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Cameroun : En plus d’une Smart City, le maire de Bafoussam veut créer un hub numérique dans la ville

[DIGITAL Business Africa] – La Communauté urbaine de Bafoussam, dans la région de l’Ouest, entend faire peau neuve. Pas seulement sur le plan architectural, mais dans le domaine de la technologie. Le maire de Bafoussam, Roger Tafam, a reçu ce 9 février 2026 le chargé d’affaires de l’ambassade des États-Unis au Cameroun, John G. Robinson, à qui il a présenté le projet de création d’un hub numérique. Un projet qui figure parmi les priorités de développement de la Ville.

Selon les sources de la mairie, le hub numérique envisage d’offrir aux jeunes, aux start-up et aux acteurs économiques un espace de collaboration et d’accompagnement. Cela, afin de développer des projets technologiques, faire émerger de nouvelles idées et soutenir l’économie locale. Le projet est présenté comme un point de rencontre structuré entre la mairie, les innovateurs, les entrepreneurs et, potentiellement, des investisseurs.

D’autres projets ont aussi été évoqués lors de cette audience. Notamment la modernisation urbaine, un guichet diasporique pour l’investissement, ainsi que les opportunités dans les secteurs de l’hôtellerie, de l’artisanat et de l’énergie.

En 2021, la mairie avait signé un accord avec l’opérateur des télécommunications national, Camtel. Cet accord devrait servir à amorcer la transformation de Bafoussam en ville intelligente (Smart City). Objectif : améliorer la gestion urbaine, les services municipaux et la vie quotidienne via les technologies numériques.

Par Jean Materne Zambo

Le mur numérique : quand vos « likes » deviennent vos visas

[DIGITAL Business Africa] – L’administration TRUMP franchit un cap historique dans le contrôle de ses frontières. Pour les voyageurs exemptés de visa (ESTA), le “rêve américain” est désormais conditionné par une inspection minutieuse du passé numérique. Historique des réseaux sociaux sur cinq ans, adresses emails sur dix ans, et même données sur l’entourage familial : la frontière américaine ne se limite plus aux aéroports, elle s’étend désormais jusqu’à vos serveurs de données.

TRUMP USA

Cette politique de filtrage extrême soulève une contradiction majeure. Alors que les États-Unis s’apprêtent à accueillir la Coupe du monde 2026, Washington semble privilégier un profilage numérique poussé au détriment de son attractivité touristique, déjà en recul de 6,3 % selon l’US Travel Association. En ciblant des alliés historiques comme la France, le Japon ou le Royaume-Uni, ce projet transforme chaque visiteur en suspect potentiel, exposant sa vie privée à une analyse exhaustive.

Détaillé dans le « Federal Register », ce dispositif ne se limite pas à une simple vérification d’identité. Il constitue un élargissement massif du profilage numérique : numéros de téléphone sur cinq ans, adresses emails sur une décennie, et données personnelles sur les membres de la famille. Sous couvert de sécurité nationale, la Customs and Border Protection (CBP) s’arroge un droit de regard inédit sur la vie intime des voyageurs.

Face à ce que l’on pourrait qualifier de « blocus numérique », le voyageur moderne ne peut plus ignorer son empreinte digitale. Ce qui était autrefois un espace de liberté, les réseaux sociaux, devient désormais une base de données consultable par les autorités frontalières.

Le risque n’est pas seulement de publier du contenu illégal. L’interprétation des publications peut suffire à compromettre l’entrée : un commentaire mal compris, une photo partagée dans un contexte ambigu ou une interaction avec un groupe jugé sensible par un algorithme peuvent déclencher un refus.

Pour naviguer dans ce nouvel environnement, une prise de conscience s’impose :

  • La permanence des données : ce que vous écrivez aujourd’hui reste accessible aux autorités pendant plusieurs années. L’instantanéité des réseaux sociaux est une illusion, leur mémoire est quasi éternelle.
  • L’hygiène de publication : séparer votre profil public de votre opinion militante ou de vos interactions sensibles est désormais crucial pour maintenir une mobilité internationale fluide.
  • La responsabilité partagée : puisque des informations sur vos proches sont désormais requises, votre comportement en ligne peut impacter leur éligibilité à un voyage, et vice versa.

Le « mur numérique » américain n’est pas qu’un simple dispositif de sécurité : il est le reflet d’une révolution de la mobilité internationale à l’ère numérique. Les frontières ne sont plus seulement physiques ; elles sont désormais codées dans les données que nous générons chaque jour. Pour le voyageur contemporain, chaque clic, like ou partage est potentiellement un billet vers… ou loin des États-Unis. Dans ce contexte, la prudence et la conscience numérique deviennent des passeports indispensables pour traverser les frontières du monde réel et virtuel.

Par Loïc SOUOP

États-Unis : vers un renforcement des formalités numériques pour les voyageurs exemptés de visa

[DIGITAL Business Africa]– L’administration américaine dirigée par Donald TRUMP s’apprête à durcir significativement les conditions d’entrée aux États-Unis, y compris pour les voyageurs issus de pays exemptés de visa. À l’origine de cette initiative : un projet de collecte élargie de données numériques, présenté par les autorités comme un outil de sécurité, mais qui soulève de vives inquiétudes en matière de respect de la vie privée.

Selon un avis publié dans le « Federal Register », le journal officiel des États-Unis, le gouvernement envisage d’exiger que les visiteurs étrangers exemptés de visa fournissent l’historique de leurs activités sur les réseaux sociaux sur les cinq dernières années. « L’ajout proposé des identifiants de médias sociaux comme élément de données obligatoire pour les demandes ESTA vise à renforcer le contrôle de sécurité nationale des voyageurs exemptés de visa », peut-on lire dans le document officiel.

Cette mesure cible principalement les ressortissants des pays membres du Visa Waiver Program (VWP), qui permet de voyager aux États-Unis pour un séjour touristique ou professionnel de moins de 90 jours sans visa, à condition d’obtenir une autorisation électronique de voyage (ESTA). Parmi les pays concernés figurent notamment l’Australie, le Royaume-Uni, la France, l’Allemagne, Israël, le Japon et la Corée du Sud, ainsi que plusieurs autres partenaires des États-Unis.

D’après l’avis du « Federal Register », cette mesure pourrait entrer en vigueur dans un délai de 60 jours, sauf si elle fait l’objet de contestations judiciaires ou de modifications à l’issue de la période de consultation publique.

Jusqu’à présent, les ressortissants de 42 pays peuvent entrer aux États-Unis sans visa, moyennant uniquement une demande ESTA. Le nouveau texte propose d’ajouter les médias sociaux comme « élément obligatoire de données » dans ce processus.

Mais l’extension ne s’arrête pas là. Selon la Customs and Border Protection (CBP), l’agence américaine chargée du contrôle aux frontières, d’autres informations personnelles seraient également exigées :

  • Les numéros de téléphone utilisés au cours des cinq dernières années ;
  • Les adresses électroniques utilisées sur une période pouvant aller jusqu’à dix ans ;
  • Des données détaillées sur les membres de la famille des demandeurs (noms, numéros de téléphone, dates et lieux de naissance, adresses de résidence).

Ces nouvelles exigences renforceraient considérablement les capacités de profilage numérique des autorités frontalières américaines.

Une mesure critiquée pour ses atteintes à la vie privée

Si l’administration TRUMP justifie cette initiative par des impératifs de sécurité nationale, des organisations de défense des libertés civiles et des experts du numérique dénoncent une ingérence accrue dans la vie privée, même pour des séjours de courte durée. Les pratiques de la CBP, déjà critiquées par le passé pour l’inspection de téléphones et ordinateurs portables aux frontières, sont une nouvelle fois pointées du doigt.

Cette proposition intervient à un moment stratégique pour les États-Unis, qui doivent accueillir, avec le Canada et le Mexique, la Coupe du monde de football 2026, un événement susceptible d’attirer des centaines de milliers de visiteurs étrangers.

Le secteur touristique américain subit déjà les effets d’un ralentissement des arrivées internationales. Le mois dernier, le gouvernement américain avait par ailleurs augmenté le prix d’entrée des parcs nationaux pour les touristes étrangers, une décision assumée par la Maison-Blanche comme visant à « donner la priorité aux Américains ».

Selon les prévisions de l’US Travel Association, les arrivées de touristes étrangers aux États-Unis devraient reculer de 6,3 % en 2025 par rapport à 2024, un déclin en partie attribué au durcissement des politiques migratoires et frontalières.

Si la mesure n’est pas encore définitivement adoptée, elle marque néanmoins une nouvelle étape dans la volonté de Washington de renforcer le contrôle numérique des frontières. En attendant l’issue de la consultation publique et d’éventuelles actions en justice, voyageurs, compagnies aériennes et acteurs du tourisme restent dans l’expectative quant à l’impact réel de cette réforme sur la mobilité internationale.

