondés sur la donnée et l’intelligence artificielle : assistant numérique, cartographie interactive de l’écosystème, système automatisé de mise en relation entre start-up et investisseurs, ainsi qu’un centre d’apprentissage proposant formations, mentorat et simulations entrepreneuriales. Un mécanisme d’auto-vérification des données, basé sur la mise à jour directe par les entités référencées, vise à garantir la fiabilité et l’actualisation continue des informations.

Cette initiative vient compléter un arsenal déjà étoffé de dispositifs publics et privés destinés à structurer et financer l’écosystème entrepreneurial égyptien, aujourd’hui l’un des plus dynamiques de la région. En 2025, les start-up locales ont levé près de 614 millions de dollars en capital-risque et en financement par emprunt, selon le ministère égyptien de la Planification, du Développement économique et de la Coopération internationale. Dans ce contexte porteur, « Egypt Innovate » entend jouer un rôle de catalyseur, en renforçant la coordination entre acteurs et en fluidifiant l’accès aux opportunités de financement dans un marché en pleine maturation.

Par Loïc SOUOP

Sénégal : la police lance une plateforme numérique pour mieux lutter contre la cybercriminalité

[Digital Business Africa] – La Direction générale de la police nationale (DGPN) a officiellement mis en service, le jeudi 12 février, une plateforme nationale de signalement des infractions cybercriminelles. Accessible à l’adresse signalementcyber.dgpn.sn, cet outil numérique ambitionne de simplifier la dénonciation et le traitement des actes de cybercriminalité, en nette augmentation au Sénégal, avec une attention particulière portée à la protection des enfants en ligne.

La plateforme permet aux citoyens de signaler, de façon sécurisée et confidentielle, un large éventail d’infractions numériques. Sont notamment concernés les cas d’escroqueries en ligne, de harcèlement et de diffamation sur Internet, de diffusion de contenus illicites ou obscènes, d’extorsion numérique, de cyberpédopornographie, de discours haineux, mais aussi les intrusions dans les systèmes informatiques, le piratage de comptes, l’usurpation d’identité, le SIM swap, les arnaques sentimentales, les faux investissements, les fraudes liées au mobile money, les faux recrutements, les paiements frauduleux et les fausses ventes en ligne.

Selon Moustapha Diouf, directeur adjoint de la police judiciaire, cité par le média local SocialNetLink, le dispositif offre aux victimes la possibilité d’effectuer un pré-signalement en ligne, avant de déposer formellement une plainte auprès des services compétents. Cette approche vise à faciliter l’accès à la justice et à accélérer la prise en charge des dossiers. Développée en interne par des ingénieurs de la police nationale, la plateforme s’inscrit également comme un levier de modernisation de l’administration publique et de renforcement de la police de proximité.

Le lancement de cet outil intervient dans un contexte africain marqué par une transformation numérique rapide, portée par l’essor des télécommunications, d’Internet et des réseaux sociaux. Une dynamique qui s’accompagne toutefois d’une hausse significative des infractions en ligne, en particulier des fraudes financières et des atteintes aux données personnelles. D’après Interpol, les incidents de cybersécurité sur le continent auraient engendré plus de 3 milliards de dollars de pertes financières entre 2019 et 2025.

Au Sénégal, cette initiative s’inscrit dans une stratégie plus globale de renforcement de la cybersécurité, considérée comme un prérequis essentiel pour tirer pleinement profit de la transformation numérique, selon l’Union internationale des télécommunications (UIT). Dans son Indice mondial de cybersécurité 2024, l’organisation classe le pays au troisième palier, saluant des avancées notables sur les plans réglementaire, technique et de la coopération, tout en soulignant la nécessité de renforcer davantage les capacités humaines et les dispositifs organisationnels.

Par Loïc SOUOP

Congo : MTN ouvre son capital aux sociétés locales

[DIGITAL Business Africa] – MTN Congo prêt à céder ses actions aux sociétés congolaises. L’information est partagée sur la page Facebook du Le vice-président Afrique francophone du groupe MTN, Karl Tariola, a été reçu en audience par le chef de l’État S. E. Denis Sassou N’Guesso, ce 12 février 2026. Les échanges ont porté sur la connectivité et les technologies déployées par l’opérateur.

Karl Tariola, vice-président Afrique francophone du groupe MTN, en a fait l’évaluation.

« On est sur 50 % de couverture 5G au Congo. C’est beaucoup plus que mon pays, personnellement au Nigeria. Alors, je suis très fier… On continue avec le développement numérique et la connexion des villages avec la 4G au Congo. On a lancé plus de 100 villages ruraux… Alors c’est possible dans les villages de faire des appels vidéo, de télécharger les documents et de faire tout ça… Mais on peut faire tout ça seulement parce qu’on a un environnement stable ici-bas, au Congo “.

Le réseau au Congo avait été lancé le 21 novembre 2024. Parmi les avantages de la technologie présentés par le groupe MTN, le contrôle des machines à distance, la possibilité de connecter plusieurs équipements simultanément, l’utilisation de caméras connectées et la garantie des vitesses de connexion, allant de 1500 à 1600 mégabits par seconde.

Le ministre des Postes, des Télécommunications et de l’Économie numérique, Léon Juste Ibombo, avait soutenu lors de la cérémonie de lancement :

« La technologie 5G représente un potentiel immense dans la transformation numérique, en apportant des bénéfices significatifs dans divers secteurs de l’économie, de la santé, de l’éducation, du transport, de l’agriculture… », a-t-il soutenu.

Le vice-président de la zone MTN WECA, Ebenezer Asante, avait promis que la 5G favoriserait l’innovation locale.

« Cette infrastructure ouvre la voie au développement de start-ups et d’entreprises spécialisées dans des domaines de pointe, l’intelligence artificielle, les objets connectés, ou encore la cybersécurité », disait-il.

MTN est presque coutumier de ce genre de deals. La filiale guinéenne avait déjà vendu ses activités à l’État de Guinée, le 30 décembre 2024. Le groupe avait indiqué que cette transaction s’inscrit dans la stratégie d’optimisation et de simplification du portefeuille de MTN, conformément à son plan Ambition 2025.

Par Jean Materne Zambo

Côte d’Ivoire : Le ministre chargé du Numérique visite le datacenter de ST Digital à la faveur d’une tournée

[DIGITAL Business Africa] – Djibril Ouattara a fait un détour par Grand-Bassam. Le ministre de la Transition numérique et de l’Innovation technologique a visité ce 12 février 2026 le Village des technologies de l’information et de la biotechnologie.

Le datacenter de ST Digital a ouvert ses portes au patron du numérique, qui a entamé une série de visites de travail au sein des structures rattachées à son département ce mercredi 11 février 2026.

Le datacenter de ST Digital a été inauguré le 2 octobre 2025. L’infrastructure offre aux clients une IA et un Cloud 100 % africain. Selon les promoteurs, ce datacenter est écoresponsable, construit en partie avec des matériaux locaux et en adéquation avec l’environnement. Il comprend un concentré d’équipements permettant de gérer les données.

Ce joyau numérique est bâti sur une superficie de 4 000 m², avec un circuit électrique et un réseau redondant (disponibilité : 99,98 %). Ce qui permet, en outre, d’héberger des données à haute valeur ajoutée et à haut volume, garantissant la disponibilité des ressources.

Steve Tchouaga, directeur général de la filiale ivoirienne, lors de son inauguration, avait affirmé que l’infrastructure est adaptée aux réalités africaines.

« Il ne s’agit pas seulement d’importer une technologie, mais de concevoir une infrastructure adaptée aux réalités de nos marchés, avec nos propres ressources humaines et nos propres standards », expliquait-il.

