[EGOVA 2026] – Durant le salon EGOVA et présent dans le panel consacré au sous-thème « IA, Cloud, Interopérabilité : Les Fondements d’une Administration Moderne », Gilbert Ngono Onguene a insisté sur le fait que la réussite de la transformation numérique repose sur trois piliers essentiels : une énergie électrique fiable, une connectivité adéquate et des centres de données performants.
Pour lui, la numérisation ne peut déployer tout son potentiel si les services gouvernementaux continuent de fonctionner indépendamment, avec une infrastructure fragmentée et une coordination limitée. Il appelle donc à une collaboration renforcée entre le secteur de l’électricité, les opérateurs de télécommunications et les administrations publiques afin de garantir la disponibilité de l’électricité, de la connectivité et d’infrastructures d’hébergement de données appropriées.
Il a également pointé du doigt la fragmentation des infrastructures de centres de données au Cameroun. Plusieurs institutions publiques, dont les Services Postaux Camerounais, Camtel et la Caisse Nationale de Prévoyance Sociale (CNPS), exploitent leurs propres installations. D’autres entités publiques, notamment les établissements d’enseignement supérieur, ont également développé des infrastructures dédiées.
Selon lui, cette multiplication des installations peut entraîner une allocation inefficace des ressources, une augmentation des coûts d’exploitation et un manque de synergie. La gestion d’un centre de données exige des compétences spécialisées, des investissements substantiels et des dépenses récurrentes, des ressources qui ne font pas nécessairement partie du cœur de métier de chaque institution.
Plutôt que de multiplier les installations indépendantes, il préconise une approche plus coordonnée qui permettrait aux institutions publiques de partager une infrastructure fiable et gérée par des professionnels.
S’appuyant sur l’exemple de la Côte d’Ivoire, où il a relevé l’existence d’un centre de données national au service des administrations publiques, Gilbert Ngono Onguene a encouragé le Cameroun à envisager un modèle plus consolidé.
Sa proposition consiste à établir une architecture d’infrastructure partagée, articulée autour d’un centre de données principal et d’un centre de secours, afin de renforcer la résilience et la continuité de service.
Une telle approche permettrait aux ministères, aux institutions publiques, aux entreprises et aux start-ups d’accéder à des ressources numériques bien gérées, tout en évitant les doublons inutiles d’infrastructures.
Au-delà des centres de données, il a plaidé pour une stratégie nationale coordonnée englobant l’approvisionnement en électricité, la connectivité et les infrastructures technologiques. Cela exigerait une collaboration étroite entre les acteurs concernés, plutôt que le développement de solutions isolées.
Alors que les gouvernements explorent l’intelligence artificielle, le cloud computing et l’interopérabilité, le message de Gilbert Ngono Onguene est clair : la transformation numérique ne se limite pas au déploiement de logiciels ou à la numérisation des procédures administratives.
Elle requiert également une infrastructure fiable, une coordination efficace et la mise en commun des ressources pour garantir des services publics numériques durables.
Cette perspective souligne un enjeu majeur pour le Cameroun : construire une administration dont les systèmes numériques peuvent communiquer, partager des ressources et offrir des services plus performants aux citoyens.
Par EGOVA