Par Loïc SOUOP

Addis-Abeba : L’AUDA NEPAD lance la Semaine africaine de la Science, de la Technologie et de l’Innovation en marge du Sommet de l’UA

[DIGITAL Business Africa] – La transformation scientifique et technologique du continent s’invite au cœur du Sommet de l’Union africaine. En marge des travaux qui se tiennent du 09 au 12 février 2026 à Addis-Abeba, l’Agence de Développement de l’Union Africaine (AUDA NEPAD) a officiellement lancé la Semaine africaine de la Science, de la Technologie et de l’Innovation. Une initiative stratégique qui réunit délégations, experts, décideurs politiques et acteurs de l’innovation venus de tout le continent.

Une cérémonie d’ouverture placée sous le sceau de l’ambition continentale

La cérémonie d’ouverture s’est déroulée ce mardi 10 février 2026 dans la salle Abyssinia de l’hôtel Skylight. Après l’exécution de l’hymne de l’Union africaine, les participants ont suivi les allocutions de haut niveau, notamment celles du Pr Yaye Gassama, Président de l’APET, et du Pr Okonofua Ebhodagbe, Secrétaire général de l’Académie africaine des sciences.

Les responsables ont rappelé l’importance de cette semaine dédiée à la science et à l’innovation, soulignant qu’elle constitue un levier essentiel pour accélérer la transformation structurelle du continent.

STISA 2034 et EdTech 2030 au cœur des priorités

Les objectifs de la conférence ont ensuite été présentés. Les travaux visent notamment à :

  • Favoriser des dialogues de haut niveau sur les politiques scientifiques en Afrique
  • Présenter la vision et le plan d’action de l’AUDA NEPAD
  • Accélérer la mise en œuvre de la Stratégie de haut niveau pour la Science, la Technologie et l’Innovation en Afrique (STISA 2034)

Selon Mme Caroline Mbugua, cette rencontre « consolidera les progrès collectifs de l’Afrique, renouvellera l’engagement politique et lancera des initiatives clés, notamment le plan de mise en œuvre de STISA 2034 et la vision EdTech 2030 de l’AUDA NEPAD ».

Elle a insisté sur le rôle déterminant de ces politiques pour transformer durablement les écosystèmes africains de science, technologie et innovation au cours de la prochaine décennie.

Salon E-Gov’A 2026

Au-delà des cadres stratégiques continentaux, la question de leur traduction opérationnelle dans les politiques publiques nationales et les services publics numériques devient centrale.

Plusieurs plateformes de dialogue entre gouvernements, régulateurs, partenaires techniques et entreprises technologiques entendent se positionner comme des passerelles entre vision politique et mise en œuvre concrète sur le terrain, à l’image du Salon E-Gov’A, qui ambitionne de faire le lien entre science, innovation, gouvernance numérique et transformation effective de l’administration publique en Afrique.

Dans la continuité de cette dynamique continentale portée par STISA 2034 et les politiques d’innovation de l’Union africaine, plusieurs rendez-vous structurants se positionnent déjà comme des cadres de traduction opérationnelle de ces grandes orientations au niveau des administrations publiques.

C’est notamment le cas du Salon E-Gov’A 2026 (14–16 mai 2026 à Yaoundé, Cameroun), organisé par l’association Smart Click Africa et Digital Business Africa, sous le thème : « Intelligence artificielle et e-gouvernance : bâtir des services publics efficaces dans une Afrique cashless et paperless ». Ce rendez-vous panafricain entend contribuer à l’opérationnalisation des stratégies continentales de science, technologie et innovation dans la modernisation concrète des services publics et de l’action publique numérique.

Un rendez-vous continental multisectoriel

La Semaine africaine de la Science, de la Technologie et de l’Innovation réunit :

  • Ministres sectoriels
  • Communautés économiques régionales
  • Partenaires au développement
  • Acteurs du secteur privé
  • Chercheurs et universitaires
  • Innovateurs et entrepreneurs technologiques

Tous sont mobilisés pour faire progresser les technologies éducatives en Afrique et accélérer l’intégration de STISA 2034 dans les politiques nationales.

Les travaux se poursuivent à travers plusieurs panels thématiques et s’achèveront ce vendredi 12 février 2026.

 Par Iris Sédjro GBEGAN, à Addis-Abeba

Gouvernance numérique : l’Inde partage son expérience avec six pays africains

[Digital Business Africa] – L’Inde a annoncé, le vendredi 6 février, la signature de protocoles d’accord avec 23 pays, dont six pays africains, pour renforcer la coopération autour des infrastructures publiques numériques (Digital Public Infrastructure – DPI). Les accords portent sur l’identité numérique, les paiements électroniques, l’échange de données et les plateformes de services publics dématérialisés.

Les pays africains concernés sont la Sierra Leone, la Tanzanie, le Kenya, l’Éthiopie, la Gambie et le Lesotho. Ils pourront répliquer ou adapter les plateformes de gouvernance numérique indiennes via India Stack Global, un portail donnant accès à 18 solutions numériques clés.

Parmi les principales plateformes figurent Aadhaar (identité biométrique), UPI (paiements instantanés), DigiLocker (documents numériques certifiés), e-Hospital, e-Office, eCourts et DIKSHA. D’autres solutions couvrent la vaccination, la santé numérique, le partage sécurisé des données, les achats publics, la télémédecine, la gestion des finances publiques, la formation, l’emploi et la planification des infrastructures.

Cette initiative s’inscrit dans un contexte où de nombreux pays africains misent sur les DPI comme levier de modernisation de l’action publique, d’inclusion financière et d’accès élargi aux services essentiels. L’Inde s’impose dans ce domaine comme un acteur de référence, ses plateformes desservant environ 1,3 milliard de personnes. Le système UPI est déjà opérationnel dans plusieurs pays, dont les Émirats arabes unis, Singapour, le Bhoutan, le Népal, le Sri Lanka, la France, Maurice et le Qatar.

Selon l’indice mondial de développement de l’e-gouvernement des Nations unies (EGDI) 2024, l’Inde est classée 97ᵉ mondiale avec un score de 0,6678 sur 1, au-dessus de la moyenne mondiale (0,6382) et africaine (0,4247). Dans le sous-indice des services en ligne, elle affiche un score de 0,8184 sur 1.

Toutefois, cet engouement pour le modèle indien de DPI n’est pas sans risques. Dans une étude publiée en octobre 2025, le Forum économique mondial (WEF) alerte sur des vulnérabilités en matière de cybersécurité, évoquant notamment des fuites de données ayant touché plus de 20 millions de citoyens, des tentatives de fraude biométrique et des risques en cascade liés à l’interconnexion des services autour d’Aadhaar.

Face à la montée des cybermenaces visant les infrastructures critiques, le WEF souligne la nécessité de concevoir des DPI sécurisées dès l’origine, afin de préserver l’intégrité des systèmes, la confiance des citoyens et la souveraineté des données, dans un contexte marqué par la fraude à l’identité synthétique, les biais algorithmiques et les cyberattaques dopées à l’intelligence artificielle.

Par Loïc SOUOP

Sénégal : Du nouveau dans la cyberattaque de la Direction de l’Automatisation des Fichiers qui a causé le vol de 139 TB de données

[DIGITAL Business Africa] – La Direction de l’Automatisation des Fichiers (DAF) du Sénégal a mordu à l’hameçon du groupe de hackers « THE GREEN BLACK GROUP ». 139 téraoctets de données ont été volés début février 2026. La DAF est un service stratégique de l’État sénégalais qui gère les données d’identité (état civil), la production des cartes nationales d’identité, des informations sensibles liées aux citoyens sénégalais.

Les informations biométriques de citoyens sénégalais, des informations liées à l’immigration, des fichiers sensibles constituaient les données en circulation sur le et. Ces données ont été cryptées (rendues illisibles), puis transférées vers le Dark Web.

Mais dans la soirée du 9 février 2026, l’abonné « Saxx » sur son compte X a publié des pièces visiblement authentiques pouvant exposer des données personnelles de millions de citoyens.

 

On peut voir des extraits de naissance, des copies de carte d’identité nationale, des extraits de copie littérale, des extraits du registre des actes de naissance.

Saxx semble en savoir un peu plus. Il redoute d’ailleurs le pire.

« Je crains qu’une publication totale des données du piratage de la DAF dans les prochaines semaines ne mène à la création de filières parallèles de faux papiers…

Outre mes inquiétudes, au-delà des 18 millions de Sénégalais concernés, c’est aussi les ressortissants d’autres pays impactés… et je ne parle pas d’autres corporations plus stratégiques et critiques touchées par cette cyberattaque…

Les répercussions de cette cyberattaque pourraient être terribles, mais seulement visibles dans les prochains mois ! »

Une déclaration qui indique clairement que la DAF s’apprête à subir un chantage. Certaines sources évoquent une demande de rançon de 6 milliards de FCFA .

Clément Domingo, spécialiste en cybersécurité, a donné une explication à la montée de la cybercriminalité en Afrique.