Avant de se rendre à Grand-Bassam, le ministre de la Transition numérique et de l’Innovation technologique, Djibril Ouattara, a visité tour à tour  la Société nationale de Développement informatique (SNDI), l’Agence nationale du service universel des télécommunications/TIC (ANSUT) et l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (ANSSI).

À la SNDI, en parfaite synergie avec le directeur général, le ministre a salué le travail accompli par les équipes et a encouragé une meilleure coordination avec les autres structures du ministère, afin d’optimiser les interventions et d’accroître l’efficacité des actions numériques de l’État.

À l’ANSUT, il a félicité les équipes pour les efforts déployés en faveur de la réduction de la fracture numérique, tout en les exhortant à maintenir une concentration soutenue sur leurs missions stratégiques, au service des populations.

À l’ANSSI, le ministre s’est dit particulièrement satisfait des dispositifs mis en place et des efforts consentis pour garantir la sécurité des systèmes d’information nationaux.

Par Jean Materne Zambo, source : MTNIT

Science, Technologie et Innovation : “L’espoir est permis pour l’Afrique” — Entretien avec Pagal Agbanglanon (AUDA‑NEPAD)

[Digital Business Africa] – À l’occasion du Sommet de l’Union africaine (UA), qui se tient du 9 au 15 février 2026 à Addis‑Abeba en Éthiopie, l’Agence de développement de l’Union africaine (AUDA‑NEPAD) organise la Semaine de la science, de la technologie et de l’innovation. Ce rendez‑vous continental réunit d’éminentes personnalités ainsi que des cadres chevronnés de l’Union africaine. C’est le cas de Pagal AGBANGLANON, statisticien à l’AUDA‑NEPAD basé à Johannesburg, en Afrique du Sud, qui s’est prêté aux questions de votre web magazine Digital Business Africa à Addis‑Abeba.

Digital Business Africa : Quel bilan peut‑on tirer de cette conférence dédiée à la Semaine de la science, de la technologie et de l’innovation ?

Pagal AGBANGLANON : Vous avez pu constater l’engagement et la réussite de cette semaine consacrée à la science, à la technologie et à l’innovation. Il faut surtout souligner la présence d’éminentes personnalités et de plusieurs ministres, notamment ceux de la Science et de la Technologie de pays comme la Gambie, le Malawi ou encore l’Afrique du Sud, sans oublier les représentants d’autres États membres tels que le Kenya ou le Ghana. On peut d’ores et déjà affirmer, sans risque de se tromper, que cette conférence est une réussite.

Digital Business Africa : Cette réussite peut‑elle nourrir des espoirs pour un avenir radieux du continent, notamment avec le lancement de la Stratégie de haut niveau pour la science, la technologie et l’innovation en Afrique, horizon 2034 ?

Pagal AGBANGLANON : L’espoir est permis, car sans vision claire, il est impossible d’atteindre des objectifs ambitieux. Cette stratégie permettra d’orienter les pays membres dans leurs différentes politiques sectorielles, notamment au sein des ministères de la Technologie et de l’Innovation, de l’Enseignement supérieur et dans tous les domaines liés à la science, à la technologie et à l’innovation.

Aujourd’hui, le secteur de la science, de la technologie et de l’innovation est transversal : c’est un carrefour, un point de jonction entre plusieurs ministères tels que l’Agriculture, la Santé ou l’Énergie. Tous ont besoin de la science, de la technologie et de l’innovation pour impacter durablement les populations, qui sont inéluctablement les cibles finales. Ainsi, oui, l’espoir est permis. Les pays membres doivent s’inspirer de cette stratégie pour aligner ou orienter leurs politiques nationales sur ses piliers.

Digital Business Africa : Quel appel souhaitez‑vous lancer aux partenaires et aux chefs d’État africains, en marge de ce sommet de l’Union africaine ? 

Pagal AGBANGLANON : Il faut une volonté politique forte pour investir dans le secteur de la science, de la technologie et de l’innovation, car ce sont des outils essentiels pour améliorer l’impact des politiques publiques dans tous les domaines. Il est donc impératif d’augmenter les investissements. C’est l’occasion d’exhorter les parlementaires de chaque pays membre, qui votent les budgets, à envisager une augmentation substantielle des ressources allouées à la science, à la technologie et à l’innovation.

D’ailleurs, depuis 1980, les chefs d’État et de gouvernement réunis à Lagos ont recommandé que 1 % du PIB de chaque pays membre soit consacré à la science, à la technique et à l’innovation, incluant la recherche et le développement.

Propos recueillis par Iris Sédjro GBEGAN, depuis Addis‑Abeba

 Radio et intelligence artificielle : innover sans perdre la voix humaine

[Digital Business Africa] – La Journée mondiale de la radio, célébrée ce vendredi 13 février autour du thème « Radio et intelligence artificielle », offre l’occasion d’interroger en profondeur la transformation technologique en cours dans les médias audiovisuels. Au Cameroun, le débat s’est invité sur les antennes de la CRTV, à travers un entretien entre le journaliste Blaise Anicet ABEGA NDENGUE et le président du Conseil national de la Communication, Joseph CHEBONGKENG KALABUBSE.

Au cœur des échanges, l’intelligence artificielle apparaît à la fois comme un levier de modernisation et un défi éthique pour la radio camerounaise. Pour Joseph Chebonkeng, l’IA ne doit pas être perçue comme une menace, mais comme une évolution technologique inévitable : « On ne peut pas s’en passer parce que c’est l’évolution technologique de notre temps ». Il souligne toutefois la nécessité de préserver l’essence du média, rappelant que la radio reste indissociable de la voix humaine : « L’algorithme des voix synthétiques générées par l’intelligence artificielle ne doit pas nous faire perdre ce côté humain ».

Sur le plan opérationnel, le président du CNC met en avant les apports concrets de l’IA dans la production radiophonique. Selon lui, « la machine nous facilite la tâche », en réduisant les hésitations dans la création des programmes et en abaissant les coûts de production, un enjeu majeur pour les radios locales et communautaires. Mais, cette automatisation doit rester encadrée, afin que la technologie complète le travail journalistique sans l’effacer.

Face aux risques liés à la désinformation, le président du CNC précise la posture du régulateur : « Le Conseil national de la communication n’interdit pas l’utilisation de l’intelligence artificielle ; nous jugeons les médias par rapport au contenu. » Une manière de rappeler que l’IA, si elle est mal utilisée, peut devenir un vecteur industriel de fake news, mais que la responsabilité éditoriale demeure avant tout humaine.

Dans un paysage médiatique marqué par la convergence numérique et la montée en puissance des réseaux sociaux, le président du CNC insiste sur la nécessité de maîtriser les dérives : « Les discours de haine baissent dans les médias classiques, mais augmentent sur les réseaux sociaux ». Pour lui, l’enjeu est clair : faire de l’intelligence artificielle un outil d’amplification de la qualité et de la crédibilité de la radio, et non un facteur de fragmentation sociale.

À l’heure où la radio camerounaise entre dans l’ère de l’IA, le message est sans ambiguïté : l’innovation technologique est une opportunité, à condition de rester au service de l’humain et de l’éthique journalistique.

Par Loïc SOUOP

Hylde‑Mbuta Lukovi Seke : « L’Afrique n’est pas pauvre, elle doit financer sa propre innovation »

[Digital Business Africa] – Le Sommet de l’Union africaine (UA) se déroule actuellement à Addis‑Abeba et prendra fin le 15 février 2026. A l’occasion de la Semaine de la science, de la technologie et de l’innovation organisée par l’Agence de développement de l’Union africaine (AUDA‑NEPAD) qui se tient parallèlement, la rédaction de votre magazine Digital Business Africa, présente dans la capitale éthiopienne, s’est entretenue avec M. Hylde‑Mbuta Lukovi SEKE, Chargé principal de programme – Indicateurs africains de la science, de la technologie et de l’innovation à l’AUDA‑NEPAD. Il présente ici les enjeux et les résultats de cette conférence qui a réuni des participants venus de toutes les régions du continent.

