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Intelligence économique : « Les nouvelles armes de guerre s’appellent technologies critiques et flux informationnels »

[DIGITAL Business Africa] – Pendant que les regards se tournent vers l’intelligence artificielle, les semi-conducteurs ou encore les infrastructures numériques, une autre bataille se joue à l’échelle mondiale : celle de l’information stratégique. Pour Hadidjatou Mamoudou, experte en stratégie et en relations internationales au sein du cabinet Intelligence Économique (IE237), les pays africains doivent impérativement renforcer leurs capacités d’intelligence économique s’ils veulent préserver leur souveraineté et leur compétitivité.

Intervenant lors de la 9e Journée africaine de l’intelligence économique (JAIE), organisée le 29 mai 2026 à l’École nationale d’administration et de magistrature (ENAM) de Yaoundé, l’experte a dressé un constat sans détour sur les transformations de l’ordre économique mondial.

Le déficit d’information, un risque stratégique

Selon Hadidjatou Mamoudou, l’un des principaux défis auxquels sont confrontés les États africains réside dans leur capacité à accéder à l’information pertinente au bon moment.

« Pendant que nous parlons, des décisions qui engagent l’avenir économique du Cameroun sont prises ailleurs, par des acteurs mieux informés que nous », a-t-elle déclaré devant les participants.

Pour l’experte, la maîtrise de l’information constitue désormais un facteur aussi stratégique que l’accès aux capitaux, aux ressources naturelles ou aux infrastructures. Les acteurs capables de collecter, de traiter et d’exploiter rapidement l’information disposent aujourd’hui d’un avantage décisif dans la compétition économique mondiale.

Une guerre économique alimentée par les données et la technologie

L’intervenante estime que le monde est entré dans une nouvelle phase des rapports de puissance internationaux.

« À l’échelle internationale, le système mondial a basculé dans ce que les analystes désignent comme l’ère des capitalismes politiques en guerre », a-t-elle expliqué.

Dans ce nouvel environnement, les rivalités ne se limitent plus aux affrontements diplomatiques ou militaires traditionnels. Elles s’expriment désormais par le contrôle des chaînes d’approvisionnement mondiales, des technologies stratégiques et des flux d’information.

« Les nouvelles armes de guerre s’appellent le contrôle des chaînes d’approvisionnement, l’arsenalisation des technologies critiques, les restrictions à l’exportation et la manipulation des flux informationnels », a-t-elle poursuivi.

Cette analyse résonne particulièrement dans un contexte marqué par les tensions autour des semi-conducteurs, de l’intelligence artificielle générative, des infrastructures cloud, des terres rares, des plateformes numériques et des systèmes de télécommunications.

L’Afrique face aux enjeux de souveraineté numérique

Pour les participants à cette 9e Journée africaine de l’intelligence économique, les données et l’information deviennent progressivement des actifs stratégiques comparables aux ressources énergétiques ou minières.

Les débats ont notamment mis en lumière la nécessité pour les pays africains de développer leurs propres capacités de veille stratégique, d’analyse des risques, de cybersécurité et d’intelligence économique afin de réduire leur dépendance vis-à-vis des centres de décision extérieurs.

Dans un environnement où les algorithmes, l’intelligence artificielle et les plateformes numériques influencent de plus en plus les décisions économiques et géopolitiques, la maîtrise de l’information apparaît comme un enjeu majeur de souveraineté.

IE237 plaide pour une culture nationale de l’intelligence économique

Pour Hadidjatou Mamoudou, cette réalité justifie pleinement le renforcement des dispositifs nationaux d’intelligence économique.

« C’est ce constat brutal mais vérifiable qui fonde l’urgence et la légitimité du dispositif national Intelligence Économique IE237 », a-t-elle affirmé.

Au-delà de la collecte d’informations, l’objectif est de permettre aux administrations, aux entreprises, aux investisseurs et aux décideurs de disposer d’outils d’anticipation capables d’éclairer leurs choix stratégiques dans un environnement mondial devenu plus complexe et plus imprévisible.

À travers cette intervention, la JAIE 2026 aura rappelé que dans l’économie numérique mondiale, la puissance ne repose plus uniquement sur les infrastructures ou les ressources financières. Elle dépend également de la capacité à transformer l’information en connaissance, puis la connaissance en décision stratégique.

Par Digital Business Africa

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Par ailleurs, ne manquez pas la première édition du Salon de l’e-Gouvernance et de l’innovation digitale en Afrique (E-Gov’A), qui se tiendra du 14 au 16 mai 2026 à Yaoundé, sous le haut patronage du Ministère camerounais des Postes et Télécommunications.

Organisé par l’association Smart Click Africa et Digital Business Africa, cet événement réunira décideurs publics, organismes de développement, institutions publiques, entreprises, experts et acteurs privés de l’Afrique autour du thème : « Intelligence artificielle et e-gouvernance : bâtir des services publics efficaces dans une Afrique cashless et paperless ».

Plus d’infos sur www.e-gov.africa et via mail [email protected].

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