« Le Sénégal n’est pas particulièrement vulnérable », mais « la numérisation grandissante » de l’Afrique entraîne des hausses des attaques informatiques. « Il y a une énorme méconnaissance de nos dirigeants et de la population : on pense qu’il n’y a pas de cyberattaques en Afrique. Personne n’en parle. C’est un biais où on se dit qu’il ne se passe rien sur le continent africain. C’est totalement faux, c’est même le contraire aujourd’hui », explique-t-il.

« L’Afrique est devenue, depuis quelques mois, le ”bac à sable” des cybercriminels. C’est là où ils testent leurs nouvelles armes. Des États, des entreprises et donc des cybercriminels ont compris que ce taux grandissant de numérisation de l’Afrique en fait un continent de plus en plus exposé. Et le Sénégal n’en réchappe pas », insiste Clément Domingo.

Il convient de rappeler que si les données personnelles sont compromises, les risques incluent : l’usurpation d’identité, la fraude administrative, les arnaques ciblées, l’atteinte à la vie privée.

Par Jean Materne Zambo

Djibouti : La plateforme Mobile ID, une couche de sécurité des informations personnelles

[DIGITAL Business Africa] – Le président de la République de Djibouti a clos le Forum national de l’Identité numérique. La cérémonie présidée par S.E Ismail Omar Guelleh, ce 9 février 2026, a été couplée au lancement officiel de la plateforme Mobile ID. Un niveau « élevé » de protection des informations personnelles, selon les autorités. Une solution à trois fonctions.

Notamment l’autorisation de paiement. Cette fonction offre une sécurité accrue pour vos transactions en ligne, réduisant ainsi les risques d’usurpation d’identité. Chaque activité sur votre compte déclenche une notification pour approbation.

L’authentification par Mobile ID combine le numéro CNI et l’empreinte digitale numérique pour une double vérification, ce qui renforce la sécurité des transactions et limite les risques d’usurpation d’identité.

La signature électronique. Cette fonction vous permet de signer électroniquement des documents avec un horodatage et un cryptage des informations personnelles du signataire au bas des documents.

Le chef de l’État, Omar Guelleh, voit en l’identité numérique un allié de poids de sa politique.

« Aujourd’hui, qu’il s’agisse de l’état civil, de la fiscalité, de l’ouverture d’un compte bancaire ou encore de la signature électronique de contrats, l’identité numérique s’impose comme la clé d’entrée vers des services plus rapides et plus transparents ».

Des avantages qui doivent s’accompagner des mécanismes efficients d’encadrement et de contrôle éthique, d’après le président Ismail Omar Guelleh.

« La sécurisation de l’identité numérique ne saurait se concevoir sans une cybersécurité robuste, pensée comme une composante à part entière de notre souveraineté nationale ».

Le Forum national de l’Identité numérique s’est tenu du 8 au 9 février 2026 au Palais du Peuple. Ce forum a servi de plateforme extensive d’échanges et de confrontation d’idées et d’expertises sur la thématique d’identité numérique.

Par Jean Materne Zambo

 

 

Tchad : L’audit de sécurité du datacenter national avant son inauguration

[DIGITAL Business Africa] – Il ne manque plus que quelques détails à régler avant l’inauguration du datacenter national. L’infrastructure stratégique de la souveraineté numérique du pays doit encore se faire ausculter avant son inauguration. L’Agence de développement des technologies de l’information et de la communication (ADETIC), l’Agence nationale de sécurité informatique et de certification électronique (ANSICE) et le cabinet TECHSO-GROUP ont scellé un accord portant sur l’audit de sécurité du datacenter national, ce 5 février 2026.

Présents à cette cérémonie, le DG de l’ADETIC, Adoum Djimet Saboun, la DGA de l’ANSICE, Nadjma Saleh Kebzabo, et le cofondateur de TECHSO-GROUP, Hamza Waraki.

L’audit de sécurité vise à protéger les données, renforcer la résilience des infrastructures et préparer le pays à faire face aux enjeux modernes de cybersécurité et de gestion des systèmes électroniques critiques.

Pour le directeur général de l’ADETIC, cette étape constitue le dernier jalon avant l’inauguration du Data center national. Adoum Djimet Saboun a rappelé que ce projet structurant est porté par la vision de Son Excellence le Président de la République, Chef de l’État, le maréchal Mahamat Idriss Déby Itno, dans le cadre de la construction de la souveraineté numérique et de la modernisation de l’administration publique. « Le Data center national est un socle stratégique pour l’hébergement souverain des données de l’État et la continuité des services numériques publics », a-t-il indiqué.

S’exprimant au nom de l’ANSICE, Nadjma Saleh Kebzabo a rappelé que cette démarche s’inscrit dans l’application des instructions des plus hautes autorités de l’État. Face aux défis croissants liés à la cybercriminalité et à la protection des données sensibles, l’ANSICE et l’ADETIC ont fait appel à l’expertise du cabinet TECHSO-GROUP pour conduire un audit rigoureux, conforme aux standards de sécurité des infrastructures critiques. « Il s’agit de garantir la fiabilité, l’intégrité et la résilience du Data center national », a-t-elle souligné.

Le datacenter national devra héberger plus de 500 serveurs et gérer près de 2 millions de transactions électroniques chaque jour. L’infrastructure tient sur 500 m² répartis sur quatre niveaux. Les travaux ont été amorcés dans le cadre de projets de modernisation, avec une accélération marquée autour de 2024-2025.

Le gouvernement tchadien aurait investi environ 175,1 millions d’euros (soit près de 204,7 millions de dollars) pour le développement de ce centre de données et l’extension des réseaux de fibre optique.

Par Jean Materne Zambo, source : ADETIC

Maintien de SGS au Port de Douala : TransAtlantic D.S.A. défie l’arbitrage du PM et revendique toujours le scanning

[DIGITAL Business Africa] – Alors que la Primature a acté, à l’issue de la réunion du 29 janvier 2026, le maintien de SGS pour la poursuite des opérations de scanning au Port de Douala-Bonabéri, le directeur général de TransAtlantic D.S.A., Edwin Ngumbi Che, affirme publiquement que sa société continue d’opérer au port, au nom d’un contrat qu’elle dit avoir signé avec le Port autonome de Douala (PAD).

Dans l’émission La Vérité en face sur Equinoxe TV, le DG de TransAtlantic D.S.A. a déclaré : « Je vous laisse descendre au port de Douala. Nous sommes en train de scanner. Nous avons un contrat que nous sommes en train de respecter. Je vais me concentrer là-dessus. » Quelques jours plus tôt, ce DG, visiblement engagé dans une campagne de communication, tenait la même ligne éditoriale sur Balafon TV, en posture d’invité du Journal.

Interrogé frontalement par Equinoxe TV sur la portée des instructions du Premier ministre, Chef du Gouvernement, qui demandent au PAD le maintien de SGS et sur le fait de s’y conformer, le DG de TransAtlantic D.S.A. a répondu : « C’est bon pour information. À ce jour, jusqu’à preuve du contraire, nous travaillons. Nos avocats ont travaillé dessus et nous ont dit que vous avez le droit de travailler. »

Il a insisté sur la responsabilité de ses conseils juridiques : « Nous payons des avocats pour faire leur travail ; s’il y a un problème, nous les tenons responsables de toute négligence ou inexécution ; ils sont payés pour cela. Il y a une équipe juridique qui a rappelé le cadre et effectué les vérifications nécessaires ; ils sont payés pour cela. »

« Nous respectons ce contrat »

Le patron de TransAtlantic D.S.A. introduit toutefois une nuance importante : « Si le Port de Douala, notre cocontractant, nous invite et nous demande de revoir notre contrat, c’est autre chose. Pour l’instant, nous avons un contrat avec le Port de Douala. Nous respectons ce contrat. Si le port a signé un contrat sans autorisation, c’est un autre débat. Je ne veux pas m’y aventurer. » Il rappelle par ailleurs que TransAtlantic D.S.A. se prévaut d’un contrat de 25 ans avec le PAD.

Ces déclarations interviennent dans un contexte institutionnel déjà tendu. Quelques jours auparavant, la girectrice générale de SGS Cameroun S.A., Patricia Elder Nzondjou Nzeale, avait, dans une correspondance officielle adressée à Cyrus Ngo’o, DG du PAD, recadré la portée d’une séance de travail sollicitée par le PAD le même jour à la suite des instructions du PM.

SGS y rappelait que, conformément aux instructions de la Primature, les échanges devaient se limiter aux modalités pratiques de la reprise effective du scanning par SGS et que toute discussion de fond, notamment sur cette hypothèse de collaboration SGS – TransAtlantic souhaitée par Cyrus Ngo’o, le DG du PAD, relevait des prérogatives du Gouvernement, représenté dans le contrat par le ministère des Finances.