Hylde‑Mbuta Lukovi Seke
Hylde‑Mbuta Lukovi Seke

Digital Business Africa : Nous venons de passer deux jours d’intenses activités au cours de cette conférence dédiée à la Semaine de la science, de la technologie et de l’innovation, en présence d’éminentes personnalités et de chercheurs confirmés. Quel bilan peut‑on dresser avant la clôture des travaux ?

Hylde‑Mbuta Lukovi SEKE : Après ces deux journées, nous pouvons affirmer qu’il s’agit d’un lancement réussi du plan de mise en œuvre de la Stratégie continentale de la science, de la technologie et de l’innovation pour la période 2025‑2034. À l’Union africaine, nous avons l’obligation de soutenir cette vision à long terme qu’est l’Agenda 2063, comparable aux Plans nationaux de développement (PND) qui reposent sur différents piliers et secteurs.

Pour le secteur de la science, de la technologie et de l’innovation, la stratégie continentale a été adoptée l’année dernière, mais ce qui manquait encore était sa mise en œuvre. C’est désormais chose faite grâce à cette conférence.

Nous bénéficions également de programmes financés par le Canada, qui soutiennent les institutions nationales chargées de subventionner la recherche. Les partenaires canadiens ont mobilisé 50 millions de dollars pour permettre à l’AUDA‑NEPAD d’accompagner les pays.

Nous avons aussi une initiative appelée EdTech, qui vise à encourager les élèves et étudiants à utiliser les outils technologiques afin de devenir des acteurs de l’innovation et des créateurs d’emplois.

Enfin, la présence de toutes les parties prenantes, venues de divers horizons, ainsi que celle de plusieurs partenaires, confirme que cette conférence est un succès.

Digital Business Africa : Peut‑on affirmer que l’espoir est permis pour le continent africain après le lancement de la Stratégie de haut niveau pour la science, la technologie et l’innovation en Afrique, horizon 2034 ?

Hylde‑Mbuta Lukovi SEKE : L’espoir est toujours permis. Nous avons une jeunesse qui représente plus de 50 % de la population et des États qui comprennent de mieux en mieux les enjeux de ce secteur. Les chefs d’État eux‑mêmes reconnaissent que l’Afrique peut se développer grâce à ses propres ressources, même si l’assistance extérieure peut parfois être utile. L’autonomie et la souveraineté passent par la mobilisation de nos propres moyens.

Nous célébrons donc déjà le succès du lancement de cette mise en œuvre. Nous sommes une institution qui existe grâce aux États membres, ainsi qu’aux parties prenantes engagées dans cette dynamique. Leur implication est essentielle pour garantir la réussite de cette stratégie.

Digital Business Africa : Pour conclure, quel appel souhaitez‑vous lancer aux partenaires et aux chefs d’État africains ?

Hylde‑Mbuta Lukovi SEKE : Aux partenaires, je rappelle que 32 des 55 pays africains sont considérés comme sous‑développés. Or, la Stratégie 2025‑2034, en synergie avec le plan de mise en œuvre de la deuxième décennie de l’Agenda 2063, vise précisément à sortir ces pays de la pauvreté et à les engager sur la voie de la croissance d’ici 2033.

Nous ne pouvons pas vivre en autarcie. L’Afrique dispose de minerais stratégiques, d’une main‑d’œuvre abondante, d’une population de près de 1,5 milliard d’habitants et d’une jeunesse bien formée. Ce sont des atouts majeurs pour un partenariat gagnant‑gagnant.

Aux États membres et aux chefs d’État, je rappelle que ce sont eux qui ont permis l’adoption du plan de mise en œuvre, par l’intermédiaire des ministres en charge du secteur. Ils ont donné leur accord pour doter l’Afrique de piliers solides afin de soutenir l’Agenda 2063.

Nous appelons donc à une mobilisation accrue des ressources internes. L’Afrique n’est pas pauvre. Les taxes, bien gérées, peuvent financer le développement. Plusieurs pays dans le monde se sont développés grâce à une fiscalité efficace. Nous devons améliorer la gestion de nos ressources et de nos recettes pour financer les grands projets, développer nos communautés rurales, moderniser nos infrastructures et transformer nos villages en villes.

Propos recueillis par Iris Sédjro GBEGAN, à Addis‑Abeba (Éthiopie)

Congo : Le datacenter national opérationnel d’ici mai 2026 selon le président de la BAD

[DIGITAL Business Africa] – Sidi Ould Tah donne sa parole. Le président de la Banque africaine de Développement rassure les Congolais. Initialement prévue en 2024, l’inauguration du datacenter national aura lieu d’ici mai 2026. Le président de la Banque africaine de Développement à visité, en compagnie du ministre des Postes, des Télécommunications et de l’Économie numérique, Léon Juste Ibombo, le datacenter national ce 11 février 2026. données numériques, infrastructures, datacenter, Léon Juste Ibombo, S

Sidi Ould Tah invite les gouverneurs de la Banque africaine de Développement à venir visiter le joyau technologique. Les équipements devraient être installés dans les prochaines semaines. L’ensemble des financements nécessaires à sa réalisation étant déjà mobilisé.

L’infrastructure de type TIER III+ représente un investissement global d’environ 66,55 millions d’euros (soit plus de 43 milliards de FCFA). Le projet est financé majoritairement par la Banque à hauteur de 52,47 millions d’euros et 14,50 millions d’euros par le gouvernement congolais.

Le Congo sera ainsi le seul pays d’Afrique centrale à disposer de son propre datacenter (centre de stockage de données numériques). Les vidéoconférences organisées sur le territoire national ne transiteront plus par un serveur basé en Europe, en Amérique ou ailleurs avant de nous revenir, selon la BAD.

Les Congolais peuvent rêver d’un pays numériquement transformé. Sidi Ould Tah aussi.

« Nous voyons un avenir radieux pour le numérique au Congo grâce à la volonté de Son Excellence le président Denis Sassou N’Guesso, qui fait du numérique une priorité nationale, une priorité stratégique pour le développement de son pays. »

Instrument de souveraineté numérique pour le Congo, le datacenter national représente un stockage sécurisé et indépendant des données numériques du pays. Le projet inclut le centre de données et la pose de 600 km de fibre optique sur les axes d’interconnexion avec le Cameroun (341 km) et la République centrafricaine (281 km) via le fleuve Congo. L’objectif du projet est de garantir la souveraineté, la sûreté numérique et électronique du Congo et de toute la sous-région.

Le datacenter national comprend un immeuble moderne de trois niveaux avec un sous-sol. Le bâtiment comprendra des salles d’hébergement des serveurs, de contrôle, de supervision et de conférence, ainsi qu’un local technique dans lequel seront logés les équipements d’énergie et de climatisation.

Par Jean Materne Zambo

Maroc : Idarati X.0, le futur « guichet unique » numérique qui redessine la relation État-citoyen

[Digital Business Africa] – Le Maroc franchit une nouvelle étape décisive dans la modernisation de son administration numérique. Réunis à Rabat le mardi 10 février, plusieurs départements ministériels et organismes publics ont scellé huit mémorandums d’entente marquant le lancement opérationnel du projet Idarati X.0, une méta-application destinée à devenir le point d’accès centralisé aux services publics en ligne.

