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La transformation digitale des secteurs du tourisme et du transport aérien en Afrique n’est pas une fin en soi

Du 27 au 29 mars a eu lieu au Cap-Vert la première Conférence ministérielle sur le tourisme et le transport aérien de l’Organisation mondiale du tourisme OMT et de l’Organisation de l’aviation civile internationale OACI. Le Cadre du plan d’action pour le développement du tourisme et du transport aérien en Afrique 2019-2021 (voir table1) adopté concernant la bonne gouvernance et politiques harmonisées; la connectivité aérienne et gestion de la destination; le financement des infrastructures et du renforcement des capacités; la facilitation des voyages; le renforcement des secteurs de l’aviation et du tourisme est certes un pas dans la bonne direction pour la société civile et l’État de droit mais voué à l’échec sans des programmes d’assistance technique et d’aide financière à la transformation numérique des entreprises du tourisme et du transport aérien en Afrique.

La transformation digitale des secteurs du tourisme et du transport aérien en Afrique n’est pas une fin en soi, mais une condition nécessaire pour permettre au tourisme africain de prendre son envol, entre autre dans ses relations avec l’Europe de l’Atlantique à l’Oural. Jusqu’à présent, l’Union européenne n’a pas dans ces secteurs d’activités de ligne politique claire face à l’Afrique. Depuis plusieurs années la coopération entre seize pays d’Europe centrale et orientale et la Chine est déterminante dans les rapports de force entre les acteurs d’interfaces des infrastructures aérospatiales et produits touristiques et l’offre commerciale complémentaire en Afrique selon que les acteurs d’interfaces soient dirigés par des offreurs locaux ou par des firmes-mondes de type GAFA-BATX-NATU. En fait, la transformation digitale d’une infrastructure aérospatiale et touristique de qualité en Afrique ne pourra être viable et se réaliser que si la singularité africaine est affirmée par rapport au reste du monde.

Dans un tel contexte, la première vérité est que les petits joueurs africains du tourisme et du transport aérien de l’Internet du futur peuvent concurrencer les géants du web du moment qu’ils ont confiance en leurs idées et qu’ils n’ont pas peur de foncer. Désormais, il faut savoir montrer les crocs et mettre du tigre dans un moteur de recherche touristique et du transport aérien en Afrique. Et pour cause. Dans un marché mondial dominé par les GAFA-BATX-NATU cela signifie plonger, surmonter la peur, avoir le courage de ses convictions.  Ailleurs sur les cinq continents, la meilleure défense est une bonne attaque. Les gens d’affaires ne disent pas je n’essaierai pas parce qu’il y a déjà les géants du web. À cet égard, les entreprises africaines des secteurs du tourisme et du transport aérien ont toujours peur de déranger. La plupart d’entre elles sont parfois nerveuses à l’idée de s’épanouir.

La deuxième vérité est se demander ce que l’Afrique fait de mieux dans le tourisme et le transport aérien. Comment l’Afrique peut-elle rivaliser avec les GAFA-BATX-NATU? Plutôt que de se concentrer sur ce que les géants du web font, l’Afrique doit se demander ce qu’elle peut faire de mieux. À tort l’Afrique a tendance à penser qu’elle doit avoir les mêmes forces que les géants du web. Actuellement, ils sont la référence pour un certain type de commerce électronique, mais avec la 5G les règles du jeu vont changer, du moins en ce qui concerne les délais de livraison des produits de luxe. La troisième leçon et non la moindre : pensez au-delà des frontières. En Afrique, les gens d’affaires aiment que les choses restent à un niveau local et modeste. Les entreprises qui deviennent de plus en plus importantes sont décriées car il existe en Afrique un problème de prise de risque et de croissance.

À l’ère du numérique, il n’y a aucune raison pour qu’un entrepreneur africain ne puisse pas faire de l’Europe, l’Amérique et l’Asie son marché principal. Certains entrepreneurs manquent de connaissances, notamment en matière de commerce en ligne, mais cela n’est pas un obstacle.

La quatrième leçon : surveillez la prochaine vague de l’intelligence artificielle et de la 5G moins énergivore et plus respectueuse de l’environnement qui seront choyés par les investisseurs (video 1). Les universités africaines forment une partie de la génération qui créer des logiciels viables, et c’est comme ça que cet écosystème continuera de croître sur le continent africain. La cinquième leçon, surtout ne pas écarter le passé.

Un bon exemple est le courrier et le commerce électronique. Il y a cinq ans, on pensait que l’époque du courrier postal était terminée, que plus personne ne s’en servirait pour ses envois. Aujourd’hui, tout le monde reçoit des colis. Parfois, il suffit d’un nouveau contexte pour renverser les choses.

Par Gilles Couture, journaliste indépendant. Ville de Québec, Canada

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