La séquence met en lumière un chevauchement de lectures juridiques et institutionnelles. D’un côté, l’arbitrage politique du 29 janvier 2026 consacre le maintien de SGS comme opérateur de scanning. De l’autre, TransAtlantic D.S.A. se fonde sur un contrat signé avec le PAD pour revendiquer la poursuite de ses activités, tout en renvoyant toute remise en cause éventuelle à une initiative formelle de son cocontractant.

Le PAD défie-t-il les arbitrages de la Primature ?

Au-delà du cas d’espèce, l’épisode pose la question de la hiérarchie des normes et des compétences dans la gouvernance des infrastructures stratégiques. Le PAD, gestionnaire du domaine portuaire, peut-il engager des opérateurs sur des segments aussi sensibles que le scanning sans alignement explicite avec l’autorité contractante de l’État et les arbitrages de la Primature ? Et comment éviter que des divergences contractuelles ne se traduisent par une insécurité juridique pour les opérateurs et les usagers du port ?

Dans l’immédiat, la ligne officielle issue de la Primature demeure claire : la poursuite du scanning par SGS, avec une mise en œuvre opérationnelle encadrée. Les sorties médiatiques de TransAtlantic D.S.A. traduisent, elles, une volonté de défendre ses intérêts contractuels, quitte à installer une zone grise entre arbitrage politique et interprétation juridique privée.

Une clarification formelle de l’État apparaît désormais indispensable pour sécuriser le dispositif, faciliter les activités des importateurs, préserver la crédibilité de la gouvernance portuaire et garantir la continuité du service dans un port vital pour l’économie camerounaise.

Voir : Affaire du scanning au Port autonome de Douala

Par Digital Business Africa

Maintien de SGS au Port de Douala-Bonabéri : la DG de SGS recadre le PAD et écarte toute discussion sur une collaboration avec TransAtlantic

[DIGITAL Business Africa] – Le dossier du scanning des conteneurs au Port de Douala-Bonabéri continue de révéler les tensions entre autorités portuaires, administration centrale et opérateurs privés. Dans une correspondance datée du 04 février 2026 et classée « Confidentiel », Patricia Elder Nzondjou Nzeale, la directrice générale de SGS Cameroun S.A. répond formellement à une précédente lettre de Cyrus Ngo’o, directeur général du Port autonome de Douala (PAD), qui proposait, entre autres, d’examiner l’hypothèse d’une collaboration entre SGS et la société TransAtlantic D. SA.

Cette réponse de SGS intervient dans un contexte politique sensible, marqué par l’arbitrage de la Primature en faveur du maintien de SGS comme opérateur de scanning, au détriment de TransAtlantic D. SA, dont l’introduction au Port de Douala-Bonabéri avait été activement soutenue par la direction du PAD.

La lettre du DG du PAD : relancer le débat via une « collaboration » SGS – TransAtlantic

Quelques jours avant la correspondance de SGS, le Directeur général du PAD avait officiellement saisi la Directrice générale de SGS Cameroun S.A. pour l’inviter à une séance de travail au Port autonome de Douala, le 04 février 2026.
Dans cette lettre, le DG du PAD ne se limitait pas à l’organisation technique de la reprise du scanning par SGS. Il proposait également d’inscrire à l’ordre du jour l’examen :

  • de l’impact des activités de scanning sur les délais de passage portuaire ;
  • des conditions d’occupation du domaine portuaire par SGS ;
  • et surtout, de l’hypothèse d’une collaboration entre SGS Cameroun S.A. et TransAtlantic D. SA.

Cette initiative du PAD a été perçue par plusieurs sources institutionnelles comme une tentative de maintenir TransAtlantic dans le jeu, malgré l’arbitrage politique déjà intervenu en faveur de SGS.

L’arbitrage de la Primature : SGS maintenue, TransAtlantic écartée

Pour comprendre la fermeté de la réponse de SGS, il faut rappeler que la réunion tenue à la Primature le 29 janvier 2026, sous l’autorité du Premier ministre, Chef du Gouvernement, avait acté la poursuite des opérations de scanning par SGS au Port de Douala-Bonabéri.

Dans la foulée de cette réunion, le Secrétaire général des Services du Premier ministre avait, par courrier officiel du 30 janvier 2026, instruit que toute rencontre avec SGS soit exclusivement consacrée aux modalités pratiques de la reprise effective du scanning, à compter du 30 janvier 2026.

C’est ce cadre que SGS invoque pour refuser toute discussion de fond sur une collaboration avec TransAtlantic.

La réponse de SGS : un recadrage net du PAD

Dans sa lettre du 04 février 2026, la DG de SGS rappelle explicitement au DG du PAD que :

  • la rencontre demandée par le PAD doit se limiter aux modalités pratiques de la reprise du scanning par SGS ;
  • toute discussion sur l’avenir du dispositif de scanning, son cadre juridique, contractuel ou institutionnel, relève du Gouvernement, représenté par le ministère des Finances ;
  • la question d’une collaboration SGS – TransAtlantic sort du périmètre des échanges techniques et ne relève pas de la compétence du PAD.

En clair, SGS considère que le PAD n’a ni la compétence juridique ni le mandat politique pour relancer, sous couvert de « collaboration », un débat déjà tranché par la Primature.

Un bras de fer institutionnel en arrière-plan

Cette séquence met en lumière un bras de fer institutionnel plus large :

  • Le PAD, gestionnaire de l’infrastructure portuaire, cherche à peser sur l’architecture du dispositif de scanning, au nom de la fluidité portuaire et de la compétitivité logistique.
  • Le MINFI, en tant que représentant de l’État dans le contrat liant le Cameroun à SGS, conserve la main sur le choix de l’opérateur et sur les orientations contractuelles.
  • La Primature arbitre en dernier ressort les divergences entre institutions, en tenant compte des enjeux budgétaires, sécuritaires et diplomatiques.
  • SGS s’aligne sur les instructions de la Primature, tout en rappelant qu’elle n’a pas vocation à renégocier son mandat avec le PAD.
  • TransAtlantic, enfin, apparaît comme la grande perdante de cet arbitrage, malgré les soutiens dont elle semblait bénéficier dans certains cercles portuaires.

Ce que révèle vraiment l’épisode SGS – PAD – TransAtlantic

Au-delà du cas spécifique du scanning, cet épisode révèle les fragilités de la gouvernance portuaire au Cameroun, marquée par :

  • des chevauchements de compétences entre autorités portuaires et administration centrale ;
  • des tentatives de repositionnement d’acteurs privés par des canaux institutionnels parallèles ;
  • et une centralisation croissante des arbitrages stratégiques à la Primature sur les dossiers sensibles.

Dans un contexte de réformes portuaires, de modernisation logistique et de recherche de compétitivité internationale du Port de Douala-Bonabéri, la clarté des chaînes de décision devient un enjeu de crédibilité pour l’État camerounais vis-à-vis des investisseurs et des partenaires techniques.

Par Digital Business Africa

Gabon : Une société Émiratie spécialisée dans l’ IA pour moderniser le service public plutôt qu’une solution africaine

[DIGITAL Business Africa] – A l’autre bout du monde, le Gabon est allé dénicher un partenaire stratégique pour accompagner sa transformation numérique. Son champ d’activité est l’intelligence artificielle. Son nom : Presight. L’entreprise est présentée comme le leader régional ( Moyen-Orient) de l’analyse de données massives à l’échelle internationale grâce à sa technologie phare: l’ IA générative.

Le Gabon, à travers son ministre de l’Économie numérique, Mark Alexandre Doumbaa signé avec la société Presight, filiale du groupe G42, représentée par son Chief Executive Officer, Thana Pramotedham, un accord sur le numérique, cette fin de semaine du 2 février 2026.

Ce partenariat, selon les autorités, vise à accompagner la transformation digitale de l’administration publique et des services stratégiques de l’État, en s’appuyant sur des solutions d’intelligence artificielle, d’analytique avancée et de big data.Un choix qui a soulevé une interrogation : l’Afrique n’a-t-elle pas assez de ressources pour offrir un tel service au Gabon ?

Il se trouve que la suite Presight Enterprise AI exploite l’apprentissage automatique, le traitement du langage naturel, l’analyse prédictive, les modèles de langage complexes et l’IA générative pour générer de la valeur ajoutée pour l’entreprise. Intégrée à l’infrastructure technologique de l’organisation, elle permet un apprentissage profond et peut être déployée en interne, dans le cloud ou même en mode isolé pour les environnements exigeant un niveau de sécurité maximal.

De plus, Dell Technologies et Presight, ont signé le 19 janvier 2026, un protocole d’accord visant à développer des solutions permettant aux clients des Émirats arabes unis d’accélérer leur transformation numérique. Cet accord constitue une étape importante vers l’exploitation de solutions d’infrastructure de pointe pour accélérer l’adoption de l’intelligence artificielle (IA) et du Big Data aux Émirats arabes unis.