Pilotée par le ministère de la Transition numérique et de la Réforme de l’administration, en étroite coordination avec la Commission nationale de contrôle de la protection des données à caractère personnel (CNDP), l’initiative vise à bâtir un écosystème structuré autour d’un wallet numérique national. Celui-ci permettra aux citoyens d’accéder, via une interface unique, à un ensemble de services administratifs, en s’appuyant sur la carte nationale d’identité électronique (CNIE) comme mécanisme d’authentification sécurisé.

Les accords signés impliquent notamment le ministère de la Jeunesse, de la Culture et de la Communication, celui du Transport et de la Logistique, la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS), l’Agence nationale de la sécurité routière (NARSA) et l’Agence nationale de la conservation foncière, du cadastre et de la cartographie (ANCFCC). Cette mobilisation interinstitutionnelle illustre une approche transversale fondée sur l’interopérabilité des systèmes d’information et la mutualisation des services.

Conçue comme une véritable méta-application, Idarati X.0 ambitionne d’aller bien au-delà de la simple agrégation de plateformes existantes. Le projet entend repenser en profondeur les parcours usagers, réduire la dispersion des services numériques publics et centraliser les interactions entre l’administration et les citoyens. Son déploiement est prévu en quatre phases, allant du benchmark stratégique au chiffrage des investissements (Capex) et des coûts d’exploitation (Opex), sur une période estimée à six mois.

La protection des données personnelles constitue l’un des piliers du dispositif. Les autorités mettent en avant une approche intégrant dès la conception les principes de privacy by design et de security by design. La CNDP est pleinement associée au processus afin de garantir la conformité réglementaire, la cybersécurité et une gouvernance des données alignée sur les standards nationaux.

Ce projet s’inscrit dans le prolongement de la stratégie « Maroc Digital 2030 », qui vise à accélérer la dématérialisation des procédures administratives, à renforcer l’inclusion numérique et à améliorer la qualité des services publics. En 2024, le pays comptait déjà 600 services publics en ligne, répartis entre citoyens, entreprises et administrations.

Cette dynamique positionne le Maroc parmi les acteurs de référence de la transformation numérique en Afrique. Le royaume se classe 90ᵉ au niveau mondial et 4ᵉ en Afrique à l’indice de développement de l’e-gouvernement des Nations unies (EGDI) 2024, avec un score de 0,6841, supérieur aux moyennes africaine et mondiale.

L’environnement numérique national apparaît particulièrement propice à la réussite d’Idarati X.0. D’après DataReportal, le Maroc comptait plus de 35,3 millions d’internautes à la fin de 2025, soit près de 92 % de taux de pénétration, tandis que le nombre de connexions mobiles dépassait 54,9 millions, confirmant l’ancrage du numérique et du mobile dans les usages quotidiens des citoyens.

Par Loïc SOUOP

Mali : Digitalisation du casier judiciaire et du certificat de nationalité 

[DIGITAL Business Africa] – L’administration judiciaire malienne innove. Deux plateformes numériques pour changer le quotidien des citoyens : ecasierjudiciaire.gouv.ml et enationalite.gouv.ml.

Avec ces plateformes, fini les longues files d’attente ou les tracasseries qui entourent la procédure d’obtention de ces actes administratifs. Le test officiel de la délivrance en ligne du casier judiciaire et du certificat de nationalité a eu lieu le mardi 10 février 2026 aucours des activités de la Semaine de la Justice.

Un évènement auquel a pris le ministre de la Communication, de l’Économie Numérique et de la Modernisation de l’Administration, Alhamdou Ag Ilyène aux côtés du ministre de la Justice et des Droits de l’Homme, Mamoudou Kassogué.

Selon le ministère de la Communication, de l’Économie Numérique et de la Modernisation de l’Administration, cette réforme majeure, portée par les départements de la justice et celui en charge du numérique, consacre une avancée historique dans la modernisation de l’administration malienne.

« Fruit d’une synergie entre le Ministère la Communication de l’Économie Numérique et de la Modernisation de l’Administration à travers l’AGETIC et le Ministère de la Justice, cette plateforme dématérialisée traduit la volonté affirmée du Gouvernement d’accélérer la transformation digitale des services publics. Elle s’inscrit pleinement dans la dynamique de souveraineté numérique et d’efficacité administrative impulsée par les plus hautes autorités de la Transition », indique le ministère.

Les deux plateformes  plateformes sont accessibles sur l’ensemble du territoire national. Elles sont dédiées aux citoyens résidant au Mali et ceux de la diaspora. Les demandes s’effectuent à partir d’un formulaire numérique sécurisé, avec un traitement centralisé par les services compétents. Les documents délivrés conservent la même valeur légale que ceux obtenus par les procédures classiques, conformément aux dispositions en vigueur.

Le citoyen n’aura qu’à créer un compte puis soumettre les informations requises. Après  cette étape, il devra payer les frais administratifs en ligne avant de recevoir le document directement sur son espace sécurisé ou par e-mail.

Le ministère de la Communication, de l’Économie Numérique et de la Modernisation de l’Administration confirme son rôle stratégique dans la construction d’un État moderne, accessible et performant, au service de tous les Maliens.

Par Jean Materne Zambo, source : CCOM/MCENMA

Côte D’Ivoire : L’intelligence artificielle, levier incontournable pour les métiers de demain.

[DIGITAL Business Africa] – Le lancement de la 13ᵉ édition des Journées carrières en Côte d’Ivoire a été l’occasion pour le ministère de l’Éducation nationale, de l’Alphabétisation et de l’Enseignement technique (MENAET) de mettre l’intelligence artificielle (IA) au cœur de l’orientation professionnelle des jeunes. La cérémonie, présidée par Sangaré Moustapha, directeur de cabinet du MENAET, a eu lieu le lundi 9 février au Palais de la Culture de Treichville, réunissant élèves, formateurs, entreprises et acteurs du monde professionnel.

Selon l’Agence ivoirienne de presse (AIP), cette édition 2026 a mis l’accent sur un panel organisé par la Direction des orientations et des bourses autour du thème : « Intelligence artificielle : quelles compétences et quels métiers pour une jeunesse engagée dans la transformation durable de la Côte d’Ivoire ? ». Les discussions ont exploré les nouveaux métiers émergents liés à l’IA, les compétences techniques et transversales nécessaires, ainsi que les enjeux éthiques, sociaux et environnementaux associés à ces technologies révolutionnaires.

Pour les autorités éducatives, l’orientation professionnelle ne peut plus se limiter aux filières traditionnelles. Elle doit désormais englober toutes les options de formation pour éclairer au mieux les choix des jeunes et rapprocher l’école du monde du travail.

Ce lancement marque également le début du déploiement du programme dans les directions régionales, avec pour objectif de garantir à chaque élève un accès à des informations fiables sur les métiers et compétences recherchées.

Cette initiative s’inscrit dans un contexte où les initiatives en faveur de l’employabilité se multiplient. En décembre dernier, le gouvernement a lancé le Programme national de stage, d’apprentissage et de reconversion (PNSAR 2026), visant à offrir des opportunités à plus de 150 000 jeunes, dont 100 000 grâce à des stages d’immersion. Malgré un taux de chômage officiel de 2,3 %, certains experts estiment que ce chiffre ne reflète pas pleinement les difficultés d’accès des jeunes diplômés à des emplois formels et durables, dans un marché encore largement dominé par l’informel.

Par Loïc SOUOP

Algérie : Déploiement du dispositif national pour une gouvernance des données optimale

[DIGITAL Business Africa] – Le Premier ministre algérien, Sifi Ghrieb, a officiellement lancé, le 9 février 2026, le dispositif national de gouvernance des données, un projet stratégique destiné à révolutionner la modernisation de l’État et à accélérer la transformation numérique du pays. Présenté comme une infrastructure essentielle pour le développement numérique, ce dispositif marque un tournant pour l’Algérie, en plaçant les données publiques au cœur de sa stratégie de gouvernance.

Pour Sifi Ghrieb, cette initiative constitue un modèle souverain reposant sur le contrôle, l’organisation et la protection des données, désormais considérées comme des ressources stratégiques vitales pour l’État. Le projet vise ainsi à opérer un virage décisif, en remplaçant une gestion administrative traditionnelle par un système numérique performant, où l’exploitation de données fiables devient la clé de la prise de décision publique.

Conçu pour répondre aux défis de la gouvernance moderne, le dispositif prévoit l’instauration d’un cadre juridique, institutionnel et technique robuste destiné à organiser la collecte, le stockage, le partage et l’exploitation des données publiques.

Il met particulièrement l’accent sur le renforcement de la sécurité des systèmes d’information et l’interopérabilité entre les différentes administrations, tout en créant une base nationale unifiée des sources de données. Le but : permettre un échange sécurisé et standardisé des informations entre les institutions publiques, afin d’éviter les silos de données et d’assurer des statistiques fiables et actualisées.

Ce projet s’inscrit pleinement dans la stratégie « Algérie Numérique 2030 », dont l’objectif est de moderniser l’administration publique et de stimuler l’économie numérique du pays. Déjà plusieurs initiatives ont été lancées, telles que la mise en service de cinq centres de données régionaux destinés à l’hébergement et à la sécurisation des informations publiques.

Validé par le décret présidentiel n° 25-350 du 30 décembre 2025, le dispositif national de gouvernance des données est désormais un pilier pour une exploitation structurée des données publiques. Les autorités algériennes, de leur côté, espèrent que ce cadre favorisera une meilleure coordination entre les administrations, renforcera la fiabilité des décisions publiques et créera un environnement réglementaire plus clair pour les acteurs économiques.

Dans un contexte où les données sont devenues un levier incontournable de la transformation numérique, ce dispositif pourrait bien représenter un atout majeur pour l’attractivité économique du pays.

Par Loïc SOUOP

RD Congo : MTN Rwanda accusé d’utilisation illégale des fréquences locales 

[DIGITAL Business Africa] – La filiale rwandaise de MTN préoccupe la RD Congo. La Premier ministre, Judith Suminwa, a convoqué une réunion, ce 10 février 2026 dans les services de la Primature. Ont pris par à cette séance  de travail, José Mpanda Kabangu, ministre des Postes, Télécommunications et Numérique (PT-Numérique), le  président de l’ARPTC, Christian  Katende  et les opérateurs (Airtel, Orange, Vodacom).

Histoire de trouver la bonne formule pour lutter contre l’intrusion numérique et l’utilisation illégale des fréquences congolaises par MTN Rwanda. Selon le ministre des P&T, l’opérateur utiliserait les fréquences locales sans avoir d’autorisation des autorités.

« La question reste technique, une communication technique se fera autour de la question, et les instances politiques viendront après. Pour le moment, la Première ministre a donné des instructions précises pour que les techniciens, c’est-à-dire l’ ARPTC, qui vont pouvoir communiquer sur la question et arriver à saisir les autres instances internationales autour de la question », indique Le ministre.

Des sources congolaises, des installations techniques attribuées à l’opérateur rwandais auraient été détectées à Rutshuru-centre, notamment au quartier Murambi. Cela permettrait au réseau rwandais de couvrir une partie du territoire congolais et d’y proposer des services de téléphonie et d’Internet. Des cartes SIM MTN seraient également vendues à Rutshuru et à Kiwanja.

Lors de cette réunion, les acteurs ont aussi souligné le problème de la qualité des services de communication. L’on apprend que les solutions idoines sont en cours.

« Je crois que le gouvernement, à travers le Fonds de développement de services universels, des solutions sont en cours. et je crois que la connectivité des centaines d’anciens territoires, la réduction de la Fracture numérique. Le gouvernement a pris des dispositions…Toutes les provinces seront bientôt connectées, et c’est cela le programme d’action du gouvernement… a rassuré Le ministre.

La RD Congo avait subi, mi-janvier 2026, une panne technique majeure sur le câble sous-marin à fibre optique WACS (West Africa Cable System). L’incident s’est accompagné de perturbations graves du réseau internet et d’autres services.

Par Jean Materne Zambo

50 milliards de F.CFA pour l’emploi des jeunes et les femmes : ce que prévoit la loi de finances 2026… et ce qui reste à faire

[DIGITAL Business Africa] – L’annonce d’un fonds de 50 milliards FCFA en faveur de l’emploi des jeunes suscite de nombreux commentaires au Cameroun, entre attentes sociales, lectures politiques et approximations sur les réseaux sociaux. Le sujet a pris une dimension particulière lorsque le président de la République, SE Paul Biya, a rappelé la création de ce fonds dans son discours à la Nation du 31 décembre 2025. Ce soir, s’adressant aux jeunes dans son traditionnel message à la veille de la fête de la Jeunesse, le président a à nouveau fait allusion à ces 50 milliards de francs CFA.

« Je vous ai promis, lors de mes récentes prises de parole, que votre insertion dans le marché du travail, serait l’un des principaux chantiers de ce septennat.

Tel est le sens du Plan spécial de promotion de l’emploi des jeunes que j’ai récemment annoncé. Des dispositifs incitatifs y afférents ont d’ores et déjà été élaborés par le gouvernement. L’objectif en étant de bâtir une véritable synergie entre l’Etat, le secteur privé et le reste de la société, en matière de création d’emplois, en faveur des jeunes.

Je voudrais à cet égard citer, entre autres, les exemptions fiscales accordées aux entreprises qui recrutent des jeunes diplômés, la dotation de 50 milliards de Francs CFA prévue par la loi des finances, pour promouvoir l’entrepreneuriat des jeunes, le relèvement de la subvention du Fonds National de l’Emploi, et les mesures prises pour l’insertion des jeunes dans la réalisation des travaux à haute intensité de main-d’œuvre, financés par l’Etat », a déclaré le Chef de l’Etat ce 10 février 2026.

Depuis le début de l’année 2026, de nombreux jeunes nous ont demandé comment seront répartis et accordés ces 50 milliards de F.CFA.

Que prévoit exactement la Loi de finances 2026 ? S’agit-il d’un simple effet d’annonce ou d’un dispositif juridiquement encadré, doté de ressources identifiées et d’objectifs précis ? Décryptage de Digital Business Africa, texte à l’appui.

Un Fonds spécial explicitement créé par la loi

La Loi de finances 2026 institue formellement un compte d’affectation spéciale dédié à l’autonomisation économique des femmes et à la promotion de l’emploi des jeunes. L’article quarante-huitième dispose :

« Il est ouvert un compte d’affectation spéciale intitulé “Fonds Spécial pour l’autonomisation économique des femmes et la promotion de l’emploi jeune”. »

Ce Fonds n’est donc pas une ligne budgétaire générique, mais un mécanisme juridique spécifique, créé par la loi.

À quoi servent concrètement ces ressources ?

Le même article précise l’objet du Fonds et la nature des dépenses éligibles, notamment :

• le renforcement du cadre juridique, en vue de la création d’un environnement favorable à l’égalité des sexes dans le monde du travail et de l’économie, ainsi qu’à l’emploi jeune ;

• la promotion des politiques économique et sociale favorables à l’autonomisation économique des femmes et à l’emploi jeune ;

• le soutien de l’entrepreneuriat des femmes et des jeunes et leur accès au numérique et au crédit ;

• la promotion de l’éducation et la formation et le renforcement des compétences des femmes et des jeunes.