Les Émirats arabes unis qui ont signé le 20 février 2026 un protocole d’accord stratégique avec Presight pour le développement de la plateforme nationale de données statistiques et le renforcement des capacités techniques et analytiques des Émirats arabes unis en matière de données.

L’entreprise est présente dans quatre continents. Notamment au Moyen-Orient et Asie, en Afrique. Le continent noire est une priorité stratégique avec des projets ou des opérations en Angola, au Congo, en Gambie, à Maurice, aux Seychelles, en Tanzanie, au Togo, en Zambie, au Sénégal, en Éthiopie et en Mauritanie. On la retrouve aussi aux Amériques et pourrait étendre ses activités en Europe.

Par Jean Materne Zambo, source: Presight 

IA : Les pays à revenu élevé concentrent 85 % des start-ups et captent 91 % des investissements mondiaux [rapport Banque mondiale]

[DIGITAL Business Africa] – L’Afrique est à la traîne des investissements dans l’intelligence artificielle. À l’opposé d’elle, les pays à revenu élevé ont pris la mesure de la technologie émergente. Une confiance aveugle en cette technologie qui change le monde. Selon le rapport sur les avancées et les tendances du numérique, publié mi-janvier 2026, les pays à revenu élevé concentrent 85 % des start-ups et captent 91 % des investissements mondiaux.

Les États-Unis tiennent la pole position lorsqu’il s’agit d’investissements dans l’IA. Le rapport indique que les plus grandes entreprises technologiques mondiales sont toutes basées aux États-Unis. En 2024, Microsoft a alloué 19 milliards de dollars en dépenses d’investissement, dont la moitié a été consacrée à l’expansion des centres de données et le reste aux unités de traitement.

Meta aurait, pour sa part, dépensé entre 37 et 40 milliards de dollars américains en 2024 en dépenses d’investissement, y compris l’acquisition de 350 000 unités de traitement graphique NVIDIA. Google a investi 3 milliards de dollars américains dans des centres de données et aurait dépensé 60 millions de dollars américains pour former des modèles d’IA à l’aide des données Reddit.

Amazon s’est engagé à investir 230 millions de dollars américains dans des start-ups GenAI et prévoit d’investir 150 milliards de dollars américains dans des centres de données sur 15 ans, tout en développant ses propres puces d’IA afin de réduire sa dépendance vis-à-vis de NVIDIA.

Le rapport note cependant une diversification des investissements des géants du numérique américains vers les pays en développement. Par exemple, entre janvier et juillet 2024, Amazon, Google et Microsoft ont annoncé 21 investissements dans 15 pays pour un montant total de 130 milliards de dollars (Schoeberl et Corrigan 2024).

Notamment en Indonésie et en Malaisie en Asie du Sud-Est. Ces 130 milliards de dollars. En 2025, les États-Unis conservent leur titre de pays le plus dominant avec une capacité énergétique dédiée à l’IA atteignant 19 800 mégawatts.

À côté des USA, la Chine, qui est désormais le seul pays à revenu intermédiaire à rivaliser avec le bloc occidental en entrant dans le top 10 de l’innovation mondiale en 2025.

 

L’approche ” Small AI ” et les recommandations de la Banque mondiale 

 

Mais de nombreux pays essayent de changer l’ordre des choses en adoptant activement la touche « Small AI ». En d’autres termes, des solutions d’« IA à petite échelle », précises, simples, peu coûteuses. Ces solutions, selon la Banque mondiale, sont conçues pour fonctionner sur des appareils courants comme les téléphones mobiles et contribuent déjà à étendre la portée de l’IA pour aider à relever les défis de développement les plus urgents d’aujourd’hui dans des domaines tels que l’agriculture, la santé et l’éducation.

« À mesure que les pays en développement adoptent l’IA, ils continuent de consolider les fondements de l’innovation dans ce domaine. Ce rapport souligne l’importance des « quatre C » : connectivité (énergie et infrastructure numérique), puissance de calcul (puces d’IA, centres de données, informatique en nuage), contexte (données) et compétences (savoir-faire).

Ensemble, ces éléments constituent le socle d’écosystèmes d’IA inclusifs et performants, permettant aux pays d’adopter, de s’adapter et d’innover de manière responsable “, indique le rapport.

Pour se mettre au diapason des pays à revenu élevé, la Banque mondiale prescrit aux pays en voie de développement de renforcer les fondements de l’adoption, de l’adaptation et de l’innovation ; de promouvoir la gouvernance des données ; de soutenir les réformes réglementaires et institutionnelles ; et d’investir dans les compétences nécessaires pour prospérer à l’ère numérique.

Par Jean Materne Zambo, source : rapport Banque mondiale

Guinée : Nouveau challenge pour Rose Pola Pricemou, ex-ministre des Postes, Télécoms et de l’Économie numérique

[DIGITAL Business Africa] – Surprise pour l’ex-ministre des Postes, Télécommunications et de l’Économie numérique avant la Saint-Valentin. Rose Pola Pricemou a été nommée conseillère à la Présidence chargée des Nouvelles Technologies de l’information et de la Communication et de l’IA. La nomination est tombée quelques  heures avant la cérémonie de passation de service de ce 6 février 2026.

La décision est tombée quelques heures avant la cérémonie de passation de service entre la ministre sortante et l’entrant Mourana Soumah, nommé le 2 février 2026.

Rose Pola Pricemou a livré ses premières impressions pour ce nouveau challenge qui s’offre à elle.

« Ma gratitude pour cet honneur et pour l’opportunité qui m’est offerte de contribuer directement à ses côtés à la définition des orientations stratégiques de notre pays. Servir au cœur de l’institution présidentielle, dans un domaine aussi décisif pour l’avenir de notre Nation, est une responsabilité que j’aborde avec dévouement.

Cette mission ouvre une nouvelle étape où l’innovation numérique et l’intelligence artificielle deviennent des leviers essentiels de transformation. Je mesure l’importance de ce rôle transversal et je m’engage à mettre mon énergie et mon expertise au service des priorités définies par le Chef de l’État ».

Rose Pola Pricemou laisse derrière elle un héritage bâti avec engagement et détermination. Sous son leadership, la Guinée a presque doublé la capacité de son backbone national. Avec la construction d’un second câble sous-marin, et le renforcement de la résilience numérique du pays grâce aux interconnexions régionales avec nos pays voisins. La Guinée a aussi réceptionné son Data Center national pour la souveraineté numérique de l’État.

Pour ce qui est de la gouvernance numérique, des projets structurants ont également été livrés ou accélérés. Notamment le lancement de la plateforme TELEMO, pilier de la modernisation de l’action publique.

Sur le plan international, la Guinée occupe un siège au Conseil de l’Union postale universelle, et au Conseil du digital et de l’innovation de l’Union internationale des télécommunications. La Guinée a accueilli en 2025 la 7ᵉ édition du Transform Africa Summit après un échec en 2023 et une première tentative empêchée par la COVID en 2020.

Son successeur Mourana Soumah hérite d’un ministère engagé dans la transformation numérique de l’administration. Les chantiers prioritaires qui l’attendent sont l’extension de la connectivité aux zones encore non desservies, où plus de 600 zones blanches ont été identifiées, le développement des usages numériques dans l’éducation et les services publics.

Le renforcement de la cybersécurité et de l’hébergement local des données sont aussi les domaines dans lesquels le nouveau ministre des Télécommunications et de l’Économie numérique sera attendu.

Par Jean Materne Zambo

Cameroun : le gouvernement met en ligne l’Agence virtuelle d’information

[DIGITAL Business Africa] – Toutes les informations de la vie nationale agrégées sur un site. Le gouvernement s’adapte à l’ère du numérique. Et de quelle manière ? En proposant au public un contenu de qualité. L’Agence virtuelle d’information est là. D’un clic, le ministre de la Communication, René Emmanuel Sadi, a effectué son lancement opérationnel ce 4 février 2026.

Cette agence de presse nationale qui remplace l’ancien support papier Camnews (journal gouvernemental) sera dirigée au niveau des démembrements du ministère de la Communication, c’est-à-dire au niveau régional, départemental ainsi que par les services logés dans les représentations diplomatiques.

L’équipe de rédaction, selon le ministère, bénéficie du matériel adéquat pour remplir sa mission, notamment des tablettes configurées, des tiges ainsi que des ordinateurs performants.

Ce sont environ 58 correspondants départementaux et 10 coordonnateurs régionaux qui seront à pied d’œuvre pour collecter, traiter et transmettre quotidiennement un flux d’informations de terrain vers un dispositif central.

Présentée en 2025, la plateforme se veut généraliste et traite de l’actualité nationale et internationale. Le ministre Sadi avait soutenu, lors de la présentation, que ces informations seront mises en ligne sous forme de dépêches accessibles à tous. Précisons que le contenu sera gratuit et payant.