Ces 50 milliards FCFA ont donc vocation à soutenir un ensemble de politiques publiques structurantes liées à l’employabilité, à l’entrepreneuriat et à l’inclusion économique des jeunes.

Le plafond de 50 milliards FCFA fixé par la loi pour 2026

La Loi de finances 2026 fixe explicitement le plafond des ressources mobilisables pour l’exercice 2026. L’article soixante-et-unième dispose :

« Le plafond des ressources destinées à approvisionner le Fonds spécial pour l’autonomisation économique des femmes et la promotion de l’emploi jeune est fixé à F.CFA cinquante milliards (50 000 000 000) pour l’exercice 2026. »

Il s’agit donc d’un plafond légalement acté, inscrit noir sur blanc dans la loi.

D’où proviennent les ressources du Fonds ?

La loi indique que le Fonds est alimenté par :

• des dotations issues du budget de l’État ;

• des contributions des partenaires techniques et financiers ;

• des dons et legs ;

• toutes autres ressources susceptibles de lui être affectées conformément à la législation en vigueur.

Il s’agit donc d’un Fonds à financement mixte, combinant ressources publiques et partenariats.

50 milliards pour l’emploi jeune : un signal politique, un enjeu d’exécution

En 2026, ce Fonds spécial figure parmi les enveloppes thématiques les plus importantes prévues par la Loi de finances 2026, aux côtés du Fonds Routier (60 milliards FCFA) et des fonds de reconstruction des zones économiquement sinistrées. Ce qui traduit une priorité politique pour l’emploi des jeunes et de l’autonomisation économique des femmes.

Toutefois, la réussite du dispositif dépendra notamment :

• de la publication rapide des textes d’application attendus ;

• de la qualité de la gouvernance du Fonds ;

• de la capacité à transformer l’enveloppe budgétaire en programmes concrets, créateurs d’emplois durables.

Ce que la loi ne détaille pas

La Loi de finances 2026 ne précise pas :

• la liste des projets financés ;

• les secteurs prioritaires ;

• les indicateurs d’impact en termes d’emplois créés.

Ces éléments relèvent de la phase d’opérationnalisation, à venir via des textes d’application et des dispositifs sectoriels de mise en œuvre.

Un texte du MINFI attendu pour préciser la gestion du Fonds

La Loi de finances 2026 prévoit expressément que les modalités concrètes de gestion et d’utilisation des ressources du Fonds seront précisées par un texte du ministre des Finances. Autrement dit, si la loi crée le Fonds et fixe son plafond, ce sont des actes réglementaires du MINFI qui viendront définir :

• l’architecture de gouvernance du Fonds ;

• les mécanismes d’allocation des financements ;

• les critères d’éligibilité des projets ;

• les procédures de décaissement et de contrôle.

Le texte attendu du MINFI conditionne donc l’effectivité réelle des 50 milliards FCFA annoncés.

Si l’on en croît au président, c’est imminent. Car, dit-il, les dispositifs incitatifs y afférents ont d’ores et déjà été élaborés par le gouvernement.

« ICT Media STRATEGIES et Smart Click Africa ont vocation à s’inscrire dans les dispositifs publics de soutien à l’emploi des jeunes. La création de ce Fonds ouvre une opportunité structurante pour les jeunes comme nous de consolider nos projets à impact. À condition que les mécanismes d’accès et de gouvernance garantissent transparence, efficacité et redevabilité », commente Beaugas Orain DJOYUM, DG d’ICT Media STRATEGIES et par ailleurs président de l’association Smart Click Africa.

Digital Business Africa, votre plateforme d’informations stratégiques sur les TIC, les télécoms et le numérique en Afrique, poursuivra son travail de décryptage rigoureux, fondé sur les textes officiels et les faits vérifiables, afin d’informer les décideurs, les professionnels du numérique et les jeunes, tout en luttant contre la désinformation liée aux politiques publiques et à la transformation numérique.

Par Digital Business Africa

 

Cameroun : En plus d’une Smart City, le maire de Bafoussam veut créer un hub numérique dans la ville

[DIGITAL Business Africa] – La Communauté urbaine de Bafoussam, dans la région de l’Ouest, entend faire peau neuve. Pas seulement sur le plan architectural, mais dans le domaine de la technologie. Le maire de Bafoussam, Roger Tafam, a reçu ce 9 février 2026 le chargé d’affaires de l’ambassade des États-Unis au Cameroun, John G. Robinson, à qui il a présenté le projet de création d’un hub numérique. Un projet qui figure parmi les priorités de développement de la Ville.

Selon les sources de la mairie, le hub numérique envisage d’offrir aux jeunes, aux start-up et aux acteurs économiques un espace de collaboration et d’accompagnement. Cela, afin de développer des projets technologiques, faire émerger de nouvelles idées et soutenir l’économie locale. Le projet est présenté comme un point de rencontre structuré entre la mairie, les innovateurs, les entrepreneurs et, potentiellement, des investisseurs.

D’autres projets ont aussi été évoqués lors de cette audience. Notamment la modernisation urbaine, un guichet diasporique pour l’investissement, ainsi que les opportunités dans les secteurs de l’hôtellerie, de l’artisanat et de l’énergie.

En 2021, la mairie avait signé un accord avec l’opérateur des télécommunications national, Camtel. Cet accord devrait servir à amorcer la transformation de Bafoussam en ville intelligente (Smart City). Objectif : améliorer la gestion urbaine, les services municipaux et la vie quotidienne via les technologies numériques.

Par Jean Materne Zambo

Le mur numérique : quand vos « likes » deviennent vos visas

[DIGITAL Business Africa] – L’administration TRUMP franchit un cap historique dans le contrôle de ses frontières. Pour les voyageurs exemptés de visa (ESTA), le “rêve américain” est désormais conditionné par une inspection minutieuse du passé numérique. Historique des réseaux sociaux sur cinq ans, adresses emails sur dix ans, et même données sur l’entourage familial : la frontière américaine ne se limite plus aux aéroports, elle s’étend désormais jusqu’à vos serveurs de données.

TRUMP USA

Cette politique de filtrage extrême soulève une contradiction majeure. Alors que les États-Unis s’apprêtent à accueillir la Coupe du monde 2026, Washington semble privilégier un profilage numérique poussé au détriment de son attractivité touristique, déjà en recul de 6,3 % selon l’US Travel Association. En ciblant des alliés historiques comme la France, le Japon ou le Royaume-Uni, ce projet transforme chaque visiteur en suspect potentiel, exposant sa vie privée à une analyse exhaustive.

Détaillé dans le « Federal Register », ce dispositif ne se limite pas à une simple vérification d’identité. Il constitue un élargissement massif du profilage numérique : numéros de téléphone sur cinq ans, adresses emails sur une décennie, et données personnelles sur les membres de la famille. Sous couvert de sécurité nationale, la Customs and Border Protection (CBP) s’arroge un droit de regard inédit sur la vie intime des voyageurs.

Face à ce que l’on pourrait qualifier de « blocus numérique », le voyageur moderne ne peut plus ignorer son empreinte digitale. Ce qui était autrefois un espace de liberté, les réseaux sociaux, devient désormais une base de données consultable par les autorités frontalières.

Le risque n’est pas seulement de publier du contenu illégal. L’interprétation des publications peut suffire à compromettre l’entrée : un commentaire mal compris, une photo partagée dans un contexte ambigu ou une interaction avec un groupe jugé sensible par un algorithme peuvent déclencher un refus.