Il avait  ajouté que ce dispositif numérique sera complété par un magazine gouvernemental d’informations, qui sera publié régulièrement en version papier. Le site pourra aussi relayer les informations venant d’autres éditeurs de presse, notamment Cameroon Tribune et Sopecam, apprend-on.

Par Jean Materne Zambo.

Tchad : Michel Boukar instruit la reprise des travaux de réhabilitation de la fibre optique sur l’axe N’Djamena–Mberé

[DIGITAL Business Africa] – L’intérêt de la souveraineté numérique a primé. Le Dr Michel Boukar invite ce 5 février 2026 les représentants du groupe SOTEL et d’Airtel à la table des négociations. Les deux opérateurs télécoms avaient suspendu les travaux de réhabilitation de la fibre optique N’Djamena–Mberé sur ordre du ministre des Postes et de l’Économie numérique, Dr Michel Boukar.

Cela, en raison de la présence de certaines « dispositions contractuelles jugées contraires à l’esprit et aux principes de la  souveraineté numérique nationale », avait-il jugé. Le ministre Boukar a adressé des observations et orientations au groupe SOTEL afin d’engager des discussions avec Airtel.

Des négociations qui devraient aboutir à la révision des clauses concernées, à l’adoption des avenants conformes aux intérêts stratégiques de l’État et au démarrage effectif des travaux.

Selon le ministère, cette démarche, conduite sous l’impulsion et la coordination du ministre Boukar, s’inscrit dans une volonté constante de renforcer la qualité du réseau national de télécommunications, d’améliorer la continuité et la performance des services, tout en garantissant le respect des impératifs de souveraineté numérique, de sécurité et d’intérêt public.

La fibre optique sur l’axe N’Djamena–Mberé mesure 830 km, et sert au désenclavement numérique du Tchad. Le projet est réalisé à 100% par l’État, ce segment  relie le Tchad au câble sous-marin via le Cameroun.

Par Jean Materne Zambo, source : MPEN

Robots humanoïdes : la prophétie d’Elon Musk sur l’ère d’« abondance » et des milliards de machines dans nos foyers

[DIGITAL Business Africa] – La robotique, dopée par les progrès rapides de l’intelligence artificielle, est en train de changer d’échelle. Au-delà des usines, les robots humanoïdes s’invitent désormais dans le débat public comme une technologie appelée à transformer en profondeur l’économie et les sociétés. Le 22 janvier 2026 à Davos, le patron de Tesla et SpaceX, Elon Musk, a livré une vision résolument optimiste de cet avenir automatisé, en écho à des projections chiffrées qui confirment l’ampleur de la révolution en cours.

Selon la Fédération internationale de la robotique (IFR), le parc mondial de robots industriels en service dépassait 4,6 millions d’unités fin 2024, avec une dynamique de croissance annuelle à deux chiffres. À ce rythme, les analystes anticipent plus de 10 millions de robots industriels en fonctionnement d’ici 2030, tandis que le marché global de la robotique, estimé à près de 50 milliards de dollars en 2024, pourrait dépasser 200 milliards de dollars à l’horizon 2034. Ces chiffres traduisent un basculement structurel : la robotique n’est plus un simple outil d’optimisation industrielle, mais devient une infrastructure de base de l’économie numérique.

Cette trajectoire quantitative rejoint la vision d’Elon Musk, qui projette une diffusion massive des robots humanoïdes dans la société. À Davos, il a ainsi affirmé : « Il y aura des milliards de robots humanoïdes et je pense que tout le monde sur Terre en aura un et en voudra un. » Pour le dirigeant américain, ces machines ne se limiteront pas à l’usine ou à l’entrepôt, mais investiront la sphère domestique et sociale. « Qui ne voudrait pas d’un robot pour surveiller ses enfants, s’occuper de son animal de compagnie ou de ses parents âgés ? », a-t-il lancé, esquissant le portrait d’un assistant universel du quotidien.

Les projections sur l’impact économique de cette vague robotique sont à la mesure de ces ambitions. Selon plusieurs cabinets d’analyse, l’intégration de la robotique et de l’IA pourrait générer des milliers de milliards de dollars de gains de productivité à l’échelle mondiale au cours de la prochaine décennie, notamment dans l’industrie manufacturière, la logistique, la santé et les services. Le segment des robots humanoïdes, encore émergent, est lui-même évalué par certaines banques d’investissement entre 40 et 200 milliards de dollars à l’horizon 2035, porté par la convergence entre capteurs avancés, intelligence artificielle générative et mécatronique.

Pour Musk, l’un des cas d’usage les plus critiques concerne la prise en charge du vieillissement démographique. « C’est difficile et coûteux de s’occuper des personnes âgées et il n’y a pas assez de jeunes pour le faire », a-t-il rappelé, soulignant un défi structurel partagé par de nombreuses économies. Dans cette perspective, les robots humanoïdes pourraient devenir des auxiliaires de soins, capables de veiller, d’assister et de sécuriser des personnes dépendantes. « Si vous aviez un robot capable de protéger et de soigner un parent âgé, ce serait formidable », a-t-il ajouté, posant la robotique comme une réponse technologique à une crise sociale annoncée.

Cette vision s’inscrit dans une philosophie plus large du fondateur de Tesla, qui voit dans la robotique et l’IA le socle d’un nouveau modèle de prospérité. « Nous nous dirigeons vers un avenir d’abondance incroyable », a-t-il déclaré à Davos, estimant que l’automatisation intelligente est la seule voie crédible pour élever durablement le niveau de vie à l’échelle planétaire. Et de conclure, dans un registre quasi historique : « Nous vivons l’époque la plus intéressante de l’histoire. »

Reste que cet horizon d’« abondance » pose de lourds défis de gouvernance. L’automatisation massive reconfigure déjà les marchés du travail, avec des risques de destruction d’emplois non qualifiés, mais aussi la création de nouveaux métiers autour de la conception, de la maintenance et de la supervision des systèmes robotiques. Pour l’Afrique, la montée en puissance des robots humanoïdes et de l’IA représente à la fois une opportunité de rattrapage productif dans l’industrie, la logistique ou la santé, et un risque d’accentuation des fractures numériques si les politiques publiques n’anticipent pas la formation des compétences, la régulation des usages et l’accessibilité de ces technologies.

Entre projections chiffrées et visions portées par les géants de la tech, la robotique humanoïde s’impose désormais comme l’un des grands marqueurs de la prochaine décennie numérique. La question n’est plus de savoir si les robots vont transformer nos économies, mais à quelle vitesse, et selon quelles règles collectives.

Par Beaugas – Orain DJOYUM

Fibre optique : Le projet « Horizon Fiber » lancé pour relever les défis de la connectivité dans la Corne de l’Afrique et au-delà

[DIGITAL Business Africa] – Accord historique entre trois opérateurs nationaux des télécoms d’Afrique. Djibouti Telecom, Ethio Telecom et Sudatel Telecom Group ont lancé ce mercredi 4 février 2026, à Djibouti, le projet « Horizon Fiber ». D’une longueur de 2 800 kilomètres, le câble permettra de renforcer la connectivité numérique dans la Corne de l’Afrique (partie Est) et au-delà.

Cela en accroissant “significativement” la capacité de bande passante internationale, en renforçant la résilience et la redondance du réseau et en répondant à la demande croissante de données, de services cloud, de connectivité hyperscale, de plateformes numériques et de flux de données transfrontaliers dans toute la région.

Pour Ethio Telecom, cette initiative est un élément clé de sa stratégie « Next Horizon : Digital & Beyond 2028 », renforçant l’ambition de l’entreprise de passer du statut d’opérateur national à celui de leader régional en matière de connectivité et d’infrastructures numériques.

Horizon Fiber, selon l’opérateur, consolide la position de l’Éthiopie en tant que plaque tournante stratégique du transit numérique, soutient son expansion internationale et soutient les services numériques avancés, notamment le cloud, les centres de données, les solutions d’entreprise et le commerce numérique transfrontalier.

« horizon Fiber » devrait relier Djibouti à Addis-Abeba et à Port-Soudan. Le réseau promet une latence réduite à environ 14 millisecondes, selon les opérateurs. Il est doté de 144 paires de fibres et conçu pour des capacités multitérabit.

Les discussions techniques et stratégiques ont été engagées fin 2024, après la conclusion d’un protocole d’accord à Addis-Abeba le 4 décembre 2024.

La mise en service opérationnelle du réseau, dite « Readiness for Service », est attendue d’ici mai 2026, un délai jugé ambitieux par les acteurs du secteur.

Dans sa phase initiale, « Horizon fiber » reposera sur la mise à niveau des réseaux existants des trois partenaires, avec l’ajout d’équipements de transmission et des travaux de génie civil, principalement au Soudan.

Cette première étape s’appuiera « exclusivement » sur des équipements de transmission du fournisseur chinois Huawei. Une seconde phase est prévue sine die, avec l’intégration d’équipements non chinois.