Pour naviguer dans ce nouvel environnement, une prise de conscience s’impose :

  • La permanence des données : ce que vous écrivez aujourd’hui reste accessible aux autorités pendant plusieurs années. L’instantanéité des réseaux sociaux est une illusion, leur mémoire est quasi éternelle.
  • L’hygiène de publication : séparer votre profil public de votre opinion militante ou de vos interactions sensibles est désormais crucial pour maintenir une mobilité internationale fluide.
  • La responsabilité partagée : puisque des informations sur vos proches sont désormais requises, votre comportement en ligne peut impacter leur éligibilité à un voyage, et vice versa.

Le « mur numérique » américain n’est pas qu’un simple dispositif de sécurité : il est le reflet d’une révolution de la mobilité internationale à l’ère numérique. Les frontières ne sont plus seulement physiques ; elles sont désormais codées dans les données que nous générons chaque jour. Pour le voyageur contemporain, chaque clic, like ou partage est potentiellement un billet vers… ou loin des États-Unis. Dans ce contexte, la prudence et la conscience numérique deviennent des passeports indispensables pour traverser les frontières du monde réel et virtuel.

Par Loïc SOUOP

États-Unis : vers un renforcement des formalités numériques pour les voyageurs exemptés de visa

[DIGITAL Business Africa]– L’administration américaine dirigée par Donald TRUMP s’apprête à durcir significativement les conditions d’entrée aux États-Unis, y compris pour les voyageurs issus de pays exemptés de visa. À l’origine de cette initiative : un projet de collecte élargie de données numériques, présenté par les autorités comme un outil de sécurité, mais qui soulève de vives inquiétudes en matière de respect de la vie privée.

Selon un avis publié dans le « Federal Register », le journal officiel des États-Unis, le gouvernement envisage d’exiger que les visiteurs étrangers exemptés de visa fournissent l’historique de leurs activités sur les réseaux sociaux sur les cinq dernières années. « L’ajout proposé des identifiants de médias sociaux comme élément de données obligatoire pour les demandes ESTA vise à renforcer le contrôle de sécurité nationale des voyageurs exemptés de visa », peut-on lire dans le document officiel.

Cette mesure cible principalement les ressortissants des pays membres du Visa Waiver Program (VWP), qui permet de voyager aux États-Unis pour un séjour touristique ou professionnel de moins de 90 jours sans visa, à condition d’obtenir une autorisation électronique de voyage (ESTA). Parmi les pays concernés figurent notamment l’Australie, le Royaume-Uni, la France, l’Allemagne, Israël, le Japon et la Corée du Sud, ainsi que plusieurs autres partenaires des États-Unis.

D’après l’avis du « Federal Register », cette mesure pourrait entrer en vigueur dans un délai de 60 jours, sauf si elle fait l’objet de contestations judiciaires ou de modifications à l’issue de la période de consultation publique.

Jusqu’à présent, les ressortissants de 42 pays peuvent entrer aux États-Unis sans visa, moyennant uniquement une demande ESTA. Le nouveau texte propose d’ajouter les médias sociaux comme « élément obligatoire de données » dans ce processus.

Mais l’extension ne s’arrête pas là. Selon la Customs and Border Protection (CBP), l’agence américaine chargée du contrôle aux frontières, d’autres informations personnelles seraient également exigées :

  • Les numéros de téléphone utilisés au cours des cinq dernières années ;
  • Les adresses électroniques utilisées sur une période pouvant aller jusqu’à dix ans ;
  • Des données détaillées sur les membres de la famille des demandeurs (noms, numéros de téléphone, dates et lieux de naissance, adresses de résidence).

Ces nouvelles exigences renforceraient considérablement les capacités de profilage numérique des autorités frontalières américaines.

Une mesure critiquée pour ses atteintes à la vie privée

Si l’administration TRUMP justifie cette initiative par des impératifs de sécurité nationale, des organisations de défense des libertés civiles et des experts du numérique dénoncent une ingérence accrue dans la vie privée, même pour des séjours de courte durée. Les pratiques de la CBP, déjà critiquées par le passé pour l’inspection de téléphones et ordinateurs portables aux frontières, sont une nouvelle fois pointées du doigt.

Cette proposition intervient à un moment stratégique pour les États-Unis, qui doivent accueillir, avec le Canada et le Mexique, la Coupe du monde de football 2026, un événement susceptible d’attirer des centaines de milliers de visiteurs étrangers.

Le secteur touristique américain subit déjà les effets d’un ralentissement des arrivées internationales. Le mois dernier, le gouvernement américain avait par ailleurs augmenté le prix d’entrée des parcs nationaux pour les touristes étrangers, une décision assumée par la Maison-Blanche comme visant à « donner la priorité aux Américains ».

Selon les prévisions de l’US Travel Association, les arrivées de touristes étrangers aux États-Unis devraient reculer de 6,3 % en 2025 par rapport à 2024, un déclin en partie attribué au durcissement des politiques migratoires et frontalières.

Si la mesure n’est pas encore définitivement adoptée, elle marque néanmoins une nouvelle étape dans la volonté de Washington de renforcer le contrôle numérique des frontières. En attendant l’issue de la consultation publique et d’éventuelles actions en justice, voyageurs, compagnies aériennes et acteurs du tourisme restent dans l’expectative quant à l’impact réel de cette réforme sur la mobilité internationale.

Par Loïc SOUOP

Addis-Abeba : L’AUDA NEPAD lance la Semaine africaine de la Science, de la Technologie et de l’Innovation en marge du Sommet de l’UA

[DIGITAL Business Africa] – La transformation scientifique et technologique du continent s’invite au cœur du Sommet de l’Union africaine. En marge des travaux qui se tiennent du 09 au 12 février 2026 à Addis-Abeba, l’Agence de Développement de l’Union Africaine (AUDA NEPAD) a officiellement lancé la Semaine africaine de la Science, de la Technologie et de l’Innovation. Une initiative stratégique qui réunit délégations, experts, décideurs politiques et acteurs de l’innovation venus de tout le continent.

Une cérémonie d’ouverture placée sous le sceau de l’ambition continentale

La cérémonie d’ouverture s’est déroulée ce mardi 10 février 2026 dans la salle Abyssinia de l’hôtel Skylight. Après l’exécution de l’hymne de l’Union africaine, les participants ont suivi les allocutions de haut niveau, notamment celles du Pr Yaye Gassama, Président de l’APET, et du Pr Okonofua Ebhodagbe, Secrétaire général de l’Académie africaine des sciences.

Les responsables ont rappelé l’importance de cette semaine dédiée à la science et à l’innovation, soulignant qu’elle constitue un levier essentiel pour accélérer la transformation structurelle du continent.

STISA 2034 et EdTech 2030 au cœur des priorités

Les objectifs de la conférence ont ensuite été présentés. Les travaux visent notamment à :

  • Favoriser des dialogues de haut niveau sur les politiques scientifiques en Afrique
  • Présenter la vision et le plan d’action de l’AUDA NEPAD
  • Accélérer la mise en œuvre de la Stratégie de haut niveau pour la Science, la Technologie et l’Innovation en Afrique (STISA 2034)

Selon Mme Caroline Mbugua, cette rencontre « consolidera les progrès collectifs de l’Afrique, renouvellera l’engagement politique et lancera des initiatives clés, notamment le plan de mise en œuvre de STISA 2034 et la vision EdTech 2030 de l’AUDA NEPAD ».

Elle a insisté sur le rôle déterminant de ces politiques pour transformer durablement les écosystèmes africains de science, technologie et innovation au cours de la prochaine décennie.

Salon E-Gov’A 2026

Au-delà des cadres stratégiques continentaux, la question de leur traduction opérationnelle dans les politiques publiques nationales et les services publics numériques devient centrale.

Plusieurs plateformes de dialogue entre gouvernements, régulateurs, partenaires techniques et entreprises technologiques entendent se positionner comme des passerelles entre vision politique et mise en œuvre concrète sur le terrain, à l’image du Salon E-Gov’A, qui ambitionne de faire le lien entre science, innovation, gouvernance numérique et transformation effective de l’administration publique en Afrique.

Dans la continuité de cette dynamique continentale portée par STISA 2034 et les politiques d’innovation de l’Union africaine, plusieurs rendez-vous structurants se positionnent déjà comme des cadres de traduction opérationnelle de ces grandes orientations au niveau des administrations publiques.

C’est notamment le cas du Salon E-Gov’A 2026 (14–16 mai 2026 à Yaoundé, Cameroun), organisé par l’association Smart Click Africa et Digital Business Africa, sous le thème : « Intelligence artificielle et e-gouvernance : bâtir des services publics efficaces dans une Afrique cashless et paperless ». Ce rendez-vous panafricain entend contribuer à l’opérationnalisation des stratégies continentales de science, technologie et innovation dans la modernisation concrète des services publics et de l’action publique numérique.

Un rendez-vous continental multisectoriel

La Semaine africaine de la Science, de la Technologie et de l’Innovation réunit :

  • Ministres sectoriels
  • Communautés économiques régionales
  • Partenaires au développement
  • Acteurs du secteur privé
  • Chercheurs et universitaires
  • Innovateurs et entrepreneurs technologiques

Tous sont mobilisés pour faire progresser les technologies éducatives en Afrique et accélérer l’intégration de STISA 2034 dans les politiques nationales.

Les travaux se poursuivent à travers plusieurs panels thématiques et s’achèveront ce vendredi 12 février 2026.

 Par Iris Sédjro GBEGAN, à Addis-Abeba

Gouvernance numérique : l’Inde partage son expérience avec six pays africains

[Digital Business Africa] – L’Inde a annoncé, le vendredi 6 février, la signature de protocoles d’accord avec 23 pays, dont six pays africains, pour renforcer la coopération autour des infrastructures publiques numériques (Digital Public Infrastructure – DPI). Les accords portent sur l’identité numérique, les paiements électroniques, l’échange de données et les plateformes de services publics dématérialisés.

Les pays africains concernés sont la Sierra Leone, la Tanzanie, le Kenya, l’Éthiopie, la Gambie et le Lesotho. Ils pourront répliquer ou adapter les plateformes de gouvernance numérique indiennes via India Stack Global, un portail donnant accès à 18 solutions numériques clés.

Parmi les principales plateformes figurent Aadhaar (identité biométrique), UPI (paiements instantanés), DigiLocker (documents numériques certifiés), e-Hospital, e-Office, eCourts et DIKSHA. D’autres solutions couvrent la vaccination, la santé numérique, le partage sécurisé des données, les achats publics, la télémédecine, la gestion des finances publiques, la formation, l’emploi et la planification des infrastructures.

Cette initiative s’inscrit dans un contexte où de nombreux pays africains misent sur les DPI comme levier de modernisation de l’action publique, d’inclusion financière et d’accès élargi aux services essentiels. L’Inde s’impose dans ce domaine comme un acteur de référence, ses plateformes desservant environ 1,3 milliard de personnes. Le système UPI est déjà opérationnel dans plusieurs pays, dont les Émirats arabes unis, Singapour, le Bhoutan, le Népal, le Sri Lanka, la France, Maurice et le Qatar.

Selon l’indice mondial de développement de l’e-gouvernement des Nations unies (EGDI) 2024, l’Inde est classée 97ᵉ mondiale avec un score de 0,6678 sur 1, au-dessus de la moyenne mondiale (0,6382) et africaine (0,4247). Dans le sous-indice des services en ligne, elle affiche un score de 0,8184 sur 1.

Toutefois, cet engouement pour le modèle indien de DPI n’est pas sans risques. Dans une étude publiée en octobre 2025, le Forum économique mondial (WEF) alerte sur des vulnérabilités en matière de cybersécurité, évoquant notamment des fuites de données ayant touché plus de 20 millions de citoyens, des tentatives de fraude biométrique et des risques en cascade liés à l’interconnexion des services autour d’Aadhaar.

Face à la montée des cybermenaces visant les infrastructures critiques, le WEF souligne la nécessité de concevoir des DPI sécurisées dès l’origine, afin de préserver l’intégrité des systèmes, la confiance des citoyens et la souveraineté des données, dans un contexte marqué par la fraude à l’identité synthétique, les biais algorithmiques et les cyberattaques dopées à l’intelligence artificielle.

Par Loïc SOUOP

Sénégal : Du nouveau dans la cyberattaque de la Direction de l’Automatisation des Fichiers qui a causé le vol de 139 TB de données

[DIGITAL Business Africa] – La Direction de l’Automatisation des Fichiers (DAF) du Sénégal a mordu à l’hameçon du groupe de hackers « THE GREEN BLACK GROUP ». 139 téraoctets de données ont été volés début février 2026. La DAF est un service stratégique de l’État sénégalais qui gère les données d’identité (état civil), la production des cartes nationales d’identité, des informations sensibles liées aux citoyens sénégalais.

Les informations biométriques de citoyens sénégalais, des informations liées à l’immigration, des fichiers sensibles constituaient les données en circulation sur le et. Ces données ont été cryptées (rendues illisibles), puis transférées vers le Dark Web.

Mais dans la soirée du 9 février 2026, l’abonné « Saxx » sur son compte X a publié des pièces visiblement authentiques pouvant exposer des données personnelles de millions de citoyens.

 

On peut voir des extraits de naissance, des copies de carte d’identité nationale, des extraits de copie littérale, des extraits du registre des actes de naissance.

Saxx semble en savoir un peu plus. Il redoute d’ailleurs le pire.

« Je crains qu’une publication totale des données du piratage de la DAF dans les prochaines semaines ne mène à la création de filières parallèles de faux papiers…

Outre mes inquiétudes, au-delà des 18 millions de Sénégalais concernés, c’est aussi les ressortissants d’autres pays impactés… et je ne parle pas d’autres corporations plus stratégiques et critiques touchées par cette cyberattaque…

Les répercussions de cette cyberattaque pourraient être terribles, mais seulement visibles dans les prochains mois ! »

Une déclaration qui indique clairement que la DAF s’apprête à subir un chantage. Certaines sources évoquent une demande de rançon de 6 milliards de FCFA .

Clément Domingo, spécialiste en cybersécurité, a donné une explication à la montée de la cybercriminalité en Afrique.

« Le Sénégal n’est pas particulièrement vulnérable », mais « la numérisation grandissante » de l’Afrique entraîne des hausses des attaques informatiques. « Il y a une énorme méconnaissance de nos dirigeants et de la population : on pense qu’il n’y a pas de cyberattaques en Afrique. Personne n’en parle. C’est un biais où on se dit qu’il ne se passe rien sur le continent africain. C’est totalement faux, c’est même le contraire aujourd’hui », explique-t-il.

« L’Afrique est devenue, depuis quelques mois, le ”bac à sable” des cybercriminels. C’est là où ils testent leurs nouvelles armes. Des États, des entreprises et donc des cybercriminels ont compris que ce taux grandissant de numérisation de l’Afrique en fait un continent de plus en plus exposé. Et le Sénégal n’en réchappe pas », insiste Clément Domingo.

Il convient de rappeler que si les données personnelles sont compromises, les risques incluent : l’usurpation d’identité, la fraude administrative, les arnaques ciblées, l’atteinte à la vie privée.

Par Jean Materne Zambo