Par Jean Materne Zambo, source : ethio telecom, adi.dj

Scanning des marchandises : après l’arbitrage de la Primature, Cyrus Ngo’o ouvre des négociations entre SGS et Transatlantic au Port de Douala

[DIGITAL Business Africa] – Au Port autonome de Douala (PAD), le dossier explosif du scanning des marchandises connaît un nouveau tournant. Après la décision actée à la Primature le 29 janvier 2026 confirmant le maintien de SGS, la Direction générale du PAD ouvre désormais la porte à une collaboration entre SGS Cameroun S.A et Transatlantic D. SA. Une inflexion stratégique qui marque le passage d’un bras de fer institutionnel à une phase de négociation opérationnelle, avec pour objectif affiché de restaurer la performance logistique du Port de Douala-Bonabéri.

Cette évolution ressort clairement d’une correspondance confidentielle du PAD datée du 02 février 2026, signée par le directeur général Cyrus Ngo’o et adressée à la directrice générale de SGS Cameroun S.A. Le document convoque SGS à une réunion le 04 février 2026 au siège du PAD, pour examiner les modalités pratiques de reprise des activités de scanning au terminal à conteneurs, dans le strict respect des règles de police et d’exploitation applicables à l’ensemble des opérateurs de la plateforme portuaire. Au-delà du cadre réglementaire, la lettre inscrit noir sur blanc l’examen de l’hypothèse d’une collaboration entre SGS Cameroun S.A et Transatlantic D. SA.

Un basculement de posture du PAD
Jusqu’ici, le feuilleton opposait frontalement les acteurs autour du scanning des marchandises au Port de Douala-Bonabéri, sur fond de gouvernance du domaine public portuaire, d’autorisations d’exercer et de coûts logistiques. La décision de la Primature du 29 janvier 2026 a tranché en faveur du maintien de SGS dans le dispositif, mettant fin à l’incertitude juridique sur l’opérateur de scanning.

Mais, le PAD ne s’en tient pas à une victoire sèche d’un camp sur l’autre. En proposant une collaboration SGS–Transatlantic, la Direction générale du Port opte pour une solution hybride, visant à capter les complémentarités techniques et opérationnelles des deux entreprises au service de la compétitivité portuaire.

Ce repositionnement répond à une préoccupation centrale rappelée dans la correspondance du PAD : l’impact négatif des modalités actuelles de scanning sur les délais de passage portuaire des marchandises, à rebours des objectifs de performance et de compétitivité du Port de Douala-Bonabéri.

Le PAD entend donc remettre à plat l’organisation opérationnelle du scanning, les conditions d’occupation du domaine public portuaire, la mise à disposition des informations nécessaires à l’exploitation sécuritaire, ainsi que la prise en compte des coûts logistiques supportés par la Régie du Terminal à Conteneurs (RTC S.A.).

Après l’arbitrage politique, le temps de l’ingénierie opérationnelle

Depuis l’arbitrage politique, le PAD reprend la main sur le terrain opérationnel. La convocation de SGS à une réunion technique, assortie de l’examen formel d’une collaboration avec Transatlantic, montre que l’enjeu dépasse désormais la simple question de l’opérateur désigné. Il s’agit de réorganiser la chaîne de valeur des services au port, d’en réduire les frictions et d’en améliorer l’impact sur la fluidité logistique.

Vers un schéma de co-opération SGS–Transatlantic

La piste d’une collaboration entre SGS Cameroun S.A et Transatlantic D. SA, explicitement mentionnée par le PAD, ouvre plusieurs scénarios : partage de responsabilités sur certaines étapes du scanning, mutualisation d’infrastructures ou de données, voire répartition fonctionnelle des périmètres d’intervention. Si elle se concrétise, cette co-opération pourrait atténuer les tensions nées de la rivalité entre les deux acteurs, tout en permettant au PAD de mieux piloter la performance globale du dispositif de contrôle des marchandises.

Pour l’autorité portuaire, l’enjeu est double : sécuritaire et économique. Sécuritaire, car le scanning s’inscrit dans les obligations de sûreté et de contrôle des flux. Économique, car la fluidité du passage portuaire conditionne la compétitivité du Port de Douala-Bonabéri face aux autres hubs de la sous-région. La démarche du Directeur général du PAD, en ouvrant la voie à une collaboration SGS–Transatlantic, traduit la volonté de sortir d’une logique de confrontation pour entrer dans une logique de co-construction d’une solution plus efficace.

Un signal pour l’écosystème portuaire

Ce tournant stratégique envoie un message clair à l’ensemble des opérateurs de la place portuaire : après l’arbitrage des autorités centrales, le PAD privilégie désormais la recherche de solutions pragmatiques pour améliorer les performances du port. La réunion du 04 février 2026, convoquée par la Direction générale du PAD, pourrait ainsi marquer le début d’une recomposition du dispositif des principaux services au Port de Douala-Bonabéri, avec à la clé un nouveau cadre de coopération entre SGS (pour le scanning) et Transatlantic (pour l’accompagnement ?).

Pour les acteurs du commerce extérieur camerounais, c’est l’espoir d’une levée du blocus qui était observé, d’une meilleure prévisibilité des opérations et, in fine, d’un gain de compétitivité pour la place portuaire de Douala.

Par Beaugas-Orain DJOYUM

Encadré – Les points à l’ordre du jour de la réunion PAD – SGS (04 février 2026)

Selon la correspondance confidentielle du Directeur général du Port autonome de Douala, la réunion convoquée avec la Direction générale de SGS Cameroun S.A doit permettre d’examiner plusieurs points structurants pour la reprise des activités de scanning des marchandises au Port de Douala-Bonabéri :

  1. Cadre juridique de l’autorisation d’exercer
    Examen des modalités d’octroi à SGS Cameroun S.A de l’autorisation d’exercer au Port de Douala-Bonabéri, conformément à l’article 12 du décret n° 2019/034 du 24 janvier 2019 portant réorganisation du Port autonome de Douala.
  2. Conditions d’occupation du domaine public portuaire
    Analyse des conditions d’occupation du domaine public portuaire par SGS, conformément à l’article 15 du même décret, notamment en ce qui concerne les emprises, installations et équipements nécessaires aux opérations de scanning.
  3. Accès et partage des informations opérationnelles
    Définition du système de mise à disposition des informations nécessaires à l’exploitation sécuritaire des activités de scanning, conformément à l’article 7 du décret, en lien avec les exigences de sûreté portuaire et de coordination avec les autres acteurs.
  4. Prise en compte des coûts logistiques de la RTC
    Discussion sur les modalités de prise en compte des coûts logistiques exposés par la Régie du Terminal à Conteneurs (RTC S.A), du fait de l’organisation actuelle des opérations de scanning.
  5. Impact du scanning sur la fluidité du passage portuaire
    Évaluation de l’impact des activités de SGS sur les délais de passage portuaire des marchandises, jugés négatifs par le PAD au regard des objectifs de compétitivité du Port de Douala-Bonabéri.
  6. Hypothèse d’une collaboration SGS–Transatlantic
    Examen formel de la possibilité d’une collaboration entre SGS Cameroun S.A et Transatlantic D. SA, en vue d’améliorer l’efficacité opérationnelle du dispositif de scanning et de réduire les frictions observées sur la plateforme portuaire.

Scanning des marchandises : après l’arbitrage de la Primature, Cyrus Ngo’o ouvre des négociations entre SGS et Transatlantic au Port de Douala

[DIGITAL Business Africa] – Au Port autonome de Douala (PAD), le dossier explosif du scanning des marchandises connaît un nouveau tournant. Après la décision actée à la Primature le 29 janvier 2026 confirmant le maintien de SGS, la Direction générale du PAD ouvre désormais la porte à une collaboration entre SGS Cameroun S.A et Transatlantic D. SA. Une inflexion stratégique qui marque le passage d’un bras de fer institutionnel à une phase de négociation opérationnelle, avec pour objectif affiché de restaurer la performance logistique du Port de Douala-Bonabéri.

Cette évolution ressort clairement d’une correspondance confidentielle du PAD datée du 02 février 2026, signée par le directeur général Cyrus Ngo’o et adressée à la directrice générale de SGS Cameroun S.A. Le document convoque SGS à une réunion le 04 février 2026 au siège du PAD, pour examiner les modalités pratiques de reprise des activités de scanning au terminal à conteneurs, dans le strict respect des règles de police et d’exploitation applicables à l’ensemble des opérateurs de la plateforme portuaire. Au-delà du cadre réglementaire, la lettre inscrit noir sur blanc l’examen de l’hypothèse d’une collaboration entre SGS Cameroun S.A et Transatlantic D. SA.

Un basculement de posture du PAD
Jusqu’ici, le feuilleton opposait frontalement les acteurs autour du scanning des marchandises au Port de Douala-Bonabéri, sur fond de gouvernance du domaine public portuaire, d’autorisations d’exercer et de coûts logistiques. La décision de la Primature du 29 janvier 2026 a tranché en faveur du maintien de SGS dans le dispositif, mettant fin à l’incertitude juridique sur l’opérateur de scanning.

Mais, le PAD ne s’en tient pas à une victoire sèche d’un camp sur l’autre. En proposant une collaboration SGS–Transatlantic, la Direction générale du Port opte pour une solution hybride, visant à capter les complémentarités techniques et opérationnelles des deux entreprises au service de la compétitivité portuaire.

Ce repositionnement répond à une préoccupation centrale rappelée dans la correspondance du PAD : l’impact négatif des modalités actuelles de scanning sur les délais de passage portuaire des marchandises, à rebours des objectifs de performance et de compétitivité du Port de Douala-Bonabéri.

Le PAD entend donc remettre à plat l’organisation opérationnelle du scanning, les conditions d’occupation du domaine public portuaire, la mise à disposition des informations nécessaires à l’exploitation sécuritaire, ainsi que la prise en compte des coûts logistiques supportés par la Régie du Terminal à Conteneurs (RTC S.A.).

Après l’arbitrage politique, le temps de l’ingénierie opérationnelle

Depuis l’arbitrage politique, le PAD reprend la main sur le terrain opérationnel. La convocation de SGS à une réunion technique, assortie de l’examen formel d’une collaboration avec Transatlantic, montre que l’enjeu dépasse désormais la simple question de l’opérateur désigné. Il s’agit de réorganiser la chaîne de valeur des services au port, d’en réduire les frictions et d’en améliorer l’impact sur la fluidité logistique.

Vers un schéma de co-opération SGS–Transatlantic

La piste d’une collaboration entre SGS Cameroun S.A et Transatlantic D. SA, explicitement mentionnée par le PAD, ouvre plusieurs scénarios : partage de responsabilités sur certaines étapes du scanning, mutualisation d’infrastructures ou de données, voire répartition fonctionnelle des périmètres d’intervention. Si elle se concrétise, cette co-opération pourrait atténuer les tensions nées de la rivalité entre les deux acteurs, tout en permettant au PAD de mieux piloter la performance globale du dispositif de contrôle des marchandises.

Pour l’autorité portuaire, l’enjeu est double : sécuritaire et économique. Sécuritaire, car le scanning s’inscrit dans les obligations de sûreté et de contrôle des flux. Économique, car la fluidité du passage portuaire conditionne la compétitivité du Port de Douala-Bonabéri face aux autres hubs de la sous-région. La démarche du Directeur général du PAD, en ouvrant la voie à une collaboration SGS–Transatlantic, traduit la volonté de sortir d’une logique de confrontation pour entrer dans une logique de co-construction d’une solution plus efficace.

Un signal pour l’écosystème portuaire

Ce tournant stratégique envoie un message clair à l’ensemble des opérateurs de la place portuaire : après l’arbitrage des autorités centrales, le PAD privilégie désormais la recherche de solutions pragmatiques pour améliorer les performances du port. La réunion du 04 février 2026, convoquée par la Direction générale du PAD, pourrait ainsi marquer le début d’une recomposition du dispositif des principaux services au Port de Douala-Bonabéri, avec à la clé un nouveau cadre de coopération entre SGS (pour le scanning) et Transatlantic (pour l’accompagnement ?).

Pour les acteurs du commerce extérieur camerounais, c’est l’espoir d’une levée du blocus qui était observé, d’une meilleure prévisibilité des opérations et, in fine, d’un gain de compétitivité pour la place portuaire de Douala.

Par Beaugas-Orain DJOYUM

Encadré – Les points à l’ordre du jour de la réunion PAD – SGS (04 février 2026)

Selon la correspondance confidentielle du Directeur général du Port autonome de Douala, la réunion convoquée avec la Direction générale de SGS Cameroun S.A doit permettre d’examiner plusieurs points structurants pour la reprise des activités de scanning des marchandises au Port de Douala-Bonabéri :

  1. Cadre juridique de l’autorisation d’exercer
    Examen des modalités d’octroi à SGS Cameroun S.A de l’autorisation d’exercer au Port de Douala-Bonabéri, conformément à l’article 12 du décret n° 2019/034 du 24 janvier 2019 portant réorganisation du Port autonome de Douala.
  2. Conditions d’occupation du domaine public portuaire
    Analyse des conditions d’occupation du domaine public portuaire par SGS, conformément à l’article 15 du même décret, notamment en ce qui concerne les emprises, installations et équipements nécessaires aux opérations de scanning.
  3. Accès et partage des informations opérationnelles
    Définition du système de mise à disposition des informations nécessaires à l’exploitation sécuritaire des activités de scanning, conformément à l’article 7 du décret, en lien avec les exigences de sûreté portuaire et de coordination avec les autres acteurs.
  4. Prise en compte des coûts logistiques de la RTC
    Discussion sur les modalités de prise en compte des coûts logistiques exposés par la Régie du Terminal à Conteneurs (RTC S.A), du fait de l’organisation actuelle des opérations de scanning.
  5. Impact du scanning sur la fluidité du passage portuaire
    Évaluation de l’impact des activités de SGS sur les délais de passage portuaire des marchandises, jugés négatifs par le PAD au regard des objectifs de compétitivité du Port de Douala-Bonabéri.
  6. Hypothèse d’une collaboration SGS–Transatlantic
    Examen formel de la possibilité d’une collaboration entre SGS Cameroun S.A et Transatlantic D. SA, en vue d’améliorer l’efficacité opérationnelle du dispositif de scanning et de réduire les frictions observées sur la plateforme portuaire.

SpaceX fait l’acquisition de xAI pour bâtir une infrastructure de calcul orbitale.

[DIGITAL Business Africa] – En absorbant xAI, SpaceX ne se contente pas de fusionner deux entreprises d’Elon Musk. Dans un communiqué officiel publié ce 2 février 2026, l’entreprise annonce le transfert de l’intelligence artificielle vers l’espace pour briser les limites énergétiques terrestres. L’objectif : déployer une constellation d’un million de serveurs orbitaux.

Le constat est sans appel : la croissance de l’IA sur Terre se heurte à un mur énergétique. Les centres de données terrestres saturent les réseaux électriques et exigent des systèmes de refroidissement colossaux. Face à cette impasse, SpaceX a officialisé l’acquisition de xAI pour créer le moteur d’innovation le plus intégré verticalement de l’histoire, combinant fusées, internet satellitaire et puissance de calcul brute.

Pourquoi l’espace est le “cloud” ultime

L’argument est mathématique : l’espace offre une énergie solaire quasi constante et un vide thermique idéal. Selon les projections de l’entreprise, le lancement d’un million de satellites-serveurs permettrait de générer 100 gigawatts de capacité de calcul supplémentaire chaque année.

En s’affranchissant des contraintes environnementales terrestres, SpaceX vise rien de moins que le passage à une civilisation de type Kardashev II, capable de capter une fraction significative de l’énergie de son étoile. « Il fait toujours beau dans l’espace », ironise le communiqué, soulignant que d’ici deux à trois ans, l’orbite deviendra le lieu le plus économique pour entraîner les modèles d’IA.

SpaceX fait l'acquisition de xAI pour bâtir une infrastructure de calcul orbitale.

Starship : le poids lourd de la donnée

Pour concrétiser cette vision, la puissance de feu de Starship est la pièce maîtresse. En 2025, l’humanité a mis en orbite environ 3 000 tonnes de charge utile. SpaceX prévoit de pulvériser ce record :

· Fréquence : des lancements toutes les heures.

· Capacité : 200 tonnes de matériel par vol.

·  Volume : des millions de tonnes acheminées chaque année.

Dès cette année, le déploiement des satellites Starlink V3 via Starship multipliera par 20 la capacité de la constellation actuelle, tout en assurant une couverture cellulaire directe vers les mobiles sur toute la planète.

De la Terre à la Lune : L’IA comme moteur de colonisation

Le projet ne s’arrête pas à l’orbite terrestre. En utilisant le transfert de propergol dans l’espace, Starship acheminera des infrastructures lourdes sur la Lune. L’idée est d’établir des usines lunaires capables de fabriquer des satellites directement sur place.

Grâce à des lanceurs électromagnétiques installés sur la surface lunaire, SpaceX estime pouvoir placer entre 500 et 1 000 térawatts/an de puissance de calcul dans l’espace lointain. Ces centres de données spatiaux ne sont pas seulement des outils technologiques : ils constituent le moteur financier et logistique qui permettra de construire des bases autonomes sur la Lune et une civilisation entière sur Mars.

Vers une conscience multiplanétaire

En intégrant xAI à l’infrastructure Starlink et à la force de frappe de Starship, l’ambition finale est de créer une intelligence capable de « comprendre l’Univers ». En déportant les projets les plus gourmands en ressources hors de notre biosphère, SpaceX protège la Terre tout en étendant la conscience humaine jusqu’aux étoiles.

Par Loïc SOUOP

Source : X.com/SpaceX